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Full text of "Dictionnaire historique et biographique des généraux français, depuis le onzième siècle jusqu'en 1820"

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1 









DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE 

DES 

GÉNÉRAUX FRANÇAIS, 

DEPUIS LE ONZIEME SlkCLE JUSQU^EN iSsS. 



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DE L'IMPRIMERIE DE PLÀSSAN, RUE DE VAUGIRARD, N» i5, 

DERKliRK l'oD^OJr. 



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DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE 

DES 

GÉNÉRAUX FRANÇAIS, 

DEPUIS L£ ONZlibHE SlifeCLE JUSQu'eN i822. 

Pah m. le Chevalier de COURCELLES, 

ÀNCIBN MA6I8TBÀT, CHBVÀLIBB BT HI8T0BI06BÀPHB DB PLVSIBCàS OBDBBS9 

Éditeur de la coDtinuatîoD de VArt de vérifier les dates, et auteur de 
l'Histoire généaiogique et héraidique des pairs de France, grands- 
dignitaires de la Couronne, etc. 

Vixer« fortes ant« Agamemnona 
Mnlti : sed omnes illacrjmabiles 
Urgentnr , ignotiqne longâ 
Nocte, carent quia vate sacro. 

HoRAT., Od. IX, lih. ir. 

TOME QUATRIÈME. 
CARR— CORS 



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A PARIS, 



{rAXJTEUR, rue Saint Honoré, n« ago, près Tëglise Saint-Hocb. 
ARTHUS BERTRAND, libraire, rue HautefeuiUe, n» aS. 
TREUITEL et WURTZ , libraires, rue de Bourbon, n« 17. 



M. D CGC. XXII. 



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302600 






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DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE ET BIOGRAPHIQUE 

, DES 

GÉNÉRAUX FRANÇAIS, 

• • •• 
DEPUIS LE ONWkME SlfeCLïT JUS<5u'eN 1821. • 



■• - « 



CHARRIER (Louis), maréchal- de-camp y wii(\\\)i À^Ainl-^ 
Martin-en-Bnsse, le 3o mars 177a. Il enlra au service^ le 
1"' août 1795, comme lieutenant dans le ii* bataillon àki 
départemenldeTAin , où ii fut fait capitaine 9 le aSsepteiti^ 
bre suivant. Il passa , en la même qualité , dans la 2'2* demi- 
brigade d'infanterie légère 9 lorsque ce bataillon y fut in- 
corporé» le 8 juillet 1794* H fit successivement, et sans 
interruption, les campagnes des armées des Alpes et d'Italie, 
depuis 1794 jusqu'en 1798; y eut part à plusieurs affaires, 
et notamment à Ten le vement des retranchements du col de 
FAssiette; à la prise de iaChessa4; aux combats devant 
Mantoue et à la prise de Véronne. La 22** demi-brigade ayant 
fait partie de l'armée d'Egypte, en 1798, le capitaine Carrier 
l'y suivit, et fit la campagne dans ce pays, jusqu'en 1801. 
Il s'était trouvé à la pHse d'Alexandrie; aux batailles de 
Chebreyss, des Pyramides, d'Héliopolis et de Koraim. Un 
parti considérable de Mamelucks et d*Arabes ayant attaqué^ 
à Beiibsonef , le 6 février 1799, ^^ bataillon de la 22* demi- 
brigade d'infanterie légère , dans lequel servait le capitaine 
Carrier, ce bataillon se vit forcé à une retraite , pendant la- 
quelle le commandant Pouillet fut blessé mortellemen t, après 
une heure de combat. Quoique Carrier ne fût pas le plus 
ancien- capitaine de ce corps, il fut désigné , par les accla- 
mations de la troupe ^ pour en prendre le commandement. 



JV. 



!) DICTIOXNAII^E HISTORIQVE 

Assailli far une masse considérable de paysan», armés de 
fusils et de piques, et par plus de 5oo cavaliers , tant ma- 
melucks que bédouins , il repoussa avec succès les vives at- 
taques dirigées contre sa petite troupe, qui n'était forte que 
de 3oo hommes au commencement de Taction , et n'avait 
pour toute artillerie qu'une pièce de campagne. Après s*étre 
battu depuis sept heures du matin jusqu'à la nuit , Carrier 
parvint à faire rentrer le batdfiifkn dans ses cantonnements, 
distants de la lieues du poiirt où la retraite avait commencé. 
Le capitaine Carrier b'avalt laissé, pendant tout ce trajet . 
aucun de ses sold/its vivants au pouvoir des ennemis, et il 
avait même sauvé de leurs mains le chef de bataillon Pouil - 
let , en le faisant transporter par 4 soldats, qui se relevaient 
alternativement. Danscette affaire, a5o hommes du bataillon 
furent bi^saOs, et Carrier reçut a balles. Tune qui le blessa 
à TépatUe droite, et l'autre qui enleva une partie de son 
é-paulette et de son habit. Cette action brillante valut au 
capitaine Carrier les félicitations de tous ses camarade^ et 
\e& éloges du général Vaux. De retour en France avec les 
débris de l'armée expéditionnaire, Carrier fut employé 
pendant seize mois à l'armée, de TOcéan, dans la division 
des grenadiers commandés par le général Junot, et passa 
ensuite à l'armée d'Italie. Le ag octobre i8o5 ^ il commanda 
huit compagnies de carabiniers, formant l'ayant-garde des 
grenadiers réunis, sous les ordres du général Partouneauz. 
Ayant reçu de ce général l'ordre de pousser r9rrière-gar4i' 
emiemie et de la poursuivre. Carrier s'acquitta avec un 
plein succès de la mission importante qui lui avait été 
confiée ; chassa l'ennemi de Caldiero ; lui fit 3oo prison- 
niers , et ne rentra au camp que sur l'ordre du général 
Partouneaux, qui le combla d'éloges. Le lendemain,: 3o 
octobre, Carrier ayant été chargé de conduire 800 hpmnaes 
au pas de course pour renforcer les troupes fraqçaîses qui 
venaient d'éprouver un échec auprès des retranchements 
de Caldiero, il rallia deux fois les carabiniers que la fusil- 
lade et la mitraille ennemies avaient dispersés. Sur les 80Q 
hommes qu'il conmiandait, plus de 35o furent mis hoirs de 
combat en moins d'une heure, etlui-m/èm^ reçut une balle 



^a^mém^^^m^- 



DES GÉNÉRAUX FRAUÇAIS. 3 

dans ses habits. Le royaume de Naples ayant été conquis , 
dans la même année 18069 on tira, des corps qui avaient 
servi à cette expédition, quatre compagnies d'élite» qui 
furent désignées pour former la garde du nouveau roi que 
Napoléon Buonapurte venait de donner à ce pays. La oom-. 
pagnie de carabiniers de Ja 22* demi-brigade d'infanterie 
légère, dans laquelle servait le capitaine Carrier, fut une 
de celles indiquées , et tel officier passa dès lors , avec sa 
troupe , au service de Joseph Buonaparte. Pendant les trois 
années que Carrier fut employé dans l'armée napolitaine ^ 
il y obtint le grade de chef de balaillon de voltigeur» , 
le 12 décembre 1808; celui de major au 4* régiment 
de ligne, le 28 août 1809; celui de colonel du régiment 
de voltigeurs, devenu le 2* des vélifes à pied, le a5 mars 
181 1; et fut enûn promu au grade de maréchal-de- 
camp de la garde royale, le 27 janvier i8i4- ^ cette der- 
nière époque , Joachîm Murât qui, par suite d'une per- 
mutation faite précédemment avec Joseph Buonaparte, 
était passé du trône d'Espagne à celui de Naples. Murât, 
disons-nous , venait d*unir sa cause à celle des puissances 
alliées, qui faisaient la guerre à Napoléon Buonaparte; 
et, comme il avait été à portée de juger les talents mililai-r 
res de Carrier, il fit solliciter vivement cet officier délester û 
son service. Le grade de marécbal-de-camp , et des oflfres 
brillantes , furent les moyens de séduction que Ton crut 
propres à obtenir le consentement de Carrier; mais celui-ci j 
indigné qu'on pût le croire capable de servir contre sa pa- 
trie, refusa tous les avantages qui lui furent offerts, et s'il 
eut des imitateurs parmi les autres offiioiers français qui se 
trouvaient alors au service de Naples, du moins fut-il des 
premiers à déclarer hautement que sa résolution était in- 
variable, et à le prouver, en envoyant sa démission du grade 
éminent qui venait de Itii être accordé, sacrifiant à l'hon- 
neur et à sou devoir l'existeuGe brillante dont il Jouissait, 
et la faveur d'un prince qui lui témoignait autant de con- 
sidération que de bienveillaùce. Carrier quitta Naples le 3o 
janvier 1814» et revint en France, où 8. M. Louis XYIll 
1« confirma dans !• grade de Douiréchai-de-oamp , par 01- 



4 DICTIONNAIRE IIISTORIQUE 

doniiance du 9 fteptembre de la même année. Le maréchal- 
de-camp Carrier a été créé chevalier de Tordre royal et 
militaire de Saint-rLouis. le 9 novembre i8i4; il est aussi 
chevalier de Tordre de la Légion-d*Honneur. On le trouve 
classé parmi les oiiiciers-généraux en non activité. {Bre^ 
vels et Etats militaires.) 

CARTEAUX (Jean-François), général en chef, nacfuit à 
Allevant, dans le Forez, en i^Si. Fils d'un dragon du ré- 
giment de Thiauges, il fut élevé dans les garnisons, jusqu'à 
ce qu'il devînt en âge d'être lui-même soldat. Carteaux 
père ayant eu la jambe emportée par un boulet, fut placé 
à l'hôtel des In\alides, où son fils le suivit. Ce fut dans cet 
asile que le jfuiie Carteaux fortida son goût pour Tart mi- 
litaire. Il y puisa aussi celui de la peinture, et ayant été adop- 
té par le peintre Doyen, il fit des progrès rapides sous cet 
habile maître. Entraîné cependant par son penchant domi> 
nant, il servit comme soldai dans plusieurs régiments; revint 
ensuite prendre la palette et le pinceau , et fil plusieurs 
tableaux d'histoire généralement estimés. Pour achever de 
s'instruire dans son art, il parcourut les diverses contrées 
de TEurope. Pendant son séjour en Prusse , il consacra une 
partie de son temps à étudier la théorie de Tart de la guerre. 
Étant rentré en France, à Tépoque de la révolution , il en 
embrassa les principes avec ardeur, et fut nommé, le 14 
juillet 1789. aide-de-camp du général commandant la 
place de Paris. Il devint ensuite lieutenant dans la cava- 
lerie de la garde nationale parisienne ; se fit remarquer à la 
journée du 10 août 1793, et obtint le grade d'adjudant- 
eommandant. En 1795, il servait comme général de divi- 
sion dans Tarmée des Alpes, commandée par le général 
Kellermann. Dans la même année, les Marseillais s'étant 
arn^és pour secourir les Lyonnais, Carteaux fut envoyé avec 
sa division pour soumettre les insurgés provençaux. Il les 
attaqua et les battit à Orange , le i5 juillet, et les força à ré- 
trograder en toute hâte surCadenet, où il les délit de nou- 
veau , le 9 août. Dans cette journée , il se saisit de Dtirband, 
chef des insurgés; prit trois canons , des munitions^ et fit 



r DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. ' 5 

des prîdomiiers. * Après avoir dissipé un autre corps dMn- 
surgés, ^quifi*é(ait réuni à Salons^ il s^avança sur Marseille. 
Arrivé , le a5 , devant cette place , il attaqua , dès le a4 9 
rarmée provençale retranchée sur les hauteurs de la villey 
et protégée par 17 pièces de canon de tout calibre. Idalgré 
la vigoureuse résistance des Marseillais , Garteaux parvint à 
8*einparer des retranchements et de leur artillerie ; et pour- ' 
suivant sans relâche ses succès 9 il fit sonuner la ville de se 
rendre. Les habitants , divisés entre eux , étaient alors en 
guerre ouverte , et se battaient dans Tintérieur de Marseil- 
le , pendant que Garteaux 9 impatienté du retard que l'on 
mettait à répondre à sa sommation , faisait jeter quelques 
obus dans la place. Gependant les chefs des insurgés étaient 
entrés en pourparlers avec les officiers de quelques bâti- 
ments anglais qui croisaient devant le port, et peu s'en 
fallut que Marseille ne fût livrée aux troupes britanniques; 
Mais Tactivité que Garteaux mit dans ses opérations ^ ne 
laissa pas aux insurgés le temps d'effectuer cette mesure ^ 
et les républicains 9 sous ses ordres , entrèrent en vain- 
queurs dans Marseille 9 le a5 au matin (1). Après avoir été 
retenu quelque temps dans cette ville par les commissaires 
conventionnels , pour appuyer, avec sa troupe^ les mesures 
rigoureuses développées contre les ennemis du système ré* 
volutionnaire , Garteaux marcha, à la tète de 53oo hommes» 
contre la ville de Toulon , qui s'était rendue aux Anglais. 
Quoique les forces qu'il commandait fussent insuffisantes 
pour réduire une place qui, outre ses habitants, renfer- 
mait alors plus de dix mille hommes de troupes étran- 
gères , il commença néanmoins ses opérations d'attaque , 
dès le y septembre; força les gorges d'OlliouIes, défen- 
dues par quelques bataillons anglais, qui s^y étaient for- 
tifiés, et fit replier sur la ville plusieurs détachements, 
postés pour en défendre les approches. Bientôt après, il 
fut remplacé au siège de Toulon , et nommé , le 1 1 septem- 



(1) La cooTention ne tarda pas à tirtr une yeDgeanc^ terrible des ef- 
fortf que les Marseillais tenaient de faire pour se soustraire à son joog. 



6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE* 

bre, an commandement en chef de l'armée d*Italie , va- 
cant par l'arrestation du général Brunet (i). Il obtint en- 
suite le- commandement en chef de l'armée des Alpe»; 
mais il ne le posséda pas lon^^temps. Arrêté à Marseille , 
par ordre du comité de salut public, il fut amené à Paris, 
et renfermé à la Conciergerie, le a janvier 1794* ^^ révo- 
lution du 9 thermidor an *k (a^ juillet 1794) l*ayant rendu 
à. la liberté, il fut envoyé, en 1795, sur les c6tes de la 
Normandie, pour y commander un corps d'observation 
faisant partie de la grande*armée de l'Ouest, sous les or- 
dres du général Hoche. Destitué quelque temps après, il 
s'en plaignit, le 12 septembre, auprès de la convention , 
à laquelle il protesta de son dévouement , et qu'il servit 
en effet avec beaucoup de zèle dans l'affaire du iSven^- 
démiaire an 4 (^ octobre 1795]. Réintégré dans son grudo 
depuis cette époque, il resta en activité jusqu'en iBoo. Lo 
gouvernement consulaire le nomma, le 2 juillet 1801, l'un 
des administrateurs de la loterie, Garteaux quitta cette 
place, en 1804» pour aller prendre celle d'administrateur 
de la principauté de Piombino : Buouaparte avait disposé 
de cette principauté en faveur de madame Bacciochi, l'une 
de ses sœurs. Après un aii d'exercice dans ce nouvel emploi , 
le général Carteaux revint en France 9 où il se tint dans un 
éloignement absolu des affaires jusqu'à sa mort, qui arri- 
va quelques années après. {^Moniteur, annales du temps.) 

DE CARVOISIN n'AcHY (François-l^ilippe, marquis)^ 
maréchal-de-campy avait commencé à servir en i652. Il 
ne manqua aucune action de guerre jusqu'à la paix des 
Pyrénées. Il se trouva aux sièges de Douai , de Tournay et 
de Lille, en 1667, et leva, par commission du i5 décem- 
bre de cette année , une compagnie de cavalerie , qui fut 
licenciée au mois de mai 1668. Il en leva une nouvelle 



(1) Sur la proposition du comité de salut public, la convention avait 
décltffé , le 7 du même mois de septembre, qutf Gwteaui avait bien mé- 
rité de la patrie. 



'• * 1 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 'J 

dans le régiment de Bligny , le 9 août 1671 ; la commanda 
en Hollande pendant la campagne de 1672 ; au siège de 
Maestrichty en i6^5; au combat de Seneff; à la bataille 
de Mulhâusen, en 1674; à la bataille de Turkeimy et lau 
combat d*Altenhéim , en 1676. Devenu major de son régi- 
ment, le 90 novei»bre de cette dernière année 9 il se trou- 
va au combat de Rokesberg, sons te maréchal de Luxem- 
bourg , en 1676; au sîége de Pribourg, sous le maréchal de 
Créqui» en 1677; k Tattaque du pont de Seckîngen; à la 
prise de Kehl et du château de Liehtemberg, en 1678, et 
au combat de Mindeii, en 1679. Son régitnent ayant été 
réformé , le 8 août 1679, on le mit capitaine incorporé dans 
le régiment Royal^Roussillon cavalerie, par ordre du i5. 
On lui donna une compagnie en chef dans ce régiment, le 
4 octobre i683, et il servit en cette qualité de capitaine au siè- 
ge dç Luxembourg, en i684- C^é lieutenant-colonel de son 
régiment pendant la conquête du Palatin a t , en 1689, î^ ^(^ 
vit à la bataille de Pieurus, en 1690, et au siège de Mons, 
en 1691. On lui accorda, le aS avril de .cette année, une 
commission, pour tenir rang de mestre-*de<^amp de cavale- 
rie, et il se trouva en cette qualité aru conàbat de Leuse, au 
mois de septembre suivant ;. au siège de Namur et au com- 
bat de Steinkerque, eu 1692; à Sa bataille de Neerwlnde', 
et au siège de Charleroi , e w 1695. 'Mestre-de-eamp d^uiie 
brigade du régiments royat des carabiovers, è la formation 
de ce corps, par commission' du 1^' novembre 1695, il la 
commanda à l'armée de Flandve, en> 16949 etâ l*ârmèe delà 
Meuse, en 1695. Créé brigadier de cavalerie, le 5 janvier 
1696, il servit à l'armée de la Meuse, cette année et la 
suivante ;>au camp de Compiègne, en 1698, et ^ Tarmée de 
Fiandve, en 1701* Il se démit de sabrig^ide, au'mois de fé- 
vrier 170:^; fut employé en qualité de b)*%ddier au combat 
àe Nimègue, I» même année; à celui d'Eckeren, en 
1702, ctàTai-mèé de Flandre, en 1704* Il obCint^le gtadis 
de maréchal -de-camp, par brevet du a6 octobre de cette 
année. Il mourut le 29 novembre 1718, âgé de 84 ans. 
{Chronologie militaire, tom. VI ^ pctg, 558*) 



8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DE GARVOISIN d'Acht (Charles-LouU, comté), mare-* 
chal'de-camp, de la même famille que le précédent , en- 
tra au service comme cornette au régiment de dragons 
d'Orléans, le 18 mars 1729; fut fait lieutenant, le 1*' mai 
1731 ^ et servit en cette qualité au siège de Kehl, en i733; 
à l'attaque des lignes d'JEttlingen, et au siège de Philis- 
bourg, en 1734* Deveou capitaine au même régiment, le 
14 janvier 1735, il commanda sa compagnie à l'affaire de 
Glausen, au mois d'octobre suivant ; passa deuxième cor- 
nette de la première compagnie des mousquetaires, le 17 
septembre 1740, et eut, le même, jour, une commission 
pour tenir rang de meslre-de-camp de cavalerie Devenu 
premier cornette de la même compagnie, le 10 mai 17419 
il fit la campagne de Flandre, en 174^; se trouva à la ba- 
taille de Dettingen, en 1^43; accompagna le roi aux siè- 
ges de Menin, d'Ypres, de Furnes, et de Fribourg, en 1744» 
à la bataille de Fontenoi; aux sièges de Tournay, d'Oude* 
narde, de Dendermonde et d'Ath, en 174^» ^^ ^^ siège 
d'Anvers, en 174^* Gréé brigadier, le 20 mars 17479 1^ 
combattît à Lawfcld, en juillet de la même année, et ser- 
vit au siège de Maestriclit , en 1748. Il devint deuxième 
jeDseigne de sa compagnie, le 5 mars 1760; premier ensai- 
gne, le :8 décembre 1761; sous - lieutenant , le 7 juillet 
■1754» et premier sous-lieutenant, le i3 juin 175G. Gréé 
^ maréchal-de-»C9iiip9 le 1" mai i758,;il quitta lesmousque-^ 
taires et le service, au mois d'octobre 1759. {Chronologie 
militairù, tom, VU, pag. 34©.) 

. DE GASABIANGA (Raphaël) , pair de France et Ueuie- 
nant'général , naquit à Vescovato ep Gorse, le 27 novem- 
bre 1738. Llevé dans la haine des Génois, il :fit contre eux 
ses premières armes, et concourut long-temps à défeodrt 
s'a patrie contre leur oppression. Persuadé que la Gorse ne 
serait tranquille et; florissante que lorsqu'elle serait réunie 
à la France, Gasabianca prit parti dans les troupes que 
Louis XV envoya dans celte Ile; fit les deux campagnes 
qui en achevèrent la soumission , et fut nommé, en 1770, 
capitaine dans le régiment d'infanterie de Bultafuoco, lev^ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 9 

en Corse pour servir en France. Le dévouement que Casa- 
blanca avait montré aux Français, et Tinfluence qu^il 8*é- 
taît acquise sur se^ compatriotes , dont les' esprits étalent 
encore fîers et indociles, déterminèrent l£ ^uvernement 
français à le faire repasser en Corse. Il y fut nommé , 
par le ministre de France , capitaine au régiment Provin- 
cial-Corse, le a5 août 177a , et reçut, un an après, le bre- 
vet de major de ce régiment. Honoré de la confîandie de MSI. 
de Narbonne et de Marbeuf, qui furent successivement 
gouverneurs de Ttle, il reçut d*eux les missions les plus dé- 
licates, et leur parut digne de veiller au maintien de la 
tranquillité parmi les citoyens. Il justifia pleinement la con- 
fiance de ces deux gouverneurs, et sut, par son zèle, sa 
prudence , ainsi que par la bonne discipline et la bravoure 
de son régiment, ramener la paix et la sécurité dans ce 
pays, où, pendant long- temps, de furieuses rivalités avaient 
fait ruisseler le sang. Nommé lieutenant>colonel du régi- 
ment Provincial-Corse , en 1779, il le commandait encore 
dafnsrtie, lorsque la révolution française éclata, en 1789. 
La Corse ayant été déclarée, par rassemblée constituante, 
partie intégrante du territoire français , Casabianca fut un 
des quatre députés extraordinaires envoyés à Paris, en 1 790, 
pour remercier rassemblée à Toccasion de cette déclara- 
tion. Le ministère français, qui connaissait les anciens ser- 
vices dé Casabianca, Téleva, le i5 septembre 1791, au 
grade de colonel-commandant du 49* régiment d'infante* 
rîe de ligne, ci -devant Berri. La guerre ayant été déclarée, 
le nouveau colonel se rendit avec son rt^giment à l-armée 
du Nord, commandée par le maréchal de Rochambeau. 
Classé dans le corps du général Biron (alors connu sous le 
nom de duc de Lauzun), le colonel Casabianca conduisit 
Taile droite des troupes de -cette division à toutes les atta- 
ques qui furent dirigées contre la ville de Alpns, et combat- 
tit constamment à la tête du bataillon de cafmpagne de son 
régiment. L'intelligence et la bravoure qu^fl déploya dans 
toutes les occasions lui valurent les éloges flatteurs qu'il 
reçut du général Biron .en présence de Tarmée. Les forces 
autricbiennès opposées à Biron ây^ant été augmentées, elles 



IT. 



lO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

.obHg[érent ce général à une retraite; mais Casabianca 9 qui 
avait dû suivre d*aborcl le mouvement rétrograde 9 revint sur 
ses pas, et obligea un corps de hulans, accouru pour investir 
le camp français, de se réfugier dans QuievraîD. Sur l'or- 
dre qu^ir reçut de chasser les bilans de cette ville , il part 
avec son bataillon et a pièces de canon ; attaque vivement 
Quievrain ; en fait escalader les murs et enfoncer les por- 
tes, et met les ennemis en .fuite. Cette entreprise hardie 
eut le plus grand succès ; mais comme elle avait paru té- 
méraire, on accueillit facilement dans le camp de Biron la 
fausse nouvelle de la défaîte et de la mort du colonel Ca- 
sablanca; et alors les 8000 hommes qui composaient ce 
camp, sourds à la voix de Biron, qui voulut en vain les rallier, 
se mirent en déroute; prirent la fuite avec toute la vio- 
lence et le désordre qui caractérisent Tindiscipline , et ne 
s'arrêtèrent qu'à Yalenciennes. Cette lâche fuite mettant 
le bataillon vainqueur à Quievrain en danger d*ètre assailli 
par des forces ennemies auxquelles il lui eût été impossi* 
ble de résister, Casablanca se détermina à évacuer cette 
ville; et, s'étant placé à Tarrière-garde de sa troupe, il la 
ramena saine et sauve au corps d'armée.. S. M. Louis XYI 
récompensa la belle et courageuse conduite du colonel 
Casablanca, eu lui conférant le grade de maréchal-de- 
camp, le 3o mai 179a. Employé en cette qualité à l'armée 
des Alpes, sous les ordres du marquis de Montesqniou , il 
y eut le commandement de l'avant-garde. Étant sorti de 
Pont-Yoisin, il força le passage de la Grotte; se réunit au 
corps principal de l'armée à Chambéry, et concourut par 
cette jonction à assurer la conquête de la Savoie. Il con- 
tinua à poursuivre les Piémontais; leur enleva Chatelard , 
ainsi que les magasins qui s'y trouvaient; perça dans la Ta- 
rentaise; et, après avoir battu et dispersé les ennemis sur 
plusieurs points, il vint prendre position au pied du petit 
Saint-Bernard, d'où il força les Piémontais d'évacuer Ja 
Maurienne.et là Savoie. Après la conquête de ces deux pays» 
Casablanca se rendit en Corse, où Paoii lui donna le com- 
mandement en second de la place d'Ajaccio, avec l'ordre 
de se tenir prêt, avec des détaoiiements, à s'embarquer 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 11: 

pour la Sardaigne que Ton voulait suiprendre. Bientôt 
après, et en exécution de cet ordre 9 Casablanca alla join- 
dre devant Gagliari 9 avec les transports qu'il avait prépa- 
rés , les bâtiments de guerre commandés par Truguet et 
Latouche-Tréviile. Cagliari, qu*on avait cru pouvoir occu- 
per sans résistance , ayant fait des démonstrations de dé- 
fense 9 Casablanca en fit l'investissement pendant quelques 
jours; mais rinsubordination fomentée dans les troupes 
par une phalange marseillaise empêcha que l'attaque de 
cette place pût avoir lieu, et l'on fut contraint de rembar- 
quer les troupes , qui furent ramenées à Toulon. Vers cette 
époque, Paoli, mécontent du directoire*exécutif de Fraur 
ce et des commissaires envoyés dans la Corse , venait d'y 
appeler les Anglais. Toute llle» excitée par lui, s'était sou- 
levée, et ses places maritimes étaient au pouvoir des en- 
nemis de la France. Casablanca, qui était retourné en 
Corse , fut nommé pour remplacer Paoli. Bientôt la place 
de Calviy dans laquelle il s'était établi, fut investie par une 
escadre anglaise, sous les ordres de l'amiral Hood,. et par 
des troupes de terre que commandait le général Stuart. Les 
nombreux partisans de Paoli s'étaient réunis à ces forces 
redoutables. Enfermé avec moins de 600 hommes dans la 
place de Calvi , qui était en très-mauvais état de défense , 
et mal approvisionnés en vivres, en munitions, Casablanca 
y soutint cependant Sg jours de siège. Au bout de ce ter- 
me, la garnison étant réduite à 80 hojnmes , et la ville 
ayant été écrasée et en partie détruite par les bombes, les 
boulets et les obus des assiégeants , Casablanca accepta la 
capitulation que lui offrirent les Anglais, et qui fut tout à 
là fois honorable pour lui et sa troupe, et favorable aux 
habitants de Calvi. Il s'était cependant réservé de rompre 
cette capitulation , si dans le délai de dix«joUrs les secours 
qu'il avait demandés arrivaient. Rien n*ayant paru, il 
i^mit la place, et se rendit à Toulon, où sa conduite et 
celle de sa troupe furent approuvées. Pendant la durée du 
siège de Calvi , Casablanca avait été élevé au grade dégé- 
nérai de division, le 19 mars 1794* H servit, en 1795, 
d'abord* sous le général Masséua, qui commandait l'avaul-» 



19 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

garde de rarmée d'Italie , et ensuite sous le général Buo- 
naparte, commandant en chef de cette armée. Par les or- 
dres de ce dernier, Casablanca conduisit une expédition 
en Corse. Les Anglais qui occupaient Pile en étant sortis à 
son approche et sans combattre, il reprit le commande* 
ment du département du Liamone. Buonaparte lui confia 
peu de temps après celui de Gènes, où il parvint à apaiser 
les factions qui agitaient cette ville. En 1798, il servit dans 
l'armée de Rome , commandée par le général Champion- 
uel. Sa division fut une de celles qui marchèrent vivement 
sur la droite de Tnrmée napolitaine et la repoussèrent. Il 
s'assura , le 6 décembre , de la place de Coni et de la per- 
sonne du gouverneur de cette place. En 17999 il fut em- 
ployé à Tarmée d^Helvétie, sous le général en chef Massé* 
na , qui Tenvoya dans la Haute-Engadine, avec mission de 
s'emparer du poste de Bormio , que le général autrichien 
Laudon évacua. Il avait été envoyé, dans la même année, 
à l'armée de lH)uest, et s*y occupait à faire fortifier la ville 
de Saint-Brieux , lorsque Napoléon Buonaparte, devenu 
premier consul de la république française , récompensa ses 
services en le faisant nommer membre du sénat«conserva* 
teur, le a5 décembre. Le général Casabianca abandonna 
alors ie service militaire. Il fut créé grand-officier de la 
Légion-d'Honneur , le i4 juin i8o4; élevé à la dignité de 
comte, et pourvu de la sénatorerie d'Ajacoio. En 18149 il 
adhéra à la déchéance de Buonaparte. S. M. Louis JKLVIII 
le nomma pair de France , le 14 juin de cette année, et lo 
Ht chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 
ai décembre suivant. En octobre de la même année, le 
comté Casablanca vint à la tête d'une députation de la 
Corse féliciter S. M., et l'assurer du dévouement de ses 
compatriotes. En 18 15, pendant les cent jours, Buona-» 
parte le créa pair de France , par décret du a juin ; mais 
au second retour du roi, il fut privé de cette dignité, par 
ordonnance du 24 juillet. Il a été réintégré dans la pairie, 
par une antre ordonnance royale du ai novembre 1819. 
Il est porté dans le tableau des pensions inscrites au tré- 
sor public, À lâ'date du 1*' septembre 1817, pour la re^ 



DES GJKNÉAAtJX FRANÇAIS. l3 

traîte du gr«'^e de lieutenant-général , après 56 ans lo 
mois et i9iour9de6etvicd(i). {Etats et brevets militaires. 
Moniteur, annales du tfimps,) 

HB CASAUX) vqymw^ Beon. 

G ASSAGIE (Louis-Yictorin 9 baron), lieutenant-géné- 
ral', naquit le 5 juin 1774* ^^ entra au service en qua- 
lité de lieutenant dans une compagnie franche 9 le 1*' fé- 
vrier 1793, et devint capitaine de la 6* compagnie du 8* 
balaillon dû déparlement de la Haute-Garonne, le a5 mars 
suivant. Employé avec ce bataillon à Fermée des Pyrénées- 
Orientales, il se distingua, le 4 ^vril de la même année j 
en défendant à la tète de sa compagnie le passage de la ri- 
vière de la Teta , au village de Corneilla. Il continua à 
servir à la même armée, en 1794 ^^ ^79^9 ^^ passa à celle 
d'Italie, en 1796. Commandant les éclaireurs de Taile 
gauche du corps du général Masséna, il fut chargé de 
poursuivre les Autrichiens après leur défaîte à Lonato, et 
fut blessé très-grièvement d'un coup de feu à la poitrine, 
le 3 août, près du lac de Garda. A la tête de ces mêmes 
éclaireurs , il fit mettre bas les armes à un corps de cava- 
lerie ennemie, le 16 janvier 1797, près de Mantoue. Il 



(i) Le comte Raphaël Gasabîaoca était Opcle de Locio Gasabianca qui 
l'immortalisa, en 1798, au fameux combat d'Aboukir, où il montait le 
▼aineau de guerre i^Orient^ en qualité de capitaine de pavillon de ^'amiral 
Btueys. Cet amiral ayant été tué dans l'action , Gasabianca prit le com- 
mandement du Taisaeau , et le défendit contre les Anglais avec beaucoup 
d'intrépidité. Bientôt il fut lui-même blessé mortellement. Les batteries 
de l'escadre anglaise » commandée par I^elsoni , ayant mis le feu au vais- 
seau VOrierU, ce bâtiment sauta en l'air et s'engloutit dans les flots avec 
son capitaine et ce qui restait de l'équipage. Ziacomo Xocante , fils de 
Imcio de Gasabianca, enfant de dix ans, de la plus belle espérance» 
donna dans cette occasion l'exemple de la tendresse filiale la plus hé- 
roïque. Ge jeune homme, pressé vivement par son père de se séparer de 
lui et de chercher son salut dans une prompte fuite , s'y refusa obstiné- 
ment , et il tenait l'auteur de ses jours pressé dans ses bras, lorsque Tex- 
ploaion du vaisseau ent lieu. Gc trait sublime a inspiré de beaux vers a 
deux d« net poètes célèbre! , MM. I«ebrun et Ghénier. 



l4 DICTIONNÀtRE RISTOUQUE 

commeifiça Tattaque du camp autrichien à la bataille de 
Tarvis, le 23 mars suivant, et reçut dans cette affaire un 
coup de feu à la jambe gauche. Après avoir continué à ser* 
vir à Parmée d'Italie et en Suisse, il ût partie de Tannée 
expéditionnaire d'ÉgypIe, qui partit d4|ports de France, en 
1^98. Il eut le comniundement des éclaireurs de la division 
du général Bon, et combattit à leur lète aux batailles de 
Chebreyss et des Pyramides. Employé dans l'expédition de 
Syrie, il servit au siège de St.-Jean-d'Acre. Chargé, le 29 
mai 1799, d'attaquer un des ouvrages des assiégés, il fut obli- 
gé de combattre à outrance, et d'égorger les Turcs qui le 
défendaient. Il reçui dans cette action cinq coups de poi- 
gnard, dont deux à la main gauche 9 deux à la cuisse et un 
dans la poitrine. Il fut élevé au grade de chef de bataillon, 
le y août de la même année; commanda son corps à la ba^ 
taille de Canope près d'Alexandrie, le 21 mars 1801 ; péné- 
tra dans le camp des Anglais, et y reçut un coup de feu qui 
lui traversa la cuisse droite. Il devint colonel du 25* régi- 
ment d'infanterie de ligne, le 29 mai. Après la capitulation 
signée à Alexandrie, au mois d'août suivant, le colonel Gas- 
sagne quitta l'Egypte , et revint en France. Le premier con- 
sul Buonaparte récompensa les services distingués de cet 
officier, en le créant d*abord chevalier de la Légion-d'Hon- 
neur , le 1 1 décembre 1 8o5 , puis officier de la même légion, 
le 4 juin i8o4* Le colonel Cassagne fut employé à l'armée des 
côtes , en 1804 et 1 8o5 , et fit ensuite les campagnes de 1806 
et 1807 contrerles Autrichiens, les Prussiens et les Russes. A 
la célèbre bataille d'Iéna, livrée le 14 octobre 1806, le co- 
lonel Cassagne, dont le régiment faisait l'avant-garde de la 
division Gudin (au corps du maréchal Davoust) , se distin- 
gua en enlevant, dans le combat d'Auerstaedt, 2 pièces 
de canon à la cavalerie légère prussienne. Il eut , à cette 
affaire, un cheval tué sous lui, un second grièvement blessé, 
et fut atteint légèrement d'une balle au front. Cité plusieurs 
fois avec éloges, soit dans les rapports du maréchal Davoust, 
soit dans ceux des généraux sous lesquels il servait le plus 
immédiatement , sa conduite valeureuse fut connue de Na- 
poléon , qui lui conféra le grade de général de brigade f le 7 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l5 

fuin 18079 elle tîlrede baroud^empîre, le 8 mars 1808. Em- 
ployé à l'armée d*£8pagae, depuis 1808 jusqu'en 181a, il eut 
d'abord le commandement d'une brigade de la division Ve- 
del, formant la gauche du corps d^armée commandé par 
. le général en chef Dupont. Un corps d'insurgés du royau- 
me de Grenade s^étant porté sur Jaen, en juin 18089 ^^ 
général Gassagoe fut envoyé pour les disperser. Parti de 
Baylen 9 le 1" juillet, il arriva, le 2, à Jaen, et eo chassa 
les Grenadins. II reçut en cette occasion un coup de feu, 
qui le blessa au c6té gauche. Il eut à soutenir contre le 
général espagnol Rêding plusieurs combats, d'avant-garde, 
d'où il sortit toujours victorieux. Nommé gouverneur de 
la Sierra-de-Ronda ^ il y eut des succès marquants dans 
diverses affaires; enleva aux ennemis plusieurs villes; oc- 
cupa le camp de Saint-^Roch, et observa la place de Gi- 
braltar. Chargé de couvrir la gauche du blocus de Cadix, 
au poste de Medina-Sidonia , il força à la retraite un corps 
de troupes anglaises; battit, le 22 janvier 1811, le corps 
espagnol du général Crux-Mourgon; lui fit des prisonniers, 
et lui enleva un drapeau. Le général Cassagne conserva te 
gouvernement de la ISierra-de-Ronda jusqu'au mois de dé- 
cembre 1811. On le créa commandant de la Légiourd'Hon- 
neur, le 25 janvier 18 13. Appelé, la même année, à la 
grande-armée d'Allemagne 9 il obtint le grade dégénérai 
de division , le 5o mai; commanda en cette qualité la 1'* 
division du 1" corps d'armée; combattit avec elle le corps 
russe du général Tolstoy à la bataille de Dresde, le i5 oc- 
tobre ; lui fil bon nombre de prisonniers, et lui enleva 5 
bouches à feu et un équipage de pont. Le général Cassa- 
gne faisait partie des troupes qui se trouvaient à Dresde , 
lorsque le maréchal Gouviou-Saint-Cyr conclut, le 1 1 no- 
vembre 9 avec les généraux des troupes alliées , une capi- 
tulation pour l'évacuation de oette piace. Cette capitula- 
tion ayant été violée, au mépris du droit des gens et des 
lois de la guerre, les Français, furent retenus prisonniers 
de guerre , et le général Cassagne fut conduit en Hongrie. 
Il avait été créé chevalier de Tordre impérial de la cou- 
ronne d'Autriche I le 29 août précédent^ et commandent 



l6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

de l'ordre de la Réunion , le 24 septembre aussi de la mê- 
me année. Rentré en France après le rétablissement des 
Bourbons sur le trône de France 9 il fut nommé, par le roi, 
commandant du département de la Haute-Garonne, en rési- 
dence à Toulouse, chef-lieu delà 10* division militaire: Ilcon-^ 
serva ce commandement depuis le i*'juin 1814 jusqu'au 1 5 
ayril 181 5. S. M. Tavait aussi créé chevalier de Tordre royal 
etmifitaîrede St. -Louis, le 28 juillet 1814. Le général Gussa- 
gne était à Toulouse, lorsque la nouvelle de Tinvasion de Buo- 
naparte 8*y répandit vers le 9 mars i8i5. Il prit aussitôt les 
mesures les plus promptes pour mettre la garnison et la 
garde urbaine en état de défendre la cause du roi ; mais 
bientôt après, Taulorité de Buonapante ayant été de nou- 
veau reconnue à Toulouse, le baron Gassagne se rendit à 
Paris. Napoléon l'employa pendant les cent jours comme 
inspecteur-général d'infanterie , et le chargea de la défen- 
se des Pyrénées-Orientales. Il fut mis en non-activité, par 
suite de Tinstruction ministérielle du 20 novembre de la 
même année; mais il a été classé de nouveau parmi les 
officiers-généraux disponibles, en conséquence de Tordon- 
nance royale du 22 juillet 1818. [Br^ets militaires , Mo^ 
tuteur, annales du temps,) 

DB GASTEJA, voyez Buudos. 

DE GASTELLAMONT, voyez Bottok. 

i)E GASTELMORON, voyez de Belsuhce. 

DB G ASTELNAU de Rouvres (Louis), marée hal^de-camp^ 
fut d*abord lieutenaût au régimeni des gardes<-françà!8e$, 
en 1627, et servit au siège de la Rochelle, qui ne se rendît 
que rannéesuivatatcllfùtemployé à l'attaque du Pas-de-Su- 
tb, aux sièges de Privas^t d^Alais, eh 1629, et à la conquête de 
ta Savoie, eii i65o. Devenu capitaine au- même régiment, le 
5 mars i652, il marcha en Lorraine^ la même année; s6 
trouvai au siège de Nanci , en i655; au sîége de Saint-Mi- 
hel; à la prise de Binghenf; au seèobrs' dé Mayence, et au 
combat de Yaudrevanges , -en i635. Il fut «niployé aux 
îléges de Gorble, en- r636; di LandHScîeslV dèf^fl^Mibéugc 



BES GENERAUX FRANÇAIS. 1<J 

et de la Gapelle, en 1657; de Saint-Omer, en i658; d^Hes- 
dîo, en 1659; d*Ârras9 en 1640; d'Aire» de la Bassée et de 
Bapaume, en 1641; de Collioure et de Perpignan, en 1642; 
de Gravelines, en 1644 ; de Gassel, de Nardick, deLincL 
et de Bourbourg;, en i645. On lui donna le gouvernement 
de cette dernière place après sa prise , le 9 août. Il leva^ 
par commission du 14 mars 1646, un régiment d'infante- 
rie de son nom , pour îfenir garnison à Bourbon ; s« démit 
de sa compagnie aux gardes, au mois de mai, et mérita, 
par les services qu'il rendit à Bourbourg, le grade de ma- 
réchal-de-camp, qu'on lui accorda , par brevet du 2 mars 
1649* Nous ne connaissons pas l'époque de sa mort. {Chro- 
nologie militaire , tom. VI, p(ig* 2495 Histoire de la maison 
du roi, par l'abbé de Nœufi^ille , tom. III,) 

DB CASTELNAU-MAUVISSIÈRE (Jacques, marquis), 
maréchal de France, de la même famille que le précédent, 
mais d'une autre branche , naquit en 1620. Il fif ses pre- 
mières armes en Hollande, en ï6349 comme volontaire 
dans la compagnie du sieur de Hauterive, son parent. Le 
fort de Saint-Philippe étant assiégé par les Espagnols, il 
se jeta parmi les troupes qui y entrèrent pour le défendre; 
et à peine y fut-il arrivé, qu'il marcha avec un détache- 
ment dans une sortie contre les assiégeants. Ces derniers 
furent chassés de la tranchée avec perte de 5oo hommes , 
et on les contraignit de lever le siège, le i4 mai i655. Il 
accompagna au siège de Louvain François de Castelnau, 
son frère aîné. Celui-ci était venu en Hollande avec plu- 
sieurs jeunes gentilshommes , pour aller ensuite joindre 
l'armée du roi , qui s'était ouvert une entrée dans le Bra- 
bant par la victoire d'Avesnes. Les armées de France et 
de Hollande furent obligées, faute de vivres, de lever le 
siège de Louvain, le 4 juillet i655, en présence des Es- 
pagnols. Les deux frères Castelnau se signalèrent en divers 
combats, pendant la retraite qui se fit sur Nimègue. Le 
marquis de Castelnau se trouva au siège et à la prise du 
fort de Schenck, enlevé ^ux Espagnols par le comte GuiU 
laume de Nassau, le ao avril ]656. De retour en France, 



l8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

le roi lui donna, le lo juillet » une commission pour lever 
un régiment d'infanterie de hon nom, lequel fut composé de 
12 compagnies. Ce régiment servit au siège de Corbie, qui 
capitula, le lo novembre, et s'y distingua tellement, que le 
roi l'excepta de la réforme qui fut faite. S. M. daigna mê- 
me l'augmenter de 8 compagnies, et lui don^ia le drapeau 
blanc. Castelnau commanda son régiment au siège de la 
Capell^,que le cardinal dé Laville ifèprit sur les Espagnols, 
le ai septembre 1657. Pendant ce siège, il fut attaqué de 
la peste ; et, aussitôt après sa guérison, il se hâta d'aller re- 
joindre son régiment à Gatteau-Cambrésis. L'impalience 
qu'il avait de se signaler, le fit tomber dans une embus- 
cade, que lui tendirent les ennemis. Il s'était mis à labour- 
suite d'un détachement de la garnison de Cambrai; et, em- 
porté par le feu de la jeunesse et par son courage, il avait 
pousflé Tennemi fort avant , lorsque, dans l'engagement, il 
eut son cheval tué sous lui; fut fait prisonnier de guerre, et 
conduit à Cambrai. Aidé par un soldat français, qui pas- 
sait pour Espagnol, il parvint à s'évader, non sans beau- 
coup de peine et de péril, à cause de la hauteur extrême 
des bastions où il descendit, et de celle de la contrescarpe 
qu'il lui fallut remonter (i). Il gagna Catteau-Cambrésis , 
d*où il se rendit à la cour. En i658, il se trouva au siège du 
Catelet, que Ton reprit sur les Espagnols, le 14 septembre; 
et comme son régiment n'était point à ce siège , il aima 
mieux servir comme volontaire que de laisser échapper 
l'occasion de se distinguer. Il reçut à un assaut deux coups 
de mousquet dans son armure. Employé , en 1659, au sié- 
' ge d'Hesdin , qui se rendit au roi, le 5o juin, il reçut une 
mousquetade à l'épaule à la première garde de tranchée 
qu'il fit. Cette blessure ne l'empêcha pas de repousser une 
attaque que les assiégés dirigèrent contre son régiment , et 
de les chasser de la tranchée , où ils perdirent un grand 



(1) Pour témoigner Tiolérêt qu'il prenait à Gantelnau, le cardinal de 
Richelieu, premier ministre, fit donner cent pistoles de récompense au 
soldat qui avait aidé Castelnau à sortir de Cambrai. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. IQ 

nombre d'hommes, dont leur commandant faisait partie. 
Castelnau, poursuivant' vivement les fuyards 9 fut sur le 
point d'entrer avec eux dans la demi-lune. HuitHours a- 
près, il reçut, dans le fossé , un coup de mousquet qui lui 
cassa l'os d'une jambe. Le roMaigna l'envoyer visiter, et 
le cardinal de Richelieu lui donna de grandes marques d'es- 
time. Après sa guérison, Castelnau servit, en 1640, sous 
M. du Hallier (depuis maréchal de France, sous le nom 
de l'Hospltal), au siège et à la prise de Sancy. Il l'accom- 
pagna 9 la même année , dans la conduite d'un grand con- 
voi mené devant Ârra^ , et qui était d'une haute importan- 
ce pour la prise de cette place. En 164 19 il fut employé, 
sous le maréchal de la Meilleraye, au siège d'Aire, qui ca- 
pitula le 26 juillet. Castelnau s'était distingué pendant ce 
siège, en soutenant deux sorties que firent les assiégés pen- 
dant qu'il était de garde à la tranchée, et en repoussant 
vigoureusement l'ennemi dans la ville. En 16429 on le 
chargea , conjointement avec le sieur de Kargretz , de con- 
duire un secours de 4000 hommes au maréchal de Gué- 
briant, en Allemagne. Cette troupe avait été levée en Breta- 
gne, et mise en qualité de recrue dans les régiments de Castel- 
nau et de Kargretz. Castelnau tomba malade à Cologne, 
par suite des fatigues du voyage , et revint en France pour 
rétablir sa santé. Le régiment de Castelnau , étant resté 
en Allemagne , fut entièrement détruit à la bataijle de Roth- 
vtreil. Pour dédommager Castelnau de cette perte, on le 
nomma, le 4 février 1644 9 mestre-de-camp du régiment 
français du cardinal Mazarin (depuis Bretagne) , et il ob- 
tint, le même jour, la charge de maréchal de bataille. 
Employé, la niéme année, à l'armée commandée parle 
duc d'Ënghien, il se trouva aux combats de Fribourg, les 
5 et 5 août. Au premier de ces combats , le marquis de 
Castelnau V marchant à la tète du régiment de Mazarin, 
passa par-dessus les abattis de bois faits par les ennemis; 
s'attacha à la palissade du retranchement d'une redoute; 
arracha les pieux, et chassa les ennemis. Il était déjà en 
possession de la redoute, lorsque le duc d'Ënghien lui en-^ 
voya Tordre de s'en emparer. Au combat du 5, qui dura 



30 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

depuis onze heures du matin jusqu'à sept heures du soir^ 
le marquis de Gastelnau fut toujours avec son régiment à 
la portée du pistolet de l'ennemi, et reçut cinq coups de 
mousquet, dont un le blessa grièvement au bras. Malgré 
ces blessures 9 il tint ferm« à son poste 9 jusqu'à ce que» 
sur un ordre réitéré du duc d'Ënghien » il commanda la 
retraite*. Il fut détaché 9 le 9 du même mois , à la tête de 
1000 mousquetaires, pour aller engager les ennemis au 
combat; mais ceux-ci rebutés, et n'osant hasarder une 
troisième affaire , prirent le parti de se retirer, en aban- 
donnant leur bagage et une partie de leurs canons. Le mar- 
quis de Gastelnau continua de signaler sa valeur à la prise 
des places de Philisbourg, Landau, Worms, Spire, Mayen- 
ce, etc., etc. Employé, en 1645, à l'armée d'Allemagne , 
sous les ordres du duc d'Enghien , il rendit un service des 
plus importants à la bataille de Nortlingue , le 5 août. Les 
Impériaux s'étaient retranchés dans le village d'AUerem 9 
dont ils avaient barricadé les rues et crénelé les maisons. 
Trois cents de leurs mousquetaires étaient postés dans le 
clocher de ce village > dant Téglise et les carrefours étaient 
gardés par des cuirassiers, et ces divers moyens de défen- 
se étaient appuyas par toute leur infanterie. Le marquis 
de Gastelnau ayant été chargé d'attaquer avec l'infanterie 
française le vilrage d'Alterem, dont l'occupation était in- 
dispensable jpour assurer le gain de la bataille, il mena ses 
troupes à l'ennemi. La résistance qu'il éprouva fut des plus 
vigoureuses , et l'on se battit de part et d'autre avec un 
égal acharnement; mais enfîu le village fut enlevé. Mercy, 
qui commandait les Impériaux, fut tué à l'attaque du 
marquis de Gastelnau, qui eut lui-même deux cheviiux 
tués sous lui , et reçut six coups de mousquet sur son 
corps ou dans ses armes. Une de ces mousquetades lui 
ayant percé l'aine droite , la vessie et le haut de la cuisse 
gauche , la blessure fut jugée mortelle; mais il fut assez 
heureux pour en guérir. En récompense de ses services , il 
obtint le grade de maréchal-de-camp, que S. M. lui con- 
féra, le 16 du même mois d'août. Il leva, par commission 
du 14 mars 1646, un régiment d'infanterie de son nom. 



DES GENJËfiÀUX FBÀl^ÇAIS. 2 1 

Employé^ la même année, au siège de Mardick, il fit un 
logement à sa garde sur la contrescarpe; repoussa avec'sa 
vigueur ordinaire une sortie des assiégés ; et quoiqu'il eût 
reçu deux coups, Tun à la tête et l'autre à la cuirasse, il 
ne quitta point la tranchée, où le duc dToghien le trouva 
soutenant le choc des assaillants. MardicL fut pris, le 94 
août. Au siège de Dunkerque , qui capitula, le 7 octobre 
suivant , le marquis de Casteinau fit encore sur la contres- 
carpe un logement, qu'il maintint contre toutes les atta- 
ques des assiégés. Chargé de jeter des troupes dansBéthu- 
ne, il s'acquitta de cette mission avec tant de diligence , 
que les ennemis, qui menaçaient la place, furent obli- 
gés de renoncer à leur dessein. Une maladie le força peu 
de temps après de quitter l'armée; mais, ayant eu avis 
qu'il pourrait y avoir un combat vers Landrecies , il s'y fit 
porter, afin de ne pas manquer une occasion de prouver 
son zèle pour le service du roi. Ce dévouement fut récom- 
pensé par le gouvernement de la Bassée, que le roi lui 
donna, le 10 juillet de la même année, et auquel on joi- 
gnit celui de Lens, avec ordre de faire raser cette dernière 
place. Il fit fortifier la. Bassée de manière à mettre cette 
ville dans un état de défense respectable. Nommé au gou- 
vernement de Brest, en 1648 , il se démit alors de celui de 
la Bassée. Il se démit aussi du régiment du cardinal Maza- 
rin , le 5o mars. Sur les avis que l'on eut des projets de 
l'ennemi sur Furnes, le marquis de Casteinau reçut l'or- 
dre d'aller servir, seul maréchal-de-camp, et de comman- 
der up corps de troupes en Flandre , du côté de la mer, 
sous les ordres du maréchal de Rantzavr. Pendant qu'on 
préparait à Dunkerque le secours destiné pour Furnes , 1^ 
marquis de Casteinau résolut d'enlever une garde de cent 
chevaux, et se mit en embuscade dans les dunes. Les en- 
nemis, avertis de son dessein par un cavalier allemand 
qui déserta , firent monter à oheval toute leur cavalerie; 
mais, afin d'attirer Casteinau dans le piège qu'ils lui ten-* 
daieut, ils ne lui présentèrent d'abord qu'un escadron de 
40 chevaux, à la poursuite duquel il se mit, et dont il prit 
une partie II était parvenu à faire- rétrograder le reste. 



2â DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

lorsqu'il se vit tout à coup chargé par looo cavaliers. Faî* 
sant alors bonne contenance , et aidé de loo chevaux qu*il 
avait eu la précaution de poster sur une hauteur pour fa- 
voriser sa retraite en cas de besoin , il revint au petit pas 9 
tenant toujours tête aux plus avancés. Arrivé dans un dé- 
filé, il culbuta 200 ennemis, et parvint à rentrer dans 
Dunkerque avec ses prisonniers 9 après une marche de 4 
lieues , pendant laquelle on ne put parvenir à Tenlamer. 
Les ennemis 9 qui s'étaient emparés de Fumes avant que 
cette place eût pu être secourue »* envoyèrent le mar- 
quis Sfondrate avec un corps de troupes contre le ma- 
réchal de Rantzaw. Ce dernier s'étant mis en mouve- 
ment, le marquis de Gastelnau, qui commandait son a- 
vant-garde, attaqua et prît Tabbaye des Dunes, après une 
longue et vigoureuse escarmouche. Le lendemain ^ Sfon- 
drate ayant pris une position avantageuse derrière un ca- 

' nal très-large, où il se trouvait encore couvert par un pa- 
rapet à banquettes, le maréchal de Rantzaw arrêta de le 
faire attàquer-pendant la nuit. Dans cette affaire, le mar- 
quis de Gastelnau eut son poste assigné à la droite, avec 
a régiments et 2 petites pièces de canon. Le signal d'atta- 
que donné, il fit, sur le bord du canal que défendaient les 
Espagnols, un logement pour 100 mousquetaires. Dans 
cette première action , qui eut lieu sous une grêle de mous- 
quetades , deux gentilshommes et un de ses valets furent 

' tués à côté de lui ; son aide-de-camp et un garde y furent 
blessés. Son retranchement achevé, il se fit apporter des 
\ pièces de bois pour établir un pont, et envoya des gens à 
la nage, pour l'assurer de l'autre côté. Le maréchal de 
l^antzavir, jugeant cette entreprise impossible et très-meur- 
trière , manda à Gastelnau de sa retirer , lorsqu'il le croi- 

. rait convenable ; mais celui-ci s'opiniâtra dans son dessein; 
et, allant lui-même chercher des hommes pour rempla- 
cer ceux tués ou mis hors d'état de travailler, il parvint à 
'passer le canal, et à forcer Sfondrate d'abandonner sa po- 
sition, et de se retirer à la faveur de la nuit. Par ordre du 
maréchal de Rantzaw, il investit de suite la ville de Fur- 
nes, devant laquelle il fît la ligne de circonvallation , et 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 23 

ouvrir la tranchée avec la plus grande célérit(^. Pour faire 
avancer plus rapidement les ouvrages 9 il y coucha toutes 
les nuits , malgré des pluies presque continuelles. Déjà il 
était parvenu à faire un logement sur la contrescarpe 9 lors- 
que les assiégés proposèrent une capitulation , qui leur fut 
accordée, le 10 septembre. Son régiment d'infanterie fut li- 
cencié à la fin de cette campagne. Créé lieutenant-général, 
le 12 septembre i65o, après la levée du siège de Guise , 
auquel il s'était trouvé , il eut ordre d'aller servir^ en Guien- 
ne ^ sous le maréchal de la Meilleraye, De là , il vint avec le 
cardinal de Mazarin au siège de Rethel, fue le maréchal du 
Plessis prit le 14 décembre. Il combattit, le i5, les Espa- 
gnols, près de cet.te place, et obtint, le 25, un régiment 
d'infanterie irlandaise , vacant pa»la mort du sieur Duval. 
Créé chevalier des Ordres du roi, le 9 février i65i (1), il 
alla d'abord servir en Flandre, sous le maréchal d'Aumont, 
puis il conduisit en Guienne les troupes qui soumirent la 
Rochelle. On l'employa au siège d'Angers , qui se rendit 
par capitulation. Il se saisit de Lagny; et, quoique mala- 
de , il se trouva à la reprise de Chàteau-Porcien. Il se dé- 
mit , au mois de septembre , de son régiment irlandais , et 
en leva, par commission du 5 décembre suivant, un de ca- 
valerie de son nom , qu'il conserva jusqu'à sa mort. Em- 
ployé au siège de Verviqs , sous le maréchal de Turenne , 
il attaqua et enleva le faubourg de cette place , qui se ren- 
dit, au mois de janvier i655. La ville de Mouzon étant as- 
siégée par M. de Turenne, le marquis de Castelnau, seul 
lieutenant-général employé à ce siège, joignit aux devoirs 
et aux périls de sa charge les fonctions d'ingénieur, par- 
ce qu'on manquait d'offîciers de cette arme. Pendant tou- 
te la durée du siège, il ne quitta les ouvrages ni jour ni 
nuit, et Ton dut en grande partie à ses soins et à ses ta- 
lents lu prise de Mouzon, qui capitula le 26 septembre, 
n concourut ensuite à l'investissement de Sainte-Méné- 
hould , qui se rendit le 26 novembre. A ce dernier siège , 



(i) 11 mourut aTaut d'être reçu. 



24 DICTIOimÀIRE HISTORIQUE 

il emporta un ouvrage qui flanquait le fossé. Les assiégés 
ayant repris cet ouvrage 9 il le leur enleva de nouveau; at- 
tacha le mineur au bastion ; y Bt un logement qu'on lui dis- 
puta long- temps, et s*y maintint. Il avait reçu plusieurs 
coups àans ses armes, à Touverture des tranchées ; et deux 
gentilshommes, ses parents , y avaient été tués près de lui , 
ainsi que deux de ses domestiques. Il commanda seul le 
siège de Tanne, dont il se rendit maître, et y fut très-dange- 
reusement blessé au bras, en arrachant une palissade, pour 
donner Texemple à jw soldats , parmi lesquels il s'était 
mêlé. Après cette fonquéte, il mit ses troupes en quartiers 
d'hiver, et conclut, par ordre du roi, un traité avec le 
comte d'Harcourt, qui remit BrisacL. JÈtant guéri de sa 
dernière blessure, le marquis de Castelnau alla, au corn-* 
mencement de la campagne de i654 , servir au siège d'Ar- 
ras, où il eut un cheval tué sous lui. Son poste était à Tin- 
fauterie , lorsqu'on força devant cette place les lignes des 
Espagnols. Commandant l'armée, qui fut laissée sur la 
frontière pendant l'hiver, il surprit la ville basse du Catelet; 
y tua ou prit tous les hommes composant 5 régiments en- 
nemis : brûla la ville, et rendit libres les chemins du Ques- 
noy, où il mena, en personne, deuxgrands convois. En i655, 
il fut chargé de la conservation de cette même place pen- 
dant le siège de Landrecies. Il s'empara de Bovines; con- 
courut à la prise de Condé, le 18 août, et à celle de Saint- 
Guilain , le a5. La défense de ees deux dernières places lui 
ayant été confiée, ainsi que le eommandement-général 
dans le Hainaut , il battit plusieurs postes espagnols, et leur 
enleva un grand convoi qu'ilsmenaientàValenciennes. Nom- 
mé , par lettres du roi du 6 juin i656, pour commander l'ar- 
mée de Flandre en l'absence du maréchal de Turenne , en 
qualité de lieutenant-général , et pour donner des ordres 
aux autres lieutenants-généraux sous lui, il passa trente 
nuits entières dans la tranchée devant la place de Valen- 
cîennes, qui fut investie le i5 du même mois, et qu'on ne 
put prendre. Il eut, à ce siège, son chapeau percé d'une balle. 
IlpritlaCapelle, le 27 septembre, après trois jours d'un siège, 
pendant lequel il reçut un coup de mousquet dans ses ha- 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. S S 

bits. M. de Turenne, ayant été obligé de marcher sur la 
Meuse au secours du maréchal de La Ferlé, laissa une partie 
de son armée sous le commandement du marquis de Cas- 
telnau. Celui-ci fit observer les Espagnols avec le plus grand 
soin ; et, ayant été averti par ses coureurs qu'ils revenaient 
sur Monsy il dépécha MM; de Hocquincourt et de Rosepaire, 
avec 5oo chevaux chacun pour aller à Ardres. Cette expé- 
dition suffît pour rompre les desseins de Tennemi. Il com- 
manda un quartier au siège de Saint-Venant, qui se rendit, 
le 27 août 1657 ; prit la Mothe-auxBois, le i5 septembre, 
et peu de temps après le fort d*Anuin. Au siège de Mardick, 
qui se rendit le 3 octobre , le marquis de Castelnau se signa- 
la dans l'attaque qu'il fit de la contrescarpe, à la tête du 
régiment de Picardie. Employé comme lieutenant-général 
au siège de Dunkerque , que i*on investit dans la nuit du 4 
au 5 juin i658, il fut de toutes les attaques et de tous les 
travaux qui eurent lieu ^ cette occasion. Le maréchal de 
Turenne ayant jugé convenable de sortir de ses lignes de- 
vant Dunkerqiie, pour aller offrir le combat aux ennemis^ 
il en résulta |» célèbre bataille des Dunes, gagnée sur les Es- 
pagnols, le i4 ju^'Q* ^ cette bataille, le marquis de Castel- 
nau , ayant le commandement de Taile gauche (i) , rompit 
d'abord la cavalerie espagnole, qu'il chassa de la Dune; 
puis il chargea d^ux escadrons, dont un appartenait au dup 
dTork; les repoussa; dégagea un bataillon anglais qui 
s'était emparé de la Dune , et tomba enfin sur 5 bataillons 
espagnols , auxquels il fit mettre bas les armes. La valeur 
que déploya le marquis de Castelnau dans cette journée^ 
où il eut son cheval blessé de deux mousquetades, fut ad- 
mirée, ainsi que la conduite et le bon ordre qu'il apporta 
dans la disposition de ses troupes, et particulièrement par« 



(1) Far suite de la disposition des rangs, un bataillon anglais qui servait 
avec l'armée française, ne trouva placé sous les ordres du marquis de Cas- 
telnau. Les Anglais eurent tant de joie de servir sous sa conduite, qu'ils 
lui rendirent les mâmes honneurs qu'à leurs princes, et raccueillireot , 
en l'étant leur« chapeaux en l'air et criant tous ensemble : BqtaiUê ^t 



36 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

mi^la cavalerie qui garda toujours son rang, sans qu'aucun 
homme se débandât ni pour butiner , ni pour faire des pri- 
sonniers. Le vicomte dcf Turenne fit au marquis de Gastel- 
nau l*honneur de vouloir partager avec lui la gloire de cette 
journée; et ce fut dans ce sens qu*il rendit compte au roi 
du gain de la bataille des Dunes. S. M. prit alors la résolu- 
tion d'élever le marquis de Casteluau au grade de maréchal 
de France. Étant retourné au camp devant Duiikerque, avec 
Tassurance d'obtenir cette dignité après la réduction de la 
place , Caslelnau voulut en hâter la prise. Il s'empara du 
fort de Léon , et ordonna des ouvrages qu'il regardait com- 
me très-importants. Pour mieux examiner les ouvrages, il 
s'y rendit à pied, le 16 juin, et y reçut un coup de mous- 
quet dans le côté gauche , aa défaut des côtes. La douleur 
qu'il ressentit de ce coup lui fit juger qu'il était mortel. Il 
eut cependant le courage de monter k cheval et de se ren- 
dre, en galopant, au fort de AlardicL, où il arriva avec 
une contenance tellement ferme, qu'on l'eût cru en parfai- 
te santé. Il entendit avec beaucoup de calme et de sang- 
froid prononcer l'arrêt de sa mort par le chirurgien qui fut 
consulté. On le transporta à Calais, où il mourut, après 29 
jours de souffrances (1), lé i5 juillet i658, à l'âge de 58 
ans. Le roi l'avait créé maréchal de France, par état donné 
à Mardick, le 3o juin , et qui fut registre à la connétablie, 
le 12 décembre suivant. Le marquis deCastelnau fut vive- 
ment regretté du roi , de l'armée et de toute- la France. Son 
corps fut embaumé , porté à Bourges , et inhumé dans l'é- 
glise des religieux de Saint-Dominique (2). (Chronologie mi* 
litaire^ tom. Il , pag. 621; Mémoires de Castelnau, publiés 



(i) La balle qui l'avait blessé étant restée dans son corps, on lui fît les 
opérations les plus douloureuses pour tâcber de la découvrir; mais on 
n'y put parvenir. Ce fut seulement après la mort du maréchal qu'on trou- 
va cette balle aplatie contre l'épine du dos qu'elle avait cariée. 

(a) Henriette-Julie de Gastelna^, comtesse de îdurat, l'une des muses 
françaises, était petitf^-ûlle du maréchal et héritière de sa maison. EUo 
n^ourut en 1716, à l'âge de 4^ ans; elle a laissé des chaosons et diver- 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. SfJ 

par Le Laboureur y Bruxelles, 1751 , tom. III, in-fol,, pag, 
ii5 et suîvanies; Dictionnaire universel, par Chaudon et 
Delandine, tom» IV, pag. m ; Biogi^apliie universelle, an^ 
cienne et moderne, tom, VII, pag. 328; Gazette de 
France i!) 

DE CASTELNAU, vq/ez d'Albigkac. 

DE CASTELNOUVEL, voyez d'Aubdsson. 

DE C ASTELPERS , voyez Borie. 

GASTEX (Bertrand- Pierre , baron) , lieutenant-général , 
naquit à Pavie en Languedoc 9 le 24 î^în 1771. Rentra au 
service 5 le 1 5 juillet 17929 en qualité de maréchal-des- 
logis de la. compagnie franche du département du Gers; 
fut nommé sous-lieutenant au 34* régiment de chasseurs 
à cheval, le 18 août 1793, et lieutenant au môme régiment, 
le 1" juillet 1795. Il fit les campagnes de 1794 et 1796 à 
l'armée des Pyrénées-Occidentales? et celles de 1796, 1 797, 
1798, 1799 ^^ *^^^ ^ l'armée d'Italie. Il avait été nommé 
capitaine au 24" régiment de chasseurs à cheval 9 le 7 jan- 
vier 1797, et chef d'escadron au même régiment, le 22 dé- 
cembre 1800. En^ployé en cette dernière qualité à Tarmée 
d'Espagne, en 1801 et 1802, il fut fait major du 20* régiment 
de chasseurs à cheval^ le 29 octobre i8o5. En 1806, il fit la 
campagne contre les Prussiens -, se distingua à la bataille 
d'Iéna, le 14 octobre, et y fut fait colonel du même régi- 
ment, sur le champ de bataille. Il servit , en 1807, à la 
grande-arméè d'Allemagne; se signala en différentes occa- 
sions , et notamment aux batailles d'Eylau et de Friedland, 
et obtint , en récompense de ses services, la croix de com- 
mandant de la Légion-d'Honneur, qui lui fut accordée, le 
11 juillet. Napoléon lui conféra, en 1808, le titre de 



ses petites pièces de poésie répandues dans diiTërcnts recueils. On a en - 
core d'elle (es LvJtins deKwnosij roman plein d'esprit el de grâce; les 
Contes des Fées ^ en 3 volumes; et (^ f^'oyage de campagne ^ écrit avec 
agrément. 



sa DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

baron avec une dotation. Le colonel Castèt commanda 
son régiment dans la campagne de 1809 contre rAutriclte; 
et 8*êtant fait remarquer par des actions dVclat à la ba- 
taille de Wagram, le 6 juillet, il fut créé général de bri- 
gade, le 21 du même mois. Il servit, en 1810 et 1811, au 
camp de Boulogne; fut employé, en 181a , dans la grande- 
armée de Russie; donna des preuves de valeur et de con- 
duite aux combats d^Ostrowno et de Polotsk, et fut blessé, 
le 27 novembre, d*un coup de baïonnette à la cuisse, au 
passage de la Bérésina , pendant la retraite de Moscou. En 
181 5, il fut fait général-major des grenadiers à cheval de 
la garde impériale ; servit en cette qualité à la grande-ar- 
mée d^Âllemagne; se trouva aux combats sous les murs de 
Dresde , et fut blessé d*un coup de sabre au genou k Taf* 
faire d^AKcmbourg. Il obtint le grade dégénérai de division, 
le a8 novembre de la même année. Vers la fin du mois de 
décembre suivant, il servait à Tarmée du Nord , en HoU 
lande, sous les ordres du général Lefebvre-Desnouettes. 
Employé à la même armée, en 18149 il reçut en Belgique, 
ver» le 23 janvier, un ordre du général en chef comtt 
Maison, pour commander un détachement de 1200 hom- 
mes dUnfanterie, 800 chevaux et 9 pièces de canon, et 
aller reconnut! re la position dans laquelle se trouvait le 
corps d*armée du maréchal duc de Trévise. Chemin fai- 
sant, il rencontra près de Suint-Tron 2 régiments de Co« 
saques russes, qui tournèrent bride à son approche, et se 
replièrent en toute hâte sur le faubourg de Liège. Les ayant 
poursuivis vivement, il était prêt de les atteindre et de les 
sabrer, lorsque le corps entier des Cosaques de Czerni* 
chrw accourut avec 2 pièces d'artillerie. Les Français fu- 
rent bientôt tournés par une portion des ennemis et char- 
gés par Tautre. Obligés de se replier à leur tour sur Suiut- 
Tron , ils perdirent une centaine d'hommes; et le général 
Castex fut lui-même blessé d'un coup de feu à la poitrine. 
Il conlinua cependant à servir pendant tout le reste de la 
campagce; eut part aux diverses opérations de retraite 
que (it l'armée; battit près de Lielle deux colonnes enne- 
mies, venues par Chornaing et Bouvines; leur fit une 



DES GEICEIAUX FRANÇAIS. 2^ 

soixantaine d'hommes prisonniers, et leur en niit une cen- 
taine hors de combat. Après i\')bdication de Buonaparte» 
le général Castcx fit sa soumission à S. M. Louis XVIII, 
qui le créa chevalier de Saint- Louis, le i3 août 181 4* Na- 
P'^léon Buoiiaparle étant revenu en France, en i8i5, le 
baron Gasiex fut employé par lui dans le corps du Jura« 
sous les ordres dû général en chef Lecourbe. Après les 
cent jours, le général Gastex fut classé parmi les officiers 
en non-aclivilé; mais, en 1818 , S._M. lui donna le com- 
mandement de la 6* division militaire. Il fut créé com- 
mandeur de Tordre royal et militaire de Saint-Louis 9 en 
mai i8ai. {^Bn^vets et états militaires ^ annales cUi temps,) 

CASTIGLIONE, vojrez Augbbeàu. 

DE GASTILLON (N,...)? ^ctron de Saint-Victor, lieute- 
nant-gi'néral, servît dans la légion royale, et fut ensuite 
nommé commandant-général des troupes du ror dans les 
nes-sous-le-Venl. On le créa brigadier d'infanterie ^ le ao 
février 1761 ; maréchal-de-camp, le 16 avril 1767, etlieu- 
teuant-générul, le 1*' mars 1784* {Etats militaires.) 

DB CASTRIES , voyez tA Groix et de Beàitvav. 

£B GAT (Jean - Baptiste - Maximilién -Joseph - Antoine] , 

baron de Bazancoùrty maréchal^-de^camp, né au Bois-de- 

MoUe en Picardie, le 19 mars 1767. On le trouve porté 

dans le tableau des pensions inscrites au trésor public, à la 

Asie du 1*' septembre 1817» pour la retraite du grade de 

tnraréchal-de-camp, après 4^ ^^^ 9 mois et 9 jours de 

lervice. 
» • 

GATHELINEAU (Jacques) > généralissime des armées 

vendéennes , naquit au bourg de Pin-en-Mauge dans TAn- 

jou, le 5 janvier 1759. Il exerça d'abord la profession de 

maçon, puis devint voiturier et marchand colporteur. Il 

ne s'était encore distingué que par sa dévotion , sa probi* 

té et ses bonnes mœurs , lorsque la révolution française 

éclata. Il ne tarda pas à s'y montrer opposé. Après Tassas- 



3o DIGTIONNIIBE HISTORIQUE 

sinat du roi Louis XVI 9 Cathelineau, placé au milieu 
d*uii peuple dévoué à la religion et à la royauté , méditait 
en silence le dessein de détruire le gouvernement républi- 
cain , et de relever le trône et l'autel. L'époque de la levée 
de 50O9O00 réquisitîonnaires devint d'autant plus favora- 
ble à ce dessein , que l'on pouvait compter sur la répu- 
gnance des Vendéens à servir la cause des ennemis de 
Dieu et celle des tyrans de la France. Effectivement 5oo 
jeunes gens du district de Saint-Florent ayant été rassem- 
blés ^ le 12 mars 1793, à l'effet de procéder à la levée des 
réquisitîonnaires 9 ils demandèrent à grands cris d'être 
exemptés de la milice nationale. Vainement les adniinis- 
trateurs du district s'efforcèrent de les ramener à la sou- 
mission ; des huées couvrirent la voix de ces fonctionnai- 
res, qui alors eurent recours aux armes. Quelques coups 
de fusil tirés sur les jeunes Vendéens furent le signal d'un 
combat, qui se termina à l'avantage de ces derniers, et 
par la prise d'un canon dont ils s'emparèient. Gàthelineau 
apprend, le lendemain i5, à Pîn-en-Alauge , qu'il habite, 
les événements de Saint-Florent; et, se sentant animé 
d'une ardeur toute guerrière, il parcourt sa commune, 
appelle tous les habitants aux armes; les harangue ; .leur 
persuade que tout est perdu , si on laisse aux républicains 
le temps de se venger de la révolte, et que le seul p^rti 
à prendre est de s'affranchir par la voie des armes. En 
vain sa femme veut l'arrêter, en lui représentant qu'il est 
père d'une nombreuse famille. « Dieu, dit-il, protégeira 
smes enfants, pendant que je défendrai sa causfs. » A sa 
voix persuasive , 27 jeunes gens de Pin-en-Mauge s'offrent 
à marcher sous ses ordres, a Marchons à l'instant sur Ja- 
»lais, leur dit-il, la victoire nous donnera des armes et 
ndes munitions (i). »La petite troupe se mit aussitôt en 
marche ^ en se dirigeant sur le gros bourg de la Poiteviniè- 



(1) C'est aÎDsi que le forma le noyau de l'armée vendéenne, qui sou- 
▼ont se rendit formidable , et que commença la ligue qui fit trembler 
plus d'une fois la convention nationale et les répvblicains. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 3l 

re. Chemin faisant, elle se recrute de tous ceux que Ca- 
thelineau parvient à convaincre et à enflammer. Elle arri- 
ve enfin devant Jallaîs y forte d'environ 200 hommes pres- 
que tous armés de bâtons, de fourches et de faux emmao* 
chées à Tenvers. Jallais avait été occupé par un détache- 
ment de 80 républicains, postés avantageusement sur les 
hauteurs du château , dans un retranchement défendu par 
un canon de 6, nommé le Missionnaire. Amyék]^OTiée des 
républicains 9 Cathelineau s'adresse à sa troupe et lui dit : 
« Voilà nos plus cruels ennemis ; courons sur eux, et que 
>tout ce qui résistera soit détruit. » Un coup de canon 
part; mais Ja pièce étant mal dirigée, elle ne fait aucun 
mal à la troupe de Tintrépide Cathelineau. Celui-ci fran- 
chit le coteau à la tête des siens ; enlève le poste en dix 
minutes; fait prisonnier tout ce qui résiste; oblige le reste 
à prendre la fuite» et s'empare de la pièce de canon. Il 
était midi. Après s'être saisi des armes des vaincus, Ca- 
thelineau dit à ses soldats : « Ce beau jour doit être mar- 
»qné par plus d'une victoire »; et, sans perdre de temps, 
il les dirige sur Chemillé , petite ville située à deux lieues 
de Jallais,, et défendue par 200 hommes et 3 grosses cou- 
levrines (1). Â l'approche des insurgés, les républicains 
du pays se joignent à la troupe soldée, et se préparent à 
faire une vigoureuse résistance. Cathelineau, sentant que 
la victoire serait disputée, fait d'abord attuquer les flancs 
des bleus (2); et, lorsqu'il juge le combat assez engagé , il se 
précipite en tête du gros de sa colonne sur le centre de la 
position des ennemis. Devanç.mt les siens y il se bat corps 
à corps avec un républicain , et est prêt à succomber, lors- 
qu'un paysan, accouru à son secours, Ine son adversaire. 
Cependant sa colonne avance avec intrépidité sous un feu 
terrible de mousqueterie et d'arlilierie. Toute la tactique 



(1) La coule vrine est une pièce d'artillerie , plus longue que les canons 
ordinaires. 

(a) C'est le nom que les Vendéens donnaient aux soldats républicains, 
dont Tuniforme était effectivement de couleur bleue. 



SS DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

de0 soldats de Catheliiieau consistait à courir SQr reHoeml, 
aussitôt qu'une décharge avait été faite 9 et avant qu\in se- 
cond coup pût être tiré. Ce fut par oe moyen qu'après utie 
demi-heure seulement d*engagement, les Vendéens avaient 
déjà renversé les défenseurs de Chemillé. Les républicains 
furent mis en déroute avec perte d'un bon nombre d'hom- 
mes tués, d'une centaine faits prisonniers, et des 3 coule- 
vrines qui restèrent au pouvoir des royalistes. Les succès 
remportés par Galhelineau ayant été bientôt connus dans 
la contrée, il lui vint de toutes parts de nombreux ren- 
forts ; et, dès le 14 mars , sa troupe pouvait être forte d'en- 
viron 3ooo hommes. Après le combat de Chemillé, il avait 
dit aux siens : « Demain nous serons à Chollet. » Effective- 
menty Use présente, le i5, devant cette plice, défendue 
par 5oo hommes de troupes réglées , auxquels s'étaient 
joints beaucoup de patriotes, et par 4 pièces d'artillerie. 
A la vue des insurgés , la garnison de Chollet sort de' la pla- 
ce et marche au-devant des royalistes: mais ces derniers, 
tombant tète baissée et avec une effrayante impétuosité sur 
les bleus, les enfoncent, les poursuivent, et entrent avec 
eux pêle-mêle dans Chollet. Les Vendéens restèrent maî- 
tres de cette ville , qui était un chef- lieu de district (i), et 
où ils trouvèrent des armes, des munitions 9 et 4 pièces de 
campagne, dont une, nommée la Marie- Jeanne^ devint 
non moins fameuse que It Missionnaire dans les guerres 
de la Vendée. Le 16 mars au matin , Cathelineau rassem- 
bla son armée; et, après y avoir incorporé (ou» ceux qui 
étaient venus le joindre et s^être fait reconnaître pour chef, 
il marcha sur Vihiers, où il savait que les républicains se 
réunissaient en forces pour venir l'attaquer dans Chollet. Il 
partagea son armée en trois corps , et plaça les prisonniers 
faits dans les précédentes affaires derrière son artillerie de 
campagne, qui était au centre. Arrivé en vue de l'ennemi, 
il fait avancer ce centre , et recommande à ses soldats de 



(i) Le marquis de Beauveati , Tua ée% admiaistntevrs de oe district, 
fut tué du premier coup de canon , parti dai rangs vcadéftos. 



DES G£N£RàDX FRANÇAIS. 53 

mareher éparpillés ; de 8*appr€>cher furtivemeiftt dts bleus, 
et de tomber sur le eanon; Cet ordre s'exécute y et PartU- 
lerie républicaine, faisant une décharge 9 n'est f unesle qu'à 
la colonne des prisonniers (i). Avant qu'une seconde dé- 
charge puisse avoir lieu, le$ Vendéens, qui s'étaient mis 
ventre à terre, se relèvent, s'élancent sur une pièce de ea- 
non appelée la Rustique, et s'en emparent (a)« Bientôt 
toutes les colonnes fondent sur rennemi, l'enfoncent à 
coups de bâton, de pique et de baïonnette, tuent ou font 
prisonniers un bon non^re d'hommes, et forcent le reste 
à fuir en désordre sur Doué et Saumur. Le lendemain, 
17 mars, la troupe de Gatheliueau se dirigea sitr Chemîl- 
lé. Le 18 , elle poursuivit et mena battant, dans un espace 
de deux lieues 5 un corps de i5oo républicains, auxquels 
elle enleva un convoi de munitions. Le 19, Gathelineau, 
infotiQé que les bleus se trouvaient en force à Chalonne^ 
Saint- Florent et aux environs, rassembla à la bâte son 
armée, alors forte d'environ 10,000 hommes, et se fit pré* 
céder d'une sommation que deux prisonniers de guerre 
furent chargés de remettre aux autorités. Celles-Ci ayant 
décidé que Chalonne sefait défendu fusqu'à la dernière 
extrémité , Cathelineau , arrivé à onjce beUres du soir de-- 
vant la ville y la fit investir, et donna ses ordreë pour l'at- 
taquer le lendeiliain à la pointe du fOur. Ces préparatifs 
répandirent d'abord l'effroi parmi les gardes natipnales; 
et les troupes de ligne étant elles-mêmes découragées 9 
Chalonne fut évacué et abandonné sans coup férir aux 



(1) Vie de Jacques Galbelinéau , Patit, 1831 , pag. i5. 

(a) La manière dont lef Vendéens s'emparaient des canons, dans les 
oommenceiBtints de la guerre, éuit pleine d'audace et d'adresse, et 
nous parait ,dig^e d'être citée. Les paysans , ooniiua par leur force et leur 
agilité, étaient chargés de cette opération. Précédant la colonne, ils mar- 
chaient en désordre, armés seulement de gros bâtons , et s'approchaient 
furtÎTement de l'ennemi. Dès qu'ils voyaient mettre le feu à la mèche , 
ils se jetaient à terre , se relevaient après le coup« et répétaient cette ma- 
otietiTre, jusqu'à ce qu'ils fussent assez prés pour assommer les caoonnîers 
op les mettre en fuite. 



34 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

VeDdéens. Depuis le 19 mars, jour de la reprise de Cha- 
lonne, jusqu'aux premiers jours d'avril, Tarmée vendéen- 
ne n'eut aucun engagement important avec les républi- 
cains; mais les royalistes s'emparèrent sans obstacles d'un 
grand nombre de villes et de bourgs. M. d'Ëlbée, qui avait 
le commandement d'une forte division d'insurgés vendéens, 
ayant voulu attaquer vers Angers les républicains com- 
mandés par le général Berruyer, réunit à cet effet plusieurs 
corps royalistes, parmi lesquels se trouvait celui de Galhe- 
Uneau. L'attaque contre les bleus eut lieu à Chemillé, le 
11 avril; et, dans cette journée, les Vendéens, surtout 
ceux de 1» colonne de Cathelineau , obtinrent d'abord des 
avantages sur l'ennemi; mais plusieurs divisions royalistes 
ayant été battues, cet échec et le défaut de munitions obli- 
gèrent l'armée vendéenne à faire retraite, et à se porter 
sur Beaupréau , où elle se rallia pour marcher sur Chollet. 
Chemin faisant, cette armée attaqua une faible division 
de ^républicains, commandés par le général Lygonnîer, 
qui occupait Coron et Vezins. Ce général, jugeant qu'il ne 
)[)Ourrait pas teAir contre les forces vendéennes, très-supé- 
rieures aux siennes, prit le parti de la retraite; et déjà il 
commençait à reffectuer^ lorsque Cathelineau , sortant de 
Yihiers , vint fondre sur les bleus avec une intrépidité qui 
les étonne et les ébranle. Malgré leur défense courageuse 
et opiqiâtre, les républicains sont bientôt cernés de toutes 
parts, forcés de fuir pour éviter une mort certaine, et 
poursuivis par les royalistes qui ep font un grand carnage. 
Toute l'artillerie et les munitions des patriotes tombent 
au pouvoir des vainqueurs, qui font en outre 600 prison- 
niers. 160 grenadiers, échappés à ce désastre , s'étant jetés 
dans le château de Boisgroleau , s'y retranchèrent ; mais 
Cathelineau les y assiégea, et les força à se rendre le troi- 
sième jour (i). D'Elbée et Cathelineau résolurent, le 22, 



(1) L'épuisement des vivres et une démonstration faite par Catheli- 
neau pour incendier le cBâteau, déterminèrent ces braves soldats à 
capituler. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 5Â 

d'aUaquer Beaupréau , défendu par 2 bataillons de la garde 
nationale d'Angers. L'armée royaliste arrive inopinément^ 
le aS, devant Beaupréau; et Cathelineau, sans perdre un in- 
stant, fait réunir des planches, dispose sa troupe en 2 co- 
lonnes pour effectuer le passage de la Sèvre 9 et marche au 
centre avec,4 pièces de canon. Bientôt il a démonté une des 
pièces de Tartillerie des républicains ; et son attaque étant 
secondée par celle, que la division Bon champ faisait en mê- 
me temps sur un autre point, il aborde vivement les gardes 
nationaux. Ceux-ci , épouvantés par la manœuvre des Ven- 
déens qui se précipitent en aveugles sur les canons ( 1 ) et 
sur les baïonnettes , plièrent en désordre et prirent la fuite. 
Les royalistes entrèrent à Beaupréau, après avoir ramassé 
sur le champ de bataille 6. pièces de canon avec leurs cais- 
sons, et fait un assez grand nombre de prisonniers, parmi 
lesquels se trouvait un. escadron des dragons de Roussillon, 
dont les chevaux servirent à remonter la cavalerie vendéen" 
ne. Âprès.avoir été battu aux Aubiers, le 25 avril, par Hen- 
ri deLarocfaejacquelein, Tun des chefs royalistes, le général 
républicain .Quetineau s'était retiré à Thouars, ville du dé- 
partement des Deux-Sèvres, anciennement fortifiée , située 
sur une.hauteur, et que sa position met à Tabri d'un coup 
de main. . L'armée vendéenne vint cependant attaquer 
Thouars , le 5 mai , et s'en rendit maîtresse, après un com^- 
bat qui dura.deuK heures, et dans lequel Gathelineau se 
conduisit avec sa jbravoure accoutumée. Le général Quetî- 
neau fut fait prisonnier de guerre avec toute sa division, 
forte d'environ 5ooo hommes. Plus de 1000 républicains 
étaient restés morts sur le champ de bataille, où les royalis- 
tes s'emparèrent de 5 à 6000 fusils, de 12 pièces de can.op 
et de 20 caissons. Après cette expédition, Tarmée vendéenne 



(1) Les canonniers du département d'Eure-et-Loir se firent tuer sur 
leurs pièces quils ne voulurent point rendre. Une compagnie de la garde 
nationale de Luynes se fit également hacher presque tout entière, en se 
défendant avec la plus grande intrépidité. 



56 DICTIONNAIRE HISTOIIQUS 

ne sépara en deux portions , dont une mareha seus la oon- 
daite de d*£lbée et de Cathelineau, et se dirigea sur PaHli€- 
nay : elle en chassa le géoéral Ghalbos, et s'enapara de la 
Ciiateigneraie et de Youvant. Chalbos se retira à Fon- 
tenay, quMl se disposa à défendre avec 5ooo hommes. Le 
16 mai, Cathelîneau rassemble «a ootonne et la dirige sur 
Fontenay. Gfaaibos sort de cette ville , et s'avance contre 
les royalistes , auxquels il présente le combat. Supérieurs 
en nombre , ces derniers se précipitent avec force sur l'en- 
nemi et le font plier; mais une charge de cavalerie ordon- 
née par Chalbos arrête ce mouvement. Chalbos attaque à 
dos les royalistes, lee culi>ute, et les met en déroute avec 
perte de 40e hommes, de 94caaons, parmi lesquels se 
trouvait la Marie- Jeanne , et de beaucoup dç bagages et 
de munitions. Cette défaîte ne découragea pas Gatheli- 
Beau. Dans une courte harangue adressée aux troupes, le 
a4 du même mois, il assura que si elles voulaient le seconder, 
bieiit^ eUes auraient repns ee qu'elles avaient perdu à 
Fontenay. Etfeetiv.ement l'armée royaliste s*étant présentée 
de nouveau devant cette ville , le 35 , y battit complétemeiit 
le général Chsilbos, ^i perdit ira grand noralM^e dliona- 
mes tués, blessés ou faits prisonniers. Les vainqueurs s'em- 
parèrent en outre dans cette ^urnée , glorieuse pour les 
armes vendéennes, de 4% pièces de canon » des bagages de 
Tennemi et de sa caisse militaire , contenant sa millions 
en assignats. Après la prise de Fontenay, Tarmée Vendéeà- 
ne se dispersa Hiomentanément dans la partie qu'on ap- 
pelle le fiocage. 6'étant réunis de nouveau , vers les pre- 
miers jours de juin, au nombre d'environ 409O00 hommes, 
les royalistes marchèrent sur Saumur. La division Cathe* 
liueau , qui avait pris sa routé par Doué, délogea , le 7 du 
même moié, le général Lygonnier des hauteurs de Con- 
courson. Dans celte affaire, Gatbelineau eut un cheval tué 
sons lui par un boulet de canon. Dans la nuit du 8 , il 
concourut à la défaite du général Salomon, qui donna 
dans une embuscade près de Montreuii, et fut obligé de 
s'enfuir à Niort, après un combat de trois heures, dan» 



DES «ENÉRAIFX FRÀNÇATS. ^7 

lequel il perdit son canon et ses bagages (i). Le g, l'armée 
royaliste se trouva devant Saumur. Sans attendre les or- 
dres dt; ses tîhefs, une partie des Vendéens commença Tat- 
iaqae ^en se précipitant sur les postes avancés des républi- 
eains. Déjà les colonnes de la droite et de la gauche étaient 
engagées , lorsque Oathelineau gravit avec sa troupe une 
hauteur presque en face du diàteau de Saumur ; mais ses 
soldats se trouvant exposés à un feu très-meurtrier , tour- 
nent le dos et prennent la fuite. Gathelinean part au ga- 
^9 g»^ne la tête des fuyards 9 leur fait , au nom de la re- 
ligion ^ une harangue qu'il termine par ces mots : a Suivez- 
T^mm à rinstant, et ne me quittez plus : il faut vaincre ou 
>périr en combattant. 0» Les Vendéens répondent à cet or- 
dre par le cri de vis^e le roi quand même I et reviennent 
prendre leur poste. Gathelîneau s'étant porté seul en avant 
pour mieux juger la position respective des deux armées, 
trouva que le plan d'attaque avait été mal conçu ; et en 
ayant adopté un autre, de concert avec M. de Laroche- 
jaequelein, il s'empresse de lefaire mettre à exécution.Bien- 
tât raile gaudie des républicains fut mise en déroute , et 
l'infanlerie de leur centre ainsi que leur droite ayant re- 
fusé d'appuyer la cavalerie qui avait fourni une belle char- 
ge 9 les Yendéen^ profitèrent de cette lâdieté d'une partie 
de leurs adversaires. Ceux-ci prirent la fuite , et furent sa- 
blpés par la cavalerie royaliste. Saumur tomba au pouvoir 
des Vendéens , le 9, et le château , défec ^\x par 1400 hom- 
mes, capitula le 10. Dans ces depx journées, les républi- 
cains perdirent environ 5ooo hommes tués, blessés ou pri- 
sonniers (a) , 80 pièces de eanoo , une grande quantité de 



(1) L'armée royaliste fit aussi des pertes assez considérables en hom- 
mes par le feu de ses propres soldats, qui dans l'obscurité tirèrent les 
ans sur les autres. 

(t) -Gathelîneau «^entretenant avec nn des officiers faits prisonniers , 
celui-ci^ ^près avoir rendu iiommage au courage des Vendéens, ajouta x 
fJEn dernier résultat , à quoi réussirez-vous avec une armée sans instryo^ 

• tien ni discipline? » — «Quand nous ne pourrons plus vaincre , répon- 

• dit Gathelîneau , nous réussirons à nous faire tuer. • (Vit de Jacques Ca^ 
ikeUfwau , pag. 'fi et 74*) 



38 BICTIONNÀIRE HISTORIQUE 

fusils, des munitions de guerre ^ et des magasins considé^ 
râbles. La. prise de Saumur rendit les Vendéens maîtres 
d'une place importante et d'un passage sur la Loire. Le la 
juin ^ M. de Lescure , l'un des chefs de l'armée royaliste, 
étant blessé, rassembla chez lui le» offîciers-généraux de 
cette armée, leur exposa que l'insurrection prenait un tel 
degré d'importance , qu'il lui semblait convenable de don- 
ner un généralissime aux troupes royalistes, et ajouta : 
« Je donne ma voix à M. Cathelineau. » Cette proposition 
fut applaudie à l'unanimité, et le brevet de général en 
chef fut expédié de suite à Cathelineau, qui, plein de mo- 
destie, fut plus étonné qu'enorgueilli de cet honneur. L'ar- 
mée prit dès lors une consistance qu'elle n'avait point en- 
core eue , et toutes les diverses parties du service furent 
organisées. Les Vendéens s'emparèrent de Chinon, et des 
magasins que les bleus y avaient laissés. Loudun fut aussi 
délivré , et Angers fut pris par une colonne de 1200 roya- 
listes. Le quartier-général vendéen se porta, le 17 juin, 
dans cette dernière ville , où il fut résolu que l'on attaque- 
rait la ville de Nantes. L'armée vendéenne, forte de 5o,ooo 
hommes, se dirigea en conséquence sur cette place, et 
elle n'en était plus qu'à deux lieues, lorsque, le 24, Ca- 
thelineau , envoya deux prisonniers nantais porter au con- 
seil de défense de Nantes une sommation de remettre cette 
ville , dont il serait pris possession au nom de Sa Majesté 
Louis XVII. Le conseil n'ayant répondu à cetté^sommation 
que par un refus formel ^ Cathelineau fit marcher ses co- 
lonnes sur plusieurs points, de manière à investir la ville 
de tous les côtés, et se mit lui-même à la tète de 12,000 
hoBimes. La place de Nantes, située sur la Loire et au con- 
fluent de trois rivières, compte une population d'environ 
74)000 âmes. Elle était jadis entourée d'une forte mu- 
raille , flanquée de 18 tours; mais, à l'époque que nous 
citons^ elle ne présentait pour tous ouvrages de défense 
qu'une faible contrevailation de près de deux lieues d'é- 
tendue. Les généraux républicains Canclaux et Beysser 
commandaient alors , le premier en chef l'armée des pa- 
triotes, et le second la place de Nantes. A l'approche des 



BES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. Sg 

Yendéens, ces deux généraux prirent les mesures les plus 
énergiques pour assurer la défense de ce poste important. 
La garnison était peu considérable et l'aftillerie très-faible; 
mais la garde nationale et les patriotes nantais qui étaient 
en grand nombre et pleins d^entbousiasme , oflPrirent aux 
généraux républicains un puissant renfort , dont ils surent 
profiler. Le 27 juin , Gathelîneau fit commencer Tatlaque 
par la colonne en tête de laquelle il se trouvait ^ et qui était 
dirigée par d'Elbée. Le bourg de Nort fut enlevé ^ non sans 
beaucoup de résistance de la part du 3* bataillon de la Loi- 
re-Inférieure (1). Le 289 toutes les colonnes vendéennes 
marcbèrent de concert à une nouvelle attaque. A la vue des 
nombreux bataillons royalistes, 12,000 hommes, dont plus 
de la moitié gardes nationaux, sortent de Nantes et se pré- 
cipitent contre l'ennemi; mais après un engagement opiniâ- 
tre et des plus sanglants, ils sont obligés de rentrer dans la 
place. Nantes est bientôt cerné de toutes parts, et attaqué 
sur neuf points à la fois* A midi , le combat le plus meur- 
trier avait lieu aux portes de Paris, de Rennes et de Vannes, 
et partout Facharnemeni des assiégés égalait Tàrdeùr des as- 
;Siége.ants. Une batterie de Gathelineaù ayant abattu la bar- 
ricade armée de canons , qui défendait la porte dite de Ren- 
nes, le généralissime vendéen', qui voit «es soldats exposés 
à un feu terrible <le mousqueterie et d^artillerie , s'écrie : 
c Je perdrai plus utilement dans la ville les braves qui péri- 
» raient ici. • Aussitôt il met pied à terre; rassemble 5oo 
hommes , parmi lesquels sont ses hj^v^s, ses parents et ses 
amis ; court avec eux sur la brèche ; tue tout ce qui s'y 
rencontre ; s'empare de la barricade ainsi que du canon ; 
et, poursuivant, à l'arme, blanche les républicains qui fuient 
devant lui, il arrive avec sa troupe jusque sur la place de 
Yiaime. Là s'eng^age un combat avec lés troupes que com- 
mandait le général Beysser , et la victoire semblait ne pou- 



Ci) Le brave Meuris, couLmandant ce batailIop,^ort de 400 hommes, 
•e fit hacher a son poste avec toute sa troupe, moias 17 soldats qui par- 
vinrent à regagner^Nantet , en emportant le drapeau du bataillon. 



^ô DICTIONNÀIIIE HISTORIQUE 

voir échapper aux YendéenSj dont plusieur» autres cok>^ 
nés péeélraîent égalemeet dans Naoles sur d*autres points^ 
lorsque G«theliiieau , qui cfHUbatlait avec son intrépidité 
ordinaire à la tête des Siens f est atteint d'une balle qui liû 
perce le bras el la poitrine 5 et te Jette aux pieds de soa 
cheval. Cet événement funeste , dont le bruit se répandit 
avec rapidité, porte le découragement parmi le» Yen- 
déenis, qui comn»encelit à plier devant ks républicains^ 
et finissent par se retirer » en emportant le corps de letir 
général mourant. A deux heures de Taprès-diidi , le feù 
des Yeâdéens était défà bien éloigné de la place el trèst- 
ralenti. Dans la nuit du âS au 29 îuin^ Tarmée royatisleac 
dispersa, et chaque Vendéen retourna dans ses foyers (i>« 
Gathelineau fut porté à Saint- Florent , où il ne cessa point, 
ttiatgré ses souffrances , de donnei' ses ordres et de s'occu- 
per de son armée jusqu'au 14 fuillet, )oiir de sa mort (2) (5). 
{F'ie de Jacques Cathelineau , Parés y^ 1821 , !^* édition, an-' 
rudes du temps. y 



(1) Lm IféHÀétOB eà agissaient de même aprds chaque expédition-; 
mais ÎI9 ëtaîctet toujours prêts et sUrtout exacts à se réonir sur un simple 
ordre des chefs qu'ils s'étaient donnés. 

()) lîn de «es pareiits se présenta tvt au peuple asaemblé devant la de- 
meure de CatbeUdeatt', annonça en ces termes la mort de ee ^néral : t lie 
> bon général a rendH l'âme à qui la lui avait donnée pour venger sa gloi- 
» re. » Quelles paroles simples et profondes la religion suggère à un pay- 
san I ( Fié de Jàcijuei CatheU'Maa.) 

. (5) tîathelineau était doué d'un caractère tout à la fou doux, géné- 
reux y entreprenant et plein de fermeté , d'un esprit vif, pénétrant et 
{Uste , et d'un véritable génie militaire. Il servit la cause qu'il avait 6ni- 
brassée avec un dévouement et une éittplîdlé héroïques. Sa probil#et sdo 
désintéressement furent tels) qu'à ssi mprt U. était plus pauvre qu'av cooÉk- 
mencement de la guerre. TSi sa famille ni ses parents ne gagnèrent à son 
élévation ; et de trois frères et huit cousins qui servirent avec lui dan8 la 
guerre de la Vendée, il n'en employa aucuns que selon la capacité qu'il 
leur connaissait. C'est ainsi qu'il retint dans un rang obscur Jean, son 
frérè puîné. Ce dernieir revenant ùh jour d*iiné inissioo, àû moment du 
cotnbat, demanda ce qu'il avait à faire. « Le briiit du canon te l'ap- 
prend, répondit Gatbélineâu; tas joindre tés odniarades, et chktie 



DES eÉNSRAUX FRANÇAIS. 4> 

l>B CÀTINAT DE Saint- Gratieh (Nicolas), maréchal de 
France, naquit à Paris, le i*' septembre 1657. Fils du 
doyen des conseillers au parlement de Paris , sa première 
éducation fut celle d'un homme destiné à la magi,stra(ure; 
et, lorsqu'elle fut terminée, il se fit recevoir avocat. Choisi 
pour défendre une cause dont la justice lui paraissait évi- 
dente, il la perdit : et ce début malheureux le rebuta à un 
tel point, qu'il quitta le barreau pour embrasser le parti 
des armes , pTus convenable à son caractère et surtout à son 
génie. Il entra au service comme lieutenant dans le régi- 
ment de cavalerie que commandait M. de Fouville, et fut 
fait aide-de-camp des armées du roi, le 5 mai 1667. Il ser- 
vit en ces qualités au siège de Toumay, pris le a4 i^i" de 
ta même année; à la prise de Douay, le 6 juillet suivant, et 
à celle de Lille, le 27 août. Louis XIV, témoin d'une action 
de tête et de courage que fit Catinat, à l'attaque de la con- 
trescarpe de Lille, lui donna, le a septembre, pour le ré- 
compenser, la lieutenance de la compagnie de Cauvisson, 
dans le régiment des gardes , corps bien composé , et que le 
roi regardait comme devailr servir de modèle aux troupes 
et devenir une pépinière de chefs. Catinat continua de ser- 
vir en Flandre jusqu'à la paix, signée à Aix-la-Chapelle, 
le a mai 1668. Dévenu capitaine au régiment des gardes, 
le 7 janvier 1670, il servit avec ce régiment à l'armée de 
Flandre, en 1672; se trouva à la première at^a^ue de la 
ville d'Orsoy, que le roi prit le 5 |uin; au passage du Rhin, 
le 12 ; à la prise de Doesbourg, le 21, et à celle d'Unna, le 
5 février 1673. Il fut blessé, dans la même année, au siège 
de Maestricht. Il suivit cependant le roi en Lorraine et en 
Alsace, d'où il revint à Paris avec ce prince. Il se distingua, 
en 1674, au siège de Besançon, pris le i5 mai; à l'attaque 



• ferme. > Ce Jeao de Gathclincau fut tué au combat de Savenay. Pierre 
Gathelineau , sceoud frère du général, commanda en plusieurs occasions 
des corps de paysans , et mourut des suites d'iinc blessure reçue dans 
une affaire près de GboUet. Joseph Gatbelincau périt sur rédialaud, à 
Angers, après avoir été pris et couvert de blessures par les républicains^ 
en revenant d'une mission que Jacques , son frère , lui avait confiée. 



4a MCTIONNAI&E HISTORIQUE 

du fort Saint-Ë tienne et de la citadelle 9 qui capitula, le ai 
du même mois , et à la prise de Dôle » le 6 Juin. Il combat- 
tit avec la plus grande valeur à la bataille de Seneff, le 1 1 
août y et y fut blessé dans l'attaque faile sur le village du 
Fay (1). Il servit 9 en 1676 ^ sous le vicomte de Turenne; se 
trouva au combat de Turckheim^ le 5 {anvier, et fut em- 
ployé à l'armée d'observation chargée de couvrir le siège 
deLimbourg, qui capitula le ai juin. Gréé maior-général 
de riufanterie, le 10 mars 1776, il servit en cette quaMté à 
l'armée de Flandre , et se trouva à la prise de Condé , le a6 
avril. Sur la fin de la campagne, il commanda les troupes 
placées au Gateau-Cambrésis, pour servir au blocus deGam- 
brai. Brigadier d'infanterie, par brevet du a5 février 1677, 
il servit à Tarmée de Flandre, comme major-général de 
l'infanterie ; fut employé au siège de Valenciennes , qui se 
rendit le 17 mars ; à celui de Gambral , pris le 5 avril ; à la 
prise de la citadelle de cette place, le 17, et à celle de Saint- 
Guilain , le 1 1 décembre. Il fit, en 1678, les fonctions de 
major-général de Tinfanterie aux sièges deGand, que le 
roi prit le 9 mars , et d'Ypresf^ui se rendit le 25. On le 
nomma pour commander à Dunkerque , le même jour, 25 
mars. Sur la lin de Tannée, la paix étant faite, M. de Lou- 
vois, qui connaissait les divers genres de talent de Gati- 
nat (a), voulut essayer de s'en servir conmie négociateur» 
et l'envoya à Pignerol , pour traiter , avec le duc de Man- 
toue , de rentrée des troupes françaises dans la ville de Ga- 
sal. La trahison d'un secrétaire du duc fit manquer cette 
négociation. Gatinat revint en France, et fut chargé du soin 
de préparer les troupes à recommencer la guerre. A son 
retour, il obtint, le a4 mai 1679, l« gouvernement de 



(i) Le grand Gondé, qui commandait l'armée française à cette batail- 
le, écrivit à Gatinat le billet suivant : • Personne ne prend plus de part 

• que moi à votre blessure; il y a si peu de gens comme vous, qu'on 

• perd toujours trop quand on les perd. » 

(a) Le duc de la Feuillade, qui n'aimait pas Gatinat, avait cependant 
rendu une justice éclatante à son mérite, en disant au roi qu'on pouTait 
«pn faire nn générai , nn minUtre, un oméMM^ifur > un tihanceiier» 



DES GÉKÉRJlDX français. 4^ 

LoDgwy« Il se démit , le 26 juillet suivant, de sa compa- 
gnie aux gardes; obtint le gouvernement de Gondé, le ai 
février 1680, et se démit alors de celui de Longwy. Nom- 
mé gouverneur des ville et citadelle de Tournay, le ao mai 
1681 ) il se démit du gouvernement de Condé. Il fut promu 
au grade de maréchal-de-cainp , le 16 août de la même 
année, et le roi le chargea de Tinspectiou de Tinfanterie. La 
cour de France , qui n*ava{t pas renoncé au projet de faire 
occuper par ses troupes la citadelle de Casai, conclut en- 
fin, avec le duc de Mantoue, un traité par lequel celui-ci 
s'engagea à livrer celte forteresite. Aussitôt que cette nou- 
velle fut arrivée à la cour, M. de Louvois donna à Catinat 
Tordre de quitter son commandement de Flandre, de pré- 
texter des affaires de famille, et de se rendre secrètement 
à Pignerol, où M. de Saint-Marc, gouvemeur*de la place, 
devait le tenir cach^. On prétend que Catinat , pour mieux 
déguiser son arrivée et son séjour à Pignerol, fit prier Al. 
de Saint-Marc de l'envoyer arrêter la nuit , sur le chemin, 
et de le faire conduire de suite à la citadelle. Quoi qu'il en 
soit, il y resta ignoré pendant vingt-quatre jours; et, lors- 
que les troupes aux ordres de M. de Boufilers furent arri- 
vées à Pignerol, il se mit à la télé de la bataillons , mar- 
cha sur Casai, et entra dans la citadelle, avant qu'aucune 
puissance pût en être informée. On lui donna , par provi- 
sions du 3 février 168a , le gouvernement de cette place, et 
il se démit alors de celui de Tournay. Catinat déploya tou- 
te la vigueur et la justice qui faisaient la base de son carac- 
tère, pour rétablir, parmi les troupes de la garnison de 
Casai , une discipline et une subordination dont elles man- 
quaient essentiellement. Sans être Tesclave d'aucuns pré- 
jugés, il fit adopter à ses troupes les usages et les coutu- 
mes du pays, afin que les militaires vécussent en bonne 
intelligence avec les habitants. Il donna le projet des nou- 
velles fortifications à faire à Casai , et s'entendit , à ce su- 
jet, avec M. de Yauban. Lorsque sa présence ne fut plus 
jugée indispensablement nécessaire à Casai, on lui donna, 
par ordre du 3 février 1686, le commandement des trou- 
pes que le roi envoyait au duc de Savoie, pour être em- 



44 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

ployées contre les calvinistes, et il parvint à soumettre 
ceux des vallées de Lucerne, de Saint-Martin, de Bobbio 
et de Yillar, qui furent forcés de se rendre à discrétion. En 
récompense de ce service signalé , le duc de Savoie lui fit 
don d*une boîte do grand prix, ornée de son p'orirait. Après 
cette expédition, il retourna à Casai, où il continua de 
donner ses soins aux fortifications. 11 quitta cette place , 
en 1687, pour se rendre à Luxembourg, dont le gouver- 
nement lui avait été accordé ,*le a5 juillet,- sur la démis- 
sion du maréchal de Boulllers. Modeste et désintéressé , 
Catinat fit. son entrée dans cette ville à pied et enveloppé 
dans Kon manteau , pour éviter les dépenses qu'occasiouait 
aux villes l'arrivée d*un nouveau commandant. Son pre- 
mier acte d*autorité dans Luxemlmurg fut le refus qu'il 
fit posiiivenient des offres que lui firent les habitants de ce 
qu'on appelait le traitement du pays (1). Il n'accepta» 
par la suite , ce traitement que par les ordres du roi. Il 
commanda le camp de la Meuse , par lettres du 8 mai 1688, 
et leva un régiment de dragons de son nom , par commis- 
sion du 20 août suivant. Créé lieutenant- général, le 34 du 
même mois, il alla servir, par lettres du 16 , à l'armée d'Al- 
lemagne , 80US monseigneur le dauphin et le maréchal de 
Duras. Il leva un régiment d'infanterie de son nom , par 
commission du 24 octobre de la même année. Le roi ayant 
dessein dVnvoyer des troupes, pour protéger la liberté du 
chapitre de Cologne dans la nomination d'un nouvel élec- 
teur, Catinat fut chargé de reconnaître la ville d'Aix-la- 
Chapelle et le pays de Juliers. A son retour à Luxembourg, 
il y trouva ses lettres de lieutenant-général et l'ordre de se 
rendre en secret devant Philisbourg. On avait résolu le siè- 
ge de cette place; et c'était M. le dauphin qui devait le com- 
mander, ayant pour conseils Catinat et Vauban. Ce siège 



(1) Ce trait de désintércoscment était d'autaot plus admirable, que le 
revenu de Catinat était très-modique. A la fin de l'année, il pria le mi- 
nistre de lui continuer une gratification de aooo écus qui, (es anncei 
précédentes, iui àUiil de eommoditê, tnaisj câiit-ci, deniocssiiè» 



DES GENERAUX FBANÇAIS. 4^ 

ayant été commencé , Catinat y déploya autant de conduite 
que décourage et d*actîvité. Un jour qii*il s'agissait d'atta- 
quer un ouvrage avancé, 12 grenadiers et 12 fusiliers du 
régiment d'Auvergne y marchèrent sans hésiter : Gatînal 
se mit à leur tète, et chargea le premier Tennemi, qui, mal- 
gré une vigoureuse résistance , fut forcé d'abandonner ce 
poste. Le gouverneur de Philisbourg fit sortir sa garnison, 
reprit le poste, et culbuta le régiment d'Auvergne qui gar- 
dait la tranchée , et dont les ouvrages n'étaient pas perfec- 
tionnés. A la voi( de Catinat, ce brave régiment se rallie 
et repousse l'ennemi derrière ses remparts. Pendant l'ac- 
tion, Catinat tombe, atteint d'un coup de feu qui lui avait 
effleuré te haut de la tête ; aussitôt la consternation se ré- 
pand sur tous les visages, mais elle fait place à une joie 
vive, lorsqu'on apprend que la blessure n'est pas dange- 
reuse. Philisbourg s'étaut rendu le 27 octobre, M. de Lou- 
vois donna à Catinat Tordre de mettre.à exécution le pays 
de Juliers et de Limbourg (1). Après cette expédition , qu'il 
ût en alliant le service de l'état avec les lois sacrées de l'hu- 
uianité (2), il retourna à Luxembourg, pour s'occuper de 
la formation de ses deux régiments. Il leva une compa* 
gnie franche, sous le nom de volontaires de Luxemboui'g, 
par commission du 10 juillet 1689, ^^ ^"^ employé, cette 
même année, dans l'armée du maréchal de Lorges. On lui 



(i) L'ordre de LoaTois était conçu en ces termes : « Faites de rudes 
•exécutions dans Je pays de Limbourg; mettez le feu dans les lieiv qui 
»ne voudront point payer les contributions. Le meilleur moyen de faire 
«retirer chez eux les habitants du pays de Liège, de Limbourg, et des 
» environs de Maestricht, c'est d'envoyer par les derrières mettre le feu 
» à leurs villages. » 

• 

(a) L'ordre donné par Catinat à ses troupes portait que si , par suite 
de l'opiniâtreté des habitants , le feu devenait le seul moyen de les sou- 
mettre, on eût grande attention de n'euflammer qu'une njaisou isolée 
de chaque village, afin que rincendie ne pût se communiquer. Le ga- 
zctier de Hollande rendît compte de l'expédition de Catinat en ces ter- 
mes : « La province de Juliers a eu le bonheur que les troupes fussent 
• commandées par ce général ; si c'eût été tout autre , le pays aurait été 
9 brûlé. • 



46 OICTIOinfAIRE .HISTOBIQVe 

donna le oomman dément de la proTÎiice du Dauphiné, par 
conimîssIOD dn 3 mars i6go; et il «e démit alors du §;ou- 
verneraent de Luxembourg et de sa compagnie de volontai- 
res. Le roi voulant punir le duc de Savoie des traités secrets 
que ce prince avait faits avec les ennemis de la France , 
donna à Catinat le commandement de Tarmée de Piémont, 
et lui ordonna de metttre à contribution les villes et les cam- 
pagnes de ce pays. Catinat attaqua Galiours, le 5 août; ren- 
versa les retranchements qui couvraient les dehors de cette 
ville, dont il fit rompre la porte et abattre 3o toises de mu- 
railles. On monta alors sur la brèche, malgré le feu violent 
des assiégés , et en un quart d*heure on remporta. Tout fut 
passé au fil de Tépée , et la ville fui pillée et brûlée. Ceux 
qui échappèrent à ce massacre se réfuf;ièrent dans le châ- 
teau , qui fut aussi forcé. Dans cette seconde action , i loo 
ennemis périrent , et 8o seulement furent faits prisonniers. 
Catinat avait combattu aux postes les plus périlleux, et un 
de ses aidcs-de-camp avait été tué à ses côtés. Pour obliger 
le duc de Savoie de quitter son camp de Villefranche , où 
il était fortement retranché, Catinat résolut de tenter quel- 
que entreprise, afin de profiter du mouvement que ferait 
son ennemi, pour lui livrer bataille. £n conséquence, il 
décampa de Cahours, le 17 août, et marcha sur Saluées, 
prêtant à dessein le flanc aux ennemis. Le duc de Savoie le 
suivit, le joignit à Staffarde, le 18, et se plaça dans un lieu 
avantageux. Catinat, après avoir reconnu cette position 
hérissée de difficultés, fit ses dispositions en copséquence 
et ordonna Tattaque. Il fait emporter quelques cassines qui 
couvraient les Piémontais; pousse l'infanterie ennemie, 
malgré les obstacles que présentent les haies et les chevaux 
de frise, et renverse également leurs lignes de cavalerie. et 
de dragons. Maîtres des haies qui bornaient un marais où 
ces lignes sVtaient avantageusement placées, les Français 
tombent , Tépée à la main, sur les bataillons qui s'offrent à 
eux, et qui ne peuvent tenir contre cette charge vigoureu- 
se. L'infanterie piémontaise, à laquelle Catinat ne donna 
pas le temps de se rallier, fut refoulée dans les bois; se 
sauva en désordre le long du Pô, ou se réfugia dans les 



D£â GÉNÉRAUX f AANÇAIS. 4? 

luarais près de Tabbaye de Staffarde. La cavalerie eouemie 
fut poursuivie, Tépée aux reins, jusqu'à Villefranche. Leduc 
de Savoie perdit, danscelte journée, 4000 hommes tués, 1 aoo 
fitîts prisonniers, 1 1 pièces de canon, la poudre et les équipa- 
ges de son armée, et beaucoup de drapeaux et étendards (1). 
Catinat, exposé au plus grand feu pendant Taction , avait eu 
un cheval tué sous lui , et reçu plusieurs coups dans ses ha- 
bits (a) (3). Après avoir passé la nuit du 18 au 19 sur lie 
champ de bataille, il s'avança vers Saluées , que les milices 
piémontaises évacuèrent à sou approche, et dont les habi« 
tants lui ouvrirent les portes. Il séjourna , le ao, dans cette 
ville, et y établit ses blessés. Il réduisit ensuite plusieurs 
petites places; vint à Baconis; leva des contributions dans 
tout le pays, et iit brûler Gerlsoles et Aulrive, qui avaient 
refusé de les acquitter. Il emporta Barges, ie i** novem- 
bre; brûla Bibiane et Luserne, le a ; et se présenta, le 9, 
au col de Feneste, que les Plémontais abandonnèrent. Il 
les chassa également du col de Collet. Suze se soumit et 
apporta ses clefif, le la. On se disposait à attaquer la cita- 
delle de cette place, lorsque la garnison , forte de 4^0 hom- 



(1) AnquetîJ, danii son Histoire de France (tom. VIII, pag. 148), dit 
que la perte de^ Français à la bataille de Staffiirde ne s'éleva 'qu'à 3oq 
hommes. 

(a) En rendant cïompte à la cour de cette journée , Catinat fit Taloir les 
services de tous les olBciers qui s'jr étaient distingués, et poussa la modes- 
tie jusqu'à négliger entièrement de parler de lui. L'historien de sa vie dit 
qu'un nonvellistct qui avait écouté la lecture de son rapport , demanda 
d'un air de curiosité t mM* de Cotinai y Hait'iif » 

(3) Le lendemain de la bataille, Catinat remercia les troupes des servi- 
ces qu'elles avaient rendus la veille. Étant arrivé au régiment de Grancej, 
qui s'était particalièrcment distingué , il descendit de cheval pour em- 
brasser le colonel. Quelques soldats de ce corps, qui jouaient alors aux 
quilles à la tète du camp, quittèrent leur jeu pour s'approcher du géné- 
ral, qui leur dit avec bonté de retourner i leur partie. Les officiers lui pro- 
posèrent d'en faire une; il l'accepta , et s6 mit à jouer avec eux. ¥n otA" 
cier-géoérai ayant dit qu'il était extraordinaire de voir un général d'ar- 
mée jouer aux quilles après une bataille gagnée : 1 Vous vous trompes * 
» reprit Catinat ; cela ne serait étonnant que s'il l'avait perdue. • 



.^8 DICTIONNAIRE UISTORIQUE 

mes, se rendit le i5. Gatinat lui accorda les honneurs de 
la guerre (i). Le ministre Louvois ayant adopté le projet de 
la conquête du comté de Nice , qui lui avait été proposé 
par Catinat, ce dernier -chassa, eu 1691, les Yaudois des 
vallées de Saint- Martin de Prali, et de la Perouse; s'em- 
para de Villefranche et en assiégea le château, qUi se ren- 
dit le ai mars, il prit également Montalban , qui ca- 
pitula le 23 9 et Saut- Ospitio , qui en 6t autant, le 
24* Dès qu'il fut en possession de ces deux dernières pla- 
ces, il y fit débarquer rartiilerie des galères. Ses trou- 
pes marchèrent sur Nice, où elles entrèrent le 28. Gatinat 
fit dresser, dès le 29, des batteries contre le château de Ni- 
ce, sur le même emplacement qu'avait pris autrefoÎH le cé- 
lèbre Barberousse. Les bombes lancées par les assiégeants 
ayant fait sauter des magasins à poudre très'considérubles^ 
le comte de Froasque, qui commandait dans la place pour 
le duc de Savoie , demanda à capituler, le cinquième jour 
de la tranchée ouverte, et se rendit le 2 avril. Gatinat con- 
tinua de commander l'armée d'Italie, par pouvoir du 27 
du même mois. Il commença la campagne par la prise de 
Yeiilane, qui se rendit à discrétion, le 3o mai. Rivoli, 



(1) Lottquc M. de Louvoîa apprît cette capitulation , il fut trausporté 
de fureur, comme si on eût laisse échapper toute l'armée du duc de Sa- 
voie. Ce miuidtre, dur et hautain, oubliant les importants services ren- 
dus par Gatinat, lui fit essuyer les reproches les plus injustes; et Gatinat 
lui ayant malidé avec sa bonne foi ordinaire que les frais de la campagne 
avaient rendu son traitement insuffisant, il le priait de continuer de le gra- 
tifier de 9000 écus , il en reçut la réponse suivante : 1 Quoique vous ayez 

• fort mal servi le roi cette campagne, S. M. veut bien vous continuer la 

• gratification. • Gette lettre était tout a la fois injuste ctinronséquente, 
puisque, peu de joum auparavant, Louvois avait écrit à Gatinat : « Le duc 

• de Savoie s'aperçoit qu'ayant affaire à vous, il a affaire à plus fuit que 

• lui : ce sera bien autre chose l'année prochaine que vous aurez une 

• grosse armée à laquelle rien ne manquera. » Gette alternative de com- 
pliments et de reproches apprit à Gatinat à voir d'un œil philosophique 
la louange et le blâme. « Quand on réussit, dbsit'il quelquefois^, on a 

• souvent des louanges à bon marché; quand on ne réussit pas, on trou- 
f> ve que vous avez eu tort. » (Fie du nutréchai de Catinat , Paris , 1770, 
pag. 74 et suivantes.) 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 49 

ayant refusé de contribuer, fut brûlé et h'vré au pillage, le 
5 juin. Carmagnole tîattlt la chamade, le 9, après trois 
îours de tranchée ouverte. Le siège de Coni, par MM. de 
Bulonde et de Feuquières, n^ayant eu aucun succès, Ga- 
tinat, d'ailleurs informé de la jonction d*un corps consi- 
dérable de troupes du duo de Bavière avec Tarmée du duc 
de Savoie , ce qui rendait celte dernière très-supérieure à 
Tarmée française, Catinat, di^on8-nous, jugea convenable 
de se tenir sur la défensive; et, pour cet effet, après avoir 
fait fortifier Carmagnole, dans lequel il laissa M. D(iples!;i - 
Bellièvre, avec une garnison suffisante, il fit repasser le 
Pô, au mois d'août, par toute son armée. Le prince Eui< 
gène f averti de sa marche , le suivit avec un fort détache- 
ment, dans le dessein de donner sur son arrière-garde; 
mais ce prince, étant tombé dans une embuscade que Cati- 
nat lui avait dressée, ne put s*en tirer qu'en se faisant jour 
à travers les Français, qui lui tuèrent environ 5oo hom- 
mes. L*armée de Catinat oampa alors tranquillement à 
Piobès, de l'autre .^^ôlé du Pô, d*oii elle se porta à ^Sala- 
ces, que les ennemis semblai<'nt menacer. Le duc de Sa- 
voie investit Carmagnole , et s'avança vers Suze, dont il 
projetait de s'emparer. Dès que Catinat eut eu connais- 
sance de cette marche des ennt^mis, il partit de Pignerôl, 
où' il se trouvait alors, prit avec lui 18 bataillons choisis 
sur toute l'infanterie, et se dirigea sur Snze. Les ennemis, 
ayant hâté leur marche, étaient déjè au pied du coi de 
Fenestrelles , lorsque Catinat , voyant que ses troupes, qui 
d'ailleurs étaient excédées de fatigue, ne pourraient arri- 
ver à temfw, prend le parti de h s laisser aux opiires de M. 
de Laugallerie, et d'aller en personne joindre M. de Larray, 
qui commandait dans Snze. A peine arrivé dans cette pla- 
ce, il voit les ennemis marcher en colonnes, [)Our s'empa- 
rer des hauteurs (jui dominent la ville; sort, sans hési- 
ter, à la tête de 12 bataillons de la garnison; attaipie Tune 
après l'autre les colonnes ennemies , qui étaient séparées à 
de grandes distances, et les poursuit jusque dans leur an- 
cien camp, avec une telle rapidité, que les ducs de Savoie 
et de Bavière ont à peine le temps de s'échapper, pour re- 

IV. 7 



5o DIGTIOmCAIEE HISTORIQUE 

gagner leurs quartiers. Cet échec, essuyé par Tannée en- 
Bemie, assura la possession de Suze, et donna le moyen de 
passer en Savoie, où Gatînat finit la campagne par Tim- 
portante prise du château de MontmèHan , qui capitula, le 
21 décembre, après trente-cinq jours de t^^chée ouverte. 
Les assiégés avaient perdu 400 hommes. Pendant le siège 
de cette forteresse, Gatinat étant allé visiter le trou de la 
mine, une grenade lancée par les ennemis vint crever à 
un demi-pied de son visage. On trouva dans Montmélian 
3oo aiilliers de poudre et plusieurs milliers de mousquets. 
Gatinat eut encore le commandement de Tarmée d'Italie, 
par pouvoir du 3o avril 1692 ; et, quoique cette armée eût 
été réduite , il tint tète à celles du duc de Savoie et de ses 
alliés, qui étaient numériquement très- supérieures, et par- 
vint, à force de manœuvres et de dispositions habiles, à 
conserver Pignerol et Suze. L'armée étant entrée dans ses 
quartiers d*hiver , Gatinat se rendit à la cour, afin d*y fixer 
le plan de la campagne suivante. Il fit tout-à-fait revenir 
le roi, pour ce moment au moins, du projet d'une guerre 
offensive (0. Gréé maréchal de France (2) (3), le 27 mars 
1693 , on lui donna de nouveau le commandement de Tar- 
mée d'Italie, le 27 août suivant. Sur l'ordre du roi, il se 
prépara, en septembre, à pénétrer dans le Piémont; fit 
décamper son armée de Fenestrelles, et passa le col de la 



(1) A la fin d'une conversation sur ce sujet, Louis XIV dit à Gati- 
nat : c C'est assez parler de mes affaires ; en quel état sont les vôtres ? > 
— M Sire, répondit Gatinat, grâces aux bienfaits de V. M., j'ai tout ce 
• qu'il me faut. » — c Voilà, dit le roi, le seul homme de mon royaume 
«qui tienne ce langage. » 

(a) Louis XIV lisant dans son cabinet la liste des maréchaux de Fran- 
ce s'arrêta au nom de Gatinat , et s'écria : • C'est bien la vertu cou' 
» ronnée. > 

(3) Le gentilhomme chargé de porter cette nomination à Gatînat, tom- 
ba malade en chemin, et remit le brevet à un courrier, auquel le nou- 
veau maréchal donna mille écus. Le gentilhomme ayant prétendu que 
cette gratification devait lui appartenir, Gatinat lui û,t aussi compter 
mille écus. 



DES 6EMÊBÀUX FRANÇAIS. 5l 

Fenestre. Son infanterie et sa cavalerie se joignirent à Suze, 
où l'on trouva la gendarmerie française qui y était arrivée 
1^4*' octobre. Le 2 du même mois, Gatinat se mit en mar- 
che ^e Veillane, et vint camper à Rivalte , où les avis qu'il 
reçiait lui firent penser que les ennemis se porteraient du 
côté de Pessine^ et de là à la Marsaille {Marsaglia, plaine 
entre Pîgnerol et Turin). Effectivement » l'armée française 
et celle du duc de Savoie s'étant trouvées en présence à la 
Marsaille 9 le 4 9 Catinat commença l'attaque. Il se porta en 
personne contre le centre de l'armée ennemie ^ qui était 
couvert par une haie , au devant de laquelle était un fossé 
soutenu par de Tiofanterie; et, dès le commencement de 
la bataille, il força cette importante position. Le duc de 
Savoie perdit, dans cette journée, 10,000 hommes tués, 
aoo prisonniers , 3o pièces de canon , et un grand nombre 
de drapeaux et étendards. Catinat évalua la perte des Fran- 
'Çals à aooo hommes environ, tués ou blessés (1). La suite 
de cette victoire fut le ravitaillement de Casai, et I9 levée 
du blocus de cette p}ace par les ennemis, le 6 du même 
mois. Catinat fit aussi chasser les troupes ennemies qui oc- 
cupaient encore les châteaux de Rosignan et du pontd'£s- 
ture. Elles furent poussées jusqu'à un vieux château, où 
elles se retranchèrent ; mais bientôt on les força de deman* 
der quartier, ce qui leur fut accordé. Il leva des contribu- 
tions de guerre dans presque tout le Piémont; mit garnie 
son dans Saluées et Viilefranche; prit Poirin, Deschalan- 
ges; fit sauter le château de Sarlemasque; défit, le 5 no* 
venibre, la milice piémon taise près de Morelta; ravitailla 
Pîgnerol et Suze, et mit enfin ses troupes en quartiers d'hi- 



(1) Gatinat avait employé une rase de guerre pour faire croire au duc 
de Savoie qu'il lui était arrivé des renforts plus considérables que n'étaient 
ceux qu'il avait effectivement reçus. Il avait donné au dernier bataillon 
de chaque régiment un nom de province, ou, comme disent les mé- 
moires du temps, un nom en oit, comnie si c'eût été de nouveaux corps 
arrivés à l'armée. Par suite de ce stratagème , le duc de Savoie ne man- 
qua pas de croire, d'après le rapport de ses espions, que l'armée fran- 
çaise était bien plus forte qu'il ne l'avait d'abord peD8é> 



52 DICTCO^NAIRE HISTORIQUE 

ver. Commandant Tarakée d'Italie, par pouvoir du a4 «ivrîl 
1694 9 il se contenta dVippécher, pendant cette campagne, 
que le duc de Savoit* ne lit aucune entreprisé, et l'obligea 
de rester ditns son propre pays. £n 1695, il commanda la 
même armée, munit des choses nécessaires les places me- 
nacées, et fortifia les postes auprès de Pignerol, afin d'en 
rendre'les approches plus diiliciles. L'armée ennemie s'é- 
tant séparée, ie maréchal de Catinat sépara aussi la sien- 
ne. Il commanda encore cette armée, par pouvoir du 17 
avnl 1696 , et fut nommé, le 17 août suivant, ministre plé- 
nipotentiaire , avec le comte de Tessé , pour convenir de la 
neuiralfté deTItalie. L» paix fut signée avec le duc de Sa* 
voie, le 29 du même mois. L'empereur ayant refusé la neu- 
tralité qu'on lui demandait, le duc de Savoie et le maré- 
chal de Catinat assiégèrent Valence ; et ils étaient sur le 
point d'emporter cette place, après quatorze jours de tran- 
chée ouverte, lorsqu'on reçut, le 7 octobre, l'acquiesce- 
ment ^ l'empereur et du roi d'Espagne à la neutralité. La 
suspension d'armes fut en conséquence signée à Yigevano, 
le même jour, et le maréchal de Catinat leva le siège de 
Valence , dès le lendemain. La paix ayant été conclue pour 
l'Italie, le roi appela Catinat en Flandre, lui donna le com- 
mandement de l'armée de la Lys, le 7 mai 1697, et le char- 
gea de faire le siège d'Ath (1). Il prit cette place, le 5 fuin, 
après treize jours de tranchée ouverte , malgré les mouve- 
ments que se donnèrent le prince d'Orange et Télecleur de 
Bavière, pour la secourir (2). Le siège d'Ath avait été cou- 
vert par les maréchaux de Villeroi et de Boufflers. La paix 



(i) Catinat avait beaucoup étudié la partie de Tart militaire qui a rap' 
port aux siéged. 

(a) Pendant le siège d'Ath, la conduite du maréchal fut aussi humai- 
ne que savante. Ayant vu les artilleurs tirer sur les maisons, il ie leui* 
défendit, et ne souffrit point que les batteries fussent pointées ailleurs 
que sur les ouvrages. Il avait sévèrement défendu la maraude; et, pour 
s'assurer de Texécution de ses ordres à ce sujet, il allait dans les cam- 
pagnes habillé bimplement, at prenait désinformations près des pay- 
sans, bans qu'on pût le reconnaître. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 55 

fut signée , le 3o octobre de la même aiin^e. On licencia le 
régiment de dragons du maréchal de Gatinat, le i3 décem- 
bre 1698. La guerre pour la succession d'Espagne ayant 
commencé, en 1701, parTItalie, le maréchal de Gatinat 
fut Dommé, le 25 mars, pour commander Tannée dans ce 
dernier pays, sous les ordres du duc de Savoie. Il se démit 
alors de son régiment d'infanterie. Les lenteurs et la mau- 
vaise volonté du duc de Savoie rendirent les commence- 
ments de celte campagne défavorables à l'armée qu'il de- 
vait commander, et qui, en son absence, était sous les or- 
dres de Gatinat. Une intrigue ourdie à la cour, et à la iéie 
de laquelle se trouvait la duchesse de Bourgogne, fille du 
duc de Savoie, eut alors pour but de faire encourir au 
maréchal la disgrâce du roi. On imputait à Gatinat des torts 
et des revers qui n'étaient point de son fait. «Enfin on en- 
voya le maréehal de Villeroî à l'armée dltalie, et Gatinat 
eut un ordre, du i3 août, pour y commander^ conjointe- 
ment aveclui (i).Villerois'étânt persuadé que le prince Eu- 
gène était décampé de Ghiari pour marchersur le Mantouan , 
et qu'il n'a /ait laissé quelques troupes à Ghiari, que pour 
mieux cacher son mouvement , Villeroi , disons-nous , ré- 
solut, contre l'opinion et l'avis de Gatinat, d'attaquer ces 
troupes, le i" septembre. Gatinat se mit à la tète des bri- 
gades de Normandie et d'Auvergne , et força rapidement 
quelques cassiues qui servaient de petits postfS aux enne- 
mis; mais lorsque l'infanterie française, continuant sa mar- 
che^ arriva aux véritables retranchements du prince Eugè- 
ne , elle essuya un feu terrible de mousqueterie et d'artille- 
rie. Gatinat, contenant alors les troupes étonnées, se con- 
tente de lenr dire : « Mon avis n'était pas si sot ; messieurs, 
«je n'en suis pas la cause. » Après ces paroles, il marcha 



(1) Lorsque Gatinat vit arriver le maréchal deVillcroi à Parmée d'Ita- 
lie, il écrivit à sa i'aniille : « JVtouffe la disgrâce où j'ai le malheur d'ê- 
Btre tombé, pour avoir l'esprit plus libre dans Pexécution de^ ordres de 
» M. de Villeroî. Je me mettrai jusqu'au cou pour l'aider; les mëcbaati 
* seraient outrés , s'ils savaient jusqu'où va mou intérieur sur ce sujet. » 



54 mCTIONNAOE HISTORIQUE 

seul aux retranchements. Bientôt les troupes , encouragées 
par son exemple, montrèrent une telle valeur, que beau- 
coup de soldats se firent tuer sur les retranchements (i); 
mais toutes les tentatives ayant été inutiles , Tarmée reçut 
enfin Tordre de se retirer. Pendant ce combat , dans lequel 
les Français perdirent aooo 'hommes, Gatinat avait tou* 
jours été au plus grand feu et sans armes. Après quelques 
détachements faits de part et d'autre, et qui terminèrent 
la campagne, Tarmée des deux couronnes (celles de Fran- 
ce et du duc de Savoie) décampa dans la nuit du 12 au i3 
noveipbre , et repassa TOglio. Les ennemis s^étant montrés 
le lendemain , Gatinat , après avoir rangé son armée der- 
rière un rideau qui la mettait à Tabri du feu , s'avança seul, 
pour les reconnaître. Il reçut alors un coup de mousquet 
dans le bras et une contusion à la poitrine (2). Il fut porté 
à Grémone ; et ayant reçu son congé sur la fin de décem- 
bre, il se rendit à la cour, où le roi lui donna une audien- 
ce particulière , à la sortie de laquelle S. M. témoigna au 
maréchal une bonté qui déconcerta les ennemis de Gati- 
nat. Il eut un pouvoir, du 6 mai 1702, pour commander 
en Allemagne, et se rendit bientôt après en Alsace» d'où il 
fit connaître au roi Timpossibilité de déporter le prince de 
Bade, qui s'était avantageusement retranché. Le marquis 
de Yillars ayant été détaché avec une partie de cette ar- 
mée , pour passer le Bhin , à Huningue, et se joindre à l'é- 
lecteur de Bavière, le maréchal de Gatinat, ne pouvant 
plus demeurer en campagne avec le peu de troupes qui lui 
restaient, se rendit sous Strasbourg. Il reçut, peu de temps 
après, la permission de quitter l'armée; et, de ce moment, 



(1) Un officier s'adressant à Gatinat, lui dit : «Où voulez-vous que 
» nous allions? à la mort? » — « Il est vrai , répondit le maréchal ; la mort 

• est devant nous, mais la honte est derrière. » 

(a) L'armée donna en cette circonstance au maréchal de Gatinat tou< 
tes les marques d'estime et d'attachement qu'il méritait. Les soldats de- 
mandaient à tous ceux qui venaient de Grémone : « Gomment se porte 

• notre père ia Pensée? • C'était le nom que depuis long-temps ils lui 
avaient donné , parce qu'on le voyait toujours calme et réfléchi. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 55 

il ne servit plus. Il se retira d'abord à Paris 9 puis à sa terre 
de Saiiit-Gratien. Le roi I»e nomma chevalier de ses ordres» 
le 2 février 1 7o5 ; mais il refusa cet honneur, quoiqu'il fût 
en état de faire les preuves nécessaires (1) pour recevoir 
cette dignité. Il mourut à Saint-Gratien 9 le 22 février 1712, 
âgé de 74^089 sans avoir été marié (2). {Chronologie militai'' 
re, toni. III, pag, io4; Mémoires pour servir à la Vie du 
marécnal de Catinat, Paris, 1765 ; Dictionnaire universel y 
par Ckaudon et Dtlandine^ tom, IV, pag. i^S; Histoire 
de France^ par Anquetil^ tom, VIII; Biographie univer- 
selle, ancienne %t moderne^ tom,, VII j pag, Sgô; Histoire 
militaire de M, de Quincy, Journal historique du Père 
Griffet, l'abbé Le Pipre de Nœufville , Histoire des Grands^ 
Officiers de la Couronne y Gazette de France y Bauclas y le 
président Hénaut,) 

DE GAULAINCOrRT (Marc-Louis, marquis) y maréchal- 
de camp, né le 6 décembre 1719 9 entra au service comme 
cornette au régiment Royal-Cavalerie , le 5 novembre 1735 ; 
se trouva à l'attaque des lignes d'Ellingen ; au siège de 
Philisbourg, en 1734? et à Taffaire de Clausen, en 1735. 



(1) Sa famille s'étant plainte amèrement de ce rcFiu, dont le public, 
disait-elle, tirera la conséquence que nous ne sommes qiie des bourgeois'. 

• Efabien! dit le maréchal à ses parents, effacez-moi de votre généa- 

• logie. • 

(a) Gatinat s'était élevé par degrés , sans cabale et sans intrigue, et il 
ne dut son élévation qu'à son cOurage, à ses talents, à ses Vertus. Phi- 
losophe dans la véritable acception du mot, il se montra tel au milieu 
des grandeurs et de la guerre. Religieux sans austérité, libre de tous 
préjugés sans affecter d'en mépriser aucuns, ignorant la galanterie et le 
métier de courtisan , jamais homme ne fut plus simple et plus modeste. 
Il aimait à être simplement vêtu ; mais ennemi de Taffectation, il prenait 
des habits riches dans les cérémonies publiques. Lorsqu'il se présentait 
à la cour, il se tirait toujours avec grâce de!» reproches que le roi lui fai- 
sait de ne s'y pas montrer plus souvent. La sévérité de ses, principes n'ô- 
tait rien à la noblesse de ses manières. Il avait l'esprit très-cultivé et 
éminemment juste. Il ne lui a manqué pour écraser les courtisant jaloux 
de sa gloire, que de vouloir en prendre la peine* 



56 DICTIONnVAIRE HISTORIQUE 

Il obtint dans le même régiment, et par commission du 24 
avril 1738, une compagnie qa*il commanda au siège de Pra- 
gue, en 1741 9 ^u combat de Sahay; au ravitaillement de 
Frawemberg; à la défense et à la retraite de Prague, en 
1743 9 et à la bataille de Dettingen , en 1743. Devenu 
exempt de la compagnie de Charost des gardes-du -corps 
du roi , le 19 février i744> î^ accompagna le roi aux sièges 
de Menin, dTpres, de Furnes et de Fribourg, la même 
année ; à la bataille de Fontenoy et au siège deTournay, en 
1 745 ; obtint , le 3 1 mai , une commission pour tenir rang de 
niestre-de-camp de cavalerie; se trouv» à la bataille de 
Lawfeld , en 17479 et au siège de IVlaestricht, en 1748.' 11 
se dénîit, le 10 avril de cette année, de sa place d*cxempt 
en faveur de son frère, et fut entretenu mestre-de-camp 
réformé à la suite du régiment de cavalerie de Berri , par 
ordre du même jour. Nommé maréclial>général-des-logis 
de la cavalerie de Tarmée d*Allemagne, le 1*' mars 1757, 
il 'servit au corps séparé que commandait le prince de 
Sonbise , et se trouva à la conquête des duchés de Juliers 
et de Bergues. Ce corps ajant été réuni à la grande- ar- 
mée , le marquis de Caulaincoiirt fut nommé maréchal- 
général-des-logis de la cavalerie de la nouvelle armée qu'on 
t'ornia sous les ordres du prince de Soubise , par ordre du 
i5 juin. 11 marcha, au mois d'août suivant, avec cette ar- 
mée, dans les états de Saxe ; se trouva à la bataille de Ros- 
back , et obtint le grade de brigadier, par brevet du 22 dé- 
cembre. Il fut nommé, le 1" mai 1758, maréehaUgéné- 
ral'des-logis de la cavalerie de Tarmée d'Allemagne, com- 
mandée par le même prince; se trouva à la prise de Mar- 
bourg; au combat de SiuHWshausen, et à la bataille de 
Lutzelberg, où il eut un cheval tué sous lui, et un coup 
de baïonnette au travers du visage. Créé maréclial-de- 
camp, par brevet du 20 février 1761 , il fut employé en 
celte qualité à l'armée d'Allemagne, par lettres du 1" mai 
1762. On le créa commandeur de l'ordre royal et militaire 
de Saint- Louis, en 1771. Il mourut avant le 1*' décembre 
1774» {Chronologie miiilaire, tom, VII9 pag, 4^^> Gazette 
de France») 



DES C^ENÉRAUIL FRANÇAIS. 67 

DE CAULAINGOURT (Louis-Gabriel , marquis) i général 
de division » fils du précédent, commença à servir dians les 
cbevau-légers de la garde ordinaire du roi. Il était capi- 
taine d^ cuirassiers» en 1772 , el«colonel en second du ré- 
giment d*infanterie de Medoc, en 1779. ^^ ^^ ^^^^ briga- 
dier d'infanterie 9 le 5 décembre 1781. Il servait, en 1779, 
comme colonel en second du régiment de Rohan-Soubise. 
Gréé maréchal-de-camp 9 à la promotion du 9 mars 1788, 
il fut ensuite pourvu du gouvernement militaire de la pro- 
vince d*Artois. Lorsque la révolution éclata, en 1789, le 
marquis de Gaulaincourt quitta ce gouverMement, et se re* 
tira à Paris, où il vécut éloigi^ des affaires jusqu'au 18 bru- 
maire an 8 (9 novembre 1799)9 époque à laquelle Napo- 
léon Buonaparle fut nommé premier consul de la républi- 
que française. Le marquis de Gaulaincourt obtint alors le 
grade de général de division, et fut choisi, en 18049 pour 
présider le collège électoral du département de l'Aisne. 
Élu candidat au sénat conservateur, il en deviiH mem- 
bre, le 1*' février i8o5. 11 était alors chevalier de la Lé-. 
gion-d'Honneur. Il mourut à Paris, le a8 octobre 1808. 
[Etats militaires. Moniteur, annales du temps,) 

DE GAULAINGÔUAT ( Armand- Augu»te-Louis ), ^uc de 
Yicence, lieutenant-général, fils du précédent, naquit à 
Gaulaincourt, en Picardie, le 9 décembre 1775. Il ontra au 
service, en 1788, dans le régiment de cavalerie Royal-Étran- 
ger, où il était officier, lor^ue la révolution française écla- 
ta, en 1789. Il n'émigra point, et continua de servir avec 
son régiment, jusqu'en 1793, époque à laquelle il fut mis 
en arrestation, comme^ioble. Après une courte détention, 
il recouvra su liberté , et entra , comme réquisitionnaire ^ 
dans le 17* bataillon de Paris. Il passa bientôt après dans 
les grenadiers du 4*" bataillon de la même ville, et fut 'in- 
corporé plus tard dans le 16' régiment de chasseurs à che- 
val. Il fît sans interruption, dans ces différents corps , les 
campagnes jusqu'en l'an 5 (1794)* ^^ ^^^ ^^us cette aupé^ 
que te général eu chef Hoche demanda et obtint , pour 
Gaulaincourt, la réintégration dans le grade de capitai- 
IV. 6 



58 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

De (i). Devenu aide-de-camp d'Aubert Dobayet, il l'ac- 
compagna à Venise, après la défaite de Wurmser, dans la 
glorieuse campagne des Français en Italie, en 1795. Du- 
bayet ayant été nommé* ambassadeur à Constantinople , 
en 1796, Caulaincourt Ty suivit, et fut chargé, peu de 
temps après, d'accompagner jusqu'à Paris l'ambassadeur 
que la Porte ottomane envoyait alors au gouvernement fran- 
çais. Cette mission terminée, il rentra immédiatement 
dans les rangs de Tarmée , et y servit comme chef d*esca- 
dron titulaire au 8* régiment de cuirassiers. Il fit, avec ce 
régiment , les campagnes sur le Rhin , se distingua en dif- 
férentes occasions , et fut nommé colonel des carabiniers, 
après la bataille de Stockach , gagnée sur les Autrichiens, 
le a5 mars 170,9. Il commanda ce corps d*éliteà la bataille 
de Moêskirch; au passage du Danube; au combat de Ne- 
resheim; ù différentes affaires , et notamment à celle de 
'Weinbeim , où il fut blessé de deux coups de feu , le 3 no- 
vembre tle la même année (2). La paix , faite en 1800 , 
ayant ramené l'armée en France, le colonel de Caulain- 
court fut envoyé à Saint-Pétersbourg, pour y renouer les 
relations politiques avec la Russie. ReVenu en France, après 
une mission qui dura six mois, il fut nommé, en 1802, ai- 
de-de-camp du premier consul Buonaparte, et devint suc- 
cessivement général de brigade, le 29 août i8o3, et géné- 
ral de division , le 1804. Dans cette dernière 

année, il fut titré duc deViceuce, et nominégrand-écuyer 
lors de l'organisation de la minson impériale. Il obtint la 



(1) Hoche motiva ainsi cette demande fife réintégration. « Pour le ré- 
» compenser (Caulaincourt) d'avoir préféré l'hoiiueur de combattre pour 
»8on pays à la facilité qu*OD trouvait à se faire mettre en réquisition dans 
aune administration, pour échapper aus dangers et aux fatigues delà 
» guerre. » 

(a) Les rapports des généraux, ainsi que les fastes militaires, consacrent 
les brillants faits d'armes du corps des carabiniers pendant la campagne 
de 171/9; et le colonel Gaulaincourt y est cité avec éloges pour la bravou- 
re et la conduite quUl tint dans toutes les occasions où il combattit à la 
tête de ce régiment. 



BE^ GENERAUX FRANÇAIS. 69 

croix de grand-ofiBcier de la Légion-d'Honneur» le 1" fé- 
vrier 1804 » à la création de l'ordre (1). Il fui créé grand- 
cordon de la mémo légion, le 2 février i8o5. Il assista, le 
25 juin 1807, comme grand-écnyer, à l'entrevue des em- 
pereurs Alexandre et Napoléon sur le Niémen ; fut nom- 
mé , eu novembre suivant , ambassadeur en Russie 9 où il 
demeura en cette qualité pendant quatre années 9 et par- 
vint à maintenir la bonne harmonie entre les cabinets de 
Paris et de Saint-Pétersbourg. £n 181 1 , il demanda son 
rappel en France, et Tobtint. Il accompagna Napoléon 
dans Iri campagne de Russie, en 181a, ainsi que dans la 
fatale retraite de Moscou, et revint avec lui à. Paris. Il fut 
créé sénateur, le 5 avril i8i5. Pendant la campagne de cette 
dernière année, il accompagna encore Napoléon à la gran- 
de-armée» et fut chargé des négociations qui s'ouvrirent, 
les 29 et 5o mai , avec les plénipotentiaires russes et prus- 
siens, après les batailles de Lutzen et de Bautzen. Les 
conférences se terminèrent par un armistice conclu , le 4 
juin, et qui devait durer jusqu'au 20 juillet. ^Le duc de 
Yicence fut ensuite envoyé comfne ministre plénipoten- 
tiaire au congrès qui se tint à Prague, dans le courant de 
ce dernier mois , et qui fut rompu par la reprise des hfls- 
tilités. Après les batailles de Leipsick et la retraite de l'ar- 
mée française, le duc de Vicence fut nommtf, le 20 no- 
vembre, ministre des relations extérieure^. L'armée des al- 



(1) Ce fut le 17 mars de la même année que le duc d'Enghien, petit- 
fib du prince de Gondé, fut arrêté à Ettenlieim, dans le duché de Ba- 
de. {Foyùz les détails de celte arrestation et ceux du la fin tragique de 
ce prince infortuné, à rarticlc Bouréon-Condé, pas;. 98 du III* volume.) 
Plusieurs historiens contemporains ont attribué l'exécution de cette me- 
sure odieuse, prescrite' par Buonaparte, à M. de Gaulaincourt. Celui-ci a 
fait paraître à cet égard, en 181 {, une justification de sa conduite, et 
Ta appuyée sur une lettre de S. M. l'empereur de Russie) dont copie Ait 
alors imprimée dans les journaux. Les explications données par M. de 
Caulaincourt tendirent à prouver que, lors de l'événement auquel elles 
se rapportent, il se trouvait eifectivement à Strasbourg, mais pour une 
autre mission , et que le général Ordenner avait été seul chargé de Tar^ 
restatioa du prince. 



6o DICTIONNAIRE HISTOHIQUE 

Hés étant entrée en France , il fut envoyé au congrès qui 
s'ouvrit à Châlillon, le 5 février 1814. Les négociations 
entamées furent rompues par l'exagération des prétentions 
de Napoléon , et malgré les notes que le duc de Vicence 
lui fit parvenir pour l'engager à conclure la paix. Après, la 
chnte de Buonaparte^ il se retira à la campagne. En 181 5, 
pendant les cent jours , Buonaparte le nomma de nouveau 
ministre des affaires étrangères , le ai mars, et le créa pair 
de France, le 2 juin suivant. Napoléon ayant fait une se- 
conde abdication , la chambre des pairs nomma, dans sa 
séance du 22 juin, unecomniisMon de gouvernement, dont le 
duc de Vicence fut élu membre. Lors de la seconde ren- 
trée du roi, il s'embarqua pour l'Angleterre, d'où il est 
depuis revenu pour se fixer dans sa terre de Gaulaiucourt. 
Il a été admis à la retraite du grade de lieutenant-général^ 
après 27 ans de service, par suite des dispositions de l'or- 
donnance du 6 octobre i8i5. Le duc de Yicence est che- 
valier des ordres de Saint-Hubert de Bavière, de la cou- 
ronne Verte de Saxe , et de la fidélité de Bade ; grand'croix 
de l'ordre de Saint-Joseph de Wurlzbourg , et chevalier des 
ordres de Saint-André de Russie et de Saint-Léopold d'Au- 
trjèhe. {brevets et états militaires ^ Moniteur, annales du 

temps.) 

4 

DE CAULAINCOURT (Auguste- Jean -Gabriel, comte), 
général de division, frère puîné du précédent, naquit à 
Caulaincourt en Picardie, le 16 septembre 1777. Il fut 
fait sous-lieu tenant dans le régiment des cuirassiers du 
roi, le 14 janvier 1792; devint aidc-de-camp du géné- 
ral Aubert Dub^yet , le 28 mars 1795; passa lieute- 
nant au 1*' régiment de carabiniers, le 21 janvier 1796, 
et capitaine au 1" régiment de dragons , le 28 février 1797. 
Il se trouva en cette dernière qualité , le 25 mars, à la ba- 
taille de Stockack, où il se distingua. Il fit également preu^ 
vc de valeur au combat de Muthen-Thal en Suisse 9 et fut 
blessé d'un coup de lance, lorsque les Russes, sous les or- 
dres du feld-maréchal Souwaroff, débouchèrent dans ce 
paysparleSainl-Golhard. Nommé chef d'escadron au r'ré- 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 6l 

^menldedragons^Ie ]"févHer i8oo,iUervitàrarméed^lta* 
lie ; combattit vaillamment à Mareogo, le i4 juin 9 et y fut 
blessé d'un coup de feu à la tête. Il se distingua, le i3 février 
1 801 , àraffairede Yede-Lago, en enlevant, avec un escadron, 
400 hommes d'infanterie autrichienne. En récompense de 
ses services pendant ces deux campagnes 9 il fut fait colonel 
du 19* régiment de dragons, le a4^oût 1801. Il devint aide- 
de-camp du maréchal Berthier , connétable de Tempire , 
le 9 juin 18049 et fut créé général de brigade, le 10 juin 
1 806. Employé en cette dernière qualité à l'armée d'Espa- 
gne , pendant la campagne de 1808 , il fut envoyé avec un 
corps de 5ooo hommes de différentes armes pour faire ren- 
trer dans l'obéissance la province de Cuença, qui s'était in- 
surgée , et pour y punir l'attentat commis sur un officier 
et quelques soldats français que la populace avait as- 
sassinés. Étant parti de Ta/azooa, ville de l'Aragon, il ar- 
riva, le 5 juillet, devant Cuença, où il trouva 4000 Espa^ 
gnols disposés à défendre celte ville avec 4 pièces de ca- 
non. Il Ht immédiatement attaquer les insurgés; les cul- 
buta; s'empara de leurs canons; leur tua 7 à 800 hom- 
mes 9 et força le reste de se sauver dans les montagnes. Il 
parvint ensuite à ramener intacte sa troupe à Madrid, à 
l'époque de la capitulation de Baylen , et quoique ses com- 
munications fussent interceptées. Ces deux faits d'armes 
furent cités avec éloges dans le rapport général de la cam- 
pagne de 1808. Le général de Caulaincourl se distingua 
également en Espagne et en Portugal, pendant la campa- 
gne de 1809. Les talents militaires dont il avait fait preu- 
ve déterminèrent les maréchaux ducs de Dalmatie, deXré- 
vise et d'Elchingen, dont les trois armées venaient de se 
réunir pour lenler le passage du Tage , à lui confier 
l'exécution de celte opération importante. Elle eut lieu au 
pont de l'Arzo-Bispo, le 8 août, et fut effectuée malgré la 
mousqlieterie , la mitraille 'et les boulets que Tennemî , 
très> supérieur en nombre, faisait pleuvoir sur les assail- 
lants (1). Promu au grade de général de division , le 7 sep- 

(1) Dans son rapport au gouTemement sur les opérations de l'armée 



62 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

tembre 1809, le comte de Gaulaincourt fut employé en 
cetle qualité à la grande-armée de Russie, en 18129 ^^ 
commanda pendant une partie de la campagne le grand 
quartier-général impérial. Ami zélé et courageux de l'or- 
dre et de la discipline , il sut. les maintenir , et alléger, à 
leur aide , une partie des maux inséparables de la guerre. 
A la bataille de la Moskowa , gagnée sur les Russes 9 le 7 
septembre de la même année , il commanda le 2* corps de 
cavalerie, composé de trois divisions. Le général Mont- 
brun ayant été tué dans une charge , Napoléon le rempla- 
ça par le général de Gaulaincourt, auquel il ordonna d'at- 
taquer une division russe et de pénétrer dans la grande 
batterie ennemie. Le comte de Caulaincourt, s'étantmisà 
la tête de la division de cuirassiers du général Wathier, 
culbuta tout ce qui se rencontra devant lui ; et, se trouvant 
bientôt avoir dépassé la battei^e russe, «1 rabattit à gauche 
et entra dans la redoute par la gorge, suivi du 5* régiment 
de cuirassiers. A ce moment, les Russes firent une dé- 
charge terrible sur les assaillants, et le comte de Gaulain- 
court fut tué par un boulet de canon (1). Il fut générale* 
ment regretté de Tarniée. Il était commandant de la Lé-> 
gionKi'Uonneur et grand-cordon de Tordre de la Réunion. 
[t'iats et brevets militaires , Moniteur, annales du temps.) 



fraoçaisc en Espagne , le maréchal duc de Dahnatie s'exprime ainsi : « Le 
» passage du Tago au pont de l'Arzo-Bispo lait honneur à la 4" division de 
kdraguiis., commandée, par le général Lahoussaye ; mais particulièrement 
sa la brigade du général Caulaincourt. Ce général a montré dans cette af- 
» faire autant de sang froid que de valeur ; et il a prouvé qu'il était officier 

• consommé dans son arme. » {Moniteur du 2^ septembre 1809.) 

(1) On lit dans le i8« bulletin de la grande »rmée, rédigé à Mojaîsk, le 
loseptembre 181a, le paragraphe suivant: « Le général de division comte 
»de Caulaincourt, commandant le 2' corps de cavalerie, se porta à la te- 
ste du 5* régiment de cuirassiers ; culbuta tout ; entra dans la redoute de 

» gauche par la gorge. Dès ce moment la bataille fut gagnée Le cpmte 

»de Gaulaincourt , qui venait de se distinguer par celte belle charge, avait 

• terminé ses destinées : il tomba mort, frappé par un boulet. Mort glo-> 
B rieuse et digne d'envie 1 ! ! » 



I)£S GENiBÀUX FRÀMÇAIS. 63 

DE CAUMONT (Jacques-Nompar) , marquis, puis diic 
de la Force , maréchal de France» Après la journée de la 
Saînt-Barthélemi, à laquelle il eut le bonheur d'échap- 
per (i), il Intéressa en sa faveur le roi de Navarre, Hen- 
ri IV, qui , touché des nfialhéurs ainsi que des belles qua- 
lités du jeune Caumoat, lui donna un emploi dans son ar- 
mée. Caumonr défendit Marans, en 1586, et suivit Hen- 
ri IV dans ses campagnes de 1587 et i588. Eu cette der- 
nière année, c^ prince le fit conseiller, chambellan, ^et 
son lieutenant-général au gouvernement de Pérîgord, de 
Bergerac et de Monlflanquin. Il combattit à Arques; se 
distingua au combat d'Angers,. en 1689; ^^ trouva à 1^ ba- 
taille d'Ivry ; au siège de Paris, en iSgo; aux sièges de 
Chartres et*de Noyon , au mois d'août iSgi , et à celui de 
Rouen, commencé eu iSgi^ et levé, le '20 février 1592. 
Henri IV, qui était devenu roi de France, après l'assassinat 
de Henri III, en 1689, donna à Caumont (a), par provi- 
sions du 20 mars 1692, la troisième compagnie française 
de ses gardes-du-corps (depuis Luxembourg), vacante par 
la mort d'Archant, tué au siège de Rouen. Caumont fut 
établi, le 1" mars 1595, gouverneur et lieutenant-géné- 
ral de Navarre et de Béarn. Il s'empara de Domme en Pé- 



(1) Il rtait'fîls de François de Caumont, qui fut enveloppé dans le 
massacre des protestants, le jour de la Saint-Barthéiemi, en 1672. Cau- 
mont père, Armand , son fils aine, et Jacques, son second AU, qui fait 
le iiujct du présent article, ayant été traînés ai} lieu des exécutions, les 
deux premiers tombèrent sous les coups des as^ssins. Jacques de Cau* . 
mont, âgé seulement de 9 ans, tout couvert du sang de son père et du 
son frère, se laissa tomber en criant : a Je suis mort. * Cet acte de pré- 
sence d'esprit lui sauva là vie. Un malheureux, qui le dépouillait de ses ha- 
bits l'ayant trouvé vivant , en eut compassion , et le Conduisit pendant 
la nuit chez le maréchal de Biroo, oncle de Caumont. Ce dernier, après 
être resté quelque temps caché dans la chambre des filles de service, 
se sauva déguisé en page, et se rendit à travers mille dangers au sein de 
la famille. 

(a) Caumont avait été l'un des premiers à reconnaître Henri IV pour 
roi légitime, et son exemple avait contribué à ramener plusieurs sei- 
gneurs au parti de ce prince, qui honora constamment Caumont de 
toute sa confiance. 



64 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

rigord; servit au siège de Laon,eii 1 594» au combat de Fontai- 
ne-Française, en 1 595 ; au siège de la Fère 9 en 1 5g6, et à la 
reprise d'Amiens^ en iSg^ (1). Le roi Louis XIIFaccbrda, le 
26 décembre 1610, au fil» du marquis de Gaumont la survi- 
vance de la compagnie des gardes-du-corps. Gaumont s*étant 
opposé, en 1620, à la vérification de Tédit du roi, pour le 
rétablissement des ecclésiastiques dans le Béarn, se mit à 
la tête des calvinistes rebelles. On lui ôlu le gouvernement 
de Béarn et la compagnie des <;ardes-du-corps, le 20 avril 
1621. Les calvinistes de la Basse- Guyenne le nommèrent 
leur général. Il se jeta dans Montauban que Tarmée du roi 
assiégea , et dont elle leva le siège , le 2 novembre. Il prit 
Tonneins, en 1622; défendit Sainte-Foi; puis rendit cette 
place, le 24 mai de la même année, et se soumit au roi, 
qui le créa maréchal de France , par état donné à Sainte- 
Foi , le même jour (2). Il prêta serment, le 27. Il fut nom- 
mé pour commander en Picardie, conjointement avec le 
maréchal de Ghaulnes, par pouvoir donné à Paris, le 19 
mars 1626. Il commanda en eflet dans cette province, 
cette année el la suivante. 11 présida Tasseniblèe des no- 
tables, sous Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII , 
le 2 décembre i6'>6. Nommé commandant de l'armée qui 
s*assemblait au pays de Bresse, par pouvoir donné à Fon- 
tainebleau, le 2 5 septembre 1629, il la conduisit en Pié- 
mont, au recours de Gasal, en i63o. De concert avec le 
duc de Montmorency, il prit la ville de Saluées, le ^o juil- 
let, et son château le 21 : la garnison se rendit prisonnîë- 
• re de guerre. Il soumit ensuite le fort de Saint-Pierre et le 
château de Brézol. 11 battit, le 6 août , les Espagnols à Ga- 
riguan; emporta une demi-lune que les Piémon tais avaient 



(i) Gaumonl ëtâil l'un des seigneurs qui se trouvaient dans le carrosse 
de Henri IV, lorsque ce grand prince fut assassiné par Bavaillac, le i4 
mai i(}io. 

(a) L'abbëdeNœufville, Tauteurdu Dictionnaire des maréchaussées, et 
quelques autres historiens aussi mal instruits, donnent à cette nomina- 
tion la date du 37 mai. 



DÈS &É]$rÉftÀ0X FkÀiiCÀiii 65 

construite en-deçà du pont, et passa au fil de Tépéé deuit 
régiments espagnols : ce qui échappa de cette troupe aila se 
noyer dans le Pô. Il était sur le point d-atfaquer les ertne-^ 
mis retranchés devant Gàsal » lorsque MaAarin détei'mina^ 
le 36 octobre ^ les Espagnols à rendre la ville et le château 
au duc de Mantoue» et à sortir du Montferrat. Gommau^ 
dant Tarmée de Lorraine, en i63i , il s'empara de Yic et 
de Moyehvic, le a^ décembre, et investît MarsaL Le duc 
de Lorraine ayant traité avec le roi, le 5 1 du même mois, 
Gaumont quitta la Lorraine, et marcha ^ en i65a, contre 
Tatmée de Moivsieitb , qu*il obligea de se retirer en Auver-* 
gne , et de gagner le Laujjuedoc. Il y suivît le prince , et 
envoya im détachement pour s'emparer de Privas. Le vi-* 
comte de 4'Estrange ayant voulu s'opposer à ce détache-»* 
mcnt^ on lui tua 3oo hommes, et il fut pris lui-même, le 6 
août, avec 10 dâioiers et 5o soldats* Gaumont s'avança ver9 
Montpellier; attaqua, le 9 du même mois> 5oo chevauiC 
du parti de Moksievr; tua 60 cavaliers, et emmena 140 
[H'isonuiers. Il mit en fuite j le 5 septembre , l'arrière-gar- 
de du duc d'Ëlbcuf près de Remoulins. Il tut nommé^ le 
2a octobre,' grand-maîlre de la garde-robe. Il accompu-* 
gna le roi à la conquête de la Lorraine, en i655; prit Épi« 
nal, et obtint le commandement dans la Lorraine j par 
pouvoir du a6 septembre. 11 prit ilaguenau, le 5i janvier 
1654, et Saverne« au co^nmencement de février. Dans te 
courant du même mois , il investit Lunéville; y prit le duo 
et la* duchesse de Lorraine, les conduisit à Nanci, et leur 
donna des gardes. Il s'empara de Bitche, le 10 mai, et de la 
Blothe(i), le a6 juillet. Il commanda l'armée d'Allemagne 
conjointement avec le maréchal de Brezé, par pouvoir dvi 
la octobre. Gelte armée, après avoir pas<)é le Rhin, le ai 
décembre, secourut Heidelberg et Philisbourg contre leë 
Impériaux et les Bavarois. Les deux maréchaux continué-* 



^mtém^im^^mmÊmm^-^tmm^ 



(1) Ce fut au sîége de cette place, dît le prësideot filëndUlt, que Voû 
«e servit pour la première fois de bombes » quoiqu'elles fussent iti1re|]« 
ttes depuis i588. * 



66 BIGTIONNAIRfi HISTORIQUE 

rent de commander sur cette frontière, en i635. Gaumont 
battit le duc Charles de Lorraine, au mois de mars, près 
Fresche en Alsace. Il donna l'assaut au faubourg de Spire, 
le 19 mars. Dans cette action, 3oo des assiégés périrent 
sur la brèche avec le commandant. Spire capitula le 21. 
Gaumont battit ensuite les. Lorrains devant Remiremont; 
défit les troupes du duc de Lorraine « le 24 ^^^9 près «du 
village de Melissay; se rendit maître de la ville et du châ- 
teau de Porentruy, le i3 juin, et défit, le 22 juillet, 4^0 
Groates de Tarrière-garde du duc de Lorraine. Après le dé^ 
part du maréchal de Brezé , Gaumont investit, le 1" dé- 
cembre, Vaudemont, qui capitula le 23. Commandant 
l'armée de Picardie, sous Monsieur, par pouvoir da3i août 
i636, il servit au -siège de Corbie, Les Espagnols, qui dé- 
fendaient cette place, capitulèrent, le 10 novembre, et en 
sortirent le i4* Caumont, étant retourné en Lorraine, défit, 
en 1637, ^^s troupes du duc de Lorraine en plusieurs ren* 
contres. Le roi érigea le marquisat de la Force en duché* 
pairie, par lettres données à Chantilly , au mois de juillet 
de celte année, et registrées, le 29, aii parlement de Pa- 
ris, où le maréchal prêta serment, le 3 août. Il comman- 
da l'armée de Flandre' et d'Artois , avec le maréchal de 
Ghatillon, par pouvoir du 22 avril i638, et défit, près de 
Kolenkowe, 4000 chevaux commandés par Picolomini et 
le comte Juan de Nassau. Cette action eut lieu, le 8 juil- 
let , pendant le siège de Saint-Omer. Il couvrit ensuite le 
siège du Ghàlelet, qu'on reprit sur les Espagnols, le 14 
septembre. Après cette opération, il ne servit plus, et se 
retira à Bergerac, où il mourut, le 10 mai 1662, âgé de 
93 ans, [Chronologie militairej tom, II» pag, 45o; Histoire 
de France, par le Père Daniel; Mézeray et son continua'^ 
teur, Dupleix, le F~assor, l'abbé Le Gendre, le président 
Hénaut, Journal de Bassompierre , Histoire des Grands- 
Officiers de la Couronne , Histoire de la maison du roi y par 
l'abbé de N œuf ville; Moréri^ Gazette de France, Histoire 
de France, par Anquetil; Biographie unis^erseUcy ancienne 
e4 moderne, tom, XV y pag, ^il*) 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. jS'J 

DE CAUMONT (Armand -Nompar), duc de la Force, 
maréchal de France, 61s atiié du précédent, fut d^abord 
nommé capitaine de la 5* compagnie des gardes- du-corps, 
du roi (depuis Luxembourg), eu survivance de son père, 
par provisions du 26 décembre 1610. Cette survivance lui 
fut ôtée, le 20 avril 1621 , lorsque son père» dont il suivit 
l'exemple , eut pris les armes en faveur des calvinistes re- 
belles. Il di' fendit Monlaubau, dont les troupes du roi levè- 
rent le siège, le a novembre. Étant rentré dans le devoir en 
même temps que son père, qui conclut à ce sujet un traité 
avec la cour, le 24 mai 1622, il fut créémaréchal-de-camp, 
le 19 mars 1626 , et servit en cette qualité, cette année et la 
suivante, dans Tarmée de Picardie, commandée par les 
maréchaux dé Ghaulncs et de la Force. Il fut employé 
dans Tarmée que Ton assembla en Bresse , en 1629 , et qui 
marcha en Piémont au secours de Casai, en i63o. Il se 
trouva à 1^ prise de Salucçs, le ao juillet, et de son château ^ 
le 21 ; à celle du fort St. -Pierre, de son château et de Brezol. 
Il se signala à Tattaque des retranchements du pont de Cari^ 
gnan, le 6 août. Tl fut nommé maître de la garde-robe A\s. 
roi, en i632. Employé dans Tarmée d'Allemagne, en i634 
et i635, il se trouva à la prise d'Haguenau, le 3i janvier 
1634; ^ celle de Saverne , au commencement de février; au 
siège de la Mothe, qui capitula, le 26 juillet, et servit au 
secours d'Heidelberg, dont les Impériaux furent forcés de 
lever le siège , le 23 décembre. Il leva , par commission du 
8 juillet i635 , un régiment de cavalerie de son nom , qu*on 
réduisit en compagnies, par ordre du 3o juillet i636. Com- 
mandant les troupes du roi, en Tabsence du maréchal de 
la Force , son père , Il fut informé, au mois de janvier i636» 
que CoUoredo, général des troupes impériales, conduisait 
aooo dragons de Tévéché de Bâle au duc de Lorraine à Sierck« 
Sur cet avis, il tira des quartiers d'hiver 10,000 hommes 
d'infanterie et 1 5oo chevaux , et détacha le colonel Gassion, 
avec 600 chevaux, pour reconnaître la marche de CoUore- 
do. Gassion, étant arrivée Raon, à deux lieues de Baccarach, 
et y ayant appris que Teunemî venait pour prendre poste 
en cet endroit, en fit donner avis au marquis de la Force, 



68 DICTIONNAIRE UISTORIQDE 

et se retrancha dans son logement 9 qu'il fit forti6er* Ce- 
pendant le marquis de la Force , se hdta d'arriver, eu ca- 
chant adroitement sa marche à CoUoredo. Celui-ci» comp- 
tant n*avoir affaire qu'à la petite troupe de Gassion , se 
présente pour le combattre. La Force et Gassion divisent 
alors leur cavalerie en escadrons 9 et partagent leur infan- 
terie par pelotons, qui, couverts par la cavalerie, ne 
pouvaient être aperçus. Avant la mêlée, les deux corps 
de cavalerie s'entrechoquèrent rudement; mai» Tinfan- 
terie française , chargeant par les intervalles des esca- 
drons qui leur ouvraient un passage, surprit et mit en dé- 
sordre les hommes et les chevaux des ennemis. Après une 
seconde décharge, les Impériaux prirent la fuite, laissant 
1000 de leurs morts sur la place, et 3oo prisonniers, au 
nombre desquels fut CoUoredo, que le marquis de la For- 
ce envoya au roi. On leur prit également la cornettes et 
tout leur bagage. Il servit au siège de Corbie, que les Es-r 
pagnols rendirent par capitulation , le 10 novembre. Il se 
démit, en i65f , de la charge de maître de la garde-robe 
du roi. Employé dans Tarmée de Guienne, eq i638, il dé- 
fendit, avec la pins grande iutrét)idilé, les retranchements 
de M. le prince devant Fontarabie. Les Espagnol» forcè- 
rent ces retrancheâients, le 7 septembre. Créé lieutenant-r 
général des^ armées du roi, par pouvoir dii a mars i(>4i» 
on remploya, sous M. le prince, à Tarmée de Guienne, 
où il n'y eut, celte année, aucun exploit militaire. On le 
créa duc de la Force , pair de France, à la mort de son 
père, le 10 mai i65a. Promu au grade de maréchal de 
France , par étal donné à Compiègne , le a4 ^oùt suivant, 
il prêta serment le 29, et on le reçut duc et pair de Fran- 
ce au parlement, le 6 mai i655. Il se retira dans çon châ- 
teau de la Force , où il mourut , le 19 décembre 167^9 ^gé 
de 8 1 ans. (Chronologie milita , loin, il , pag. 594 9 Mémoi- 
res du Phre d'Avrigiy/y Dupleijp, tahbé Le Gendre , leprési^ 
dent Hénaut , l'abbé Le Pipre de Nœufville , Histoire de^ 
Grands ^Officiers d^ la Cauronnç, Bauclas, Gaz^He 4^ 
Frofice.) 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 69 

DE CAUMONT (Henrî-Nompar), duc de la Fçrce^ ma-- 
réchcU-de-camp, frère puîné du précédent, naquit en 1 582» 
et fut connu sous le nom de marquis de Gastelnau-Cau- 
mont. Ayant obtenu une compagnie de chevau- légers, il sui- 
vit son père à la guerre du Béarn , eu 1620. Il se trouva à la 
prise de Tonneins; à la défaite de Sainte- Foy, en 1622 ; en 
Picardie, en 1625 ; au secours de Casai, en 1629; à la prise 
des viile et château de Saluées; du fort Saint-Pierre et du 
château de Bresol; au combat de Carignan , en i63o ; à la 
prise de Vie et de Moyenvic, en i63i ; à la prise de Privas; 
à la défaite du vicomte de Lestranges , près de Montpel- 
lier; à la défaite du duc d'Ëlbeuf à Remoulins, en i652; 
à la conquête de la Lorraine ; à la prise d*Épinal et de 
Nanci, en i635; à la prise d'Haguenau , de Saverne, de 
Lunéville, de Bitche « de la Molhe; au secours d^HeideU 
berg et de Philisbourg, en i634; à la défaite du duc de 
Lorraine près Fresche , en Alsace ; à la prise de Spire et de 
Yaudemont , en i635; à la prise de Corbie, en i636; et 
enfin 'à la défaite des troupes du duc de Lorraine, en 
plusieurs rencontres, en 1637. Créé maréchal-de-camp, 
le i5 mars i658, il couvrit, avec Tarmée que comman^ 
dait son père, le siège de Saint-Omer; contribua à la vic- 
toire remportée sur Piçolomini , le 8 juillet; couvrit le siè- 
ge du Catelet, et quitta le service, en même temps que son 
père, à la fin de cette campagne. Il devint duc de la For- 
ce, pair de France, à la mort de son frère aîné , le 16 dé- 
cembre 1675, en prit alors le titre , et mourut au mois de 
japvier 1678. {Chronologie militaire y tom. VI, pag. i45; 
Gazette de France ^^ 

PB CAUMONT LA FoRCB (Pierre) , marquis de Cugnac, 
maréchal-de-camp, fils du précédent, fut d'abord lieute- 
nant de la compagnie des chevau-Iégers du maréchal de 
la Force, son grand-père, dès i633. Il se trouva aux sié- 
gea de Nanci et d*Épiual; à la prise d'Haguenau, de Sa- 
verne, de Lunéville et de la Mothe , et au secours d'Hei- 
delberg et de Philisbourg, en i634. Il leva un régiment 
d'infëiuleriç de aoo OQm, par commissi^ du 20 mars i635| 



'JO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

et le commanda au siège de Yandemonl, sons les ordres du 
maréchal de la Force. Ce régiment ayant été licencié, le 
22 juin i636, il commanda la compagnie des chevau- lé- 
gers de la Force au siège de Corbie, la même année ; en 
Lorraine, en 1667; ^^^ sièges de Saint-Omer, en i658; 
d'Hesdin , en 1609; d'Arras, en 1640; d'Aireyen 1641 9 6t 
au combat d'Honnecourt, en 1642. Devenu capitaine d\me 
compagnie au ré^^iment du colonel-général de la cavale- 
rie, sur la démission du maréchal de la Force, par com- 
mission du 20 mars 1645 , il servit, la même année , à Par- 
mée de Picardie, sous le duc d*Angoulême, puis sous le 
maréchal de Ghatillon ; passa , en 1644 9 en Italie; se trou- 
va, en 1645 , à la prise de Yigevano et de la Rocca , et au 
combat de la Mora. Créé maréchal-de-camp, par brevet 
du 7 mars 1646, il resta en Piémont, sous les ordres du 
marquis de Ville, pendant les sièges de Pîombînoetde Por- 
tolongone , et se trouva au combat de Bozzolo. On lui don- 
na , par commission du 27 janvier 16479 le régi*nent d'in- 
fanterie de son nom (depuis Aquitaine). Ce régiment lui 
fut ôlé, le 2 mars 1649, lorsqn*il prit parti dans les trou- 
bles; mais on le lui rendit, le 29 avril suivant, après la 
paeiBoation de ces troubles. On le lui ôta de nouveau \ le 
20 janvier i65o, quand il se fut jeté dans le parti du prin- 
ce de Condé. Nous ignorons ce que le marquis de Cugnae 
est devenu depuis cette époque. {Chronologie militaire, 
tom, f^J, pag, 198.) 

DE CAU MONT LA Force (Armand), marquis de Montpouil' 
lan^ lieutenant'généi al, frère puîné du précédent, entra lieu- 
tenant au régiment de Jean-Jacob de Cnumont, marquis 
de Tonneins , son oncle , à la création de ce régiment , le 
27 mars i63o. Ce corps ayant été licencié, le 11 janvier 
1601 , fui rétabli, le 8 juillet suivant; et le marquis de 
Montpoulllan y obtint alors une compagnie. Il servit en 
Languedoc, en i632, sous les maréchaux de Vîtry et de 
Chatillon; se trouva au siège d'Ë].inal, sous le maréchal 
de la Force, en i635; à la prise d'Haguenau , de Saverne^ 
de Lunëville^ de Bîtche, de la Mothe, et au secours d*Hei- 



D£$ GENERAUX f^ANÇÀlS. ^1 

delberg et de Philisbourg, en i634 ; au combat de Fresche; 
à la prise de Spire et de.Yatidemont, en i635, et au siège de 
Dôle, en i636. Étant passé en Guienne, eji 1637, il se 
trouva au combat de la Sauvetat; à la prise de cette place 
et de Bergerae; au combat qui eut lieu pour le plissage 
de la rivière de Bidassoa; à la prise du fort du Figuier et 
du port du Passage; au siège de Fontarabie, en ]638; aux 
•iégeset à la prise de Salces, de Cauet, de Jentavel, eu 
1639, ^^ *^u siège d'Elne en Roussillon, en 1641* Employé, 
la même année, à Turmée de Culalogne, sous le comte de la 
Mothe, il se trouva à Tassaut donné à Tamaritb , dont on 
8*empara; au secours d*Almenas, dont on fit lever le siège 
aux Espagnols; aux combats des 19 janvier, 24 et 3 1 mars 
1642 ; au second assaut de Tamaritb, et au secours de Lèri> 
da, dont les Espagnols levèrent le siège, après un combat 
qui dura depuis onee heures du matin jusqu*à la nuit. Il 
servit aussi au secours de Flix et de i^lirabel , en i643. De- 
venu lieutenant-colonel de son régiment, par commission 
du 4 juillet, il marcha, sur la (in de la campagne, au se- 
cours du cap de Quiers, dont les Espagnols levèrent le sié- 
ge. Mestre-de-camp du même régiment, sur la démission 
du marquis de Tonneins, son oncle, par commission du 
i5 avril 16449 î^ se tiouva au combat près de Lérida, 
où le maréchal de la Mothe fut battu , le i5 mai. On se tint 
«nr la défensive le reste de la campagne. Il fut employé à 
l'armée qui couvrit le siège ^e Roses; se trouva à la prise 
d'Agramont et de Saint- Aunais; se distingua au combat de 
Liorens, et servit au siège et à là prise de Balaguier, en 
1645. Il commanda le régiment d'Ëspenan, à la défaite du 
régiment ennemi du colonel Gaspard, le 16 avril 1646, et 
déploya beaucoup de valeur dans cette occasion. Il en don- 
na de nouvelles preuves à la prise du poste d*Algouarre^ 
près de Lérida. On l'employa au premier siège de Lèrida,, 
et il fut blessé à la levée de ce siège, (|ui eut lieu en novem- 
bre 1646. Il servit au second siège de cette place ; à la pri- 
se d*Ager; au secours de Constantin , en 16479 et au siège de 
Tortose , en 1649. Nommé sergent de bataille , le 23 février 
i^4&9 il continua de servir en Catalogpe, où l'on se tint 



•7^ DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

sur la défensive, tout en empêchant les Espagnols de faire 
le siège de Barcelone. Il continua d'être employé, en i65o, 
à la même armée , qui couvrit la frontière. Créé maréchal- 
de-camp, le 1 1 mai i65i , et employé en, cette qualité à l'ar- 
mée de Catalogne , par lettres du ]5 , il servit sous le com- 
te de Marchin, avec lequel il passa, au mois de novem- 
bre « dans le parti du prince de Condé , auquel il conduisit 
une partie de son régiment. Il leva tm régiment de cavale- 
rie pour le service de ce prince. D'après cette défection , 
on disposa de sou régiment d'infanterie, le a4 mars i655. 
Il fut arrêté, en avril suivant, par un parti des troupes du 
roi, surla route de Libourne, et on le conduisit à Blaye (i). 
Étant rentré dans le devoir, on lui donna un régiment 
d'infanterie, et on lui conserva le régiment de cavalerie 
qu'il avait levé pour le service du prince de Condé. Il se 
trouva, en i665, à la prise de la ville basse du Catelet, 
par le maréchal de Casteinau, et fut blessé, le 8 juillet, 
au siège de Landrecies. Créé lieutenant-général des armées 
du roi , par pouvoir du i6 septembre suivant, il finit la cam- 
pagne, sous le maréchal de Turenne. On licencia son ré* 
gîment de cavalerie, en ]656, et celui d'infanterie, le 20 
juillet 1660. Il quitta la France, en i665, et se retira en 



(1) On lit dans le second tome des Pièces fugitives pour servir à Vllis- 
toire de France , à la première note qui se trouve à la suite de V Histoire 
de Guienne, par Balthazar : Montpouiitan^ qui passa ies Pyrénées avec 
Marohin par la vaUèe d'Ovdorra , doit être François de Caumont , tna- 
rée/m/ deeainp, gouverneur de HdontheUia/rd et de Befforty huitième fils 
du maréchal de la Force.,.. De son côté , la gazette de i655 , article de 
Bordeaux du 17 avril , s'ex prime ainsi : « Le marquis de Montpouiiian^ 
petit- fils du feu m.dréchal de la Force, allant à Liéoume conférer avec 
ie comte de Maure pour les affaires du prince de Condé , fut arrêté près 
de Lusac par Salomony commandant la compagnie des ch&uaU'iégers 
du duc de Saint-Sim^m, gouverneur de Blois (c'est de Biaye que i*on 
aura voulu àit^)^ où. il fut conduit. Cela convient à Mtntpouilian , fUs 
du maréchal de la Force, et non son petit- fils. » II y a dans ces observa- 
lions trois erreurs. Le marquas de Montpoutllan , qui alla avec Marchin 
joindre le prince de Condé , n'était point François de Gaumont. Ce Fran- 
çois, huitième fils du maréchal Ue la Force , fut connu sous le pom Utf 



DES GÉNÉRAUX FONÇAIS. ^5 

en Hollande, où il futfait gentilhomme de la chambre da prin- 
ce d'Orange, depuis roi d'Angleterre. Il fut créé lieutenant- 
général des armées de Hollande, et gouverneur de la ville 
de Naerden. On reçut, le 2 février 1692, au parlement 
d'Angleterre, un acte portant naturalisation du marquis 
de Montpouillan. Il mourut le 16 mai 1701 , âgé de 86 ans* 
[Chronologie militaire , tom. IV , pcig* îfcîia ; mémoires du 
temps. Gazette de France.) 

DB CAUMONT (N....), duc de la Force, de la même fa- 
mille que le précédent , fut créé pair de France, le 4 juin 
1814 X et maréchal-de-camp, le i*' juillet 181 5. 

DE CAUMONT ( François-Nompar II) , comte deLauzun, 
maréchal-de-camp, d'une autre branche de la famille des 
précédents, fut député delà noblesse de la sénéchaussée 
d'Agénois aux états-généraux tenus en 161 4- Devenu capi- 
taine de la compagnie des cent gentilshommes de la mai- 
son du roi, en i6i5, il suivit S. M* çn Guienne, cette an- 
née et la suivante, et se démit de sa compagnie, en faveur 
de son fils, au mois de novembre 1616. Il obtint, le a8 du 
même mois, une compagnie de cent hommes d'armes, et 
un brevet de conseiller-d'état. Il leva, le a6 février 1619, 
un régiment d'infanterie de son nom, avec lequel il servit 



marquis de Gastelmoron , et mestre-de-camp d'un régiment d'infante- 
rie, qui prit ensuite le nom d'Aquitaine, depuis i63i jusqu'en 1646, 
époque à laquelle il s'en démit en faveur du comte de Béthune-Orval , 
•on neveu. Il n'a point servi depuis. La gaaette de i653 ne s'est donc point 
trompée, en attribuant au petit-fils du maréchal de la Force ce qu'elle dit 
da marquis de Montpouillan. Celui qui se jeta dans le parti du prince de 
GoDdé, était réellement Armand de Gaumont, marquis de Montpouillan, 
quatrième fils de Henri-Nompar de Gaumont, qui avait été connu sous 
le nom de marquis de Gastelnau, jusqu'en 1667 , époque à laquelle il de- 
vînt duc de la Force. Jean de Gaumont, seigneur de Montpouillan, sixiè- 
me fils du maréchal de la Force, et seul de ses enfanta qui ait porté ce 
nom, avait été tué, dès le mois d'avril i6^a , au siège de Tonoeins. Il 
résnlte de tout cela, que ce qui est rapporté par l'historien de la guerre de 
la Guienne et la gazette de i653, du marquis de Montpouillan, ne peut 
•OBvenir qu'à Armand de Gaumont, qui &it le sujet du présent article. 

IV. 10 



^4 DICnONNlIKE HISTO&IQUt 

Il Tarmée de Guîenue , sous les ordres du duc de Uayeone} 
qui pacifia la province et rAngoumois. Ce régiment fut U- 
cencié à la fin de la campagne. Créé chevalier des Ordres 
4uroi, le 5i décembre 1619, il rétablit son régiment, le 5 
juillet i6ao; suivit le roi à Tattaque des retranchements du 
pont de Ce 9 puis en Béarn , où il contribua à la soumis- 
sion de plusieurs places. Il servit, en 16a 1, aux sièges 
de Saint- Jean- d'Angély 9 de Clérac, de Montauban et 
de Monheurt. Promu an grade de maréchal • de - camp, 
par brevet du 16 décembre de cette année ^ et désigné 
pour servir en Guienne, sous le duc d*£lbeuf, il se trou- 
va , au mois de janvier i6aa, au siège du château delà For- 
ce; à la défaite du marquis de la Force, qui venait au se- 
cours de son château, le 3 1 du même mois; au siège de Ubu- 
travel, au mois de février; à celui de Tonneins, qui se ren- 
dit au mois de mai; et enfin à celui de Montpellier, qui 
ouvrit ses portes au mois d^octobre. On licencia son régi- 
ment, le 14 février 1623. On ne le trouve plus employé dc- 
Îuis celte époque. [Chronologie militaire y tom. Vl^pag, 7 3 ; 
Tistoire des Grands- Officiers de la Couronne, tom, IF",) 

DE CAUMONT (Antoîne-Nompar), duc de Lauzun, com- 
mandant d'armée, petit- fils du précédent, naquit en Gas- 
cogne, au mois de juin i633. Il entra dans le monde sous 
le nom de marquis de Puiguilhem(i); débuta dans la car- 
rière militaire par le grade de cornette au régiment de ca- 
valerie de Grammont, en i654^ y fut fait capitaine, en 
i655, et marcha à toutes les campagnes que fit ce régi- 
ment, jusqu'en i65&. Il devint colonel du régiment de Dra- 
gons-Étrangers du roi (depuis Royal- Dragons), le a3 jan- 
vier de cette dernière année, lors de la retraite du sieur 
Oddi. Il se signala à la batailledesDunes, le i4 juin^^t à lapri- 
se de'Dunkerque , le a5 du même mois. Il fut choisi, eu 



(1) Le maréchal de Grammont, sob parent, le présenta dans la société 
de la comtesse de Soissons. Louis XIV \*y vit, prit du goût pour lui;, et 
bientôt il ea fit son favori et l^ combla de bienfaits. 



DES GÊNéHAUX FRANÇAIS. ^9 

fuillet, par le vicomte deXureune, pour commander danê 
Fumes 9 ville tout ouverte 9 qui se trouvait alors au milieu 
des ennemis. On le fit capitaine de la compagnie des cent 
gentilshommes de la maison du roi , dits au bec de corhin\ 
à la mort de son père 9 en 1660 ; et il assista , en cette qua'i 
lité, k rentrée de LL. MM. (Louis XIY et rinfante d'Espa- 
gne) dan» Paris, après leur mariage. Créé maréchal-deÀ- 
eamp, dès 16639 il fut employé, en cette qualité, à Tar- 
méede Flandre, en 1667, ^^ conduisit un détachement au 
siège de Courtrai9 au mois de juillet. La tranchée ne fut 
ouverte 9 à son attaque , que la dernière : mais il la poussa 
avec une si grande vivacité , qu'il se logea sur In contres- 
carpe, et que les ennemis capitulèrent pour la ville 9 le 16. 
Il se porta, le 17, avec le même feu 9 à Tattaque de la cita-^ 
délie, qui se rendit le 18. Au siège de Lille ^ qui capitulais 
27, il avait emporté , l'épée à la main , une demi-lune , et 
y avait fait un logement. Les ennemis s'étant réunis pour 
secourir Lille 9 dont ils ignoraient la prise, LauEun marcha 
avec âooo chevaux ; se joignit au marquis de Gréqui ; et , 
ayant atteint les ennemis 9 commença un combat opiniâ- 
tre, pendant lequel il fut deux fois pris et deux fois dégagé. 
Ses habits furent percés de plusieurs coups d'épée9 et il eut 
une de ses bottes coupée d'un coup de sabi^. Après être 
revenu plusieurs fois à la charge , il fît glisser ses dragons 
le long des haies ; prit les ennemis de flanc ; les chargea 
ensuite • et les roitipif entièrement. Il fut employé , par let- 
tres du 3o mars 1068 , à l'armée des l^ays-fias , comman- 
dée par le vicomte de Turenne. La paix se fit à Aix-la- 
Chapelle, le a mai suivant. Créé colonel -général des dra- 
gons, le â avHl de la même année , il se démit alors du ré- 
giment du Roi-Dragons. Ou le fit capitaine de la i** com- 
pagnie française des gardes -du -corps, le 28 juillet 1669(1), 



(1) La charge de grand-maître de l'artillerie ayant vaqué en cette mê- 
me i^nëe 1669, par la démission du cardinal Mazarin, le roi la promit 
à Lauxun, en lui lecommandant le secret. Lauiun ayant eu la vanité ou 
l'indiscrétion d'en parler, Louvois le sut, et supplia le monarque de nt 



^6 DICTTONNÀIEE HISTOBIQUE 

et il se démit de la charge de colooei-général des dragons* 
Créé lieutenant-général 9 le 14. mars 1670, il commanda en 
chef les troupes de la maison du roi 9 dans le voyage que 
lit S. M. 9 pour visiter les conquêtes de Flandre. Il obtint 
le gouvernement-général du Bçrri , à la mort du maréchal 
de Schullembourg , par provisions du 3o mars 1671. La fa- 
veur dont Lauzun était l'objet donna de l'ombrage à Lou- 
yois 5 et ce ministre s'unit à M"** de Illontespan , qui avait 
à se plaindre des nombreux outrages que lui faisait jour- 
nellement le favori (1). Ces deux personnages peignirent 



point confier cette charge , étroitement liée au ministère de la guerre, 
à un Iiomme dont il ne pouvait supporter les manières capricieuses et 
hautaines. Louis XIV paraissait irrésolu : Lauzun le pressa, et osa le 
sommer de sa promesse ; il eut même la témérité de briser son ëpée sous 
les yeux du roi, en disant qu'il ne servirait jamais un prince qui manquait 
& sa parole. Louis XIV indigné, craignant de ne point se contenir, ouTrît 
la fenêtre, et jeta sa canne , en s'écriant qu'il aurait trop de regret, s'il 
avait frappé un gentilhomme. Lauzun fut conduit à la Bastille le lende- 
main. Le roi lui fit cependant offrir la charge de capitaine des gardes^ 
en dédommagement de la grande-mai irise de l'artillerie. Lauzun osa en- 
core résister quelques jours , et n'accepta enfin la proposition de son 
souverain , que lorsqu'il sut que l'artillerie venait d'être donnée an comte 
du Lude. (Biograjthie universeiie , ancienne etmodûmô^ tom. XXIII ^ 
pag. 4^1 et 4^i.) 

(1) En 1670, Lauzun avait été sur le point d'épouser, du consente* 
ment du roi, Anne-Marie- Louise d'Orléans, connue sous le nom de ma» 
demoiseiie de M ontpensier y célèbre par son attachement au parti du 
grand Condé , et par la hardiesse qu'elle eut de faire tirer le canon de la 
Bastille sur les troupes du roi , lors du combat du faubourg Saînt*Antoî- 
ne, en i65'i. Cette princesse fit, à l'occasion de ce mariage projeté* 
don de trois duchés à Lauzun, qui, pendant vingt-quatre heures, porta 
le titre de duc de Montpensicr. Ce mariage aurait eu lieu, si Lauzun en 
eût pressé la conclusion ; mais il voulut, dit madame de Gaylus dans ses 
Souvenirs, qu'il se fit comme de couronne à couronne, et consomma 
en vains préparatifs un temps qui ne fut pas perdu pour les princes du 
sang , et surtout pour madame de Montespan , qui seule eut assez de 
crédit pour amener Louis XIV à révoquer le' consentement qu'il avait 
d'abord donné. Ce fut là l'origine de la haine que Lauzun ne cessa de 
manifester à la favorite. Le roi voulut encore consoler Lauzun j en le 
nommant maréchal de France; mais le favori refusa, en déclarant se- 
thement qu'il n'accepterait cette charge , que lorsqu'il l'aurait méritée 



DES GENERAUX FRÀNGIIS. 77 

Lauzun aux yeux du roi , comme un sujet audacieux et 
dangereux. Arrêté le 25 novembre 1671, il fut conduit au 
château de.Pignerol (1). On le renferma dans un cachot^ 
et toute communication avec les autres prisonniers lui fut 
interdite pendant cinq années. Au bout de ce temps 9 on le 
conduisit au donjon (2)9 où il jouit d*un peu plus de liberté. 
£n 16S1, sa prison fut convertie en exil, et il fut envoyé à 
Angers. On, Tavait dépouillé , lors de son arrestation , du- 
gouvernement de Berri et de la charge de capitaine des gar*^ 
des-du-corps. Après quatre ans d'exil , il revint à Paris : 
mais on lui défendit de se présenter devant le roi. En but- 
te à la disgrâce la plus complète 9 Lauzun demanda et ob- 
tint la permission de passer en Angleterre. Il se trouvait 
dans ce pays 9 en 16889 lorsque les Anglais se révoltèrent 
contre leur roi, Jacques II. Le prince d'Orange 9 à la tête 
des rebelles, marchait pour détrôner son beau-père; et.9 dans 
le souIèvement^ général de ses sujets, Jacques II, prévoyant 
les périls qui menaçaient sa personne et sa famille, confia 
aux soins et à la fidélité de Lauzun , le 19 décembre de la 
même année , la reine et le prince de Galles , pour les con-~ 
duire en France. Lauzun parvint , au milieu de mille dan- 
gers, à les faire débarquer à Calais, le 21 du même mois. 



par ses serrices. Cependant Lauzun et mademoiselle de Montpensîer se 
firent donner secrètement la bénédiction nuptiale. Lauzun paya les bien- 
faits de MademoiseUe par la plus noire ingratitude» et Ton prétend mê- 
me qu'un jour, revenait de la chasse 9 il osa lui dire : « Louise d'Or- 
• léans, tire-moi mes bottes, » et que la princesse s'étant alors récriée 
sur cette insolence, il fit du pied un mouvement, qui était le dernier 
des outrages. Le lendemain , MademaiteUe lui défendit de se présenter 
jamais devant elle. Cette princesse mourut le 5 avril 1693, et Lauzun 
éppusa, le ai mai 1696, mademoiselle de Durfort, fille du maréchal de 
liOrges. Il mourut sans postérité. 

(1) Chemin faisant pour se rendre à Pignerol , on l'engagea k descen- 
dre de voiture dans un endroit périlleux. Lauzun, qu'un changement de 
fortune aussi prompt qu'inattendu avait jeté dans un sombre désespoir, 
refusa de prendre des précautions contre les dangers dont on lui parlait , 

et s'écria t « Ces malheurs-là ne sont pas faits pour moi. > 

. 

(s) En entrmt dans ce donjon , il s'écria : InmB&uia s€Bù%dor%im. • 



78 DICTI09NAIRE HISTOBIQUK 

Il écrivit ausftildl à Louis XIV, poar lai retracer l'impossi- 
bilité dans laquelle il se trouvait d'accomplir la promesse 
qu'il avait faite, sous serment , à Jacques II 9 de ne remet- 
tre la reine et son fils qu'au roi de France , puisqu'il était 
assex malheureux pour être banni de la présence- de S. M. 
Le roi lui écrivit une lettre de sa main , pour l'engager à 
revenir à la cour (1). En conséquence du service signalé 
que Lau2un avait rendu au roi d'Angleterre, il fut créé^ 
par ce prince , chevalier de l'ordre de la Jarretière, et on le 
reçut en cette qualité, àSt.*Germain-en-Laye, le a5 février 
1689 (a). Choisi , le 1*' février 1690 , pour commander l'ar- 
mée que Louis XIV envoyait en Irlande ^ au secours du roi 
Jacques, Lauzun partit de Brest, avec 800 hommes, au 
mois de mars suivant; et ayant joint le roi d'Angleterre en 
Irlande , il s'empara, sOus les ordres de ce priuce^ de Char- 
lemont, ainsi que de plusieurs autres places considérables 
qui lui ouvraient le chemin de la Boyne. Il marcha , le 7 
juillet, à Dandalke, campa, le 9, à Ardé, et posta, le lo^ 
son armée le long de la Boyne. Le 1 1, le roi Jacques II U* 
vra bataille au prince d'Orange, près de Drogheda, sur la 
Boyne. Lauzun se battit, dans celte journée, avec bt*au«» 
coup de bravoure. Le roi Jacques, abandonné par les Ir<« 
landais, fut obligé de prendre la fuite. Lauzun , auquel il 
en coûtait beaucoup de céder le champ de bataille au vain- 
queur, s'était retranché , avec sa cavalerie , dans un villa- 
ge, d'où il fit enfin sa retraite en bon ordre (3). Jacques II 



(1] Madame de Sévîgné dit à cette occasion « que Lauzun avaU trouvé 
ie chemin de FersaiUeSy en fotsant fa/r Londres» 

(9) Louis XIY avait fait rendre à Lauzun les grandes entrées , le 3 du 
même mois. En autorisant Lauzun a accepter la dëroration dé la jarre- 
tière, le monarque français avait dit iqu'il n^excluait point Tordre dit 
Siiint-Esprit. Madame de Sévigné écrivait à ce sujet : Lauvan siera èga- 
iement accablé det grâces du Saint-Esprit et de ia jnrotectian de Saint* 
Georges, 

(3) Le marécbal de Berwick, dans ses Mémoires ((om. I, pag. 65 et 
suivantes), s*exj[>rime de la manière suivante sur la conduite Ifue tint 
Laoeun à l'arnB^* du roi Jacques II : « Étant passé en Irlande à la tête 



DES GiBNPUUX f 11ÀNÇÀI8. 79 

le nomma capitaine - général de tçA armées 9 en 1691. 
Louis XIV le créa duo de LauzuQ^ par lettres données à Ver* 
sailles, au mois de mai 169a , registrées au parlement de Pa- 
ris, le i3 du même mois. Dans ces lettres > le roi déclare 
qu*en créant Lauzun duc, il a été bien aise défaire coti'- 
naître IfL considération qu'il Jait de la recommandation de 
la reine d'Angleterre, et de satisfaire en même temps fin^ 
clination qu'il a à élever le comte de Làuzun aux dignités 
cons^enables à sa naissance , et qu^U a méritées par ses ser^ 
vices, Lauzun quitta le service , et se retira au couvent des 
Augustins du faubourg Saint-Germain de Paris (1), où il 
mourut le 19 novembre 1725 9 âgé de plus de 90 ans, après 
tine maladie longue et douloureuse , dont il supporta les 
souffrances avec une religieuse résignation (2)- {Chronolo'' 



• des troupes auxiliaires, il (Lauzun) fît voir que, si jaiQais il avait su 

• quelque chose du métier de la guerre , il l'avait totalement oublié. Le 

• jour de Ja Bojqe, étant avec lui, lorsque les ennemis passèrent la rî- 
> viëre , il me dit qu'il fallait les attaquer ; mais à force de chercher un 

• champ de bataille, il donna le temps aux ennemis de se former dans la 
» plaine; après quoi il n'y eut plus moyen de les charger. Il ne montra 
i en Irlande ni capacité ni résolution , quoique d'ailleurs on assure qu'il 
i était très-brave de sa personne. • 

(i) Ce couvent était contîgu à sa maison. 

[7) Voici le portrait de Lauzun , tel qâe le duc de Saint-Simon Ta tra- 
cé dans ses Œuvres (tom. X, pag. 88). c Le duc de Lauzun était un petit 

• homme éUmdàMk, bien fait dans sa taille, de physionomie haute, 

• pleine d'esprit , qui imposait, mais sans agrément dans le visage, à et 
» que j'ai ouï dire aux gens de son temps ; plein d'ambition , de caprices , 

• de fantaisies; jaloux de toujt, voulant toujours passer le but, jamais 

• content de rien; sans lettres, sans aucun agrément ni ornement dans 

• l'esprit; naturellement chagrin, solitaire et sauvage ; fort noble dans 

• toutes ses façons; méchant et malin par nature, encore plus par jalou- 

• lie et par ambition; toutefois bon ami, quand il l'était, ce qui était 

• rare, et bon parent ; folontiers ennemi, même des indifférents, et cruel 

• aux défauts et à trouver et donner des ridicules; extrômement brave 

• et aussi dangereusement hardi; courtisan également insolent, mo- 

• queur et bas jusqu'au valetage, et plein de recherches, d'industrie, d'in- 

• trigues et de bassesses pour arriver à ses fins ; avec cela dangereux aux 

• ministres, à la cour redouté de tous; plein de traits cmels et pleins de 
>a«l» qui n'épargnaient personne* » 



80 DICTIONNAIRE HIBT01UQU£ 

gie militaire, tom. /, pag. SSg; Mémoires de madame de 
Montpensiery le président Hénaut, le Père d'Avrigny, le 
continuateur du Père Daniel, Larrey, Histoire milûaire de 
Louis XIV, par M. de Quincy ; Abrégé chronologique des 
troupes de France^ par l'abbé de NœufvUle; Mémoires de 
Saint-Simon y Histoire de France y par AnquetU; Gazette 
de France, Dictionnaire unis^ersel, par Chaudon et Delan^ 
dincy tom, IX, pag. 56g; Biographie universelle ancienne 
et^moderne, tom. XXIII, pag. 45 1.) 

DE CAUMONT (N ), duc de Lduzun, maréchal-de-- 

camp y de la même famille que les précédents, était mes- 
tre-de-camp du régiment Royal-Dragons , en 1776. On le 
créa brigadier de dragons 9 le i" mars 1780. Il était colonel 
du régimept de hussards de son nom , lorsqu'on le fit ma» 
réchal-de-camp» le 1" janvier 1784* {Etats militaires.) 

Di CAUMONT (Auguste-Marie)^ comte, né à Aumale» 
lea8 octobre 174^9 fut nommé lieutenant-^néral, le a fé- 
vrier i8i5. Il avait été créé commandeur de Tordre royal 
et militaire de St.-Louis^ le 3 janvier précédent. Il est aussi 
commandeur de Tordre du Phénix de Hohenlohe , grand'- 
croix et gouverneur-général de Tordre royal hospitalier et 
militaire du Saint-Sépulcre de Jérusalem. On le trouve 
porté dans le tableau des pensions inscrites au trésor- royal, 
à la date du 1" septembre 18 17, pour la retraite du grade 
de lieutenant-général , après 55 ans et 10 iflbis do service. 
{Etats militaires.) 

DE C AUX (Louis- Victor) , vicomte, maréchal-de-camp , 
naquit à Douai, le 25 mai 1775. Il entra, comme élève 
sous-lieutenant, à Técole du génie, le i*'mars 179?; de- 
vint lieutenant dans le même corps, le 1" août suivant, et 
fut employé en cette qualité à Tarmée des Ardennes. Des- 
titué, le 26 novembre de la même année, pour cause de 
noblesse, il fut réintégré dans ses fonctions, le 5 avril 1795, 
par un arrêté du comité de salut public , qui Téleva , par 
rang d'ancienneté, au grade de capitaine, à dater du 16 
décembre 1793. Nommé chef de bataillon sous-directeur 



DES GÉNÉRAUX FBANCAIS« 8l 

fies fortifications, par arrêté du directoires-exécutif du i*" 
août 1799, il fît les campagues de 1799 ®' ^^^^ ^ l'anuée 
du Rhin 9 et s'y distingua aux coinbals de Derbach et de 
Dillingen; au passage du Danube, et aux affaires de Korick 
et de'Bourgzieden. Le général en chef More<iu le chargea 
de faire exécuter, dans les places d'ilm , Ingolstadt et Flii- 
lisbourg, les conditions de rariuislice conclu, en 1799, 
avec TÂutriche. Il servit à l'armée des côtes de rOcéan , 
pendant les années 1802, i8o3, 1 804 et une partie de 180J, 
et fut employé à la grande-armée, pendant les mois d'oc« 
tohre , novembre et décembre de cette dernière année. £ji ' 
1806, il fut fait chef de Tétat-major du premier inspecteur- 
général du génie ^ à l'armée de réserve. £n 1807, il fut ap- 
pelé au ministère de la guerre, pour y diriger la division 
du génie. En 1809, ^^^ Anglais ayant fait une expédition 
contre la Hollande, il fut nommé commandant du génie à ' 
l'armée qui se forma sous Anvers^ et qui fut commandée 
par le prince de Ponle-Corvo. Les divers forts qu'il lit con- 
struire, les batteries qu'il fit élever, et enfin les nombrt;ux 
moyens de défense dus à son zèle et à son activité, si- 
gnalèrent son habileté, et contribuèrent à faire échouer 
l'entreprise des ennemis. Après cette campagne, il vuit 
reprendre ses fonctions au ministère de la guerre , où il est 
maintenant chef de la 2*" division. Il fut nommé colonel du 
génie, le 7 octobre 1810. S. M. Louis XYilI ie créa maré- 
chal-de-camp, le 20 août 1814» <^t conseillerd'élat en mais 
1817. Sous le gouvernement de Buonjparte, il avait été 
Aommé chevalier de la Légion-d'Houneur, le i5 juin 1804, 
et xiréé baron d'empire. Le roi Un a accordé la croix de 
l'ordre royal et militaire de Saint- Loui», le 27 juin i8i4; 
celle d'olBcier de la Légion -d'Honneur, le 29 juillet sui* 
vant; et enfin celle de commandeur du même ordre, le 18 
mai 1820. S. M. lui a également conféré 1<^ titre de vicom- 
te » par ordonnance du 12 février 1817. Le vicomte de Caux 
est chevalier de l'ordre de Sainte-Anne de Russie, 1" clas^ 
se, et commandeur des ordres de Saint^Léopold d'Autri- 
che, de SaiKl-Heuri de Saxe, et des Gnelyhpn, {BrcyeU 
miiilaires, Moniteur, annaits du temps») 

IV. 11 



8^ DICTIONHAIHE HISTORIQUE 

PU CATLA, voyez Baschi. 
BE GAYLA& 9 voyez Bebhond. 

»B CEBERET (Claude, marquis), iieutenant-général , 
commença à servir comme garde-marine, en 1687. Il en- 
tra aux mousquetaires, en 1690, et servit, en 1691 , au siège 
de Mons, où il se trouva à Tattaque de Touvrage à corne. 
Nommé capitaine au régiment des dragons de Tessé (depuis 
Sennelerre et Nicolaï), le 14 février 169a, il servit aux sié- ' 
ges et à la prise des ville et château de Namur, et à la ba- 
taille de Steinkerque, où il combattit à pied, à la tète de 
sa compagnie. Passé, en 169?^ à Tarmée dltalie, il com- 
battît k la bataille de la Marsaille , où il resta sur le champ 
de bataille, blessé d'un coup de fusil au travers de la gor- 
ge. Il fut employé , les années suivantes , à Tarmée d^Ilalie, 
où Ton se tint sur la défensive jusqu'en 1696. Il se trouva, 
en cette dernière année, au siège de Valence, qui fut levé 
après la paix signée avec la Savoie. Nommé colonel du ré- 
giment de Pouthieu, le 1*' mars 1697, il le commanda au 
siège d*Ath. Il passa avec son régiment è Tannée d'Italie , 
au mois de décembre 1700 ; se trouva à la bataille de Luz- 
sara et au siège de Guastalla , en 1702; et commanda pen- 
dant rhiver à Rubiera. Au combat de Çasteluovo, le 1 1 jan- 
vier 1 705 , il commanda dix compagn ies de grenadiers , avec 
lesquelles il marcha en tête de Pinfantene , et contribua 
beaucoup à la défaite du général Stahremberg. A la sur- 
prise de Final, en la même année, il força les retranche- 
ments ennemis, à la tète de Tinfanterie française. Il com- 
battit ensuite près de la Mirandole; se défendit de casslne 
en cassine pendant plus de cinq quarts d'heure; perça en- 
fin , avec 1 1 compagnies de grenadiers, la colonne ennemie 
qui l'avait entouré, et rejoignit l'armée. Il servit, en 1704, 
aux sièges de Verceil, d'Yvrée et de sa citadelle; puis au 
siège de Vérue 4 qui se rendît au mois d'avril 1704. H com- 
battit à Gassano, au mois d'août suivant, et y commanda 
la brigade de la marine, en l'absence du brigadier. Il en- 
leva plusieurs drapeaux au combat de la Size. A la bataille 
de Galcinato» en avril 1706, il commanda. la brigade de 



DES GÉNÉRiàUX FRANÇAIS. 85 

Tendôme; et 9 après le succès de cette affaire « il passa la 
rivière; attaqua aa bataillons ennemis qui faisaient leur 
retraite; les rompit, et les mit dans en tel désordre qu'il 
fut facile à la cavalerie, qui le suivait , de les détruire pres- 
que entièrement. Au combat de €astiglione, le 9 septem- 
bre de la même année, il commanda la brigade de Forêt; 
prit eu flanc Tinfanterie ennemie; la culbuta, et décida du 
gain de la bataille. Il marcha ensuite à Castiglione , y at* 
taqua le corps du général ennemi Vallès , qui faisait le siè- 
ge du château , et obligea cette troupe , forte de quinze 
cents hommes, de se rendre à discrétion et de livrer toute 
son arfillerie de siège. 11 fut chargé d*apporter à' Paris 35 
étendards et 25 drapeaux pris sur les ennemis, à Taffaiie 
de Caistiglione. Créé brigadier d'infanterie, le ai du même 
mois de septembre, on lui donna le régiment du Perche, 
le 27 octobre , et il se démît alors de celui de PonthieVi. li 
fut employé, en 1707, sous le duc de Vendôme, à Tarméts 
de Flandre, où Ton se tint sur la défensive, et commanda 
à Commines pendant Thiver, par ordre du 18 octobre. Ser- 
vant à la même armée, en 1708, il fut détaché, le 10 juil- 
let, avec 5o campagnies de grenadiers, pour masquer la 
ville d'Oudenarde. Toute Farmée ennemie Tayaut attaqué 
dès le lendemain, il fit sa retraite en bon ordre, et rejoignit 
l'armée française, sans avoir essuyé aucun échec. Il se di!i- 
tingua, le la du même mois, à la bataille qui fut livrée 
sous Oudenarde, et y contint les ennemis assez long-temps 
pour favoriser la retraite de la gendarmerie. Il marcha sous 
les ordres du comte de La Mothe, et se trouva au combat 
de Winendall, où il força les retranchements de rennemi. 
Il attaqua ensuite , avec sa brigade, un corps de 1600 hom- 
mes, au camp de Hondscoote; les poussa avec vigueur jus- 
que dans un grand terrain enclos , et les y força de se ren- 
dre à discrétion. Parmi les prisonniers faits en cette occa- 
sioA, se trouvaient un officier-général, et 80 officiers sub- 
alternes. On prit également aux ennemis la drapeaux et 
6 étendards. A la bataille de Malplaquet, le 11 juillet 
1709, il favorisa la retraite de Tarlillerie , dont aucune piè- 
ce montée ne tomba au pouvoir de l'ennemi. U continua 



84 BICTIOMflIRE HISTORIQUE 

de servir en France^ en 1710, 1711 et 1712. lient ordre, dans 
le courant de cette dernière année, de se jeter dans Landre- 
oies, et réussit à entrer dans cette place» quoiqu'elle fût in- 
vestie de tous côtés. Après Taffaire de Den.iin, les ennemis 
ayant levé le siéf[[ede Linidrecics, le-marquis de Ceberet sor- 
tit de cette dernière place, et fut employé à la prise des villes 
de Douai, du QuesnoyetdeBouchaîn. Ce fut alors sa dernière 
canipa^neen FlandrcyOÙ il avaitétéemployé pendant tous les 
hivers. Employé à rarméeduRliin,en 1715, il servit au siège 
de Landau, 011 , étant de tranchée, le 18 août , il emporta la 
contregarde de la droite , et s*y logea. Il força ensuite, avec 
sa seule brigade, les retranchements du général Vaulïonne, à 
Roscupp, près de Fribourç; servit au siège et à la prise de 
cette place, cl y fut employé pendant Thiver. Détaché; le 25 
décembre, pour attaquer un quartier des ennemis, à Neu- 
stadl dans le AVirtemberg, il en força les retranchements; 
obligea les troupes de se rendre à discrétion, et conduisit 
à Fribourg 4^^ soldats cl 17 officiers, parmi lesquels se 
trouvait le commandant du quartier ennemi. Pendant cette 
marche rélrogrîide sur Fribourg, il fut poursuivi par 200 
chevaux, qui étaient accourus des quartiers voisins : mais 
il nVn efit'ctua pas moins sa retraite dans le plus grand 
ordre, et sans se laisser entamer. On le fit inspecteur-gé- 
néral de rinlanteric, leoomai 1710; et on le créa maré- 
chal -de- camp , le 8 mars 1718. Il se démit, à cette der- 
nière époque, du régiment du Perche, l^mployé, au mois 
de février 1719, sur la frontière d*Kspagne, il s*empara du 
fort du Passage, et servit au siège et à la prise de Fontarabie, 
où il monta la tranchée le 7 juin. Il se trouva aussi aux sié<- 
ges et à la prise des ville et chdieau de Saint-Sébastien. On 
lui donna , le 5 1 mai 1 728 , le commandement dans les ville 
et chàtellenie de Lille ; et il se démit en même tempâ de son 
inspection d^îiifanterie , qui fut supprimée. Il fut créé lieu- 
tenant-général, le 22 décembre 1751 , et nommé gouVer*- 
neur d*Aire, le 21 mai 1737, en quittant le commande- 
ment de Lille. Employé à Parmée de Flandre, sous le ma- 
réchal de Noailles, par lettres du ai août 1 74a, il fut chargé 
4ç U défense des frontières. Il eut le commandement d^ 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 85 

foute la Flandre et des provinces frontières de ce côté, en 
Tabsence du maréchal de Noailles, par ordre du i*' dé- 
cembre 1743. II obtint une place de commandeur de Tor- 
dre royal et militaire dé Saint-Iiouis^ le 1*' janvier 1^44 9 
et conserva son commandement en Flandre / )usqu*au 1*' 
avril de la même fnnée. Emplèyé à Tarmée de Flandre, 
sous le roi , par lettres du liiéme jour, il servit au siège et 
à la prise de Menin , où U commanda l'ouverture de la tran- 
chée ; au siège et à la prise dTpres. Le roi lui donna le gou- 
vernement de cette dernière place, par provisions du 19 
juin, et lui accorda une place de grand'croîx de Tordre de 
Saint- Louis, le 16 décembre suivant. Le marquis de Ce- 
bcret eut, par ordre du 24 du même mois, le commande- 
ment dans toute la Flandre, le Hainaut et TArtois, en Tab- 
sence et sous Taulorîté du maréchal de Saxe. Il résida à 
Ypres, et conserva ce gouvernement jusqu'à la paix. La 
ville d*Ypres ayant été rendue alors à Timpératrice, le mar- 
quis de Ceberet obtint du roi, le lo février 1749'» le gou- 
vernement d'Aire, qui vaquait par la promotion de M. de 
'Vallière au gouvernement de Bergue. II eut aussi le gou- 
vernement en Artois, -par ordre du 3o mai suivant, cl mou- 
rut à Aire, le 25 août 1756, à Tâge de 85 ans et 6 mois. 
(Chronologie niilit, , tom, V, pag, 107; Gazette de France.) 

DE CELY, voyez £027. 

DE CERESTE , voyez de BrancAs. 

PE GÉBIS i^ho\m'Q\ïQir\ts--T\\omdL%^ marquis)^ lieutenant-- 
général honoraire, naquit \e 17 {ivril 1772. Il entra au ser- 
vice, en 1788, comme officier à la suite du régiment de 
Champagne infanterie. Il servît dans ce corps jusqu'à la fin 
de 1791, éponr|ue à laquelle il émigra, et passa en Allem4- 
gnç, pour y rejoindre l'armée dés princes français. Il fit, 
dans cette armée, la campagne de 1792. Lorsque la Ven- 
dée s'insurgea , en 1795, le marquis de Céris se rendit dans 
ce pays , et fut fait officier supérieur dans les armées roya- 
les. Ayant été fait prisonnier de guerre par les républicains, 
ddn&uqe affaire où il avait été blessé dangereusement à U 



86 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

tête 9 par une balle qu'on ne put extraire que le neuvième 
jour» il fut conduit à Niort, et condamné à mort : mais il 
fut assez heureux pour parvenir à s'évader, au moment où 
Ton venait de dresser Téchafaud pour sou exécution. S'é- 
tant réuni de nouveau auxVendéens, le 22 octobre, il as~ 
siista aux combats sanglants qui précédèrent et suivirent le 
passage de la Loire, par l'armée royaliste. Après la défaite 
des Vendéens au Mans, le la décembre 1795, le marquis 
de Céris concourut à U réinsùrrection de la Vendée, et fut 
blessé plusieurs fois dans les différentes actions qui eurent 
lieu pendant cette campagne. Il fut breveté, le 12 juin 
17949 général commandant en second de la division Seri- 
saye, forte de 7000 hommes. Le môme jour, il combina l'at- 
taque du camp retranché de l'Argeasse, dont il s'empara 
sur les républicains, qui y perdirent 2000 hommes. Le 5 
iuiliet suivant , il se trouva à l'attaque de la Ghàteigneraye ; 
entra Tun des premiers dans le camp dès républicains, 
dont Tarmée royaliste s'empara malgré sa forte position et 
les retranchements qui le défendaient. Ce camp fut pris et 
repris plusieurs fois dans la même journée, après un com- 
bat sanglant , qui dura pendant sept heures. Richard de la 
Serisaye étant mort , le marquis de Céris fût nommé maré- 
chal>de*cump commandant en chef le même corps, par 
brevet du 2 iuiliet 1795. Après la pacification delà Jaunais^ 
signée, le 17 février 1795, entre le chef royaliste Charette et 
les commissaires de la convention nationale, le marquis de 
Céris , qui avait refusé de souscrire à cette pacification , se 
réunit au chef Forestier, et tous deux attaquèrent de con- 
cert un corps de 12,000 républicains , qui avaient pris po- 
sition sur les hauteurs de Chalonne. Les patriotes, poussés 
avec vigueur, furent défaits, et obligés de repasser la Loire, 
après avoir essuyé une perte considérable. Le marquis de 
Céris reçut, eu cette occasion, un coup de baïonnette au ge- 
nou droit, et plusieurs blessures légères à la tête. Les cir- 
constances l'ayant ensuite obligé de souscrire à la paix , il 
la conclut dans les plaines de Monglonne, et en signa le 
traité immédiatement après Stofllet. Les hostilités ayant re- 
commencé, en 1796, entre les Vendéens et les réptibli- 



-;/jr ■..*.■.■■.. tï*a 



D£S G£N£&ÀUX FRANÇAIS. 87 

cainS) le marquis de Cérls attaqua uue forte colonne enne- 
mie, qui couvrait BresBuire. Trois fois il parvint à pénétrer 
dans cette ville ; maïs» n'ayant pu parvenir à déloger les ré* 
publlcains d'un bâtiment qu'ils avaient fortifié au centre de 
la ville 9 il se retira, après leur avoir tué 600 hommes, fait 
aoo prisonniers, et enlevé une centaine de chevaux. Il livra 
encore quelques combats aux républicains, jusqu'à l'épo- 
que de la pacification définitive , qui eut lieu en août 1 796. 
Il reprit les armes, eq 1799; ^^9 après quelques affaires, 
dont le succès fut balancé, il défit les républicains à Seri- 
saye, où il eut un cheval tué sous lui , et reçut une blessure 
à la jambe. Il prit encore part à toutes les opérationside 
ce^tle campagne, qui se termina, en idoo, par l'affaire des 
Aubiers, où le marquis de Gérissoutint pendant long-temps^ 
à la tète d'un faible corps vendéen , les efforts d'une colon- 
ne républicaine très-supérieure en forces. Après la rupture 
du traité d'Amiens, en mai i8o5, il fut choisi pour être 
l'un des principaux chefs de l'agence royale établie à Bor- 
deaux, et dont les opérations, embrassant la Vendée et Nan- 
tes, devaient coïncider avec celles de Georges Gadoudal. 
Le dévouement qu'il déploya dans cette mission lui valut 
le brevet de lieutenant-général, qui lui fut délivré, le 1*' 
juin 1804, p&r le conseil vendéen , chargé spécialement de 
la réorganisation des armées royales. Après la découverte 
de la .conspiration de Gadoudal, le marquis de Géris resta 
encore à Bordeaux pendant plusieurs mois, puis il s'embar- 
qua pour Londres , et se rendit aux États-Unis d'Amérique, 
d'où il n'est revenu en France qu'après la restauration de 
la monarchie. S. M. Louis XVIII a daigné, par son ordon- 
nance du a5 mai^ 18149 autoriser les officiers des années 
royales, qui y avaient obtenu des grades , à porter les mar- 
ques distinctives de ces mêmes grades. En i8i5, pendant 
les cent jours , le marquis de Géris se rendit auprès 4e S. A. 
S. Mgr. le duc de Bourbon, dans la Vendée, où il ser- 
vit sous ce prince. Il a été nonimé lieutenant de roi à Dun- 
kerque, le 6 novembre 1817, et il en remplit encore au- 
jourd'hui les foùctions. {Etats et brevets militaires, annales 
du temps») 



•\ 



88 DICTIOXNAIEE HISTORIQUE 

GERYONI (Jean-Baptiste) , général de dwision , Daqiiit 
à Soeria en Corse, dans Tannée 1768. Il §ervit comme sol- 
dat au régiment de Corse 9 depuis. . . . jusqu'en 1786. 
Il était sous-lieutenant de cavalerie en 179a. Il fut em- 
ployé comme adjudant-général au siège de Toulon 9 en 
1795; se distingua par ses talents, son courage et son ac- 
tivité pendant ce siège, et fit preuve du plus grand coura- 
ge à Tattaque du fort Alal bosquet (1). Nommé général de 
brigade 5 le 14 janvier 1794* il commanda en cette qualité 
à Tarmée d*Itaiie; se trouva au combat de Cairo, en Pié- 
mont , le ai septembre, et fut cité avec éloges par Se gé- 
néral en chef Dumerbion , pour la belle conduite qu*il y 
avait tenue. Employé à la même armée, en 1 795 (a), il coip- 
battit, sous les ordres du général Masséna , à la bataille 
de Loano, le a5 novembre; et, y ayant été chargé d'aller 
avec i5oo homnies s'emparer des hauteurs de Bardenetto 
et de Melegno, il s'en rendit maître, sans que les enne- 
mis lui opposassent une grande résistance. Le généi'al autri- 
chien Beaulieu ayant commencé, le 10 avril 1796, ses opé- 
rations contre l'armée française par l'attaque des positions 
de Yoltri, Cervoni, qui les gardait avec 3ooo hooimesy s'y 
défendit avec le plus graffd courage; mais obligé de céder 
à des forces supérieures aux siennes , il se rf^lia , d'après 
les ordres du général en chef Buonaparte, sur la division 
du général Laharpe, qu'il rejoignit à la Madona-di-Savo- 
ne. Le 14 du même mois, il passa la Bormida à la tétç de 
la seconde colonne de la division Labàrpe ; attaqua defront 
l'aile gauche de l'ennemi, et contribua au succès de cette 
journée, dans laquelle le général autrichien Provérà se ren- 



(i) Dans son rapport au comité de salut public , en date du 10 frimai- 
re an a (3o novembre i^93), le général en chef Dugommier cita i'acfju- 
dant général Gervoni parmi les officiers qui s^étaieot particulièrement 
distingués dans cette affaire. 

(s) Dubois de Grancé, ministre de la guerre, présenta à la convention, 
au nom du comité de salut public, le 26 avril 1795, un rapport sur le» 
officiers-^énéraus! existants alors, et dans le tableau qui faisait suite à ce 
rapport, Gervoni fut ainsi signalé : « Jeune oiSciçr, intelligent et brav«. » 



DK8 GÉnÉRÀUX ÏRANÇAIS. 89 

du prâoanier de guerre à Cossarîa avec le corps de trou- 
pei» qu'il commandait. Cité avec éloges dans les rapports du 
général en chef, Cervoni reçut du directoire exécutif^ sous 
la date du a5 avril , une lettre conçue en ces ternies : f Les 
•travaux de la dernière campagne avaient trop fait con-^ 
•naître votre coarage au directoire, pour qu'il ne sût pa» 
»d*»vance qu'en vous faisant éprouver le premier diocy 
•les Autrichiens vous ménageaient le'premier avantage. • 
Il se trouva au célèbre passage du pont de Lodi , le 10 mai 
suivant ; et , lorsque les grenadiers français , écrasés par 16^ 
feu terrible des ennemis ^ montrèrent quelque hésitation ^ 
Cervoni fut un des généraux qui, calculant toute i'immi- 
nevice du danger^ se précipitèrent avec le plus héroïque 
d^vouemient en tête de la colonne d'attaque , et donnèrent 
aux troupes un exemple que celles-ci s'empressèrent de 
suivre. Promu au grade de général de division , le r5 fé- 
vrier 1798, 11 fit en celte qualité la campagne de Rome^ 
dans la même année. Ce fut lui qde, lors de l'iusurrectioB 
(le Rome, le général en chef Berthte» chargea d^aller ah-f 
noucer au Saint-Père que le peuple venait d'abolir le gaun 
vernement papal, et de le remplacer par un gouvemen 
nient républicain. Le général €ervonf remplit cette mnsVI 
sion avec les plus, grands égards pour le souverain pon^ 
tifiéy qu'il s'efforça de rassurer, et auquel il donna une 
garde noqnbreuse pour sa sûreté. Il alla ensuite à l» 
Loggia ds Monie - Citorio ; haranguÀ le peuple; pn-^ 
Uia l'installation du gouvernemient provisoire,/ et contri-» 
hua ainsi à l'établissement de la répubirqué romaine: £a> 
1798: et 1799, il eut le commandement eki'Clief de la %^.Ai'¥ 
vision militaire; et^ en 1800, il obtint celui de la 8* divt^ 
sioB militaire, composée des départements des Bouchei^ 
duoRhône, des Basses- Alpes, dci^ Alpes-Maritimes v du Tar 
et de Yaucluse. Dans ce poste, aussi important qu'hono»»: 
rable, le général Cervoni déploya beaucoup de sagesse 
et de fermeté ; sut faire respecter les lois , et se concilia 
l'estime et l'affection de ses administrés. En 1809, il quit- 
ta le commandement de cette division pour aller servir à 
la grande-armée d'Allemagne, en qualité de chef de l'état* 

IV. 12 



go DICTIOIfNAIRE HISTORIQUE 

major du corps commandé par le maréchal Lanne»^ duc 
de Montebelio. Il fut tué par un boulet de canon au com- 
bat d*Eckmuhl , le 25 avril, et emporta len regrets de Tar- 
mée» qui le considérait, à juste titre, comme un de ses of- 
ficiers les plus distingués. En 1810, Napoléon ordonna que 
la statue de Cervoni serait placée sur le pont de la Concor- 
de (pont de Louis XYI), avec celle de plusieurs autres guer- 
riers célèbres; mais les circonstances politiques retardèrent 
l'eiécution de cette disposition. Le général Cervoni avait 
été créé commandant de la Légion -d*Honoeur^ le 14 juin 
i8p4- {Etats militaires. Moniteur, annales du temps,) 

DÉ CHABANNES (Jacques), seigneur de L«i Palice, ma- 
réchal de France , lit ses premières campagnes en 1 4B6 et 
14B7 , et se trouva à la bataille de Saint-Aubin du Cormier, 
gagnée, le 28 juillet 1488 , par Louis de la Trimooille, sur 
Tannée des princes français , commandée par le duc d*Or- 
léans. En 1494* î^ suivit, le roi Charles YITI, lorsque ce 
prince marcha à la tète d'une armée , en Toscane , dans le 
Milanais 9 à Rome, et dans le royaume de Naples. Il com- 
battit vaillamment à la bataille de Fornoiie (à 9 milles de 
Plaisance), gagnée par Charles YIIl , le 5 juillet de la mê- 
me année. Il accompagna aussi Louis XII à la conquête du 
Milanais 9 en i499) ®1 ^ <^eile de presque toute la Calabre, 
ainsi que de la Fouille, en i5o3. Il fut nommé vice-roi de 
l'Abruzze, et Tadministra avec tant de sagesse et de justi- 
ce, qu'il se concilia l'affeetîon des peuples dé cette proviii^ 
ce. Gonzalve de Cordoue, commandant l'armée espagnole, 
ayant menacé Tripalda , Chabannes marcha à la défense 
de cette ville. Il alla ensuite prendre Canose. Le duo .de 
Hemours ( 1) avait confié à Chabannes la garde du poste 
de Rouva , petite ville revêtue d'une simple muraille. Gon- 
aalve étant venu attaquer ce poste, Chabannes, par son extrê- 
me activité, déjoua long- temps toutes les mesures du général 



(r) LouItf'd'Armagtiac, duc de Nemours, vicè-roî dé Kaples» com- 
ntodait «ton rarmétt française en Italie* 



DES GENERAUX FRANÇAIS. ^1 

ennemi 9 et soutint trois assauts. Au dernier de ces assauts» 
il. fut blessé; combattit, malgré cette blessure; fut r«n- 
versé de dessus la muraille, et fait prisonnier (1). Il se 
trouva à la bataille de Cerignoles , où les Français furent 
battus par Gonzalve de Gordoue, le 28 avril lôoS, et fut 
employé au siège de Bologne 9 en 1 5o6. Les Génois s'étant 
révoltés, en i5o7, ^^ ayant massacré tous les Français 
qu'ils purent atteindre, Louis XII marcha contre eux, à la 
télé d'une forte armée. La Palice eu commanda Tavant- 
garde, sous les ordres du maréchal de Ghaumont-d*Amboi- 
se. Il dirigea Tattaquedu fort de Gastellacio; mais, ayant 
été blessé à la gorge , dès le commencement du combat , 
et presque étouffé par le sang qu'il perdait , il fut obligé de 
remettre son commandement à Jean Stuard. £n idog, il 
fit partie de Tarmée que Louis XII envoya contre les Vé- 
nitiens, commandés par TAIviane. Il y servit, sous les ma- 
réchaux de Ghaumont et de Trivulce, qui conduisaient 
Tavant-garde à la bataille d'Agnadel , gagnée par les Fran- 
çais, le 14 mai; reçut dans cette affaire un coup de pique 



(1) Anquetil, dans son Histoire de France (tom« IY,pag. i43), donne 
les détails de cette afiPaire de Rouva dans les termes suivants : « La Palî^ 
»ce soutint trois assauts. Au dernier, placé sur la brèche comme une 
»tour inébranlable, écartant avee sa lame, et culbutant dans les fosses 

• les ennemis qui t»e présentaient, il y fut préoipilë lui-même par une ca- 
sque de poudre enflammée , qui le frappa à la tétc, et dont le feu pé- 

• nétra tellement son armure que la fumée sortait par toutes les ouver- 
stures. Il se releva néanmoins, et combattit encore ; mais, forcé enfin de 

• se rendre , il jeta auparavant son ëpce le plus loin qu'il lui fut possible* 

• Gonzalve de Gordoue essaya de profiter de ce hasard pour s'emparer de 

• la ville, et menaça La Palice d'une mort honteuse , s'il ne donnait ordre 

• à son lieutenant de la livrer. Traîné à cet effet au pied du fort : Comon , 

• cria La Palice à ce lieutenant, Gonzaive que vous voyez ici mctuieô dé 

• m'ôter un reste de vie , si vous ne votts rendez promptement» Mon atni^ 
•vous devez savoir en qu>ei èlai est ta cltadeiie : regardez-moi comme 

• un Homme mort ; et y si vous aviz quelque espoir d^ tenir jusqu*à i'ar- 

• rivée du duo de Nemours^ faites votre devoir, • Gornon se défendit; 
mais il était sans munitions, et ne put empêcher que la place fût bien* 
tôt prise. Gonzalve se respecta assez pour épargner La. Palice ; mais il 
refusa de le mettre à rançon* 



gSè DICTIONNAIRE HISTO&IQUS 

ail bras 9 et eut. un cheval tué souii lui. Le roi le Aiil à la tète 
d*kii corps de 4000 hommes de cavalerie, qu'il fournisiait à 
Tempereur Maximilieii, et qui était composé presquelont en- 
tier de chevaliers, du nombre desquels était Bayard. Avecce 
renfort, l'empereur commença le siège de Padoue, le t5 sep* 
tembre suivant. Cette place avait été fortifiée par tous les 
moyens que l'industrie et l'art militaire avaient pu fonr^- 
nir, et elle était abondamment pourvue de vivres et de mu- 
nitions de guerre. La garnison , forte de 18,000 hommes, 
presqne tous échappés à la bataille d'Agnadel, était corn* 
mandée par Petiliane , qui passait pour un des meilleurs 
généraux de l'Italie, et qui avait sous ses ordres tout ce que 
la république de Venise comptait de bons officiers. Maxi<> 
milieu , ayant résolu de faire donner l'assaut à un bastion, 
proposa cette entreprise à ses gendarmes allemands , qui la 
refusèrent. Il écrivit alors à Ghabannes, et le pria de tenir 
les hommes d*armes français tout prêts , pour attaquer la 
brèche, avec quelques bataillons d'infanterie. Les cheva- 
liers français rassemblés par Ghabannes , qui leur lut l'or- 
dre de l'empereur, répondirent qu'ils étaient disposés à 
l'exécuter; mais que, comme il était inconvenant de met- 
tre tous les gentilshommes français à pied, pour donner 
l'assaut avec lés lansquenets, ils suppliaient l'empereur 
d'ordonner à ses gens d'armes allemands de marcher avec 
les chevaliers français , qui leur montreraitnt volontiers le 
chemin de la brèche. Les gentilshommes allemands ayant 
refusé de nouveau, sous prétexte qu'ils ne devaient com- 
battre qu'à cheval , Tempereur, irrité, voyant d'ailleurs ses 
troupes mercenaires déserter par bandes, quitta son camp, 
et prdonoa à ses généraux, ainsi qu'à Ghabannes, de lever 
le siège de Padoue. Get ordre fut exécuté , et Ghabannes 
retourna dans le Milanais. Il prit d*assaut Montfelice dans 
le Padouan , le 21 juin i5io. On le fit capitaine de 5o 
hommes d'armes et grand-maître de la maison du roi , à la 
mort du maréchal de Ghaumont , au mois de mars i5ii. 
Il reçut devant Brescia, le 18 févirier i5i2, un violent coup, 
à la tête, d'un éclat de pierre, ce qui Tempècha de se 
trouver à l'assaut donné le lendemairf à cette place. Il se 



DES OENEBAUX FRANÇAIS. pS 

signala f le ii ayril saivant, â la bataille de Ravenne, ga« 
gQée.sor les troupes papales 9 par Gaéton de Foix, duc de 
Nemours y neveu de Louis XII. Ce jeune prince, âgé seu- 
lement de-^aS ans, et que la rapidité de ses exploits avait 
fait surnommer \^ foudre d*Iialie , s'étant imprudemment 
mis à la poursuite des vieilles bandes espagnoles, qui seu- 
les se retiraient en bon ordre 5 reçut i4 blessures qui reten- 
dirent sans vie sur le cbamp où il venait de remporter une 
victoire complète. Chabannes, qui lui succéda dans le com« 
mandement de l'armée d'Italie , investit la ville de Eaven- 
ne , qui se rendit et qui fut pillée , malgré la défense ex-* 
presse qu*il en avait faite ; aussi fit-il punir de mort un ca- 
pitaine , homme très-brave, à la vérité, mais qui, faisant 
la guerre en bandit plutôt qu'en soldat, avait excité les 
troupes au pillage Quatre fours après la prifse de la ^illede 
Ravenne, la citadelle capitula. Il en fut de même de €é- 
sène, Rimini, Imola, Forli, et de toute la Romagne, qui 
se soumirent à Chabannes. Après ces expéditions, Gha- 
foannes , qui n'avait accepté le commandement provisoire 
de Tannée, qu'à la prière de toute la noblesse, et qui, d'ail'' 
leurs, ne pouvait remédier aux désordres qui s'étaient in- 
troduits dans une armée affaiblie par ses propres succès, 
mal payée , et se livrant à toutes sortes d'excès; Ghaban- 
nes, disons-nous, jugea prudent de retourner dans le Mi- 
lanais, dont il ravitailla les places, et où il attendit les or- 
dres du roi. La victoire de Ravenne avait eu pour résultat 
de liguer la Suisse et toute Tltalie contre les Français. 
Une révolte générale éclata au Milanais , dans le même 
temps qu'un débordement considérable de Suisses , con- 
duits par le cardinal de Sion^Scheiner, surnommé legéné'^ 
rai Tondu) , s'avançait pour prêter la main aux révoltés de 
l'Italie. Ghabannes, qui n'avait à sa disposition que 6000 
fantassins et 1000 gendarmes, sentit l'impossibilité de se 
maintenir; et, conformément aux ordres que d'ailleurs il 
avait reçus du roi , il prît le parti de la retraite , et rentra 
en France , où 11 Bnit la campagne sous le comte d'Angou- 
lème (depuis roi de France, sous le nom de François I") , 
que ie roi avait envoyé au secours de Don Juan , roi de Na- 



^ DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

varre. Le roi d*Angleterre Henri YIII, s^étant lîgtié avec 
Tempereur MaximilieD , Gt une descente en Picar dit , à la 
tète de 5o,oeo hommes; assiégea Therouenne, et surprit 
la gendarmerie française 9 le aa août , auprès d*jinc mon- 
tagne appelée Guinegatte. Chabaimes s*efforça de metlrc 
quelques gendarmes en bataille, et il y réusî^it d*abord: 
mais le reste prit la fuite avec une précipitation qui fit dé- 
signer cette journée sous le nom des éperons y parce que les 
Français y mirent plus en usage leurs éperons que leurs 
lances. Chabaqnes soutint cependant le premier choc avec 
la plus grande valeur; mais, accablé par le nombre» il fut 
fait prisonnier. Bientôt après, il eut Tadre^se de se tirer 
des mains des ennemis. Il fut revêtu , par François r% qui 
venait de succéder à Louis XII , de la charge de maréchal 
de France, par état du 7 janvier i5iô, portant création 
d'une quatrième charge de ce grade en sa faveur. Il se dé- 
mit alors de celle de grand-maître de la maison du roi. Aus- 
sitôt après son avènement au trône, François I*% s^étant 
décidé à reconquérir le Milanais, fil marcher une armée 
-de 65,000 hommes, sous les ordres du connétable de Bour- 
bon. Chabannes fit partie de celte armée, qui passa les Al- 
pes au mois d'août iSiS (1). .Elle s*élail frayé une route 
par des chemios tellement difficiles^ et si inconnus jusqu'a- 
lors, que son avant-garde, commandée par Chabannes, 
arriva près de Goni , avant que les ennemis eussent avis de 
sa marche. Sur la proposition qui fut faite d*aller enlever 
PVosper Colonne, général de la cavalerie ennemie , qui 
se trouvait alors à Carmagnole avec une partie de la gen- 
darmerie du pape et quelque cavalerie légère, Chabannes 
se mit à la tête de plusieurs seigneurs, et partit pour cette 
expédition. Colonne, prévenu de sa marche, se retira à Vil- 
lefranche ; et Chabannes, qui le suivit, s*élait déjà approché 



(1) Ce passage des Alpes par i*armée de Franc )is I" s'exécuta par le 
col de TArgentière. Les historiens du tenaps l'ont comparé à celui 
d'Annîbal. Cette entreprise prodigieuse et étonnante a été renouvelée 
de nos jours parrarmëc française, qui, sous liapoléon Buonapartc» Iran- 
ebit le mont Saint-Bernard, en mai iSoo. 



JStS 6ÉNÊAAUX FRANÇAIS. gS 

à une demi-lieue de cette place , lorsqu'il rencontra une 
vingtaine de cavalier» ennemi», envoyés pour reconnaître 
sa troupe. Il charge aussitôt ces cavaliers; les poursuit avec 
vigueur; arrive en même temps qu'eux aux portes de la 
ville, et s'en saisit, après en a^voir empêché la fermetu- 
re. Prosper Colonne , dont la prudence et la circonspeo* 
tion étaient vantées généralement, fut surpris, dtnant 
tranquillemein dans Yillefranche ; il tînt fernie dans la mai- 
son qu'il occupait , avec une partie de sa troupe , pendant 
que Tautre se rangeait en bataille sur la place d'armes; mais 
les Français , ayant rompu cette seconde portion des enne- 
mis, se portèrent sur le quartier- général, qui ne fit plus 
de résistance. Colonne se rendit avec looo cavaliers, et on 
lui prit 600 chevaux de prix, ainsi que sa caisse, dans la- 
quelle on trouva i5o,ooo écus. Après s*érre reposé un jour 
dans Yillefranche , les vainqueurs en sortaient, lorsque les 
Suisses, qui avaient cédé aux exhortations véhémentes du 
cardinal de Sion, se présentèrent inopinément pour fer«i 
mer aux Français le chemin de Milan. Chabannes fit sa re- 
traite dans le meilleur ordre possible « et mit en sûreté, à 
Fossano, le butin et les prisonniers faits à Yillefranche. Ce- 
pendant, a mesure que François 1*' s'avançait, les Suisses 
abandonnaient leurs postes. Novarre et son château s'étant 
soumis , le roi en confia le gouvernement à Chabannes. 
Toujours excités par l'évéque de Sion, les Suisses, contre 
la foi d'un traité qu'ils venaient de conclure avec Fran- 
çois P% pour se retirer dans leur pays, partent précipi- 
tamment de Milari , et fondent à l'improviste sur le camp 
français, dans l'après-midi du i5 septembre i5i5. Leur 
attaque fut terrible, et le combat dura autant que le jour: 
la nuit seule suspendit les coups, et Suisses et Français res- 
tèrent péle-méle , chacun dans l'endroit où Tobscurité les 
avait surpris (1). Mais les premiers rayons de l'aurore du 



(1) Fiançois I*' passa la nuit du i3 au li sur un aflPût de canon, et si 
.près d'un bataillon suisse, que, de peur qu'il ne fût reconnu et assail- 
li, on éteignit une lumière qui.ae troa^ait placée pita de, lui* 



96 mCTIONfirAIfi£ UlgTOa^QUB 

14 septembre réveillèrent leur fureur, et la mêlée rrcom* 
meiiça. Enfin les Suisses furent oomplélement défaits, et 
laiftisèrent 14^000 hommes sur le champ de bataille. Les 
Français perdirent de leur côté près de 4000 hommes (1). 
Cette bataille fut appelée de Marignanj du nom d'une vîUe 
située sur le Lanij^o* à 4 Heues de Milan, voisine de l'em- 
placement où le^combat avait eu Heu (a). Le maréchal de 
Chabannes s*y conduisit avec sa valeur accoutumée, et sou- 
tînt i^orieusement la réputation des armes françaises. En 
récompense de ses services , il reçut de François V' le re- 
venu de Gompiègne, pour en jouir jusqu'à la fin de sa vie. 
Le roi le mil, en i5ai, à la léte des plénipotentiaires char- 
gés de traiter à Calais, avec l'empereur. Employé en Italie, 
en 1 5aa,îl se trouva au coVpsde bataille qui fut chargé de l'a»' 
saut de la Bicoque , où Odes de Foix, comte de Lautreo , fut 
battu par les Impériaux, le aa avril (3). Les Espagnols ayant 
fait le siège de Fontarabie, le roi envoya au secours de cette 
place une armée commandée par le maréchal de Chàtiilon. 
Mais, ce maréchal étant mort en chemin, Chabannes eut 
ordre de le remplacer^ et partit , à cet effet , sur la fin de 
i5a3. Les ennemis étant campés au-delà de la rivière d'An- 



(1) Le roi «ut son chenal tué tous lui de deux coups de piquet ^ ^* 
çul lui-même de Tiolentes contusions. \ 

(a) Le maréchal de Trivolce, qui s'était déjà trouvé à 17 bataillest ap- 
pela celle de Marignan un eon^ai dé gimnU , et dît que tontes iei affai- 
res qu'il avait vues jusqu'alors n'étaient que des jeux d*enfants en com- 
paraison de celle-ci. 

(3) Lautrec avait été forcé par les Suisses d'attaquer ce poste^ jugé im- 
prenable. Ces auxiliaires, n'étant pas payés depuii» long-temps, demandé* 
rent à grands cris : ideTargent ou le combat. • Ils espéraient que la victoire 
leur ouvrirait let» portes de Milan, et que le pillage suppléerait à la solde 
qui leur était due. « Eh bien l combattei donc • , leur répondit Lantrec, 
qui ordonne aussitôt Tattaquc. Repousses des retranchements par une 
mousqueterie qui leur fait éprouver des pertes considérables, les Suisses 
quittent le champ de bataille , pendant que la gendarmerie française pre- 
nait les ennemis à dos et les mettait en désordre. Les qffieiers-générans et 
Lautrec firent de vains effbrts pour retenir les Soisses, qui prirent le che* 
mio de Mon» , et rttoarnèrent ebet cm. 



> V..;. 



_tj.- AJl^, 



DES GENERAUX FRANÇAIS. Q'J 

daye ; il fallait, pour secourir Fontarabie, passer à la vue 
de leur camp. Chabannes, 8*étant décidé à effectuer ce pas- 
sage, fit faire plusieurs décharges de son artillerie sur Tar- 
mée espagnole, que ce feu obligea à sVloi^ner des bords de 
la rivière. Chabannei^ profilant alors habifbment de ce 
mouvement, entre dans la rivière 9 et la passe à la vue des 
Espagnols et des Allemands, qui , frappés de celte intrépi- 
dité, prennent la fuite , et se réfugient dans les montagnes. 
Il ravitaille la place, et en change la garnison. En i594» il 
se saisit de la ville d'Avignon , où le roi assembla son ar- 
mée. Le connétable de Bourbon, qui servait alors l'empe- 
reur Charles-Quint contre la France, ayant été obligé de 
lever le siège de Marseille , en septembre de la même an- 
née , Chabannes fut détaché avec de la cavalerie, pour tom- 
ber sur son arrière-gardè , k laquelle il prit une partie du 
bagage , après avoir tué un nombre considérable de soldais. 
François I" étant rentré en Italie, à la tête d'une armée, 
Chabannes en fit partie. Le roi mit le siège devant Pavie, 
le a8 octobre i524. Les généraux de l'empereur se présen. 
tèrent, en février i525 , avec des forces considérables, pour 
ravitailler et secourir cette place. En vain La Trimouille, 
Chabannes, de Foix, et plusieurs autres généraux conjurè- 
rent le roi de ieverlesiége, etdene point hasarder une batail- 
le. François 1*% abusé par ses idées chevaleresques, s'indigna 
de ce conseil, et préféra celui de Bonnivet , qui seul propo- 
sait le combat et osait promettre le succès. Le 24 février, 
fut livrée la bataille de, Pavie, perdue par le roi, qui y fut 
fait prisonnier. Dans cette affaire, Chabannes commandait 
l'aile droite de l'armée. Attaqué de front par les Italiens et 
en flanc par le connétable de Bourbon , qui avait percé en- 
tre le roi et lui , Chabannes. vit bientôt toute sa troupe se 
dissiper. Démonté lui-même, il se mettait en état de com- 
battre à pied, lorsqu'il fut fait prisonnier par un capitaine 
italien, nommé Castaldo. Un officier espagnol, Buzarto, 
homme féroce , qui avait cru pouvoir prendre le maréchal, 
voyant cette proie prêle à lui échapper ,- et voulant en pri- 
ver l'Italien, qui refusait de partager avec lui la rançon, 
s'approche de Chabannes, lui appuie son arquebuse sur le 



gS UICTTOVMAIRE HISTORIQUE 

front, et lui fait voler la tête en éclats. Ainsi périt le brav« 
La Palice, qui avait servi glorieusement sous trois de nos 
roisy et méjrilé d'èlre mis au rang des héros Je la chevale- 
rie et des plus grands capitaines de sou temps (i). [Céirù^ 
nologit militaire^ tom. II, pag* ^i*i\^istoire de Louis XII, 
par God^roy ; Brantôme, DupleiXj le président Hénaut, 
Le Gendre, Histoire militaire des Suisses ^ Histoù^dcFréUi^ 
ce du Père Daniel; Dictionnaire des maréchaussées^ ffisfoir- 
. redes Grands-Officiers delà Couronne^ tom. Vil, pag, tag; 
Histoire de France par Anquetil, tom, IF"; Histoire miU*- 
taire des Français , Paris , 1 8 1 5 , ton%. II,) 

DE CHABANNES (Jacques) , marquis de Curton, lieute-- 
nant-général f d*une autre branche de la famiU« du préeé«* 
dent, entra aux mousquetaires, en 1701, et fut fait aide- 
d^camp de M. le duc de Bourgogne, par brevet dyi 09 
avili 1702. Il se trouva, la même année, à la défaite des 
Hollandais, sous Nimègue, et obtint, le 19 iuillet, dans 
le régiment de cavalerie de 'V>aillac (depuis Saumerjr)^ 
une compagnie , avec laquelle il combattit à ficLeren,* en 
1703. Devenu mestre-dé'Cam(^-lieutenant -du régiment de 
cavalerie d'Anjou (depuis Artois) , le 1*' mai 1704» il le' foi- 
goit à Tarmée dltalie, et ser it aux sièges de Verceil , d*T- 
vrée et de sa citadelle. Envoyé par le duc de Vendôme avec 
deux compagnies de grenadiers pour chercher des fourra- 
ges dans la vallée d'Aoste, il repoussa un corps de 600 en- 
nemis, auxquels il fit éprouver une perte considérable. 
Il se trouva au siège de Yérue, qui se rendit, en avril 1706^ 



(i) Ce fut sur le maréchal de Ghabanqea-La Palice qu'on fit dans lo 
temps cette chanson plaisante , où se trouve le couplet suivant , que nous 
citerons, parce que les deux premiers vers sont marqués au coin de Ift 
plus exacte vérité : 

• Regretté de ses soldats , 

• Il mourut digne d'envie ; 
» £t le jour de son trépas 

» Fut le dernier de sa vie* » 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 99 

et combattil à Cassano , au mois d'août suivant. Mestre- 
de-camp-lieulenant du régiment royal des Cravates, par 
commission du 21 octobre 1706 , il continua de comman- 
der ic régiment d'Anjou au siège et au combat de Turin , 
en 1706; se démit, au mois de mars 1707, de ce régi- 
ment , et commanda celui des Cravates à Tarmée de Flan- 
dre, la même année. Il servit avec ce corps à la bataille 
d'Oudenarde, en 1708; à la bataille de Malplaquet, en 
1709; à l'armée de Flandre, en 1710 et 1711; à Tattaque 
des retranchements de Denain ; aux sièges de Douai et du 
Quesnoy, eu 171a; au siège de Landau ; à la défaite du gé- 
néral Vauboune, et au siège de Fribourg, en 1713. Créé 
brigadier de cavalerie, le 1" février 1719, il fut employé 
en cette qualité à l'armée de la frontière d'Espagne 5 et se 
trouva aux sièges de Fontarabie, de Saint- Sébastien et de 
Roses. 11 se démît du régiment royal des Cravates, au mois 
d'août 1720, et quitta alors momentanément le service. 
Ayant repris une compagnie au même régiment, le 16 
avril 1727, il fut employé à Tarmée du Rhin, par lettres 
du 5 octobre i733; et se trouva au siège et à la prise du 
fort de Kehl. Promu au grade de maréchal-de-camp, par 
brevet du 20 février 1734» il se démit de sa compagnie; 
fat employé en Flandre, sous les ordres du maréchal de 
Berwick, par lettres du 3o mars, et commanda en Hainaut, 
sous les ordres du maréchal de Puysègur. Il servit à l'ar* 
mèe du Rhin , par lettres du 1*' mai i735, et obtint le gra- 
de de lieutenant -général, le 1*' mars 1738. Employé, 
par lettres du 20 juillet 1741, à l'armée que le roi envoyait 
en Bavière, il commanda la 4* division des troupes rassem- 
blées au fort Louis, et qui passèrent le Rhin, le 21 août. 
Il conduisit cette division jusqu'en Bohême , et contribua 
à la* prise de Prague , la même année. 11 combattit à Sa- 
hay, en 1742 ; concourut à la défense de Prague , et y mou- 
rut de maladie , après la levée du siège, le 9 octobre l'ji^, 
à l'âge de 59 ans. {Chronologie militaire j tom, V, pag< 207 ; 
Gazette de France,) 



loo dictionhaire historique 

DE CHABANNES-MARIOL (Gilbert - Honoré) , manfuù 
de Chabannts, maréchal-^e-camp, d'une 4' branche de la 
famille des précédents, naquil le 3o décembre 1682. 11 en- 
tra page du roi 9 au mois d'avril 1700 , et obtint une com- 
pagnie dans le régiment de dragons d'Aubigné (depuis 
d*£sparre et Grandville), par commission du a6 mars 1704* 
Il commanda sa compagnie à Tannée de Flandre, cette 
année et la suivante; à la bataille de Ramillies, en 1706; 
en Flandre, en 1707; à la bataille d'Oudenarde, eo 1708, 
et en Flandre , eu 1709. Exempt de la compagnie de NoaiU 
les, des gardes-du-corps du roi, par retenue du 5o fuillet, 
il joignit cette compagnie à la même armée, et se trouva 
avec elle à la bataille de Malplaquet, le 11 septembre. Il 
servit en Flandre, en 171 1, et aux sièges de Landau et de 
Fribourg,en 1713; obtint, le 1*' décembre 1718, une com- 
mission pour tenir rang de mestre-de-camp de cavalerie, 
du *> 1 juillet précédent ; devint troisième enseigne de sa 
compagnie, par brevet du 5 juin 1753, et fît la campagne 
de Philisbourg. Créé brigadier, par brevet du 1*' août de 
cette même année , il devint deuxième enseigne de sa com- 
pagnie, le ao février i755; premier enseigne, le 11 mai 
suivant , et troisième lieutenant, le 7 décembre 1738. Pro- 
mu au grade de maréchal-de-camp, par brevet du i** jan- 
vier 1740 , il fut employé en cette qualité en Flandre, pat 
lettres du ai août 174^9 ^^ à Tarraée du Rhin, par let- 
tres du I*' avril 1743. Il devint second lieutenant de sa 
compagnie, le i5 juin, et fut tué, le 37 du même mois, à 
la bataille d*£ttingen. {Chronologie miiitaire, tom. P^IIy 
pag, 175; Gazette de France,) 

DB GHABANNË8 (Gilbert) , comte de Pionsac, maréchal^ 
de-camp^ entra d'ubord dans la compagnie des gendarmes 
du roi, et devint ensuite lieutenant de la compagnie du 
comte de Saint-Géran , dans les mêmes gendarmes. 11 ser- 
vit plusieurs années en Bourbonnais avec cette compagnie» 
et y contribua ù la prise du château de Condeniine. Il ob<- 
tint le grade de maréchal- de-camp, par brevet du a3 août 
i65o, et servit au siège de Montrond, où Jacques de Cha- 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. fOI 

bannes , SOD père , Keutenaut pour le' roi en Bourbon- 
nais, fut tué. li obtint la charge de iieuteuant-géoëral eo 
Bourbonnais » vacante par la mort de son père 9 par provi- 
sions données à Ponloise, ie 17 août i65a, et un régiment 
de cavalerie que son père avait levé, par commission du 
lendemain i8. Il commanda en Bourbonnais, jusqu'au 
ifiois d'octobre de la même année , époque à laquelle le 
marquis de Levîs, qui s'était attaché au parti du prince de 
Cwkééy rentra dans la charge de Heutenaùt-général de 
cette province, en vertu àe l'amnistie. Son régiment fut 
licencié, à la fin de la campagne, et après la prise de 
Montrond. (jChron. milit., t. FI, p. 284^, Gaz, de France,) 

DE GHABANNES-PIONSAG (François-Antoine), comte dt 
Chabannes , lieutenant-^néral ^ petit-âls du précédent, fut 
créé chevalier de Saint-Lazare, en 1701. Il entra comme 
sous-lieutenant au régimeùt de Navarre, en i7o5; se trou- 
va aux sièges de Brisack et de Landau , et à la bataille de 
Spire, la même année. Après la bataille d^Hochstedt, où il 
fut fait prisonnier , le i5 août 1704, on lui donna une corn* 
mission de capitaine réformé à la suite du même régi- 
ment, avec lequel il servit à l'armée du Hhin, en 1705. 
Devenu sous-lieutenant de la compagnie colonelle, le 5 
mai 1706, il se trouva à la levée du blocus du fort Louis 
par les ennemis; à l'attaque des retranchements de Dru-* 
seobeim; à la prise de cette place, de Lauterbourg, d'Ha« 
guenau et de l'Ile du Marquisat. Il obtmt , le 10 octobre , 
une compagnie, qu'il commanda à l'armée du Rhin, sous 
ie maréchal de Villars, en 1707. Il concourut à la prise 
des retranchements de Stolhoffen , à celle de Schorndorff 
et à la défaite du général Janus. Il passa- à une enseigne 
au régiment des gardes y le 25 novembre, en quittatit 
sa compagnie. Il combattit en cette qualité à Oudenar- 
de, le 11 juillet 1708 Devenu sous -lieutenant au régi- 
ment des gardes, le 16 mars 1709, il déploya beaucoup 
de valeur à la bataille de Malplaquct, le 1 1 septembre ; fut 
fait lieutenant au même régiment, le 3 mars 171 1 ; servit 
ea Flandre; se trouva aux sièges de Douai , du Quesnoy^et 



fOS DlGTIONNÀlRfi HISTORIQUE 

de Bouchaîn, en 171a ; à ceut de Landau et de Fribourg , 
en 1713. Il obtint une compagnie au régiment des gardes, 
le 17 août 17169 et la majorité du même régiment, le 4 
janvier 1750. Créé brigadier, le ao février 1754 t et em- 
ployé en cette qualité à Tarmée du Rhin , par lettres du 
1'*' avril, il y remplit les fonctions de major-général de 
rioTanterie, conjointement avec M. de Salières, par ordre 
du -même jour, et s*en acquitta avec toute la distinction 
possible, notamment au siège de Philisbourg. Il remplit 
les mêmes fonctions à Tarmée du Rhin, par ordre du i** 
mal 1735, et servit en Alsace, pendant Thiver, sous les 
ordres du maréchal Dubourg. On le tit commandeur de 
Tordre de Saiut-Louis, le r' juiilt- 1 1737, et grand'croix 
du même ordre, le a4 ^^^^ suivant* Créé maréehal-de- 
camp, par brevet du 1*' mars 1738, et employé à l'armée 
de Flandre, par lettres du ai août 1.74a , il y fut major- 
général de rinfanterie , par ordre du même jour, et con- 
ccrurut à la défense de la frontière de Flandre, où on l'em- 
ploya pendant Thiver, par lettres du i** décembre. Il rem- 
plit les mêmes fonctions de major-général de Pinfanterie 
à. l'armée du Rhin , sous le maréchal de Noailles , par or- 
dre du 1*' avril 1743, et se trouva à la bataille d*Ettingen, 
le 27 juin. Employé à l'armée de Flandre, par lettres du 
1** avril 1744» î' fui f^^l major-général de Tinfanterie de 
celte armée , par ordre du même jour. Promu au grade de 
lieutenant-général des années du roi, par pouvoir du a 
mai , il servit comme marécbal-de- camp , et comme ma- 
jor-général de rinfanterie, au siège de Menin. Lieutenant- 
colonel du régiment des gardes -françaises, par commis- 
sion du 22 mai, il en quitta la majorité, ainsi que la place 
de major-général de l'infanterie; fut déclaré lieutenant- 
général, le 7 juin, et finit la campagne en celte qualité. Il 
servit au siège d'Ypres, où il monta la tranchée, le 21 
juin ; à celui de Furnes, où il monta également la tranchée, 
le 9 juillet; passa de Flandre en Alsace avec la seconde co- 
lonne des troupes que le roi y envoya; se trouva à Tafl^ire 
d'Haguenau, le 23 août; ps^sa le Rhin, le 3o; servit au 
siège de Fribourg; fut employé k l'armée du Bas-Rhi», 



BES GENEBAUX rHANÇAIS. Io5 



SOUS le maréchal de Mailleboîs, par lettres du i*' novem- 
bre 9 et y concourut à la prise de Gronembourg, au mois 
de mars 174^* Employé à l'armée du roi en Flandre, par 
lettres du 1*' avril, il servit au siège de Tournay; com- 
manda une division à la bataille de Fontenoy, le 11 mai; 
concourut à la prise de la citadelle de Tournay, et obtint, 
par provisions du 19 juin , le gouvernement des ville et ci* 
tadelle de Verdun , qu'il conserva jusqu'à sa mort. Il quit- 
ta le régiment des gardes; fut employé à l'armée com- . 
mandée par M. le prince de Conti, par lettres do 1*' mai 
174^; servît au siège de Mons, où il monta la tranchée, 
le 27 juin, et à celui de Charleroi. Il joignit ensuite avec 
toute cette armée celle de Flandre , couvrit te siège de ^a- 
mur, et combattit à Raucmix. On lui donna le con^man- 
dement sur les eôles du Poitou , d'Aunis et de Saintonge , 
par commission du 29 octobre ; et il se rendit alors à la. Ao- 
chelle, où il résida jusqu'à la paix. Il mourut à Paris, le 
23 décembre 1754 9 dans la 68* année de son âge. {Cliro^ 
nologie mUitaire, tom. P^fpag, a84> Gazette de France*) 

DE GHABANNËSPIONSAG (Thomas, comte) . maréchal- 
d&^amp, frère du précédent, naquit le 6 décembre 1688. 
Il fut d'abord garde-marine, en 170a , puis sous-lieutenant 
de grenadiers d'un bataillon de troupes de la marine , et 
fit plusieurs campagnes sur mer. Devenu lieutenant de la 
colonelle du régiment de Navarre, le 10 octobre 1706,. il 
servit à l'armée du Ahin , en 1707 , et obtint, le a3 novem- 
bre , une compagnie dans le même régiment. Il la com- 
manda à kl bataille d'Oudenarde, en 1708; à Malplaqujet, 
en 1709; à l'armée de Flandre , en 1710; à l'attaque d'Ar- 
leax , en 1 7 1 1 ; à l'attaque de Denain, et aux sièges de Douai 
et du Quesnoy , en 171a. Il obtint, le ai octobre, use com- 
mission de colonel réformé à la suite du régiment de Na- . 
varre; quitta sa compagnie, au mois de novembre, et pas- 
sa en Bavière, où il fut fait, le 3i décembre, lieutenant- 
colonel du régiment des gardes-grenadiers à cheval de l'é- 
lecteur, avec rang de colonel du même jour. Il eut, en 
1714» un régiment de onirassiers, qu'il commanda pendant 



lo4 DICTIONNAmE UISTORIQ€E 

la guerre contre les Turcs 9 sous le prince Eugène. Il se 
trouva au siège de Bellegarde et à la bataille qui se doona 
sous cette place, en 1717. Après la paix, Téiecteur le orëu 
brigadier de ses troupes, en 1719* Rentré en France 9 au 
mois de mai 1720, il eut ^ le 28 {uin , une commission de 
colonel réformé à la suite du régiment de Navarre. Cette 
commission lui conserva le rang de colonel , à partir du 5i 
décembre 171a , époque à laquelle il avait obtenu ce grade 
. en Bavière. On le créa brigadier, par brevet du 5o juin 1 720, 
et maréchal' de-camp, par brevettdu i*' août 1754- H mou- 
rut le 7 juin 1735, d*un coup de pied de cheval qu*il re** 
çut à Kircheim, au-delà du Rhin, où il commandait pour 
le roi. [Chronologie militaire jto m, VII, pag. 126; Gazette 
de France,) 

i>E CHÂBANNËS-PIONSAC (Jean- Baptiste), m/xr^iiûr/^^ 
Chabannes, maréchal-de-^camp, neveu du précédent , na* 
quit le 5 octobre 1714* H entra comme gentilhomme à 
drapeau au régimcnl des gardes-i ranç«iises , en 1729, et 
y devint deuxième enseigne, le 12 novembre 1751. Il quit- 
ta cet emploi, au mois de janvier 1755; et, étant entré 
cornette dans le régiment de la Reine-Dragons, le 5 no- 
vembre suivant, il Talla joindre à Parmée dltalie. Il se 
trouva au siège du chdteau de Milan, au mois de décem- 
bre; à ceux de Tortone et de Navarre; à Taltaque de Go* 
lorno; aux balailles de Parme et de Guastalla, en 1734. 
Devenu capitaine au même régiment, le 21 janvier 1735, 
il commanda sa compagnie aux sièges de Reggio, de Ré- 
véré et de Gonzagne, et rentra en France après la paix. 
Deuxième cornette de la seconde compagnie des mousque- 
taires, par brevet du 11 juin 1740, avec rang de mestre- 
de-canl^ de cavalerie, pitr commission du môme jour, il 
fit la campagne de Flandre, en 1742 ; se trouva à la bataille 
de Dettingen, au mois de juin 174^; devint premier cor- 
nette de sa eompagnie, le 23 juillet; accompagna le roi 
aux sièges d'Ypres, de Menin, de Fumes et de Friboui^, 
en 1744» à 'd bataille de Fontenoy ; aux sièges des ville et 
citadelle de Tournay, d*Oudenardc et de Depdermoode> 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. lo5 

€11 174^9 ^^ 96 trouva à la bataille.de Raucoiix, en 1748* 
Gréé brigadier de cavalerie, par brevet du ao mars 17479 î' 
se 'irouva à la bataille de Lav^feld, au mois de juillet , et 
fit la campagne des Pays-Bas, eu 174B. Il devint deuxième 
enseigne des mousquetaires, le ao mai 175 1 , premier en- 
seigne, le i5îuin 1755, et deuxième sous-lieutenaht , le 
1*' avril 17.54. Il obtint le grade de maréchal-de-camp 1 
par brevet du 1" mai 1768, et quitta les mousquetaires et 
le service , au mois de février 1759. Il mourut avant le i** 
décembre 1781. [Chronologie militaire», iom, VII jp* 358; 
Gazette de France , états fhilàaires,) 

DE CHABANNES (N...., comte), maréchal^de-camp . Il 
avait été colonel du régiment de Bretagift , en 1771. On le 
créa brigadier, le aa janvier 1769, et maréchal-de-camp, 
le i^'mars 1780. [Etats militaires,) 

DE GHABANNAIS, voyez Golbebt. 

DBS GHABEKTS, voyez Fahik. . « 

DE GHABO LA Sebbb (Gharles-Louis, comte) ^ lieutenant 
général, connu sous le nom de comte de Chabo, entr^ 
tïomme cornette au régiment de cavalerie :de Ghevreuset 
le 5 novenibre 1733, et servit en cette qualité au siège d^ 
Philisbourg. 11 obtint, le a3 mars 1735, dans le régiment 
de Mestre- de-camp-général des dragons, une compagnl« 
qu'il coipmanda à Taffaire de Glausen , "ia môme année ; 
au siège et à la prise de Prague , au mois de novembre 
1741 ; au bivouac de Piseck; à l'affaire de Sahay; au ravi* 
taiUement de Frawemberg; à la défense et à la fameuse 
retraite de Prague, en 174^9 sous les ordres du maréchal 
de Belle-Ile II rentra en France avec l'armée, au mois de 
février i743* Devenu mestre-de-camp du régiment de ck^ 
Valérie de la Feronaye, qui prit alors le nom de Ghabo, 
par commission du 6 mars de la même année , il le com- 
manda à la bataille d'£tliugeo « où il reçut une blessure 
considérable. Étant passé en Italie, en 1744 9 îl soutint ks 
troupes qui firent les sièges de Nice, de Villefranche, de 



106 I)ICTIONNAIR£ flISTOBIQUE 

Mootalban, de Coni, et se trouva à la bataille de la Ala* 
dona d*el Ulmo. Il servit à Tannée du Bas-Rhin, sous les 
ordres du prince de Gontî, en 174^» ^^^ employé sur la 
Meuse pendant le siège de filons, et se trouva au siège de 
Gharleroi et à la bataille de Raucoux, en 174^. Noimné co- 
lonel-commandant du régiment des volontaires royaux 
(depuis légion royale), par commission du ao Janvier 174^1 
il servit à la tète des troupes d'infanterie de ce corps aux siè- 
ges de Nice, de Viliefranche , de Montalban et de Yintimil- 
le. Les ennemis ^tant mis en marche pour bloquer Yinti- 
mille, au mois d'octobre, le maréchal de Belle-Ile s'avança 
sur eux; les attaqua et les battit, le 18, et ravitailla cette 
place, dont les eiyemis furent obligés de lever le siège. Le 
comte de Ghabo, chargé de porter au roi la nouvelle de ces 
succès, arriva à Fontainebleau ^ le 27, et fut créé brigadier, 
par brevet du même jour. Employé en cette qualité à l'ar-^ 
mée d'Italie, il n'eut point d'occasion de se distinguer, la 
paix ayant été faite. Il commanda son régiment de volon- 
taires royaux à l'armée d'Allemagne^ en 1757; inai^cha en . 
avant à la tète de 3oo hommes de ce corps, de 4 compa- 
gnies de grenadiers du régiment de Belsunce, et de 8 piquets 
de cavalerie, et mit en fuite un corps de 1000 à laoo hom- 
mes que les ennemis avaient laissés à Rîtsberg , en se reti- 
rant de Bielfeld. Il força, peu de jours après, ce dernier 
poste, avec la plus grande valeur, et s'en empara^ ainsi que 
de plusieurs chariots d'équipage , et d'un magasin de laà 
13,000 rations de fourages. Il se trouva ensuite à la bataille 
d'HastembecL et à la conquête de l'électorat de Hanovre, 
et commanda pendant l'hiver à Hoya. Attaqué dans ce pos- 
te, le aS février 1768, par des forces très- supérieures à cel- 
les quMl commandait, il fit la plus vigoureuse résistance, et 
se battit de rue en rue, jusqu'à ce que , forcé de céder au 
nombre , il se retira dans le château avec le régiment des 
gardes lorraines, a compagnies de grenadiers, a piquets du 
régiment de Bretagne, et 100 dragons du mestre-de-camp- 
général des dragons. Ayant été obligé de capituler, il obtint 
les honneurs de la guerre, et les conditions les plus avan- 
tageuses. £n récompense de ses services, le roi le nommA 



f 



J)£S GEl^ERÀUX FRANÇAIS. IO7 

maréchal-de-camp , par brevet du 29 mars de la même 
année, et accorda au régiment des volontaires royaux le 
, titre de légion royale^ par ordonnance du 7 mai suivant. 
Le comte de Ghabo se trouva à la bataille de Crewelt , lé 
25 juin ; fut détaché 9 au mois de septembre 9 de la gran- 
de-armée 9 pour aller joindre celle que commandait le 
prince de Soubise, et se distingua, le 10 octobre, à la tè- 
te de la légion royale au combat de Liitzelberg , où il re- 
poussa plusieurs fois les ennemis. Il se démit , au mois de 
mars 1759, de la légion royale 9 que le roi accorda à son 
frère, et se trouva à la bataille de Minden, le 1*' août. 
Pour assurer un fourajg^e général 9 il attaqua , au mois de 
septembre, tous les postes ennemis9 et leç obligea de re- 
passer la Lahn. Il investit, au mois de juin 1760, la ville 
de Marbourg, dont il se rendit maître , ainsi que de son 
château, après quelques jours de siège, et où il prit 400 
hommes. Il se trouva à Taffaire de Gorback, le 10 juillet; 
et, s^étant mis à la tête de 5oo chevaux, il attaqua les en- 
nemis dans les bois; les mit en désordre, et joignit \in ré- 
giment de dragons anglais, qu*il défît presque entièrement. 
Il continua de se- distinguer pendant le reste de la campa- 
gne, dans différentes actions et dans plusieurs' escarmou- 
ches de troupes légères. Au mois de juin 1761, il pour- 
suivit l'arrière- garde du corps du général Luckner jus- 
qu'à Beverungen ; s'empara dé tous les équipages de ce 
corps; tua ou prit 120 chevaux, et Qt une trentaine de pri- 
sonniers. Quelques jours après, il prit le château de Drin- 
gelbrock et 5 pièces de canon , qui étaient dans Tancien 
camp des ennemis. Gommandant l*avant-gardc de la ré- 
serve du comte de Lusace, il fut attaqué , le i3 juillet , au 
village de Saude , pïir un corps de 5ooo hommes , sous les 
ordres de Luckner. N'ayant que 1200 hommes à lui oppo- 
ser, il manœuvra avec tant de célérité, d'intelligence el 
de valeur, qu'il eut le temps d'attendre un secours qui lui 
fut envoyé, et avec lequel il obligea Luckner de se retirer jus- 
qu'àStukeimbrug, après avoir essuyé une perte d'environ 1 00 
hommes tués et 3o faits prisonniers. Le 4 septembre , le 
comte de Ghabo se porta dans le bailliage de Statolden- 



108 DICriONNAIRE HISTOniQUE 

dorff; y attaqua les hussards de Brunswick et de Baur ; prit 
5o hussards, lao chevaux et beaucoup d*équipages, et en- 
leva les baillis et les bourguemestres des baillia^^es de Hols- 
muoden et de Statoldeudorif. Il continua de servir en Al- 
leonagne) eu 176a; fut créé lieutenant-général des araiéet 
du roi, le a5 juillet; commandeur de Tordre royal et mi* 
litaire de Saint- Louis » le 7 janvier 1763, et grand*croix do 
méibe ordre, en 1775. Il mourut en 1780. (Chronologie mi* 
litaire^ tom, VI, pag. a4 ; Gazette de France.) 

Dfe GHABO I.A Sbme (Antoine) , chevalier de Chabo , ma»- 
réchal-de-camp, frère du précédent, naquit le 28 novem» 
bre 1716. Il entra aux mousquetaires, le> a3 février i735; 
fut fait cornette au régiment de cavalerie de Chevreuse, le 
5 novembre suivant, et se trouva au siège de Philisbourg, 
en 1734. Il obtint , le 25 mars 1755, une compagnie dans 
le même régiment, et la commanda à Taffaire de Clausen , 
au mois d^octobre ; à Tarmée de Flandre , qui se tint sur la 
défensive, en 1749; à 1^ bataille de Dettingcn , et sur les 
bords du Rhin, en i743;à l'armée de Flandre, commandée 
par le maréchal de Saxe, en 1 744 ; à la bataille de Fontenoy, 
et au siège de Bruxelles , en 1746. Ayant été fait aide-maré- 
chal-général-des-logis de la cavalerie de Turmée du roi, par 
ordre du 1*' septembre, il se trouva en cette qualité à la ba- 
taille de Raucoux, au mois d'octobre. Aide-maréchal-géné'^ 
ral'des-logis de la cavalerie de Tarmée d'Italie, par ordre 
du 1*' juin 17479 il passa la campagne avec la cavalerie au 
camp de Valence. Il obtint, le i5 février 1748, une com<* 
mission pour tenir rang de mestre-de-camp, et servit à l'ar- 
mée d'Italie jusqu'à la paix. Il fut employé sur les côtes de 
l'Océan en qualité de mestre-de-camp de cavalerie, par or« 
dre du 1'' novembre 1756, et demeura pendant Thiver en 
Normandie. Nommé maréchal-général- des-logis de la ca- 
valerie de l'armée d'Allemagne, par ordre du 1*' mars 1757, 
il se démit de sa compagnie , et fut entretenu capitaine ré- 
formé à la suite du même régiment , par ordre du 29 avril. 
Après la bataille d^Hastembeck , il quitta i!armée, et fut 
noihmé pour remplir les fonctions de maréchal-général- 



DES GENERAUX FRANÇAIS. IO9 

des-logis des troupes c^i servaient en AuniSi Poitou, Sain- 
tonge et Bretagne, par ordre du 1" juin 17Ô8. On le créa 
brigadier, par brevet du 10 février 1759. Nommé colonel- 
commandantMe la légion royale, sur la démission de son 
frère , et par commission du 10 mars suivant, il là joignit 
h Tarmée d'Allemagne y Où il se distingua , particulière- 
ment le 6 juin , à V^t'^qne d'Erbefeld par les ennemis. 
Dans cette affaire , il dirigea si habilement la retraite, quUl 
parvint à sauver et à ramener à Dusseldorff un bataillon du 
régiment de Provence, ainsi que rinfanterie delà légion roya- 
le, et plusieurs détachements de différents régiments. Il ef- 
fectua cette retraite sans beaucoup de perte, quoiqu'il se 
fût trouvé plusieurs fois entouré de troupes légères enne- 
mies. Il se trouva , le 1" août de la même année , à la ba- 
taille de Minden, après laquelle on se tint sur la défensi- 
ve. Il se démit de la légion royale 9 au mois de mai 1 760 ; 
servit en Allemagne jusqu^à la paix, et fut créé maréchal- 
de-camp, par brevet du ao février 1761. Cette promotion 
ne fut déclarée qu'au mois de décembre suivant. Il mou- 
rut avant le 1*' novembre 1777. {Chronologie milûairef 
tom. VII 3 pag, 5ii; Gazette de France, états militaires,') 

DÉ CHABOT (Louis), comte Ue Jarnac y maréchal-de- 
camp, leva, par commission du 10 octobre i65i, un ré- 
giment de cavalerie de son nom. Il fut chargé , dans le 
même temps , d'assembler la noblesse des environs de Co- 
> gnac , pour s^opposer aux troupes du prince de Condé. On 
lui accorda, à cette considération, le grade de maréchal-de- 
camp, par brevet du 11 novembre, et il commanda dans 
le pays de Cognac jusqu'après la pacification des troublées, 
qui eut lien au mots d'août i65a. Son régiment fut licen- 
cié à cette époque. Il mourut vers 16Ô6. {Chronologie mi- 
litaire, tom. VIfpag, 5»40 

DE CHABOT (Charles, comte) > maréchal-de^camp {i) , 
commandait depuis long-temps une compagnie de chevau- 



(0 II était fils aîné de Charles de Chabot, MÎgaeiir do Saiot-Aulaje, 



I lO DICTIONNAIRE UISTOBIQUE 

légers, et servait en Catalogne, lorsqu'il y contribua beau- 
coup à faire lever aux Catalans le siège d^Almenas, en 164 1- 

II concourut à la défaite de 5ooo Espagnols , aux environs 
de Valz, le 18 janvier \6^!à. Il se distingua dans cette aCTai- 
re , à la tète de la cavalerie qu'il y commandait ; agit en 
homme de cœur et de conduite, en portant, partout où il 
en était besoin , les ordres du maréchal de La Mothe-Hou- 
dancourt ; et eut un cheval tué sous lui. Nommé sergent 
de bataille, le 3i mars 1642, il contribua, le même jour, 
à la défaite d*un corps de Castillans qui venait au secours 
de CoUioure. 11 fut ensuite employé au siège de Tamarit 
qu'on enleva d*assaut ; servit à la défense de Lérida, assié- 
gé par les ennemis, et se trouva , en qualité de maréchal 
de bataille, à la bataille de Lérida, où le général espagnol 
Léganès fut défait , le 7 octobre. La conduite qu'il tint dans 
cette occasion lui mérita des louanges, toutes particulières, 
de la part du maréchal de La Molhe-HoudancQurt. En 1643, 
il rendit des services importants à la défense de Miravel, 
en Catalogne, assiégée par les Espagnols. En récompense 
de ses services, il obtint le grade de maréchal-de-camp , le 
26 du même mois. Employé à l'armée de Catalogne , en 
1644 9 îl se trouva au combat de Lérida , où le maréchal de 
La Mothe fut battu par Don Philippe de Seive. Il couvrit, 
avec l'armée, le siège de Roses; força, en i645, la ville et 
le château d'Agrammont de capituler, et donna de gran- 
des preuves de bravoure au passage de la rivière de Sègre. 
Il commanda l'aile gauche de l'armée , à la bataille de Lio- 
rens , gagnée par le comte d'Harcourt, le 22 juin. Il défit 
1000 Espagnols devant Flix, et jeta un secours important 
dans cette place. Chargé du commandement d'un des trois 
corps de troupes destinés à attaquer Lérida , il emporta 
d'assaut, le 19 mai, une demi-lune que les ennemis avaient 
construite au bout d'un pont, vers la plaine d'Urgel. En cet- 



tige de la seconde branche de la maison do Chabot, qui succéda, par 
mariage, en i645, à tous les biens et titres de la branche ducale de 
Rûhant à la charge d'en porter le nom et les armes, et en les faisant 
précéder par ceux de Chabot. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 111 

te occasion , le comte de Chabot déploya beaucoup de cou- 
rage : mais il y fut atteint à la léle par un coup de feu^ et 
mourut sur le champ de bataille. (C/irqnologie militaùx , 
tom, VI , pag. 172; Gazette de France,) 

DÉ CHABOT ( Guy*Aldonce ) chevalier) y marécheU'^e^ 
camp , frère puîné du précédent, s^attacha d'abord au duo 
d^Ënghien (depuis le grand Condé), et le suivit dans toutes 
ses campagnes. Il servit , en qualité d*aide'-de-camp de ce 
prince , à la bataille de Rocroy, le 19 mai ^643, et s'y dis- 
tingua d*une manière particulière. Il se trouva ensuite 
au siège de Thiouville, où il fut blessé le 4 août suivant. 
11 servit avec beaucoup de distinction aux quatre journées 
de Fribourg, où le prince de Condé batlit les Bavarois 5 en 
août 1644» y cu^ son cheval blessé, et reçut lui-même quel- 
ques mousquetades peu dangereuses. Ayant été employé au 
siège de PhiUsbourg, il fui envoyé en cour pour porter la 
nouvelle delà reddition de cette place. 11 se trouva au siège et 
à la prise de Spire. Les services qu'il avait rendus furent 
récompense par le grade de maréchal-de-camp, qui lui 
fut accordé le 17 septembre de la même année. Il exerça 
les fonctions de cette charge au siège de Landau , au mois 
d'octobre suivant. Il déploya la plus grande valeur, le 3 
août 1645 , à la bataille de Nortlingue, où il commandait 
le corps de réserve. Il concourut ensuite à la prise de cette 
ville, ainsi qu'à celle de DunLerque, d'Haiibroun et de 
Trêves. Il servit, en 1646 , au siège et à la prise de Furnes. 
Employé, la même année, au siège de DunLerque, il y 
monta la tranchée, le 1*' octobre; attaqua et emporta, le 
même iour, après un combat très- vif,' la contrescarpe , où 
il établit un très-bon logement. Il y fut blessé, le 6, en 
voulant s'assurer de quelques traverses, et mourut, le -1 1 
du même mois , des suites de cette blessure. Il était alors 
gouverneur de Rosières en Lorraine (1). {Chronologie mili'* 
taire , toffi, FI, pag. 189; Gazette de France,) 



(1) Le Père Griffet, dans son Journal du régne de Louis XI F ^ donn^ 



lia DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DB CHABOT (Guy- Auguste), comte de Rohan-Chaboi, 
lieutenant-général, petit-iieveu de Guy-Aldoncet naquit le 
18 août i683 9 et fut d*abord connu sous le nom de cheva- 
lier de Rohan. Il entra aux mousquetaires en 1700 9 et 6t la 
campagne de Flandre en 1701. li obtint une compagnie 
dins le régiment de cavalerie d^Auvergne, le i5 avril 1703; 
servit avec ce régiment à Tarmée d'Allemagne , et combat- 
tit, le 14 août, à la bataille de Fredlingen, gagnée suf^'U 
prince de Bade, par le maréchal de Villars. Dt*venu mes- 
tre-de*camp d*un régiment de dragons, qui prit son nom, 
par commission du 5 février 1703, il le commanda, la mè- 
me année, aux sièges de Brisach et.de Landau, et à la ba* 
taille de Spire, le i5 novembre. Il se trouva à la seconde 
bataille de Hochsiedt, perdue, le i3 août 1704» parle 
maréchal deTallard, et y fut îbxï prisonnier avec son régi- 
ment. Il servit à Tarmée de la Moselle, sous le maréchal de 
Yillars, en 1706; combattit à Ramillies, le a3 mai 1706; 
continua de servir A Tarmée de Flandre, en 1707, et se 
trouva à la bataille d^Oudenarde, le 11 juillet 1708. Gréé 
brigadier de dragons, le 99 janvier 1709, il f«t employé , 
par lettres du 18 juin suivant , à Tarmée de la Moselle, sous 
le comte d*Harcourt; servit à Tarmée de Flandre, en 1710; 
à celle du Rhin, en 1711, et à Luxembourg, pendant 
l'hiver de 1711 à 171a. Il se trouva au siège de Landau, à 
la défaite du général Yaubonne, et au siège de Friboucg, 
en 1713. Son régiment ayant été réformé, le i5 août i7i4f 
on Tentrellnt mettre- de- camp réformé à la suite du régi- 
ment Royal-Dragons. Il fut créé maréchal-de-camp, le 1* 
février 1719, prit le nom de comte de Rohan*Chabot, en se 
mariunt, au mois de février 17299 et obtint le grade de 
lieutenant-général, le aô février 1734* Il mourut^ le i3 
septembre 1760, à Tâge de 77 ans. {Chronologie militai^ 
re, tom» V, P^* i4^ 9 Gazette de France.) 



au chevalier de Chabot le grade de lieuteDant'général. C'est une erreuft 
dans laquelle M. de Quincj est ëgalemeot tombé dans son Histoire tni- 
iitairè du même prince* 



^^ 



DES GENERAUX FRANÇAIS. Il3 

DE CHABOT-ROHAN (Louis- Antoine-Auguste), duc de 
Chabot, lieutenant-général, fils du précédent, naquit le 
20 avril i^SS. Il entra comme cornette au régiment de ca* 
Valérie de Rohan (depuis Henrichemont) , le 4 avril 1747 ; 
servit, pendant la campagne de cette année, sur les côtes 
de Normandie, et se trouva au siège de Maestricht, en 1 74^* 
Il fut fait colonel à la suite du régiment des grenadiers do 
France, par commission du*25 août 1749* Nommé mestre- 
de-cmmp-lieu tenant du régiraient Royal-Étranger, le a fé- 
vrier 1766, il le commanda à la bataille d*Hastembeck, le 
a4 juillet 1757; à là prise de Minden et d^Hanovre, et aux 
camps de Clostersevern et de Zell , la même année. Il so 
trouva, en 1758^', à la retraite de Télectorat d'Hanovre, et 
à la bataille de Crewelt> le 25 juin. Il combattit à Min- 
den, le 1*' août 1 769 ; aux affaires de Gorback et de War- 
liourg, et à la bataille de Ciostercamps , en 1760. On le 
créa brigadier, le 20 février 1761, et inspecteur-général des 
troupes légères, en avril suivant. Il servit sur les côtes do 
France, en 1761 et i762r; fut déclaré, au mois de mai 1763, 
maréchal-de-camp, avec rang du 25 juillet 1762, jour de 
la date de son brevet , et se démit alors du régiment RoyaU 
Étranger. Il obtint le grade de lieutenant-général, le 5 dé- 
cembre 17B1, et fut créé chevalier de Tordre du Saint-Es- 
prit, le 1" janvier 1784* Lorsque la révolution éclata en 
Franoe, en 1789, il en embrassa pendant 'quelque temps 
le parti; servit d*abord, à Paris, comme garde national, 
et devint ensuite aide-de-camp du général Lafayette. Mais 
il abandonna le parti des novateurs, lorsqu'il vil que la mo- 
narchie et la vie même du roi étaient menacées. Le 10 août 
1792, il se rendit de son propre mouvement auprès de 
6. M* Louis XYI , lorsque ce prince se transporta à Tassem* 
blée nationale. Le duc de Chabot , s'étantfait un devoir de 
veiller sur la personne de son souverain , fit , sans aucun 
ordre, faction à la porte des appartements du roi, pendant 
les journées des 11 et 12 août. Bientôt remarqué pour sou 
attachement à Tauguste famille des Bourbons, il fut arrêté 
dans le jardin des Tuileries, dénoncé comme suspect, et 
traduit dans les prisons de PAbbaye, où il périt, Tune des 



Il4 DICriOirNAIRE HISTORIQUE 

victimes des massacres du a septembre suivant. (Chrono* 
iogie militaire , iom, Fil, pag, 697; Gazette de France f 
Moniteur, Biographie moderne, tom.IIIyp, igS.) 

DE CHABOT-&OHAN (Louis- Marie -Bretagne* Domini- 
que) 9 fUic de Rohan , pair de Fratice , lieutenaïU-générai f 
neveu de Guy- Auguste qui précède 9 naquit le 17 janfier 
17 10, et fut d*abord connu sous le nom de comte de Po« 
rhoet. 11 fut entretenu lieutenant réformé à la suite du ré- 
giment de cavalerie de Lorraine» par lettres, du 10 février 
1725, et capitaine réformé à la suite du même régi- 
ment, le 1** mai suivant. Devenu duc de Rohan sur la 
démission de son père, le 18 août 17279 il en prit alors 
le titre. Il se trouva au siège de Rehl, en 1733; obtint 
le régiment de Yermandois, par commission du 10 mars 
f754, et le commanda à l'attaque des retranchements id*Et- 
lingen et au siège de Phiiisbourg, en 1734» et à rafiki- 
re de Clausen, eu 1735. Colonel d*un régiment d'infante- 
rie de son nom, par commission du 16 avril 1738 » il se dé- 
mit du régiment de Yermandois. Il devint duc de Aohan- 
Cbabot et pair de France, à la mort de son père 9 le 10 
août de la même année. Il commanda son régiment à la 
bataille de Lintz, au mois de janvier 174^, et fut nommé 
gouverneur de Lecloure, le 3o janvier 1743. Créé briga* 
dier, le 20 février suivant, il fut employé en cette qualité 
àTarmée du Rhin, par lettres du 1*' avril, et commanda 
sa brigade à la bataille de Dettingen, le 27 juin. Il la com- 
manda aussi 9 en 17449 ^u^ sièges de Menin, de Fumes ^ 
d'Ypres , et au camp de Courtrai. Il se démit de son régi- 
ment au mois de janvier 174^* On le reçut, au parlement, 
en qualité de pair de France, le 18 février 1751. Il fut nom- 
mé maréchal-de-camp, le 35 juillet 176a, et on Téleva 
au grade de lieutenant-général, le 5 décembre 1781. Il fi- 
gurait encore parmi les of&ciers de ce grade employés en 
1791 : mais nous ignorons ce qu'il est devenu depuis cette 
époque* {Chronologie militaire ^ tom, f^III^ pag. 4o3 ; Ga^ 
zetle de France, Etats militaires,) 



l:-.-. ■ «. 



DES GKffTÉRAUX FRANÇAIS. Il5 

1>E €dABOT (Lou is- Auguste] , vicomte de Roharij ma* 
réchal-^e-camp y frère puliié du précédent, naquit le lO 
îuiil 1 722. Il avait servi un an dans les mousquetaires 9 et 
s'était trouvé à la bataille de Deidngeu , en 1 74^9 lorsqu'il 
obtint une commission de mestre- de-camp réformé à la 
suite du régiment de cavalerie de NA>ailles^ le 1*' mai 1744* 
Devenu mestre- de-camp d'un régiment de cavalerie de son 
nonà, le 8 juin suivant 9 il servit au siège de Menîoy et 
commanda son régiment au siège d'Ypres 9 à celui de Fur^ 
nés et au camp de Courlrai ^ la même année. Il le cofn«- 
manda aussi 9 en 174^9 à la bataille de Fontenoy, le 1 1 mai, 
et aux sièges de Tourùay, d'Oudenarde, de Dendernionde 
et d'Atb. Il seryit avec ce corps au siège de Bruxelles et à la 
bataille de Raucoux9 le 1 1 octobre 17469 et fut chargé de 
porter au roi les drapeaux pris aux ennemis dans cette 
bataille. Créé brigadier, par brevet du 19 octobi>e de la 
même aimée, il fut employé, en 17475 sur les côtes de 
Normandie, et au siège de Maeslrtcfat, en 1748. Promu ao. 
grade de maréchaUde-camp, le 10 mai de la même an- 
née 9 il fut déclaré tel au mois de janvier 1749* I^ s® d^* 
mit alors de son régiment. Il obtint 9 le 27 mai 1751-9 des^ 
lettres- patentes pour porter ^le nom et les armes de Cha- 
bot seul , en dérogeant à celles du 1 5 septembre 17469 qui 
l'obligeaient d'y joindre celui de Rohan , et prit Alors le 
nom de vicomte de Chabot. Il ne servit pas depuis, et 
mourut le 16 octobre 1753. {Chronologie mUit., tom^ Vil» 
pàg, 321 ; Gazette de France,) 

DE CHABOT deBeiok \J^hïL\!^^t)fComttdeBuscmcais{i), 
amiral de France et commandant d'armée , fut élevé 
dans le château d'Amboîse avec Charles, comte d'Angou- 
Jiénoie (2). Ce prince, étant devenu roi de France, sous le nom. 



(1) Il était né du mariage de Jacques de Chabot , seigneur de Jarnac, 
avec Magdcleine de Luxembourg, et il fonda la troisième branche de la^ 
maison de Chabot. 

(2) Se» autres compagnons auprès du comte d*Angoalême étaient An- 



]l6 DIGTIONNAmE HISTORIQUE 

de François P% le i" janvier iSiS, nonnimay dans le même 
mois, le comte de Chabot-de-Brioo capitaine de 5o lances , 
et le fit ensuite gentilhomme de sa chambre, en i5 16. Après 
révasion du connétable de Bourbon, en 16239 François I*% 
\f{ui se trouvait alors à Lyon 9 craignant que celte défection 
uefit éclater quelques troubles dans Paris , y envoya la rei- 
Xie et le0 princes, ses fils, comme gages de sa confîance et 
de son affection , et chargea en même temps Philippe de 
Chabot d'expliquer au parlement, ainsi qu'au corps de 
rHôlel-de-YÛle, la trahison du connétable, et la conduite 
tenue par le roi envers ce sujet rebelle. En 16249 la ville de 
BiarseiUe étant menacée par les troupes de Charles-Quint^ 
commandées par Pescaire et par le connétable de Bourbon, 
Chabot f»6 jeta dans cette place avec 200 lances et 5ooo 
fantassins italiens, et força les Impériaux d'en lever le 
siège, après quarante jours d'attaques non interrom- 
pues, que Chabot sut rendre infructueuses. François I*', 
qui l'honorait de ses bonnes grâces , lui donna le gouverne- 
ment du pays de Valois, le 28 octobre de la même année. 
11 passa à l'armée. d'Italie avec le roi, en i525; partagea 
l'avis de Bouivet pour la bataille de Pavie, et fut fait prison- 
nier, le 24 février, à cette malheureuse affaire, dans laquel- 
le il avait donné des preuves d*une haute valeur. Il fut em- 
ployé par la reine-régente à diverses négociations entamées 
.avec l'empereur Charles -Quint, pendant la captivité dé 
François I". Ce monarque , ayant conclu avec Tempereor 
une convention d'après laquelle il fut rendu à ses états, don- 
na à Philippe de Chabot la charge d'amiral de France, par 
provisions du 23 mars 1626. Cette charge était vacante par 



ne de Montmorency, Montchenu et Hobert de la Marck, prince de Se- 
dan : « Un jour, dît Brantôme, qu'ils étaient en leurs goguettes et gau* 

• deries, ils vinrent à dire audit comte, quand il serait roy, quels états 

• il leur donnerait. Montmorency dit qu'il voudrait un jour être connë- 
» table; Chabot de Brion dit qu'il voulait cstre amiral, et Montchenu 
» premier maître d'hostcl. Selon le souhait fait , au bout de quelque 
» temps > le roi les pourvut tous trois, et les appointa desdits états. » 



^..•f ■ ir M . m . J^L 



DES GENEEXmE TniTfÇltS. I 17 - 

la mort de Bonivet, lue à la bataille de Pavie. Chabot ob- 
tiDt aussi , par provisions du 5 mai suivant , )e gouverua- 
jnent de Bourgogne, vacant par la mort du comle de Guise. 
Jl Tut créé, dans le même teibpS, chevalier de Saînt-Uichel. 
Leroi le uomma ensuïlc ambassadeur en Angleterre. Eo 
■ 539, il fut envoyé en Italie, pour y faire ratifier par Char- 
les-Quint le Irailé de Cambrai. Il rappela, par ordre du 
roi, les Français et les Italiens qui tenaient encore à celte 
époque une partie dii royaume de Naples, et fit évacuer 
les cinq ports de la Fouille par les Vénitiens. Il fut nom- 
mé lieulenant-général en Normandie pour y commander 
sous François , dauphin de France , et conserva celte char- 
ge jusqu'en )55a. Il reçut en Angleterre, et avec l'autori- 
sation du roi , l'ordre de la Jarretière. Sa terre de Busàn- 
-çaîs fut érigée en comté, par lettres du roi) datées du 
mois de novembre 1 533, et registrées au parlement de Paris, 
le 2 mars i554' Il fut nommé, le ai mars i555, lieulenant- 
général commandant l'armée delà les monts, et destinée 
à faire la gueire contre le duc de Savoie. Le pouvoir qui 
lui donnait celte charge fut ensuite confirmé pour l'année 
■536. Pendant ces deux campagnes, le comte de Bosançais 
s'empara des provinces de Bresse et de Bugey. Chamhéry, 
Honlinélian et Turin lui ouvrirent leurs portes. Il assié- 
geait le duc de Savoie'dans Verceil, lorsqu'il se laissa per- 
suader par le cardinal de Lorraine , qui allait négocier la 
paix à Naples , dé ne pas poursuivre ses succès. Ce fut une 
faute d'antant plus grave, que le cardinal ne lui avait mon- 
tré aucun ordre à cet égard. François I" ne le lui pardon- 
na jamais. Chabot, étant rentré en France, se mêla aux 
intrigues de la cour, qui était partagée entre le dauphin et 
le duc d'Orléans , et prit parti pour le dernier de ces prin- 
ces. Ep t54i, François I", ayant ordonné des eiiquâles 
contre ceux qui s'étaient enrichis aux dépens de l'état, le 
faste qu'étalait Chabot donna matière à des recherches, 
d'après lesquelles il fut arrêté , constitué prisonnier à Me- 
lun, et condamné à un bannissement; mais uu arrêt du 
parlemeot , dalé du 34 mars , le déclara ionocent ; et il eut 



f 



Il8 DICTIONNAIRE HISTOEIQUK 

bientôt après la permission de reparaître à la eour (i). Le 
roi voulant donner, la même année, le gouvernement de 
Bourgogne à Henri, son fils, devenu dauphin, le comte 
de Chabot, qui était gouverneur en chef de cette province, 
donna sa démission de cette charge , et fut nommé gou- 
verneur en second, par provisions du 19 juin. Le roi le 
rétablit dans toutes ses dignités, par lettres-patentes du la 
mars i543. Le chancelier Poyet ayant été disgracié, le 
comte de Busançaîs et le cardinal de iournon se partagè- 
rent, par ordre du roi, les fonctions de la chancellerie. Le 
jugement qui avait été rendu contre le comte de Chabot 
avait tellement altéré sa santé, qu'il mourut le 1*' juin de 
la mèqie année (2) (3). {C/ironologit. militaire ^ tom /, pa^. 
182; Histoire des Grands'^Officiers de la Couronne ^ tom', IF', 
pag. 571, et tom. VII, pag. 181 ; Histoire de France dtt 
Père Daniel; le président Hénaut , Biographie universelle ,. 
ancienne et moderne, tom, VII ^ pag. 601.) 

DE CHABOT (François), comte de Brion,, maréchal-de-- 
camp, fiU du précédent, fut d'abord gentilhomme ordi- 
naire du roi, et guidon de la compagnie des gendarmes da 
duc d*Aumale, en i558. Créé maréchal-de-camp, le 1*" 



(1) Chabot avait dé6é le roi de trouver matière à loi faire faire son 
prooèè; aussi, lorsqu'il reparut à la cour : « Eh bieli, loi dit François I"', 
• vaotcrez-TOus encore votre innocence?» — «Sire, répondit Ghsfbot, 
«j'ai trop apprit) que nul n'est innocent devant son Dieu et devant soo 
»roi; mais j'ai du moins la consolation de voir que toute la maiice de 
» mes ennemis n'a pu me trouver coupable d'aucune infidélité envers vo« 
» tre majesté. » 

(a) «Son triomphe sur ses ennemis était devenu complet par la dîigrA-- 
ce qu'avaient encourue le connétable et le chancelier, dont la haiJae et 
les intrigues avaient fait rendre contre lui le fatal jugement qui fut cause 
de sa- mort. Le chancelier fut mis en jugement après la inort du comte 
de Chabot, et les reproches qui lui furent faits, relativement au procès 
de l'amiral, formèrent seuls j% chefs d'accusation. * 

(3) Ânquetil , dans son Histoire de France (tom. IV, pag. 379) , dit 
que l'amiral Chabot était un brave militaire ^ mais brusque i fier avec ses 
supérieurs , et arrogant avec ses égaux. 



'S —^^v^ £..- . y. <»A-«u-. 



DES 4ÏENEBÀUX TRANÇAIS. II9 

avril 1677, il fut employé pour ks sièges de la Charité et 
dlssoire, après lesquels il n'est plus parlé de lui. {Chro- 
nologie militaire , tom, f^Ifpag. 24.) 

DE CHABOT-ROHAN (N....'(, comle de Jamac , mare- 
chal'de-camp^ de la même famille que les précédents^ 
avait été mestre-de-camp d*un régiment de son nom, lors* 
qu'on le fit brigadier de dragons, le 1*' mars 1780. Il fut 
créé maréchal de camp, le 5 décembre 1781. {Etats milit.) 

i)B CHABOT-ROHAN (N...., vicomte), maréchal-de" 
camp du 5o décembre 1814. Il est premier écuyer de S. 
A. S. Mgr. le duc d'Orléans. {Etats militaires.') 

CHABOT (Louis-François- Jean, baron) , lieuienant-gé- 
Tiéral, naquit à Niort en Poitou , le 27 avril 1757. 11 eatra 
dans les gendarmes de la garde, avec rang de lîeute^ 
-nant de cavalerie , le 10 avril 1773 , et y servit jusqu'au 12 
luiilet 1776, époque à laquelle il fut réformé avec activité. 
Il devint porte-drapeau au bataillon dcg^irnison du régi- 
ment de Poitou, le 20 juin 1779, ^^ passa, le 5 octobre 
1782, sous-lieutenant aux grenadiers du même bataillon, 
qui firent ensuite partie du régiment des grenadiers royaux 
d'Orléanais. Il se trouvait avec son corps dans le canton- 
nement de Saintes, lorsque M. le lieutenant-général La- 
Tour-du-Pin lui donna une mission de confiance, comme 
officier permanent , et le chargea du commandement de 
toutes les troupes employées au dessèchement des marais 
de Rochefort , ainsi que de la surveillance des travaux. £a 
1790 , il commanda une colonne mobile dans le départe- 
ment des Deux-Sèvres (Poitou). Il fut fait lieutenant au i**' 
bataillon de ce département, le 9 octobre 1791, et capitai- 
ne au i5* régiment d'infanterie, le 20 juin 1792. Il servit, 
la même année , à l'armée du Nord, sous les ordres des gé- 
néraux Labourdonnaye et lyfiranda; prît part à la défense 
des approches de Lille , avant que les Autrichiens en fissent 
le siège; fut blessé d'une balle à la cuisse, aux avaot-pos- 
les, et eut un cheval tué sous lui. Il fut employé comme 
adjoint dû génie au siège de la citadelle à Anvers, et resta 



V 



120 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

constamment dans la tranchée» pendant toute la durée de 
ce siège. Employé à Tarmée du Nord , en 1 795 , il se trou- 
va à la retraite que fit cette armée, dans le courant du mois 
de mars; fut chargé de rallier les avant-postes de la divi- 
sion Lamarliëre, et protégea, par ses honues dispositions, le 
passage de la Meuse sous Ruremonde , et Tévacuation de 
cette place. On lui donna le commandement d'une colonne 
de Tarmée du Nord , envoyée dans la Vendée pour former 
les bataillons du département du Loiret (Orléans) ; et il fut 
nommé lieutenant-colonel du second de ces bataillons, le 
24 mai de la même année. Gréé général de brigade, le 5o 
juillet suivant y il fut employé en cette qualité à Tarihée 
des côtes de la Rochelle. Il se distingua en diverses oCca-* 
/ sions, etparlîculiërement aux combats de Yihiers et de La- 
val. Il se trouva au combat et à la prise de Chollet, où , à la 
tête de sa brigade, il repoussa les Vendéens, auxquels il prit 
6 pièces de canon : cet échec, essuyé par les royalistes, déter* 
minala prise de Bressuire. Il déploya beaucoup de valeur et 
d'expérience aux comba ts de G hàtillon, le 8 octobre de la mê- 
me année. Nommé général de division, le 29 avril 179^9 il re- 
çut, le 4 mal suivant, une lettre des plus honorables que lui a- 
dressail le général Kléber, en lui ordonnant deprendrele com- 
mandement de la division placée sous lesordresde ce général, 
qui venait d'être appelé à Tarmée du Nord ( 1 ). Lors de Tcxpé- 
dition des royalistes à Quiberon , en 1 795 , le général Ghabot 
reçut du général en chef républicain Hoche Tordre de rester 
à Lorient, pour protéger cette ville contre toute attaque de 
la part de Tcnnemi. Employé à Tarmée d'Italie, en 1796 « 
il commanda, sous' les ordres du général en chef Buona- 
parte , et ensuite sous ceux du général Kilmaine , la. pre- 
mière division des troupes au blocus de Manloue, et re- 
poussa avec avantage deux sorties faites par la garnison de. 
cette place, et commandées en personne par le feld-maré- 
chal Wurmser, les i5 et 20 novembre. La place de Mautoue 



(i) Le général Chabot avait communiqué au général en chef un plan 
tendant à la destruction dc8 chouans ; et , d'après la lettre .du générai 
Klébcr, il parait que ce plan fut adopté , aa moins en grande partie. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 131 

s^étant rendue en février 1797, le général Chabot en reçut 
la capitulation du général Wurmser. £n 1798, il remplaça 
le général Genlili dans le commandement des troupes en- 
voyées aux îles Ioniennes, et s'pccup«» avec activité démet* 
tre ces îles en état de défense. Cependant , malgré tous ses 
soins, lé personnel et le matériel étaient fort incomplets ^ 
lorsque la nouvelle d*une alliance entre la Russie et la Porte 
ottomane, et celle de l'arrivée aux Dardanelles d*une flotte 
composée de deux fortes escadres turque et russe , parvinrent 
au général Chabot, vers le mois de septembre 1799* Ce gé« 
néral, jugeant que Pattaque des îles Ioniennes serait la pre- 
mière opération des Turco-Russes , se hAta de prendre les 
ipesures qu'il jugea les plus convenables, pour repousser -v 
Tinvasion dont il était menacé. Il entreprit aussi de visiter 
les îles et les arrondissements continentaux, et se mit en 
roule pour cette tournée, le i5 septembre, accompagné 
du général Verrières , commandant Tartillerie de la divi- 
sion du Levant, ret de plusieurs of&ciers d'état- major. Il 
s'arrêta à la presqu'île de Préveza, qui était la plus intéres- 
sante comme point militaire, et ordonna des travaux et des 
constructions pour la mettre en état de défense. Il se ren-- 
dit ensuite à Céphalonie; mais, ayant reçu à Lixuri, le 5 
octobre, l'avis officiel de la déclaration de guerre de la 
Porte ottomane à la république française , il retourna im* 
média tement à Corfou, et visita ^ sur sa route , les ouvrages 
du camp retranché de Nicopolis. Pendant que Chabot était 
absent de Corfou, Ali, pacha de Janina, avait fait rassembler 
des bandes turques et albanaises, auxquelles il avait donné 
Tordre de se préparera marcher contre les Français, et qu'il 
fit, en attendant, cantonner dans les villages voisins du 
fort de Butrinlo. L'astucieux pacha avait, dans le même 
temps, invité l'adjudant-général Roze, qui commandait à 
Corfou, en l'absence de Chabot, à une conférence au bourg 
de Filâtes en Albanie. L'officier français s'y était rendu 
sans défiance : mais, aussitôt qu'il avait paru, le pacha l'a- 
vait fait saisir, garrotter sur un cheval, et conduire à Jani- 
na, où il le fit plonger dans un cachot infect. Lorsque le 
général Chabot arriva à Corfou , le 1 7 octobre^ il apprit 
i/. ' 16 



laa BicnomTAniE uistoeique 

que le fort de Butrinto (i) était presque entièrement iu^ 
vesti par les Tnrco- Albanais. Il y fit passer immédiateofient 
des renforta, et s'y rendit lui-roême , accompagné du gé- 
néral Verrières (a). Après plusieurs combats sanglants, dans 
lesquels les soldats français firent des prodiges d'intrépidité. 
Chabot, n*ayànt pu parvenir à chasser les Turco- Albanais 
de leurs positions , re4)assa à Corfou , où le conseil de dé- 
fense décida que le fort de Butrinto serait évacué et détruit: 
ce qui fut exécuté aussitôt. Dans la répartition qui avait 
été faite de l'administration civile et du régime militaire 
pour les Iles Ioniennes , le général Chabot, commandant 
en chef la division, s'était réservé la première subdivision, 
composée du département de Corcyre , et avait établi son 
quartier-général à Corfou. La seconde subdivision, com- 
prenant les départements d'Ithaque et de la mer Égée^ était 
commandée, par le général Lasalcette , qui avait son quar- 
tier-général à Zante. Ce dernier fut attaqué dans son camp 
retranché de Nicopolis , le 2!i octobre , par Tarmée turco- 
albanaise du pacha de Janina. Le combat fut terrible, et 
les féroces soldats d^Ali , bien plus nombreux que les Fran- 
çais, s'étant rendus maîtres de ce camp, ainsi que de Pré- 
veza, égorgèrent impitoyablement presque tous ceux de ces 
derniers qui tombèrent entre leurs mains, et firent les ou- 
trages les plus sanglants à une centaine de personnes, qu'ils 
dirigèrent sur Constantinople, et dont la majeure partie 
périt en route , par suite du froid , de la faim , de la fatigue 
et des mauvais traitements. Les événements de Nicopolis et 
de Pséveza déterminèrent le général Chabot à faire évacuer^ 



(i) Le fort de Butrinto était établi sur le territoire de ce nom et aor 
la rive du canal de Corfou opposée à celle de l'île. * 

(a) Les deux généraux furent snr le point d'être pris dans une re- 
connaissance qu'ils firent aussitôt après leur arrivée à Butrinto» En- 
veloppé subitement par des cavaliers albanais , Chabot était décidé à 
combattre jusqu'à la mort, et à se tuer lui-môme, plutôt que de tom- 
ber vivant entre les mains des ennemis , lorsqu'il fut délivré par un pe- 
loton de grenadiers , qu'avait rassemblés à la hâte un officier de son état- 
major. 



DES GENERAUX filÀNÇilS. IsS 

]c9 deux arrondissements continentaux de Parga <ei 4e Yor 
nizza , et à en faire rentrer les garnisons à Ootrrou^ à Saio- 
te-Blaure. Sur ces entrefaites; laflolte turco- russe avait aiUa- 
qué les Iles Ioniennes -et s'était emparé de Gérîgo. Xi^forH- 
ilcations de Corfou avaient bien été augmLentées par4€sfoirjt4, 
que le général Chabot avait fait «onstpuir^ s-ur^lies bfti\t6ur« 
d'Aliraliam et de Saioi-Saiiveur ; mais, 4aQs l'état oii m 
trouvait la place, sa défense eût nécessité un armonieot d'en- 
viron 4^0 bouches à feu, et une garnison d'au moins ^oap 
hommes. L*artiilerie > qui dans le principe n'élaitcomposée 
que de. j 5o bouches à leu » fut portée pius tard à 45o ipar lia 
jnise en batterie de Soo.pièces vmaisla garnison , qui, ayant 
le siège 9 ne comptait que .i5oo hommes d'infanterie et 3ap 
artilleurs 5 sapeurl^ ou iouvriers , ne put être augmentée. 
Les approvisionnements en grains>pouvdient. suffire powriqs 
besoin^ peodant'Six mois; oeux en .viande salée , légumes.., 
conibustibles et médicaments, pour la moitié de ce -ten^Mi. 
Quant aux fovces maritimes, elles ne se composaient que 
du vaisseau ie Généreux , de 74 canons 9 du Leandery qqi 
n'avait pas la moitié de son .équipage, d'une corvette, une 
bombarde , un brick et quatre demirgalères. Outre l'insuf- 
fisance de ces moyens pour soutenir un long siège., le gé- 
néral chabot avait encore à craindre la malveillance des 
liabitants, qui, excités par la noblesse corfiote,, et disposés 
naturellement en faveur des Russes, à cause de la simili- 
tude de religion , se montraient prêts à se révolter contre 
les 'Français. Une prentiëre tentative d'insurrection ayant 
eu lieu, le général Chabot fît désarmer les liabitants de Cor- 
-fou,ie 9 novembre. Malgré cette sage mesure, l'esprit de 
vévolte, après avoir fait de grands progrès dans l'intérieur 
de^l'tle, se propagea 'bientôt jusque dans les faubourgs de 
-^oi»fou ; et les habitants deoeluide ManduchioJevèrent, les 
premiers, l'étendard de l'insurrection. Réunis à des pay- 
sans , ils se portèrent sur les hauteurs du fort d'Abraham , 
«t. occupèrent toutes les avenues de la place. Le général 
•Chabot, sortit de>Corfou, à la tête de «800 hommes et de 
quelques canons; obligea les rebelles à évacuer les postes où 
ils s'étaient retranchés; fit brûler le faubourg de Manda* 



1^4 DICTIONNÀIBE HISTORIQUE 

chio, et somma les habitaDtsde ceux de Sainl-Roch et des 
Castrades de remettre ]eurs armes; ce qu^ils firent sans ré- 
sistance. Le 5 octobre au soir, un vaisseau et une frégate 
russes 9 avec deux caravelles turques , vinrent mouiller en 
avant de Ttle de Vido ; et le général Chabot reçut, le inémé 
•jour, une première sommation, à laquelfe il fil une réponse 
négative. Il fit continuer ses préparatifs de défense avec la 
plus grande activité , et organisa deux corps, Tun de canon- 
TÙers-francs auxiliaires , l'autre de chasseurs-francs auxi- 
Havres, tous deux composés , avec une centaine d'officiers 
d'état*ma)or, d'officiers de ligne sans troupes , d'adminis- 
trateurs et dVmployés qui lui avaient offert leurs services. 
Aucun événement important" n'eut lieu jusqu^au 20 du mê- 
me mois : mais, dans cette journée, l^scadre russe, sous 
les ordres d'Ouchakovir, et celle des Turcs, commandée par 
Cadir-Bey, vinrent rallier les premiers bâtiments arrivés, et 
mouillèrent dans le canal de Corfou. La première de ces 
escadres se trouvait alors composée de lo vaisseaux, de 4 
frégates et plusieurs corvettes et bricks, et portait un assez 
petit nombre de troupes; la seconde comptait 3o bâtiments, 
vaisseaux, caravelles ou bricks, et avait 8000 hommes à 
bord. Le 21 et le 22, le débarquement des troupes turco- 
russes se fit dans la baie de Calichiapulo, et dès le 25 , les al- 
liés établirent des batteries destinées à foudroyer la place. 
Quoique ces batteries fussent placées à une trop grande 
distance de la place , et même des forts extérieurs, pour 
pouvoir y faire une brèche, elles causaient néanmoins beau- 
coup de dégâts dans la ville ; et ce motif détermina le gé- 
néral Chabot à tenter de les détruire : mais, afin de mé- 
nager ses munitions de guerre, il se décida à ne faire cette 
tentative que Tépée à la main ; et cette résolution donna 
lieu à huit sorties, presque toutes heureuses , et qui cou- 
vrirent de gloire la faible garnison de Corfou. L'armée de 
siège, d'abord trop faible pour achever l'entreprise com- 
mencée par les Turco- Russes, fut bientôt renforcée par 
1 5,000 Albanais, que fournit le pacha de Janina. Dès lors, 
la position des assiégés devint de plus en plus critique. 
Souvent les soldats d'Ali^ sortant k Timprovistc de leurs li* 






DES^EXÉRÀUX FRANÇAIS. 1^5 

gnesy se précipitaien t vers les forts avancés. Dans ces attaques 
soudaines, les Albanais parvinrent deux fois à s^einparer du 
fort Saint-Sauveur^ quç les Français leur reprirent, et que 
ces derniers conservèrent jusqu'à la fin du siège. Le générai 
Chabot attendait depuis tong-temps un secours qui lui avait 
été promis par le gouvernement français : mais ce renfort^, 
si nécessaire, consistant en 3ooo hommes de troupes em- 
barquées .à Ancône , ayant atteint, vers la fin de décembre, 
rile de Fano, située à )a pointe septentrionale de Corcyre, 
il fut décidé , dans un conseil tenu à bord du vaisseau com- 
mandant, qu'il était impossible d'aller plus loin : et Ton re- 
tourna à Ancône. Le i"mars i799,toutela flotte ennemie le- 
va Ta ocre, et fut s*embosser à demi-porlée de canon du rivage 
de rile de Vido (i), pendant que, pour occuper la garnison 
de Corfou et Tempécher de se porter au secours de cette 
Ile, les batteries ennemies, placées au mont Olivette, à 
Saint-Panlaléou et aux Gâstrades, dirigeaient le feu le plus 
violent sur les remparts et les forts de Corfou , et que des 
milliers d'Albanais attaquaient le fort Saint-Sauveur. L'at- 
taque des ennemis sur ce dernier fort fut rendue infruc- 
tueuse par la valeur des troupes qui le défendaient; mais 
le général Chabot , craignant de perdre trop d*hommes en 
de semblables occasions, qui pouvaient se renouveler, fit 
évacuer le fort Saint-Sauveur, dont les défenses furent ra- 
sées d*aprës ses ordres. L'occupation de Tile de Vido par les 
Turco-Russes leur donnait la faculté d'établir des batteries 
qui, en croisant leur feu avec celui de Saiut-Pantaléon , 
eussent écrasé la partie inférieure de la citadelle et achevé 
de détruire tous les magasins et établissements militaires : 
et, en outre, le port de Corfou était devenu plus acces- 
sible aux bâtiments ennemis. D'un autre 'côté, la garni- 
son de Corfou , affaiblie par une suite de combats et par 



(i) L'tic de Vido est située sur le rivage du canal de Corfou opposé 
à celui de cette dernière île» Faute d*argeat et de matériaux, le général 
Chabot n'avait pas pu fortifier convenablement Vido, qui û'était alors 
défendu que par 5 balterie^ de canon et environ 4^o hommes. 



126 mcnoimAiRE histMique 

quatre mois delatîf;ue8-el de privations , se troufaît rédui- 
te , dès U fin de février, à 800 hommes (1), et o^était pas 
par conséquent en état de résister à des attaques, dans les* 
quelles les généraux ennen»is pouvaient sacrifier 10,000 
Albanais pour un assaut, qui eOt infailliblement entraîné 
le massacre des assiégés. Ces différentes considérations dé- 
terminèrent le conseil de dépose à décider, le 5 mars , que 
l*on se rendrait. La capitulation fut honorable pour la gar- 
.nison, qui obtint d'être renvoyée en France , à eondition 
de ne point servir, pendant les dis-huit mois qui suivraient 
la :sîgnatnfe de la convention. Il fut stipulé, en même 
temps , que le transport de la garnison serait effeclué s«ir 
des bâtimeotsque les Turcs et les Russes fours iraient à leurs 
frais (3). Ce dernier article reçut sou exécution, i5 jours 
après la signature de la capitulation ; et le général Chabot^ 
ainsi que tout rétat-major de sa division , furent débarqués 
à Aucône. Le général Chabot fut employé, en 1600 , à l'ar- 
mée de rOuest , sous les ordres du général en chef Arune. 
11 détruisit ou dispersa , à Meslay^ le 8 janvier, un rassem- 
blement de 8000 chouans, commandés par le «hef roya- 
liste Bourmont , qui , après cette affaire décisive, fit^sa sou- 
mission au gouvernement. Le général -Chabot fut employé 
a l'armée d'Italie, pendant les aunées 1802, i8o3 et 1804. 
On le créa commandant de la Légion-d'Honneur, le 14 ium 
4le cette dernière année. Il fut attaché à la division de ré- 
serve en Piémont, en i8o5 et 1806, et obtint, en ^807, le 
commandement de la 9* division militaire. Employé , en 



(1) Après répuisemeot des approvisionnements en TÎande salée, on 
avait mangé les chevaux, les mulets et tous les animaux domestiques, 
et l'on avait été enfin réduit à se nourrir de rats, dont l'ile deVido.étttt 
alors heureusement infestée. Un de ces animaux se vendait jusqu'à 
trois francs. 

(a) Les amiraux ennemis, supposant la garnison de Gorfou forte au 
moins de 6000 hommes, et la jugeant ainsi d'après la vigoureuse résistance 
qu'elle avait faite, refusèrent d'abord d'accepter cette condition. Leur 
surprise fut des plus grandes, lorsqu'ils apprirent que la place renfer- 
mait au plus 800 combattants. 



.^^Ai 



M- i iitii 1 Ji"i ■^ismitiiÉ ffriÉ'i 



D£S GENERAUX FRANÇAIS. l!^ 

i8oS, à Tarmée de Catalogne , sous le général Gouviou 
8aint-Cyr» Il y commanda la 5* division , formée de régi» 
meDts napolitains. Il força le passage de Lobregat , le 27 
mars, et obtint, dans celte journée, des avantages impor- 
tants et décisifs sur TenneniL II fut blessé à la cuisse ^ le 2» 
mai suivant, dans une affaire d'avant-poste , qui s'engageâi 
à Saint-Heyl. Cette circonstance honorable le fit rentrer 
dans le commandement de la 9* division militaire, qu'il 
conserva jusqu'en 1814 9 époque à laquelle il fut admis à la 
retraité , après 5o ans 2 mois et 10 jours de service. S. M. 
Louis XVIII le créa chevalier de Tordre royal et militaire 
de Saint-Louis, le 24 août de la même année. Le barqp 
Chabot fut chargé, en janvier 181 5, du commandement 
de la 9* division militaire, et rentra dans la classe des offi- 
ciers-généraux en retraite, le 1" août suivant. Le roi lui a 
donné un témoignage de sa satisfaction, en le créant 
grand-ôffîcier de la Légion-d'Honneur, le 10 mai 1817. Le 
général Chabot avait été nommé baron de l'empire, par Na- 
poléon Buonaparte, le 4 juillet 181 1. {Tableau des pensions 
inscrites au trésor public, à la date du V* septembre 1819; 
brevets et états militaires. Moniteur ^ annales du temps,) 

CHABRÂN (Joseph^ comte), lieutenant-général, naquit 
à Cavaillon, près d'Avignon, le 2a juillet 1763. Il faisait 
partie d'une corporation consacrée à l'enseignement , lors- 
que la révolution française éclata en 1789. Son éducation 
soignée et les connaissances qu'il avait acquises le rendaient 
très>propre à des fonctions civiles; mais, par l'effet d'une 
inclination très-prononcée, il embrassa la carrière des ar- 
mes, au moment où la jeunesse française s'enrôlait volon- 
tairement pour marcher à la défense des frontières. Cha- 
bran reçut alors de ses compatriotes un témoignage de 
Testime qu'il s'était acquise parmi eux, et fut nommé, le 
4 août 1792, capitaine au 5* bataillon des Bouches-du- 
Rhône. Il fit en cette qualité sa première campagne à l'ar- 
mée d'Italie; devint capitaine-adjoint provisoire à l'état-* 
major de cette armée, le 12 mai 179? , et se distingua par 
•a valeur et son habileté aux combats de Pérus et de Li- 



128 BICTTONNAIBE HISTORIQUE 

gnier, le 8 juin suivant. On le fit chef de balaillon-adju- 
dant-géoëral provisoire, le 25 février 1794 9 et adjudant^ 
général chef de brigade, le i5 juin 1796. Il setrouva en cette 
dernière qualité au pa8sap;e du pont de Lodi,]e 1 1 mai 17965 
et fut, avec le général Masséna, un des officiers de Tar- 
mée française qui osèrent braver le feu d*une artillerie for- 
' midable, en se présentantdes premiers sur le pont avec les ca- 
rabiniers commandés par le brave chef de bataillon Dupas. 
Il passa ce pont au milieu d*uu peloton de grenadiers que 
criblait la mitraille, et donna dans cette occasion des preu- 
ves d'une valeur peu commune (i). Il se trouva, le 5 août 
suivant, à la bataille de Lonato; concourut, le 11 du mê- 
me mois, à la prise de la Corona et de fllontebaîdo , et fut 
cité avec éloge dans le rapport du général Nasséna , sous 
les ordres duquel il servait. Il combattit vaillamment à Ro- 
veredo , le 4 septembre de la même année : la conduite 
qu*il tint dans cette affaire lui valut une mention fort ho- 
norable dans le rapport du général en chef Buonaparte, et 
une nomination provisoire, faite sur le champ de bataille, au 
grade de général de brigade. Il se trouva à la bataille et à 
la prise de Bassano, le 8 septembre, et s*y signala. En ren- 
dant compte au directoire-exécutif de cette bataille, le gé- 
néral en chef sollicita, en faveur de Chabran, la confir- 
mation du grade de général de brigade. Chabran se trou- 
va au passage du Tngliamento, le 16 mars 1797, et y sou- 
tint, avec deux bataillons de grenadiers, le mouvement de 
la division du général Murât. Il fut confirmé général ide 
brigade, le »5 mai 1797 (a). La ville de Yéronue, s^élant 



(1) Une balle atteignit un hussard qui se trouvait aux côtég de Cha- 
bran. Celui-ci, s'aperccvant que le hussard fléchissait, le soutint par le 
bras, et lui dit avec le plus grand sang-froid : « Allons, moi^ ami, un 
• peu de courage , et nous arrivons. » 

{1) Le gouvernement français, voulant témoigner au général Chabran 
combien il était satisfait de sa conduite, lui fit présent d'un sabre d'hon- 
neur, sur la lame duquel étaient gravés ces mots : •A l'adjudant- gêné' 
rai Chaéran, avec le érevet dégénérai de itrigade, fnnir les éataUies dt 
Lodiy Lonato, Hoveredç f$ Trente; ie 10 vendémiaire an 10. • 



DES GEIfËBÀUX FRANÇAIS. 12^ 

révoltée contre les Français, le général Ghabran fut en* 
voyé pour la soumeltre. Il s*en empara de vive force , y 
entra en vainqueur, et punît les chefs de Tinsurrection ; 
mais, quoiqu'il pût, d'après les lois de la guerre, déployer 
une plus grande sévérité envers les habitants, il sut rési-- 
ster aux insinuations d'un parti qui voulait faire livrer Jlisi 
ville au pillage, et fit observer à ses troupes la plus exacte 
discipline. La modérs^tion et le désintéressement qu'il mon- 
tra dans cette occasion lui firent le plus grand honneur, 
et ajoutèrent beaucoup à l'éclat du succès qu'il avait ob-^ 
tenu. Après le traité de paix signé à Campo-Formio , le 17 
octobre de la même année , le général Ghabran fut em- 
ployé à réprimer les troubles qui agitaient les départe- 
ments des Bouches-du-Rhône et des Alpes, et il parvint à 
rétablir l'ordre, en alliant la fermeté aux moyens de con- 
ciliation. Servant, çn 1799^ à l'armée d'Helvétie, com« 
mandée par le général Masséna, il concourut, le 7 mars, 
au passage du Rhin. Ghargé, le même )our, d'attaquer 
les ennemis qui avaient opéré leur retraite sur Goire, il 
marcha à la tête de sa brigade, composée des 67* et io3* 
demi-brigades d'Infanterie de ligne ; enfonça les rangs au- 
tricliiens à la baïonnette; et, secondé par une chaire briU 
lante du 7* de hussards, il parvint à mettre l4p enne- 
mis dans une déroute complète, et fit prisonnier de guerre 
le général Auffemberg, qui les commandait. Le 1*' mai sui-^ 
vaut 9 une colonne ennemie forte de 2000 hommes ayant 
débouché par Flaich pour tourner Lucisteig, dans la gorge 
de la Lanquart, le général Ghabran , qui était en positiou 
à Luoisteig, se mit à latête d'un bataillon de la 109* demi- 
brigade d'infanterie de ligne, et des carabiniers de la i4* 
d'infanterie légère; tomba impétueusement sur cette co- 
lonne ; la força de mettre bas les armes, et fil i5oo hom- 
mes prisonniers (1). Ghargé d'occuper l'ennemi et de falrQ 



(i) Voyez les rapports du général en chef Masséna et du gcnéral Lor- 
ge, dans les Moniteurs dès ao et 27 floréal an 7 (9 et 10 mai 1799}, nu* 
inéros aSo et 5137. 

iT. 17 



l5o DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

une diversion pendant que le général Masséna passerait la 
rivière de Thur, le a5 mai, il obtint des avantages assez 
considérables j et fit des prisonniers. Il fut prorâu au grade 
de général de division , le 95 juin de la même année. Le 
général en chef lui ayant donné Tordre de favoriser une 
attaque générale , qui devait être entreprise par la droite 
de l'armée d*Helvétîe , il s'avança sur la haute Sild , qu'il 
passa , le i4 août ; surprit et fit replier tous les postes au- 
trichiens sur la rive occidentale du lac de Zurich ; gravit 
les hauteurs de Richtenschwyl et d'Hirzel; tourna et atta- 
qua avec avantage un corps assez considérable d'Autri- 
chiens, qui gardait la position entre Lacken et Notre-Da- 
me -des- Hermites, et le détruisit presque en entier : Ib 
reste fut pris ou dispersé. Cette opération militaire de la 
division Chabran favorisa les attaques du générai Lecour- 
be sur Schweitz et sur le cours de la Reuss. Le 1 5 août, Cha- 
bran attaqua le camp retranché des ennemis àWolrand, l'em- 
porta à la baïonnette, et fut grièvement blessé (i)» Lors- 
que l'armée de réserve fut formée 9 au commencement de 
1800, le général Chabran y eut le commandement de la 
6* division , formée des troupes de dépôt de l'armée d'O- 
rient. Cette armée s'étant mise en mouvement pour se 
porter V Italie , la division Chabran pénétra dans la val- 
lée d'Aoste par le petit Saint-Berna^rd. Après avoir gravi 
le grand Saint-Bernard, l'avant-garde française se trou- 
va arrêtée devant la ville et le château de Bard> si- 
tués sur le chemin d'Aoste à Tvrée. Le général Alexandre 
Berthier avait ordonné l'assaut de cette forteresse; mais, 
cette opération n'ayant point réussi contre le château, on 
se décida à en faire le siège, et Chabran en fut chargé. 
Entre autres moyens pris par ce général pour réduire le 
Château de Bard , nous citerons celui-ci : Il fit monter & 
force de bras, dans le clocher d'une église, a pièces dé ca-_ 



(1) Le prince Charles, commandant en chef l'armée autrichienne, dit 
à ses officiers 4 en parlant du général Chabran : « Ce général se mire dans 
• ses grenadiers.* Effectivement Chabran mettait son orgueil dans la 
bonne tenue de ses troupes. 



DES GENERAUX FBÀNÇÀIS. loi 

non de la livres de balle y qui par leur feu ouvrirent une 
brèche dans l'enceinte du fort. Le commandant du châ«- 
leau demanda alors 9 mais inutilement 9 deux heures p-our 
délibérer; Chabran ne lui accorda qu'une demi-heure; et dès 
le même jour, à 9 heures du soir, il se rendît mattre du châ- 
teau par capitulation. La garnison, forte de 400 hommes^ 
fut faite prisonnière de guerre, et l'on trouva dans la place 
18 bouches à feu et une assez grande quantité de muni- 
tions. L'occupation du château de Bard était fort impor- 
tante , en ce qu'elle assurait les communications de l'ar- 
mée de réserve avec la France, par la vallée d'Aoste ^i 
conduit aux deux monts St. -Bernard. Après la prise de ce 
fort, le général Chabran porta de suite sa division à Ivrée 
et sur la rive gauche du P6, pour éclairer les mouvements 
de l'ennemi sur la rive droite de ce fleuve. Il opéra une 
puissante diversion qui contribua aux résultats brillants de 
la bataille de Marengo, gagnée par les*Françàis , le 14 juin 
1800. La paix ayant été conclue à Lunéville, en 1801 , le 
général Chabran fut nommé commandant-général du Pié- 
mont, où il développa les qualités d'un administrateur 
juste, sage et éclairé. Il y protégea la sûreté des routes, 
ramena partout l'ordre, et fit renaître la confiance dans les 
esprits, même les plus prévenus. En 1804 9 il présida le 
collège électoral du département de Yaucluse , et fut nom- 
mé commandant de la Légion - d'Honneur , le i4 juin. 
Lorsque, dans la même année, les troupes françaises se 
portaient en masse vers l'Allemagne, pour s'opposer aux 
efforts d'une nouvelle coalition entre les puissances du 
Nord, le premier consul Buonaparte confia à Chabran la 
défense des côtes de l'Océan et des îles qui en dépendent, 
depuis Nantes jusqu'à la Gironde. L'activité que ce géné- 
ral déploya et les armements redoutables qu'il forma suf- 
firent pour rassurer la France contre les projets d attaque 
manifestés par l'ennemi sur ces divers points. Il com- 
manda ensuite le camp de Saintes. Il passa, en 1806, au 
commandement de la 10* division militaire; et, lorsqu'il 
le quitta , il laissa aux Toulousains des souvenirs durables 
de sa bonne conduite et de son administration toute patec^ 



l5:2 BICTIONNAIRE HISTORIQUE 

nelleà leur égard. Employé en 18089 à Parmée de Catalo- 
gne, il entra dans cette province à la tête de sa division 9 
et se distingua par plusieurs succès. Une insurrection gé- 
nérale ayant éclaté en Catalogne, Chabran fut chargé 
de rétablir l'ordre à Tarragone. Après s'être acquitté de 
cette mission, il revenait sur Barcelone, lorsqa*il trouva 
le village d'Arbos occupé par une partie des révoltés, qui 
avaient été battus sur le Lobreyat par le général Duhesme. 
Tous les habits^nts d'Arbos, hommes, femmes et enfants, 
avaient pris les armes et s'étaient joints aux insurgés. Cha- 
bran fut obligé de mettre le feu au village , pour en chas- 
ser ce rassemblement qui s'obstinait à lui refuser passage. 
Il obtint un avantage considérable sur les ennemis à Moli" 
Dos-del-Rey, sur le Lobregat, où, avec 4000 hommes, il 
défit un corps de près de ao,ooOi II eut le gouvernement 
de Barcelone, dans un moment de crise et d'agitation 
qu'il parvint à calmer par une conduite sage et ferme , et 
en alliant le courage à la modération. Il se concilia l'esti- 
me des habitants de cette ville à un tel point, que, lors- 
qu'il l'eut quittée , le corps municipal lui vota une lettre de 
remercîments (1) (2). Après cette campagne, le général 



(1} Voici un extrait de celle lettre : «Oui, général, nous avons vu 

• mieux que personne le zèle et le dé»intéresiiement que vous avez mon- 
stres pour cette ville, tout le temps que vous avez été chargé de son 
» commandement. Vous avez fait aimer le nom français par une bonne 
»di&ciplioe parmi les troupes de votre division, et par la douceur et Taf- 
»fabilité de vos mœurs, en même temps que vous avez forcé l'estime 

• publique par votre probité et votre désintéressement. Vous avez fait le 
» bonheur de cette capitale, en épargnant des 0ots de sang : car vous 
» avez arrêté dans sa source une conspiration atroce, forgée par le parti an- 

• glais, qui tendait à détruire cette ville; et, par une sévérité parfaite- 
>ment conforme à la justice, vous lui avez procuré la tranquillité dont 
»elle jouit encore. Daignez, général, agréer cet hommage comme ud 
» signe éclatant de notre reconnaissance ; c'est une dette que nous acquit- 
» tons avec plaisir au nom des Barcelonais, qui n'oublieront jamais le dan- 
p ger éminent dont vous les avez sauvés par votre brillante affaire du pont 
» de Molinos-del-Rey. > 

(2) La ville de Villa-Franca , en Catalogne , envoya aussi au général 
Chabran une épée portant ces mots : « ^ (a rccçnnaUsancc, » 



DES GENERAUX FRANÇAIS* , l35 

Chabran obtint sa retraite. S. M. Louis XYIII V^t créé che- 
valier de Saint-Louis, le 19 juin 18149 et lui a conféré le ti- 
tre de comte, le 25 décembre suivant. On trouve le général 
Chabran classé- parmi les lieutenants -généraux disponi« 
Wes, en 1820 et 1821. {Etats et brevets militaires , Moniteur, 
annales du temps.) 

DE CHADENAC, voyez Blon. 

PB CHALÂ.BRË , voyez Bbutèbes. 

DE CHAMBON (Pierre), marquis d'Ârbouville, maré- 
chal-de-camp, entra dans les mousquetaires, en 1696, et 
fit la campagne de cette année et celle de 1696 en Flandre. 
Il passa , le 22 janvier 1697, enseigne dans le régiment d^iu- 
fanterie d'Artagnan , avec lequel il servit encore en Flan- 
dre. Ce régiment ayant été réformé, le5o décembre 1698, 
le marquis d'Arbouville obtint une enseigne dans le régi- 
ment des gardes-françaises, le 26 avril 1699, et servit en 
Flandre , en 1701. Il se trouva au combat de Nimëgue, en 
1702, et à celui d'Eckeren , avec les grenadiers de son ré- 
giment, en 1705. Il parvint à une lieutenance dans son 
régiment, sans avoir été sous-lieutenant, le 9 décembre 
de la même année; continua de servir en Flandre, et fut 
fait aide-major, le 20 juin 1706, après la bataille de Ra* 
millies. Il combattit à Oudenarde , en 1708, et à Malpla- 
quet, en 1709. Iloblint,le 17 mars 1711, une commission 
pour tenir rang de colonel d'infanterie , ' et servit aux siè- 
ges de Douai et du Quesnoy, en 1712 ; à ceux de Landau 
et de Fribourg, en 1715. On le fit capitaine dans le même 
régiment , le 6 avril 1716; capitaine d'une compagnie de 
grenadiers, le 22 mars 1750, et brigadier, le 20 février 
1754* Il commanda les grenadiers des gardes-françaises à 
Faltaque des lignes d'Ettingen , et au siège de Philisbourg, 
la même année, et à Taffaire de Clausen, en 1735. Créé 
maréchal-de-camp, le 1" mars 1758, et nommé gouver- 
neur de Schlestadt, le 1*' mai suivant, il quitta le régi- 
ment des gardes et conserva son gouvernement jusqu'à sa 
mort, qui eut lieu le i5 octobre 1753. Le marquis d'Ar- 



l3zj DICnONNAïUE HISTORIQUE 

bouviUe était alors âgé de 72 ans, et possédait la charge de 
lieutenant de roi de l'Orléanais. {Chronologie militaire^ 
tom. Fil, pag. 148; Gazette de France,) 

CHAMBON D'AEBODVittE (N.. ..) , maréchal-de-camp da 
21 septembre 1788. {Etats militaires.) 

CHAMBON DB lA Baethe (N....), maréchal-de'^camp du 
i'' janvier 1784» avait été créé brigadier d'infanterie, le 
i" mars 1780. {Etats militaires.) ' 

DE CHAMBO&S f voyez de la. Boessiisbe. 

GHAMORIN (Vital-Joachim, If aron), général de brigade, 
naquit à Bonnelles, en Tlle de France (actuellement dé- 
partement de Seine-et-Oise) 9 le 16 août 1773. Il entra au 
service comme soldat dans le 7* régiment d'infanterie de 
ligne y le a3 décembre 1788; y fut fait caporal, le 27 avril 
179a f et fourrier, le 27 mai suivant. Il Ht la campagne de 
cetle dernière année en Savoie et à Tarmée des Pyrénées- 
Orientales. Il passa adjudant-sous- oui cier au 6* bataillon 
de rfiéraulty le 11 juillet 1795, et y devint sous-lieute*- 
nant, le 11 octobre suivant. Employé. à l'armée des Pyré*- 
uées-Orieniales , il se trouva, le 5o avril 1794, ^ la batail- 
le de Boulou; entra, lui troisième y dans la redoute dite de 
Montesquieu , s'empara des canons qui la défendaient, et 
en dirigea le feu sur l'ennemi (i). Il fut blessé d'un coup 
de feu dans cette action brillante , et obtint le grade 
de capitaine, sur le champ de bataille. Il passa en cçtte 
qualité dans le 8* bataillon de la Côte -d'Or, le 8 sep- 
tembre suivant, et devint capitaine de grenadiers à la 12* 
demi-brigade d'infanterie de ligne, où il fut incorporé, le 
24 avril 1796. Employé, la même année, à l'armée d'Ita- 
lie , dans la division du général Dallemagne, il se distingua^ 
le 24 août, à Borgo-Forte , où il entra, après avoir forcé la 
ligne ennemie à la tête des grenadiers et des éclaireurs de 



(1) Certificat do g<$néral Pérignon. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. lù^ 

la 12* demi- brigade de ligne. Le grade de chef de bataillon 
fut demandé pour lui par le général de division Girardon ( i }, 
comme récompense de la bravoure qu'il avait déployée eu 
cette occasion. Chamorin refusa ce grade , préférant alors 
commander les braves grenadiers deiBon corps. Il continua 
de servir à l'armée dltalie 9 en 17979 1798 et 1799. En dé- 
cembre 1798, il fit partie de rexpédilionde Girceo dans TÉ- 
tat ecclésiastique; entra le premier, à la tête des grenadiers 
polonais 9 dans la ville de Frossinone 9 prise d'assaut 9 et so 
conduisit dans cette action avec une telle bravoure 9 que le 
grade de chef de bataillon fut demandé une seconde fois 
pour lui par le général Girardon (a). Il se trouva 9 le 14 juin 
1800 9 à la bataille de Mareug0 9 s'y distingua particulière- 
ment9 et y eut 2 chevaux tués sous lui. Il passa capitaine au 
6* régiment de hussards, le 20 du même mois. Il fut blessé» 
le 25 décembre suivant, au passage du Mincio, et n^en con- 
tinua pas moins de rester à la tête des tirailleurs qu'il com- 
mandait. La bravoure qu'il montra en cette occasion fut citée 
avec éloges par le général Dupont, et lui valut le grade de chef 
d'escadron qu'il obtint sur le champ de bataille. Il compta en 
cette qualité dans le 1 1* régiment de hussards, à partir du mê- 
me jour. En 180I9 il fut attaché comme aide-de-camp au gé- 
néral Watrin , qui avait le commandement de l'île d'Elbe , 
et se distingua particulièrement lors du débarquement des 
Anglais dans cette île. Il reçut du général Watrin des félici- 
tations sur sa bonne conduite dans cette circonstance (3)^ 
et obtint du général en chef Alurat une attestation de la bra- 
voure qu'il avait déployée , ainsi qu'une recommandation à 



(1) Certificat du général Girardon. 
(a) Jdem, 

(3) Le général Watrin le recommanda en ces termes au premier cob- 
Bul : t J'ose prier le premier consul de nommer membre de> la Légioa- 
> d'Honneur le chef d'escadron Ghamorin, mon aide-de-camp. Getoffi« 
*cier, rempli d'honneur» réunît à une rare bravoure toutes les coonais- 
•sances qui constituent le véritable officier. Plusieurs actions d*ëclat et 

• une excellente conduite, constamment soutenue, lui donnent des droit» 

• à cette faveur, que je sollicite de la justice du premier consul. • 



l36 DICTION]» AIRE HISTORIQUE 

la bienveillance du premier consul. Kn i8oa et iSoS, tir 
chef d'escadron Chamorin futemployé, sous le général Wa- 
triii 9 et toujours comme aîde-de>camp de ce général , dan» 
Texpéditiou de St. -Domîngue, pendant laquelle il donna de 
nouvelles preuves de ses talents militaires. Après la mort de 
son général, il revint en France, et passa chef d*escadronau 5* 
régiment de cuirassiers, le 25 janvier i8o4* Il obtint la croix 
de la Légion-d'Honneur, le i5 juin suivant; fut nommé chef 
d'escadron aux grenadiers de la garde impériale, le 5 septem- 
bre i8o5, et décoré de la croix d*officier de la Légion-d*Hon- 
neur^ le 2 décembre suivant. Ilfîtlescampagnesdei8o5, i8o6 
et 1807, ^^ Autriche, en Prusse et en Pologne, et devint 
colonel du 26* régiment de dragons, le 14 février de cette 
dernière année. Il commanda ce régiment à Tarmée d*£s- 
pagne, en 1808, 1809 et 1810. Nommé général de briga- 
de (^i), le 5 mars 181 1 , il reçut Tordre de rentrer en Fran- 
ce, pour y prendre le commandement d'une brigade de 
grosse cavalerie , destinée à agir dans la guerre contre la 
Russie ; mais , dans le moment où il se disposait à obéir à 
cet ordre, il fut invité à retarder son départ, par les ma- 
réchaux ducs de Dalmatie et de Trévise , qui lui proposè- 
rent de prendre part à un coup de main qu'ils voulaient 
faire. Chamorin, ne consultant que son courage et sa va- 
leur , et guidé d'ailleurs par la haine implacable qu'il avait 
depuis long-temps jurée aux Anglais, consentit à rester, 
pour saisir une nouvelle occasion de combattre contre eux. 
Par ordre des maréchaux, la ville de Gampo-Mayor fut 
désarmée, et toute l'artillerie de cette place dut être éva- 



(1) Le général de division baron de La Tour Maubourg avait donné 
sur le colonel Chamorin une note, dan» laquelle tous les services impor- 
tants de cet officier étaient cités en termes honorables, et cette note fi- 
nissait par le paragraphe suivant : t M. le colonel Chamorin remplira • 
• avec une égale distinction les fonctions du grade de général de brigade, 
» demandé en sa faveur. » La même note était apostillée par M. le ma- 
réchal Victor , duc de Bellune , qui , en déclarant que les éloges donné» 
au colonel Chamorin étaient mérités, joignait sa recommandation à celle 
du général de JLa Tour-Maubourg. 



DES GliNËRÀUX FRANÇAIS. 13'J 

cuée sur Badajoz. Le commandement de Tarrière-gardede 
la colon ne^ran ça ise fut confié au général Chamorin. Un 
corps de cayalerie ennemie , fort de 4000 hommes^ et com- 
posé d'Anglais et de Portugais, se présenta (devant Campo- 
Mayor , le 35 mars 9 au monient où les Français achevaient 
Tévacuation de cette place. Chamorin n*avait alors sous ses 
ordres que aoo hommes du 96* régiment de dragons (ce- 
lui dont il venait de quitter le commandement pour pasier 
général de brigade), 5oo chcvau-Iégers espagnols, un ba- 
taillon du 100* régiment d'infanterie de ligne et a pièces 
de canon d'artillerie de campagne du calibre de 4* Vou- 
lant donner au convoi qu'il couvrait, ainsi qu'à son infan- 
terie et à son artillerie, le temps de, s'éloigner, il engagea 
le combat, avec sa cavalerie seulement, contre celle des 
Anglo-Portugais; pt, quoique très- inférieur en nombre, il 
fit charger l'ennemi avec autant d'audace que d'inlrépidi- 
té. Le turban du casque de dragons qu'il portait encore 
a3'ant été coupé, il combattit lète nue. 8'étant enfoncé 
dans la mêlée, son cheval y fut tué d'un coup de pistolet, 
et lui-même, ayant refusé de se rendre aux nombreux en- 
nemis qui l'entouraient, fmit par succomber sous leurs 
coups, et resta mort sur le champ de bataille. Il y fut en- 
terré par les soins du général anglais^ qui lui (it rendre l^ 
derniers honneurs, eu présence d'une députation compo- 
sée d'officiers et de sous-oûiciers du 26** régiment de dra- 
gons. La France perdit dans le général Chamorin un dé- 
fenseur zélé et dévoué, et un officier très-distingué (1) (a). Il 
avait été créé commandant de la Légion-d'Honneur, le 11 



(1) En apprenant la mort glorieuse du général Chamorin , le maréchal 
Soult dit, eu présence de plusieurs généraux et officiers supérieurs : c J6 

• le regrette sincèrement; c*est un brave que je perds. C'était l'un de 

• mes meilleurs officiers .d*avant-garde. /i 

(a) Le général anglais lord B'eresford, qui commandaît la cavalerie 
anglo-portugaise à l'affaire de Campo-Mayor, écrivît lui-même au géné- 
ral de Latûur-Maubourg, pour l'informer que le général Chamorin, res- 
té mort sur le champ de bataille, avait, dans cette journée, tenu, avec 
ion petit nombre de troupes, une conduite au-dessus de tout éloge. 



l58 DICTIONNAIRE UISTORIQLE 

décembre 1808, et revêtu du titre de baron en 1809. (^Bre- 
vêts et états militaires^ Moniteur, annales du temps,) 

DE CHAMPGENETZ (N...., marquis), a été nommé lieu- 
tenant- général , le 33 iuin 1814. S. M. Louis XY III lui a 
confié, en même temps» le gouvernement des châteaux 
des Tuileries et an Meudon. {^Moniteur, états militaires.) 

CHAMPION, voyez de Nansovty. 

CHAMPIONNET (Jean-Étîenne) , général en chef^ na- 
quît à Valence, en 1762 (1). A Tâge de 14 ans, il s'enga- 
gea dans les gardes-wallonnes, et passa ensuite dans le ré- 
giment de Bretagne. Il se trouva au siège de Gibraltar, et 
y servit sous le duc de Grillon , qui l'honora de sa bien- 
veillance. Un caractère belliqueux, une>éloqaence vive et 
persuasive, une taille superbe et des traits mâles et fiers, 
Oii la douceur trouvait place, tels étaient les dons naturels 
qui s*étaient développés chez Ghampionnet, lorsque la ré- 
volution française vint à éclater. Tourmenté du besoin de 
la gfoire, il saisit avec empressement Toccasion favorable 
qui se présentait; et, s'étant mis sur les rangs des défen- 
seurs de la patrie, il fut appelé par ses compatriotes au 
commandement du 6* bataillon du département de la Drô- 
me, en i^oi* Envoyé avec son bataillon dans le départe- 
ment du Jura 5 pour y soumettre les habitants qui avaient 
pris les armes dcins le dessein de venger leurs représentants 
que la convention avait opprimés, Ghampionnet éluda les 
ordres sévères qu'il avait reçus, et parvint à apaiser la sé- 



-(i) Il était fils naturel d'un avocat distingué , nommé Legrand, et 
d'une jolie paysanne, que M. Legrand épousa à son lit de mort. Le nom 
de Championnet, qui signifie, en langue provençale, petit chanvpignon^ 
lui fut donné par analogie avec cette plante qui croit naturellement. 
L'impatience qu'il éprouvait à s'entendre quelquefois reprocher sa nais- 
sance illégitime fut le premier motif qui le porta à s'expatrier, et à en- 
trer dans la carrière militaire. Les ouvrages de tactique devinrent alors 
ta lecture favorite, et PUitarque, qu'il ne quittait plus, acheva de dé- 
terminer ton goût pour la profession des armes. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. lag 

dîtion, sans faire couier une seule goutte de sang. Sa va- 
leur et ses talents militaires le firent passer rs^pidement par 
tous lés grades, et il obtint celui de général de division ^ 
le 10 juin 1794* A cette époque,' il avait déjà, signalé son 
courage dans les forêts de Brumpl, de Bischwetiler, d*Ha- 
guenau et de Weissembourg. Il était entré Tiin des pre- 
miers dans Landau débloqué ; avait concouru à la prise de 
Spire, Worms et Franckenthal (1), et s'était trouvé aux 
combats livrés dani$ les champs d'Arlon. Employé comme 
général de division à Tarmée de Sambre-et-Meuse, sous 
les ordres du général en chef Jourdan, il se trouva, le 18 
juin 1794, au passage de la Sambre ; et, ayant joint, le 21, 
ses troupes à celles du général. de division Kléber, il con- 
tribua à repousser jusqu'au-delà de Genappe les troupes 
ennemies, qui s'étaient avancées jusqu'à la chapelle de 
Herlaymont. A la bataille de Fleurus , gagnée sur les puis- 
sances coalisées, le 36 du même mois, il combattit au 
centre de l'armée avec sa divisionjMrésista d'abord victo- 
rieusement aux vigoureuses attaquer des généraux enne- 
mis (l'archiduc Charles et le prince de Kaunitz); et, ayaat 
à son tour pris l'offensive, il se précipita sur l'ennemi à la/ 
tête de ses troupes; livra successivement plusieurs eom- 
bats y et concourut puissamment aux brillants succès de 



(1) Le iendemaio d'un engagement malheureux sur les hauteurs de 
Neustadt, Ghampionnet, ayant vu deux conducteurs de l'artillerie du 
bataillon qu'il commandait pendus à ua arbre par l'ennemi et à demi 
brûlés sur un bûcher de fascines , l'horreur de ce spectacle lui fit don- 
ner à ses troupes l'ordre de ne fuire aCicun prisonnier : ellei» en fireot le 
serment. Un combat s'éiaat engagé, ses soldais exéculèrent trop fidèle- 
ment cet ordre. Cependant un enfant de 1 4 ans, natif de Valence, et 
tambour dans le bataillon de Championnet, amena devant son chef an 
grenadier autrichien, de la plut» haute taille, qu'il venait de faire prisoo- 
nier. • Malheureux, dit Championnet à ce jeune homme, as tu donc 
• oublie mon ordre ?• — t Général, il était sans armes.» Cette réponse 
sublime fit rougir Championnet, qui embrassa le tambour,vet firt en 
môme temps obligé d'user de toute l'autorité d'un chef pour faire ac- 
cepter sa bourse au généreux enfant : celui-ci fut emporté le lendemaia 
par un boulet de canon. (Mémoirts de Championne^.) 



I 



lj|0 DlCTIONiSAIRE HISTORIQUE 

cette mémorable iournée. Il commanda sa division à la 
bataille d'Aldenlioven et à la prise de Juliers, le 2 octo- 
tobre suivant. Il 6*empara des hauteurs de Clermont ; at- 
taqua et prit Juliers, et 'entra dans Cologne, qui lui ou- 
vrît ses portes. L'armée de Sambre-et-Meu^e ayant pris ses 
quartiers d'hiver, la division du général Ghampiônnet cul 
les siens -assignés à Cologne. Pendant Thiver de 1794 à 
179^9 Championnet parcourut pour son instruction les 
bords du Rhin , et visita plusieurs fois les champs de ba- 
taille fameux qui avoisincnt ce fleuve. Il fit élever à Clos- 
tercamp un monument dédié à la mémoire du brave che- 
valier d'Assas, et sur le terrain même où ce généreux guer- 
rier avait glorieusement terminé sa vie (1). Employé à la 
même armée de Sambre-et-Meuse, en 1795, le général 
Championnet fut mis avec sa division à la disposition du 
général Kléber, qui avait été chargé par le général en chef 
Jourdan d'effectuer le passage du Rhin. Cette division se 
porta près de l'embo^yiure de l'Erfft , à l'exception de 3 
bataillons qui demeuirrent dans les ouvrages construits sur 
la rive gauche du Rhin , vis-à-vis de DusseldorfT. D'après 
les instructions de Kléber, Championnet fit déboucher de 
l'Erfft dans le Rhin , vers les premiers jours de septembre, 
5a nacelles pouvant à peine contenir, ensemble, Çoo hom- 



(1) d'ASSAS (l^icolas, ehevaiier), naquît au Vigao. Il servait comme 
capitaine au régiment d'Auvergne infanterie, lorsqu'il périt, dans la 
nuit du 1 5 au 16 octobre 17^)0, victime du dévouement le plus héroïque. 
Commandant une grand'gardc, postée sur la lisière d'un bofs à Gloster- 
cimp, près Gueidre, il voulut, vers le point du jour, faire seul la re- 
connaissance des postes. A peine avaîNil fait quelques pas, qu'il tomba 
sur une colonne ennemie, qui s'avançait en («ilence pour surprendre 
l'armée française. Aussitôt les grenadiers de cette colonne le saisissent, 
et, lui posant Ictrrs baïonnettes sur la poitrine, le menacent^de le tuer, 
s'il dit un seul mot. Il y allait du salut de l!armée française, qui n'était 
point préparée à l'attaque projetée par l'ennemi. D'Assas se recueille 
an moment pour enfler sa voix, puis il s'écrie : « A mai, Auvergnel 
voilà i' ennemi, • Aussitôt il tombe percé de coups. Ge trait sublime ne 
pouvait pas être omis dans un Dictionnaire consacré à la gloire du nom 
fiançais. 



DES GÉNÉRAUX tRANÇAIS. 141 

mes, et qui devaient transporter les troupes desliïiées à 
aller s^cmparer de Dusseldorff. Le passage du Rhin en face 
de cette ville était une entreprise très- périlleuse. Dussel- 
dorff, bien fortifié, était défendu par une garnison de 2000 
hommes, protégé par un camp retranché où se trouvaient 
la à 1 5^000 Autrichiens, et par une citadelle hérissée de 
plus de 100 bouches à feu. Kléher, connaissant toute Tim- 
portance de la prise de Dusseldorff, n'avait pas hésité ai 
confier catte expédition au général Championnet, dans le- 
quel il avait remarqué cette ardeur guerrière qui sait vain- 
cre les obstacles. Tout était préparé pour cette dan- 
gereuse opération^ lorsqu'un événement assez singulier 
vint la retarder. Championnet , en parcourant les bords du 
Hhin pour reconnaître les postes autrichiens placés sur la 
rive opposée, aperçut un héron immobile au milieu du 
fleuve, vis-à-vi» l'embouchure de Li rivière d'Erfft, point 
choisi pour effectuer le passage. Cette circonstance lui fit 
conclure avec sagacité que le fleuve manquait de profon- 
deur dans cet endroit, et il s'en fit assurer par deux ou 
trois soldats /qui, s'étant mis à la nage, reconnurent un 
banc de sable de près de 100 toises de longueur, et cou- 
vert seulemeqt de quelques pouces d'eau. Obligé de renon- 
cer au projet de passer le fleuve en cet endroit, Cham- 
pionnet fit remorquer ses nacelles à deux lieues plus haut, 
vers une rivière aflliiente au Rhin , près de Grimlinghau- 
sen. Il fit aussi conduire sur les bords' du fleuve, dans la 
nuit du 4 au 5 septembre, Tartillcrie nécessaire pour pro- 
téger le débarquement de ses troupes. Le 6, après qu'on 
eut empaillé les roues et toutes les pièces de fer, il fit dé- 
filer ses soldats, dans le plus grand silence, vers les em- 
barcations. « Compagnons de mes périls , leur dit^lors 
oChampionnet, demain, au soleil levant, nous seronS^H ^H 
»Dusseldorff, ou nous serons tous morts glorîeusemenrpîïur ^^ 
»Ia patrie. » Ayant fait embarquer 14 compagnies de gre- 
nadiers, il prononça la peine de mort contre tout soldat qui 
ferait feu durant le passage. Il était onze heures du soir, 
lorsque la flotille se mit en mouvement. La lune , levée 
depuis une heure, permettait à l'ennemi de voir tout ce 



^ 



142 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

qui se passait du côté des Français; mais ceux-ci, loin d'ê- 
tre intimidés, sentirent leur courage s'accroître par la cer- 
titude que leur triomphe serait éclairé. Bientôt le feu de 
toutes les batteries autrichiennes fut dirigé sur la flottille; 
mais Tartillerie française, placée sur la rive gauche du 
Bhin, riposte à cette décharge 9 et foudroie les batteries et 
les bataillons allemands. Au milieu de ce feu terrible, quel- 
ques bateaux dérivent, d'autres s'engloutissent; cependant 
les grenadiers français exécutent l'ordre donné pai* Cham- 
pionnet, et plusieurs périssent, atteints par les obus et les 
boulets, sans qu'aucun de leurs camarades songe à ven- 
ger leur mort, en tirant sur l'ennemi. Enfin la flotille ar- 
rive au rivage allemand , et aussitôt les grenadiers s'élan- 
cent sur l'ennemi, l'enfoncent, le culbutent, et font re- 
tentir Pair de cris de victoire. Pendant que cette expédi- 
tion arrivait à son but , Championnet la faisait suivre suc- 
cessivement par d'autres embarcations; enfin il passe lui- 
même sur la rive gauche du fleuve , où sa présence redou- 
ble le courage et l'ardeur de ses soldats. Sa division étant 
toujours aux prises avec l'ennemi, qui se défendait opiniâ- 
trement , il donna ordre au général Legrand de bloquer 
sur le champ Dusseldorff. Après avoir lancé quelques bou- 
lets et obus sur la place , on somma le gouverneur de se 
rendre. Celui-ci capitula en effet, après une courte hési- 
tation, aooo hommes de troupes palatines furent faits pri* 
' sopniers de guerre ; et l'on trouva dans Dusseldorff 168 
pièces de canon , 10,000 fusils et beaucoup de munitions 
de guerre /Je toute espèce. En prenant possession de 1^ 
place, Championnet donna ses premiers soins à l'établis- 
sement de l'ordre et d'une discipline sévère parmi les trou- 
pes, et préserva par- là les habitants de tous les désastres 
^''Iprf'aCcompagnent ordinairement la prise d'une ville. Après 
'èW% l'estéc quelques jours dans les environs de Dusseldorff, 
l'arnaée de Sambre - et - Meuse se mit en mouvement ; 
Championnet, qui en comtnandait la 5* colonne, se diri- 
gea sur Linibourg, et s'empara d'abord des faubourgs, 
après avoir culbulé les troupes ennemies chargées de leur 
garde. L'armée française ayant été obligée d'effectuer sa 



■■!■ ^ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. ]43 

retraite, legéDéi:al Kléber, qui dirigeait les opérations pour 
le passage sur la rive gauche du Rhin, plaça la division 
Championiiet sur le plateau de Bendorff, pour protéger 
la construction d*un pont, et dit à ce dernier général: 
« Mon ami, vaincre ou mourir; si l'ennemi nous attaque, 
point de coups de fusil: la baïonnette en avant. » Le pont 
fut achevé, et le passage s'effectua sous la protection delà 
division Championne!. A l'ouverture de la campagne, cette 
dîvision,.forte de 9000 fantassins et 85o chevaux, se trou- 
vait réunie dans le Hundsruck. Elle passa le Rhin à Neu- 
"wied, dans lés premiers jours de juin , et occupa les hau- 
teurs de Diet^. L'armée de Sambre- et- Meuse fut encore 
obligée de repasser le Rhin; mais, le a juillet, elle entre- 
prit de s'établir de nouveau sur la rive droite du fleuve. La 
division Champtonnet s'embarqua derrière l'île de Weîsen- 
thurn , et effectua son passage sous le feu de a4 pièces de 
canon , qui furent impuissantes pour l'arrêter. La redoute 
en avant du village d'Heddersdorfffut enlevée, et les colonnes 
autrichiennes furent forcées de se replier sur Dierdoff. Le 
7 juillet, Championnet fit attaquer le poste de Runkel, qui 
fut enlevé par if n coup de main. Le 9 , il concourut au pas- 
sage de la Lahn; fît charger Tennemi par sa cavalerie; et , 
ayant fait ensuite avancer son infanterie et son artillerie, il 
força le général autrichien Werneck de se retirer en arrière 
du fort de Kœnigstein. Le 10, il battit le général Werneck 
près d'Esch ; et , dès le ii , il investit le fort de Kœnigstein , 
qu'il fit canonner le même jour. Le a4 juillet, une partie de 
sa division s'approcha de Wurlzbourg, qui capitula le a5. On 
trouva dans cette ville 200 pièces de canon. Le 4 août, sa 
division fut une de celles qui marchèrent sur Bamberg, où 
le général en chef voulait faire attaquer l'armée autrichien- 
ne. Son avant-garde, emportée par trop d'ardeur, s'avança 
sans précaution , et entra dans Bamberg avec celle de la 
division Collaud. Elles y furent bientôt enveloppées par les 
Autrichiens, et eurent àsoutcnirdanslesruesde la ville un 
combat long et inégal ; mais les autres divisions françaises 
étant arrivées, l'ennemi, accablé à son tour par le nombre , 
fut obligé d'évacuer Bamberg,et la division Championnet s'y 



i44 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

arrêta. Elle se porta ensuite sur Eberach à la gauche de la 
Rednitz. Le 7 août, Championpet força le pnssage des deux 
rives de rAisch occupées par rinfanteHe autrichienne, et 
dont les hauteurs étaient hérissées d'artillerie. L'ennemi 
s'était préparé à la plus vigoureuse résistance; mais tous 
ses edforls ne purent résister aux braves que commandait 
Championne! , et les Autrichiens furent forcés à la retrai- 
te. Lo jo, Championnet passa le Rednitz; se dirigea, le 11, 
sur Lauff, et prit poste en avant de cette ville. Le 17, la 
division Championnet eut nn engagement sérieux avec les 
troupes autrichiennes, chargées de la défense des villa- 
ges d'Hopperg et d'Hcinfeld. Après un combat opiniâtre, 
qui dura jusqu'à 7 heures du soir, l'ennemi fut chassé de 
ses positions, eut beaucoup d'hommes tués, et 5oo qui fu- 
rent faits prisonnier.*!. Le 18, Championnet .marcha sur 
Amberg. Le 19, il prit position à Ensdorff, et contribua à 
forcer le général autrichien Kray à se retirer sur Schwar- 
zenfeld. L'armée de Jourdan ayant été de nouveau obligée 
à la retraite, la division Championnet fut augmentée d'une 
demi-brigade d'infanterie légère et d'une brigade de cava- 
lerie. Le 2 septembre, pendant la bataille dite de Wurtz- 
bourg, Championnet attaqua, en avant du bois de Stein- 
feld, le général ennemi Hotze , et chassa les Autrichiens 
d'un taillis qu'ils occupaient. Il s'avança ensuite sur Stein- 
feld; força l'ennemi de se retirer derrière un ruisseau, et ma- 
nœuvra de manière à s'établir sur son flanc droit. Attaqué à 
son tour par 8 bataillons degrenadiérs ennemis que comman- 
dait le général Weruéck, il reçut des renforts ; et il se trouvait 
aux prises avec les grenadiers, auxquels il tenait opiniâtre- 
ment tète, lorsque le général Jourdan lui donna l'ordre \le 
suivre le mouvement de retraite du reste de l'armée. 
Championnet, se trouvant presque environné d'ennemis> 
éprouva les plus grandes difficultés à passer le ruisseau de 
^Kornbach; toutefois, il parvint à se replier sur les hau- 
teurs en arrière de ce ruisseau. Le 9, la division Cham- 
pionnet passa la Lahn à Welzlar, et s'établit sur la gau- 
che de cette rivière. Elle continua de prendre part à tou- 
tes les opérations de Tarmée jusqu*au 21 septembre, épp- 



4v 



DIS GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l45 

qu« à laquelle la retraite fut effectuée sur les bords de la 
rive droite du Rhin. Le 37 octobre (1) , la division Cham- 
pîonnet attaqua, de concert avec celle du gén.éral Ber-* 
nadolte , les corps ennemis qui couvraient la Nahe. 
Les Français passèrent cette rivière à Grolsheim; batti- 
rent les Autrichiens, et les obligèrent de se replier sous 
Mayence. £n avril 1097, Tarmée de Sambre-et- Meuse 
étant alors sous le commandement du général Hoche, Taile 
gauche de cette armée fut composée de deux divisions d'in- 
fanterie et d^une division de dragons. Champiounet eut le 
commandement de cette aile gauche , qui occupa sur la 
rive droite du Rhin le camp retranché de Dusséldorff. Le 16 
avril, Championnet déboucha avec son corps.d*arméc ; pas- 
sa la Wipper, et prit position dans les plaines de Mulheim ; 
le 17, iis*é(ablitsur laSieg. Il s'empara d'Ukerad et d'Alten- 
kirchen, daps la nuit du 17 au 18. Le ai, le général Hoche 
poursuivant vigoureusement le gros de l'armée autrichien- 
ne, Championnet passa la Lahn à gué avec deux brigades 
de dragons et une compagnie d'artillerie légère; débou- 
cha sur la grande route , et tomba sur l'arrière-garde en- 
nemiç, qu'il forçu de se retirer sur Giessen. Championnet 
s'était rendu maîlre de cette ville, lorsque l'avis de la si* 
gnature des préliminaires de pjix à Léoben vint suspen- 
dre les hostilités , le %% du même mois. Une armée destinée 
à agir contre TAngleterre ayant été forotée, Championnet 
eut le commandement de l'une des ailes de cette armée. Le 
gouvernement britannique, se voyant menacé, médita une 
surprise» et tenta, le i5 juin, un débarquement à Blanken- 
berg. Chilmpionnet repoussa si vigoureusement les Anglais, 
qu'il les obligea à prendre le large. 600 hommes de son corps 
d'armée attaquèrent et défirent complètement 3ooo Anglais, 
qui avaient débarqué près d'Oslende. La flotte britannique 
bombardait Ostende , pendant que les troupes débarquées 



(1) A cette époque Tannée de Sambre* et -Meuse était commandée par 
le général en obcC BeurBovr^ie, ^ui avait remplacé le général Jourdan» 
démissionnaire. ' 

iT. 19 



l46 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

essayaient de faire sauter les belles écluses de Schilikens; 
mais^ après deux heures d'un combat, dans lequel le général 
derartillerie anglaise fui tué , et où le commandant de Tex- 
péditiou eut une cuisse emportée, on fit aux Anglais 1800 
prisonniers , et on s'empara de toute Tartillerie qu'ils avalent 
mise à terre. Champîonnet prit les mesures les plus propres 
à garantir Ostende d'une nouvelle tentative de la pari de 
Tennemi, et focma- un camp retranché pour mettre toute 
la côt,e de l'ancienne Flandre à couvert. Nommé général 
en chef de l'armée de Rome, il arriva dans cette ville le 19 
novembre 1798, et y apprit la nouvelle de l'envahissement 
du territoire romain par l'armée napolitaine, sous les or- 
dres du. général iVlack. Ayant réuni le peu de troupes fran- 
çaises et polonaises qui formaient la garnison de Rome, il 
se mit de suite en mouvement pour se porter sur les princi- 
paux, points d'attaque. La défense de Rome étant im- 
praticable avec le peu de troupes dont on pouvait dis- 
poser, il en ordonna l'évacuation (1), se contentant de 
mettre garnison dans le château de Saint-Ange f qu'il était 
important de conserver. Les troupes françaises formant l'ar- 
mée de Rome ne s'élevaient qu'à environ 16,000 hommes; 
elles étaient disséminées sur une vaste étendue de terrain, 
et mal pourvues d'artillerie. De cette armée, déjà si faible, 
Chaoïpionnet avait été obligé de détacher, d'après les 
ordres du gouvernement français, 3ooo hommes desti- 
nés à renforcer la garnison de Corfou. L'armée de Ro- 
me, ayant été attaquée à Tiraproviste et sans aucune dé- 
claration de guerre préalable , fut d'abord forcée d'aban- 
donner une partie de ses positions, surtout celles de l'aile 
gauche ; mais une victoire remportée à Terni vint ralentir 
lu marMie rapide de l'ennemi. Champîonnet, tout en fai- 
sant opérer une retraite, combinait déjà ses mesures pour 
prendre bientôt sa revanche sur le général ennemi. Cepen- 
dant Mack s'était avancé sur Rome , oii le roi de Naples fit 



(1) £d quittant Rome, GbaropiQnnet s'engagea soIonneUement à y 
rentrer sous 20 jours, et il tint parole. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. l47 

9on' entrée 5 le ag novembre. La populace romaine détruisit 
aussitôt les armoiries de la république 9 arracha celles de 
France 9 et se porta aux plus grands excès, égorgeant les 
partisans de^ Français y. et massacrant impitoyablement la 
population juive. Toutes ces scènes d*horreurs se passèrent 
sous les yeux du chef de Tarmée napolitaine ^ qui n'y mit 
aucun obstacle. Sur ces entrefaites, les Anglais avaient 
fait débarquer à Livourne un corps de 7000 hommes y ce 
qui rendait la position de Championnet beaucoup plus cri- 
tique, puisque ses communications se trouvaient menacées 
de tous côtés, et que ses forces, très-inférieures àcelles de 
Teunemi, pouvaient être battues en détail ; mais le géné- 
ral français avait un courage et une activité tels, qu'il ne 
désespéra pas un seul instant du salut de Tarmée qu'il 
commandait. Mack , au lieu de profiter de la supériorité 
numérique de ses troupes pour donner suite à ses premiers 
succès, perdit plusieurs jours dars Rome, où il n'entre- 
prit autre chose que de faire sommer inutilement le châ- 
teau de Saint-Ange. Enfin le général napolitain se décida 
à marcher, avec 40,000 hon^mes , o entre l'aile droite de 
l'armée française, espérant enlever Givita-Castellana, et 
forcer le pont de Borghetto, sur le Tibre. Le général Macdo- 
nald, qui commandait cette aile droite, et qui fut attaqué 
de suite, ne s'effraya point du nombre des assaillants; et, 
déployant toute son habileté, il remporta, le 5 décembre, 
une victoire signalée près de Nepi. Cette affaire ayant dé- 
concerté le premier plan du général napolitain, ce der- 
nier manœuvra de manière à pouvoir enfoncer le centre 
de; l'armée française. Championnet, averti à temps des 
mouvements de l'ennemi , se hâta de concentrer ses for- 
ces. Une colonne napolitaine, commandée par le gêné, 
rai Moesk, surprit le poste d'Otricoli, et massacra 5o 
hommes qui le gardaient. La ville fut traitée comme 
si elle eût été prise d'assaut ; et les Napolitains poussè- 
rent la rage jusqu'à mettre le feu à l'hôpital, où se trou, 
valent pêle-mêle des soldats français et napolitains , bles- 
sés dans les affaires précédentes. Cet acte de barbarie exas- 
péra les soldats républicains à un tel point, qu'ils ne res- 



l4â DICriONlTAIRB HISTOBIQUE 

pirèrent que vengeancet et que le général Ghampiomiet se 
vît obligé de mettre un terme à cette fureur par un ordre 
du jour , qui la défendît expressément. Otricoli fut repris^ 
et Ton se rendit maître , par capitulation , de Calvi , où 
s'était retirée une colonne ennemie » qui fut faite prison- 
nière de guerre. La forteresse importante de Civitella, re- 
gardée avec raison comme le boulevart des Àbruszes, se 
rendit également. Continuant à garder Toffensivé qu'il 
avait reprise, Ghampionnet, à la suite de plusieurs marcheset 
de plusieurs combats, rentra dans Rome le i5 décembre y 
après 17 jours d'absence, pendant lesquels il avait détruit 
plus de 1 5,000 Napolitains. Par ses manœuvres habiles, et 
sans avoir combattu en bataille rangée, il avait forcé le roi 
de Naples et le général Mack d'abandonner leur conquête, 
et de s'éloigner en toute hâte. Le premier s'enferma dans 
la forteresse de Caserte, et le second se retira sur les bords 
du Garigliano et du Volturne. Aussitôt après sa rentrée dans 
Rome, Championnet y rétablit le gouvernement répu- 
blicain. 11 6t aussi ses dispositions pour établir ses troupes 
dans les positions militaires l^s plus avantageuses, et for- 
ma un camp en avant de la ville. Il envoya le général Rey 
à la poursuite des Napolitains, avec ordre de ne pas leur 
laisser un instant de relâche. Après avoir donné quelques 
^urs de repos à ses troupes et fait désarmer les habitants 
de Rome , Championnet partit de cette ville le ao décem- 
bre, à la tête de son arnïée, et se porta sur le Garigliano, 
dans le dessein de combattre l'armée du général Mack., et 
d'envahir ensuite le royaume de Naples. En peu de fours » 
les retranchements ennemis, à Géprano, furent enlevés do 
vive force, et le passage du Garigliano eut lieu. On s'em- 
para de San-Germano et d'un parc de 80 pièces de canon,- 
placées à Castelluccio. Fondi fut évacuée par les Napoli- 
tains. Les redoutes d*Istri furent forcées; Pescara se ren- 
dit par capitulation , et toute l'armée marcha sur Gapoue, 
dans les premiers jours de janvier 1799. Les opérations du 
siège de cette place furent confiées au général Macdonald. 
Championne! envoya dans le même temps le général Rey 
tealer un coup de main sur Gaëte, place défendue par 



'« 



DJES G£NÉBAUX FBANÇAIS. l49 

4000 hommes, 7p pièces de canon et 13 mortiem. Après 
quelques démonstrations d^attaque faites par le général 
Rey, le gouverHeur de Gaête demanda à capituler. La 
garnison fut faîte prisonnière de guerre , et Ton trouva 
dans la place, outre l'artillerie dbnt nous venons de par- 
ler, 20,000 fusils, plus de 100 milliers de poudre et des vi- 
vres, ainsi que des munitions considérables. Les généraux 
Duhesme et Lenioine avaient été envoyés dans les deux 
Abruzzes, Citérleure et Ultérieure, pour arrêter les progrès 
d^une insurrection qui pouvait devenir funeste à l'armée 
française. Toutes les divisions de cette armée avaient reçu 
du générai en chef Tordre de se réunir sous les murs de 
Capoue , après avoir rempli les diverses missions-dont cha- 
cune d'elle avait été chargée. Lorsqu'elles furent presque 
toutes rassemblées, Ghampionnet, qui déjà avait fait faire 
quelques attaques contre Capoue, se décida à tenter un 
nouvel effort pour accélérer la prise ou la reddition de 
cette importante forteresse. Ses ordres furent donnés en 
conséquence ; et il se rendit à Yenasro pour y conférer 
avec le général Lemoine , qui y avait pris position. Pen- 
dant son absence du- quartier -géééral, une troupe con- 
sidérable d'insurgés , qui s'était rassemblée à Sessa , se por- 
ta sur les ponts du Garigliano, les coupa, vint piller le 
parc de réserve de l'armée , fit sauter les caissons , et .«e li- 
vra aux plus grandes cruautés envers les Français qui tom- 
bèrent entre ses mains (1). Au moment où Ghampionnet 
allait prendre les mesures les plus vigoureuses, des parle- 
mentaires, sortis de Gapoue, vinrent, au nom du vice-roi 
de Naples, lui proposer un armistice, afin, dirent-ils, de 
pouvoir traiter de la paix. Ils offraient de rendre Gapoue, 
et demandaient qu'une ligne militaire fût tracée. Quoique 
'armée française se trouvât dans la position la plus crili- 



(i) Un chef de bataillon d'infanterie légère, plusieurs autres officiers 
et soldats blessés furent attachés à des acbrcs et brûlés vifs par les Na- 
politains, qui, à Pezomple 4c certaines hordes de sauvages, poussaieni 
des cris de joie et de victoire autour de leurs vîotimcs. 



l5o DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

que 9 Çhampionnet 5 voulant la dissimuler aux parlemen- 
taires , et cherchant à en imposer le plus que possible à ses 
ennemis, refusa d'entrer en conférence, à moins que la 
soumission et la reddition de la ville de Naples ne fussent 
une des premières conditions de Tarmistice. Les parlemen- 
taires napolitains se retirèrent, et ne réussirent pas davan- 
tage dans une nouvelle démarche quMis firent le lende- 
main. Cependant la cour de Naples, qui comptait 70,000 
hommes de troupes réglées', avait cru devoir augmenter ses 
moyens de défense, en ordonnant à tous les paysans de 
faire aux Français un^ guerre d'extermination ; et* cet or- 
dre était si bien exécuté, que ces derniers n'osaient plus 
sortir de leurs camps que par gros détachements. L^armée 
française, à cette époque, manquait de vivres, et la des- 
truction du parc' de réserve avait réduit le soldat à un seul 
paquet de cartouches. Les communications avec Rome se 
trouvaient coupées par les insurgés, çt il était douteux que 
la division du général Duhesme pût parvenir à rejoindre le 
gros de l'armée. Pour surcroît d'embarras, une escadre 
anglaise, commandée par Nelson, était partie de Livonr- 
ne, et venait de débarquer, à l'embouchure du Garigliano, 
7000 hommes de troupes qui devaient se réunir aux insur- 
gés, et marcher sur les derrières de l'armée française, tan- 
dis que Mack, débouchant de Capoue, attaquerait cette 
armée de front. Dans un état de choses aussi alarmant , 
Ghampionnet ne désespéra pas du salut de son armée; et 
son grand cœur, familiarisé avec les dangers , ne s'occupa 
que de préparatifs pour faire payer cher à l'ennemi la vic- 
toire que celui-ci semblait regarder comme certaine. Il ré- 
solut d'attendre les assaillants; et, fort de l'intrépidité de 
ses troupes , il se prépara à bien recevoir les Napolitains. 
Toutes ses dispositions étaient faites , lorsque les parlemen- 
taires vinrent renouveler les propositions du vice-roi, qui 
consentait à toutes les demandes du général français, excepté 
à la reddition de Naples. Ghampionnet hésita encore; mais, 
après avoir pris l'avis des généraux réunis en conseil de guer- 
re, il envoya son chef d'état-major (le général Belliard),pour 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l5l 

conclure, avec les plénipotentiaires du vice-roi, une conven- 
tion , qui fut effectivenoienl signée au camp sous Capoue, 
Je 10 janvier 1799. Par suite de cette convention, Capoue 
fut remise aux Français, et une ligne militaire fut tracée 
pour les deux armées. Les Napolitains s'obligèrent en outre 
à évacuer entièrement le sol de la république romaine , à 
rendre neutresleurs ports 4e Sicile et du royaume de Naples, 
et à payer à la république française 1 o millions de livres tour- 
nois. Championnet, débarrassé par cetarnoListice des troupes 
napolitaines qu'il avait eues eu léte, s'occupa aussitôt du châ* 
timent des insurgés, et mit ses divisions en mouvement. Les 
généraux Rey, Duhesme et Monnier parvinrent, en peu de 
temps , mais non sans périls et sans difficultés , à remplir 
cette mission importante, et opérèrent ensuite leur réu- 
nion. Championnet avait établi son quartier-général à Ca- 
serte, maison de plaisance du roi de Napies. Après avoir 
organisé toute son armée , et lui avoir fait prendre les posi- 
tions qu'il jugea les plus convenables, il crut que, dans 
l'intérêt de la France, il devait préparer sourdement une 
révolution dans le royaume de Naples : et, à cet effet , il 
organisa un comité insurrectionnel, à la tête duquel il plaça 
un nommé Lambert, Napolitain d'origine, et qui exerçait 
une grande influence sur les mécontents du pays, dont le 
nombre était considérable. Un événement particulier vint 
accélérer le mouvement révolutionnaire projeté. Le com- 
missaire-ordonnateur de l'armée française, Arcambald, 
ayant été envoyé à Naples, avec un sauf-conduit, pour lid- 
ter le paiement des sommes stipulées dans la convention 
de Capoue, cet administrateur fut bien accueilli par le vi- 
ce-roi; mais sa présence et l'objet de sa mission furent un 
sujet de murmures pour la populace napolitaine, qui s'as- 
sembla tumultueusement, et voulut massacrer l'ordonna- 
teur français. Celui-ci ne dut la vie qu'au dévouement des 
partisans de la révolution , qui saisirent cette occasion pour 
se montrer. Dès ce moment, deux partis se trouvèrent en 
présence dans Naples; et, un patriote ayant été tué, les 
uns voulurent venger la victime, tandis que les autres pri- 



l52 DICTIOXNAmE niBTORIQUB 

Fent parti pour Tassassin. Bientôt Tanarchie la plus com* 
plète se manifesta dans Naples. Les lazzaronis (i) s'empa- 
rèrent de toutes les armes; et, ayant signalé le général Mack 
comme un traître vendu aux Français, ils voulurent l'ar- 
racher de son palais, pour Timmoier à leur fureur. Mack 
fut abandonné par ses soldats, qui , effrayés du mouvement 
des lazzaronîs, se jetèrent, comme déserteurs, dans les 
rangs français, où ils furent bien accueillis; et, leur fuite 
ayant été prolégée, cette armée napolitaine, levée naguère 
avec tant de frais et d*appareil , fut complètement désorgani- 
sée et anéantie en deux jours. Le général napolitain, menacé 
d'être brûlé vif dans son palais , n'eut plus d'autres moyens 
de salut que de %e confier à la générosité de son rival. 11 vint 
le trouver à Caserte (2). Championne! raccueillil avec la 
loyauté qui caractérise le vrai guerrier, et lui fît donner un 
passeport et une escorte , pour se rendre à Milan ^5). Le vi- 



(1) Les lazzaronîs appartiennent à la classe la plus robuste et la plus 
pauvre des JNapks. Le ooinbrc de lazzaronîs proprement dit* s'élève 
ordinaîremcnt à {o mille Iiommes, auxquels se réunissent, en cas 
de besoin, les batoliers, les pêcheurs, et un grand nombre d'indi- 
vidus des liasses inférieures de la société. Les lazzaronîs ont des Ipis 
partîciilîèreg , et un chef qui a le titre de capo-iazzaro. Un lîen frater- 
nel, auquel ils sont attachés, les unit tous. En général, ils sont bons et 
honnêtes, et commettent rarenoeat des désordres. Il ne faut point les 
confondre, en raison de leur pauvreté, avec la lie de la populace. La 
cour de Naples affecte toujours beaucoup d'égards pour Je capoiazzaro, 
qui a le droit de faire des représentations aux ministres du roi , et qui , 
lorsque la reine accouche , vient au palais, eu grand cortég», s'assurer 
du sexe de l'enfant, qu'il montre au peuple. Ils ont un costume parti- 
culier, et sont ordinairement déguenillés; mab, le^ dimanches et lâtes, 
on les voit habillés avec propreté. 

(a) En abordant Ghampionnct , le généxal Mack , qui se ressouvenait 
d'avoir écrit au général français une lettre dure et menaçante , était par- 
tagé entre l'espoir et la terreur. Il pré.sentu son épée à Ghampioanet» 
qui la refusa, en lui disant d'un air fier, et tout à la fois aimable : « Gë- 

• néral, gardez-Ià; mon gouvernement m'a défendu de recevoir des pré- 

• sents de la fabrique anglaise. • 

(5) Quelque temps après, le directoire exécutif de France eut la dé* 
loyauté de faire arrête%Mack, comme prisonnier de guerre. 



DES GjbfÉRÀinL FRANÇAIS. jl55 

ce-roi de Naples, devenu lai-méme l'objet de Tanimadver- 
sion des lazzaronis, n'eut que le temps de se Jeter dans un 
canot 9 pour se sauver en Sicile. Les lazzaronis, furieux de 
révasiou de Mack, ee portèrent en niasse sur les avant-pos- 
tes français, qui se trouvaient placés dans la ligne^e dé- 
marcation déterminée par la convention de Capoue. Ils 
culbutèrent les grand*gardes, et parvinrent jusqu'à la ligne 
française, qui, à la nouvelle de cette attaque, avait pris 
les armes; mais ils furent chargés avec impétuosité par le 
chef de brigade Poitou, qui mit cette multitude en désor- 
dre, et la repoussa jusqu'à la ligne de déiÀarcation , qu'il 
ne dépassa point. Cependant, cette agression imprévue des 
lazzaronis rompant nécessairement l'armistice. Champion- 
net donna à ses divisions des ordres pour l'envahissement de 
Naples. Le ao janvier, l'armée se mit en mouvement, et 
s'approcha de .cette capitale, que Championnet fit investir. 
Dès le soir du même jour, la division Duhesme s'était ren- 
due maîtresse 9 après plusieurs combats opiniâtres ^ de la 
place Capuana, qui forme un ovale en dehors de l'enceinte 
de Naples; toute l'artillerie des lazzaronisse trouvait prise , 
et le champ de bataille ainsi, que les faubourgs environnants, 
étaient couverts de cadavres ennemis. Bientôt toutes les ap- 
proches de Naples furent au pouvoir des Français. Cbam- 
pionnet donna alors au général d'artillerie Éblé l'ordre de 
faire avancer les pièces destinées à foudroyer la ville. Ce- 
pendant » avant d'en venir à cette dernière eitrémité, il 
essaya d'éclairer les Napolitaine sur leur véritable situation 
et sur leurs intérêts. Il leur adressa , le aa , une proclama- 
tion , qu'ils accueillirent à coups de fusils dirigés sur l'offi- 
cier chargé de leur en donner connaissance. Dans la nuit 
du aa au a3 , les Français élevèrent plusieurs retranche- 
ments et batteries, et s'approcbèrent le plus près possible 
de l'enceinte de la ville. 8ur ces entrefaites, le tocsin se 
faisait entendre dans Naples; et, à sa véhémence, on poa-< 
vait juger du désordre qui régnait dans l'intérieur de cette 
ville, où l'anarchie et la licence étaient portées au plus haut 
degré. Les lazzaronis firent plusieurs sorties : mais ils fu- 
it. 30 



j54 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

rent partoul repoussés avec une perte considérable. Cham- 
pionuet, ayani appris que les partisans des Fraiiçaîs s'é- 
taient rendus maîtres du châteafli de Saint-Eime, et n'at- 
tendaient qu'un signal pour diriger le «anon de ce fort sur 
la vilk de Nuples, jugea que le moment était' opportun 
pour une attaque générale, et en donna l'ordre. Le a5, à 
la pointe du four, le général Broussier força Tentrée de la 
ville par le pont de la Magdeleine. Les autres divisions pé- 
nétrèrent également sur d'autres points ; et bientôt il s'en- 
gagea, dans les rues, un combat des plus horribles, ali- 
menté par la rage aveugle des lazzaronis, qui se défendi- 
rent avec un courage surnaturel. Ce fut sur des monceaux 
de leurs cadavres qu'il fallut marcher pour s'avancer vers 
le centre delà ville. Championnet, ayant pénétré jusqu'à 
la place del-Pigni^ y fut bientôt entouré par quelques îaz- 
zaroniset par un bon nombre d'habitants quin'avaient point 
pris part à l'insurrection. Il leur fît connaître, avec l'accent 
de la douceur et de la persuasion, qu'il voulait leur épar- 
gner les funestes résultats d'une résistance dont ils n'étaient 
point les auteurs. Il ne vient point, leur dit-il, pour tyran- 
niser les Napolitains; il leur apporte, au contraire, la li- 
berté. Il protégera la religion , fera respecter l'église et les 
reliques de San-Gennaro (saint Janvier) , patron de la ville. 
Il promet, en outre, des vivres aux habitants, et des dé- 
dommagements pour les pertes qu'ils auront éprouvées. A 
ces mots, et comme par un effet magique, laconfîance s'é- 
tablit entre le générai et ci^ux auxquels il s'adressait ; elle 
se propage rapidement , et bientôt la ville retentit du cri de 
vivent les Français! Ghampionnet, sur la demande d'un 
chef de lazzaronis, fait placer une garde d'honneur à l'é- 
glise du saint, objet de la vénération des Napolitains. La 
nouvelle de cette conduite, inattendue de la part d'un vain- 
queur, s'élant répandue dans tous les quartiers de la ville, 
leç lazzaronis en furent tellement touchés, qu'ils mirent 
bas les armes, et réclamèrent l'amitié des Français. L'armée 
française fit, le même jour, son entrée dans Naples; les 
lazzaronis furent désarmés; et, le a5 janvier. Champion- 



. DES GENERAUX FRANÇAIS. l55 

net fit chanter solennellement un Te Deum , en actions de 
grâces de la prise de Naples. 11 annonça au peuple napoli- 
tain^ qu'il était libre ; et ^ pour faire cesser plus promptement 
Tanarchie qui régnait depuis l'absence de la cour, il choi< 
sit ai citoyens, pour composer provisoirement la repré«^ 
sentation nationale de la nouvelle république , qui prit le 
nom de parthénopéenne. Il fît prendre à son armée le titre 
alarmée de Naples. Les formes ordinaires de Tadministra- 
tion civile n'ayant pas paru à Championnet suffisantes pour 
contenir une population aussi remuante que celle de Na- 
ples , il soumit les décrets de l'assemblée à la sanction du 
général en chef de l'armée française. L'armée avait.été sui-r 
vie, è Naples, par une commission civile, nommée par le 
directoire-exécutif français, et dont les spoliations, à Rome, 
avaient dé|à excité l'indignation de Championnet. Les exac- 
tions commises par les agents de cette commission s'étant 
renouvelées à Naples, Championnet n'en put rester tran- 
quille spectateur : et, dans l'excès de son zèle à remplir. la 
promesse , qu'il avait faite aux Napolitains , d'assurer 
leur bonheur et leur tranquillité , il prit un .arrêté qui 
chassait de Naples cette commission et ses agents. Le 
directoire-exécutif, ombrageux comme il l'était, et re- 
doutant les sentiments d'indépendance dont Chaoopion- 
net avait donné plusieurs fois la preuve,^ saisit l'occa- 
sion où ce général venait de se mettre en état de déso- 
béissance à ses ordres, par le renvoi de la commission 
civile, pour le suspendre de ses fonctions, et ordonner 
sa traduction devant un conseil de guerre. Champion, 
net fut donc arrêté à Naples, le 16 mars 1799, ^^ conduit 
à Grenoble , où son procès fut commencé. Mais la révolu- 
tion du 3o prairial an 7 (18 juin 1799)9 ayant ramené le 
gouvernement à dessentimenis de justice et de modération, 
Championnet fut acquitté honorablement, et rendu à ses 
fonctions. Pendant que ce général était en détention, les 
armées ennemies avaient fait de grands progrès en Italie. 
Le directoire, ayant jugé convenable d'organiser une ré- 
serve ^ sous le nom d'armée des Alpes ^ en donna le com- 



l56 DICTIONlfAIRE HISTOBIQUE 

mandement à Championhet ( i ). Celui-ci se hâta d*organi- 
ser cette armée 9 dont les forces devaient s*é1ever à 3o,ooa 
hoQiaMS. Enfnoinsd'un mois, il avait réuni à Grenoble 
plus de la moitié de oe nombre , lorsqu'il apprit que Jou- 
bert, g;éiiéral en chef de Tarmée d'Italie , se disposait à at- 
tac{uer les Austro-Russes dans les premiers jours d'août. 
Gfaampionnet , voulant seconder les efforts de Tarmée dl- 
taiie 9 fit attaquer, le 10 du même mois , les cols de Fenes- 
trelies et de Fatières, qui furent enlevés. Après ce premier 
succès, il continua son mouvement offensif sur la frontiè- 
re du Piémont 9 et menaça la ville de Turin. Les opérations 
des Austro-Russes lui ayant fait sentir la nécessité de re- 
doubler d'«fforts pour opérer sa jonction avec l'armée d'I- 
talie 9 il s'avança, le 14 et le i5 septembre, jusqu'auprès 
de Fossaoo et de Savigiiano, et enleva ces deurposUions , 
qui lui forent disputées vivement, et qu'il fut obligé d'a- 
bandonner ensuite aux forces supérieures^ commandées 
par les généraux Rray et Mêlas. Nommé général en chef 
de l'armée d'Italie , Il se rendit à Gènes, pour prendre le 
commandement de cette armée. L'ennemi menaçant dé- 
lies, Championnèt conçut le plan hardi de percer le cen- 
tre de la ligne des Autrichiens , afin d'isoler leurs forces, et 
de tenter de vaincre par la vitesse des mouvements et la 
sdeoce des manoeuvres ; mais il ne put réussir dans ce pro- 
jet. Son armée d'ailleurs était en proie à deux ennemis re- 
doutables, la famine et l'épidémie; et lès hôpitaux, ainsi 
que les magasins de vivres , étaient dépourvus des choses 
les plus nécessaires; ainsi la désertion, d'un côté, et la con- 

(1) En annonçant cette nomination à Qhaimpîonnet , le ministre de la 
gacrve Bernadette (aujourd'hui roi de Suède) , lui écrivit une lettre dans 
ÛqueUe on trouve les piinises aairantei : a II y a quinse jours, voqs Met 
» dans les fexs ; le 5p prairial tous a délivré. L'opinio* piibliqpf «pcnfA 
•aujourd'hui vos Oppresseurs, ainsi votre, cause est pour ainsi dire deve* 
•nue nationale.... Allez, mon ami , couvrez encore de nouveaux laurier! 

• la trace de vos chemins! Effacez, ou plutôt conservez cette honorable 

• empreinte : ii n'«8t pas inutile de remettre incessammeat «oua les jem 
ê du public les attentats du despotisme. • 



\ 



DES GENÉBAUX FBANÇAIfl. 167 

tagioo, de Tautrey se combinaîent pour la destruction de 
l'armée. Cet état de choses jeta Championnet dans une mé- 
lancolie sombre, qui affaiblissait journellement sa santé; 
aussi 9 lorsque Tëpidëmie vint l'atteindre, il n'eut plus de 
forces pour résister à la violence du ma!, et expira à Anti- 
bes, le 9 janvier 1800. Dans son agonie, qui fut assez lon- 
gue , tl de parlait que des besoins de son armée et du salut 
de la France, et ses dernières paroles furent l'expression 
du regret de ne pas mourir sur le champ de bataille. {Mo- 
niteur, annales du temps, ) 

LA CHAPELLE DE Bellegahde (N....) , fut créé brigadier 
d'infanterie, le i*"' janvier 1784 9 et promu au grade de ma-^ 
réchal-de-camp, le 9 mars 1788. {Etats militaires.) 

PB CHAPELLE (Pierre-Joseph) , marquis de Jumilhac, 
lieutenant-général, naquit le 6 mars i69!2. Il entra aux 
mousquetaires en 1715, et y devint cornette de la 2' com- 
pagnie, avec rang dé mestre-de-camp de cavalerie, par 
brevet et commission du a8 avril 1719. Il fit la caqipagne 
de cette dernière année en qi»alité d'aide de-camp ; se trou- 
va aux sièges et prises de Fontarabie, de Saint-èébastien , 
d'Urgel et au siège de Roses. Il devint premier cornette de 
sa compagnie, le 19 décembre de la même année; deuxiè- 
me enseigne , le a5 septembre 172a ; premier enseigne, le 
a5 janvier 1726; deuxième sous- lieutenant, le 20 novem- 
bre 1727, et premier lieutenant, le 4 janvier 1729. Il fut 
créé brigadier, le 1'* août r734 ; nommé capitaine de la pre-- 
mière compagnie des ihousquetaires, le 21 mai 1758, et 
promu au grade de maréchal-de-camp ^ le i*' janvier 1740- 
Il suivit le roi pendant les campagnes dé ce temps ; se trou- 
va dux siégea de Menin , dTpreset de Fribourg^ en 1744» 
ail siège de Tournay ; à là hataîHe de Fontenoy et au siège 
d'Oudenarde, en 174^; Créé lieutenant- général , le i*' 
mai de cette dernière année, il ne fut déclaré tel qu'au 
mois d'octobre suivant, et se trouva en Cf tte qualité à la ba- 
taille de Lawfeld , ^n 1747- On Uii donna le gouvernement 
de PhUippevilie^ par provisions do 99 juio 1759. La date de 



l6o DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

neste mit le marquis de Jumilhac dans l'obligation de jeter 
de nouveau les yeux sur la carrière des armes , et il y ren- 
tra 9 en 18089 comme major-général de la légion portugai- 
se , alors au service du gouvernement français. Nommé, en 
1811^ chef de i'étal-major du 5" corps de cavalerie 9 il fit, 
en celle qualité, la campagne de Russie ;, et y servit de ma- 
' nière à mériter la décoration de la Légion -d'Honneur, qui 
lui fut accordée à Moscou. Il fit aussi la désastreuse retraite 
de la grande-armée, en 181a ; se trouva à toutes les affai- 
res qu'y eut le 5* corps , et particulièrement à la bataille de 
Maioîaroslawetz. Il fut des dernieffs à quitter cette position, 
lorsqu'on Tabandonna pour continuer la retraite. Après a- 
voir supporté , avec autant de force que de courage , tous 
les désastres de ct'tte retraite, il arriva, en janvier i8i3, 
à Glogau , sur l'Oder, avec les débris de son corps d'ar- 
mée, dont il traça les cantopnements. M. le comte de 
I^ Tour- M au bourg, ayant pris le commandement du 1*' 
corps de cavalerie , demanda le marquis de Jumilhac pour 
son chef d'état-major-général; et ce fut en cette qualité 
que M. de Jumilhac fit la campagne de i8i5, qui s'ouvrit, 
au mois de décembre, par le passage de l'Elbe, à Mag- 
debourg. Il contribua aux opérations qui eurent lieu en- 
suite dans le Harz , sous les ordres du prince Eugène , com- 
mandant en chef. Le r' corps de cavalerie se réunit à U 
grande-armée , le soir du jour où fut livrée la bataille do 
Lutzen ; et le mouvement qu'il fit sur la droite de l'enne- 
mi concourut à déterminer la retraite de ce dernier. Pen- 
dant l'armistice qui eut lieu, le marquis de Jumilhac fut 
nommé au commandement d'une brigade de cavalerie , 
qu'on le chargea d'organiser. Il la forma , à Leipsick, avec 
les détachements venant de France , et parvint à complé- 
ter 4 régiments d'environ 1000 chevaux chacun. Avec ces 
forces, il couvrit et éclaira le pays, lorsque les hostilités 



moirç lur Vahoiilion <Us jachères. Cet ouvrage aurait obtenu le pHz, si 
le nom de son auteur n'eût été connu d'avance ; mais il lui valut du 
mboins une médaille d*oi et le titre de correspondant de la société. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. t6l 

eurent recommencé; et quand i*armée revint à Leî^9Îck9 
il lui fit le versement de tous les détachements placés sous 
ses ordres. Il suivit ensuite le mouvement de retraite, et 
arriva à Ma^ence, le i" novembre i8i5. Il était destiné à 
prendre le commandement d*une brigade de cavalerie lé- 
gère, forte de 5 régiments ; mais la place de Mayem:e ayant 
été bloquée, le i'' janvier 18149 Je général Morand, qui 
commandait dans cette forteresse, donna au marquis de Ju- 
milhac le commandement d'une faible brigade d^infanterîe. 
Après la rentrée du roi en France, la place de Mayence fut 
évacuée, en mai i8i4; et le marquis de Jumilhac se ren- 
dit alors à Paris, où S. M. daigna le récompenser de ses 
anciens services, en relevant au grade de lieutenant*gé- 
néral. A la première nouvelle de l'invasion de Napoléon 
Buonaparte en France, en mars 181 5, le maréchal Soult, 
alors ministre de la guerre, envoya le marquis de Jumilhac 
à Lyon, pour y rejoindre S. A. R. MoiïsiBua. Il reviât bien- 
tôt à Paris, à la suite de ce prince; et le duc de Fellre, qui 
avait remplacé au ministère le marécUal Soult, lui donna 
une preuve de la hante confiance qu'il avait en lui , en l'en- 
voyant, le 16 mars, prendre le commandement de la 16* 
division militaire (département du Nord). Le marquis de 
Jumilhac était porteur d'ordres secrets et importants; mais 
la rapidité des événements ne lui permît pas de les exécu- 
ter. Après le passage du roi à Lille, et conformément aux 
intentions clairement manifestées par S. M., le marquis 
de Jumilhac se rendit à Paris, où , pendant l'interrègne, il 
vécut Ignoré , n'ayant de rapports qu'avec ceux qui, com- 
me lui, attendaient le moment favorable pour servir de 
nouveau la cause des Bourbons. Après les cent jours y il fut 
placé par le maréchal .Gouvion-Saint-Cyr, alors ministre 
de la guerre , en tète du tableau des inspecteurs de cava- 
lerie. Le duc de Feltre étant rentré à ce même minis- 
tère, à la fin de i8i5, donna au marquis de Jumilhac le 
commandement de la 16' division militaire Ce gouverne- 
ment était l'un des plus importants de la France , surtout 
à une époque où il fallait s'occuper, jusqu'à la conclusion 
des traités de paix avec les puissances alliées, de la défense 

f 

!V. ai 



l64 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

congé absolu » en 1 786. J^ommé lieutenant de la gendarme- 
rie nationale du déparlement de Paris , le 19 juin 1 791 , il 
eu rep9pHt les.fonckions jusqu'au i5 juin 1792 9 et passa ca- 
pitaine dans la légion des Pyrénées ^ le 16 septembre i^ui* 
vaut. 11 €ut/ fa ti général de brigade provisoire , en 1 795, et 
obtînt le grade de général de division, ;le a3 décembi;e de la 
même année. U commanda en celte dernière qualité un 



passer i bord du ▼aisseau €a Flore , et de conduire à l'hôpital de Sainte- 
Marie, en Espagne, loo hommes, et plus, attaqués de maladies pesti- 
lentielles. Le ;capitaiDe qui cooimand.iit ce navire, ne conqaissant 
pas les attéragcs, prit un pilotC'CÔtier espagnol ; mais celui-ci , par son 
impéritie, lâîisa toucher le bâtiment sur la barre de la rivière, en vue 
de Cadix. La Ftore^ engagée dans les rochers dont cette barre est héris- 
sée, fit bientôt eau de toutes parts. L'équipage, saisi d'effroi, et dont une 
partie était attaquée du scorbut, ne luttait qu'avec peine et sans oonrage 
contre une mort qu'il croyait certaine. Deux lieues de dulance séparaient 
le bâtiment du port de Cadix, et personne n'nsaît tenter de se jeter 
à la mer pour faire ce trajet à la liage. Cbarlet, moins sensible à ton 
propre malheur qu'à celui de ses compagnons, conservait un sang-froid 
et une présence d'esprit qui lui firent concevoir un moyen de salut. Il 
proposa de prendre avec lui quelques hommes, de s^élancer dans nn ca- 
not, et d'aller à force de ramrs chercher des secours auprès des bâti- 
ments qui étaient dans le port de Cadix. L'imminence du péril attaché 
à cet acte de dévouement glaça tous les cœurs, et personne ne voulut 
seconder les généreux efforts que Charletse proposait de faire. Kn vain 
il insiste , il sollicite ; toujours ses instances sont accueillies par les refus 
les plus obstinés. Il a recours alors à la force, et oblige trois matelots 
de descendre avec lui dans le canot. Sur cette frêle embarcation, il-brave 
la fureur des flots, aide et encourage par son exemple les matelots, et 
parvient enfin, à travers mille périls, à aborder la côte. Là, etsur sa 
demande, des secours, sont fournis par les habitants, et Cbarlet les con - 
duit lui-même au vaisseau naufragé. Il y trouve l'équipage livré au plus 
affreux désespoir, et implorant à grands cris les secours d^piel. A pei- 
ne eût -il mis en sûreté toift les hommes qui se trouvaient à bord de la 
Flore, que ce bâtiment se brisa sur les rochers. Charlet rentra à Cadix 
avec tous ses compagnons ; mais les fatigues qu'il avait essuyées daa« 
cette journée lui occasionèreot une forte maladie, qui dura deux mois, 
et mit sa vie en danger. Le trait d'humanité et de courage que nous ve- 
nons de citer a été certifié , avec tous ces détails , par le chevalier de 
Mijon, alors colonel du régiment de Pcntbicvre, et il a été consigné 
dans un procès-verbal authentique, ainsi que dans des attcittatioos di- 
gnes de foi. 



DES GÉNÉRAUX FflANÇAK. l65 

corps de 10,000 hommes ^« chargé d'observer les mouve- 
mi'iits de rennemi pendant le blocus de Bellegarde^ en 
1794* Employé à Tarmée des Pyrénées-Orientales, sous les 
ordres du général Pérignon , en 1795 , il c'ontribua au pas- 
sage de la Fluvia, le 1*' mars, en débouchant sur Bezahi , 
^ la gauche des Espagnols , avec 5ood hommes d*iufanterie 
et 5oo chevaux. S*étant porté rapidement sur Banolas, il se 
trouva bienlôt à la hauteur du centre de Tarmée espagnole, 
et prit une position très- avant âge use , en avant du village 
de Sernia. Lue colonne ennemie, supérieure en nombre à 
la sienne, s'étant avancée pour l'attaquer, il se retrancha 
en toute hâte dans la position qu'il avait prise. Le général 
espagnol O'Farill jugeant qu'iMui serait impossible de dé- 
busquer les Français, manœuvra pour les attirer sur un ter- 
rain moins désavantageux, et battit en retraite. Charlet, 
trompé par celte manœuvre, et obligé d'ailleurs de céder à 
Timpalience de ses. soldats, qui s'indignaient de laisser 
échapper ainsi les Espagnols, Charlet, disons-nous, mar- 
cha à l'ennemi. Sur ces entrefaites , le général espagnol, 
ayant reçu un renfort de i5oo hommes, rangea ses trou- 
pes en bataille dans la. plaine; et bientôt l'action la plus 
meurtrière s'engagea par une fusillade à demi-portée. Les 
Français y firent des prodiges de valeur : mais ce fut en 
vain qu'ils essayèrent de rompre à la baïonnette les rangs 
des Espagnols. Après de longs et inutiles efforts, Charlet , 
voyant sou flanc gauche menacé par la cavalerie espagno- 
le, qui manœuvrait pour le tourner, ordonna la retraite, 
et revint prendre position dans les bois de Sernia. Le len- 
demain, il évacua Bezala et repassa la Fluvia. Le 24 avril 
suivant, en exécution d'un ordre du général Pérignon, il 
passa de nouveau cette rivière du côté d'Orfans, entre Be- 
zala et Bascara. Ce passage avait eu lieu sans aucun obs- 
tacle de la part de l'ennemi; tnais lorsque Charlet se 
préparait à avancer, une division espagnole, descen- 
due du camp d'Oriole , vint lut barrer le chemin , et 
engagea un combat, que les Français soutinrent avec 
leur valeur accoutun^éc. Cependant ils furent obligés 
de céder à des forces très-supérieures; et Charlet re- 



l66 DICnONNAIKE flISTORIQUE 

passa «ncore la Fluvîa, tenant tète aux troupes espagnoles, 
qui ne cessèrent de le harceler pendant cette retraite. Le 
10 mai de la même année, le général en chef Scherer 
ay^nt mis toute l'armée française en mouvement sur la li- 
gne de la Fluvia , Charlet fut chargé d'attaquer le centre 
de i*enuemi. A cet effet , il partit le matin , à la tète de 
5ooo hommes d*infaiiterie et de 600 chevaux , le tout ap- 
puyé par une batterie d'artillerie légère. 11 effectua le pas- 
sage de la rivière à la droite et à la gauche de Bascara ; et, 
ayant réuni ses deux colonnes, il les rangea en bataille, 
en appuyant leur gauche à la Galabuix. L'ennemi n*ayant 
point paru vouloir accepter le combat , Charlet divisa de 
nouveau sa troupe eu deux colonnes, qu'il fit déboucher 
dans la plaine, où elles cernèrent Tavant-poste de Bascara ; 
mais la cavalerie de l'avant-garde espagnole le força par 
une charge vigoureuse à se replier sur Bascara. Cependant 
Charlet, qui avait une artillerie bien servie , se porta de 
nouveau en avant pour attaquer l'ennemi. Le général es- 
pagnol n'eut pas plus tôt aperçu ce mouvement offensif, 
qu'il fît descendre dans la plaine le régiment des volontai- 
res de la couronne , qui prit une position avantageuse , 
pendant qu'un corps nombreux d'infanterie obligeait une 
des colonnes de Charlet d'évacuer Galabuix. Le général 
français, voyant qu'il ne pouvait plus manœuvrer en avant 
sans compromettre sa troupe , se décida à repasser la ri- 
vière. Charlet passa ensuite à l'armée d'Italie. Le général 
en chef, qui y commandait l'armée française , ayant jugé 
convenable de faire faire, le 17 novembre de la même an* 
née, une reconnaissance générale des positions de l'enne- 
mi, Charlet fut chargé de cette expédition. Il se porta sur 
Campo-Piétri; détruisit les retranchements de cette posi- 
tion ; prit à l'ennemi 3 canons, 400 fusils et 5oo hommes, et 
continua, sans rencontrer d'autres obstacles, sa recon- 
naissance , qu'il fît avec autant de succès que d'habileté. 
D'après son rapport, Masséna se décida à attaquer l'enne- 
mi; et, le 92 du même mois, Charlet, de concert avec le 
général Laharpe, culbuta les Austro-Sardes à Rocca-Bar- 
bena. Cette journée fut tout à l'avantage des Français, et 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 167 

Gharlet eut la gloire de contribuer pour beaucoup aux suc- 
cès qui la couronnèrent. Il continua de servir à Tarmée 
d'Italie, où il se di^inguaen plusieurs oocasions.. Il y noiou- 
rut, le 37 novembre i7g5, des suites d'une blessure qu'il 
avait reçue en combattant , le a3 du même mois. {Breveté 
et états militaire& , annales du temps,) 

DE GHAROSTy vqyrez de Bétbuhe. 

CHAR£rrJE DE LA GoMTEiE (François-Athanase) , gêné-- 
ralissime des armées vendéennes , naquit à Gouffé » près de 
la ville d'Ancenis, en Bretagne 9 le 27 avril 1765. Après a- 
voir fait ses études à Angers 9 il entra dans la marine 9 à 
l'âge de 16 ans 9 et s'y conduisit très-%onorablement. Il a- 
vait obtenu le grade de lieutenant de vaisseau 9 lorsque la 
révolution ficançaise éclata en 1789. Il émigra 5 en 1791 9 et 
alla joindre à Goblentz les princes, frères de Louis XVI. 
Une perte consfdérable qu'il fit au jeu l'ayant déterminé à 
rentrer en France(i), il fut nommé chef de la garde nationale 
de son arrondissement. Il se trouva , à Paris, à la journée du 
10 août, et essaya de pénétrer dans le château des Tuileries 
pour défendre le roi. Il retourna ensuite dans le Poitou , où 
il s*établit dans son château de Fonjteclause , à deux lieues 
de Machecoul. Il menait une vie tranquille , et même fri- 
vole et insouciante, lorsqu'à l'époque de l'insurrection gé- 
nérale des Vendéens, en 1793, il fut nommé chef de son 
canton. Entraîné ainsi, et presque malgré lui, à prendre 
les armes, il se mit à la tête des insurgés, et s'empara d^a- 
bord du petit port de Pornic , à douze lieues de Nantes. Le 
ao juin, il prit la ville de Machecoul, où les patriotes per- 
dirent 14 canons, \^ milliers de poudre, i5oo hommes tués 
et 5oo faits prisonniers. Après avoir réuni, àLégé, toutes 
les divisions vendéennes du Bas-Poitou , il concourut, avec 
les autres chefs royalistes , au siégé et à l'attaque de Nan- 
tes , le aS juin. Les Vendéens furent repoussés avec perte , 





(1) DicUcminairû univtrui, par Ghaudon et Delandine (tom. IV, 
pag. 372). Biographie d$s Homme* vivants (tom. I'', pag. 266). 



]68 DICTI0N2iAlR£ HISTORIQUE 

et obligés de reDoncer à leur entreprise contre celte ville. 
A la bataille de Luçon 9 le i3 août de la même année 1795, 
Charette command3it la droite de l'armée vendéenne» Le 
centre et la gauche de cette armée ayant été mi^ en fuite 
par les républicains, la division commandée par Charette 
resta seule sur le champ de bataille, où elle se vit bientôt 
assaillie par toutes les forces républicaines. Accablée et 
foudroyée de toutes parts, elle eut peine à se sauver, et ne 
le fit qu'après avoir perdu Télite des troupes qui la corn*' 
posaient. Après la déroute de Luçon, Charette se retira dans 
ses cantonnements ordinaires 9 pour y réparer ses pertes 
par de nouvelles levées. Ayant appris que la garnison répu- 
blicaine de La Roche-'^ur-Yon se tenait peu sur ses gardes, 
il projeta de la surprendre, et partit, à cet effet, avec ses 
troupes, séparées en trois corps, Tun commandé par lui 
personnellement, et les deux autres par ses lieutenants, 8a- 
vin et Joly. Charette ignorait que le génér&l Mieskousky, 
instruit de son dessein, avait renforcé la garnison de La 
Rochc-sur-You ; aussi se préparait-il à attaquer cette ville, 
lorsque la garnison s'avança à sa rencontre, et le força à la 
retraite, après un engagement très-vif, dans lequel les trou- 
pes royalistes perdirent beaucoup de monde : ce combat 
eut lieu le a6 août 1795. Après les défaites éprouvées par 
les Vendéens, le nombre des soldats rassemblés sous les dra- 
peaux de Charette avait successivement diminué, et il ne 
lui restait qu'un petit nombre de braves , très-dévoués, lors- 
qu'il fut attaqué, le 16 septembre, près de Montaigu^ par 
une colonne républicaine, aux ordres du général Beysser. 
Malgré l'infériorité de ses forces, Charette se disposa cou- 
rageusement à défendre le terraîri, et s'avança même à 
la rencontre de l'ennemi; mais bientôt ses Vendéens,, 
saisis par la terreur, fuient, se pressent, si fusillent 
entre eux dans la mêlée, et se retirent en désordre vers 
Montaigu, où ils sont poursuivis et massacrés, à coups de 
baïonnettes, par les patriotes. Plus de 600 Vendéens pé- 
rirent dans cette affaire. Charette, ayant reçu les renforts 
qu'il avait demandés aux autres chefs royalistes , passa 9 
dans la plaine de Cholet x la revue d'une armée forte d'en* 



DES GÉMfERAUX FRANÇAIS. 169 

viroil 4O9ÛO0 combattants, qui demandaient à grands cris 
cPétre conduits à renueim.4Gédant à ce vœu 9 Charette se 
mit en marche , le 19 octobre; se dirigea contre une co* 
tonne républicaine qui , sous jes ordres de Kléber, menia> 
Ç|iit d'envahir JMortagne 9 et rangea sa troupe en bataille, 
entre Tiflauges et Cholet, faîsant^ce à Torfou. Déjà il se pré- 
parait à charger les républicains qu'il avait devant lui, lors- 
que K.léber, cédant à l'ardeur qui animait aussi ses soldats, 
commence lui-même l'attaque. A peine Taction est-elîe en- 
gagée, que les Vendéens plient : mais, ramenés au feU par 
leurs intrépides chefs, ils reprennent vigoureusement l'of- 
fensive, enfoncent les bataillons des patriotes, et tes mè- 
nent battant pendant six lieues. La journée de Torfbu coû- 
ta aux républicains 3ooo hommes tués,, un plus grand nom- 
bre de blessés, et presque toute leur artillerie : les royalistes 
y perdirent environ 1000 des leurs. Après cette affaire glo- 
' rieuse pour les armées vendéennes, Charette et Bonchatnp 
résolurent d'attaquer la colonne républicaine , aux ordres 
de Beysser, entrée, comme on l'a vu plus haut, à Mon- 
taîgu. L'armée royaliste se mit en mouvement, le 21 sep- 
tembre, et marcha sur denx colonnes, celle de Charette 
par la route de Clisson , et celle de Bonchamp par Bous- 
say. Bêys.ser est surpris par cette dernière, et la victoire, 
long-temps disputée, semblait assurée à Bonchamp ; mais , 
la non-apparition de la colonne de Charette faisant sup- 
poser aux Yendéens combattants qu'ils étaient trahis par 
ce chef, le découragement se mit parmi eux. Le général 
Canclaux, qui était accouru au secours de Beysser, pro- 
fita de ce moment d'hésitation pour charger les royalistes, 
qui bientôt cherchèrent leur salut dans une prompte fuite. 
Par des motifs qu'il ne nous est pas possible d'expliquer^ 
Charette, au lieu de secondev Bonchamp dans son atta- 
que contre Montaigu , s'était réuni à Lescure, et tous deux 
avaient marché contre le 3* corps de Tarnié^j républicaine, 
qui se trouvait alors à Saint Fnigent , sons le commande- 
ment du général Mieskouski. Arrivé en vue des ennemis^ 
le 23 septembre , une heure avant le coucher du soleil , 
Charette ordonne l'attaque. Il est d'abord repoussé ; mais, 

IV. 22 



|<J0 OIGTIOUIHAIRS flISTOEIQUfi 

secoora par Lesoure» Beauvolier et le chevalier dé Mon- 
dyoD, il repread Toffensive. Les Vendéens se battirent 
avec la plus grande intrépidité ; et, après un combat noc- 
turne 9 qui dura six heures, ils parvinrent à entourer les 
républicains. Ceux-ci, jetant leurs armes, prirent la fuil^ 
et abandonnèrent aux vainqueurs aa pièces de canon, tou» 
tes les munitions et le bagage. Tous les patriotes auraient 
pu être exterminée, si un corps de 5ooo Vendéens,' placé 
par Gharette aux Quatre-Ghemins, sous les ordres de Roy- 
rand, fût resté à son poste, et eût mis à exécution les in- 
structions qui lui avaient été données. Vers le même temps» 
les efforts des différents corps royalistes obligèrent le gros 
de Tarmée républicaine à évacuer une partie de la Ven- 
dée. Gharette « contre Tavis des autres chefs, se retira alors 
dans la Basse- Vendée , avec le projet de sVmparer de Tile 
de Noirmontier. Effectivement, il marcha contre cette Ile, 
le 11 octobre, à la tète de 3ooo hommes de ses meilleures 
troupes, et arriva, à 10 heures du soir, aux avant-postes enne^ 
mis. L^alarme se répand aussitôt parmi les républicains, et 
la garnison prend les armes; mais Gharette, favorisé par les 
habitants, s'empare du poste de Babatre, où il lue de sa 
main un canonnier sur sa pièce. Sur ces entrefaites , Bor- 
dereau , Tun des officiers de Gharette , pénètre dans Noir- 
montier, à la tête d*un corps de cavalerie; et Gharette, ar- 
rivant aussitôt, fait sommer le commandant républicain 
Wiéland. Gelui ci se rend, après un léger combat (i). La 
garnison fut faite prisonnière et transférée à Tile de Bouin» 
dont Gharette s'empara dans le même temps^ Le 6 décem- 
bre de la même année, il fut attaqué, dans cette île^ par 
6000 républicains que commandait le général Haxo. Gha- 
rette n'avait qu'environ 3ooo hommes à opposer à son ad- 
versaire; mais les avantages^ de la position étaient en sa 
faveur. Après un combat assez long et très- vif, les républi- 



(1) Oa s'est accordé à croire que Wiéland était d'iotelligence avec 
Charette. Ce gouveroeur ayant reini* ion épée à Gbarelte , ce dernier la 
iui rendit aussitôt. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. I7I 

càins pénétrèrent dans le bourg de Bouin; et Gharelte^ 
cerné de toutes parts 5 se trouva dans une position déses- 
pérée. Il trouva cependant un moyen de s'échapper, à l'ai- 
de des habitants de l'tle, et conduisit sa troupe d*abord à 
Chàteauneuf , et de là à Tourvois. 11 avait perdu dans cet- 
te affaire 6 pièces de canon, ses bagages, tou%ses chevaux, 
et environ 700 hommes tués ou blessés. Le lendemain , 
s'élant réuni au chef Joly, il voulut attaquer la petite ville 
de légé, défendue par5ooo hommes, sous les ordres de 
l'adjudant-général Guillaume ; mais , après un combat de 
cinq heures, il fut obligé de se retirer, dans la crainte d'ê- 
tre coupé par une colonne venant de Palluau. La grande ar* 
mée vendéenne d'outre-Loîre J^enait d'éprouver une dé-* 
faite des plus complètes, au Mans, le 11 décembre. Gha- 
rette, qui était resté dans la Basse-Vendée, attaqua, le a5 
du même mois, les républicains campés aux Quatre-Che- 
mins , sur la route de la Rochelle à Nantes. 11 força leur 
camp, et lit éprouver une grande perte aux patriotes, qui 
se retirèrent en désordre sur Montaigu, après avoir aban- 
donné aux vainqueurs une pièce de canon, a caissons, des 
munitions, beaucoup de vivres, d'effets de campement, 
d'habillement et d'équipement (i). Après la dispersion des 
débris de l'armée royaliste , à Savenay, le comité de salut 
public, considérant Charette comme le seul chef vendéen 
qu'il lût important de réduire, avait ordonné aux généraux 
républicains, commandant dans l'Ouest, de oéncentrer rapi« 
dément leurs forces sur le pays de. la Basse-Vendée, et d'y 
attaquer et poursuivre à outrance tout ce qui s'opposerait 



(1) Les cavaliers de Charette massacrèrent une grande partie des 
fuyard» depuis le camp jusqu'au-delà du Saint- Pulgent. Charette n'était 
point dans Tbabitude de faire des prisonniers, et ftiisait fusiller tous les 
soldats qui tombaient entre ses mains, ainsi que les paysans qui trahis- 
«aii'nt la cause royale. Buuvier-Desmortîers, son historien, lui fait tenir 
le langage suivant : • Les républicains tuent mes soldats, égorgent les 
» vieillards, lo« femmes et les enfants; je ne veui faire grâce qu'à ceux 
^qui se rangeront de mon côté, et encore ce ne sera que quand je ra« 
itérai assuré de leur fidélité, s 



l'JU OIGTIONSTAIEE H1STURIQL£ 

à la fin de la guerre. Charette avait alors son quartier-gé- 
néral à Machecoul. 11 ignorait encore les derniers déitafitref 
de Tarmée royaliste d*oulre Loire , lorsque le général Car- 
pentiefy après une marche prompte tt cachée avec soin , 
arriva, le i*' janvier 17949 ^^ ^^^ ^^' IVlachecoul. Charet- 
te, attaqué ^Hniproviste , parvînl cependant à ranger en 
bataille les 6000 hommes qu'il commandait. Les Vendéens 
combattirent long- temps avec leur valeur accoutumée; 
mais, vivement chargés d*un côté par la cavalerie républi- 
caine., pressés de Taulre par riiifanterie ennemie , et écra- 
sés par le feu d'une batterie , ils cédèrent enlui le champ 
de bataille, et se replièrent sur St.-Philbert-de-GrandlieUy 
où ils se rallièrent en parUe pendant la nuit. Dans cette 
retraite, Charette avait été sur le point d'être fait prison- 
nier au passage du ruisseau de Beauséjour. Le lendemain, 
il ramena ses troupes devant Aiachecoul , pour en dispu- 
ter la possession aux républicains, (iette démarche dn gé- 
néral vendéen était d'autant plus hardie, que le nombre de 
ses soldats avait été considérablement diminué par la dis- 
persion des uns et la désertion des autres. Quoi qu'il en fût, 
Charette , après avoir marché par des chemins détournés, 
parvint à surprendre quelques posies ennemis, et à répan^ 
dre l'alarme dans le camp des patriotes. Ceux-ci prennent 
alors les armes, et bientôt l'action est engagée. Charette 
combattit à pied au plus fort delà mêlée; faillit une se- 
conde fois tomber au pouvoir des vainqueurs, et ne dut 
son salut qu'à la vitessç d'un cheval que lui procura La 
Roberie, son aide- de -camp. Forcé de nouveau à se re- 
tirer, il opéra sa retraite sur le bourg de la Couchainière. 
L'expédition de Noirmoutier par le général Carpentier n'a- 
vait été, à proprement (larler, qu'une diversion ordonnée 
par le général en chef de l'armée de l'Ouest , et dont le but 
était d'occuper Charette, pendant que les républicains ten- 
teraient la reprise de l'île de Noirmoutier. lis y rentrèrent 
effectivement, le 3 janvier, malgré la défense opiniâtre qu'y 
fit le chef Pinaud, auquel Charette en avait confié la garde, 
avec 1800 Vendéens. Charette, s-'élant avancé, le i5 jan- 
vier, jusqu'à Ghauché, pour y recevoir des renforts que lui- 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 173 

aoaenaient Sapîn.tutl et Gognë, trouva ces détachements 
fiiy iDl tn désordre devant des forces républicaines très-su- 
périetireK. Par des manœuvres adroites, il parvint à battre > 
sépan'mf^nt , tant à Chanché qu'à Légé , trois colonnes 
ennemies, auxquelles il fit éprouvi-r un perte considéra- 
ble. Charette n*ay.ujt pas alors assez de forces pour for- 
mer de grandes enli éprises y hc borna à faire la guerre en 
partistin habile, harcelant sans cesse les républicains , sur- 
prenant et enlevant des postes, et ne taisant ses marches 
que la nuit; afin d'en dérober la connaissance à ses adver- 
saires. Le 10 février, la colonne, dile infernale, comman- 
dée par DuqnesuDy, général dfs patriotes, vint attaquer 
Charette à Saint -Colombin. Là, comme en beaucoup 
d^autres occasions, Charette et ses soldats combattirent 
avec une valeur intrépide; mais, se voyant sur le point 
d*étre tournés , les Vendéens se débandèient, et laissèrent 
7 à 8oo de leurs morts sur le champ de bataille. Charette, 
qui avait pris position à Venansau't, près la Roche-sur- Yon, 
évitait dt'puis quelque temps un nouvel engagement avec 
les républicains. Cependant le général Haxo ayant mar- 
ché contre lui, le 19 mars, Charette rangea sa troupe en 
bataille; et, ^'adressant aux siens, il leur dit : a Camara- 
• des, c'est assez éviter de combattre un ennemi que notre 
«faiblesse encourage; il faut aujourd'hui vaincre 'ou mou- 
»rir. » Le combat s'engage , et bic'ntôt les Vendéens forcent 
les républicains de fuir de toutes parts. Haxo lui-même 
est tué, en faisant de vains efforts pour rallier ses sol- 
dats (i). Charette et StoHlt^t, long-temps désunis par une 
rivalité mal entendue , sVfant rapprochés, se concertèrent 
pour attaquer le camp des républicains à St.-Christophe pfès 
de Challaiis. Dans cette expédition, qui eut lieu le 3o avril 
^r9i> l'avant- i^arde de Charette, commandée parGuerîn, 



(1) Le général Haxo s'était fait estimer des Vendéens par sa bravoure 
et ses qualités (Jisiinguév's. Charette avait ordonné à se? soldats de ne 
point frapper ci* général , et de le lui amener vivant. Charette fit lui- 
même l'éloge de ce guerrier, et exprima le legret de n*avoîr pu Tarra- 
cher à la mort. . 1 



174 MCnONNAIRE HISTORIQUE 

culbuta d*abord les avant-postes ennemi^i; mais cette avant» 
garde , ayant été forcée de plier 9 entraîna dans son mou- 
Tcment rétrograde le gros des troupes de Charette» et dé- 
termina la retiaite de toute cette colonne. Les républi- 
cains^y après avoir obtenu des succès lïiarquants sur les 
Tendéens, établirent dans le pays insurgé la camps re- 
trancbésy au moyen desquels ils tenaient les royalistes eu 
respect , et les enjpèchaient de faire des progrès. Ciiarette, 
ayant cependant réorganisé son armée ^ rassemble tout à 
coup ses forces et s*avance, le 5 septembre « pour attaquer 
le camp de la Roulière qu*il espère surprendre. Ses trou- 
pes marchent dans le plus grand silence , arrivent aux 
avant-postes' ennemis sans avoir été aperçues^ égorgent tout 
ce qui s'y trouve , forcent les retranchements, et obligent 
les républicains de fuir, avant même d'avoir pu s'armer. 
Sur ces entrefaites, et pendant que les Vendéens pillaient 
le camp, une colonne patriote, arrivant à l'improviste de 
Montaigu , tombe sur eux, et leur eût arraché la victoire, 
si Charclte ne fût arrivé prompttment au secours des siens, 
avec une troupe de cavalerie qui rompit la colonne répu- 
blicaine, et la mena battant jusqu'aux portes de Nantes. 
Après cette victoire , Charette fit mettre le feu au camp de 
la Roulière, et retourna à son quartier- général de Belle- 
ville. Le 14 du même mois , il marcha de nouveau pour at- 
taquer le camp de Fréligné. Il y éprouva d'abord une vi- 
goureuse résistance de la part des républicains; mais, s'é- 
tant élancé lui-même à l'assaut, il fut suivi par tous ses sol- 
dats, et le camp fut enlevé. Dans cette affaire sanglante, les 
royalistes eurent environ 400 des leurs tués et 8 à 900 bles- 
sés : les républicains furent presque tous égorgés. Au com- 
mencement de 1799, l'arroée vendéenne, qui avait perdu 
ses chefs Bonchamp , d'Elbée, Laroche jacquelein et Les* 
cure, ne voyait plus à sa tète que Charette et StofHet, tous 
deux dévorés de la soif du commandement, et rivaux ja- 
loux l'un de l'autre. La dissension qui existait entre ces 
deux chefs étant bien connue des délégués conventionnel^ 
envoyés dans les départements de l'Ouest, ces commissai- 
res cherchèrent à en tirer parti, pour obtenir une pacifi- 



r- 



cation, au moins partielle. Ils se déterminèrent à s'adres^ 
ser de préférence à Gharette, auquel ils firent &îre des 
pro|>ositions par mademoiselle de La Gascherie, sa sœur, 
qui consentit à se rendre conciliatrice entre les deux partis. 
Les conditions offertes par les commissaires convention- 
nels ayant paru satisfaisantes à Gharette, il se rendit à la 
Jaunais, le i5 février 1795, à la tête de son état-ipajor. 
Les représentants du peuple arrivèrent à ce rendez-vous, 
accompagnés du générai en chef- Canclaux. Après trots 
jours de conférence, un traité de paix définitif fut signé 
le 17 février (1). Les conditions de ce traité ne furent pas 
plus tôt connues, que Delaunay, Savin et Lemoine, trois 
chefs qui n*y avaient pris aucune part , éclatèrent en re* 
proches contre Gharette, et le signalèrent aux Vendéens 
comme un traître qui s'était laissé corrompre. Excités par 
ces trois chefs, les Vendéens frémissaient à Tidée de dépo- 
ser leurs armes, et une sédition allait devenir générale, 
lorsque Gharette, averti de ce désordre , quitte précipitam- 
ment la Jaunaîs, vole à son quartier-général de Belleville, 
se présente au milieu des rebelles , et les harangue en ces 
termes : « Groyez-vous, messieurs, que je sois devenu ré- 
«publicain depuis hier? » Gonfus, ils répondirent : « Gêné* 
»ral , nous avons toujours en vous la même confiance, a — 
«Eh bien, dit Gharette, croyez donc que je n'ai fait la 
«paix que par des considérations importantes ; retournez 
«dans vos foyers, et restez-y tranquilles et sans inquiétu- 
•de. » A ces mots, les cris de vive le roi! vive notre brave 
général! retentirent de toutc^s parts. Aux termes des con- 
ventions faites, Gharette fit son entrée solennelle dans Nan- 
tes, le 26 février, avec Técharpe blanche et le panache 
blanc , accompagné de 4 de ^^^ officiers et du général Gan- 
claux, suivi de son état-major. L'air retentit de cris d'al- 
légresse, parmi lesquels on entendait dist'*^>ctement ceux 



(i) Ce traité consistait en cinq articles, au bas desquels Gharette et 
^ autres chefs vendéens firent une déclaration par laquelle ils promirent 
de reconnaître la république française , de se soumettre à ses lois , et 
prirent l'engagement formel de n'y porter aucune atteinte. 



176 DICTIONIfAraE HISTORIQUE 

de vfVe le roi/ vive la république f Le «oir, Gharelte fut 
conduit au club ou société populaire de Nantes; maisrap- 
parition dès signes du royalisme ayant scandalisé les mem'- 
bres de cette société, l'esprit de parti se ralluma ; et^ sur la 
demande de l'administration municipale, les représentants 
du peuple furent obligés d'interdire aux Vendéens le port 
àes couleurs royalistes. De ce moment, Gharelte devint 
triste et morne. Il quitta Nantes, le 27 du même mois, 
pour se retirer à son quartier-général de Belleville. Après 
la révolution du 9 thermidor an 3 (27 juillet 1794)9 le gé- 
néral Hoche fut nommé général en chef des armées répu- 
blicaines dans l'ouest de la France. Deux traités conclus 
avec les chefs vendéens, à Saint-Florent et la Mabillais, 
semblaient alors devoir opérer le même résultat que celui 
delà Jauuais, et assurer la paix et la tranquillité dans la Yen- 
dée; mais, l'Angleterre s'étant décidée à faire un arme- 
ment en faveur des princes français, une partie des chefs 
vendéens commença à préparer les éléments d'une nou- 
velle insurrection. Quelques-uns de ces chefs furent arrê- 
tés par Tordre de Hoche, au moment où , sous prétexte de 
se rendre à une foire, ils se dirigeaient, avec un certain nom- 
bre des leurs, vers le bourg de Cisay, pour s^emparer d'un 
parc d'artillerie qui s'y trouvait. La nouvelle de cette ar- 
restation fut pour les chefn royalistes le signal de repren- 
dre les armes; et Gharelte fut du nombre de ceux qui se 
remirent les premiers à la tête de leurs troupes. Il rassem- 
bla les siennes à son quartier-général de Belleville, et leur 
annonça la résolution qu'il avait prise de recommencer la' 
guerre. Pour en démontrer la nécessité, il fil valoir, entre 
autres considérations, la mort du jeune roi Louis XVII 
dans la prison du Temple. Les Vendéens, qui s'étaient ao* 
coutumes aux douceurs de la paix , montrèrent peu d'em- 
pressement pour répondre à 1 appel de leur chef, qui en fut 
tfurpris, mais dont le courage ne fut point abattu. Après 
avoir fait prêter serment de fidélité au roi Louis XVIII, il 
adressa à la nation française une proclamation , dans la- 
quelle il expliquait les motifs de sa pacification momenta- 



DES GENERAUX PEANÇAIS. l'J'J 

née avec la république (i) » et ceux qui TobUgeaient à re- 
commencer la guerre. Un c{smp républicain se trouvait alors 
établi aux Ea^ards , nba loin de Belleville. Gharette, vou- 
lant se débarrasser de ses dangereux voisins, part à la tête de 
l'élite de ses soldats, s'avance à la faveur de l'obscurité jus- 
qu'à une demi- lieue du camp, et envoie sommer le corn- 
. mandant des bleus d'évacuer son camp et de s'éloigner. 
"Sur le refus de ce commandant, Gharette fait marcher le 
gros de fia troupe , auquel il avait donné l'ordre d'essuyer 
le premier feu sans riposter ; s'élance lui - même à la tête 
des siens <]an8 le. camp ennemi, l'enlève à la baïonnette, y 
tue 5oo hommes et y fait 3oo prisonniers. Après l'expédj* 
tion de Quiberon, si funeste aux royalistes, l'Angleterre 
en avait préparé une secondé , qui mit à la voile de PorJtT 
smouth, le 95 septembre i^gS : son altesse royale Aqnsibiib» 
comte d^Artois, s*y trouvait, a«ee un assez grand.npmhfp 
d'officiers français. Le territoire wcupé par Gharetije. .était 
celui qui offrait le plus d*aVanlage pour -une de^cei^tç^ 
et ce cheï royalîîBte avait présenté un pl^n 4'exéçutiQ[qji 
qui fui rejeté sur l'avis deàt^ommissairefl anglais. iJ^e 
conseil, assemblé abord de la. flotte expéditionnai)re^^éf[ii* 
da que Ton s'établirait à Ttle Dieu. Tous les chefs veudéeps, 
et Gharette en particulier, avaient fail: les plù^ grands êf^ 
forts pour seconder les vues du prince français ; et au^itôt 
que celhi-cî eut débarqué à Ttle Pieti, il envoya à£ha- 
rette , par le marquis derRivière , ki jCor.dx>n jro^igç et :1^ bjikO-: 
vet de lieutenant-général signé. jAo la^main.dje âa IMLajesté^ 
Lbui9 XVtfl '(2). Fier de la dîétinCtion qu'il venait de re- 
cevoir, et jaloiixde s^en rendre de pluB en pius dîjgney 
Gharette résolut de se Rapprocher de Ttie Dieu , afin (|e f^i- 
voriserle^ débarquement .de son altesse royale; et^i pour- 
cet tftet, il détacha de son armée ses divisions. de.JUL^ch«^ 

(i] Gharette n'arait jamais considéré lé traite de la Jauoais que com- 
me une sQBpensiori d'armes , alors indispensable. « 

(9) Ce tireret était destiné à Gharette dcpuît 1794 ; maU i^^'d^Aiat d« 
oommunicatîoq «D avait retardé r«nToi. - 



178 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

coul et d'Aizeiiay, et les dirigea vers la c6te de SainC- 
Jean-de-Blont. Cheinin faisant, elles repoussèrent vigou- 
reusement 4op républicains, sortis de Saint-Gîtlcs-Bur-^Vic, 
pour s^opposer à leur marclie. Dans la crainte d^èlre encore 
inquiété par la garnison de Chalans, Charette Ht prendre 
position à une portion de son détachement dans la plaine 
de Soulans. II eut lieu de s'applaudir de cette mesure de 
précaution; car, dès le lendemain, 1200 ennemis» venus - 
pour renforcer la garnison de Saint -Gilles 4 se jetèrent en 
même temps que cette dernière sur les royalistes. Ceux-ci re- 
çurent les républicains avec tant de valeur, qu*ils les forcèrent 
tte prendre la fuite, abandonnant une cenlaine d*hommet 
tilés 9 blessés où prisonniers, l/eutier débarquement de 
IVirmée expéditionnaire ne soultraiit alors aucun otistacle» 
ê. A. R- ordonna à Charette de lui indiquer^ sur la côte 9 
depuis Bourgneuf jusqu'à ia pointe d*Aîguillon, ou point 
èù , À fout dommé » un corps de (quelques centaine» de che^ 
vaiTt, envoyé parle chef tendéén, viendrait au-devant du 
prîftee, qui promettait de se .réunir aux intrépides Ven- 
déens. Charette ^ croyant enfin toucher au bat si désiré 
pat loi de posséder dans souartnée le liéutenant-génék-aldu 
royaume, se mit en meuveiAènt pour protéger la descente 
du prince. Deux folA de^idiffîcultéa réelles, ou supposées 
par les Anglais, s'y bpposèrenU Enfin,- le )Our pri» pour une 
troisième tentative » l'arlhée royale de la Basse-Yeildéet for- 
te de 14 à 1^ mHle hotmiies, s-'était mise en marche; elle 
était arrivée à Nesme» et nTavait plus qu'une journée à faire 
pour être arrivée sur te'bortideia mer, lorsqu'iin envoyé de 
M. lécomted'Arl ois vint annoncer à Gbarettequelecouseil de 
Parïnée expéditionnaire, t:omposé d^officiers et de oommia- 
éaires anglais, avait décidé qof? coite dernière armée resterait 
eîQ ôb^rvàtion à Ttle Dieu. Ce message accabla Charette» qui 
■ e put ê t rec ons olé par la remise qu'on lui fît» au nom du prin- 
cOf d'un sabre maguilique portant , incrustée sur la lame, 
cette devise : Je ne cède jamais. Charette s'adressaot à l*en- 
iDûyéi^ Ailexdire au prîjice qu'il m'envoie l'arrêt de mamort, 
>en m'empêchant de le servir. » Après deux mois de séfou» 
à l'Ile iVicu, l'armée expéditionnaire repartit pour l'Angle* 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 179 

terre, 9ans>avoir rien entrepris. Ce départ semblait devoir 
être l*arrét de desl motion de tout le parti royaliste dans la 
Vendée. Cependant Charette, résolu d'accomplir le serment 
quUl avait fait de mourir en combattant , assemble son 
conseil, et y fait prévaloir la décision d'attaquer sans délai 
ies répqblicqins. Contre sou avis« on arrêta que la garni- 
son du bourg de Saint-Cyr, forte seulement de 400 hom- 
mes, serait la première contre laquelle on agirait. Elle fut 
effectivement attaquée par 10,000 Vendéens; mais les 400 
républicains qui la composaient, s'étant renfermés dans 
Téglise, y firent une défense tellement héroïque, que les 
Vendéens furent obligés de renoncer à leur entreprise, 
après deux heures de combat, dans lequel ces derniers 
perdirent plus de 5oo de^ leurs. Les audacieux républi- 
cains firent plus encore; ils osèrent se mettre à la poursui- 
te de leurs nombreux adversaires et les attaquer. Dans 
cette seconde action, Tarriëre- garde vendéenne fut très- 
mallraitée et perdit son chef Guérjq. Charette, entrepre- 
nant et ferme dans ses résolutions , était le seul chef ven- 
déen qui pût donner beaucoup d'inquiétudes aux républi- 
cains. Convaincu que l'état présent de ses forces ne lui 
permettait plus de tenir ouvertement la campagne, il re- 
prit la tactique de la guerre en partisan , et harcela ses en- 
nemis par des courses et des attaques partielles au milieu 
des bois, des marais et des bruyères. Le général en chef 
des républicains. Hoche, après avoir disposé ses ligues de 
manière à cerner tout le pays royaliste, destina sa pre- 
mière division, aux ordres des généraux Canuel et Bon- 
neau^ à agir dans la Basse- Vendée. Charette s'était réfu- 
gié dans la forêt d'Aizeuay, où, comme dans une forte- 
resse impénétrable, ilse préparait à braver les efforts de ses 
epnemjs. Quelques mouvements faits par les colonnes ré- 
publicaines ayant laissé plus de liberté à ses mouvements, 
il sortit de la forêt d'Aizeuay, pour retourner à son quar- 
tier-général de Belleville, où il se proposait de faire un re* 
crulement; m^^is à peine y fut-il arrivé, que Hoche le fit 
attaquer par trois colonnes de son armée. L'infériorité du. 
nombre obligea Charette d'ordonner la retraite , et de se> 



l8o DlGTIOmCAIRE HISTORIQUE 

retirer de nouveau dans la forêt d'Aîsenay. Le décourage* 
meut avait gagné ses troupes, et les chefs sous ses ordres lui 
présentèrent un Mémoire pour i^engager à faire la paix. €ha- 
rette écouta la lecture de cette pièce avec indignation, et dé-' 
clara qu*il n'accéderait point à une proposition qu*îl regar- 
dait comme déshonorante. Pour ranimer la confiance de 
ses soldats , il résolut de tenter quelque nouvelle action 
d*éclat; et à cet effet, il marcha à Tattaque du camp de 
Mormaison, défendu par 5oo hommes. Cette troupe 9 atta- 
quée vivement à la baïonnette , fut culbutée en un clin 
irœil , et obligée de se retirer avec une perte considérable. 
Il attaqua ensuite une colonne de aooo hommes campée 
aux Qualre-Chemins, pénétra de nuit dans le camp, et y 
fit un carnage affreux de républicains, qui laissèrent 600 
morts sur le champ de bataille, et eurent un nombre con- 
sidérable de blessés. Depuis long- temps, Charette s'était 
vu successivement abandonné par un grand nombre de ses 
ofiGcicrs. Il avait cherché à se rapprocher de Stofflet, et 
invité celui-ci à reprendre les armes. Stofflet, guidé par 
la jalousie et la haine quMl portait à Charette, temporisait 
toujours. Daus cet état de choses, Charette, ne pouvant 
résister seul aux forces que le général Hoche envoyait con- 
tre lui, prit la résolution hardie de passer lui-même sur le 
territoire de Slofïlet, afin d'y attirer les républicains et d'o- 
bliger Stofflet à se défendre. II partit en conséquence, au 
commencement de février 1796, avec 5ooo hommes, des 
nuuûtions et des vivres. Hoche, averti de la marche de 
Charette, le fit suivre et attaquer successivement sur plu- 
sieurs points : les Vendéens furent partout battus. Harce- 
lé et poursuivi avec une infatigable persévérance, Charet- 
te parvint à échapper long-temps aux soldats de Hoche ; et 
ce général , voyant que toutes ses poursuites pour s'empa- 
rer du chef vendéen étalent sans succès, essaya de l'ame- 
ner à un accommodement que le curé de la Rabatellière fut 
chargé de négocier. Entre autres propoj^itîons, on offrait â 
Charette de le faire passer en Angleterre ou en Suisse avec 
sa famille, et de lui faire payer tous les trois mois les re- 
venus de ses biens. Charette répondit qu'il saurait périr let 



B£9 eÉKERAUX FRANÇAIS. t8l 

armés à la maiD, et qu'il n'abandonnerait jamais les bra- 
ves qu'il cominandait. Il ordonna à ses lieutenants de faire- 
un rassemblement, général; et sortit lui-même du bourg 
de la Bégaudière-, à la tète de 200 cavaliers et d'une qua- 
rantaine de fantassins. Il fut attaque par Tadjudant-géné- 
rai Travot, qu'il repoussa' d'abord ; mais ce dernier, ayant 
reçu un renfort de 4oo grenadiers , chargea les Vendéens, 
en fit un horrible carnage, et les poursuivit jusqu'au bourg 
de l'Hébergement. Gharette, poursuivi ù outrance, .et 
abandonné par une partie des siens^ fut trahi par quelqucii 
autres, qui indiquaient aux chefs républicains les lieux 
qu'il choisissait pour sa retraite. Le 25 mai, il se trouva.- 
cerné à la Prénillière, commune de Saînt-Sulpice. Déci- 
dé à vendre chèrement sa vie , il ise battit avec le plus grand 
courage pendant deux heures , et fut blessé grièvement à 
la main et à la tète. If parvint cependant à s'enfoncer dans 
le taillis de la Chaboterie, où, -après quatre heures de re- 
cherches, il fut trouvé , baigné dans son sang et épuisé de - 
lassitude , par les grenadiers du général Travot. Ce géné« 
rai eut pour Gharette tous les égards dus au courage maU 
heureui^ Gonduit d'abord- à Angers, le chef vendéen ar- 
riva à Nantes, le 27 mars. On le traduisit devant une com«- 
mission militaire, qui le condamna à être fusillé. Gette 
exécution eut lieu, le 29 mars; et dails ac terrible moment, 
Gharette vit.ia mort avec aussi peu d'effroi qu'il l'avait en? 
I^isagée tant de fois sur les champs de bataille. Il tomba, 
eop poussant le cri de vive le roi (i). {Annales du temps,), 

GHARRIÈRE (Louis, baron) ^ maréchal-de- camp, na- 
quit au bourg Saint* Andéole, le 3 février 1765. Il entra 
au service, le 10 octobre 1782, comme soldat dans le 91* 
régiment d'infanterie de ligne; y devint caporal, le 1*' 
septembre 1785; sergent, le 18 août 170; sergent-major, 



(1) 11 refusa le mouchoir qu'on lui offrait pour se couvrir les yeux , et 
marqua lui- mâtne aux soldats le dernier temps des armes qui devaleat 
lui porter le coup moi tel. 



lâ:2 DICTIONNAIRE IftSTOltlQUE 

le 1** mai 179a; adjudant-sous-officier, legda même mois, eC 
soufi-iieuteDant, le 1*' août de la même année. Il fît à Tannée 
dltaKe les campagnes de 1 79a à 1 797, et fut employé com-^ 
toie adioint à TadjudaHl-général Vicose, dès le 20 mai 1794* 
Il passa lieutenant aux cboîx , le i5 avril 1 796, dans la i65* 
demi-brigade d*infonterie, où le 91* régiment de ligne (de- 
puis 45*) avait été incorporé. A Tattaque des redoales de 
^aint-Bernard 9 près de Corregio , le 34 octobre de cette 
dernière année 9 il fut blessé d*un coup de feu. Employé k 
Kétat-màjor-général de Tarmée d^Ilalie, par ordre duSmars 
1796, il devint capitaine, le 16 octobre de la même année» 
conformément aux dispositions de la loi du i4 germinal 
an 5 (5 avril 1795): fut nommé chef de bataillon par bre- 
vet du général en chef Bnonaparte, en date du 5 novem- 
bre 17979 et passa adjoint de Tadjudant-général Jomard; 
le iG du même mois. Il rentra , le 5 octobre i8oo« par or- 
dre du premier consul, dans la 4^* demi-brigade , à laquel- 
le il appartenait, pour y remplacer le chef de bataillon La* 
croix, retraité. De 1798 à i8o5 , il fut employé aux armées 
d*Ang1eterre » d*Italie, des Grison<<, d'Helvétie et de Hano- 
vre. Il servit à Tarmée des côtes d'Angleterre, en^iSoS. Il 
fut créé membre de la Légion-d*Honneur, le 24 septembre» 
et fut nommé major au 48* n^giment d'infanterie de ligne^ 
le 22 décembre suivant. Il fut employé en cette dernière 
qualité à Anvers (24* division militaire), pendant les an- 
tii^es 1804 9 i8o5, 1806 et 1807. Employé à la grande-ai^ 
iiiêe,en 1808, il fut nommé colonel du 67* régiment d'in* 
ianterie de Tigne» par décret du 28 mars. Il commanda ce 
régiment pendant la cam'p.igne d'Autriche, en 1809. Il 
combattit à Pessing, le 5 mai (i). Trois jours après cette 
affaire /Tempereur, passant la revue du corps d*armée du 



;i) Le MoniUur, en rendant compte de cette affaire, d*après un bul- 
letin officiel, dit, entre autres choses : « Le 67* régiment soutint ion aa* 
vcivtine réputation. Il j a 16 ans, ce régiment avait été surnommé en 
■ Italie ie Terfiéie, et il a bien justifié ce surnom dans cette affaire {cel' 

i»le do Flcsbiiii:) , où «cul il a abordé ei dclait succcssiTement 6 régi' 
«ments auUichi'.Qi. > 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. l8!> 

maréchal Davoust, dont le 5y^ faisait partie , ;iccorJa à ce 
réginfent 40 décorations de la Légion-d'Honneur : les trois 
<:hef8 de bataillon avaient la croix d'officier. Le colonel 
Gharriëre obtint aussi cette décoration 9 et Napoléon lui «on- 
fera en outre le titre de baron, avec une dotation de 4000 fr. 
de revenu. Gharrière fut atteint de plusieurs balles; qui mi- 
rent ses habits en lambeaux, à la bataille d*£ssling, le as mai. 
Il se trouva à la bataille de Wagram, le 5 juillet suivant, 
et y reçut une forte coniusion, ayant été jeté sur un pe* 
loton de troupes par sa» cheval qui avait été atteint d'une 
balle à la tête. Le colonel Gharrière fut créé commandant 
4le la Légion-d*Honneur, le 10 août de la même année. Eni* 
ployé à la grande-armée, en 18 la, il fit la campagne de 
Russie y à la tête du 57* régiment, dans la division du gé- 
néral Gompans. Une redoute ayant été enlevée sur les Rus- 
ses, le 5 septembre, par des troupes de la division Gom- 
pansy parmi lesquelles se trouvait un bataillon du 57*, le 
colonel Gharriëre reçut Tordre d'occuper cette redoute et 
d'y faire exécuter des travaux propres à la mettre en état 
de défense contre Une attaque qui paraissait devoir avoir 
lieu, le lendemain , de la part des Russes. Gharrière , avec 
3 bataillons de son régiment, et aidé par une compagnie 
de sapeurs de la garde impériale, fit faire, de nuit, sous 
la direction du général Kirchner, des ouvrages tels qu'on 
se trouva, avant le jour, en. mesure de bien recevoir l'en- 
nemi , qui n'osa se présenter. Le 7 du même mois fut livrée 
la célèbre bataille de la Aloskowa, gagnée sur l'armée rus- 
se. Dans cette journée, le 57" régiment eut ordre d'attaquer 
€t d'enlever une grande redoute, à laquelle s'appuyait la 
gauche des Russes. Audébouchéd'unbois, G barrière adressa 
à son Intive régiment ces seuls mots : « A la redoute. •Aussi- 
tôt ses bataillons s'élancent au pas de charge, la baïonnet- 
te en avant , et faisant en même temps un feu aussi bien 
nourri qu'il peut l'être pendant une marche rapide. En 
moins d'une heure, la redoute est enlevée, malgré lu ré- 
sistance opiniâtre des Russes, dont il fut fait un affreux car- 
nage. Le général Darasdin, ayant fait marcher sur ce point 
la 18* division de Tarmée russe, tenta de reprendre la t^ 



l8/| DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

doute : maU H fut repoussé à plusieurs reprises , et eom- 
bia les fossés de ses morts et de ses blessés. Le 67* régimeiH 
de ligue français fît aussi des pertes cousidérablesy évaluées 
à i5oo hommes, tués 9 blessés 9 ou faits prisonniers. Le ma*- 
jor Yeger et le chef de bataillon Girard furent tués, et le 
chef de'bataillon Boyer reçut une blessure (1). La redoute 
étant demeurée au pouvoir des Français 9 Tempereur en- 
voya demander quel était le corps qui Favait enlevée, et ne 
fut pas surpris lorsqu'il apprit que cette action glorieuse 
avait été fuite par le 5^* régiment. Dans raprës-midi du 
tnéme jour, et après la défaite des Russes, Napoléon, visi- 
tant le champ de bataille, questionna le colonel Gharriëre 
sur la prise de la redoute; et, s^étant assuré, sur le terrain 
même, des nouveaux droits que cet officier s^était acquis 
à une récompense, il le nomma général de brigade, par 
décret du ao du même mois. En i8t5, le baron G barrière 
fut employé à la grande-armée d'Allemagne. Il se troova 
aux diflTérentes batailles et à plusieurs des combats qui eu- 
rent lieu pendant cette campagne, et eut un cheval tué sous 
lui, au passage du poi^ de Buntzlau, le 5o août. Après la 
perte de la bataille de Leipsick, Tarmée française faisant 
sa retraite sur le Bhin, le général Gharriëre tenta, dans la 
. nuit du 5o au'3i octobre, avec une faible division du 3* 
corps, un coup de main pour pénétrer dans la ville de 
Haiiau par un moulin contigu au rempart; mais cette eo^^ 
treprise échoua. Il avait été créé chevalier de Tordre- de la 
couronne de Fer, le 18 juin de la même année, après la 
bataille de Lutzen , et sur la demande du comte Laurîston, 
sous les ordres duquel il servait alors. Il fit la campagne 
de France, en 1814» contre les armées alliées. Aprèiia 
chute de Napoléon et la restauration du trône deaiBour- 



(1) Dans cette journée, la division Gompans vit renouveler soaobef 
jusqu'à trois fois. Le général Goir pans, blessé au comm^ncemept ,de 
Faction , fut remplacé par le général Dcssaix ; et celui-ci, également 
blessé, céda le commandement au général Bapp, qui reçut aussi une 
blessure. Le général de brigade Teste fut de même blessé danif U re- 
doute. 



B£S GÉNÉRAUX FRANÇAIS. i85 

bons, S. M. Louis XYIII le créa chevalier de Tordre royal 
et militaire de Saint-Louis , le 5 septembre de la même 
année i8i4« £n iSiS, pendant les cent jours ^ le général 
Gharrière reçut de Buonaparte, le aa mars, l'ordre d'aller 
prendre le commandement supérieur de la place de Ca- 
lais. Il conserva ce commandement jus((u'au 20 juillet 
suivant. U a obtenu sa retraite du grade de maréchal- 
de-camp, après 4^ ans 5 mois et 2a jours de service, 
par ordonnance royale du 25 septembre de la même an- 
^née. {Brevets et étals militaires , Moniteur ^ annales du 
* temps.) 

DE CHARTONGNE (Philippe-François), /iew/en^z/i^-g^^- 
néral, fut fait enseigne au régiment d'Herbouville , le 1 1 
décembre i665. Nommé lieutenant, le 9 novembre i665y 
il servit aux sièges et à la prise de Touruay , de Douai et 
de Lille, en 1667, et à la conquête de la Franche-Gom- 
té, en 1668. Réformé , le aG mai de cette dernière année, 
U suivit le régiment d*Herbouville dans l'expédition de Gan-t 
die, et s'y trouva à la fameuse sortie du a5 juin. Il fut 
remplacé lieutenant en pied, le 10 octobre 1670; servit à 
tous les sièges que le roi fit en personne , en 167a, et ob- 
tint une compagnie dans le même régiment , le a8 sep^ 
tembre de cette dernière année. Il se trouva au siège de ^ 
Maestricht, en 1673; au combat de Seneff, et â celui de 
Mulhausen, en 16749 et enfm à celui de Turckeim, le 5 
janvier 1675. Devenu capitaine de grenadiers de son régi- 
ment, le 6 avril suivant, il passa sous les ordres du maré- 
chal de Gréqui; combattit à Gonsarbruck; concourut à la 
défense de Trêves; servit aux sièges et à la prise de Yalen- 
ciennes, de Gambrat et de sa citadelle, en 1677; aux siè- 
ges et à la prise de Gand et d'Ypres, en 1678, et à la ba- 
taille de Saifit-Denys, près Mons, la même année. Il fut 
nommé major de son régiment , le 23 octobre i683 ; ser* 
vit en Flandre, sous le marquis de Roufllers, en 1689, ^^ 
à l'armée du Piémont , sous Al. de Gatinat, en 1690. Lieu- 
tenant-colonel du même régiment , par commission du 5 
)uin, il contribua, la même année , à la prise de Gahours; 



l86 PICTIONHlimC flISTOEIQUB 

à la f ietbire remportée à Staffarde ; à la prise de Berges; 
à la toomitsion de Suce et au 8ié{;e de la citadelle. Il fut 
employé 9 en 1691, à la réduclIoD des Yaudoii, dans les 
vallées de Saint-Martin et de la Pérouse; aux sièges et à la 
prise des ville et château de Yillefranche; des villes de 
Montalban, de Nice, de Veillane, de Carmagnole, et com- 
manda pendant Thiver dans la vallée de Pragolas. En 1692, 
il servit à Tarmée de la Moselle 9 d*où il passa à Tannée de 
Flandre y au mois d*août, et se trouva au bombardement de 
Charleroi. Créé brigadier , le 5o mars 1695, il conibattit à* 
la Marsailley sous M. de Catinat ; fut employé sur la frontiè- 
re de Piémont pendant Tbiver, par ordre du 14 novembre* 
et continua de servir à la même armée, qui se tint si»r la 
défensive, en 1695. Il fat créé inspeclenr-général de Tin- 
fanterie, par ordre du ai décembre; serril au siège de Va- 
lence, en 1696, et à celui de Barcelonne, sous le duc de 
Vendôme , en 1697. ^' obtint la lieulenance de roi de cette 
place, par commission du ao août, et quitta alors son régi- 
ment. Employé à Tarmée d'Italie , par lettres du 19 mars 
1701, il combattit à Carpi et à Cfaiari, la même année. Il 
fut promu au grade de marécbal-de-camp, par brevet du 
agfanvier 1702. Employé eu cette qualité à Tarmée d'Ila- 
lie, par lettres du ai février suivant, il contraignit les en- 
nemis d'abandonner Yiadanna ; corftribua à la victoire rem- 
portée à San-Yittoria, au mois de juillet; combattit à Lin- 
zarra, au mois d'août, et concourut à la prise de cette pla- 
ce. On le créa directeur-général de l'infanterie, par com- 
mission du 4 septembre. Employé à Tarmée d'Italie, en 
1 705 , il se trouva à la défaite de Tarrière^garde du général 
Stabremberg, près la Stradella; au combat de Casteinovo 
de Bormia; suivit le duc de Vendôme dans le Trenlin; 
combattit à San - Sébastiano, où il défit le général Visconti, 
et servit à la prise de Villeneuve et d'Ast. Il fut employé, 
en 1704 9 aux sièges et à la prise de Verceil , d'Yvrée et de 
•a citadelle. Créé lieutenant-général des armées du roi, par 
pouvoir du a6 octobre, il commanda une attaque à la prl^e 
du chemin couvert du fort de Guerbignan , qu'on emporta. 
U était de tranchée, le a6 décembre, au siège de Vérue, 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 187 

lorsque les assiégés firent une sortie avec toutes leurs trou* 
pes. li combattu avec la plus grande valeur dans cette 
occasion, c^ déjà il repoussait les ennemis, lorsquUl fut 
fait prisonnier, après avoir reçu une blessure, dont il mou- 
rut au bout d^une heure. {Quonologie militaire , tom, ir» 
pag. 56o; Gazette de France, Mémoires du temps,) 

DB CHARTONGNE (Claude-Louis), maréchal-de-camp, 
peiit-fils du précédent, naquit à Ambreville près Clermont- 
en-Àrgonne, le 4 janvier 174a* H entra au service, le 4 juin 
1759, comme cadet au régiment dUnfanterie de Chartres, 
dans lequel il fut fait lieutenant de grenadiers, le 18 jan- 
vier 1760; sous-aide-major, le 5 mars 1765; aide-major, 
le 28 juillet 1773; capitaine en second, le 5 juin 1779, et 
capitaine-commandant, le 19 juin 1786. On le créa che- 
valier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis , le aS 
août 1787 II fut nommé major du régiment Royal-ia-Ma- 
rine, le 8 novembre 1788; Jieutenant-colonel, le 6 janvier 
179 If et colond du régiment ci-devant de Yermandois, le 
23 mars 1792. Il fit les campagnes de 1 792 et 1793 à Tarmée 
d*Italie, et fut pt>omu au grade de général de brigade, le 
3o juin de cette dernière année. On l'employa en Piémont 
et en Corse. Il obtint sa retraite, le 21 mars 1794^ après 36 
ans 9 mois et 16 jours de service, et mourut, le 4 mars 
1819, à Verdun, où il avait fixé sa résidence. {Brevets et 
étaxs militaires.) 

DE CHARTRES , voyez OBtÉAirs. 

PB CHASSELOUP-LAUBAT (François, marquis), pair 
de France et Ueutenant-général du génie , naquit à Saint* 
8ernin,furès de Harennes, le 18 août 1754* Il entra com-» 
me élève, et avec le grade de lieutenant, à l'école d*applica- 
tîon du génie à Mésièrea, en 1778 ; fut fait lieutenant, la 
16 février ^781, et capitaine, le 1*' avril 1791. Employé 
eo cette dernière qualité à Tarmée du centre , pendant la 
campagne de 1799» il prit part à toutes 1^ affaires qui eu- 
rent lieu & Givet et à Arlon ; se jeta ensuite dans la place 
de Montmédi; y dirigea les travaux du génie, et contribua 



|88 BIGTIONNÀIRS HISTORIQUE 

beaucoup à la défense de cette place , alors assiégée par 
raritiée prussienne. Il fut chargé de recevoir la place de 
Longwjf lorsqu'elle fut évacuée par les Prussiens , et resta 
dans cette place importante ^.pour diriger les travaux de dé- 
fense qui y furent faits, d'après le plan qu*il avait proposé, 
et pour reclifier ceux qui avaient été effectués précédem- 
ment. En 1 793, Tarméefrançaise ayant marché sur Arlon, où 
les Autrichiens rassemblaient des forces considérables, Ghas- 
seloup, qui ne faisait point partie de cette expédition , s'y 
joignit spontanément. Les connaissances locales qu*il pos- 
sédait, les mesures qu'il proposa, et la conduite qu'il tint 
dans cette circonstance, le rendirent très-utile, et contri- 
buèrent aux succès remportés par les Français. Arlon fut 
emporté, etChasseloup obtint le grade de chef de batail- 
lon sur le champ de bataille. Employé à l'armée de Sam- 
bre-et-Udeuse , en 1 794 9 il se trouva au siège de Maestricht, 
y dirigea l'attaque principale, et fit placer sur la rive droi- 
te de la Meuse une batterie qui , en prenant les assiégés en 
flanc , ne leur permit pas de faire la résistance qu'ils s'é- 
taient promis d'opposer. Maestricht capitula, et Chasseloup 
fut récompensé de la part qu'il avait prise à cette conquê- 
te, par le. grade de colonel du génie. En 1795, il servit au 
siège de Rfayence, y fut d'abord chargé de l'attaque du cen- 
tre, et eut ensuite le commandement en chef de tous les 
travaux de ce si^ge. Il commença l'ouverture de la tran- 
chée, pendant le peu de jours que cette place fut réelle- 
ment Investie. Appelé au commandement de l'arme du gé- 
nie à Tarmée d'Italie, il y fit les campagnes de 1796 et 
1797, sous les ordres du général en chef Buonaparte. Les 
manœuvres de ce dernier étaient d'une telle promptitude, 
que le chef du génie, obligé de les seconder, devait être 
doué d'une extrême activité et d'un coup d'oeil aussi rapide 
que Juste , pour embrasser et deviner en quelque sorte les 
vastes plans du général en chef, reconnaître les lieux, et 
fortifier à la hâte les points importants. Le colonel Chasse- 
loup prouva, dans toutes les occasions, qu'il réunissait ces 
qualités essentielles : et ce fut particulièrement au passage 
idu Pô qu'il les mit le plus en évidence, en établissant par 



D£S GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 189 

prévoyance , en a4 heures , des lignes et dés ouvrages qui 
(eussent été de la plus grande utilité, si Tannée française a- 
vait été réduite à en avoir besoin. Il dirigea le siège de la 
citadelle de Milan , et commença ensuite celui de la forte- 
resse de Mantoue, qui était alors défendue par 200 bou- 
ches à feu et 10,000 hommes de garnison. Les Français 
ayant pénétré dans Tîte de Ccrese, le colonel Ghasseloup 
ouvrit de suite la tvanchée, à 100 toises de la palissade de 
Migliaretto. La prochaine reddition de la place paraissait 
certaine, lorsque, le général autrichien Wurmser ayant pa- 
ru sur le Montebaldo avec une armée de 5o,ooo hommes, 
Buonaparte fit lever le siège de Mantoue, et se contenta de 
faire bloquer cette place par un corps de 8 à 10,000 hom- 
mes. Le colonel Ghasseloup se trouva aux batailles de Lo- 
nato, de Castiglione et de Solpherîno, gagnées sur les Au- 
trichiens, et s*y rendit très-utile par les reconnaissances 
militaires qu'il fit. Trois armées autrichiennes vinrent suc- 
cessiveipent se faire battre sur les bords de TAdige , à Ar- 
éole , à Caldero, à Rivoli; et le colonel Ghasseloup fut cité 
plusieurs fois avec éloges par Buonaparte, pour la part qu*ll 
avait prise aux grandes opérations de l'armée française. 
Après la glorieuse campagne de 1796, Ghasseloup fut nom* 
mé général de brigade. On le chargea , au mois de janvier 
1797, de reconnaître le cours aupérieur de l'Adrge et les 
gorges du Tyrol , et de déterminer des positions de retraite 
pour le cas de besoin. Pendant que la paix se négociait à 
Rastadt, par suite de la signature des préliminaires de Léo- 
ben , le général Ghasseloup traça les limites de TAutriche et 
des nouveaux états en Italie. Il revint ensuite en France, où 
il reçut Tordre de créer la ligne de défense du Bas-Rhin, de- 
puis Mayence Jusqu'à Nimègue. Il avait, entre autres choses, 
projeté le plan d'une forteresse au confluent de TErfft et du 
Rhin, près de Neuss; mais la guerre, qui se ralluma au corn* 
mencementde 1799, suspendit le développement de ses pro- 
jets. Le général Ghasseloup fut alors appelé au commande- 
ment en chef de Tarme du génie, à Tarmée d'Italie. Gette ar- 
mée, commandée par le général Schœrer, fut forcée par cent 
mille Austro-I^usses de se replier derrière TAdda. On re* 



igO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

connut que 9 pour sauver l'armée et empêcher rennemî de 
pénétrer en France/ il fallait occuper TApennin et couvrir 
Qènt» : mais, pour mettre ce plan à exécution , il se pré« 
5entait de grands obstacles, et, entre autres, celui de faire 
plus de 3o lieues dans les montagnes, par des chemins im-» 
praticables à rartillerie. Le général Chasseloup fit tracer en 
dix jours une route de 9 lieues à travers TApennin , et Tar» 
tiilerie put passer. Il se trouva à la bataille de Novi , où fut 
tué le général en chef Joubert. Les fatigues de cette campa- 
gne avaient fortement altéré la sauté du général Chasse- 
loup; mais il ne s'obstina pas moinif à demeurer au poste 
d'honneur qui lui avait été assigné; et ce dévouement con* 
courut, avec ses services distingués, à le faire nommer gé* 
néralde division du génie , le 18 septembre ijQQ* Il se trou* 
vail à Paris, à l'époque du 18 brumaire an 8 (9 novembre 
1799) , et il fut l'un des officiers-généraux qui accompagné* 
rent Napoléon Buonaparte dans cette journée , célèbre par 
la chute du directoire-exécutif et l'organisation du gouverne- 
ment consulaire* Il fil, sous le premier consul Buonaparte, la 
brillante campagne de 1800, et fut chargé en chef, après la 
bataille de Marengo,. du siège de Peschiera. Déjà il avait 
avancé les travaux de deux attaques sur les bords du Mio- 
cio, et fermé la presqu'île de Sermiooe. L'enceinte de Pes-* 
çbiera allait être battue en brèche, après 10 jours de tran- 
chée ouverte, lorsque le traité de Trévjse vint suspendre le» 
hoslilités. Le gouvernement français ayant jogé convenable 
de faire démolir les forteresses de Coni, Céva etTortone» 
les forts de Suze, l'enceinte de Turin et le château de Uilan, 
le général Chasseloup fut chargé de cette opération, qui de* 
vait être longue et dispendieuse , et qu'il sut rendre promp- 
te et peu coûteuse par la disposition des fourneaux qu'il y 
fit employer. La paix ayant été conclue à Lupéville, le gé-^ 
néral Chasseloup fut chargé par Napoléon Buonaparte» en 
mai 1801, de la mission importante et flatteuse tout à la 
fois de faire des projets sur la plupart des places fortes 
de l'Italie, et notamment sur Pizzighitone , Peschiera, 
Uantoue, Legnago et la Aocca-d'Anfo, en combinant ses^ 
plarts d'après la ligne de démarcation des nouvellel^ froa- 



DES 6ÉNÉBÀUX FBANÇAIS. fgi 

tîères. £n iBoa , il fut envoyé à Tarenle 9 pour faire de vas»* 
tes projets sur les forlificalîoDS de telle ville. Il passa les an- 
nées iSoSy 1804 et i8o5 à diriger les travaux de fortiiica* 
lions (}es places fortes dltalie, et à faire les projets de celle 
d'Alexandrie, qui furent fixés à celte époque diaprés un 
nouveau système dont il était fauteur , système dont Texé-» 
Culion rendit cette place Tun des plus ibrts boulevards' de 
la France en Italie, et la fit devenir, concuremment avec la 
Tille de Gènes, la base de tout le système défensif dans ce 
pays (1). Le général Chasseloup avait été nommé comman- 
dan t de la Légion -d'Honneur, le 14 juin 1804, à la créa- 
tion de Tordre. Il fut aussi élevé à la dignité de comman- 
deur de Tordre de la couronne de Fer, également à la créa- 
tion de cet ordre. Vers la fin de i8o5, il eut le commande- 
ment en chef de Tarme du génie à Tarmée d'Italie, qui 
devait concourir avec la grande-armée à faire une incur- 
sion dans les états autrichiens, et qui parvint jusqu'à 
Laybach , où elle s'arrêta par suite du traité de paix conclu 
à Vienne. Il reprti ensuite la direction des grands travaux 
de fortifications en Italie, et en suivit l'exécution jusqu'à 
l'automne de 1S06, époque à laquelle il reçut, à Venise, 
Tordre de se rendre à la grande-armée qui marchait sur la 
Prusse. Commandant en chef Tarme du génie, il fit exé- 
cuter , dans cette campagne , des travaux immenses sur les 
bords de TElbe, de l'Oder et de la Vislule; suivit tous les 
mouvements et les manœuvres de Tarmée, et se trouva aux 
sanglantes batailles de Golymin et de Preuss-Eylau. Il di- 
ligea les travaux de la tête de pont de Varsovie , à Praga, et 
ceux des nouvelles places fortes de Sierock et de Modeliu. Il 
comnoanda en chef les travaux du siège de Dantzick, et fit 
les reconnaissances du siège de Colberg. Il releva les forti- 
fications des places de Thorn et de Mariembourg ; dirigea 



(1) Le général Ghassdoup publia, à cette époque, deux ouvrages, Tua 
fOQ8 le titre de : CarresfMmdanee d'un générai fronçait avce un générai 
a%Urichien; l'autre son» celui de : Essais sur qufipA§s parties dé forti^ 
fications U d*artiiicri€» 



fgâ DICnON9AIRE HXSTOEIQUC 

le$ travaux da siège de Stralsurid , et fit une chute dange* 
reuse , le lendemain de la reddition de cette place. Il se 
rendit cependant 9 sans perdre de temps 9 à Magdebourg, 
pour y faire de grands projets d*améliorations dans \p sys* 
tème^défensif de cette place. Il revint à Paris ^ sur la fin de 
1807, et présenta à Napoléon le résultat de ses travaux dans 
les deux campagnes qui venaient d^avoir lieu en Prusse et 
en Pologne. Pendant la campagne de 1808, le général Chasn 
seloup y qui avait reçu Tordre de retourner en Italie 9 s*y 
occupa du perfectionnement de tous les projets faits sur les 
places fortes, et en fit de nouveaux sur Venise 9 Palmat-« 
Nova, Osoppo et Ancône. La guerre ayant de nouveau é- 
olaté entre la France et rAutriche, en 1809, le général 
Chasseloup reprit le commandement du génie à Tarmée 
d'Italie. Mais cette armée , ayant été attaquée par Tenne^ 
mi avant d*étre entièrement réunie, fut obligée de rétro- 
grader; et Chasseloup eut ordre de se rendre à Mantooe, 
pour en prendre le commandement supérieur. Bientôt les 
succès de la grande-armée française^ qui marchait sur 
Vienne , ayant forcé les Autrichiens de rétrograder à leur 
tour. Tannée d'Italie reprit Tofifensive , et le général Chas- 
seloup sortit alors de Mantoue , pour la rejoindre; maïs il 
en fut empêché par les mouvements des Autrichiens, et o-» 
bligé de se jeter dans Palma-Nova, où il resta jusqu^à Ix 
conclusion de la paix , qui fut signée après la bataille de. 
Wagram. Pendant son séjour dans Palma-Nova, le géné- 
ral Chasseloup avait mis la dernière main aux fortifications: 
de cette place. Il reçut Tordre d'aller faire des projets très-» 
étendus sur les moyens de fortifier le golfe de la Spezzia» 
et il les apporta à Paris, où ils furent discutés, dans les con-- 
seils tenus en 18 10, en même temps que les plans qu'il avait 
faits sur les autres places d'Italie. Il accompagna Napoléoii 
dans le voyage fait à Cherbourg, en iSii. Ce voyage avait 
pour but d'examiner les lieux, et de déterminer les projets* 
pour porter les fortifications de cette place au degré de force 
que son importance nécessitait. Il accompagna encore, dans 
la même année , Napoléon , dans son voyage sur le Bas - Es- 
caut et en Hollande. Il fut nommé grand-officier de la Lé- 



\ 



DES GENERAUX FRÀNÇAI9. igj 

gion-d^tfonneur, le 5o juin de la même aimée » et conseil- 
ler-d'état en service ordinaire, fin ? 81 a 9 Keutle comman^ 
demen» dû génie à la grande -armée destinée à agir cod^ 
tre'la Russie. Il traça les fortificafitins dé la téfe du |)okll 
de Kowno, et les ouvrages du éatnp retranché de'Wilrtâ. Il 
se trouva à la prise de- Smolenslio',' et fit; sur cette placej 
des projets de fortifications, ^ui, s'ils eussent été exécutés^ 
auraient pu arrêter Tefinemi, loffi de la retraite de T^nhéë 
française. Il eut part ^ toutes les- batailles et afTail'ds di 
cette campagne , et fît, avec l^armée; là'd'égaRfreiise re^rat^ 
te de Moscow. Arrivé à Wilna^il y r^Utl^rdrb'dë'tent^è^ 
en France, pour 7 reprendi*é'sa place au' conscAI-d'éilât^'êC 
d'inspecter, chemin faisant-, fes places de DaWfelckj Stet-^ 
tin, Magdebourg et' 'Wesèl: Napoléon^ voyant la stfn té et 
les forces du général Chasseloitp très ^afiaiblies par Tàgier êî 
les travaux de la guerre, coûArma , le 5 août i9^i5,lèj iWà 
du département de la Charenle-Thférièut'e , qM,^^èptiiS 
quelques années, avait pt^senté ce gébék'al comniécàhdi- 
datau sénat-conservateur. Gbassëloup fuféleté,1ë'^firêm6 
jour, à la dignité de comte. Il avait été créé gratid'croix 
de Tordre de la Réunion , le 5 du même mois. £11 qualité 
de sénateur, il fut employé^ On i8i3, conMte cbimnissairê 
extraordinaire du gouvernement, et; chargé de rinspectiôft 
de» places fortes du royamwé d'Ithlie et de la 'forteresse 
d'Alexandrie. En 18-149 il vota 'la déchéance de Napoléon 
Buonaparte^ l'étabh'ssement d'un- gouvernement- pTOvi£M)i<>^ 
re^ et le rétablissement des Bourbons sur le trôi>e de Fran- 
ce. 8. M. Louis XVIII le créa pair de France-, le 4 juiii; 
chevalier de l'ordre de Saint-Louis, le 8 juillet, et grand-^ 
cordon de la Légion- d'Honneur, le 27 décembre. Le comte 
Chasseloup, fidèle au serment qu'il avait prêté au roi, ne 
prit, en i8i5, aucune part au gouvernement de BuonapaHe 
pendant les cent jours ^ kl sa conduite, dans cette -cfrçoh<- 
stance, le fit maintenir, par S. M. Louis XVIII, dans là 
dignité de pair de France. Il a été créé commandeur de 
l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 5 mai rS-iG. 
[Etats et brevets militaires, Moniteur^ annales du temps.) 

iT. ai'î 



1 g4 BICTIOB^^i IR£/ HISTOR IQUE 

CHASSEAAUX (Thomas, baron), maréchal-^e-campy 
naquît à Pain, le 7 novembre 1763. Il embrassa la carrière 
iqîliUiîre^ au commencement de la réYolution française, 
en 1791 9 et y-débuta par le fçrade de capitaine au 1*' ba- 
taillopidu département du Finistère. Ce grade lui fut con- 
féré h la formation du corps, le a5 octobre. Il fit en cette 
qu^Utà les camp^nçs de 1793 à 1800 aux armées du Nord 
et du fthin, .çt mérita par ses services le grade de chef de 
bataillon, qui lui fut accordé par le général Brune, le 17 
octobre^ Cette nomination fut confirmée par arrêté du pre^ 
mier conAtilBuonaparte^ en datje du ao juillet 1800. Il ser- 
vit, en 1801 4 à Tarmée de l'Ouest, et fut incorporé dans 
le I*! bataillon de la 66* demi- brigade (depuis 65'' régiment 
d*infanterie de ligne), le a4 avril i8o5. Il avait été misa 
la suite dans soi| grade el avec solde d'activité , par déci- 
sion 4^s consuls de la république française , le 5 du même 
mois.; Il passa chef de bataillon au 5o' régiment de ligne, 
le 29 septembre de la même année; devint major du 3a* 
régiment de Hgpe, le aa décembre suivant, et obtint la 
croix dp- la Légîon-d*Honneur , le 1 5 avril i8o4* Nommé 
colonel .dn 4o*'f^9În^ent d'infanterie de ligne, le 16 mai 
1806, il commanda ce régiment k la bataille de Jéna, le 
14 osctobré de la même année, et y fut blessé d'un coup 
de feu à la tnain gauche. On le' créa officier de la Légion^ 
d'Honneur, le 14 niai 1807. Il avait fait les campagnes dd 
CQS dernières années à la grande-armée eu Prus^ et en 
Pologne. Il srvit à l'armée d'Espagne pendant les campa- 
gnes de 1808 à 181a inclusivement , el fut blessé d'un coup 
de feu à l'épaule droite, à la bataille d'Occana, le 19 no- 
vembre 1809. Napoléon, qui l'avait créé baron , en 1808, 
le nomma commandant de la Légion-d'Honueur, le 17 dé- 
cembre 1809. Le baron Ghasseraux se distingua dans les 
différents combats qui eurent lieu en Andalousie pendant 
Tanné 1810 , et mérita plus particulièrement des éloges pour 
Ja conduite qu'il'tint, le 1 1 août, dans un combat qui eut lieu 
entre la division Girard et les troupes espagnoles du général 
La Aomana qui marchait sur Séville. Il fut promu au gra- 
de de général de brigade avant 1811. S. M. Louis XYIII le 



DES génébàUx fbançàis. iqS 

créa chevalier de Saint-Louis 5 le 16 août 1814* On le trou* 
ve compris dans la liste des maréchaux dispooiblés 5 eo 
1820 et i8ai. {Brevets et états militaires j Moniteury an- 
nales du temps.) 

DE GHASTENET (Jacques) , marquis de Puysigtùr^ ma^ 
réchal'de^camp, fut d*abord page de M. de Guise, éh 161 5. 
Il entra comme cadet aux gardes, en 1617; se trouva aux 
sièges de Riscourt, de Ghàteau-Porcien, de Rethelet de 
la Gassine « au mois de mars de la même année ; au siège 
de Gaen ; à l'attaque du pont de Gé ; à la prise de Pàu et 
de Navarreins, en i6ao; aux sièges de Saiut-Jean- d'Angély» 
de Glérac et de Montauban , en i6ai; de Tonneins, de 
Sainte- Foi , de Bergerac , de Saint-Antonîn et de Montpel- 
lier, en 162a. Il entra, cette dernière année, dans la 
compagnie des mousquetaires que le roi créa en allant 
de Montpellier à Avignon. Il obtint une enseigne aux gar- 
des, en 1624 ; servit au siége'et à la prise de la Rochelle 1 
en 1627 et 1628, et se distingua particulièrement, en 
1627, au combat de Ttle de Ré. Il se trouva à l'attaque du 
Pas-de-Suze; aux sièges de Privas et d* Allais, en 1629; ^^ 
secours de Gasal; au siège de Pignerol; à la prise de Sa- 
luées; aux combats de Veillane et du pont de Garignan, 
en 1600, et à la bataille de Gasteluaudary, en i63a.'Il ob- 
tint la charge de major avec une pompagnie dans lé régi- 
ment de Piémont , au mois de novembre de cette année ; 
servit ^ux sièges de Nancy, d'Épinal , de Remiremont et 
de Bitche, en i635; se trouva au siège de la Mothe; au 
secours d'Heidelberg et de Philisbourg, en i634; ^ ^^ ha> 
taille d*Avein, à l'assaut de Tirlemont; au siège de Lou- 
vain ; à la prise de Bèclan , en i655 ; à la défense du pas- 
sage de la Somme et du moulin de Bray ; à la prise de 
Roye et au siège de Gorbie, en i656; aux sièges de Landre- 
cies et de Maubeuge ; à la défense de Maubeuge ; à la prise 
de Barlemont et au siège de la Gapelle , en 1637, ^^ siège 
de Saint-Omer; à la prise des convois que les ennemis con- 
duisaient dans cette dernière place; au combat qui se 
donna sous ses murailles ; au siège de ftenty ; à celui du 



igQ DICTIONNAIRE U18T0R1<;|LE 

Caleiet» eo i658; au siège d'Hesdîn et au oombal de Rbu* 
lungen-f en 1639. ^^ ^^ ^^^ donna la char^ de mattre- 
d*h6tel y le ad novembre de cette année. Le marquis de 
Puységui^ servît, en 1640 » au siège d'Arras; se trouva à la 
bataille de la Marfée; aux sièges de la Bassée et de Ba« 
pauniiy en 1641 9 et devint lieutenant-colonel de son régi- 
ment» au mois de novembre suivant. Il fut fait prisonnier 
à la bataille d'Hoonecourt, le 26 mai 164a, et resta chei 
les ennemis jusqu'au i5 mai i643. Nommé sergent de ba- 
taille, par brevet du 19 juin 16449 i^ concourut à la prise 
dç jGr^velineSy en 1644; ^ celle de Bourbourg, de LiUers, 
de fiéthune et d^Armentières, en 1645. Il se trouva à la 
prise de Cpurtray et de Bergues» en 16469 et commanda 
dans cette dernière place pendant le reste de la campagne. 
Après la prise de la Knoque et de Dixmude, en 1647 9 il 
comqçianda dans ces places pendant une partie de la cam* 
pagne, et en sortit peu de jours avant Tattaque-des enne- 
mis, qui s^en rendirent maîtres. 11 servit au siège d'Ypres 
et combatlit à Lens, en 1648. Il Ht les fonctions de mat- 
tre-d'bôtel pendant les troubles de Paris, aux mois de jan- 
vier, février et mars 1649* £lant passé eu Flandre, la mê- 
me année , il s'y trouva aq siège de Cambrai , et servit avec 
distinction à la prise de Gondé. Il resta à Dunkerque pen« 
dant une partie de la campagne de i65o; joignit ensuite 
Tarmèe commandée par le maréchal du Plessis; concou- 
rut à la prise de Rethel, et eut la plus grande part à la 
victoire remportée sous cette placée La bonne cpnduite 
qu'il tint dans cette affaire lui mérita le brevet de mare* 
cbal-de-camp, qu'on lui accorda le 6 janvier i65i. £m* 
ployé en cette qualité à l'armée de Flandre, il se trouva 
aux sièges et à la prise de Château-Porcien et de Vervins, en 
- 1652; deRethel, de Mouzon et de Sainte-Ménéhould, en 
i655; au siège de Stenay et au secours d'Arras, en i654* 
Mestre-^e-camp du régiment de Piémont, par commission 
du 8 avril i655, il le commanda aux sièges de Landrecies, 
de Gondé et de Saint-Guilain , en i655; au siège de Va- 
lenciennes et au combat qui se dpnna sous cette ^lace, en 
i656 : il y fut fait prisonnier. Il se trouva aux sièges de Gam-* 



DES G££f£RÀUX FRANÇAIS. I97 

braiy de SainUYeDant et de Bourbourg, en 1657 ; à la ba« 
taille des Diioes; aux sièges de DiuiLerque, de Bergueo, de 
Furnesy deDbcmude» de Graveliues, de Menîn, dTpres 
et d*Ôudenarde, en i658. La paix ayant été conclue 9 il se 
(démit du régiment de Piéoî^ont, et quitta le service, au mois 
â>vril 1659. Il fut nommé à une abbaye, ààn^ Toulyen 
1677, et mourut en son chdteau près de Gu, le 4 septem- 
bre 1682, à l'âge de Sa ans (i). {Qwonologie nUiUaire, 
tom, VII, pag* liga 5 Gazette de France,) 

DE CH ASTENET (Jacques) , marquis de Puysé^r, mare' 
chai de France, fils du précédent, fut baptisé 4e i5 août 
i656. Il entra au service, dès qu'il fut en état de porter les 
armes; devint lieutenant au régiment du Roi, en 1677, ^^ 
servit , la même année , à Tarmée de Flandre ; au siège de 
la ville de Yalenciennes, emportée d'assaut, le 17 mars; 
à celui de Cambrai, qui capitula le 5 avril; et enfin à ce« 
lui de la citadelle, qui se défendit jusqu'au 17. Il se trou- 
va, en 1678, aux sièges de la ville de Gand , qui se rendit 
le 9 mars; du château , qui capitula le 1 a , et d'Ypres, que 
Ton prit le 8 avril. Il combattît à la bataille de Saint-Denis, 
près Mons^l^ lilAPÛt. Il obtînt, le 18 décembre 1670, une 
compagnie aumeme régiment , et il y fut fait aide-maior, 
le 29 Janvier 168a. U servit, en 1684» au siège de Luxem-^ 
bourg , qui se rendit le 4 juin. Employé , en 1688, à l'armée 
d'Allemagne , sous M. le dauphin , il servit au siège et à la 
prise de Philisbourg , et y fut blessé le !l9 octobre. Il se 
trouva à la conquête de Mauheim, et à la soumission de 
Spire, de l^orms, d'Oppenheim, de Trêves et de Fran- 



(1) Dans 8es Mémoires, en a vol. îû-ia, le marquîg de Puysëgor est 
qualifié de Ueuteoant- général; mais daoa l'arrêt de maintenue de no^ 
Messe rendu en sa foreur, en 1667» ^ n'a quQ la qualité de marëchal-de- 
camp. A cette dernière époque, buit apa «'étaient écoulés depuis que le 
marquis de Puységur était retiré du service , et on ne le trouve compris 
dans aucunes des promotions de lieuténants-géoérauz faîtes depuis lors» 
On voit au contraire dans les états militaires du temps, qu'à la date de 
sa mort il figunit encore sur la liste des mtréchaMX*do-oamp» 



198 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

kendal. Il servit en Flandre , -pendant les campagnes de 
1689 ^^ 1^^ 9 ^^ ^^ signala à la bataille de Fleurus, le 1*' 
juillet de cette dernière année. Nommé maréchal* général- 
des-.logis de Tannée de Flandre , par commission du 27 a- 
vril 1671, il servit en cette qualité au siège et à la prise de 
Mons y le 9 avril ; concourut à la prise de Hall , au com- 
men cernent de juin , et à la victoire remportée à Leuse t le 
18 septembre» sur le prince de Waldeck, qui conduisait 
Tarriëre- garde de Tarmée du prince d'Orange. Les soins 
qu^il se donna pour remplir, dans toute leur étendue, les 
fonctions de maréchal-des-logis de l'armée ; les tulens qu'il 
développa-, et les connaissances qn'H acquit , dans Texer- 
cice de cette charge , lui méritèrent la conliauce du roi, qui 
le consulta toujours sur ses projets de campagne. Peu de 
généraux entendaient aussi bien que le marquis de Puysé- 
gur, la manière de camper avec avantage, de marcher a- 
vec sûreté, et. d'assurer un fourrage; aussi, quoiqu^il soit 
parvenu, dans la suite, aux grades de brigadier, de maré- 
chal-de-camp et de lieutenant-général, Louis XIY ordonna 
qu'outre le service attaché nécessairement à ces grades, 
Puységur continuerait de faire les fonctions de maréchal- 
général des-logis de Parmée , sous la seule autorité de ce- 
lui qui la commanderait. Il servit en cette qualité, en 1692$ 
couvrit le siège de Namur, que le roi prit le 5 juin, et celui 
du château, qui se rendit le 5o; combattit à Steinkerque, 
et y fut blessé. Nommé major du régiment du Roi, le la 
avril 1695, il servit, la même année, à l'armée de Flan- 
dre, en qualité de maréchal-général-dcs*logis de l'armée, 
et se trouva aux sièges de Huy, qui capitula le 20 juillet; 
du château Picard, qui tint jusqu'au 23, et de sa tour, qu'on 
emporta d'assaut le même jour. Il se signala , le 29 juillet, 
à la bataille de Ncerv^inde , 011 le prince d'Orange fut battu, 
et couvrit ensuite le siège de Charleroi, qui se rendit le 11 
octobre. Il devint lieutenant-colonel du régiment du Roi , 
le 26 novembre suivant; servit à l'armée de Flandre, en 
16949 sous M. le dauphin , et suivit ce prince dans sa mar- 
che de Viguamont au pont d'£spierres, le 22 août. Employé 
à la méoie armée, en 1695, sous le maréchal de YlUeroî» 



_.j 



BtS GENERAUX FRANÇAIS. 199 

il marcha aux sîégeç de Dixinude5 qui fut pris le 2y juil-^ 
let, et de Deinse, qui se rendit le 29. Il eut -part au bom- 
bardement de Bruxelles, les iS» 14 et i5 août. Créé briga- 
dier, le 3 janvier 1696 » il servit comme maréchaU^énéral- 
des-logis de i*armée de Flandre , qui se tint sur la défensi- 
ve. En 1697, il couvrit le siège d*Ath, qui se rendit le 5 juin. 
La paix de Riswiok , signée le qo septembre , mit uu terme 
aux hostilités. Il fut nommé gentilhomme de la manche 
de M. le duc de Bourgogne , le 4 i^in 1698, et maréchal- 
général-des- logis du camp de Goudun près Compiègne» le 
i5 août suivant. Il fut chargé, en 1700, deplusieurs négo- 
ciations auprès de Télecteur de Bavière, avec lequel il mé- 
nagea rentrée des : troupes françaises dans les places des 
Pays-Bas> où les Hollandais tenaient garnison. Le projet 
relatif à cette occupation fut si bien concerté, et conduit 
avec des mesures si secrètes et si justes, que, dans la nuit 
du 5 au 6 février 4701, le roi se vit maîrre de Nieuport^ Os- 
tende, Gand,Ath, Anvers, Bruxelles, Charleroi, Mons, 
Namur et Luxembourg. Pendant sa mission à la cour de 
Munich , le marquis de Puységur avait aussi négocié une 
ligue offensive etdéfensive avec les électeurs de Bavière et 
de Cologne. Il fut nommé , le 6 juin 1701, maréchal-géné- 
ral-des-logis de Tarmée de Flandre , sous le maréchal de 
BouQlers,, qui ne 6t aucune expédition. Gréé maréchal-de- 
camp, 1^29 janvier 1702 , il servit, par lettres du 21 avril, 
comme maréchal-rgénéral-des-logis de l'armée de Flandre, 
sous M. le duc de Bourgogne et sous le maréchal de Bouf- 
flers. Il se trouva ,. le 1 1 juin, à la défaite des Hollandais, 
qui perdirent l'aoQ hommes sous les murs de Nimègue. Em- 
ployé à la mémf^ .armée , et en la même qualité , sous les 
maréchaux de Villeroi et de Boufflers, en 1705, il contri- 
bua aux succès de la bataille d'Ëckeren , gagnée sur les 
Hollandais, le 3o juin. Sur la fin de la même année, il pa;^- 
sa en Espagne. avec la qualité de directeur-général de Tin- 
ianterie et de la cavalerie , ayant en même temps la mis- 
sion de dis,cipliner les troupes espagnoles. Il servit ainsi, 
pendant trois ans-, sous les maréchaux de Tessé et de Bouf- 
flers. Il se trouva au siège de Salvaterra, qui se rendit à 



200 BICTIOSCNAIRE HISTOEIQUE 

discrétion au roi d^Eflpagne, le 8 mai 1704; à celui de Se* 
gura, qui capitula le même four; k la prise d^Idauha-No- 
ya, le i5; de Montfanto, emporté d'emblée 9 le 16; du ehâ* 
teau, qui se rendît le 17, et de Castel-Branco, dont 00 
s^empara le aS. Il fut détaché, le 249 P^i* ^^ maréchal de 
Berwick y avec un régiment de dragons et un régiment dé 
cavalerie, pour aller à Yillavelha recevoir les bateaux qii*oâ 
avait fait descendre! d*Alcautara , et qui étaient deMioéâ 4 
former un pont sur le Tage. €e pont ayant été achevé 9 on 
8*en servit pour assiéger Portalègre , qu'on força le i** julo. 
On assiégea ensuite Gâslel-Vide, qu*on prit le 25. Montal- 
van et Marvan ouvrirent leurs portes. Le marquis de Puy* 
ségur fut promu au grade de lieutenant-général , le *J6 ée* 
tobre de la même année. Employé en cette qualké , sous le 
maréchal deTessé, en 1705, il concourut an secours don- 
né à la ville de Badajoz, dont le marquis Das' Min'aifut 
contraint de léter le siège, le 16 octobre. Il se trouva, en 
1706, à la prise de Calaceire, du ?al de Robles , d'florla, 
dcBaltca, et du château de Miravet en Catalogne. Il ser« 
vit ensuite au siège de Barcelone , qui fut leté , par lêrôi 
d'Espagne, le 25 mai. Étant rentré en France, en 1707, il 
servit à Tarmée de Flandre, sous le duc de Tendôme, qui 
ne fit aucune opération. Il obtint, au mois d*octobre , le 
gouvernement de Goïidé. Il Combattit à Otidenafde ," sods 
M. le duc de Bourgogne, le 11 ii^îllet 1708^, servit sous le 
maréchal de Villars, à la prise de Warnefôn, qO'on força 
le 4 fuillet 1709, et se trbuva à la bataille de Malptaqiiet, le 
1 1 septembre. Il se jeta , avec quelques trôupesf, dans Saint* 
'Guilain, et empêcha les ennemis de s^èmpâref de cette 
place. Il fut employé à l'armée de Flandre , où Ton se tint 
sur la défensive, en 17TO, et qui eut ordre de ne rien en*- 
treprendreen 1711. Il combattit à Dènatn, sous le maré- 
chal de Yiilars , le 24 juillet 1712; servit à la prise de Mar>» 
chiennes, le 3o; à celle de Douai, le 8 septembre ;db Quês- 
noy, le 4 octobre, et de Bouchain, le ig. Employé à Tar- 
mée du Rhin, sous le même maréchal , en 171 5, il concou- 
rut à la soumission des villes de Spire, Worms et Kaisets- 
lautem. Il contribna à la défaite du général Yaubonne, 



DES GENERAUX FRANÇAIS. ilOl 

dont les retranchements furent forcés le 20 septembre; à 
la prise de la ville de Fribburg , le 1*' novembre , et à eelle 
du fort et des châteaux, qui battirent la chamade le »6. 
On le nomma conseiller au conseil de la guerre, le 5 no- 
vembre 1715. Employé à Tarmée du Rhin, sous le maré- 
chal de Berwick , en 1 ^55 , i^ servit au siège de Kehl, où il 
ouvrit la tranchée, dans la nuit du 19 au 20 octobre, le 
commandant de Kehl battit la chamade, dès le 28, à neuf 
heures du soir, et capitula. Le marquis de Puységur com- 
manda en chef l'armée de Flandre , par Jettres du 3o mars 
1754* Il fut créé maréchal de France, le 14 juin de la mè* 
me année, et nommé en cette qualité , le 1" mai 1^35, pour 
commander en chef dans la Flandre, le Hainault, et sur 
les frontières depuis la mer jusqu*à la Meuse. Il eut aussi 
le commandement dftns les provinces de Picardie, d'Ar- 
tois et du Soissonnais, par pouvoir du 6 juin. Il conserva 
ce dernier commandement jusqu'à la paix. Il fut créé che- 
valier des Ordres du roi, le 2 février 1739, et reçu, en 
cette qualité, (e 17 mal suivant. Il obtint le gouvernement 
de Bergues, le 16 mars 1743, et se démit alors de celui de 
Condé. Il mourut à Paris, le i5 août de la même année, 
dans la 89* année de son âge. Le marquis de Puységur, dit 
M. de Saint Simon dans ses mémoires (1), fut l'ami du 
maréchal de Luxembourg ; et , en qualité de maréchal-gé- 
néral-des-logis de son armée, il fut l'instrument de tout ce 
que ce maréchal fit de beau dans sesdernièrescampa§^es^ 
M. de Luxembourg se reposait de tout sur lui avec une con- 
fiance entière, à laquelle Puységur répondit avec une ca- 
pacité supérieure , une simplicité et une modestie qui ne 
se démentirent jamais, mais qui. ne l'empêchaient point 
de dire la vérité tout haut, et de soutenir son opinion 
avec fermeté. A la valeur et aux talents dans toutes les par" 
ties de l'art 0)ilitaire, Puységur unit toujours la probité la 



(1) Les éloges du duc de Saint -Simon sont d'autant moins suspects^ 
qu'on ne peut lui reprocher de n'aToir tu dans les hommes dont il a 
parlé que leurs heUes qualités. 

IV. ■ 2^J 



â'02 DICTIONNAIRE- HISTORIQUE 

plus intacte, un grand fonds de justice 9 le cœur et l'esprit 
d*un excellent citoyen. Il devint maréchal de France, avec 
rapplaudissement général , et malgré le ministre qui , après 
une longue résistance, n'osa braver plus long- temps l'opi- 
nion publique. Le marquis de Puységur doit être regardé 
comme un des meilleurs officiers -généraux, qu'ait eus 
Louis XIY, par lequel 11 fut honoré d'une confiance et. 
d'une estime , partagées par toute l'armée (1). {Chronologie 
militaire , tom. 111 y pag. ^44 } Mémoires du Père Davri^ 
gny^Histoire militaire de Louis-le-Grand^ par le marquis 
de Çuincy; Bouclas, Gazette de France , Dictionnaire uni* 
verseljpar Chaudon et Delandine, tom* XIV, pag. ifio,) 

nkCHASTENET (Jacques-François Ittaxime), marquis 
de. Pufnégury iitulenant-gi'néral , fils du précédent, naquit 
le aa septembre 1716. Il servit d'abord comme volontaire ,^ 
»ou8 les ordres du maréclial-des- logis de l'armée, au Mége 
de Kehl^en 1 ^55 ; à l'attaque des lignes d'Ëtlingen et au 
siège de Philisbourg, en 1734* ^^ ^ Taflaire dcGlausen, en 
1755. Ou lui donna le régiment d'infanterie de Yexin , par 
commission du 16 avril 1738. Il servit eu Flandre, en qua- 
lité d'aide-maréchal-général-des-logis de l'armée , par or« 
dre du 21 août 174a. Aide-maréchal -général-des-logis de 
l'armée du Rhin , par ordre du 1*' avril 1743, il combattit 
à Dettingcn , et finit la campagne en Basse- Alsace. Aide- 
mai^chal-géuéraldes-logis de l'armée de Flandre , com- 
mandée par le maréchal de Saxe, le i*' avril 1744^ il cou- 
vrit, avec celte armée, les sièges de Menin, d'Ypres et de 
Furnes, et fmit la campagne au camp de Courtray. Employé 
comme aide*maréc|ial-général -des logis de l'armée du roi, 
il se trouva à la bataille de Fontenoy, aux sièges des ville etT 
eitadelle de Tournay, de Dendermonde, et d'Ath, en i745; 
aux sièges de Bruxelles, de la citadelle d'Anvers, de Namur 



(1) Le maréchal de Puységur a laissé sur l*art-de la guerre un ouvrage 
Tort estimé, qui fut publié en 17499 in-fol<* et ia-S^, par lé marquis de 
Puységur, son fils aîné. Cet ouvrage est du plus grand intérêt pour tous 
les mîlilairea qui feulent connattre à fond leur profession. 



DES GÉNÉRAUX riVÀNÇÀIS. âo3 

et de ses châteaux, et à la bataille de Raucoux, en 174^$ à 
la balaille de Lawfeld, en 17479 ^^ ^^ siège àe Maeslricht', 
en 1748. Il fut déclaré, le 1" juin 1745, brigadier , titre 
dont on lui avait expédié le brevet dès le 1" mai précédent. 
Créé maréchal-de-camp, par brevet du 10 mai 1748, et dé- 
claré tel au mois de décembre seulement, il se démit du ré- 
giment de Vexin. Employé comme maréchal-de-camp sur les 
côtes de Normandie, par lettres du 3 1 décembre 1 755 , il com- 
manda, du ]6 juillet au i5 septembre 1756, le camp de 
Granville. Désigné pour servir à Tarmée d'Allemagne com- 
mandée par le prince de Soubise, par lettres du 1*' mai 
1758, il quitta la Normandie, joignit Tannée au commen— 
cernent de juin , et se trouva , le a5 juillet , à l'affaire de 
Sundershauâen, où il reçut un coup de feu à la tète. Il eut, 
le 1*' mai 1759, des lettres de service pour Tarmée d'Alle- 
magne, et obtint le grade de lieutenant-général des armées 
du roi , par pouvoir du 17 décembre suivant. Il fut employé 
de nouveau en Normandie, par lettres du 1*' mai 17Ô1. 
(Chronologie milit, tom* V, pag, 669; Gaz. de France,) 

DE CHASTENET (Louis-Pierre), comte de Puységur, 
lieutenant'général , d'une autre branche de la même famille 
que les précédents, naquît le 5o décembre 1726. Il entra 
au service, en qualité d'enseigne au régiment d'infanterie 
de Vexin , le 14 décembre 1759; fut nommé lieutenant , le 
ai février 1741, et fit la campagne de Flandre, en 1742* H 
leva une compagnie dans le régiment des cuirassiers du roi, 
par commission du 1" janvier 1745. Il commanda cette 
compagnie aux sièges de RIenin, d'Y près, de Furnes, et au 
camp de Couitray, en 1744» ^ ^^ bataille de Fontenoy; aux 
sièges de Tournay, d^Oudcnarde, de Dendermonde , et 
d'Ath, en 174^; au siège de Bruxelles et à la bataille de 
Raucoux, en 1746; à celle de Lawfeld, en 17479 et au 
siège de Maestrichl, en 1748. Il obtint le régiment de Vexin, 
par commission du 1 *' février 1 749; mais ce régiment ayant été 
incorporé dans celui de Vermandois , par ordonnance du 
10 février suivant , le comte de Puységur fut attaché au ré- 
giment des grenadiers de France, par ordre du 20 dumémc 



ao4 DIGTiOKKAI&Ë niSTOllIQUE 

mou, et pbtiat le régimeut d'infaoterie de Forez, le 2a avril 
1756. Devenu colonel-iieutenant du régiment Royal Com- 
tois 9 par commission du 4 mars 1767 , il se démit de celui 
de Forez et commanda le régiment Royal -Comtois aux 
caipips de Closterseven et de Zell, la même année; à la re- 
traite de Télectorat d'Hanovre , et à la bataille de Crewelt, 
en 1708. Il rei)tra eu France avec son régiment > au mois 
de septembre de la même année, et servît en Flandre » en 
1769 ei 1760. Créé brigadier, par brevet du 20 février 1761, 
il continua de servir en Flandre. Nommé colonel du rég;i- 
ipeut de Normandie , par commission du 1*' février 17625 
il se démit du régiment Royal- Comtois, et commanda le 
régiment de Normandie sur les côtes pendant la campa- 
gne. Qn le déclara, au mois de mars 1765, marécbal-de- 
caayp, avec rang du 25 juillet 1762. Il se démit alors du 
régimeut de Normandie. Il fut créé grand'croix de Tordre 
royal de Saint-l^ouis, le 25 août 1780, et promu au gr^de 
dq lieutenant-général 5 le 5 décembre 1781. Il fut appelé 
par le roi Louis XVI au ministère de la guerre, le 3o no- 
vembre 1788, et en remit le portefeuille au duc de Broglie, 
le 12 juillet 1789. Il fut Tun des secrétaires-d'état envoyés 
par le r04 à l'assemblée nationale, dans le courant de ce 
mois. Son attachement à la personne de Louis XVI le por- 
ta à. rester constamment près du monarque dans tous les 
moments de dangers, et il commanda même une des com- 
pagnies de gentilshommes qui se réunirent , le 10 août 
1792, pour défendre ce souverain. Le comte de Pnységur 
lie quitta la France qu'après la mort de Louis XVI. Il 
mourut en émigration quelques années après. {Chronolo- 
gie militaire, tom. VII, pag. 588; états militaires, annales 
du temps.) 

DB CHASTENET (Barlhélemy-Athanase-Hercule) , vi- 
comte de Puységitr, maréchaMe-camp, frère du précédent, 
naquit le 23 novembre 1729. Il fut fait lieutenant en second 
au régiment d'Angoumois, en juillet 1740, et devint lieu* 
tenant, en 1742. Il passa enseigne au régiment de Vexin, 
le 12 mars 1744 9 y fut nommé capitaine, le 11 avril de la 



DES GÉNÉRAUX FBANÇÀI8. âo5 

même année, el aide^-major^ le i5 juin lyé^y» l\ avait été 
blessé au siège de Mons, en iy^6. Il obtint une aide-majo- 
rité dans le régiment de Vermandois, lorsque celui deYexin 
y fut incorporé 9 en i7!i9. Il fut fait capitaine réformé à la 
suite du régiment Royal-Comtois 9 en 1756, et créé cheva- 
lier de Saint-LouiS9 la même année. Il fit partie de Texpé- 
dition de Minorque, et y fut blessé. Nommé aide-major- 
général de Tarmée d'Allemagne 9 il en remplit les fonctions 
depuis le mois de mars 1757 jusqu'au 2% janvier 1761. On 
le nomma colonel d'un régiment de grenadiers royaux, par 
commission du même jour 2a janvier 17619 et il passa co- 
lonel d'un régiment (depuis Yivarais) 9 par autre commis- 
sion du 20 février suivant. 11 fut créé brigadier d'infanterie, 
le 2a janvier 1769, et maréchal-de-camp, le i*' mars 1780. 
{Etats militaires,) 

• 

DE CHASTENET (Armand-Marc-Jacques) , marquis de 
Puységur, maréchal-de~camp , fils du précédent, naquit à 
Paris, le i*"' mars 1761. Il entra9 en 17689 dans le corps 
royal de l'artillerie. L'intérêt que prenaient à sa famille le 
maréchal et le ôomte de Broglie9 lui proctirërent l'avanta* 
ge de sortir de bonne heure de la ligne d'avancement ordi- 
naire 9 et de parcourir très-rapidement les rangs 9 qui , à 
cette époque, occupaient ordinairement la moitié de la vie, 
dans la carrière militaire. Il obtint, à Tâge de 27 ans, le 
rang de colonel 9 mais sous la condition 9 qu'avant d'en 
remplir les fonctions 9 il passerait un certain nombre don- 
nées à compléter son instruction dans tous les grades inter- 
médiaires. En 178a 9 il fit la campagne d'Espagne, et rem- 
plit les fonctions de major de tranchée au siège de Gibral- 
tar. Il fut nommé, en 1786, commandant du régiment 
d'artillerie de Strasbourg. Il obtint» en 1789, le com- 
mandement de l'école d'artillerie de la Fère, et fut élevé , 
la même année 9 au grade de maréchal-de*camp. Il donna 
$a démission du service nailitaire, en 179a, et se retira dans 
ses foyers. Ayant été accusé de correspondance avec ses frè- 
res, qui étaient émigrés, il fut arrêté, et resta en détention 
pendant deux ans à Soissons 9 avec sa Gemme et ses enfants. 



Sto6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Eendii à la liberté après le 18 brumaire an 8 (9 novembre 
1799) , il fut nommé maire de la ville de SoÎHsons , et rem- 
plit cette charge jusqu'en i8o5, époque à laquelle il s^en 
démit. Depuis lors 9 il se livra avec beaucoup d'ardeur à 
• la pratique de la science qui a pour objet le magnétisme 
animal, et fit paraître sur ce sujet plusieurs ouvrages 9 
depuis i8o5 jusqu'en i8i4* îl est également auteur de plu- 
sieurs productions dramatiques , et entre autres du Juge 
bienfaisant, comédie jouée avec succès sur le théâtre de 
rOdéon , en 1799* (^^^^ militaires, annales du temps.) 

DE CHASTENET^Jacques-Maxîme-Paul), comtedePuy- 
sêgur, maréchal-dc-camp^ frère puîné du précédent ^ na- 
quit le i5 septembre 1755. Il servait avant la révolution. 
Ayant émigré, en 1791, il fut employé au service de Por- 
tugal, avec le grade de colonel dans l'état-major de l'ar- 
mée. Il rentra ensuite en France , et y demeura caché 
chez son frère atné. En 18149 il était domicilié à Bordeaux, 
et il fut un des habitants de cette ville qui y contribuèrent 
le plus à l'entrée de M. le duc d*Angouléme. Il fut créé 
maréchal-de-caiyp, dans les premiers moi» de cette même 
année, et obtint le grade de lieutenant-général , le 2a juin. 
En mars 181 5, étant alors inspecteur des gardes nationa- 
les du département de la Gironde , il montra le plus grand 
dévouement à la cause des Bourbons lors de l'invasion de 
Buonaparte. 11- avait été nommé capitaine des gardes de 
S. A. R. Monsieur, en i8i4* H fut fait gouverneur de la 
9* division militaire, en 1816, et mourut dans l'exercice 
de cette charge, en mars 1820. ^Etais militaires. Moniteur, 
annales du temps,) 

DU CHATEAU DE LÀ Bàbre (Antoine), servait, dès §665, 
dans la V compagnie des mousquetaires. Il était parve- 
venu, en passant par les grades de sous-brigadier ët'de 
brigadier, à celui de premier màréchal-des-logis de la mé- 
çie compagnie, lorsqu'il fut pourvu de la lieutenance de 
la compagnie colonelle du régiment des gardes-françaises 9 
le 20 avril i683. A cette époque, il s'était trouvé à toutes 
les actions de guerre des campagnes précédentes avec la 



DES GENERAUX ERANÇAT9. 207 

preDiiëre compagnie des mousquetaires, et était entré Tun 
des premiers dans Valenciennes, iorsqu^ celle compagnie 
s'en empara par assaut. Il devint capîtaîne-Ueutenant de 
la compagnie colonelle du régiment des gardes françaises, 
le 6 janvier 1686. Il commanda cette compagnie à Tatta- 
que deValcouit, en 1689; à la bataille de Fleurus, en 
1690; au siège de Mons et au comhdt de Leuze, eu 1691 ; 
au siège de Namuret au comb it de Steinkerque, en 1692; 
à la bataille de Nerwînde et au sié^e de Charleroi, eu 
1693. et enfin au bombardement de Bruxelles, en 1695. 
Il fut créé commandeur de Tordre royal et militaire de 
Saint-Louis, le 8 janvier 1702. Nommé brigadier d'infan- 
terie , le 29 du même mois , il se trouva au combat de Ni- 
mëgue, la tnême année , et à celui d'Eckeren, en 1705. Il 
obtint le grade de maréchal -de-camp, le 26 octobre 1704;. 
servit en cette qualité à Tarmée de calandre, en 1705, et 
combattit à Ramillles , en 1706. Il commandait encore la 
compagnie colonelle du régiment des gardes- françaises, 
lorsqu'il mourut, au mois de février 1707, à Tâge de 76 
ans. {Chronologie militaire, tom, f^Iy pag, 564; Gazette 
de France.) 

DECHATEAUNEUF(Claude-Annet),cAei'a//er,puiscow/e 
d'Apchier^ lieutenant-général, naquit le 14 juin 1695. Il en-, 
tra au service, comme sous-lieutenant, au régiment l)au- 
phin artillerie, en 1707; servit à l'armée du Dauphiné, et 
contribua à la défense de Toulon. Il passa cornette au ré- 
giment du mestre-de-camp -général des dragons, au mois 
de septembre de la même année ; mais il rentra dans le régi- 
ment Dauphin , y obtint une lieutenance au mois de fuin 
1708, et combattit àOudenarde. Il servit à l'armée du Rhin, 
depuis 1709 jusqu'en 1712» Devenu capitaine au régiment 
de Belle-Ile, par commission du 14 mars 1715, il servit aux 
sièges de Landau et de Fribourg. Ce régiment ayant été li- 
cencié le 10 novembre de la même année, le chevalier d'Ap- 
chier fut mis capitaine réformé à la suite du régiment mes- 
tre- de-camp-général des dragons, par ordre du 6 mars 1714* 
Il passa capitaine en second dans le régiment d'0rle«D8- ' 



/ 



5^08 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Dragons , le 5 avril 17189 lors de la création de ce corps. On 
lui donna la charge de troisième enseigne de la compagnie 
de gendarmes de la garde du roi , par brevet du ao décem- 
bre 1719, et il eut celle de mestre-de-camp de cavalerie, 
par commission du même jour. Il devint deuxième ensei- 
gne de sa compagnie, le 27 mai 1725 ; deuxième sous-lieu- 
tenant, le 10 mai 1726, et premier sous-lieutenant, le 10 
mai 175a. Gréé brigadier de cavalerie le ao février 1754 , et 
employé « en cette qualité , à Tarmée du Rhin , par lettres 
du 1*' avril suivant, il se trouva à l'attaque des lignes d'Et- 
lingen , et au siège de Philisbourg. Il fut promu au grade de 
maréchai-de-camp le 1*' mars 1758 , et se démit de sa lieu- 
tenance de la compagnie des gendarmes , au mots d'octo- 
bre 1739. Employé à Tarmée de Bavière, en 1741 , il mar- 
cha avec la deuxième division des troupes qui partirent de 
Landau le a5 septembre; se trouva à la prise de Prague; 
au fameux bivouac de Pisseck ; au combat de Sahay ; et à 
la levée du siège de Frawenberg. Il commandait la réser- 
ve, lorsque Tarmée se retira sous Prague, et il concon- 
rut à la défense de cette place. Il en sortit le 16 décem- 
bre 174^9 ^Q même temps que toute Tarroée, et ren- 
tra en France, au mois de février 1743, avec la troisième 
division. Employé à Tarmée du Rhin , sous le maréchal 
de Noailles, eu 1745, il combattit à Dettingen, finit la 
campagne, en Alsace, sous le même maréchal , et fut em-^ 
ployé à Dunkerque, par lettres du 1" janvier 1744* I' ser- 
vit àTarméede Flandre, sous le maréchal de Saxe , par let- 
tres du 18 avril de la même année. Promu au grade de lieu* 
tenant-général , le a mai suivant, il couvrit, avec Tarmée, 
le siège de Menin, après lequel il fut déclaré lieutenant- 
général. Employé en cette qualité , par lettres du 7 juin , il 
couvrit les sièges dTpres et de Furnes; finit la campagne au 
camp de Courtray; fut employé à Lille, par lettres du 1** 
février 1745; servit àTarméeduroi, par lettres du i" avril; 
se trouva au siège de Tournay, et combattit à Fontenoy, où 
il fut blessé. On le créa chevalier des Ordres du roi le 1" jau. 
vier 1746, et 11 fut reçu, en cette qualité, leafévrier. Il prit 
alors le titre de comte d'Apchier. Employé à l'armée du 



DES GENÉTUrx FRANÇAIS. 20f) 

Khîn , par lettres du i*' mai , il se trouva au siège de Namur 
et à la bataille de Kaucoux. Il partît, avec le maréchal de 
Saxe, pour les Pays-Bas, le i" mars 1747 î ^^^ employé à 
Tarmée du roi, par lettres du i" mai suivant; combattit 
à Lawfeld, au mois de juillet, et servit, sur la frontiè- 
re du Piémont, depuis le 1" avril 1748, jusqu'au 28 fé- 
vrier 1749. Il mourut le 12 février 1753. {Chronologie mili- 
taire, tom. V, pag. Soi; Gazette de France, annales du 
temps,) 

DE CHATEIGNER-D'ANDONVILLE (Louis -François), 
maréchal 'de- camp y fut fait sergent de bataille , pour Tar-* 
mée de Flandre, le 29 mai 1601. Il obtint le grade de ma- 
réchal-de-camp, par brevet du 21 novembre suivant; ser- 
vit en Plaindre, pendant toutes les campagnes de cette épOi- 
que, et fut pourvu, par commission du 5i décembre 1667, 
du régiment d'infanterie de son nom, qui vaquait par -la, 
mort du marquis de Bougy. Il continua son service en Flan- 
dre jusqu'à la paix, après laquelle on licencia son régiment» 
le 12 décembre 1659. Il mourut vers i66ô. (C/irçiiologie 
militaire, tom» P^I, pag. 526; annales du temps, y 

DU CHATELÎER-BARLOT (Léon), màréchal-de-camp , 
naquit le i4 mars i582. Il servit, dès 1594, comme volon* 
taire, dans la compagnie d'hommes d'armes de Pernés; se 
trouva au siège de Laon, et au combat de Fontaine-Fran- 
çaise, en 1595. Au commencement de 1597, il monta & 
. cheval, avec la noblesse du Poitou, pour conserver celle 
province au roi, et la préserVer des incursions des troupes 
du duc de Mercœur. Il se rendit ensuite au siège d'Amiens. 
Il suivit le roi, en 1609, au voyage de Donchery, et obtint, 
en 1610, une compagnie dans le régiment qui devait être levé 
pour M. le dauphin. Xa mort du roi fit cesser toutes les le- 
vées. Du Chatelier-Barlot accompagna, en 1612, le duc do 
Mayenne, qui tillait chercher l'infante d'Espagne. 11 leva, 
par commission du 3o octobre i6i5 , un régiment d'infan- 
terie de son nom , avec lequel il servit en Guienne , en 1616, 
et qui fut licencié le 1*' mai 1617, après la mort du maré- 
chal d'Ancre. Ce régiment fut rétabli le. 26 févrii'r 1619, à 
IV. ,37 



Sl« DICTIOlirNAIRB HISTORIQUE 

roccasion des nouveaux troubles qui s^élevèrent, mais qui 
cessèrent la même année. Le régiment fut licencié , de non- 
YeaUf le 2 juin, rétabli le 5 juillet 1620 , et marcha, sous 
les ordres de du Chatelier-Barlot , aux sièges de Saint-Jeàn- 
d'Angely, de Clérac, de Montauban, et de Monlieurt, en 
1621. Du Chalelicr , étant passé en Poitou , s*enferma dans 
Fontenay-le-Comte, pour le défendre contre Soubise, à 
la défaite duquel H contribua beaucoup. La paix ayant été 
faite avec les protestants, son régiment fut encore licencié, 
le 14 février i623. Il eut la commission de faire exécuter, 
en Poitou, les édits et déclarations rendus à Toccasion de 
la paix. Créé maréchal-de-camp , le 26 novembre 1626, il 
fut employé, en Poitou et en Aunis, contre les Rochelais. 
Il rétablit, le 1*' avril 1627, son régiment, qui servit au 
siège de la Rochelle. Après la prise de cette place, le roi lui 
donna, par commission du i5 novembre 1628, le régiment 
d'Artois, dans lequel on incorpora celui de duGhatelier. Il 
se trouva, le 6 mars 1629, à Tattaque du Pas-de-Suze, et 
revint, avec le roi, au siège de Privas, en i65o. Il retourna 
en Savoie, avec son régiment , et se distingua à la prise de 
la ville de Conflans, devant laquelle il ne fut arrêté ni par 
les rochers escarpés, ni par les précipices dentelle eslon- 
vironnée. Il servît aux sièges de Hiollens et de Montmélian; 
combattit è Veiilane ; contribua à la prise de Casai, et ren- 
tra en France, après 4a paix de Querasque, en i63i. 11 se 
xendit enProvence, sous les ordres du maréchal de Yitry; 
j concourut à la prise de Berganson et de Saint-Tropez; 
combattit à Castelnaudary, le 1" septembre i652, et s'em- 
para, après cette bataille, des villes de Pèzénas et do Bé« 
,ziei*s. Employé, en i655, à Tarmée des frontières d'Alle- 
magne, sous le marquis de Saint- C hamon d , il chassa les 
troupes allemandes et espagnoles de la ville de Trêves, et 
«nieva , par escalade , celle de Frederabourg , où il entra le 
premier, à la tète de six compagnies de gardes^françaîses. 
Il commanda dans cette dernière place, jusqu'à ce que le 
roi y eût nommé un gouverneur. Il se démit , au mois de 
juillet 16349 de son régiment, et demeura chez lui pendant 
la campagne. Employé^ en i635^ à l'armée de Flandre, sou» 



]>ES GENEBAUX FRANÇAIS. dll 

les maréchaux de Gbàtilion et de Brézé, il combattit, avec 
la plus grande distinctîoD , à Aveîti ; servit au siège do Lou«- 
Tatii y et rentra en France avec \e maréchal de Gbâtiiion y 
au commencement de Tannée i656. H leva^ le i^' août de 
la même année, un régiment d'infanterie, sous le nom de 
Paitou, et le commanda en Poitou fusqu^fen i645, époque 
à laquelle il* s'en démit en faveur de son fils. Il ne servit 
plus, et mourut en 1646. {Chronologie militaire j tom^ Vl^ 

DE CHATELIEH-BARLOT (René), maréchal-^-canip, 
nis du précédent, fut nommé capitaine au régiment d^ln» 
fanterie de Poitou, lors de la création de ce corps, le 1*' 
août i656. Il servit en Poitou jusqju'en .1645, époque à lar- 
quelle il fut pourvu de ce régiment^ sur la démission de 
sou père. Il avait été employé comme aide-de-camp des 
armées du roi 9 depuis le 1 a mars i643i. Il se démit, de soo 
régiment , au mois d'avril 164^ r ^^ obtint le grade de ma;- 
réchal-de-camp, par brevet du 7 novembre i65.i,. oùil 
est seulement qualîGé ci-dèvant mestre-de^eamp d'un ré- 
giment d'infanterie. Il résida en Poitou jusqu?à sa mort. 
{Chronologie militaire, tonu Vl^pag. 3 23.) 

DE CHATILLON (Gaucher), connétable de France, avait 
passé par tous les grades de la milice , lorsqu'il fut créé 
connétable de Champagne, en 1286. Il commanda, de-^ 
puis celte époque et jusqu'à sa mort, les tmupes de cette 
province, partout où elles se trouvèrent. Il rendit au roi 
un service signalé, en mettant en fuite l'armée de Henrf, 
comte de Bar, gendre du roi d'Angleterre, qui était entrée 
en Champagne y eu 1291. II combattit en héros à la fu- 
neste bataille de Courtray, te 11. juillet i3o2. La valeur et 
l'expérience qu'il déploya dans celte occasion fixèrent le 
choix du roi Philippe-le-Bel , qui nomma Chatillon conné- 
table de France, aussitôt que ce prince eut connu la mort 
de Raoul de Nesle , tué à cette bataille. Le roi lui fit don 
de la terre de Chdteau-Porcien , qui fut érigée en comté, 
par lettres du 24 octobre i5o3. Le courage et la valeur de 
Chatillon éclatèrent de nouveau au combat de Uons-eo- 



:2I2 DICTIONKAK&E HISTORIQUE 

Paeliey Je 18 août i5o49 ^^ contribuèrent beaucoup à la 
victoire qui y fut remportée sur les Flamands. Dans cette 
îournée 5 les ennemis étant parvenus à enlever deux quar- 
tiers , et à pénétrer dans la tente du roi, le désordre 
se mit dans l'armée française, et Ton croyait tout perdu, 
lorsque Chalillon arriva avec la gendarmerie, et passa sur 
le ventre aux Flamands qu*il mit en fuite. Il fît couron- 
. ner à Pampelune , le 1*' octobre iSo^ , comme roi de Na- 
varre, Louis, fîls atné de Philippe IV. Louis, étant devenu 
roi de France, sous le nom de Louis X, contia les plus im- 
portantes affaires du royaume à Gaucher de Chatillon. Le 
connétable assista au sacre de Philippe- le-Long, le 9. jan- 
vier 1517. Il assista aussi, en i52a, à celui de Charles-le- 
Bel , qui le choisit , au mois d^octobre i524 , pour un de ses 
exécuteurs testamentaires. Il signa , comme commissaire 
au nom du roi Gharles-le-Bel, les traités de paix conclus 
avec Edouard II, roi d*A ngle terre , les 3i mai i325 et 5i 
mars i526. Il commanda Parmée française à la bataille de 
Montcassel, le aa août i528 : les ennemis y furent com- 
plètement défaits. Il mourut, en iSag, âgé de 80 ans (1). 
{Clironologie militaire , tom, I , pcfg. 80; A7e des hommes il" 
lustres, tom, VII, pag, ai 5; Histoire de la maison de Chor- 
iillofi. Histoire des Grands^QUicicrs de la Couronne, Bio^ 
graphie universelle j ancienne et moderne, tom, VIII , 
pag, aGG.) 

DB CHATILLON (Hugues), comte de Dampierre^ d*nne 
aulre branche de la famille du précédent, fut pourvu-de 
la charge de grand'-maitre des arhulestriers , le 14 octobre 
i3G4. {CJironoiogie miiitaire , tom, III ^pag, 471 5 Histoire 
des Grands- Officiers de la Couronne , tom, VIII,) 



(1) On trouve dans les registres du parlement et dans le recueil des 
ordonnances, par Secouifse, plusieurs arrôls , lettres-patentes et ordon- 
nances des «nnécs i5o3 et i3i7, où il est fait mention du connétable de 

Cbatliloo. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. âl5 

DB CHATILLON (Alezîs-Magdeleine-Rosalie ^ duc), pair 
de France, lieutenant - général , d'une autre branche de 
la famille des précédents 9 naqdit le 24 septembre 1690^ et 
fut d'abord connu sous ie nom de chevalier de Ghatilk)n. 
Il fît la campagne de 1705 dans les mousquetaires 9 et se 
trouva au combat d'Eckeren. Il prit le nom nie comte de 
Gliâtillon, et obtint un régiment de dragons de son nom, 
k la mort de son frère aîné , par commission du i3 octo- 
bre de la même année. 11 commanda ce régiment à l'ar- 
mée de Savoie , sous le duc de la Feuiilade, et servit à la 
réduction des Vaudois, des vallées de Saint -Martin et de 
Saint-'Germain « et à l'attaque des retranchements delà 
vallée d*Aoste. Il se trouva à la soumission de la ville de 
ce nom, en 1704; au siège de Cbivas, en 170^; au siège 
de Turin et au combat qui se donna sous cette place, en 
1706. Il servit en Languedoc, en 1707 et 1708, et à Tar^ 
mée du Dauphiné, en 1709. Employé en Languedoc, en 
1710, il y coiitribua à chasser les Anglais de cette provins 
ce. Il passa à l'armée de Flandre, en 1711; servit à l'at- 
taque des retranchements de Denain ; au siège de Douai 9 
du Quesnoy et de Bouchain, en 1712. Il fut créé briga- 
dier, par brevet du 6 octobre de cette année. Le grand 
bailliage et la préfecture royale d'Haguenau furent érigés 
eu fîef masculin pour lui et ses enfants mâles en survivan- 
ce du duc de Mazarin, par provisions données au mois 
' d'avril 1713. 11 servit, cette année, aux sièges et à la prise 
de Landau et de Fribourg. On lui donna, par commission 
du 25 décembre, le régiment de dragons (depuis GhabriU 
tant), et il se démit alors de celui qu*il avait. On le créa 
«uccessivement inspecteur- général de la cavalerie et des 
dragons, par commission du 12 février 17149 et commis- 
saire-général de la cavalerie , par provisions du 26 , en se 
démettant de son régiment de dragons. Il fut fait mestre- 
de-camp-général de la cavalerie , le 5 février 1 7 16. Promu 
au grade de maréchal-de-camp, par brevet du 1" février 
1719, il se démit de Tinspection-générale de la cavalgrie, 
au mois de mars 1 720, et fut nommé chevalier des Ordres 
du roi^ le 2 février 1731. Employé à raroiée d'Italie, par 



2l4 DICTIONNAIRE HTSTORIQUB 

lettres du 6 octobre ijoS, il servit aux sièges et à la priie 
de Gerrard'Adda , de Pizzighitooe et du château de Mi- 
lan , eu novembre et décembre de la même anoée. Il 9ê 
trouva au siège et à la prise des ville et château de Tor« 
tone, au mois de janvier 17349 et combattit à Parme 9 au 
inois de juin suivant. Créé lieutenant-général, le 1*' aoûl» il 
commanda la cavalerie à la bataille de Guastalla; y chargdl 
deux ibis celle des ennemis ; la repoussa ; et, en la poursuis 
vaut après la seconde charge, reçut dans la jambe un coup 
de fusil , dont il eut beaucoup de peine à guérir. 11 continua 
d'être employé à l'armée d'Italie, par lettres du 1*' mai i735; 
y concourut à la prise du château de Gonzague, et à eellé 
de Reggiolo et de Révéré : la paix se Ht au mois d'octobre. 
Le comte -de Chatillon fut nommé gouverneur de M. le 
dauphin, premier gentilhomme de sa chambre et grand- 
maître de sa garde-robe, par provisions du 12 novembre 
1735 : il en prêta serment le même jour. Créé duc et pair 
de France, par lettres du mois d'avril 1^36, il prit le nom 
de duc de Chatillon, et fut reçu au parlement en cette qua- 
lité , lo 1 1 mai suivant. On lui donna lalieutenance-géné- 
raie au gouvernement de Bretagne, à la mort du comte de 
Cbâteauregnault , par provisions du 4 mai 1739. Il accom» 
pagoa M. le dauphin à Metz, en 1^44 9 ^^ ^^ retira du ser- 
vice, peu après ce voyage. Il mourut à Paris, le i5 février 
1774» à l'âge de 63 ans. {Chronologie militaire, tenu Vf 
prtg. l'j^; mémoires dii temps , Gazette de France,) 

i)E CHATILLON, voyez Coligny, et du Plessis. 

1 

DE Lk CHATRE-NANÇAY (Edme), marquis de la €hâ^ 
tre, colonel-général des Suisses et Grisons ^ était maître dft 
la garde - robe du roi, lorsque la reine lui procura l'affré- 
ment de la charge de colonel-général des Suisses et Gri- 
sons, vacante par la mort du marquis de Coislin. Les pro* 
visions de cette charge lui furent expédiées à Paris, le iS. 
janvier i6'43. S'étant lié, la même année, avec le duc de 
Beapfort, chef de la cabale dite des importants, il fut eove- 
lo(^é dans la disgrâce qu'encourut ce duc, etcontraini de 
dofiuer sa démi:»siou de lu charge de cdoael'-général àeê 



BES GENERAUX FRANÇAIS. âl5 

Suisses. On lui donna 9 le 12 octobre de la même année * 
un brevet de retenue de 66000 li\res qu*!! avait payées pour 
celte charge, ^u-delà des 400,000 livres dont il devait être 
remboursé par le maréchal de Bassompierre. Il se retira 
alors de la cour. £n 16439 il alla servir comme volontaire 
dans Tarmée d'Allemagne , commandée par le duc d*£n- 
ghien ; se distingua à la bataille de Nortiingue , le 5 août ; 
y reçut un coup de pistolet à la télé, et fut fait prisonnier 
de guerre. Il paya sa rançon et se rendit à Philisbourg, où 
il mourut des suites de sa blessure, le 5 septembre de U 
même année. (^Chronologie militaire y tom. III , pag, 569/ 
Histoire militaire des Suisses ; Gazette de France,) 

DE hk CHATRE (Louis-Charles-Ëdme, marquis), lieute- 
nant-géntral , petit-fils du précédent, fut d*abord nommé 
enseigne de la compagnie colonelle du régiment du Roi, le 7 
mai 1680. Devenu capitaine au même régiment, le a5 juil- 
let 1682, il servit en cette qualité au siège de Courtray; à 
la prise de Dixmude; au bombardement d'Oudenarde , eo 
i683, et au siège de Luxembourg, en 1684* Il obtint pen- 
dant ce siège un régiment d'infanterie (depuis IVIontrevel), 
vacant par la mort du marquis d'Humières, par commis- 
sion du 17 mai y et continua de servir au siège de Luxem- 
bourg, à la tête de ce régiment (i). Il servit sous M. le 
dauphin , aux sièges et à la prise de Philisbourg , de Man« 
heim et de Franckendhal, en 1688 ; à Tarmèe d'Allemagne, 
sous le maréchal de Duras, en 1609; commanda, le 2Ô 
août, une des attaques de Kockein; servît à l'armée de 
Flandre, sous le maréchal de Luxembourg, en 1690; et 
combattit à Fleurus. Il fut employé à Tarmée d'Allemagne,i 
sous le maréchal de Lorges, en 1691 et 1692. Créé briga- 
dier d'infanterie, le 5o mars 1695 , il servit d'abord à l'ar- 
mée de la Moselle sous M. le dauphin , puis à l'armée d'Al- 
lemagne. Il continua de servir à cette dernière armée sous 



■ 

(1) Le marquis de la Châtre remporta le prix à la course de bagues, 
dans un carousel que le roi dQooa à Versailles, le 39 mai i6S6. 



âl6 DICTIONNAIRE HtSTORIQUE 

les maréchaux de Lorges et de Joyeuse, en 1694 et iGgS; 
fut employé à l'armée de Flandre, sous le maréchal de Yil- 
leroy^ en 1697 ; au camp de Couduu, près Gompîëgne, par 
lettres du i3 août 1698; et à Tarmée de Flandre, sous le 
maréchal de BoufTIers, par autres lettres du 6 juin 1701. 
Promu au grade de maréchal-de-camp , le 29 ianvier 1703, 
il se démit alors de son' régiment. Employé à Tarmée de 
Flandre, sous M. le duc de Bourgogne, par lettres du 21 
avril, il concourut à la défaite des Hollandais, sous Nittië- 
gue. Il servit à la même armée , sous les maréchaux de Yil- 
leroy et de Boufflers, en 1703; combattit à Ëckereu, où les 
Hollandais furent battus, et continua de servir à cette ar- 
mée, sous le maréchal de Villeroy, en 1704. Créé lieute- 
nant-général , le 26 octobre de cette dernière année, il ser- 
vit en cette qualité sous le maréchal deVillars, en 1705; à 
Parmée de Flandre , sous le maréchal de Villeroy, en 1706; 
et combattit à Ramillies. H fut employé àParmée du Rhin, 
sous le maréchal de Villars, en 1707; sous le maréchal de 
Berwick, en 1708; sous le maréchal d'Harcourt , en 1709 
et 1710, et sous les maréchaux d'Harcourt et de Besons, en 
171 1 et 1713. On lui donna, par provisions du 12 avril de 
cette dernière année , le gouvernement du fort Pequay ; et 
il conserva cette charge jusqu'à sa mort, qui eut lieu à Pa- 
ris, le 10 septembre 1750. Il était alors âgé de 69 ans. 
[Ciironologie militaire , tom. IV, pag. 553; mémoires du 
temps y Gazette de France. ) 

DE LA CHATRE-NANÇ AY (Charles-Louis), marqids de la 
Châtre , petit-fils du précédent , fut d'abord fait gouverneur 
du fort Pequay, à la mort de son père (1), par provisions 
du 1 5 août 1 734* Il entra cornette au régiment de dragons 
deNicolai, le i5 août 1739; suivit ce régiment à l'armée 
du Bas-Rhin, en 1741 ; passa l'hiver en Weslphalie, sous 



(1) Louis-Charles, marquis de la Ghûtre, père de Charles-Louîs (îe la 
Ghâlre-Mançay, était brigadier d'iofantcric et colonel du régiment de 
Béarn, lorqu'il fut tué à la bataille de Parme, le 29 juio i;-34. 



DES GENERAUX fRANÇÀIS. Sl'J 

)es ordres du [maréchal de Maillebois; marcha avec Tar- 
niée 9 sur la frontière de la Bohême, en 174^9 et se trouva 
à plusieurs escarmouches, ainsi qu*à U défense de'plu^ 
sieurs postes importants. 11 obtint, le 2^ mai 274^9 V^^^ 
compagniiB dans le même régimept, ,avèc lequel il rentra 
en France, au mois de juillet suivant. Devenu colonel du 
régiment de Canibrésis, le 23 août de )a nième année, il 
le commanda pendant le reste de la campagne, en Haute- 
Alsace, sous les ordres du maréchal de Goigny, et contri-: 
bua à la défaite de 5ooo ennemis , 4 Rhiuvillers. Il se trou- 
va, en 1744 5 à l'attaque de Weissembourg, à Taffaire d'Ha- 
gnenau, au siège de Fribourg, et passa l'hiver sur le Bas- 
Khin,où il fit la campagne de 1745. £aiployé 80us les or- 
dres du prince de Çontî, en 17469 îl ^t partie du détache- 
ment commandé par le comte d'ËstréeSj et qui marcha du 
cpmp sous Manbeuge jusqu'à Herrenthaj.s, en Brabant, d*o^ 
il revint investir la ville de Mpns-, le 7 juin. Le marquis de 
la Châtre servit avec son régiment au siège, de cette place; 
à celui de Charleroy; aux sièges des yjlle et^ph^teau de ^a^- 
mur , et combattit à Raucoux ,- ap moid d'octobre, il fut d^é- 
taché, en novembre, pour passer ^l'armée d'Italie, qu'il 
rejoignit au niois de )anvieri7479 et contribua, pendant le 
reste de la campagne de cette année, à chasser les enne- 
mis de la Provence. Il servit, en 1747» aux sièges des 
placés du comté de Nice, à ceux de Villefranche et de 
JUontaiban. Il marcha ensuite au sié^e de Vintimille, et 
se trouva aux deux combats qui se donnèrent sous cette 
place, au mois d'octobre. Créé brigadier d'infanterie, le 18 
janvier 17489 il contiuua d'être employé à l'armée d'Italie; 
mais elle ne fit aucune opération , la paix ayant été conclue 
vers ce temps. Il reçut la croix de Saint-Louis, des mains 
. du roi, le 4 janvier 1755. On l'employa en Bretagne, par let- 
tres du 1 8 juin 1 75(». Le régiment de Cambrésis étant parti, au 
mois de mars 1757, pour l'armée d' Allemagne, le marquis 
de la Châtre fut en[iployé à celte armée, par lettres du 18 
mars; se trouva à la bataille d'Hastembeck; à la prise dé 
plusieurs places de Télectorat de Hanovre , et rentra ep 
France au ipoij} dp février 1^58. On l'employa de nouveau 

IV. a8 



2l8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

en Bretagne, par lettres du i8 avril de la même année 9 et 
il eut, le même jour, un ordre pour commander dans le 
comté Nantais et dans les évêchés de Saînt-Malo, Dol, 
Tannes et Reunes. Il se démît de son régîiuent , le 7 mai 
suivant. Il concourut , la même année, à la défaite des An- 
glais à Saint- Cast, et y fut blessé à une jambe. En consi- 
dération des services qu'il avait rendus dans cette affaire, 
il fut nommé maréchal-de-camp le 16 octobre. Le roi le 
créa lieu tenant -général, par pouvoir du 25 juillet 1762. 
On ignore la date de sa mort. [Chronologie militaire, tom. 
FI,pag. 4^; Gazette de France,) 

DE LA CHATRE (Claude-Louîs , comte) , puis duc de la 
Châtre, pair de France, lieutenant-géntral , fils dur, précé- 
dent, naquit à Paris, le 3o septembre 174^* I^ ^^^ ^^î^ lieu- 
tenant dUnfanterie, en mars 1761, lieutenant des carabi- 
niers, en décembre 1763, et capitaine au même corps, 
en 1764* Ou le. nomma colonel aux grenadiers de France, 
en janvier 1770; colonel dans le régiment de Royal- Vais- 
seaux, en juillet 177 1, et mestre-de-camp-commandant au 
régiment des dragons de Monsieur, le a4 février 1774. Il fut 
créé chevalier de Saint-Louis, le 1*' mars 1779, et nom- 
mé , dans la même année , l'un des premiers gentilshom- 
mes de la chambre de Monsieur (aujourd'hui Louis XVJII]. 
Il était alors grand d'Espagne de la seconde classe et che- 
valier de la Toison-d'Or. On le fit brigadier de dragons, le 
5 décembre i;?8i, et maréchal-de-camp, le 9 mars 1788. 
Il était grand-bailli d'épée du Berri, lorsque la révolution 
française éclata, en 1789. Il fut élu, la même année, dé- 
puté de la noblesse de celte province aux états-généraux. Il 
V signa les protestations des 12 et i5 septembre 1791 , contre 
les opérations de l'assemblée nationale ; émigra après la 
sçssion de 1791, et accompagna Monsieur, qui l'honorait 
d'une confiance particulière. Il servit, en 1792, sous les 
ordres des princes, frères de Louis XVI, et leva, en 1793, 
un régiment de son nom, qui fut aussi connu sous celui de 
Loyal-Émigrant. Il commanda ce corps, qui fit partie de 
l'expédition de Quiberon,età la télé duquel il se signala par 



DES GÊNÈBAUX FRANÇAIS. 219 

plusieurs actjons d*éclat. Son r(''gimeiil ayant été licencié, ^ 
en 1802, il se retira à Londres, où il jouit du traitement 
de colonel'de rarnuée britannique. Ayant été accrédité^ en 
i8o5^ par S. M. Louis XVIII auprès de la cour d'Angle- 
terre, il remplit pendant long-temps cette mission houo-* 
rable. £n 18149 ^prës le rétablissement des Bourbons sur 
le trône de France , le comte de la Châtre resta en Angle- 
terre avec le titre d'ambassadeur de France, et fut promu 
au grade de lieutenant- général, le 22 juin de la même an- 
née. Il fut créé pair de France, le 17 août i8i5. Il revint 
en France, en avril 1816, et fut nommé l'un des premiers 
gentilshommes de la chambre du roi , mînistre-d'état , et 
membre du conseil-privé de S. M. , le 18 juin suivant. Il 
prêta serment, en qualité de pair de France, le 6 novem- 
bre de la même année. Le roi le créa duc, par ordon- 
nance du 5i août 1817. Il signa, avec la permission de 
S. M. , le 29 septembre 1820 , l'acte de naissance de S« A, 
R. Mgr. le duc de Bordeaux, et fut nommé chevalier-com- 
mandeur de l'ordre du Saint-Esprit, le 3o du même mois. 
Le duc de la Châtre est aussi chevalier des ordres de Saint* 
Lazare et de Notre-Dame du Alont-Carmel. {Etats miii-- 
litaireSf Moniteur y annales du temps ^ 

DB LA CHATRE (Claude, baron) ^ maréchal de France y 
d'une seconde branche de la famille des précédents, fut 
élevé page du connétable Anne de Montmorency; se trouva 
au siège de Thionville, en i558, et à la bataille de Dreux» 
en ]562. Il était gentilhomme ordinaire dux roi, dès le 
mois de décembre i565. Il fit, pendant la campagne de 
1567, en Piémont) les fonctions de colonel-général de 
l'infanterie , sous le duc de Nevers, en l'absence du comte 
de Brissac , et par commission du 5 avril. On le créa lieu- 
tenant-général au gouvernement deTouraine, et des bail-» 
liages de Blois et d'Amboise, des villes de Loches, Châtillon, 
Busançais , Loudun et pays Loudunois 9 sous le prince- 
dauphin , par provisions données à Paris, le \t\ avril i568, 
registrées au parlement de Paris, le 26 du même mois. Il 
fut le premier établi gouverneur et lieutenant-général du 



JdO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Berri 9 et gouverneur particulier de la ville de Bourges , par 
provisions données au château de Boulogne le 2a juillet de 
la même année. Il eut le commandement de l*armée en 
Berrl, par les mêmes provisions. Il entreprit,, en janvier 
1569, le siège de Sancerre; qu'il fut obligé de lever le i*' 
féVrier, après deux assauts, dans lequel les calvinistes, qui 
d'ëfendaient la place, lui tuèrent 5oo hommes. Sur la fin 
de la même année, il prit aux religionnaires les places de 
Mennetou 5 Chàteauneuf et Baugy en Berri, et manqua Li- 
gnières. Les calvinistes^ ayant compté surprendra Bourges, 
au tlioyen des intelligences qu'ils avaient dans la ville, se 
présentèrent à cet effet; mais le baron de la Châtre tua 
quin;re officiers religionnaires, qui étaient descendus dans 
le fossé, fit plusieurs autres prisonniers, écarta à ooups 
de canbn 1200 chevaux et 2000 hommes de pied qui les 
suivaient , et sauva ainsi la ville de Bourges. Il se signala 
au ct)mbat d'Arnay-le-Duc, en iS^o, dans Tattaque d*UD 
moulin voisin de la ville. Les calvinistes défendirent cette 
position avec une opiniâtreté qui ne put être vaincue par 
tous les efforts que firent les catholiques. Il investit de nou- 
veau ta ville de Sàncerre, le 5 janvier i5yZ; mais la fureur 
avec laquelle les bourgeois et les paysans , qui étaient en- 
trés dans cette place, repoussèrent plusieurs assauts, dé- 
termina le baron de la Châtre à convertir le siège en un 
long blocus, et à prendre le parti de réduire la place par 
famine. Sa vigilance fut si grande qu^aucun secours n'y put 
entrer. Les malheureux hssiégés , retenus dans une fanati- 
que opiniâtreté par les prédications de leurs ministres, ne 
capitulèrent qu'aiVbônt de 19 mois, après avoir souffert 
touteis lès extrémités de la plus affreuse disette (1). Le ba- 
ron de la Châtre fut envoyé avec le caractère d'ambassa- 
deur près de la reine d'Angleterre , en 15^5. Il se démit ^ 



(1) On ve peut lire sans fïëmir les détaib de Tliorrible position dans la< 
quelle se trouvèrent ces assiégés ; nous n'en citerons qu'un seul. Un père 
et une mère salèrent le corps de leur fille , morte de faim , eît s'en nour- 
rirent. 



DES GÈ1!VÉKAUX FRANÇAIS. 221 

au mois de mai 15769 du gouvernement du Berri , lorsqu^on 
donna le duché de ce nom à François de France; alors duc 
d*AIençon, et depuis duc d'Anjou. Il avait été créé chevalier 
de Tordre du Roi, lorsqu'il commanda, sous le duc d'^^len- 
çon, lesiégedelaCharîté-sur-Loire,doiitil s'empara en iS^^. 
Il suivît ce même prinbe aux Pays-Bas, en 1578 et i58i. On 
le rétablit dans le gouvernement du Berri , après la mort 
du duc d'Anjou, par provisions données à Saint -Germain- 
en-Laye, le 8 juillet i584« H fut créé chevalier de l'ordre du 
St. -Esprit, le 5i décembre i585. Il s'était attaché au duc 
d'Aleiiçon; et, à la mort de ce jeune prince, il se dévoua aux 
Guises, et ensuite à la ligue. Il fit sous le duc de Guise les 
campagnes de i586 et 1587. ^^ duc, ayant été chargé de 
harceler les Allemands protestants qui marchaient au se- 
cours des calvinistes de France, envoya le baron de la Châ- 
tre , au mois de septembre de cette dernière année , asseoir 
un camp au pont de St. -Vincent, en Lorraine. Les Allemands 
ayant logé leurs troupes dans les villages voisinsdu château de 
St.-Vincent , la Châtre se jeta dans cette forteresse avec 600 ' 
arquebusiers. A sa sollicitation; le commandant du château 
d'Auneau reçut, dans la nuit du a5 au 24 novembre, 4^^ 
arquebusiers du duc de Guise, ce qui facilita la défaite des 
Allemands. La veille du jour où on leur livra le combat , un 
de leurs détachements tomba dans une^mbuscade, où la 
Châtre leur tua beaucoup de monde. Après la victoire du 
duc de Guise, il porta au roi, à Artenay, neuf cornettes 
enlevées aux ennemis. Il servît, en i588, sous le duc de 
Nevers, aux sièges et à la prise de Mauléon, de Montagut et 
de la Garnache. On le fit maréchal-de-camp, le 14 août 
delà même année. Ayant embrassé ouvertemeut le parti de 
La ligue, vers cette époque, il détermina, on iSBg, la ville 
de Bourges à se déclarer pour cette faction. Il s'empara, au 
nom des ligueurs , du gouvernement d'Orléans-, dont il prit 
possession le 1" mars. Il fut destitué du gouvernement du 
Berri, par déclaration royale du 29 avril suivant, registrée 
au. parlement de Paris, le 4 mai. Il conserva cependaiil une 
partie de ce gouvernement, à la faveur des armes de la li- 
gue. Il assiégea, en 1^91 , la petite ville d'Aubigny-sur- 



âââ DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Nerre; mais^ instruit que Chàtillou venait au secoars de 
cette place-9 il leva le siège. ( i). Il prit Sancoin, sur lesfron-' 
tières du Bourbonnais, et mit le siège devant Ghâtelet; 
mais» toujours harcelé par Châtillon qui marchait sur son 
flanc, il ne put se rendre maître de celte place, et se hâta 
de revenir à Orléans, lorsquMl eut appris que le roi était 
entré en Beauce à la tète d'une armée. Il attaqua, en iSga, 
une partie de Parmée du roi qui avait été détachée du siège 
de Rouen pour aller reconnaître Tarmée du duc de Parme. 
Il eût enlièrement défait ce parti, si le roi Henri IV ne fût 
accouru , avec 3oo chevaux, secourir sa troupe. Il fut nom- 
mé maréchal de la ligue, par lettres du duc de Mayenne, 
données à Soissons, le ai juin iSqS, registrées au parle- 
ment de Paris, le 16 juillet suivant (a). Il s'empara par sur- 
prise de la ville de Selles en Berri, la même année. Il re- 
fusa de reconnaître Henri IV pour roi de France jusqu'en 
1 594, époque à laquelle il traita avec ce prince (5) , auquel 



(i) Catherine de Balzac, veuve du seigneur d*Aubigny, femme aussi 
courageuse que belle, se piésenta sur la brèche, une pique à la main, 
pour repousser deux assauts que la Châtre fit donner à la place. La garni- 
son, quoique peu nombreuse, animée par l'exemple de cette héroïne, 
se dëfendil avec tant de courage, que la Châtre fut obligé de renoncer à 
une entreprise à laquelle un fol amour, dbait-on , avait eu beaucoup de 
part. 

(a) Il était un des quatre maréchaux que le duc de Mayenne avait 
faits, et de qui Ton avait dit : « Qu'il faisait des bâtards, qui se feraient 
» légitimer à ses dépens. > Les événements qui suivirent confirmèrent ce 
pronostic. 

(ô) Dans une assemblée des États tonne par le duc de Mayenne, et 
dans laquelle fut proposée l'élection d'un roi pour succédera Henri III, 
la Châtre , un des maréchaux de la création du duc de Mayenne, se le- 
va, et représ(:nla qu'il y aurait de l'imprudence à élire un roi pendant 
qu'on n'avait point de tioupe.^, et que Henri IV, au contraire, dont l'ab- 
juration paraissait immanquable, était à la tête d'une bonne armée; 
qu'il fallait bien plutôt accepter la trêve proposée, dont on avait le plus 
grand besoin. Ce raisonpement passe de bouche en bouche : le plus grand 
nombre Tapprouve, et on arrête que l'élection sera différée. (Histoirû 
de France far AnqueiU, tom. VJ, pag. 121.) 



BE8 GENERAUX FRANÇAIS. Si20 

il remit les villes de Bourges et d'Orléans, à condition qu'il 
conserverait la lieutenanceigénérale du Berri; qu'il serait 
gratifié d'une somme de 900,000 francs, et confirmé dans 
la dignité de maréchal de France. Cette charge lui fut ac- 
cordée, par édil du dernier février 1594. On le nomma 
gouverneur de la ville et banlieue d*Orléans, le a mars sui- 
vant; et on lui accorda, le même jour, pour son fils, la 
survivance du gouvernement de Berri. Le maréchal de la 
Châtre fut nommé pour commander dans l'Orléanais, le 
Berri, le Blésois, la Touraine, la Haute et Basse-Marche, 
par pouvoir du 11 janvier iSgO. Il eut une compagnie de 
cent hommes d'armes, en 1601. Après la mort de Henri IV, 
Louis XIII le fit lieutenant-général commandant l'armée 
qu'il envoyait au pays de Juliers , par pouvoir donné à Pa- 
ris, le ao juin 1610. La Châtre assembla, le 6 juillet sui- 
vant, les troupes à Verdun; entra, dès le 29 du mémo 
mois, dans le duché de Deux-Ponts; passa la Moselle, et 
joignit le prince do I^assau devant Juliers. Cette place avait 
tenu ferme jusqu'à l'arrivée, sous ses murs, du duo de la 
Châtre, qui força le gouverneur de se rendre, le 1*' septem- 
bre. La guerre se termina par la prise de Juliers, et le 
prince Maurice de Nassau venvoya ses troupes en Hollan- 
de. Le maréchal de la Châtre se hâta de repasser eu Fran- 
ce, pour assister au sacre de Louis XIII , où il représenta 
le connétable de France, le 17 octobre. Il mourut le 17 dé- 
cembre 1614, à l'âgé de 78 ans (1). [Chronologie militaire y 
loin* 11^ P^E- 569; Dupltix^ Histoire militaire des Suisses, 
le président Henault, de Tkouy Mémoires de Sully, Histoire 
de France , du Père Daniel; Mémoires pour sers^ir à l'His^ 
toire universelle de l'Europe, l'abbé Le Gendre^ le Père An- 
selme y Bauclas, Moreri, d'Avila^ d'Aubigné, la Popeliniè- 
re. Biographie universelle ^ ancienne et moderne, tom, Vlll, 
pag. 280.) 



(1) Oq a de lui plusieurs relations historiques , dont oq peut voir le d^' 
fui xians la JH^wiiiUUMiothwiuêhUtoriqw de France. 



:iâ4 DIGTIONNÀIKE HIST0RIQI7E 

DE LÀ €HÂTRE (Louis, marquis), maréchal de Froncé, 
fiU du précédeni, embrassa , en même temps que 9on 
père, le parti de la ligue, qu'il servit juiqu'en 1594» épo- 
que à laquelle il se soumit, aussi en même temps que son 
père 9 au roi Henri IV. Il obtint, le 2 mars de la même an- 
née, la survivance du gouvernement -général du Berri et 
de la grosse tour de Bourges. On le nomma chevalier des 
Ordres du roi, le 5 janvier 1097, et capitaine d'une^ompa- 
gnie de cent hommes d'armes,- en 1601. Il se démit, en 
1616, en faveur de M. le prince de Condé, du gouverne- 
ment du Berri, et obtint en échange de ce gouvernement 
une somme d*argent, ainsi que la charge de maréchal de 
Fra/ice, qui lui fut accordée par état donné à Paris, le ^6 
mai. Ayant été pourvu, le 18 janvier i6a5, du gouverne- 
ment-général du Maine , du Perche et du comté de Laval, 
sur la démission du marquis de Lavardin , il prêta serment 
en cette qualité, le 22 du même mois, et fit enregistrer ses 
provisions au parlement de Paris, le 11 mars suivant. Il se 
démit de ce gouvernement , au mois de janvier 1627 1 ^^ 
mourut au mois d'octobre i65o. (Chronologie militaire, 
tom. II f pag, 4 1 3 ; Histoire des Grands^ Ql/iciers de la Cou- 
ronne, Dictionnaire des maréchaussées, l'abbé Le Qendre, 
BiograpJiie universelle ^ ancienne et moderne, tom. VllI^ 
pag. 281.) . 

DE CH AULNES, voyez ni* kixEZT. 

DE CHAUMONT (Gasce, oU Gaston), connétablede Fran- 
ce^ souscrivit une charte de Philippe I", donnée àParis, en 

1 107, par laquelle ce monarque institua dans le monastè- 
re de Saint-ÉIoi de Paris, 12 religieux, pour y vivre selon 
la règle de Saint-B^noîl. Nous n'avons trouvé aucuns ren- 
seignements sur ses services militaires. [Chronologie miU* 
taire, tom, I, pag» 66 j Morery, Le Gendre y Histoire des 

Grands -Officier s de la Couronne,) 

DE CHAUMONT (Hugues), dit le borgne, connétablede 
France, souscrivit une ordonnance donnée à Paris, ep 
iu8, concernant les serfs et mainmortables de l'église de 



( 



DES GENERAUX FRANÇAIS. A25 

Saint-Alaur-les-Fosses; des lettres données à Paris, en 1 1 19, 
en faveur de i*abbaye de Cluny; des lettres données à Paris, 
en 1134» concernant i*abbaye de St.-Denis; des lettres don- 
nées à Parisien 1 128, concernant les serfs de IVgliiie de Char- 
tres ; la confirmation , donnée en 1 134» du droit d'arrêt ao* 
cordé précédemment aux bourgeois de Paris; des lettres 
d'exemption de droits et d'impôts, pour les habitants de 
Frenoye-l'Évéque, données à Paris en iiSj, et enfin plu- 
sieurs autres lettres données à Bordeaux, dans la mémcT an- 
née. {Chronologie militaire ^ tom, I , p/ig. 67; Recueil des 
ordonnances, par Secousse, tom. /, //, Ip^ et f^; Histoire 
des Grands-Officiers de la Couronne.) 

DE CHAUMONT DE QriTBT (Jean), cohimandantd' armée ^ 
d'une autre famille que les précédents (1) , fut créé cheva- 
tier des Ordres du roi , et eut les chargies de conseiller et 
chambellan du duc d*Aiençon. Promu au grade de maré- 
chal-de-camp, en 1689, il eut un ordre du roi pour faire 
une irruption dans les états du duc de Savoie. SYtant mis 
en marche, dans la nuit du 12 au 5 avril, aved 1200 hom- 
mes , il s'empara du château de Monthou , place très-forte 
par sa position locale. Il prit Bonne, par le moyen du pé- 
tard , et fit capituler la citadelle de cette même ville. Il 
tompit les ponts de Trembières et de Buringe, pour fermer 
les chemins aux ennemis; emporta d'emblée Saint Joire, 
et se rendit mattre de Gex et de son château : le gouverneur 
et la garnison de cette place furent faits prisonniers de 
guerre, et conduits à Genève. Il tenta aussi de forcer le pas 
de Cluse ; mais cette entt'eprise fut abandonnée. Il accom- 
pagna M. de Sancy dans la stiite des expéditions contre la 
Savoie. Il se rendit ensuite à Strasbourg, pour y prendre la 
eavalerie destinée à servir Henri IV, la conduisit d'abord à 



(i) Le Père Daniel, le président do Thou, et beaucoup d'aufres his- 
toriens le nomment, par erreur, Guitri. La ville de Gbautnont [Caivut- 
Mons) dans le ci-devaut Vei in -Français, a donné ion nom à la mai«oo 
de Chnumont-Quitry. 



220 mCTIOl^AIRE HTSTORIQITE 

Genève , et vint joindre le roi en passant par la Bonr<rog;ne. 
Employé dans Tannée de Normandie, sons Henri IV, jl 
eut ordre d'assiéger la place de NeiifcbàteK dont la garni* 
flon insultait joumellemeni les habitants de la ville de Diep- 
pe , où se trouvait le roi. Il se rendit mattre de Nèufchàtet, 
au mois d'août , après avoir passé au fil de l'épée 700 pay- 
sans qui marchaient pour secourir cette place. On le fit 
capitaine de 5o hommes d'armes, le 1" août iSgo, et on 
lui donna le commandement de l'armée envoyée en Savoir 
pour la défense de Genève , par pouvoir daté du camp de- 
vant Clermont , le 25 septembre de la même année f 1). En 
1591, le duc de Savoie pressant les Genevois, Quitry se 
hâta d'arriver à leur secours avec 3oo chevaux et 1 5oo hom- 
mes. Il fit braquer, le 1*' février, 5 pièces de canon con- 
tre Yersoy, dont les Savoyards s'étaient emparés, et empor- 
ta , dès le premier assaut, cette place , qui fut livrée au pil- 
lage. La citadelle de Versoy ayant refusé de se rendre, et 
le canon n'y pouvant faire aucunes brèches, Quitry fit 
creuser des mines auxquelles on mit le feu, le 6 février.. 
Les assiégés, effrayés par les effets que produisirent ces 
mines, se rendirent par capitulation. Quitry marcha en« 
suite contre Esvian, sur le bord du lac de Genève. La ville 
fut prise d'assaut et livrée à la fureur des soldats. La cita- 
delle d'Esvian se rendit au bout de trois jours de siège. 
Après avoir fait le dégât dans la campagne aux environs d'Es- 
vian , Quitry conduisit son armée contre la ville de Pou- 
linge, dont la garnison capitula dans le même mois de 
février iSqi. Le la mars suivant Amédée, bdtard- de Sa-, 
voie, parut en bataille avec 5ooo hommes de pied, 600 
cuirassiers et 400 arquebusiers. Cette armée était numé- 
riquement très-supérieure à celle que commandait Quitry. 
On en vint aux mains, le même jour, près de MonthoUj^ 



(i) h* Histoire des Grands-Offlei^s de la Couronne , fait Je sieur dq 
Quitry lieutcDant-gënéral des armées du roi , le a4 septembre iSgo. C'est 
une erreur ; le pouvoir délivré à cette date constitue Quitry comman- 
dant de Tarmée comme maréchal de-camp, et non pat lieutenant-géné* 
rai commandant l'armée. 



DES GENERAUX JPRÀNÇAI3. 3^7 

et les Savoyards perdirent dans cette affaire plo^ de 5oo 
hommes tués sur Je champ de bataille. Cette défaite les 
força de se retirer dans la nuit suivante. M. de Sancy ayant 
quitté Genève, le a4 ni^rSy Quitry y resta jusqu'à la fin de 
Tannée iSgi. Etant rentré en France » il tomba malade, 
et mourut à Gournay, dans le Vexin, au commencement 
de iSga, à l'âge de 60 ans. {Chronologie militaire, tom. /, 
pag. 567^ le président de Thou, le Père Daniel y DavUa, 
d'Aubigné, Histoire des Grands^ Officiers de la Couronne,) 

DB CH AU MONT (Philippe), comte de Quitry y maréchal-' 
de-camp , fils du précédent, servait depuis long-temps à 
la tète d'une compagnie de chevau-légers, lorsqu'il obtiut, 
le 1 G avril 1637, un brevet de maréchal-de-camp , pour 
servira l'armée de Bourgogne, sous M. le duc de Longue- 
ville. Il s'y trouva au siège et à ta pri&e de Saint- Amour. 
Détaché avec 4^0 chevaux et iqo mousquetaires pour aller 
au-devant du secours que les ennemis envoyaient au nom- 
bre de 1200 chevaux, il les attaqua si brusquement > 
qu'il les culbuta, en tua i5o, fit 4^ prisonniers, prît 4 
étendards et une paire de timbales. Il fut blessé dans cette 
action. Le reste de ce secours fut défait par le vicomte 
d'Arpa}on qui soutenait Quitry, et la ville de Saint- Amour 
se rendit le 2 avril. Il contribua ensuite à la prise des châ- 
teaux de TAubespiiie et de Courlao; à la prise, par assaut, 
de Lons -le- Saunier, et à celle de son château par capitu- 
lation. II se trouva au siège des ville et château de Blet- 
terans. Employé dans la même armée, en i65S, il ser- 
vit aux sièges des châteaux de Ghaussin et de Baon; con- 
tribua à la soumission de Fay, de Ris et de Fontenay; 
marcha à l'attaque de Poligny; monta à l'assaut qui se 
donna à cette place, le 28 juin; y fut blessé, et mourut 
quelques {ours après des suites de cette blessure. {Chrono- 
logie militaire, tom^ VI, pag. l32; Histoire des Grands- 
Officiers de la Couronne y tom, VlHy pag, 889; Gazette de 
France.) 

. PB CHAH MONT (Henri), baron de Lecquesy maréchal- 
de-camp, cousin du précédent , commanda une compa- 



v^V^.. . 



226 t>ICTIONNlIRE HISTOllIQ0E 

paie de chevau-l^ern pendant la guerre des religîonnaires 
et en faveur de ce parti. Il s^atlacha au roi après la paix 
de 1629, et leva« par commission du 27 mars i65o, un ré- 
giment d*infanterie le son nom, qu'il conduisit en Savoie, 
et qui fut licencié , le 11 janvier, et rétabli, le B fuillet 
i65i. Il le commanda dans la guerre de Languedoc, en 
i652 , et se trouva à lu bafaille de Castelnaudary. Il passa, 
au commencement de i655, en Valteline, sous le duc de 
Rohau ; combattit avec valeur à la prise des bains de Bor- 
mio, au mois de |uillet; se distingua au combat du Val de 
Fresle, le 3i octobre, et à celui de Morbeigno, le 10 no- 
vembre. En considération de ses services, il obtint lé bre- 
vet de maréclial-de-camp, le 3o du même mois, et conti- 
nua^e servir en cette qualité dans la Yalteline. On mit son 
régiment sous le nom de la province des Gevennes, par 
lettres du 8 décembre. An mois de mai i656, il força le 
passage de Gravasse pour joindre le duc de Rohan, qui 
marchail à Lecco ; il y défit, l'épée à la main, 4 compagnies 
des ennemis, et 2 antres dans Yestrino. Lorsque le duc de 
Rohno eut quitté Tarmée 9 au mois de juillet, le baron de 
Lecques en eut le commandement jusqu'au mois de mars 
1657, époque à laqqclle on évacua la Valleliue. Il condui- 
sit alors une partie des troupes de cette armée en Iiulie, 
où il servit comme, maréchal-de-^camp, sous le maréchal 
de Créqui. Il se trouva à la défense d'Ast , et au combat 
de Montbaldon, la même année, et servit. Tannée suivan* 
te, à la défense de Brème; au secours de Yerceil, sous le 
cardinal de la Valette, et à Tattaque des retranchements 
de Leganès auprès de Cencio , au mois de* janvier 1659. 
Employé , la même année , en Roussiiion , sous le maré- 
chal de Schomberg, il servit au siège du château de Sta- 
ge!, et concourut à la défuite des ennemis à Sîgean, puis 
à la levée du siège d'Ilie par les ennemis, en 1640. Il com- 
battit à la Marfce, le 6 juillet 1641 , sous le maréchal de 
Chatiilon; joignit ensuite Tarmée commandée par le man 
réchal de la Meiileraye, et servit au siège de Bapaume, qui 
se rendit le 18 septembre. Après cette campagne, il quit- 
ta le service 9 et se démi( de son régiment^ au mois de no« 



DES GÉNÉRAUX FRAI7ÇAIS. 22^ 

vembre. Il mourut en 1678, âgé de 84 ans. {Chronologie 
militaire, tom, .VI, pag. 1 16; Mémoires du duc de Rohatty 
Gazette de France,) 

m 

DE CH AUMONT (Philippe) comte de Rivray, maréchal-dé^ 
eamp, de la même famille que les précédents^ fut fait lieute- 
nant au régiment d'infanterie d'Ënghien , le 90 septembre 
1735. Il servit à Tattaque des lignes d*£(lingen et au siège de 
Philisbourg, en 1 754. Il obtint une compagnie dans le même 
régiment, le 16 décembre de celte année, et la commanda à 
Taffaire de Clausen, en i^SS. Il fut fait capitaine de grena- 
d^rs du régiment des gardes de Lorraine 9 lors de sa création, 
le 1*" mai 1 74^)9 devint lieutenant-colonel de ce régiment, 
le 12 septembre, et le commanda à la bataille de Dettin- 
gen , en 174^* H passa à lalieutenance-colonelle du régiment 
Royal-Lorraine 9 à sa création, le 3o janvier-i744> obtint, 
le même jour, une commission pour tenir rang de colonel 
illnfanlerie, et fît la campagne de 1744 ^^-^^ ^^ Rhin, où il 
servit au siège de Fribourg. Il servit, en 1745, à Tarméç du 
Bas-Rhin sous les ordres de M. le prince de Conti; fut dé- 
taché pour passer avec son régiment à Tarmée d^Italic, au 
mois de juillet 1 74^ > 1^ joignit au mois -de septembre, et 
contribua à la défense de la Provence. Il se trouva, en 1747» 
à la conquête du comté de Nice; à Tattaque des retranche- 
ments de Villefranche et de Montalban ; à la prise de Vinti- 
mille, au mois de juin ; au secours de Vintimille et aux deux 
combats qui se donnèrent sous cette place, au tiiois d'oc- 
tobre. Il continua de servir h Tarmée d*Italie jusqu'à la 
paix, et fut créé brigadier, par brevet du 10 mai 1748. Nom- 
mé colonel du régiment Royal-Lorraine, iors de son réta- 
blissement, par commission du 1*' avril 1767, il fut em- 
ployé comme brigadier à Tarmée d'Allemagne, commandée 
par le prince de Soubise. Il commanda une brigade d'in- 
fanterie à la bataille de Rosback, au mois de novenAbre; y 
fut blessé et fait prisonnier. Promu au grade de maréchal - 
de-camp, le 20 février 1761, il se démit du régiment Royal- 
Lorraine, et ne fut pas employé depuis. {Chronologie mili-^ 
taire, tom. VII, pag. 4oo; Gazette de France*) 



a30 DICTIONNAIRE HISTORlOUE 

CEAUlUrONT, vc^ez Dofoht. 

DB GHAUVIGNY (Gilbert), comte de jBlot j lieutenant-^'' 
néral y entrai au service, le 5 juillet 174^1 ^l^ns le régimeiit 
-de cavalerie de Léris (depuis Rohan) , et se trouva avec ce - 

régiment à la prise de Prague, en 17419 Devenu lieute- 
nant au même corps, le 18 avril 1742» il combattit à Sa- 
hay; servit au ravitaillement de Frawembergf à la défen- 
se et à la prise de Prague, la même année. Il leva, par 
commission du 1*' août 174^» une compagnie dan^ son ré- 
giment , et la commanda aux sièges de Meuin , d'Tpre& et 
de Furnes, et au camp de Courtray, en 1744* ^^ ^^ com- 
manda aussi à lit bataille de Fontenoy; aux sièges des ville 
et citadelle de Tovirnay , et des villes d'Oudenarde , de Den- 
dermonde et d'Ath, en 174^; au siège de Bruxelles et à la 
bataille de Raucoux, en 174^» ^^^ ^^^ côtes de Normandie, 
en 1747; et au siège de Maestricht ,»en 1748. Il passa gui- 
don de la compagnie des gendarmes de Bretagne avec rang 
de lieutenant-colonel de cavalerie, le 29 octobre i749'Il 
fut nommé capitaine des gardes de M. le duc d'Orléans 9 
en 1762; devint coloneN lieutenant du régiment d'in&u\- 
terie de Ghartres, le 4 mai 1755, et se démit alors de sop 
guidon des gendarmes de Bretagne, en faveur du comte 
deBoufllers, qui, de son côté, se démettait du régiment 
de Ghartres. Il commanda ce régiment au camp d'Hon- 
fleur, en 1766; à la bataille d'Hastembeck; à la prise. de 
Minden et de Hanovre; au camp de Glostersevern ; à la • 
marche sur Zell, en 1757, et à la retraite de l'électorat de 
Hanovre, en 1768. Devenu colonel-lieutenant du régiment 
d'Orléans, le 14 mars 1758, il se démit du régiment de 
Ghartres; commanda celui d'Orléans à la bataille de Gre- 
welt, le 23 juin de la même année , et obtint le grade de 
brigadier d'infanterie, le 7 juillet suivant. Employé. ea 
cette qualité, par lettres du même jour, il fut .blessé au 
bras , le 29 septembre , à l'attaque du camp de Borck.. H 
se trouva à la bataille de Minden , en 1759; aux combats 
de Gorback, de Warbourg, et à la bataille de GlostercampSi 
en 1760; enfin à la bataille de Fillinghausen, en 1761. Il 



.r 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. StOl 

fut déclaré, au mois de novembre de cette dernière année, 
maréchal de-camp , dont le brevet avait été expédié dès 
le 20 février précédent. Il se démit alors du régiment d'Or- 
léans, et fut employé à Tarmée d'Allemagne 9 en 1762. On 
le créa lieutenant-général, le 1*' mars 1780. (Chronologie 
militaire, tom. Vll^-pag, 477; annales du temps.) 

DE CHAVAGNAC du Bosquet (N... .), maréchcU-de-camp, 
naquît en 1624. Ses premiers services militaires ne nous 
sont pas connus. Il fut créé maréchaUde-camp, le 5o oc- 
tobre 1652, et passa peu de temps après, avec le prince de 
Condé, au service d'Espagne, où il fut fait sergent de ba- 
taille. Après la paix des PyrénéeH il se rendit à Tienne, 
entra an service de l'Autriche , et y mérita le grade de lieu- 
tens^nt-général dans les armées de l'empereur. Il rentra en 
France après la paix de Nimègue ; mais U parait qu'il nefut 
point employé. (Chronologie militaire, tom, P^II,pag, 386.) 

DE GHAYIGNY, voyez BouTHiLtiSB. 

DE ÇHEMERÂULT, ^qyez Baebbzièees. 

GHEMINEAU (Jean , baron), lieutenant-général, naquit 
le 26 avril 1771. Il entra au service, le aS septembre 1791» 
en qualité de sergent-major dans le 4* bataillon du dépar- 
tement de là Gironde; y fut fait sous - lieutenant , le 11 
juillet 1792, et lieutenant 9 le i3 octobre 1793. Il servit 
avec ce bataillon à l'armée du Nord , la même année', et 
fut blessé à la bataille de Hondscoptte , le 8 septembre. 
Nommé capitaine au même corps, le 17 août 1794» il Ht en 
cette qualité les campagnes des armées du Rhin, de TOuest et 
d'Italie jusqu'en 1802 inclusivement. Il rendit des services si« 
gnalés au combat du pont du Tar, le 26 mai 1802, et en fut ré- 
compensé par le grade de chef de bataillon, qu'il obtint sur 
lechamp de bataille, et dont le brevet lui fut expédié, le 3o 
du même mois. U devintmàjor du 61* régiment d'infanterie 
de ligne, le 22.décemhre i8o3, et fut créé menibre de la Lé» 
gion-d'Honneur, le 26 mars i8o4* Employé, en 1807, au 
siège de Dantsick, U fut chargé de poursuivre l'ennemi qui 



son DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

se retirait , en fuyant , sur Pillau. S^étant mis à la tète d'uii 
escadron du 1 1' de chasseurs, qui faisait partie des troupes 
sous son commandement , Ghemineau chargea les enne- 
mis dans un bois; fit mettre bas les armes à 800 hommes, 
et se saisit de 5 pièces de canon : il eut un cheval tué sous 
lui dans cette affaire, et la bravoure qu*il y déploya le fit 
nommer officier de la Légion-d'Honneur, le 1*' Juin de la 
même année. A la bataille de Friedland, gagnée sur les 
Russes, le i3 du même mois, le général Goehorn ayant été 
blessé dès le matin , Ghemineau 'prit le commandement 
de la brigade de grenadiers de ce général, composée des 
6* et 61* régiments d^ii^nterie. Gette brigade soutint vail- 
lanunent les efibrts de^Russes pendant toute raction,'et 
prit une grande part au succès de cette affaire. Le major 
Ghemineau conserva le commandement provisoire de cette 
même brigade jusqu'au a8 juin , époque à laquelle il fut 
nommé colonel du 76* régiment de ligne. On le créa ba- 
ron 9 le 19 mars 1808 , et les lettres-patentes de ce titre lui 
furent expédiées, le 26 octobre suivant. Promu au grade 
de général de brigade 5 le 2a juin 18 1 1 , il fut employé en 
ce(te qualité à Tarmée de Portugal , et y commanda une 
des brigades de la division du général Foy. Vers la fin de 
fuillet 1812 , et après la bataille des Ârapîles , perdue le la 
du même mois, l'armée de Portugal, s'étant ralliée sous Alba- 
de-Tormèsi, commença sa retraite dans la direction de Pé- 
néranda. Ghemineau commanda alors la 1" brigade de la di- 
vision du général Foy, qui formait Tarrière-garde de cette 
armée. L'avant-garde anglo-portugaise, ayant passé la Ter- 
mes «^ Alba, vint attaquer l'arrière garde française, et en- 
fonça un des carrés de celte dernière. Un autre carré, for- 
mé par le 2* bataillon du G9* régiment, et au milieu du- 
quel se trouvait Ghemineau, arrêta, par sa contenance 
ferme, la cavalerie anglaise. Les'officiers et sous-officiers, 
placés dans l'intérieur du carré, firent feu, tandis que les 
chevaux des ennemis venaient se faire percer par les baïon- 
nettes des soldats des premiers rangs du carré. Le nombre 
de chevaux et d'hommes ainsi tués forma bientôt on 
rempart, qui préserva le bataillon du -69* du sort qu'avait 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS^ a 35 

éprouvé le carré enfoncé au commencement du combat^ 
et donna au général Foy le temps d*amener une seconde 
brigade, de seconder celle commandée par Chemineau, 
et d'arrêter la marche de Tennemi. L'armée de Portugal 
ayant repris , en octobre de la même année, Tofiensive 
contre celle anglo-portugaise et espagnole, cette dernière 
battit à son tour en retraite. La division du général Foy se 
présenta, le 25 du même mois, devant la ville de Palencia. 
A la première sommation qui leur fut faite, les Anglo- 
Espagnols qui se trouvaient dans cette place offrirent d'en 
ouvrir les portes, si le général Foy se présentait lui-même. 
Ce général envoya alors un de ses aides- de -camp; mais, 
par une perfidie insigne , le. parlementaire fut accueilli par 
une décharge de mousqueterie à bout portant. Le géné- 
ral Foy, indigné de cette action déloyale , donna au gé- 
néral Chemineau TorJre d'attaquer Palencia. Chemineau 
employa d'abord le canon pour enfoncer les portes de lA 
ville; mais, s^apercevant que Tartillerie ne produisait pas 
tout l'effet qu'il en atteud'ait, il se précipita à la tête des 
sapeurs du 69* régiment, Ht rompre à. coups de hache les 
portes barricadées, pénétra dans la ville , en poussant l'en- 
nemi l'épée aux reins, arriva rapidement au pont de Cir- 
rion , l'emporta de vive force , et se saisit des barils de pou- 
dre qui étaient disposés pour le faire sauter. Employé à la 
grande armée en i8i5, Chemineau y commanda la i"' bri- 
gade de la division du général Souham; se distingua, le 27 
avril, au combat de Weissenfelds, et fut cité honorable- 
ment à cette occasion. Il donna de nouvelles preuves de 
valeur à la bataille de Lutzen , le 2 mai suivant, et s'v cou- 
vrît de gloire. Dans cette mémorable journée, ce fut lui qui^ 
en faisant tirer le canon , annonça les attaques des enne- 
mis. La principale de ces attaques fut dirigée sur Caïa, 
que Chemineau était chargé de défendre avec la i** bri- 
gade de la division Souhtm, formant en quelque sorte 
l'avant-garde du corps du maréchal Ney. Il réfîisla à tous 
les efforts de l'ennemi , et donna par ce moyen le temps à 
toute l'armée d'arriver sur le champ de bataille. Le géné- 
ral Chemineau reçut d'abord une balle, qui lui traversa 

IV. ^o 



ij34 DICTIONNAIBE HTSTOftlQUE 

la nuque , et ne cessa point pour cela de combattre ;; mais, 
ayant eu la jambe droite fracassée, il fut obligé de quitter 
le champ de bataille, sur lequel il avait eu a chevaux tués 
sous lui , et de se rendre à Tambulance , où on lui fit Tam- 
putation qu'il supporta avec le courage le plus calme. Il 
fut noinmé lieutenant-général, le 5i juillet suivant, et 
créé commandant de la Légion -d'Honneur, le lo août. En 
18149 après la restauration du trône des Bourbons, S. M. 
Louis XYIIl le fit chevalier de Tordre royal et militaire 
de Saint-Louis, le 27 octobre. Le général Chemineau com- 
manda , la même année, dans le département de la 
Vienne et dans les subdivisions formées par les départe- 
ments de la Charente-Inférieure et des Deux-Sèvres. {Bre^ 
vêts et états militaires, Moniteur, annales du temps.) 

CHÉRIN (Louis-Nicolas-Hyacinte) , général de division, 
naquit à Paris (1). Après avoir fait d'excellentes études, il 
devint conseiller en la cour àe\ aides, et succéda ensuite 
à son père dans la charge de généalogiste des Ordres du 
roi.. Doué d'une âme ardente, et jeune encore à l'époque de 
la révolution française, il quitta la magistrature pour em- 
brasser la carrière militaire ; fut fait sous-lieutenant au 
18* régiment d'infanterie de ligne, en 179a; passa rapide- 
ment par tous les grades, et fut nommé adjudant -gé- 
néral chef de brigade, le 17 mai 1793. Employé en cette 
qualité à l'armée du Nord , il y fut arrêté , le 5 avril , par 
.ordre du général en chef Du mou riez ; mais il fut assez heu- 
reux pour échapper à la vigilance des gardes qu'on lui avait 
donnés, et pour revenir prendre sa place parmi les offi- 
ciers qui restèrent à leur poste, lorsque Dumouriez se sé- 
para de l'armée. Dans cette dernière circonstance, Ghérin 
excita un bataillon du département de Seine-et-Otse à tirer 
sur le général , et l'obligea par ce moyen à prendre la foi te. 
La conduite que Chérin tint en cette occasion lui valut les 



(1) Il était fiU de M. Bernard Ghério, historiographe et gëoéalogiste 
des Ordret du roi et de Saint-Lasare, mort à Paris, en 1785. 



mtfmmmmmmmm 



DES GÔHÉRAUX fRiiNÇlIS. 235 

éloges de la Convention nationale , et le grade de général 
de brigade. Il fut employé, en 1 793 , à l'armée des côtes de 
rOuest comme chef de rétat-major--général , sous le géné- 
ral en chef Hoche , dont il était l'ami. Lors du débarque^ 
meut des Anglais et des émigrés à Qqiberon , il reçut de ce 
général la commission de parcourir le pays , d'y rassembler 
tous les soldats qu'il pourrait trouver . et de faire en sorte 
d'en former un corps de 6000 hommes qui devait être con- 
duit à Rennes, avec 12 obûsiers et 6 pièces de canon. Ché- 
rin remplit cette mission à la satisfaction duigénéral Hoche. 
Les connaissances que Ghérin s'était acquises dans l'art d'ad- 
ministrer une armée furent précieuses et utiles au général 
Hoche, qui, ayant conçu un système général de pacifica^ 
tion pour la Vendée, chargea son chef d'étal-major de ré- 
diger à ce sujet un mémoire , dans lequel le plan , les vues 
et les moyens proposés par le gétiéral en chef furent très- 
clairement expliqués. Ce mémoire fut accueilli favorable- 
ment par le directoire-exécutif, et Bt le plus grand honneur 
au général Chérin. Il passa, toujours comme chef d'état- 
major-général, à Tarmée de Sambre-et- Meuse , lorsque le 
générai Hoche en prit le commandement, en 1797* Il fut 
attaché en la même qualité à l'armée d'expédition d'Irlan- 
de, également commandée par Hoche (1). Il fut nommé, 
le 5 septembre 1797» commandant en chef de la garde du 
directoire-exécutif, et concourut aux succès de la journée 
du 5 du même mois (18 fructidor an S)r£n janvier 1798, 
il fut nommé chef de l'état- major-général de l'armée du 
Rhin. Sur la demande du général Masséna, commandant 
en chef l'armée du Danube, il remplaça 9 en mai 1799, le 
général Ernouf dans l'emploi de chef de Tétat-major-géué- 
ral de cette armée , avec laquelle il fit la campagne en 
Suisse. Les Autrichiens ayant attaqué, le a juin , le camp 



(1) Lorsque cette armée, battue parles tempêtes, rentra dans les 
ports de France, sans avoir pu se rendre à sa destination, Gbérin lui 
adressa une czliortation qui peut être considérée comme u n beau monu- 
ment historique de ta rie militaire. [Voyez le Moniteur du i5 janviei- 



*àô6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

retranché des Français à Zurich, Chérin s& mit à la tête 
d*un escadron, et chargea vigoureusement les ennemis; 
mais, au milieu de l'action, il reçut un coup de feu, dont 
il mourut le i4 du même mois. Son éloge fut fait d*abord 
par le général en chef Masséna , puis par le représentant 
du peuple Chénier^ sur la proposition duquel la conven- 
tion nationale décréta, le 29 juin, que la dépouille mor- 
telle du général Chérin serait réunie à celles des généraux 
Hoche et Marceau, dans le mausolée élevé sur les bords 
du Rhin , préside Coblentz. {Moniteur y brevets militaires, 
annales du temps J) 

DE LA CHEVALERIE, voyez Bacon. 

DB C HE VERT ( François), lieutenant -général^ naquil à 
Verdun-sur- Meuse, le ai février iGgS. Il suivit, à Tàge de 
Il ans, une recrue du régiment d'infanterie de Carné, qui 
passait à Verdun, et servit d*abord comme soldat dans ce 
régiment, avec lequel il demeura eu garnison depuis 1^06 
juf^qu^en 1710. Il fut fait sous-lieutenant dans le régiment 
d^infanterie de Beauce, le 9 décembre de celte dernière an- 
née, et se trouva, en 171 1 , àTattaque d*Arlenx. Nommé en- 
seigne de la compagnie colonelle du même régiment, le 
a5 juillet, et lieutenant, le i*' décembre suivant, il servit 
en Flandre jusqu'à la paix. On le fit aide- major de son ré- 
giment 9 par brevet du 8 juillet 1 7 19, et il obtint, le 1 7 sep- 
tembre 1721 « une commission pour tenir rang de capitai- 
ne. Il devint major, le i"mars 1728, servit en celte quali- 
té au camp d'Aimeries sur Sambre, du 5i août au dernier 
septembre 1752, et fut employé, en 1733, au camp du pays 
Messin, où il remplit les fonctions d'aide-major - général 
de rinfanterie. Il se trouva à la prise de Trêves; au siège 
et à la prise de Traêr-Bach ; au siège et à la prise de Philis- 
bonrg, en 1734» et àraffaire de Clausen, en 1755. Devenu 
lieutenant-colonel de son régiment, par commission du 1" 
août 1739, il marcha avec la première division des trou- 
pes, qui passa le Rhin au fort Louis, le i5 août 1741 , et 
conduisit son régiment en Bohême. Le maréchal de Saxe, 
qui connaissait Chuvert pour un des hommes les plus fer* 



DES G£>£RAD2^ FRANÇAIS. 20'] 

mes et les plus intrépides de Tarniée, lui donna le com- 
mandement des grenadiers de son attaque pour Tescalade 
de Prague (i). Chevert entra le premier dans cette ville, et 
y maintint un si bon ordre, qu'aucune maison ne fut pil- 
lée, ni même endommagée. L'électeur de Bavière, pour 
les intérêts duquel Tarmée française avait combattu, don- 
na le gouvernement de cette place au comte de Bavière, et 
nomma Chevert pour y commander sous lui, et en faire 
le détail. Chevert fut créé brigadier, par brevet du i5 dé- 
cembre, et on lui envoya des lettres de service du même 
jour, pour être employé en cette qualité. Il commanda à 
Prague pendant le reste de la guerre; servit avec la plus 
grande distinction pendant le siège de cette ville; et, mal- 
gré la disette de toute espèce , on dut à ses soins et à ceux 
de M. de Sechelles, un ordre et une économie si bien en- 
tendus que les troupes ne manquèrent point du plus né- 
cessaire. Lorsque le maréchal de Belle-Isle sortit de Prague 
avec l'armée, dans la nuit du 16 au 17 décembre 174^, il 
laissa Chevert dans cette place, avec une garnison de 1800 
hommes formés par détachements , indépendamment des 
malades et des convalescents. Malgré la faiblesse de Ci'tte 
garnison, Chevert tint dans Prague jusqu'au 26 du même 
mois, époque à laquelle il obtint la capitulation la plus 
honorable (2). Il sortit de cette ville, le 2 janvier 1743, a- 



(1) Au moment où l'on posait la première échelle pour cet assaut, Che- 
vert assembla les sergents de son détachement, et leur dit : • Mes amis , 
«vous éles tous braves, mais il me faut ici unérave à trois poiis (ce fu- 
»rent ses expressions;. Le voilà, ajouta-t-il, en s'adressant au nomme 
«Pascal, sergent au régiment d'Alsace. II lui donna l'ordre suivant : Vois- 
in tu ce renfoncement? lui dit- il, en lui montrant ]*»ng1e rentrant d*un 

• bastion, tu monteras par-là; on te criera : ffer da (qui-là) une fois, deux 

• fois , trois fois ; ne réponds pas, et avance toujours ; la sentinelle te met- 

• tra en joue, tirera, et- te manquera; tu fondras aassitôt sur elle, tu la 

• tueras , et je serai là pour te soutenir. • Tout se passa et rëuwit corn* 
me Chevert i^avait dit. 

(a) Chevert, se trouvant également pressé dans Prague par les habi- 
tants et par les assiégeants, sut contenir les uns et les autres, en menaçant^ 
si on ne lui accordait une capitulation honorable, de mettre le feu aux 



â38 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

vec sa garnison , les honneurs de la guerre 9 et deux pièces 
de canon. Les troupes furent conduites à Égra aux dépens 
de la reine de Hongrie , conformément à la capitulation , et 
Ghevert revint en France. Employé comme brigadier en Dau- 
phiné, par lettres du 1*' septembre 1743» il lit 9 par ordre 
du même jour, les fonctions de major-général des 14 ba- 
taillons qu'on joignit à Tarmée d'Espagne sous les ordres 
de l'infant don Philippe. Cette armée , après avoir campé 
pendant quelque temps à la Bersée» en partit 9 le 17 août, 
pour la Clfenal, où on arriva le 5 octobre. On y attaqua le 
château et le village du Pont, que les ennemis abandonnè- 
rent pour conserver les retranchements de Viilarette. On 
coucha trois nuits sur le champ de bataille; mais la neige 
«t les mauvais temps obligèrent Tarméegallo- espagnole de 
se retirer, le ro du même uioiSf en Dauphiué, où Chevert 
servit pendant Thivcr, par lettres du 1*' novembre. Em- 
ployé à Tarmée d'Italie, sous les ordres du prince de Gouti, 
par lettres du 1" février 1744» ^^ ^^ trouva au passage du 
Yar; à la prise des châteaux d'Apremont; à celle d'Utelie, 
de Nice , de Gaslelnovo, de la Scarenne et de la Turbie, au 
mois d'avril; à l'attaque des retranchements de Villefran- 
che et de Monlalban , dans la nuit du 19 au 20 du même 
mois; à la prise de Villefranche , le ai ; à celle du fort de 
Montalban , le 25; et de la citadelle de Villefranche , le a5. 
On le créa maréchal-de-camp 9 par brevet du 2 mai; mais 
cette promotion ne fut point déclarée à celte époque. Il se 
trouva au passage de la vallée de Sture et à la prise du châ* 
teau Dauphin, au mois de juillet. Ghevert et le bailli de 
Glvry escaladèrent, le 19 de ce mois, le roc sur lequel était 
bâti le château Dauphin; et, malgré l'artillerie des Piémon- 
tais et la présence du roi de Sardaigne, ils en atteignirent 
le sommet et l'emportèrent 9 après un combat sanglant qui 
coûta deux mille hommes aux assiégés et le double aux 



quatre coins de la ville et de s'ensevelir sous ses ruines. Sa fermeté bien 
connue imposa aux ennemis, et le prince de Lobkowîtz accorda la ea> 
pilulation demandée. 



i>Es GiNËRÀUx fbançàis. sZg 

assaillants fi). Déclaré maréchal -de-camp, le i*' août, il 
quitta la jfeutenance- colonelle du régiment de 9eauce , 
servit au siège de Demont, à celui de Coni , et se distingua 
particulièrement à la bataille qui se donna sous cette pla- 
ce. Il commanda pendant 'Thiver dans TEmbrunois, par 
îettres du i*' novembre. Employé à Tarmée d^Italie, par 
lettres du i*'avril 174^, il servit aux sièges du château d'Ac- 
qui, de S'irr.ivalle, de Tortone et de son château, à la 
prise de Plaisance, et à la soumission du Plaisantin, et du 
Parmesan. Il commanda, le 27 septembre, une colonne de 
troupes au combat de Rivaronne, où les Piémontais furent 
battus. Il investit ensuite Alexandrie ;'çommanda une faus- 
se attaque avec tant de succès qu^oii ouvrit la tranchée 
sans perdre juin seul homme , et servit au siège de celte pla- 
ce. Ils*empara« le 8 octobre, de la ville d*Asti; concourut 
à la prise de Casai , ainsi qu'à la soumission de tout le 
Montferrat, et passa Phiver en Italie. Il marcha, en 174^, 
an secours de Valence, dont on ne put empêcher la prise; 
au siège des ville et château d'Acqui; à la bataille de Plai- 
sance; au combat du Tidon, et finit la campagne sous les 
ordres du maréchal de Belle-Isle. Chargé de la défense de la 
Provence où les ennemis avaient pénétré, et d'où ils furent 
entièrement chassés au mois de mars 17479 Chevert de- 
meura sur la frontière de Provence, {usqu'à l'ouverture 
de la campagne. Employé à la même armée, par lettres du 
1*' juin 1747» îl ^ trouva, sous les ordres du maréchal de 
Belie-Isle, au passage du Yar, le 5 juin; au siège et à la 
prise de Montalban , de Nice, de Yillefranche, dans le mê- 
me mois; de Yintimille, le i**" juillet, et campa aux envi- 
rons de Nice jusqu'au mois d'octobre, époque à laquelle il 
marcha au secours de Yintimille, qui se trouvait alors blo- 



(i) L'acharnement fut égal de part et d'autre. Tous les défenseurs du 
château Dauphin furent tués, et il fallut en arracher le roi de Sardaigne , 
qui voulait périr dans les retranchements. Du côté des Français , le cou- 
rage et l'audace furent poussés au plus haut degré ; et Ton TÎt les grena- 
diers profiter du recul des pièces de l'artillerie ennemie pour pénétrer 
dans le fort par les embrasures. 



a^O DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

quée. Les ennemis furent attaqués et battus le âo octobre, 
et ou ravitailla Yintimille avant midi. Ghevert avait com* 
mandé la 4* colonne des troupes qui avaient pris part 
à cette affaire. Il fut employé sur la frontière 9 par lettres 
du 1" novçni^re , et y resta jusqu'au dernier jour de février 
1749* Créé lieutenant général des armées du roi, par pou- 
voir du 10 mai 174^9 ^^ "^ ^ut déclaré qu'au mois de dé- 
cembre. On remploya en qualité de lieutenant-général à 
Metz, par lettres du i*' juillet i^^g» Il commanda le camp 
de Saire-Louis du premier au dernier jour de septembre 
1753, par lettres du i3 juin précédent. Il obtînt une place 
de commandeur de Tordre de Saint-Louis, par pnovisions 
du a8 mars 1754. Il commanda, la même année, le camp 
de Sarre-Louis, par lettres du 1" août, et ensuite le camp 
de Ricbemont , du a6 août au 25 septembre 1755, par let« 
très du 5i juillet de cette dernière année. Toujours employé 
au pays Messin, il commanda Sarre-Louis pendant Tannée 
1766. Attaché à Tarmée d'Allemagne, par lettres du 1" 
mars 1767, il quitta Sarre-Louis, et joignit Tarmée à Dus- 
si'ldorff au mois de mai. Il commanda difiiérents détache- 
ments, avec lesquels il marcha toujours en avant, et s^em- 
para, le 1*' juillet , d'Herworden. 11 fit partie du détachement 
commandé par le duc d'Orléans, lorsque ce prince , à hx 
tète de cent compagnies de grenadiers et de tous les dra- 
gons, marcha à Winkelsem, et força les ennemis d'aban- 
donner leur position. A la bataille d'Hastembeck, gagnée, 
le 24 juillet 1767, par le maréchal d'Estrées sur le duc de 
Cumberland, Ghevert, à la léte des brigades de Picardie 
et d'Eu, et de 5o compagnies de grenadiers, attaqua la 
montagne de Nimérin qui formait la gauche des enne- 
mis (1). Après le combat le plus vif* il se rendit maître de 
cette montagne, en délogea les ennemis, et détermina ainsi 
le gain de la bataille. Il contribua ensuite à la conquête de 



(1) Prêt à marcher a celte attaque, Ghevert prit la main du marquas de 
Bréhaot , colonel de Picardie, l'un des hommes les plus braves des tVoU' 
pes du roi : m Mon ami , lui dit-il , jurez-moi, foi de gentilhomme, de pé- 
>>rir, avec tous les braves que vous commandez, plutôt que de reculer. • 



BES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 3t^i 

réleetoratd'Hanovre, et rentra en France après la capitu- 
lation de Cloftterseyern. Il obtint la permission de porter 
la décoration de grand'croix de Tordre de Saint-Louis, par 
lettres du u février 1758. Employé à l'armée d*AlIema- 
goe, par lettres du i6mars9 ilja joignit au mois de juin. 
Après la bataille de Crewelt, perdue par les Français, le 23 
jtiin, Chevert fut détaché de Cologne ponr se rendre à We- 
sel 9 où il ne put arriver que le 4 du mois d*août, à cause du 
débordement de toutes les rivières. Il attaqua, le 5, les en- 
nemis au pont de Rés : mais il fut repoussé avec perle 
de 194 hommes tués, 3oo blessés, et 6 pièces de canon, 
qu'on ne put emmener parce que tous les chevau]^ d'at- 
telage avaient été tués. Détaché dans les premiers 
jours du mois d'octobre suivant, avec 25 bataillons et 18 
escadrons, tirés de l'armée que commandait le maréchal 
de Conlades, il joignit sous Cassel, le 8 du même mois , 
l'armée commandée par le prince de Soubise; combattit , 
le 10, à la bataille de Luizelberg gagnée sur l'armée anglo* 
hanovrienne, et y fut chargé' de la principale attaque qu'il 
exécuta avec une grande valeur, et une intrépide fermeté. 
Après la défaite des ennemis, Chevert retourna, avec le 
corps de troupes (fu'il commandait , à l'armée du maréchal 
de Contades, qu'il joignit le 23 du m(^me mois , et où l'on 
se tint sur la défensive pendant le reste de la campagne. 
Chevert ayant obtenu de Louis XY la permission d'accepter 
du roi de Pologne, électeur de Saxe, l'ordre de l'Aigle-Blanc, 
il fut reçu chevalier de cet ordre, le 2 décembre, par le prin- 
ce Xavier de Saxe , qui lui remit en même temps une boîte 
d'or enrichie de diamans, et accompagnée d'une lettre du 
roi de Pologne , remplie de témoignages d'estime et de bien« 
veillance. Il fut employé en Flandre , par lettres du 1" mai 
1759, et y servit jusqu'au 3o avril 1760. Il continua de ser- 
vir sur les côtes de Flandre, par lettres du 1*' mai 1760^ 
jusqu'au 21 juillet, et passa alors sur les côtes de Norman* 
die , par lettres du même jour. Il eut un pouvoir, du i3 fé- 
vrier 1761, pour commander sui'lit Bas-Rhin, en l'absence, 
et en attendant Parrivée du prince de Soubise ; et il con- 
courut, par une diversion ava.atag^euse 1 à chasser les en- 

IV. 3i 



2^2 DICTIOIlNAIRE HISTORIQUE 

nemis jusqu'au-delà de la Hesse. Il fut employé à'V^. 
du maréchal de Soubise, par lettres du i** mai, et y co^ 
maoda, pendant la campagne » différents corps de troupes, 
qu'il conduisit toujours avec succès. Il avait obtenu le gou- 
vernement de BtUe-Isle, par provisions du la juin 1759; 
mais cette place ayant été prise par les Anglais, le roi lui 
donna en remplacement le gouvernement de Charlemont 
et de Givet« par provisions du 1*' août 1761. Il mourut à 
Paris, le a4 janvier 1769, à Page de 74 ans, et fut enterré 
dans l'église de Saint-Eustache (1) (a). {Chronologie miU- 
taire , tom, V^ pag, \(yS.) 

DB CHEVREUSE, voyez Albbrt. 

DE GHIMAT, voyez Alsace. 

DE GHIYRÉ (Henri) , marquis de la Barre, maréchal^ 
de-camp, fut pendant long- temps lieutenant-général de 
Fartillerie qu*il commanda aux différents sièges faits, soit 



(1) Voici l'épitaphe mise au bas du monument funèbre qui lui fut éle- 
Té : elle a été attribuée à Diderot : 

Sans ateuoD, sans fortune , sons appuis 

orphetin dès l'en fanes » 

a entra au service à l'âge de w ans ; 

il s'éleva , tnalt/ré l'envie, à forée de mérite , 

et chaque grade fut le priœ d'une action d*ccial» 

Le seul titre de maréchal de France 

a manqué, non pas à sa gloire , 

mais à l'eaMvnple de ceux qui le prendront pour nwdéle. 

(2) Ghevert était grand et bien fait; ses yeux étaient Tifs et pleins de 
feu. Il était doué de beaucoup d'esprit naturel , et parlait avec une gran- 
de facilité. Il avait avec les troupes ce ton confiant , exalté , et même un 
peu grivois qui plaît au soldat, sert à animer son courage , et l'excite à 
braver les plus grands dangers. Il possédait un talent rare pour les évolu- 
tions militaires, qui, de son temps, étaient fort négligées; et il se fit 
une réputation brillante et justement méritée par une étude et une prati- 
que constantes de la guerre, une exécution prompte» une râleur distin- 
guée et beaucoup d'actions d'éclat. 



DES GÉNÉRAUX FaikNÇÀIS. ^45 

en Allemagney soit en Flandre » depuis i63a jusqu^en 
i658. li fut créé maf échal - de - camp , le 5 avril iGSS, 
et commanda, la même année, Tartillerie au sié^e de 
Saint -Orner. Les lignes françaises ayant été attaquées 
par les ennemis, le 8 juillet, le marquis de la Barre fut 
chargé , par lé maréchal de Chatillon , de la défense de 
celles du marais, et eut pour cet effet looo hommes des 
régiments de Navarre et de Molondin. En voulant re- 
prendre une redoute que les ennemis avaient enlevée, 
il eut la cuisse cassée par un boulet de canon , et mourut 
de cette blessure, le lendemain 9 juillet. Il fut regretté 
comme un des meilleurs officiers du royaume , et le maré- 
chal de Chatillon rendit un hommage éclatant à sa mé- 
moire dans la lettre qu'il écrivit pour rendre cooipte de sa 
mort. Le roi réserva pour le fils du marquis de la Barre , 
très - jeune alors, la charge de lieutenant-général de. Tar- 
tillerie, et la lui donna, le 10 janvier i643* {Chronologie 
militaire ^ tom, FI, pag, 147») 

C HO ART (André) , mandais de Buzenval, lieutenarU-gê^ 
nêral, servait, depuis i65S, dans le régiment de cavalerie 
du cardinal Mazarin, commandé par le comte de la Feuil- 
lade, lorsqu^il y obtint une compagnie, par commission 
du 1 1 avril i65S. Il se trouva, la même année, au siège de 
Montmédi; à la bataille des Dunes, et aux sièges de Dun- 
kerque et de Gra vélines, en i658^ Sa compagnie ayant été 
licenciée, le 18 avril 1661, il en leva, par commission du 
7 décembre i665, une autre qui fut incorporée dans le ré- 
giment de Renel. Il se trouva, avec ce régiment, aux siè- 
ges et à la prise de Tournay, de Douai et de Lille, et leva , 
par commission du i5 janvier 1668, un régiment de ca- 
valerie qui, n'étant point encore entièrement formé lors 
de la paix conclue le a mai , fut licencié le a4 ^^ même 
mois. Le marquis de Buzenval fut fait capitaine en second 
dans la compagnie mes! re- de-camp du régiment de Renel, 
par ordre du 26. H rétablit son régiment, par lettres du 9 
août 1671 ; servit, en .1672 , aux sièges que fit M. le prince 
de Çundé) et finit la campagne en Allemagne ^ sous M. de 



^44 DIGTIOVXAIRE HISTORIQUE 

Turenne. Il continua de Aervir sons ce général , en 16^3 
et 16749 et combattît, celte dernièi*e année* à Sîntzheim 
et à Ensheim, où il rallia deux fois son régiment, aveo le- 
quel il chargea trois fois les ennemis. Il co^ubattit aussi à 
Mulhausen, et ensuite à Turckeim, le 6 janvier 1676. Il se 
démit, au mois d'avril suivant, de son régiment, et fut fait 
second sous-iieutenant de' la compagnie des gendarmes de 
la garde, à la création de cette place, par bievet du i3 
août. Il fut employé, en 1676, au siège de C onde. Créé 
brigadier, par brevet du a5 février 1677, il se trouva aux 
sièges et à U prise de Yalenciennes, de Cambrai et de sa 
citadelle; passa, au n}ois de mai, en Allemagne, soùs le 
maf échal de Créquy , et commanda la compagnie des geo - 
darmes et !^s chevaivjégers de la garde au combat de Ko- 
kesberg^ où il se distingua beaucoup. Il marcha ensuite 
au siège de Fribourg ; serait $uz sièges et à la prise de Gand 
et d*Ypres , en 167B, et passa en Allemagne, sous les ordres 
du maréchal de oré(;uy. Il étail^ en i684« à Tarmèe du roi, 
qui couvrit le siègf*. de Luxembourg. Créé maréchal-de- 
canip, par brevet du a4 août 1688, il combattit à Valcouit, 
sous le maréchal d'Humières, en 1689; fit la campagne 
de i6qo, en Allemagne, sous M. le dauphin; servit au siè- 
ge du Mons, en 1691 ; combattit à Leuse , la môme année; 
se trouva aux sièges et à la prise de Namur et de ses châ- 
teaux, et à la bataille de Steinkcrqué, le 3 août 169a. Pro- 
mu au grade de lieulcnanl-génèral des armées du roi, par 
pouvoir du 5o mars 1693 , il combattit à Neerwinde, le 39 
juillet., fit partie de la marche de Yignamout au pont d*£s- 
pierres, scus M. le dauphin, en 1694, et be trouva au 
bombardement de Bruxelles, sous le maréchal de Ville* 
roi, en 1695. Il continua de servir, en 169Ô et 1697, sous 
le même général, à l'armée de Flandre , qui n'entreprit 
rien. Il devint premier sous-lieutenant de la compagnie 
des gendarmes, à la mort du comte de Nouant, le 1'' août 
1698; fut employé au camp de Coudun près de Compiè- 
gne, par lettres du i3; se démit de sa iieulenance, au mois 
de mai 1701, et ne servit plus. Il avait été créé chevalier de 
Saint-Louis, en février 1694. Il mourut le 19 juillet 1717» 



DES G£NJb:àAUX FRANÇAIS. 2 45 

âgé de 80 ans. {Chronologie militaire, tom, IP^s péig. 56 1; 
Histoire de la maison du roi, par Vàhhé de Nœujville , t. I, 
pag, 457; Gazette de France, Mémoires du temps.) 

DB CHOISEUL (Clériadus), marquis de Lantfues, mare- 
chal-de-camp, issu de la branche des barons et marquis de 
Lanques, était capitaine au régiment de cavalerie de Condé, ' 
lorsqu'il en fut fait mestre-de-camp-lieutenant 9 par com- 
mission du 19 août 1645. Il le commanda à la prise d'HaiU 
bron et de Trêves , et au siège de Dunkerque, en 1G46; au 
siége.de Lérida, en 1647; à celui dTpres 9 et à la bataille 
de Leuse» en 16 '48: Il obtint le grade de maréchal-de- 
camp, par brevet du ao novembre i et servit au blocus de 
Paris, sous le prince de Coudé, en 1649* ^^ P"^* ^° iBSo, 
le parti de ce prince ^ et il le servait encore lorsqu'il mou- 
rut, au mois d'août i65a. (Chronologie militaire, tom, f^I, 
pag, a35; Gazette de France.) 

i>eCHOISEUL-STAïNVILLE (Etienne-François), duc de 
Choiseul , pair de France, colonel-général des Suisses et- 
Grisons , issu de la branche des barons de Beaupré , ducs 
de Choiseul, naquit le 2Sjuini7i9,etfutconnu d'abord sous 
le nom de marquis de Stainville. Il' fut fait lieutenant ré- 
formé à la suite du régiment Royal-Allemand cavalerie , par 
ordre du 4 juillet 1750; entra lieutenant en second, au ré- 
giment d'infanterie du Roi , le 34 février 1739; marcha en 
Bohème, avec ce régiment, au mois d'août 1741 ; se trou- 
va à la prise de Prague, au mois de novembre, et passa Thi- 
ver dans ce tte place. Il combattit à Sahay au mois de mai 1 742; 
contribua à la levée du siège de Frawemberg, par les enne-. 
mis; concourut à la défense de Prague; se trouva à plusieurs 
sorties , et rendit des services importants pendant ce siège. 
Il accompagna le maréchal de BeUe-Isle, lors de sa fameuse 
retraite de Prague , au mois de décembre de la même an- 
née , et rentra en France avec Tarmée , au mois de février 
1743. Colonel d'un régiment d'infanterie de son nom (de- 
puis Montmorency) , par commission du a 1 mai suivant , 
il le commanda à l'armée d'Italie , sous les ordres du prince 
de Conti, en 1744; ^ trouva au passage du Tar; à la 



I 





246 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

prise des châteaux d*Âspreinont et d'Utelle; à celles de Nice» 
Gastelnovo , de la Scarcone, de PégUa, de GastilloD el de 
la Turbie. Il servit 9 la même année 9 aux sièges et à la prise 
du fort de Montalban el de la citadelle de Yillefranche, au 
mois d*ayril ; à Tattaque des retranchements et à la prise du 
château Dauphin , au mois de îuillcl ; et aux sièges de De- 
mont et de Ceni. Il combattit avec distinction à la bataille 
qui se donna sous cette dernière place, au mois de sep* 
tembre ; marcha à la tète de son régiment ; et, aidé par U 
brigade de Lyonnais, il rompit une colonne des ennemis, 
la poussa jusqu*à une batterie dont il 8*empara, tourna 
cette batterie contre la colonne, et acht-va , par ce moyen, 
de la dissiper. Nommé colonel du régiment de Navar- 
re, par commission du i5 janvier 174^9 î' ^ démit du 
régiment qui portait son n'om, el commanda celui de [Na- 
varre, ÙL Tarmée du Bas-Rhin, sous les ordres d" prince de 
Conti. Il se distingua , le 19 juillet, au passage du Rhin, 
qui se fit en présence des ennemis. Il servit, eu 1 74^, sous 
les ordres du même prince, aux siége^^ de Mons et de Char- 
leroy , et fut envoyé à la cour pour porter au roi la nouvelle 
de la prise de cette dernière place, qui 8*èiait rendue le % 
août. Il arriva à Versailles le 4 9 et fut créé brigadier, par 
brevet du même jour. Employé en cette qualité, par lettres 
du 6, ii joignit Tarmée, et combattit à Raucoux, le 1 1 oc- 
tobre. Il servit a Tarmée de Flandre, par lettres du 1*' mai 
1 74/ 9 se trouva à la bataille de Lawfeld , et couvrit avec 
l'armée le siège de Berg-op-Zoom. Le roi de Pologne le 
nomma gouverneur des ville et château de Mirecourt et du 
pays des Vosges, par provisions données à Lunéville , le 14 
mars 174^; et il obtint du roi Louis XV la permission d'ac- 
cepter cette charge, par lettres du 19 du même mois. Em- 
ployé à l'armée de Flandre, par autres lettres du i5 avril > 
il servit au siège de Maestricht; obtint le grade de maré- 
chal-de-camp, le 10 mai; prêta serment, pour le gouver- 
nement de Mirecourt, le 18 juillet, et fît enregistrer ses 
provisions à la chambre des comptes de Lorraine, le 27. 
Déclaré maréchal-de camp, au mois de décembre suivant^ 
il se démit du régiment de Navarre > et obtint la charge do 



DES GENëAAUX français. 3^^ 

grand -bailli du pays des Vosges , par provisions du 26 août 
i^Si. Employé en qualité de maréchal-dec^amp au camp 
d'Aimeries, par lettres du i5 juin ijôS, il y servit du 1*" 
au dernier septembre, et fut nommé , au mois de novembre, 
ambassadeur extraordinaire à Rome. Désigné pour être che- 
valier des Ordres du roi, le i** janvier 1^56, îl eut la per- 
mission d'en porter len honneurs 9 par brevet du 2 février. 

11 fit son entrée à Rome le 28 mars suivant; en revint au 
commencement de Tannée 1757, et fut présenté au roi le 

12 février. Il fut nommé ambassadeur extraordinaire à 
^Vienne, au mois de mars de la même année; et on le reçut 

chevalier des Ordres, le 29 mai. 11 prit congé du roi le ^29 
juillet; arriva, le 20 août, à Vienne, où il eut, le 24, ses 
premières audiences de Tempereur et de Timpératrice rei- 
ne de Hongrie, et cimenta une alliance entre les cours de 
France et d'Autriche. Le roi érip;ea , en sa faveur, la terre 
de Stainville en duché sous le nom de Ghoiseul , par lettres 
données à Versailles, au mois de novembre t 758, registrées 
au parlement, le 29 du même mois : il prit alors le nom' dé 
duc de Chojseul. Nommé ministre et secrétaire -d'état au 
département des affaires étrangères 9 en remplacement 
du cardinal de Bernis, par provisions du 3 décembre de la 
même année, il prit séance au conseil d'état, te 10 du mê- 
me* mois. Il fut créé pair de France, par lettres du même 
jour, registrées, le 22 janvier 1769, au parlemetit, où on 
le reçut le 26 du même mois. On le nomma lieutenant-gé- 
néral, par provisions du 17 décembre 1759. Il obtint le 
gouvernement-général deTouraine, vacant par la mort du 
comte de Charolais, par provisions du 27 juillet 17Ô0, et 
prêta serment,en cette qualité, le 3o. Il eut lacharge de sur- 
intendant-général des courriers, postes et relais de France, 
par provisions du 28 août de la même année. On lui donna , 
le département de la guerre, le 27 janvier 1761, et celui 
de la marine, le i3 octobre suivant. Il remit alors le porte- 
feuille des affaires étrangères au duc César Gabriel de Ghoi- 
seul -Praslin , son cousin , et conserva cependant, par ordre 
du roi, la correspondance avec les cours d'Espagne et de 
Portugal. Il se démit en niême temps de la charge de se- 



2L^d DICTIONNAIRE UISTORIQUE 

crélaire-d'ëta.t qu*il possédait, et fut pourvu de celle qui 
vaquait depuis la mort du maréchal de Belle-Isle 9 par pro- 
visions du même jour 1 5 octobre. On doit à son zèle pour 
la famille royale le pacte de famille, signé enire ItS diffé- 
rentes branches de la maison royale des Bourbons, le i5 
août 1761, et ratifié le 8 septembre suivant. Leroid'Espagoe, 
pour lui donner un témoignage public de sa satisfaction à 
cet égard, le nomma chevalier de Tordre de la Toison-d'Or, 
dont il reçut la décoration des mains de M. le dauphin, le 
3 janvier 177a. Le duc de Choiscul fut pourvu de la charge 
de colonel-général des Sui-ises et Grisofis, sur la démission 
du comte d'Eu, par provisions données à Versailles le a4 
février suivant. II prêta serment, et fuj reçu , eu cette qua* 
lité, à la tête des gardes-suisses, le 4 mars. Vers cette épo- 
que , le duc de Ghoiseul était parvenu à la plus haute fa- 
veur auprès du roi Louis XY ; et, sans avoir le titre de pre- 
mier minisire, il en avait toutes les attributions, et diri- 
geait toutes les affaires. Il concourut, en 1764* à Texpol- 
sion des jésuites, en se réunissant à cet égard aux par- 
lements, qui la demandaient (1). £n 1768, il ménagea 
la réunion de la Corse à la France, et obtint, par un 
traité signé le i5 mai de la même année, que les troupes 
de la république génoise missent Tîle de Corse à la dispo- 
sition de la France. L*é(lit de réunion de la Corse à la 
France fut rendu le i5 août suivant. Le duc de Choiseul 
s^étant déclaré Tappui des parlements, à roccasion de ce 
qu'on appela dans le temps V affaire de Bretagne , affaire 
dans laquelle le duc d'Aiguillon était impliqué, il fut exilé, 
le 24 décembre 1770, dans sa terre de Chanteloup, où il 



(1) Le dauphin, père de Louis XYI et de S. M. Louis XVIII, actuelle- 
ment régnant, protégeait ouTcrtement l'ordre des jésuites, et fit des re- 
présentations au roi au sujet de leur expulsion. Le dauphin ayant remis à 
Louis XV un Mémoire contre le duc de Ghoiseul, ce monarque autorisa 
le ministte à expliquer lui-même sa conduite au prince. Dans le cours de 
celte explication, le duc de Ghoiseul eut la coupable hardiesse de dire an 
dauphin : « Qu'il pourrait avoir le malheur de devenir son sujet, mais 
n qu'il ne serait jamais son serviteur. » 



D£S G£N£BAUX i-BÀNÇÀIS. 2j\g 

resta jusqu^en 1774 (0* ^ cette dernière époque^ Louis XVI, 
étant monté sur le trône de France 9 accorda au duc de 
Çhoiseul la permission de reparaître à la cour : rex-miois-. 
tre n'eut cependant aucune .part aux affaires. Il mourut au 
mois de mars 1785. {Chronologie miUtaite, iom. f^ypag* 
(585 } Gazette de France , Biographie universelle , ancienne 
et moderne j toni, f^lll, pag. 45p> Histoire de France, par 
AnquetiL) 

DE ÇHOISEUL -STAINVILLE (Jacques) 9 comte, puis 
marquis de Stainville, maréchal de France , servit, dès sa 
jeunesse, dans les troupes de Timpératrice , reine de Hon- 
grie et de Bohême. Après avoir été capitaine de dragons « 
il fut fait commandeur de Tordre de S<»int- Etienne de Tos- 
cane , chambellan de l'empereur, et colonel du régiment 
des chevau-légers de Lowenstein. La distinction aveo la- 
quelle il combattit dans différentes batailles, tous le baron 
de^jaudon et le maréchal de Daui^ lui mérita le grade de 
général -major, au mois de février 1759, et celui de lieute- 
nant-feld-maréchal , au mois de novembre de laméme an- 
née. Il prit congé de l'empereur et de l'impératricQ , le a5 
avril, 1760 et leur renoiit ses emplois militaires, pour entrer 
au service du roi de France , auquel il fut présenté le 1 1 
mai, et qui le créa lieutenant-général de ses armées, par 
pouvoir du 18, avec des lettres de service, du même jour, 
pour Turmée d'Allemagne. Le eomte de Stainville couvrit, 
avec un corps considérable, la droite de la marche de l'ar- 
mée spr Corback, et fit l'arrière -garde le jour de l'action 
du 10 juillet. Détaché le 14 du même mois, il alla prendre 
le commandement de toutes les. troupes qui étaient restées 
du côté de Franckenberg et de Blarbourg, afin d'assurer les 



(1) Le duc de Ghoiseul fut de tous Icf miniktres deliouii XV celui qut 
ce prince aima le plus^ Le roi conserva toujours une haute opinion des 
talents de ce ministre , et gémit souvent en secret de la fublesse qui U 
lui avait fait éloigner. Il s'écria, en apprenant le partage de la Pologne, 
en 177a : « Ah 1 cela ne serait point arrivé, si Ghoiseul eût été encore ici. * 
{Biographie uniwneUûy tom» VIII, pag. 4^0 

IV. 3 a 



j5o dictionnaire historique 

communications et de resserrer les ennemût. Le a5, il atta-« 
qua, conjointement avec le comte de Lusace, les détache- 
ments des ennemis qui se trouvaient à la droite de TEder : 
ces délachements turent obligés de repasser la rivière dans 
le plus grand désordre, et on leur fit plusieurs prisonniers. 
Chargé de faire le siège de Ziegenhain, il en commen- 
ça Tat laque le 5 août; s'empara, le lo, de cette place, 
et obligea les 760 hommes 9 qui en formaient la garni- 
son , de se rendre prisonniers de guerre. Les ennemis 
ayant fait marcher suf Marbourg un corps de 6000 hom- 
mes, commandé par les généraux Bulow et Fersen, le 
comte de Stainville partit, le 12 septembre, de Merdcn- 
hagen , avec un corps de troupes, pour se porter sur celui 
des ennemis, et lui couper toute retraite. Il arriva, le mê- 
me jour, à Marienhagen , où il Ht trente prisonniers d^un 
de leurs détachements , qui se retirait de Marbourg à Franc- 
Lenberg. Il apprit alors que les ennemis n'avaient pu se 
rendre maîtres du chd^u de Marbourg , et qu*après avoir 
fait quelques dégâts dans la ville , ils se retiraient sur Franc- 
Lenberg. D'après cet avis, il se porta, dès le i5, vers Ea- 
dern ; trouva les ennemis en bataille à une demi-lieue de 
cette ville; les attaqua, et les obligea d'abandonner une 
hauteur avantageuse dont ils étaient les maîtres. Il les força 
ensuite de se retirer par Munden, en les chassant de hau- 
teur en hauteur. 11 leur prit 5 pièces de canon sur celle de 
Hallenberg, et 5 dans la plaine. Les ennemis perdirent en 
outre, dans cette journée, 400 prisonniers, dont plusieurs 
officiers, et tous leurs bagages. On dut- à l'activité et à la 
célérité que le comte de Stainville mit dans cette attaque, 
d'empêcher que le prince héréditaire arrivât assez tôt pour 
dégager le général Bulovir. Le comte de Stainville, ayani 
été détaché, le i5 octobre, se porta par Nordhausen, 
Hartskerode et Quediimbourg, jusqu^à Halberstadt, qu'il 
mit à contribution. Il attaqua, près d'Ëmbsleben, 5oo 
hommes qui s'y étaient retranchés; les força; leur fit 
]5o prisonniers , et rejoignit rannéé avec les otages 
qu'il avait enlevés pour la sûreté des contributions. Il 
alla ensuite commander à Gotha. Il attaqua, le a6 jan- 



DES GÉNEKAUX FRANÇAIS* 5^5 r 

vier 1761 9 les quartiers de Kendelbruck , Ëbelen et Sun- 
dershausen , occupés par des troupes prussienues ; les, 
enleva ; s'empara de Saçhsenibourg, et y fit 5.oo prison- 
niers de guerre, parmi lesquels se trouvaient plusieurs offi- 
ciers et un major*commandant des compagnies franches. 
Les ennemis ayant rassemblé, leur armée, au. mois de fé- 
vrier suivant, le comte de Stainville marcha d'abord sur 
£yreden; dégagea le marquis de Saint-Pern; se retira sur 
Vacha ; battit les ennemis qui attaquèrent son arrière-garde; 
leur prit un étendard^ et les obligea de se retirer. Il se replia 
ensuite sur Fulde, avec toute Tarmée, qui se rallia aux en- 
virons de Friedberg dans les premiers jours du mois de mars. 
On commença , le la du même mois, à marcher eu avant. 
Le comte de Stainville fut nommé inspecteur-commandant 
du régiment des grenadiers de France 9 et inspecteur-géné- 
ral de l'infanterie , par commission du i5. Il commanda le 
corps de troupes qui couvrit l'armée, et occupa .tous les 
postes de la Haute-Nidda. Il marcha , le 16 , aux ennemis; 
les attaqua , le ai ; fit abandonner au prince héréditaire les 
hauteurs de Sangenrode, qu'il occupait avec i5op hommes; 
prit i5 pièces de canon, 19 drapeaux et plus de aooo hom* 
mes. Il s'établit ensuite à Grîmberg et à Lich^ où il resta 
jusqu'à l'entière retraite des ennemis. Il vint à la cour , où 
le roi le reçut chevalier de l'ordre de SaintTLouis, le a6 
avril. Employé à l'armée du Haut- Rhin, par lettres du 1*' 
mai 9 il emporta , le i5 juillet , le château de Nagel , après 
un combat des plus vifs, et qui ne cessa qu'à cause de la 
nuit. Il se trouva, le lendemain 16, à l'affaire de Filinghau- 
sen. Il commanda ensuite un corps considérable de trou- 
pes ; occupa la Dymel , puis campa aux environs de Cassel, 
où les troupes qui avaient été détachées du Bas-Rhin , sous 
les ordres du matquis de Lévis, vinrent le joindre. Les en- 
nemis s'étaut portés ^usqu^à Geismar et Hohenkirchen , le 
comte de Stainville marcha contre eux, leur fit abandonner 
Hohenkirchen et Geismar; les obligea de repasser la Dymel; 
occupa le camp de Hohenkirchen, et prit le commandement 
de toute la Hesse pendant le séjour de l'armée au. camp 
d'Embeck. Il fit attaquer, le 5 septembre, le château de 



252 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Sabbaborg par.le baron de Closeii, qui s'en empara. Il prit 
des mesures si bien concertées, que le prince Ferdinand 
n*08a l'attaquer dans le camp i:etranché de Gassel, où il 
sVtait replié à son approche. Il quitta ensuite les environs 
de Cassel, et se porta, avec le corps qu'il commandait, à la 
droite de Tarmée, dont il fit i'arrière-garde , lorsqu'elle 
quitta le camp crEmbeck pour se rapprocher de ses quar- 
tiers d*hiver. Il fut créé maréchal de France, le i3 juin 

1785, et chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, le 1*' janvier 

1786. Il figurait encore dans la liste des maréchaux de 
France employés en 1 789 ; mais on ne Ty trouve plus por- 
té en 1790, ce qui fait présumer qu'à cette dernière épo- 
que il n'existait plus. ( Chronologie militaire, tome P^y 
pag» Qcfj\ Gazette de France, états militaires») 

DE CHOISEUL-STAINYILLE (Glaude-César-Antoine- 
Gabriel, duc^ , pair de France, lieutenant^énéral , parent 
du précédent , était colonel du régiment Royal- Dragons, 
en 1791. Le roi Louis XVI ayant résolu h cette époque de 
quitter Paris , afin de se soustraire à la tyrannie du parti 
révolutionnaire , le duc de Choiseul eut ordre de protéger 
avec son régiment le passage du monarque à Varennes. 
Par l'effet d*un malentendu, ce régiment éprouva quel- 
ques retards, et ne put arriver à temps au poste qui lui 
avait été assigné. Le roi ayant été forcé de revenir dans sa 
capitale, le duc de Choiseul fut arrêté, emprisonné d'abord 
à Verdun , puis transféré à Orléans, où il ne fut mis en li- 
berté qu'à la favenr de l'amnistie qui fut proclamée , lors- 
que le roi eut accepté la constitution. Il revint alors près 
de son souverain, dont il partagea tous les dangers, notam- 
ment à la journée du 10 août 179a , et qu'il ne quitta que 
lorsque l'infortuné monarque fut conduit dans la prison 
du Temple. A cette dernière époque , le duc de Choiseul 
émigra, et leva un régiment de hussards au service du 
gouvernement britannique. En passant d'Allemagne en 
Angleterre, il fut pris par les républicains, et eut encore 
cette fois le bonheur d'échapper à ses ennemis; mais le 
bâtiment, sur- lequel il se trouvait avec plusieurs autres 



DES GiNittAUX FRANÇAIS. 2 53 

émigrés, ayant échoué quelque temps après sur les côtes 
de Picardie 9 le duc de Ghoiseul fut arrêté et traduit de- 
vant une con^mission militaire. Le droit des gens et celui 
de l'humanité se réunissant en faveur des naufragés , la 
procédure dirigée contre le duc de Ghoiseul et ses compa- 
gnons d'infortune fut long-temps suspendue et reprise à 
de longs intervalles. Enfui Napoléon Buonaparte^ devenu 
premier consul, en i8oo , fit déporter sur les frontières de 
la Hollande tous les individus impliqués dans ce procès. 
Le duc de Ghoiseul, ayant obtenu quelque tenips' après la 
permission de rentrer en France, y vécut paisiblement 
dans ses propriétés, situées à Hoiinecourt, département 
des Vosges. Il fut nommé maire de cette commune , et 
membre du conseii-général du département. Après la res- 
tauration du trône des Bourbons, le duc de Ghoiseul fut 
créé pair de France, le 4'i"în i8i4; lieutenant-général, 
le 29, du même mois, et chevalier de la Légion -d'Hon- 
neur, le 19 septembre suivant. Il remplaça, aU'moisde 
décembre de la même année, le dqc de Ghoiseul-Praslin, 
son cousin , dans le commandement de la i** légion de la 
garde nationale parisienne. Lors de l'invasion de Buona- 
parte, en mars 181 5, le duc de Ghoiseul suivit le roi à 
Gand. Rentré en France, dans la même année, à la suite 
de ce monarqite, il fut choisi par S. M. pour présider le 
collège électoral du département des Vosges. Il fut nommé 
secrétaire de la chambre des pairs, Me la octobre 18 15, et 
y prononça un discours, le 28 février 1816, lors de la pré« 
sentation du testament de la feue reine, Marie-Antoinette. 
[Etats militaires, Moniteur , annales du temps,) 

DE GHOISEUL-BEAUPRÉ (François- Martial, comte), 
lieutenant-général , et issu de la branche des seigneurs de 
Sommeville, naquit le 8 octobre 1717. Après avoir servi 
pendant quelques années,, il obtint une compagnie dans 
le régiment des gardes lorraines, à sa création, le 1*' mai 
1740* Il quitta cette compagnie pour prendre celle qui lui 
fut accordée, le 25 juillet 174^, dans le régiment de cava- 
lerie du prince Gamille. Il la commanda, la même année, 



a 54 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

aux sièges de Menin et dTpres, et au camp de Dixniiide* 
pendant le siège de Furnes ; au camp de Courtray, en 1744» 
à la bataille de Fontenoy; aux sièges des ville et citadelle de 
Toumay, et à ceux de Dendermondc, et d'Altijcn 1 745. Deve- 
nu colonel du régiment dMnfaulerie de Flandre, par com- 
mission du 7 juin 174^9 îl Talla joindre dans le comté de 
Nice, et contribua à chasser les ennemis de la Provence, 
en janvier et février 1747* Détaché, la même année, pour 
conduire un corps de troupes en Corse, il marcha contre 
les rebelles, et les obligea de lever le siège de la'Bastie, et 
de se disperser. Il rejoignit Tarmée d^Italie, au mois d*oc- 
tobre, et fut créé brigadier, par brevet du 19 du même 
mois. Il passa ensuite à Gènes , et se distingua à la défen- 
se des postes des environs de cette place , au commence- 
ment de Tannée 1768. Le comte de Choiseul obtint une 
place de menia de Ai. le dauphin, le 19 avril 1751. Il eut 
une place de colonel surnuméraire dans le régiment des 
grenadiers de France, le 5 décembre de 1^ même année, 
en se démettant de son régiment, et on lui donna, le mê- 
me jour, une place d'inspecteur- général surnuméraire de 
rinianterie. Il fut pourvu d*une place de colonel en pied 
dans les grenadiers de France, le 3o mai 1752* et d'une 
place d*inspectcur- général de Tinfanterie , à la mort de 
M. de Salières, par commission du i"mar» 1756. Il obtint 
le grade de maréchal-de-cauip, le 10 février 1769 , en quit- 
tant les grenadiers de* France, et il fit en cette qualité les 
campagnes d'Allemagne, en 1760, 1761 et 1762. On le créa 
lieutenant-général des armées du roi, le 25 juillet de cette 
dernière année, commandeur de Tordre royal et militaire 
de Saint- Louis , le 25 août 1779, ^' grand'croix du même 
ordre, le 25 août 1781. [Chronologie militaire, tom. FI, 
pag. 56; Gazette de France, états militaires.) 

DE CHOISEUL (Charles- Antoine-Etienne, marquis), 
lieutenant- général y neveu du précédent, naquit à Saint- 
Domingue , le 10 juillet 1759. Il avait été lieutenant de 
roi dans cette tle, lorsqu'il fut fait chevalier de Tordre 
royal et militaire de Saint-Louis, en 1765. On le créa bri- 



DES GENERAUX FRANÇAIS. â55 

gadier, le la novembre 1768. Il obtint le grade de maré- 
chal- de-camp, le 1" mars 1780, et celui de lieutenant- 
gc^tiéral, le. ... « . k On le trouve porté dans le tableau 
des pensions inscrites au trésor public , à la date du 1*' 
septembre 1817, pour la- retraite du grade de lieutenant- 
général , après 68 ans 9 mois et ao jours de service. [Etats 
militaires.) 

DB CUOISEUL (Jacques* Franco! ji), marquis de Beaupré, 
maréclial'dt^camp , issu dé la branche des seigneurs d*AiU 
lecourt, entra au service, eu 1647, comme cornette dans 
la compagnie que son père avait au régiment de cavalerie 
d'Orléans. Il se trouva au siège dTpres et à la bataille de 
Lens^n 164B, et-oblint , au mois de décembre de cette der- 
nière année, la compagnie de son père. Il la commanda 
au blocus de Paris; au siège de Cambray, et à la prise de 
Condé, en 1649; ^ '^ bataille de Retliel, en i65o; et à Tar- 
mée de Flandre , jusqu'à la paix des Pyrénées. Il devint pre- 
mier capît.nine et major de son régiment, en 1659. Ce ré- 
giment ayant été licencié par ordre du i3 février 1660, le 
marquis de Beaupré fut entretenu capitaine réformé. Il le- 
va, par commission du 6 décembre i663 , une compagnie 
de chfvau- légers, qui fut réformée en 1664. ^^ ^^ leva, le 
7 décembre i665, une autre , que Ton incorpora dans le ré- 
giment de Canaples, dont il obtint la majorité, par brevet 
du 10 juin 1666. Il servit en sa qualité de major aux siè- 
ges de Tournay, de Douai et de Lille, en 1667. ^^ ^^^^ 9 P^r 
commission du 8 juillet de cette dernière année, un régi- 
ment 4|p cavalerie de son nom (depuis Olermout-Prince), 
qu'il commanda à la conquête- de la Franche-Comté, en 
j668, et qvii fut licencié par ordre du 24 mai de cette mê- 
me année. Le marquis de Beaupré fut conservé capitaine 
en second de la compagnie de Biigny, par ordre du 26 mai. 
Il rétablit son régiment de cavalerie, le 9 août 1671, et le 
commanda aux sièges d'Orsoy, de Rhimberg et de Does- 
bourg, et au passage du Rhin, eu 1672. Il passa ensuite 
sous les ordres de M. de Turenne; y servit aux sièges de Ni- 
mègue et de bommel, et concourut à la prise de plusieurs 



â56 JDICnONNÀIRE HISTORIQUE 

places de Télectorat de Brandebourg, aux mois de îanvier et 
février 1673. 11 combattit à-Sintcheim, Enlzheim et Mul- 

hauscn, en 1674 9 et à Turckeim, le 5 îanvier 1675. Créé 

I 

brigadier 9 le 12 mars de cette dernière année, il continua 
de servir à Tarmée d'Allemagne sous le maréchal de Ta- 
renne; combattit à Altenheim (après la mort de ce maré- 
chal); y rallia 4 escadrons qui s*étaient rompus en pour* 
suivant les ennemis, et contribua, sous les ordres da prin- 
ce de Condé, à faire lever les sièges de Saverne et de Ha- 
guenau par les ennemis, qui furent chassés au-delà du 
Rhin. Il avait été blessé dans un Combat livré, le i5 juiiiy 
près d*Haguenau , aux troupes allemandes et lorraines. Em- 
ployé à Tarmée d'Allemagne, sous le maréchal de Luxem- 
bourg, par lettres du 10 mars 1676, il eut un chevAl tué 
sous lui au combat de KoLesberg. Il servit, sous Ijb maré- 
chal de Créquy, au siège de Fribourg, en 1677;' concourut 
à la défaite du prince Charles de Lorraine; marcha aux 
sièges de Kehl et du chdteau de Lichtemberg, en 1678; et 
fut employé au corps de troupes qui campa sur la Sarre en 
1679. ^^ ^^^ nommé lieutenant-général du gouvernement 
de Champagne, au département dç Chaumonty Yitry et 
Saint-Dizier, par provisions du a4 décembre 1680. Il com- 
manda le camp de la Basse^Alsace , sous le marquis de 
Montclar, par ordre du 28 avril 1681, et. fut créé inspec- 
teur-général de la cavalerie, le 27 août suivant. Employé 
comme brigadier de cavalerie, au camp de la Saône, par 
lettres du 28 avril iG85, il y obtint le brevet de maréchal- 
de-camp , par brevet du 29 juillet suivant. On lui donna 
dans le même temps le gouvernement des ville et qj^teau 
de Dinan. Il se démit de son régiment , en faveur du duc 
de Chartres, au mois de févvier i684* Le marquis de Beau- 
pré possédait encore son inspection générale de la cavale- 
rie, et la lieutenauce-généraledu gouvernement de Cham- 
pagne,, lorsqu'il mourut en juin 1686. [Chronologie mili- 
taire, tom, VI , ffûg, 4^^; mémoirGs du temps. Gazette de 
France.) 



J>£9 GSNiRAUX FRANÇAIS. d57 

DE CHOISEU L - BEAUPRÉ (Antoine - Cleriadu») » comte 
de Ckoiseul , lieutenant-génércU y fils du précédent, naquit 
le 16 mars 1664* Il entra aulT mousquetaires en i685; de- 
vint lieiàilenant au régiment du Roi 9 en 16849 €t servit à 
Tarmée qui couvrit te siège de Luxembourg. Il obtint la 
charge de Ueutenant-général en Chaaipagoe, au départe* 
ment de Chaumont y Vitry et Saint-Dizief 9 k la mort de son 
pèire, par provisions données à Versailles le 1^5 juin 1686 , 
registréesau parlement le 6 août suivant. lise trouva auxsiér 
ges et à la prise de Philisbourg, de Manheimi et dç Fr^kenr 
daly en 1688; fut fait capitaine au régiment du Roi, par 
commission du 19 mars 1689, ^ servit à l'armée d*AUer 
magne sous le maréchal de Lorges. Il OQ^ibattil: à Fteurus» 
en i6qo; fut employé au siège de Alons;.se trouva au com^-r 
bat de Leuse, en 1691; au siège et à la prise des ville 
et châteaux de Namur; au combat de SteinLerque et 
au bombardement^ de Cbarleroy, en 169a. On lui don- 
na le régiment d'infanterie d'Agénois^, lors de sa forma- 
tion , par commission du 14 octobre de la même année. 
Il commanda ce régiment à Fanùée d'Allemagne , soui 
les maréchaux de Lorges et de Choiseul, en 1695 et 
1694; à l'armée de FlandrOyen 1696 et 1696 ; à l'armée de la 
Lys, sous le mafréchal deCatinat, en 1697} et se trouva au 
siège d'Àth. Il servK A l'armée de Flandre^ eii 1709; passa, 
au mois de septembre^ sous les ordres du marquis de Viilars^ 
en Allemagne, etcombattit à Fridelingen, le 14 octobre. Gréé 
brigadieri par brevet du ii3 décembre suivant ^ et employé 
à l'armée de Bavière sous le maréchal de Villafs, en 1708, 
il se trouva au siège de Kehl ; à TattaMpie des lignes de Sto- 
Miefien; au combat de Munderkliigen ; à la bataille d^Hoch- 
stedtetàlaprise de Kempten. Employé à la même armée, 
sous le maréchal de Marchin^ en 1704 9 il combattit à la 
seconde bataille d'Hochstedt; obtint le grade de maréchal- 
de-camp, par brevet du 26 octobre, et se démit du régi- 
ment d' Agénois. il servit à l'armée du Rhin , sous le maré- 
chal de Marchin , en 1706. Etant passé en Italie, il s'y trou- 
va à la bataille de Galcinatb; au siège et au combat sous 
Turin, en 1706. Employé ^Tarmée d'Espagne, par lettres 



â58 BICTIONNAIKE HISTORIQUE 

du 4 3V>*î^ 17079 il combattit à Almanza; concoarut à la 
prise de plusieurs places du royaume de Valence ; servit au 
siège et à la prise des château' ei ville de Lérida (1) , et au 
siège de Tortose, en 1708. II continua de servir à la même 
armée sous le maréchal de Bellefouds , qui se tint sur la 
défensive 9 en 1709. Il fut employé à Tarmée de Flandre » 
sous les maréchaux de Yillars et de Montesquiou, en 1710, 
1711 et 171 2 ; et se trouva , cette dernière année , à Taffaire 
de Denain et aux sièges de Douay, du Quesnoy et de Bou- 
chaiu. Il marcha au secours de Gironne, en 1715, et fut 
employé au siège de Barcelonne, en 1714. Créé lieutenant- 
général des armées du roi, par pouvoir du 8 mars 1718, il 
ne servit point en cette qualité , et mourut dans son château 
d^Aillecourt , le 19 mai 1726, âgé de 62 ans. (C^rorao/o^e 
militaire, tom» p^,pag, 12; mémoires du temps. Gazette de 
France*) 

DE CHOISEUL-BEAUPRÉ (Charles-Marie) , marquis de 
Choiseul, lieutenant-général, fils du précédent» naquit le 
8 septembre 1698. Il fut successivement lieutenant réformé 
à la suite du régiment de cavalerie d*Orléans, le 17 août 
1716, et capitaine réformé au même régiment, 16.29 juin 
1718. Il obtint la charge de lieutenant-général en Cham-» 
pagne, au département de Chaumont, Yitry et Saint-Di- 
zier, en survivance de son père, par provisions du 3o mars 
1721. On le fit mestre-de-camp réformé dans le régiment 
d*Orléans cavalerie, par commission du 22 juin 1722; gui- 
don de la compagnie des gendarmes d'Orléans, par brevet 
du i5 octobre 1726; enseigne de la même compagnie, le 28 
janvier 1750; et sous-lieutenant de la compagnie des gen- 
darmes écossais, le 25 juillet 1755. Il servit, cette dernière 
année, au siège de Kefal , et à Tattaque des lignes d*£llia~ 



(1) On lit dans YHUtoire des Orands-O/pciers de ia, Couronne, to- 
me IVt pag. 843, que le comte de Choiseul repoussa les ennemis prè« 
d'Offembonrg, le 17 septembre 1707. Le Père Anselme a confondu le 
comte de Ghoiseul-Traves , beau-frère du maréchal de Villars, avec le 
eomt« de Ghoiteul- Beaupré, qui servait alô» eo Espagne. 



\ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. dS^ 

gen ; au siège de Philisbourg y en 17549 et à Taffaire de Glau- 
sen, en 1755. 11 fut fait capitaioe-lteulenant de la compa- 
gnie des chevau-légers de Bretagne , par commission du 
1" juin 1739; brigadier de cavalerie, par brevet du 1" jan- 
vier 1740; capitaine-b'eutenant de la compagnie des gen-> 
darmes de la reine 9 pai* provisions du 21 février 1741 ; et 
se démit alors de la compagnie des chevau-légers de Breta- 
gne. Il marcha, au mois de septembre suivant, avec la 
gendarmerie, en Westphalie, où il passa Thiver, et d*où il 
alla, au mois d'août 174^» sur les frontières de Bohème. 
Après plusieurs escarmouches, qu'on essuya dans les défin- 
ies et les gorges de rentrée de ce royaume, Tarmée fran- 
çaise se retira sur la frontière de la Bavière, et le marquis 
de Choiseul rentra en France, avec la gendarmerie, au 
mois de janvier 174^. Il servit, la même année, sur le Rhin,, 
sous les ordres du maréchal de Noailles; finit la campagne 
en Haute-Alsace, sous le maréchal de Goigny; et fut em- 
ployé à Tarmée du Rhin, sous le même maréchal, par let- 
tres du 1*' avril 1744* Promu au grade de marécbal-de- 
camp, le a mai suivant, il concourut , comme brigadier, à 
la reprise de Weissembourg et des lignes de la Lautern , et 
se trouva à Tafiaire d'Haguenau et au siège de Fribourg. 
Déclaré maréchal- de-camp, £^u mois de décembre, il se 
démit de la compagnie des gendarmes de la reine; fut em- 
ployé à l'armée d'Italie, par lettres du 1*' avril 1745, et se 
trouva au passage des Alpes, par la vallée de Spino; aux 
sièges et à la prise d'Acqui ,. de Saravalle , des ville et châ- 
teau de Tortone, de Plaisance, de Pavie, d'Alexandrie, de 
Valence, d'Asti, de Casai, et au combat de Rivarone. Il 
passa l'hiver à Asti, où. il fut fait prisonnier de guerre avec 
toute la garnison , le 4 mars 174J^* Ayant été échangé, ea 
1747, il se rendit en Provence le 20 mai; fut employé à 
l'armée de la frontière du Piéndont, par lettres du 1" juin; 
se trouva au passage du Var; à l'attaque des retranchements 
de Montalban et de Ylllefranche ; à la prise de ces places et 
de Vintimille, et au ravitaillement de celle dernière place, 
dans le courant d'octobre. Créé lieutenant-général des ar- 
mées du roi, par poi^voir du 10 mai 174^^ il fut employé 



j6o nicTioimÀiaE historique 

comme maréchal -de-camp à i*armée d'Italie , da i** fuin 
au dernier août, et fut déclaré lieutenaut-général au moii 
de décembre suivant. On l'employa dans cette qualité, en 
Lorraine, par lettres du i^' mai 1761. Il mourût le 9 dé- 
cembre 1769. {Chronologie militaire , tom, -V j p^» A^A} 
Gazette de France, mémoires du temps,) 

DE CHOISEUL- BEAUPRÉ (Marie- Gabriel-Florent- Au- 
guste, comte), petit-fils du précédent, naquit le 27 septem- 
bre 1752.II fut nommé maréchal-de-camp, le 8 juillet 181 5| 
et employé en cette qualité dans Tétat-major-général de la 
'garde nationale : il avait été créé ofiBcier de laLégion-d'Hon- 
neur, le 1*' septembre 1814* (Etats militaires,) 

DE CHOISEUL - BEAUPRÉ (Michel- Félix, marguù) , 
lieutenant-général , frère du précédent, naquît le 10 août 
1754 9 et fut créé lieutenant-général le i5 avril 18 14> (Etais 
militaires.) 

BB CHOISEUL-MËUSE (Henri -Louis), marquis de Meu- 
se, lieutenant-général , issu de la branche des marquis de 
Meuse , naquit le sa juillet 1689. Il entra aux mousquetai- 
res en 1704 , et fit la campagne de cette année en Flandre. 
Nommé colonel du régiment d'infanterie d'Agénols, par 
commission du a mafs 1706, il servit à l'armée de Flandre 
avec le a* bataillon (le 1'' avait été prisàHochstedt); le com- 
manda à la bataille de Ramillies, en 1706; à Tannée de 
Flandre, en 1707; à la bataille d*Oudenarde, en 170S; à 
l'armée de Flandre, en 1710 et 1711, et fut blessé dange- 
reusement au combat de Denain, en 171a. Il obtint, par 
commission du 5o juillet, un régiment d'infanterie de son 
nom, qu'il commanda au siège et à la prise de Landau et 
de Fribourg, en 1713. On le créa brigadier, par brevet da 
1*' février 17199 et on lui donna le gouvernement de Rî- 
bemont, par provisions du 5 décembre 1735. Promu au 
grade de maréchal-de-camp, le ao février 17549 ii se dé- 
mit de son régiment en faveur de son fils , et fut employé à 
l'armée du Rhin , par lettres du 1 ^'mal 1 755. Il fut créé lieu- 
tenant général des armées du roi 5 pàt* pouvoir dû i*' mars 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. i6l 

1 758 ; obtint le gouvernement du Ibrt Louis , le 5 septem- 
bre 1 74 1 9 et passa au gouvernement de St. -Btalo, eq sedémet- 
tant de celui du fort Louis, par provisions du i*' mai 174^. 
Nommé aide-de-oamp du ref, par brevet du i^'mai 1744 9 
il suivit S. M. aux sièges de Menin , dTpres , de Furnes et 
de Fribourg. Il fut créé chevalier des Ordres du roi 9 le a 
février 174^9 et continua de servir en qualité d'aide-de- 
eamp du roi jusqu'à la paix, tl se trouva au siège de Tojiir- 
nay, et à la bataille de Fontenoy, en 174^^9 et à la bataille 
de Lawfeld 5 en 1747* ^ ne servît plus depuis cette dernière 
affaire 9 et mourut à Paris y le 1 1 avril 1 754 ? âgé de 65 ans. ^ 
{Chronologie militaire, tom. F'f pag, 21 3; Gazettede Fran^ 
ce , mémoires du temps,) 

DB GHOISËUL-MEUSE (Jean-Baptiste-Armand, mar- 
quis), lieutenant'général , fut fait colonel aux grenadiers 
de France, en 1759. On remploya comme aide-major-gé- 
néral, en 1766. Il obtînt le grade de brigadier, le aa jan- 
vier 1769, et celui de maréchal- de-camp, le i*' mars 1780. 
Il était pourvu de la charge de capitaine des gardes du 
prince de Coudé, lorsqu'il mourut à Paris, au palais Bour- 
bon, en décembre 181 5. {Etats militaires , Moniteur,) 

DE CHOISEIJL (Louis), marquis de Frtaicières, mare' 
chal'de-camp, issu de la branche des seigneurs de Franciè- 
res, fut d'abord fait capitaine au régiment de cavalerie 
d'Ënghien (depuis Gondé), le a4 janvier i638. Il se trouva 
la même année au siège de Fontarabie ; au combat de la 
Route, en 1659; ^^ siège et au combat de Turin , en 1640; 
au siège d'Yvrée; au secours de Chivas; à la prise de Géva, 
de Pianezze , de Mondovi; au siège et à la prise de Goni, en 
1641 ; aux sièges de ColUoure et de Perpignan, en 1643 ; 
aux combats de ViUelongue et de Martoreil; au siège de 
Tamarit; au secours de Lèrida , dont on fit lever le siège 
aux Espagnols, en 1645 ; aux combats de Fribourg, et aux 
sièges de Philisbourg , de Mayencé et de Landau, en 1644* 
Nommé meslre-de camp d'un régiment d'infanterie, eom- 
posé d'abord de 10 comq^giiies, qu'il leva par commission 
du 21 novembre d^ cette année, il obtint , le 3i décenibre 



/^ 



t 



â6:t DIGTIONNAIBE HISTORIQUE 

suivant, un autre ordre pour le porter à 20 compagoie^^ 
«ei le commanda au siège et à la prise de la Alothe y en i645. 
Il fut fait sergent de bataille,' en 1646, et servit en cette 
qualité au siège de Dunkerque. Il obtint , par brevet du 16 
iuin 1647» 'c grade de maréchal-de-camp. Son régiment 
fut licencié en 164S. On lui donna le gouvernement , avec 
la charge de bailli, de Langres, en 1649. '^ ^^ démit, en 
i65i, de sa compagnie dans le régiment de Condé» en fa- 
veur de son fils, et ne servit plus (i). {Chronologie milùai- 
re, tom. Klj pag, aa5; Gazette de France.) 

DE CHOISEULFRANCIÈRES (Claude), comte de Choi- 
seul, maréchal de France , fils du précédent , naquit le i" 
janvier i652. 11 fut fait gouverneur et bailli de Langres, sur 
la démission de son père, en 1649* ^^ servît, dès la même 
année, comme volontaire, jusqu'en 1 65 1, époque à laquelle 
il eutune compagnie au régiment de Condé, pareillement sur 
la démission de son père. Devenu mestre-de-camp d'un ré- 
giment de cavalerie, qu'il leva par commission du 6 mai 
i655, il se trouva la même année au combat de Vitri-sur- 
Seine , où il se distingua, et aux sièges de Mouson et de Sain- 
te-Ménéhould. Employé au siège d'Arras, en jG54» il com- 
battit à l'attaque des lignes par les Espagnols, et y défit le 
régiment d'Obock, dont il enleva les tymbales. Il se signa- 
la , en i655 , aux sièges de Landrecies, de Condé et de Saiut- 
Guilain. Employé au siège de Valenciennes, en i656, il ar- 
rêta avec la escadrons français trente escadrons ennemis, 
qui se disposaient à piller les équipages de l'armée du vi- 
comte de Turenne, alors occupée au siège de Cambray. 
Après avoir servi au siège de Montmèdy, en 1657, il s^en- 
ferma dans Rethel, menacé par les ennemis, et marcha 
ensuite à la prise de Saint-Venant et de Mardik. Le maré- 



(1) JJ Histoire des Grands- Officiers de la Couronne, tom. IV, p. 8469 
lui donne la qualité de lieuteoant-générai des armées du roi; mais Pi' 
nard dans %9i Chronologie miUtaire, lom. VI, pag. aaS, dit n*avoir trou- 
vé cette promotion dans aucun des registres du dépôt de la gusrre. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 2 63 

«shal de la Ferté lui donna , en i658 , le commandement 
d*un corps de 2000 hommes ponr couvrir Landrecies^ le 
<^uesnoy et tes places voisines, pendant le siège de Dun- 
kerque. La paix se (it en 1659. On réduisit son régiment à 
une compagnie franche, le 18 avril 1661. Il marcha avec 
cette compagnie au siège de Marsal , qui finit par le traité 
de Nonieni, signé le 1*' septembre i665. Il se distingua en 
Hongrie sous le comte de Coligny, au combat de Raab ou 
de Saint-Godard, le 1" août 1664* Revenu en France, il 
réta&lit son régiment, le 7 décembre i665, et fut créé bri- 
gadier de cavalerie , par brevet du 4 mai 1667. Il se trou- 
va , la même année , aux sièges et à la prise de Tournay , 
le 24 juin ; de Douay et du fort de Scarpe, le 6 juillet ; et de 
Lille, le 27 août. 11 concourut, le 3 1 du même mois, à la 
défaite du comte de Marchin et du prince de Ligne , près 
du canal de Bruges , et y prit les tymbaj^s d'un régiment 
ennemi , auquel il fit des prisonniers. II servait en Flandre, 
en 1668, lorsque la paix fut conclue, le 2 mai. Son régi- 
ment fut licencié , le 24 ; mais on conserva sa compagnie, 
par ordre du 26. Promu 'au grade de maréchal-de-camp , 
par brevet du 2 avril 1679 9 '^ passa en Candie sous le ma- 
réchal de Navailles; prit le commandement des troupes 
que le maréchal y laissa, et défendit glorieusement, pour 
la république de Venise, cette île, alors attaquée par les 
Musulmans (1). Lorsqu'il revînt en France, après cette expé- 
dition, l'Europe entière retentissait du bruit de ses exploits. 
Il se démit de sa compagnie de cavalerie, au mois de mars 
1672; servit comme maréchal- de-camp, sous le prince de 
Condé , au siège de Wesel, qui se rendit le 4 juin ; au pas- 
sage du Rhin , le 12 du même mois; à la conquête d'Aru- 
heim, le i5 ; à la prise du fort de Skenk, le 19 ; de Nimè- 
gue , le 9 juillet ; de l'île et de la ville de Bommel , le a6 sep- 
tembre. Il servit, sous le ntéme prince, en 1675 ; et, avec un 
seul bataillon et une compagnie de cavalerie , il défendit la 



(1) Les Vëoitiens l'avaient demandé à Louis XIV, pour servir sous It 
■MTcçbal de Navaillet. 



â64 DIGTIONNAIRE HISTOBIQUE 

ville de Bragne , près de l^esel , contre les efforts du prince 
d*Orange , qui ne put Ty forcer. Il combattit encore sous le 
prince de Coudé à la bataille de Seueff, le i laoût 1674 ; chassa 
lesennemis d'une hauteur, et les contraignilde se retirer avec 
perte dans le village. Employé en Lorraine, pendant Thiver, 
sous le maréchal de Rochefort 9 il prit la ville de Deux- Ponts 
et plusieurs châteaux. Créé lieutenant-général des armées 
du roi, par pouvoir du a5 février 1676, il servit à Tarmée 
d'Allemagne sous le maréchal de Luxembourg ; y défit une 
escorte de fourrageurs ; et commanda rarrîëre-garde ^i l'ar- 
mée à la retraite sous Saverne. Employé à Tarmée d'Alle- 
magne sous le maréchal de Créquy, en 1677, il combattit à 
Kokesberg , le 7 octobre , et se trouva à la prise de Friboarg , le 
14 novembre. Il servit > sous le même maréchal , en 1678 ; 
contribua, le 6 juillet , à la défaite du comte de Stharemberg, 
retranché à la tête du pont de Eheinsfeld; passa la Kintzig, 
à la vue du duc de Lorraine, retranché sur l'autre bord ; le 
chargea dans sa retraite et le mit en désordre , le a3 du mê- 
me mois : on emporta , le 27, le fort de Kehl. Employé à 
l'armée du Bas-Ehin , en 1679 ' ^^ ^M' P^^^ ^ '^ défaite des 
troupes de l'électeur de Brandebourg , le a 1 juin ; passa en- 
suite le Weser ; et força , le 3o , les ennemis qui s'étaient re- 
tranchés sur la rive opposée. L'électeur de Cologne le fit , 
avec la permission du roi, général - maréchal - de - eamp 
de ses armées, par pouvoir du 11 mars i684- Le comte de 
Choiseul réduisit la ville de Liège sous robéissaoee de 
l'électeur. Le roi lui donna le gouvernement de St.-Omer, par 
provisions du 1 a août de la même année. L'électeur de Cêlo- 
gne lui fit présent de 5 pièces de canon, que le roi lui permil 
d'accepter, par brevet du 9 novembre. Le comte de Choiseul 
fut nommé chevalier des Ordres du roi , le 5 1 décembre 1688. 
Employé à l'armée d'Allemagne sous le maréchal de Duras, 
en 1689, il commanda un corps séparé de 5ooo hommes de 
cavalerie ; passa le Bhin sur le pont d'Huniugue, le 10 ^uin ; 
campa à Wecler , à une lieue de Bâlé; ravagea le marqui- 
sat de Dourlaçh, et enleva par- là, aux Impériaux, les moyens 
de subsister. Il avait ordre d'examiner les Suisses, qui te- 
naient alors leur diète, et qui délibéraient sur le parti qu'ils 



B£S GENERAUX FRANÇAIS. a6S 

devaient prendre ; et ou lui avait recommandé d^^bserver 
l'électeur de Bavière , et de se rapprocher du maréchal de 
Duras 9 si l'électeur joignait le duc de Lorraine. Il prit Bret^^ 
ten , le 1 2 juin ; s'empara du château de Staffurt ^ et repoussa 
un corps qui s'était approché au secours de ces places. Ëm- 
ployé) dans la même armée , sous M. le dauphin ^ et le ma- 
réchal de Lorges, en 1690 ^ il se tint sur la défensive. JLe 
comte de Ghoiseul ne servit point en 1691. On l'employa , 
en 169a, dans l'armée de Normandie ^ sous le maréchal de 
Bellefonds , pour la défense des côtes. Gréé maréchal de 
France , par état donné à Versailles le 37 mars 1695 ^ il prêta 
serment le 28 9 et commanda Tarmée d'Allemagne, conjoin- 
tement avec le maréchal de Lorges , par pouvoir du 27 a- 
vril. Cette armée ne fit aucune expédition. Commandant 
l'armée de Normandie 9 par pouvoir dn 28 avril 1694 9 il em« 
pécha 9 par son autorité et la sagesse de ses ordres^ que le 
Hâvre-de-Grâce ne se ressentit du bombardement de la flotte 
anglaise. Il eut le commandement de l'armée du Rhin 9 par 
pouvoir du 17 avril. 1696. Il fit élever un fort sur le Rhin 9 
vis-à-vis Schreck 9 y mit 200 hommes 9 le 5o juillet 9 et ren- 
dit tous les passages du Rhin impraticables aux ennemis. Il 
couvrit FhîHsbourg et Landau 9 fit raser les lignes que les 
Impériaux avaient sur le Spirebach9 et envoya ensuite les 
troupes dans les quartiers d'hiver. Il commanda l'armée 
du Rhin9 par pouvoir du 7 mai 1697. On se tint sur la dé- 
fensive pendant toute cette campagne 9 c'est à~dire, jus- 
qu'à la paix de Riswick9 signée le 3o octobre. Le maréchal 
de Ghoiseul n'a plus servi depuis. Il obtint le gouvernement 
de Yalenciennes , par provisions du 22 septembre 1706, et 
se démit alors du gouvernement de Saint-Omer. Il mou- 
rut 9 le i5 mars 1711 9 à l'âge de 78 ans (1). Le comte de 
Ghoiseul fut l'un des plus grands capitaines d'un siècle 
si fécond en héros. Il passait pour être aussi habile guer* 
rier que mauvais courtisan. {Chronologie miUt., tom. 111, 
pag, 66; Histoire de M. de Quincy, Bauclas^ Gazette d^ 



(1) II était doyeo des maréchaux de France, depuis 1707. 

IV. 34 



2G6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

France, Biographie universelle, ancienne et moderne, Uh 
me FUI , pag, 4^9-) 

DB CHOISEUL-CHÉVIGNY (César-Gabriel), comte de 
Choiseul, puis duc de Praslin, pair de France et lieutenant^ 
général, naquît le i4 août 171a. Il entra aux mousquetaires 
en j 727; fut fait capitaine au régiment de cavalerie de Mon* 
treuil, le 19 mai 17289 et devint second cornette delacompa- 
gnie des chevau' légers de Berri, avec rangdelienleBànt-co- 
lonel de cavalerie, le 22 septeml^re i^Si. Il se trouva avec la 
gendarmerie au siégedeKehl,en i753; passa enseigne de ki 
compagnie des gendarmes de Bretagne , le 18 janvier 1754, 
et fut fait sous-lieutenant de la compagnie des chevau-lé- 
gers Dauphin, avec rang de mestre? de-camp de cavalerie, 
le 25 mars suivant. Il servit , en la même année, au siège 
de Philisbourg, et combattit à G|ausen , en 1735. Il devint 
capitaine de la compagnie des chevau-légers de Bretagne, 
le 16 avril 1738, et se démît de cette compagnie, au mois 
de mai 1 739. Nommé , le 6 du même mois , mestre*de- 
camp-lieutenant du régiment de Gonti cavalerie, il corn* 
manda ce régiment à Tarmée du Rhin, sous les ordres du 
maréohal de Maillebois; se rendit ensuite en WestpbaHe, 
avec la 2* division de l'armée , et revint hiverner avec son 
corps dans le pays de Juliers. On lui confia , le 11 juillet 
1742, les fonctions de maréchal-généraUdes- logis de la 
cavalerie de Tarmée de Bohême , en l'absence du marquis 
de Montai , et il se trouva en cette qualité à Taffaîre de Bra* 
maboff , où il eut un cheval tué sous lui. Il contribua en- 
suite à la levée du, siège de Braunau par les enneoiis. Gréé 
brigadier, le 20 février 1743, il revint en France, an mois 
d'avril suivant; joignit avec la gendarmerie l'armée du 
Mein, au mois de juillet , et finit la campagne en Basse* 
Alsace , sous les ordres du maréchal de Noailles. Employé, 
en 17449 à l'armée d'Italie, sous les ordres du prince de 
Gonti , il se trouva , au mois d'avril, à l'attaque des retran- 
chements de Villefranche et de Montalban, ainsi qu'à la 
prise do ces deux places. Promu au grade de maréchal-de- 
camp , le 2 mai de la même année, avec des lettres de ser- 



DES GÉNÉRAUX FRÀNÇjUS. StS^J 

vice du même jour, il se démît aiors du régiment de Con- 
ti; marcha au passage des Alpes effectué par la vallée de 
la Slura; se trouva à la prise de Château Dauphin; au 
siège et à la prise de Demoiit ; au siège de Coni et à la bar 
taille de la Madona ^/lui se donna sous les murs de Coni. 
Il fut employé à Tarmée du Bas-Rhin , par lettres du i** 
avril 174^; se trouva à Taffaîre de Northeiin, et comman- 
da rarrière-garde au passage du Rhin. Il fut nommé » le 
1'' février 174^ » lieutenant-^général au gouvernement du 
Dauphiné^ sur la démission du comte de Sassenage, et 
prêta serment pour celte charge, le 4 avril. Employé à Tar- 
mée du Rhin , par lettres du i** mai suivant , il servit au 
siège de la citadelle d'Anvers ; couvrit avec Tarmée le siè- 
ge des ville et château de Namur, et combattit à Raucou:i. 
Il se trouva , en 1747 9 ^ la bataille de Lawfeld , et couvrit 
le siège de Berg-op-Zoom. On le créa lieutenant-général^ 
le 10 mai 174^9 ^^ î^ fut envoyé, en décembre 1758, comme 
ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du roi au- 
près de Tempereur et de la reine de Hongrie. Créé cheva- 
lier des Ordres du roi, le i** janvier i;6o, on le reçut en 
cette qualité, le 2 février suivant. Le roi le nomma soii mi- 
nistre plénipotentiaire près du congrès d^Augsbourg, en 
mars 1761. Il se démit de la lieutenance-génèrale du Dau- 
pbiné, en juillet de la même année. Il fut nommé niinis- 
tre-d*état, au mois d*août suivant, et prit séance au con- 
seil dans le même mois. On le (it secrétaire-d'état avec le 
département des affaires étrangères , le 1 a octobre ; et il 
prêta serment en cette qualité, le i3 du même mois. Créé 
duc et pair, en octobre suivant, il prit alors le titre de duc 
de Praslin. Il obtint la charge de lieutenant- généHil en Bre- 
tagne, et prêta serment en cette qualité, le la décembre 
Il fut reçu et prit séance au parlement, comme pair de 
France, le 21 du même mois. Il fut exilé, le 24 décem- 
bre 1770, avec le duc de Choiseul (JÉ lien ne* François), son 
pareut , dont il partagea la disgrâce. Il mourut vers 1 an 
1788. {Chronologie miiiu^ire, tom. P^lfpag. 4^0 ^ mémeues 
tki temps ^ Gazette de France.} 



268 DiCTiotmAniE historique 

DE CHOISETJL (Renaud-César-Louis), vicomte de Mt'* 
lun et de Choiseid, puis duc de Prasiin, maréchal^de'Campf 
fils du précédent, naquit le 18 janvier 1734* Il entra au 
service comme cornette dans lé régiment de la Rochefou- 
cauld cavalerie , et fut fait guidon de gendarmerie , le ao 
mars 1749* ^^ passa colonel aux grenadiers de France, puis 
colonel du régiment de Poitou. On le créa brigadier dTn- 
fanterîe, le a5 juillet 1762. Il fut menîu de monseigneur 
le dauphià. On l'envoya, en mars 1764, complimenter, de 
la part du roi , l'enipereur, Timpératrice-reine de Hongrie, 
et le roi des Romains , sur leur élection. Il fut nommé , en 
avril 1766, ambassadeur extraordinaire à la cour de Naples, 
où il résida jusqu'en 1771. Il obtint le grade de maréchal- 
de-camp, le 3 janvier 1770. { F tatt militaires ^ annales du 
temps.) ^ 

DE CHOISEUIL-PRÂSLIN, (Antoine -César, comte), 
maréchai-de^camp ^ fils de Renaud-César-Louis de Choi- 
6eul,qui précède, naquit à Paris, le 6 avril 1756. Il fut fait 
sous-lieutenant à la suite du régiment de Resançon artille- 
rie, le 6 avril 177a; capitaine à la suite de la cavalerie, le 
18 avril 1774 9 et remplacé dans le régiment Royal-Crava- 
tes, le 10 décembre 1776. Il devint mestre-de-camp en se- 
cond durégimept de la Reine infanterie, le 3 juin 1779* 
[Etats militait es,) 

DE CHOISEUL-RUSSIËRES (Louis-Marie-Gabriel-César, 
marquiiî) . maréchal^de-camp , issu de la branche des sei- 
gneurs et comtes d'Esguilly et de Russîërcs , naquit le 6 
juin 1734* Il entra au service en qualité de second cornet- 
te des cllevau - légers d'Orléans, en 1758; fut fait ensei- 
gne des gendarmes de Rerri, le 10 février 1769; sous-lieu- 
tenant des gendarmes d'Orléans, le 22 mai suivant, et ca- 
pitaine-lieutenant des gendarmes Dauphin, le 20 février 
1761. Il fut envoyé comme ambassadeur à la cour de Tu- 
rin, en 1^65. On le créa brigadier de cavalerie, le 3 jan- 
vier 1770, et maréchal-de-camp, le i*' mars 1780. Il mou- 
rut avant l'année 1784- [Etats militaires.) 



DES GENÉaAinL FRANÇAIS. * âÔQ 

BE CH0ISE13L-PRÂSLIN (Charles) , marquis de Praslin, 
maréchal de France, issu de la branche des seigneurs-mar- 
quis de Praslîn , apprit le métier des armes sons le maré- 
chal de Matignon > et servit comme volontaire au siège de 
la Fère 9 où il se distii)gua , en i58o. Il avait une compagnie 
d'infanterie et une compagnie de chevau-légers , en. 1 584* 
Il leva un régiment d'infanterie, suivit le duc de Mayenne 
à la prise de Montignac-!e-Gom(e 9 de Beaulieu , de Gastel, 
de Sain t-Bazei Ile, de Montségur et de Gastillon , en i586. 
Il se signala particulièrement aux sièges de ces deux der- 
nières places, et au combat de Vimory, en 1587. On licencia 
son régiment après la campagne de cette dernière aunéls. 
Devenu capitaine d'une compagnie de gendarmes, en 1588, 
il marcha, en i589, soi|§le roi, au siège de Paris (1). Sur la 
fin du règne de Henri III, Ghoiseul engagea ses biens, leva 
des soldats et vint se ranger sous les bannières de Henri IV, 
avec lequel il combattit àivry, le 14 mars i5go. Il fut de& 
premiers avec d'Âumont, d'Humières et Giyry, à reconnaî* 
tre Henri IV pour roi de France. Il accompagna ce prince 
au siège de Ghartres, qui se rendit le la avril iSgi; au 
siège de Abuen , et au combat d'Aumale, en i^i. Après la 
réduction de Paris, en ^693, le roi le fit capitaine de la r* 
compagnie française des gardes-du-corps, vacante par la 
mort du comte de Glermotit d'Entragues et du marquis de 
Richelieu, par provisions du 20 mars de cette année. Il fut 
successivement nommé gouverneur de Troyes; lieutenant* 
général du bailli de cette ville; capitaine d'une compa- 
gnie de'5o hommes d'armes; et commandant de la Gham- 
pagne, province qu'il maintint dans l'obéissance. Il défit, 
en la même année 1693, sous le duc de Bouillon, l'armée 
du duc de Lorraine, qui assiégeait Beaumont; tua aux en- 
nemis i5oo hommes, et leur prit 6 canons. Il fut créé che- 
valier des Ordres du roi, le 7 janvier i595. Il combattit à 



(1) Il avait ët^ arrêté et emprisonné à Paris , le 16 janvier d^ la même 
année 1689 , par les factieux, et parce que son attachement au roi Hen- 
ri m l'avait rendu suspect. 



WJO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Fontaine- Française, le 5 juin. Le roi Thonoradu grade de 
maréchal-de-camp 9 pendant le siège d'Amiens , par bre- 
vet du 20 juillet i597 (i). A la mort de Joachim de Dînte- 
ville, seullieutenant-général en Champagne , on partagea 
le gouvernement de cette province en quatre lieutenances- 
générales, parmi lesquelles le marquis de Praslin eut celle 
du département des bailliages de Troyes, Langres, Chàlons, 
Sens et Ëpernay, par provisions données à Paris le 20 lan* 
vier 1608, registrées au parlement de Paris le 10 mai sui-* 
van t." Employé, par lettres du ao juin 1610, comme ma- 
réchaNde-camp dans Tarmée destinée au siège de Juliers, 
il y servit, sous le maréchal de la Châtre, jusqu'à la prise de 
celte place, qui capitula le 1*' septembre. En 1609, il fat 
chargé d'aller à la cour de Tarchiduc Albert, à Bruxelles, 
pour y réclamer, au nom du roi, la princesse de Condé, 
qui s'était réfugiée dans les états de l'archiduc. En 1610, 
après la mort de Henri IV, Choiseul fut chargé par la reine7 
régente d'aller trouver S.uUy, qui, croyant ses joars mena- 
cés, s'était renfermé dans la Bastille. Sur la parole donnée 
par Choiseul, Sully reparut au Louvre. Choiseul se démit, 
au mois de janvier 1611, de la charge de capitaine des gar- 
des>du-corps (a). Créé maréchal-de-camp et employé com- 
me tel, en 161 5, dans l'armée du maréchal de Bois-Dau- 
phin, il assiégea et jprit Creil-sur-Oise, le i3 septembre. Il 
reçut à composition les troupes du duc de Luxembourg , 
qu'on battit à Charleroi , le 21 octobre. Servant sons le duc 



(1] Lorsque, par ordre de Heori IV, le maréchal de Biron fut arrêté, 
Praftlin fut chargé de demander l'épëe au comte d'Auvergne, qui la lui 
remit, eq disant, sans se déconcerter: a Tiens, prends-la; elle n'a ja- 
n mais tué que des sangliers : si tu m'srvais averti de ceci , il y a deux 
» heures que je dormirais. » 

(a) Dana la même année 1611 , G|)oiseul rétablit le calme au Louvre, 
où tout était en confusion, à cause de la querelle survenue entre les 
premiers gentilshommes de la chambre (le duc de Bellegarde et le ma- 
réchal d'Aumont), pour le droit d'entrée à cheval ou en carrosse dans la 
cour de ce palais. 11 pacifia aussi les troubles violents qui s'étaient éle- 
v^ à Trojes à cause des jésuites, et y rétablit le calme, après en avoir 
fait sortir ces Pères, parmi lesquels se trouvait le Père Cotton. 



DES GENERAUX FBANÇÀI9. Q'Jl 

êe Guise, en 1616, il attaqua, le 7 janvier, àNanteuil, prè^ 
Pamprou, trois régiments du prince de Condé^ les désar- 
ma et leur prit 5 drapeaux et 5 mestres-de camp. On ac- 
corda^ la même année, au fils du marquis de Praslin, la 
survivance de la charge de lieutenant-général au gouver- 
nement de Champagne. Le marquis de Praslin servit au 
siège de Rethel, qui se rendit au duc de Guise, le 16 avril 
1617. Il avait reçu, le 1 5, une mousquetadequi lui avait percé 
la cuisse. Créé maréchal de France, par état donné au Ples-^ 
sis lès-Tours, le a4 août 1619, il prêta serment, le a5, et son 
état fut enregistré à la connélablie, le la mars 162a. Il as- 
siégea, en i6ao, le château de Caen, qui se rendit au roi au 
mois de juillet. Il alla, le i3 août, au-devant de la reine- 
mère, qui se rendait au château de Brissac pour son en- 
trevue avec le roi. Pendant le siège de SaintJean-d'Angély, 
en 16a 1, le maréchsd commanda, le 3 fuin, une des atta* 
ques. Il entra dans le fossé, le 5, et y fut blessé : la place ca- 
pitula le a3. Au siège de Montauban, il reçut, le 17 sep- 
tembre, un coup de mousquet dans le ventre. Il chassa, le 
a3, les ennemis qui enlevaient une batterie de 4 canons, 
et défit, le aS, une partie du secours qu'on envoyait aux 
assiégés. Il courut le risque d*étre enseveli sous une mine, 
le ag du même mois. Après une forte attaque, faite le 1*' 
jour d'octobre, il gagna, avec le maréchal de Chaulnes, 
une partie de Touvrage à cornes, et s'y logea avec tant d'a- 
vantage, qu'à la faveur de la sape on put pénétrer en- 
tre deux terres jusqu'à la contrescarpe de la ville. Le con- 
nétable de Luynes ayant levé le siège de Montauban , le 2( 
novembre, le maréchal de Praslin , qui était tombé malade, 
eut, le 10, la permission de quitter l'armée. Il commanda, 
sous le roi, lors de la défaite de M. de Soubise dans l'Ile de 
Ré, le 6 avril i6aa. Il servit aux sièges de Royan, qui ca- 
pitula, le 11 mai (1); de Negrepelisse, emporté d'assaut, le 



(1) J<e jeune roi Louis XIII , qui se trouvait k ce siège, dit an maré- 
chal de Praslin : « Cest à vous de m'înstruire de ce que je dois faire : c'est 
» pour la première fois que je me trouve à pareille fdte. » 



2^2 DICTIOK^iÀIRE HIStOBIQUE 

10 juin ; du château , qui se rendit , le 1 1 ; de Saint-ÀDlonia, 
pris à discrétion ^ le aa ; du Mas-Saintes-Puelles , qui se sou- 
mi t, le a juillet; de Bedarieux, qui capitula, le la; de filau- 
guio, que le prince de Gondé prit, le i" août; et enfin de 
Lunely qui se rendit, le 7. Le roi le fit gouverneur et 
lieutenant - général en Saintonge et au pays d^Aunis, sur 
la démission du duc d'Épemon, par provisions données 
au camp devant Montpellier, le i5 août. Il emporta, le 
i5 septembre, avec le régiment des gardes, l'ouvrage à 
cornes de Montpellier. Il prêta serment, pour le gouver- 
nement d*Aunis, le 18 octobre. Le 19, le roi pardonna 
à la ville de Montpellier, et accorda la paix aux calvinis^ 
les- Le maréchal de Praslîn fit enregistrer, au parlement 
de Paris, le 19 mars i6a3, ses provisions de gouverneur et 
lieutenant-général de Saintonge et d'Aunis. Le duc de Rohan 
ayant fait, en i6a5, une descente sur les côtes de Médoc et 
d*01onne, fut battu, le 18 janvier i6a6 , par le maréchal de 
Praslin et le maréchal de Thoiras. Le maréchal de Praslin 
mourut, le i*' février i6a6, âgé de 63 ans (i). [Chronologie 
milàairej tom. JIj pag, 4^9/ Journal de Bassompierre , le 
Père Daniel, le Père d*Avrigny^ l'abbé Le Gendre, Histoire 
des Grands-Officiers de la Couronne , Moréri , Dictionnaire 
des Maréchaussées, l'abbé de Neufville, Biographie uni- 
verselle, ancienne et moderne , tom, VIII, pag. 421 ; His- 
toire de France , par Anquetil^ tomJVy pag, ^^1^ ; et tom, VI, 
pag. aa7 et 298.) 

dbCHOISEUL-PRASLIN (Roger), marquis de Praslin, 
maréchal'de-camp , fils du précédent, fut nommé lieute- 
nant-général en Champagne au département de Troyes, 
Langres, etc., en survivance de son père, par provisions 
du 2 février 1616, registrées au parlement, le 7 décembre 



(1) Le maréchal de Praslin avait servi peodaDt 5o ans; il s'était trou- 
vé à 4f batailles on combats. Il avait soumis 53 villes rebelles , compuo- 
dé 9 armées et reçu 36 blessures. Il fut considéré , a juste titre, comme 
«n des premiers capitaines de ion temps. 



DES GENERAUX r&ÀNÇÀlS« 2^5 

1617. Il servit comme volontaire sur la flotte du roi 9 corn- 
mandée^ en i6a5, par le duc de Montmorency, et concou* 
rut à la défaite de la flotte rochelaise et à la prise des îles 
de Ré et d'Oleron. S'étant ensuite battu en duel, il fut dis- 
gracié et privé de la lieutenance-généraledu gouvernement 
de Ghamp^tgne, qu*on donna, à la mort de son père, au 
marquis de Vignolles. Il rentra en grâce, en 1627; servit à 
la tôte d*une compagnie de chevau- légers , au siège de la 
Rochelle, en 1627 et 1628; àTattaqueduPas-de-Suie; aux 
sièges de Privas et d'Alais, en 1629; et à la conquête de la 
Savoie, en i63o. Il passa de là en Piémont, sous les ordres 
du duc de Montmorency; combattit à Veillane; se trouva 
au siège et a la prise de Saluées et de son château ; à la prise 
du foi t Saint- Pierre et du château de Bresol , et au combat 
du pont de Carignan. Il servit ensuite au siège de Trèveâ, 
en i653, et à la prise de la Mothé, où il fut blessé, en i634; 
Il combattit avec la plus grande valeur à Avein, en i635, 
et servit au siège de Corbie, en i636. A la mort du marquis 
de Vignolles, on lui rendit la charge de lieutenant-général 
au gouvernement de Champagne, avec le gouvernement des 
ville et bailliage de Troyes^ par provisions données à Dan- 
gu, le 17 mars 1637, registrées au parlement, le 6 août sui- 
vant; et il prêta serment le même jour 17 mars. Il obtint^ 
par provisions du 5 juillet, la charge de mestre-de-camp- 
général de la cavalerie, avec la compagnie qui y était at- 
tachée; servit au siège de Landrecies, et à celui de Mau- 
beuge. II passa au travers de Parmée ennemie, pour avertir la 
garnison laissée à Maubeuge qu'on marchait à son secours. 
Le cardinal de la Valette, après avoir fait lever au général 
ennemi le siège de cette place, fit celui de la Gapelle, pendant 
lequel le marquis^de Praslin servit avec distinction. Il défit 3 
compagnies espagnoles de la garnison de la place, qui en 
étaient sorties pour tenir la campagne. A la formation des 
compagnies de, cavalerie en régiments, le marquis de Pras- 
lin obtint, par commission du 24 janvier i638, un de ces 
régiments, qui porta , pendant le temps qu*il Peut, le nom 
de mcstre-de-camp-général. Créé marèchal-^de-camp, par 
brevet du 21 avril suivant, il servit au siège de SaintOmer^ 

rr. 35 



Si'j^ BICHOMCAIRE HISTORIQUE 

et-se trouva au combat qui se donna soug cettexplace. Peu 
après, il dégagea le colonel Gassion qui 8*était tiop avancé 
vent les ennemis , el qui eût été obligé de céder aa nombre, 
sans le secours que lui amena le marquis de Prasiio. Em- 
ployé, en 1639, sous le marquis de Feuquières, il servit ao 
siège de TfaionviUe; donna des preuves de la plus grande 
valeur dans le combat qui fut livré sous cette place; et, 
quoique la cavalerie qu*il commandait eût pris la fuite à la 
vue des ennemis, il alla à la charge avec son seul régiment 
On le mit cependant à la Bastille , pendant quelques mois, 
avec M. de Grancey, que Ton voulut rendre, ain^i que lut , 
responsable de la fuite de cette cavalerie. Employé en Flan- 
dre, en 1640, il servit au siège d*Arras, et concourut avec 
beaucoup de distinction à la défaite des ennemis , qui a- 
valent essayé d*y faire entrer un secours important. De 
concert avec le marquis de Goislin, il secourut el dégagea, 
peu de iours après la prise d*Arras, le général Gassion at- 
taqué par un détachement ennemi qui fut défait complè- 
tement. Employé sous le maréchal de Chatillon, en 1641, 
il fut tué à la bataille de la Marfée, le 6 juillet 1641. (Chro^ 
nologie militaire , tom, FI, pag.i^S; Mercure tle France , 
Histoire de Louis XIJJ, par Le Fasseur; Gazette de 
France») 

sbGHOISEUL-PRâSLIN {Fran^oh) f marquis de Prài- 
lin, lieulenant^énéral ^ îrère puîné du précédent, fut con- 
nu d^abord sous le nom de chevalier de Praslin. Nommé 
capitaine dans le régiment du mestre-de-camp-gènéral.de 
la cavalerie, à sa formation, le 24 janvier i658, il servit au 
siège de Saint-Omer, la même année; au siège de Thion- 
ville , et au combat sous cette place , en 1659 9 ^"^ siège d*Ar- 
ras, en 1640; et à la bataille de la Marfée, le 6 juillet 1641. 
Roger de Choiscul- Praslin, son frère, y ayant été tué, Il 
prit le nom de marquis de Praslin, et obtint, par provisions 
données à Reims, le 18 du même mois, la charge de lieu- 
tenant-général du gouvernement de Champagne au dèpar- ^ 
tementde Troyes, Chàlous, eto : ces provisions furent en- 
registrées au parlement de Paris ^ le a avril 164a. On lui don* 



'V 



DES GÉNÉRAUX VRANÇÀld. ^'jS 

lia aussi, par commission du sa [uillet, le Fégîmenl de ca- 
valerie qa*avait eu son frère. Il combattit, en 1641 9 à la ba^ 
taille d'Honnecourt , perdue par le maréchal de Giiicfae. Il 
se trouva à la prise d'Ast, et au siège de Trin, en 1643 ; 
servit à la réduction de Saot-Y-A; contribua par son ha* 
^ bileté à la reprise du château d^Ast, en 1644; ^ la reprise 
de Yigevano.et de la Aocca; et au combat du passage de la 
Mora, en i645. Il s*empara, en 1646, de deux tours entre 
Piombîno et Porto-Longone; s*acqnit une grande réputa- 
tion au siège de cette dernière place, où il fit, le i3 octo- 
bre, un logement sur la contrescarpe; fut blessé àTassaut, 
donné le a8 v et porta au roi Ut nouvelle de la prise de cette 
forteresse. Créé maréchal-de-camp, par brevet du 6 février 
16479 il servit au siège de Crémone, qu*on leva au mois de 
novembre. Il obtint le gouverneateut de Troyes, par pro- 
visions du 20 juin 1648; combattit à Crémone, dans le mê- 
me mois de juin, et servit au siéige de cette place. Il fut em- 
ployé au blocus de Paris, «ur la fin de cette' année et au 
commencement de la suivante; marcha ensuite au siège de 
Cambray; et servit u siège et à la prise de Condé et de 
Maubeuge. Il se démit de son régiment, en i65o; fut créé 
lieutenant-général des armées du roi, par pouvoir du 1^ 
octobre i655, et finit la campagne de cette année, sous le 
maréchal de la Ferté. Il se démit de la lieutenance-géné* 
raie de Champagne, au moisd'avril 1684, et mourut à Pras* 
lin en Champagne, le 12 décembre 1690, âgé de 78 ans. 
{Chronologie militaire, tom. IF, pag. 2a5; "GazeUe de 
France , mémoires du temps:) 

mCBOlSt^VL VKXSLl^ lCésiiT){i), comte du Piessis, pais 
duc de Choiseuljpair et maréchal de France ^ issu dé la bran- 
che des comtes du Plessis , ducs de Chôîseul , fut connu 
d^abord sons le nom de comte d'Hostel. La vivacité d*eà* 
prit et Tenjouement qu'il déploya dès son enfance le firent 



(i) Il reçut le prénom de Gcsar» qaî était eeluî du duc de Veadâne, 

soQ parrain. 



â^fî BiCTIONNÀiafi HISTORIQUE 

nommery par llenri lY, tfnfaut d'honneur de Louis XIII. 
Ce dernier prince, devenu loi, fit le comte d'Hostel, à 
peine âgé de quatorze ans » raestre - de - camp d*un régi- 
ment dUnfanlerie de son nom, levé par commission du 16 
septembre 1616. Ce régiment 9 après avoir été plusieurs 
fois licencié et remis sur pied 9 fut rétabli pour la dernière , 
fois 9 le 5 août 1620, sous le nom de du Plessis que portait 
alors César de Choiscul (1). Il servit à la tête de ce régi* 
jrnent aux sièges de Saint- Jean - d^Augély , qui capitula le 
a3 juin 1621 ; de -Clérac» rendu à discrétion le 4 août; de 
Montauban , levé le 2 novembre ; de Monheurt , pris le la 
décembre 9 et de Roy an 9 qui se rendit le 1 1 mai 1622. Pen- 
dant le premier siège de la Rochelle, en 1625, il fut envoyé 
avec son régiment dans Tile d'Oleroo pour s'opposer à la 
descente des Anglais, dont il fil échouer les efforts. Les 
Anglais se portèrent, en 1627, sur l'tle de Ré. Thoiras, qui y 
commandait, allait être obligé de capituler, lorsque Choi* 
seul, bravant, sur de frêles embarcations, une flotte for- 
midable, aborde dans Ttle; bat l'Anglais Buckingham; fa- 
vorise la descente des renforts amenés par Schomberg; 
taille en pièces Tarrière- garde ennemie, et lui prend ses 
canons et ses drapeaux, qui furent conduits en pompe à Pa- 
ris. Choiseul déploya de grands talents militaires pendant 
le deuxième siège de la Rochelle, en 1628 , et commanda 
dans ce^le ville, après sa reddition, qui eut lieu le' 28 octo- 
bre. Il se distingua, sous les yeux du roi, en 1629, au Pas- 
de-Snze, que les Français forcèrent, le 6 mars, ainsi qu'aii 
dégât de Montauban; et défit deux partis sortishde celte 
place, au mois d'avril. Il concourut à la prise de Privas, le 
27 mai suivant; marcha, en iGSo^ au siège de Pignerol, que 
les Frai:çais prirent le 22 mars, et au combat de Veillane, 
où le prince de Piémont fut battu le 20 juillet. Il se trou- 
va ^ le Saoûtj à l'attaque du pout de Carignan^ où il défit 



(1) Presque honteux de commander si jeune à de vieux soldats, Ghoi- 
ëeul résolut de partager leurs fatigues, et de marcher à leur têtQ, tou- 
jours à pied. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 2^7 

un grand corps de vieille infanterie espagnole ; au conoibat 
qui se donna , le 9, sur les bords du Pô > et au second se- 
cours de Casai y à Toccasion duquel on traita avec les en> 
nemîs, le a6 octobre. Sur la fin de la même année ^ il fut 
envoyé en Piémont auprès du duc de Savoie ^ et, en iGSi, 
auprès de tous les princes d'Italie, avec le titre d*ambas« 
sadeur extraordinaire. £n i632, il fut nommé ambassa- 
deur à Turin y où il demeura pendant trois ans. On le pour^ 
vut, la même année, du gouvernement de la province 
et de l'évèclié de Tout. Créé maréchal-de-camp , par bre- 
vet du 21 juillet i635, et employé en celle qualité à Tarmée 
d'Italie, sous le maréchal de Créquy, il servit au siège de 
Valence, qui fut levé le 28 octobre; et fortifia ensuite la 
ville de Brema, dans laquelle il commandait une garnison 
de i5oo hommes qui donnait beaucoup d'inquiétude aux 
habitants du Milanais. £n i656, à la tête de 800 chevaux, 
il chargea l'armée des Espagnols près du Tésin. Obligé après 
cette charge, de traverser 5 lieues de plaine, et poursuivi par 
des forces supérieures , il se mit à la tête du dernier escadron 
de son arrière-garde; battit tout ce qui l'approcha de trop près, 
et fît plusieurs prisonniers. Au combat de Buffarola, près du 
Tésin , le sS juin , il fut exposé au plus grand feu pendant 17 
heures, et chargea cependant jusqu'à trois fois les ennemis 
avec le régiment de Chamblay. £n 1657, il marcha au se- 
cours de la Roque-d'Arasse 5 et y eut un cheval tué sous lui. 
Il remplit les fonctions de sa charge de maréchal-de-camp 
au combat de Montbaldon. Il n'eut part à aucune des ex- 
péditions de la campagne de i638. £n 1659, il servit sous 
les ordres du cardinal de la Valette, et remporta un avan- 
tage considérable, le 26 mars, sur les Espagnols retranchés 
à Chenciot dans le Monferrat : l'assaut dura 6 heures.. A la 
défense de Turin , dans la même année , il fît une sortie sur 
les Espagnols, qu*il attaqua vivement dans le faubourg du 
Pô, et les poursuivit avec tant de vigueur, que beaucoup 
d^entre eux, réfugiés dans les maisons, se jetèrent parles 
fenêtres pour chercher à se sauver. La ville de Chivas fut 
reprise, le 28 juin, à l'attaque du comte du Plessis, qui y 
reçut uu coup de mousquet en reconnaissant la place. Il 



liy\i DICTIONNAIRE HISTOHIQVB 

sauva Carmaguole^ en 8*y jetant avant que les ennemis pus- 
sent s'y rendre. Il combattit ^ le ao novembre , sous le com- 
te d'Harcourt, à la bataille de Quiers , où le prince Thomas 
perdrt 3ooo hommes. En 1640 9 il contribua au ravitaille- 
ment de Chivas. Les ennemis ayant assiégé Casai , dans la 
même année , on résolut d^altaquer leurs retranchements. 
En conséquence, le comte du Plessis, qui commandait un 
des corps de l'armée du comte d'Harcourt, mena, le 99 
avril, en plein jour, son infanterie contre ces retranche- 
ments. Toujours repoussé, il remit sa troupe en bataille à 
5o pas de la circonvallation , et sous le feu de l'artillerie et 
de la mousqueterie de la place. Enfin , sa quatrième attaqoe 
ayant mieux réussi, il s'ouvrit un passage; et le reste de l'ar- 
mée l'ayant suivi, il acheva de battre les Espagnols. Au siège 
de Turin, il soutint, le 11 juiflet, tout à la fois une sortie 
de la place et une attaque de l'armée ennemie. Battu à sa 
gauche par 9 pièces d'artillerie dressées sur une montagne, 
et par plusieurs corps d'infanterie postés sur une hauteur^ 
chargé en arrière par la cavalerie et l'infanterie des assié- 
gés, et pressé de front par de nombreuses troupes, il par» 
vint cependant, avec 900 hommes de pied et 800 chevaux 
seulement, à repousser toutes les attaques de l'ennemi , au- 
quel il tua looo hommes. Turin se rendit le a4 septembre, 
et le comte du Plessis en eut le gouvernement. Il surprit, 
en 1641, les Espagnols qui assiégeaient Tossan , et les con- 
traignit de lever le siège. Il commanda la principale attaque 
au siège de Coiii. Créé lieutenant-général des arméesdu rot, 
le 99 juillet 164a (il était alors gouverneur de Carmagnole), 
il prit, sous le duc de Longueville, la ville de Nice-la- Paille, 
le 6 septembre. II mit le siège devant Ponl-de-Sture, le i5 
octobre, et força cette place de se rendre, le 26 du même 
mois. Il s'empara du château de Tortone , le 26 novembre, 
et se rendit maître d'Ast, au mois de mai i643; et dcTrin, 
le 24 septembre suivant. Il réduisit, sous le prince Tho- 
mas, la ville de Sanl-Y-A, le 29 août 1644* Promu au gra- 
de de lieutenapt-général de l'armée de Catalogne, sous le 
comte d'Harcourt, par lettres du 29 juillet i645, il fit en 
chef le siège de Roses, commencé dès le 2 avril précèdent. Une 



^ ^ ' / -=- 



DES GËNEBÀUK FRANÇAIS. 9 79 

pluie prodigieuse ayant inondé les tranchées et les hutes, 
îe soldat se dispersa dans les campagnes, et il ne resta que 
5ooboinnies avec le général; mais le temps s^étant remis au 
beau, le jour de Pâques 5 le soldat revînt sous ses drapeaux; 
et aiOTs on continua, ou plutôt on recommença le siège. La 
place capitula, le 26 mai, après 49 jours de tranchée ouver- 
te (1). Le comte du Plessis Ait créé maréchal de France, 
par état donné à Paris, le 20 juin , et prêta serment eu cette 
qualité, le i5 juillet. Il fut nommé, par pouvoir du même 
jour, lieutenant-général commandant Tarmée dltalie , sous 
le prince Thomas. Il leva, par commission du 20 mars 1646, 
un régiment d^nfanterie pour tenir garnison dans la cita- 
delle de Turin. Il eut ordre d'aller prendre le commande- 
ment de Tarmée de terre, à la place du duc de Brezé , par 
lettres du 3o juin suivant. Il commanda, par pouvoir du 18 
août, et conjointement avec le maréchal de la Meilleraye, 
Tarmée de terre jointe à celle de la mer (a). Ils prirent Piom- 
bino, le 8 octobre, et Porto-Longone le ag. La prise de ces 
deux places ayant obligé le pape Innocent X à traiter de la 
paix, Choiseul fut nommé plénipotentiaire par le roi de 
France. Il fut envoyé en Languedoc, avec un pouvoir, pour 
y conunander les troupes pendant qu'il y séjournerait : ce 
pouvoir est du 8 mars 1647* Nommé pour conmiander l'ar- 
mée de Lombardie sous le duc de Modène, par pouvoir du 
3 mai 164s, il passa le Pô avec laoo hommes de pied et 800 
chevaux; traversa une lieue d*eau en présence de 24 bar- 
ques espagnoles armées; marcha contre le marquis de Ga,- 
raecène qui était retranché devant Casai , d'où il assiégeait 
l'armée française, et l'obligea de se retirer. Il le poursuivit 
ensuite; le combattit près de Crémone; força ses retran- 
chements; franchit 5 fossés pleins d'eau, et fit 3ooo prison- 
niers : cette action eut lieu le 3o juin (3). L'armée française 



(1) Il ne restait plus dans la place que 5 maisons; le canon des assié- 
geants avait tout détruit. 

(a) Ces années marchaient alors contre Rome. 

(3) Un des fils du maréchal de Choîseul-Praslin , âgé de 10 ans , comi 
battit vaillamment à cette affaire, et y fut tué. 



â8o DICTIOXNÀIBE HISTORIQUE 

étant trop faible pour investir régulièrement la place de 
Crémone, les Espagnols en rafraîchissaient la garnison. Ce 
motif détermina le maréchal de Choiseul à lever le siège 
de cette place , le 6 octobre. Dans la guerre dite de lafrondt, 
Choiseul fut nommé commandant Tarmée du roi oevant 
Paris, conjointement avec le maréchal de Grammont, et 
sous les ordres du prince de Condé. Ils bloquèrent cette ca- 
pitale, vers la 6n de Tannée 1648. Le maréchal de Choi* 
seul reprit ensuite Brie-Comte-Robert, dont les Parisiens 
s^étaient emparés. Il 8*opposa, en murs 1649, aux progrès de 
Tarchiduc Léopold d'Autriche, qui s*élait avancé avec une 
armée sur la rivière d'Aisne, et le contraignit de se retirer. 
Il fut nommé par ie roi gouverneur de Monsieur; premier 
gentilhomme de sa chambre ; chef de ses conseils , et surin- 
tendant de ses finances : il prêta serment pour toutes ces 
charges, le 6 mai 1649. Commandant en chef Parmée de 
Flandre, de Champagne, et des frontières du Luxembourg, 
par pouvoir du a4 >nai i65o, il secourut Guise ; prit Rethel, 
sur les Espagnols, le 14 décembre; et battit près de cette 
place, le 1 5 du même mois, don Estevan de Gamare et le 
vicomte de Turenne. Les Espagnols perdirent dans cette af- 
faire aooo hommes tués, 2000 faits prisonniers, 8 pièces de 
canon et tout le bagage de leur armée. Il leva un régiment 
de cavalerie, par commission du a3 avril iG52. Ouïe fit mi- 
nistre d*état, par commission du 18 août suivant. Il com- 
manda l'armée de Champagne, par pouvoir du 2 Juin i653« 
Au siège de Si'- Ménéhouid, il se trouva trois fois obligé de re- 
prendre la tranchée, les ennemis ayant chassé les soldatsqai 
la gardaient, et ruiné les travaux avancés. Si*- Ménéhouid sç 
rendit cependant au maréchal, le 26 novembre (i)* Il se dé- 
mit, au mois de mai ]656, de sou régiment de cavalerie, en 
faveur de son fils. On lui donna, par lettres du 29 janvier 



(1) Après la prise de Sainte-Mënéhould , Louis XIY, dînant chei le 
maréchal , lui adressa ces paroles : « Vous n'avcs été chargé de cette eo- 
> treprise que parce que tous étiez seul capable de Tezécutcr; ce qui est 
■ impossible aux autres, n'est qu» difficile pour vous. » 



\ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 28 1 

1657, Tordre de remettre4a citadelle de Turin au ducde Sa- 
voie ; et on licencia son réginieut d'infanterie, qui y tenait 
garnison. Nommé pour compiiander les. troupes destinées à 
passer en Italie 9 par pouvoir du l'S janvier 1664, il s'avança ' 
jusqu'à Lyon. Le traité de Pise, conclu le 12 février, et ra- 
tifié peu de temps après par le roi , détermina le rappel du 
maréchal à la cour. Il fut fait chevalier du Saint-Esprit, en 
]66a. On le créa duc et pair de France sous le nom de Choi- 
seul, par lettres données à Paris, au mois de novembre i665, 
registrées le 2 décembre au parlement, où il fut reçu le même 
jour. Il accompagna M AD AMB eu Angleterre, en 1670. Il se ren- 
dit à Metz, en 1 67 1 , pour y épouser au nom de Moi^sieub la fille 
de rélecleur palatin. Il mourut à Paris, le23 décembre 1675, 
dgé de 78 ans(i). Le maréchal de Choiseul était doué d'un 
génie aussi propre à la guerre qu'ai^c négociations politi- 
ques. Il voyait le danger partout où il était , Tenvisageait 
sans'le craindre , et ne le cherchait pas sans motifs. Il ne 
croyait une victoire glorieuse, que lorsqu'elle était utile. 
Il se possédait à un tel point, que son visage paraissait cal- U 

me, lors même que son esprit était fortement agité. Il était 
honnête homme sans faste, et religieux sans superstition. 
On garde à la bibliothèque royale deux recueils manuscrits 
de ses lettres, et des mémoires qu'il rédigea depuis i63a 
jusqu'en 1671. {^Chronologie miiitaire, tom, II, pag, 55 1; 
Mémoires du maréchal du Plessis j Histoire militaire de M. 
de Quincy, Histoire de France, continuée par le Père Grif'- 
Jet; le président Hénaut ^ V ahbé Le Gendre , Bauclas^ His^ 
toire de France, par Anquetil, tom. Fil; Biographie uni-- 
verselle, ancienne et, moderne, tom, FUI, pag. 4^4 y Gazette 
de France*) 



(1) En 1672, la France ayant trois armées sur pied, Ghoiseul , expri- 
ma à Louis XIV son regret d& o'avoir point de commandement. Le 
monarque lui dit , en l'embrassant : « Monsieur le maréchal, on ne tra- 

• vaille que pour approcher de la réputation que vous vous êtes acquise» 

• il est agréable de se reposer après tant de victoires. • 



IT. 9€ 






itS2 DICTIONXAIRE lirSTOMQUE 

f>E CHOISEUL Dc PLi>?i3-l*nA*uN (Charles), comU ilu, 
ridais, mut L'c/uil-uc-iiinifj , lils ilu précédent, fut nommé 
colonel d'un régiment de son nom (depuis Poitou) , sur la 
démission desuii [têre, [lur comnussî(»n du 4 février 1640. 
Il commanda ce régiment aux siégi'S d'Âst et de Trin, et 
à la pris'j du pont de SUiie, ta même année; au siège et à 
la prise de Saint-Y-A. en lOi^; au siège et à la prise de 
Roses, en i(i.|5;et à la prise dc l'iombinoctdePortoiongone, 
en iG.|G. Créé niaréchalde-camp, p:ir brevet du 23 avril 

10 1;-, il continua de cominaiidei- son ré£;imeat| en Langue- 
doc, pendant toute la campagne. Il servit ensuite au se- 
cours de Casai; à la bat.iille de Crémone, et au siège de 
cette place , c^u'on fut obligé de lever au mois d'octobre 
1648. Il fut employé au blocus de Paris, eu 1649; se trou- 
va an secours de <>iiise et à la prise de Rcthcl; combattit 
vaillamment à la baluille qu'on doiin.l sou« cette place, le 
i5 décembre iUr)o, et y fut tué. [ Chronologie mililaire , 
loin, yi, ]jii^* aii-i ; Gaze tic de France) 

DB CnOISEUL-PRASLIN (Alexandre, cornle)y maréchal- 
dc-catiip^ frère cadet du précédent , fut nommé colonel 
d*un régiment d'inianterie dc son nom (depuis Poitou) à la 
mort de son frère, par commission du 17 décembre i65o. 

11 conmianda ce régiment à l'armée de Flandre, en i65i ; 
obtint une compagnie au régiment de cavalerie du niaré- 
clial de Cboiseul, son père, par commission du 17 février 
iG53; su trouva aux combats dei&lesncaU) d'Estampes et 

,du faubourg Saint- Antoine , la même année; aux sièges de 
Yervins, de Relbel, de Mouzon et de Sàinte-Alènèhould , 
en iG55; au si( ge de Stcnay, au secours d'Arra8,à la prise 
du Quesnoy, t-n i(i.Tvi; au siège de Laudrecies, où il reçut 
une blessure à la téîei, et enfui aux sièges de Condé et de 
Saint-Guiiain, eu i(>j5. Il se démit de son régiment d'in- 
fanterie, en faveur de César-Anguste de Choiseul, son frè- 
re^ le *il\ mai iG5G, et fut pourvu, le môme jour, d'un régi- 
ment de cavalerie de son nom^ sur la démission dc son père. 
11 commanda ce régiment au siège de Valenciennes, la mê- 
me année ; à celui dc Montmédy , en iGj^ ; à la bataille des 



DES GÉNÉRAUX FBÀNÇAIS. ^83 

Dunes, et à la prisede Duukerquc et dTpres, en i658. La 
paix çiyant été fuije^ ^\^ iCôq, on licencia son régiment, 
par ordre du 18 dvcîi i6ô:i> Il le rétablit le 7 décembre 
i665, et le commanda aux siégea de Tournny, de Douay, 
et de Lille 9 en 1667, et à la conquête d*une partie de la 
Franche-Comté 9 en 1668. Créé marée h al -de- camp, par 
brevet du 27 raarçde c^tle dor^^ière année, il fut désigné, par 
lettres du 5o, pour servir à Tarmée des Pays-Bas, sous les or- 
dres de Alo^si^iJR, doqt il était gentilhomme de la chambrç. 
La paix fut faite aii mqis dç mai , et on licencia son régiment, 
par ordre du a4* Ëtnployé, par lettres du ao avril 1672, à. 
Tarmée de Flandre, il fut lue d*un coup de canon au aiége 
d'Ârnheim, le i5)i|in 1672^ à Tâge de 58 ans. {Chronolo- 
gie militaire, tom, P^I,pag, 4*5; Gazette de France^) 

• DB CHOISËUL {César- Xv\^\sie y duc) j pair de France et 
l/eutehant-général, frère putné du précéden t, fut d'abord che- 
valier de Malte, et connu sous le nom de chevalier du Piessis. 
Il eut les abbayes de St.-Sauvj6ur, de Khedon et de Bonneval. 
On lui donna, sur la démission du comte de Praslin , son 
frère, le régiment d'infanterie d^ sqn noo[v(depuis Poitou^ 
par commission du 24 mai i656. Il se trouva au siège dç 
Yalenciennes , et au combat sous celte place, la même an- 
née ; aux sièges et à I9 prise de Montmédy,en 1697; de Gra- 
vélines, en i658 ; de Ch^rleroy, d'Ath , de Toa.rnay, de 
Douay, de Lille, en ii667;de Bes^Dçou,deDôle et deQrqy, 
en 1668. 11 fut créé brîgadiisr dHpfanterie , par brevet du 27 
mars de cette dernière année, et promu au grade de ma- 
réchal-de-camp , par brevet du 8 octobre 1669. Il eut des 
lettres du mémjs jour pour servir en Candie; mais^ sur la 
pouvelle que cette !le était rendue, et que la paix était 
-faite entre les Turcs et les Vénitiens , il n'entreprit point ce 
voyage. Employé, par lettres du 8 juillet 1672, à l'armée 
de Hollande , il servit au siège d'Ârnheim. Son frère aîné y 
ayant été tué, le i5 juillet, il prit alors le nom de comte 
du Plessis. Il marcha avec le corps commandé par le com- 
te de Chàmilly, au siège de Genep qu'il investit; au siège 
et à la prisp de Gravç. Il servit, en 1673, «ous le maréchal 



I 



!l84 DICTIONNA^E HISTORIQUE 

de Tiirenne, «'i la prise d'Dima, de Camen, d'Altena, de 
Bii^efcldy et à toutes les autres expéditions de cette cam- 
pagne. Employé sous le même général, en 1674» îl combat- 
tit à Sînlzheim , le 16 juin ; à Ladembourg, le 5 juillet; à 
Ënsheim, le 4 octobre; à Mulhausen, le 29 décembre, et 
à Turkeîm^ le 5 janvier 1670 Employé à l'armée comman- 
dée par le maréchal de Créquy, en iG^S, il- servit au siège 
de Dînant; couvrit les sièges de Huy et de Limbourg; mar- 
cha vers Trêves , et fit des prodiges de valeur au combat de 
Consarbruck et à la défense de Trêves. Il combattit à Ko- 
kcsberg, en 1676, sous le maréchal de Luxembourg. Gréé 
lieutenant-général des armées du roi , par pouvoir du a5 
février 1677, il servit cette année au siège et à la prise de 
Valeuciennes; h la bataille de Casscl ; au siège et à la prise 
de Saint- Omer. Il se trouva aux sièges et à la prise de Gand ' 
et dTpres, en 1678, et de Luxembourg, en 1684* Il de- 
vint, le ^*' juin de la même année, duc de Ghoiseul; pair 
de France ; premier geàtilhomme de la chambre de M on- 
siEVB, et gouverneur et lieutenant-général des ville, comté et . 
évéché de Toul : toutes ces charges et dignités lui furent 
données après la mort de César-Auguste duc de Ghoiseul, 
son neveu , qui avait été tué au siège de Luxembourg. Il 
fut créé chevalier des Ordres du roi , le 5i décembre 1688. 
Employé à Tarmée de Flandre, sous le maréchal d'Humië- 
res, par. lettres du 20 mars 1689, ^^^^ trouva à Tattaque 
deValcourt, où les Français furent repoussés. Eipployé 
sous le maréchal de Luxembourg, par lettres du 19 avril 
1690 , il commanda Taile droite de l'armée française à la 
bataille de Fleurus. Il eut part, en 1691, à la prise de Hall et 
à l'enlèvement d'un fourrage, près de Braine-le-Gomte , et 
combattit k Leuze. Il ne servit plus depuis cette affaire (1). 
Envoyé , au mois de septembre 1696 , en otage à Turin , 



(1) On lit dans Moréri, premier Supplément, pag. 171 : «Le duc de 
• Ghoiseul fit encore la campagne de 169a, en Flandre , et commanda la 
r maison du roi au combat de Steinkerquc , le i3 août. » Le duc de Ghoi- 
seul ne fît point cette campagne. Il n'est porté ni sur les états du roi, oi 
sur ceux de paiements pour cette campagne et les suÎTantes. 



DES GÊNiRAUX FRANÇAIS. 2^5 

pour Texécution du traité de paix fait avec le duc de Sa- 
voie, il en revînt au mois de janvier 1697. Il mourut, à 
Paris, le 12 avril 17065 âgé de 68 ans. {Chronologie mili^ 
taire ^ tom. IF', pag. 279; Gazette de France, mémoire du 

temps,") 

j 

V 

DE CHOISEUL (Ferry), vicomte d*Hostel, maréchal-de" 
camp^ issu de la branche des comtes d'Hostel, leva, par 
commission du 5 février 1600 , un régiment d*infanterie de 
son nom, avec lequel il servit à la conquête de Savoie, et 
qui fut licencié après cette campagne. Le vicomte d'Hoslel 
étant attaché à M. le duc d*Orléans, suivit, en i652, le parti 
de ce prince, avec une compagnie de 60 maîtres/et se trou- 
va à la bataille de Castelnaudary. Le prince lui donna, peu. 
de temps après, la charge de capitaine de ses gardes , et cel- 
le de premier gentilhomme de sa chambre. Devenu mestre 
de- camp-lieutenant de cavalerie d'Orléans , lors de sa le-/ 
vée, par commission du 5i décembre 1645, il servit au 
siège de Gravelines, en i644; à la prise de Gassel, de Mar- 
dick, de Linck, de Bourbourg, de Menin, et au siège de 
Bethune, en i645. On lui donha le gouvernement de cette 
dernière place , par provisions du 1" septembre dé'la même 
année. Il leva, par commission du i4 mars '1646, un régi- 
ment d'infanterie de son nom, une compagnie de chevau- 
légers , et une de carabins pour tenir garnison dans Bethu- 
ne. On lui donna encore une compagnie de cavalerie au 
régiment du Plessis-Praslin, par commission du i5 mai 
1646. Il se démit^du régiment de cavalerie d'Orléans, au 
mois de juin 1647, ^^ obtint, le 19 juillet, le grade de ma- 
réchal-de-camp. Ayant pris le parti du prince de Gondé, 
en~i65i , on lui 6ta le gouvernement de Béthune, et on li- 
cencia son régiment d'infanterie et ses compagnies de che- 
vau-légerset de carabins, par lettres du roi adressées au 
maréchal d'Aumont, sous la date du 8 février i652. Il fut ré- 
tabli dans sou gouvernement, en vertu de Tamnislie, par 
lettres du dernier octobre de la même année. Il leva , par 
commission du 8 novembre^ suivant, un régiment de cava- 
lerie , qui fut licencié en . i653. Il conserva le gouver- 



\ 



2 86 BTCTTOKNATKE HTSTORIQtE 

ncmciit de Béthunc jusqu'à sa mort, arrivée au mois de fé- 
vrier i655,{Chronoiogie militaire, tom, Vlypag, ii5; Gof» 
zette de France,) 

DE CHOISEUL-PAASLIN (Jean-Baptiste-Gastoii] , mar- 
quis de Praslin , lieutenant-général , petit-fils du précédent, 
fut baptisé le 22 mai 1669 ^ et connu d'abord sous le nom 
d*Hostel. Il servit comme volontaire sous le duc deLuxem-* 
bourg y CD 16^69 et combattit à Kokesberg. Devenu lieute- 
nant au régiftient du Roi, il se trouva au siège et à la prise 
de Valenciennes, où il entra des premiers l'épée àla main. 
II servit ensuite aux sièges de Casselet de Saint-Omer. Il se 
trouva j cti 1 678 , au siège de Gand , et à celui dTpres , où il 
fut dangereusement blessé à la tête. Il prit , en i683 , le nom 
de marquis de Praslin , lors de son mariage avec rbéritiëre 
de ce marquisat. Il servit, la même année, aux sièges et à 
laprisedeCourtrayetdeDixmude; obtint, par commission 
du !ii mars 16849 une compagnie au régiment de cavalerie 
du Roi; la cbarge de lieutenant-général du gouvernement 
de Cliampagne , et le gouvernement de Troyes, sur la dé- 
mission du marquis de Praslin , son beau-père, par provi- 
sions du 7 avril suivant, regislrées au parlement , le 3o juil- 
let 1686. Il fut employé, la même année .16849 ^ Tarmée 
qui couvrit le siège de Luxembourg, puis au camp de la 
^ Saône, en i685, 1686 et 1687. Meslre-de-camp d'un régi- 
ment de cavalerie de son nom, par commission du 14 juin 
1688, il servit, en i68r), à l'armée de Flandre, sous le ma- 
réchal d'Huiiiières, et combattit à Valcourt. Use trouva à la 
bataille de Fleurus sous le maréchal de Luxembourg, en 
1690; au siège et à la prise dâ lUons et au combstt de Leu- 
ze, en 1691 ; au siège et à la prise des ville et château dis 
Namur; au combat.de Steinkerque, en 1692; et à la ba- 
taille de Nerwinde, en 1695. Il obtint, par commission du 
29 août, la charge de mestre-de-camp-lieutenant du régi- 
ment Royal-Rbussillon cavalerie ; se démit de celui qu'il 
avait, et marcha au siège de Charleroi. Créé brigadier, le 
28 avril 1694, il servît à l'armée de Flandre sous M. le dau- 
phin ; se trouva à la? marche de Vignamont au pont d'Es- 



DES CENÊRÀUX FEAI^ÇÀIS. ^87 

|[»îerres , et au bombardement de Bruxelles. Il fut employé 
sous le maréchal de Yilleroy 9 en 1695; à l'armée du Rhin 
sous le maréchal de Choiseut, en 1696 et 1697 ; au camp de 
Goudun près Gompîègpe, par lettres du i3 août 1698; et à 
farmée d'Italie) par lettres du 5i mars 170U II combattit à 
Carpi et à Ghiari , la même année ; et résida à Grémone pen- 
dant rhiver. Promu au grade de maréchal-de-camp 9 pur 
brevet du 29 janvier 1702, il se démit de sein régiment. Il 
contribua à chasser de Grémone les Àlleman4s9 qui avaient 
presque réussi à s'en emparer par surprise, le 18 février; 
et le roi , pour le récompenser de cette action , le créa lieu- 
tenant-général de ses armées, par pouvoir du 9. Employé 
en cette qualité , par lettres du 21 , il combattit à Luzzcira; 
commanda ensuite les troupes des deux couronnes à Man- 
toue; servit aux sièges de Verceil, en 1704» et de Vérue, 
en 1705. Il.se distingua à la bataille de Ga^ano, le 16 août; 
y fut blessé, et mourut de sa blessure, le 25 octobre 1705. 
{Chronologie militaire, tom, IV , pag, 453; mémoires du 
temps , Histoire des Grands -Officiers de la Couronne, tom, 
IF, pag, 867; Gazette de France,^ 

DE GHOISEUL-LA-BAUMÊ (Claud'e-Antoine-Glériadus, 
comte) iUeutenant'génér al, frère du précédent, naquit le 5 
octobre 1 753. Il entra au service comme cornette au régiment 
de cavalerie de la Rochefoucauld, le 5 juin 1 746; le joignit à 
l'armée d'Italie; et se trouva au combat du Tidon, et à la 
défense de la Provence, la même année. Il servit encore 
sur les frontières du Piémont, en 1747 et 1748. Il fut fait 
deuxième cornette de la compagnie des chevau - légers de 
la reine, avec rang de lieutenant-colonel de cavalerie, par 
brevet et commission du 1*' février 1749; ^t devint succès- 
sivenient lieutenant et capitaine des gardes - du - corps du 
roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, et chambellan 
du même prince. Il obtint, le 1 5 juin 1755, une commission 
pour tenir rang de mestre-de-camp de cavalerie 9 et la lieu- 
tenance-générale du gouvernement de Champagne au dé- 
partement de Ghaumont et dépendances, en survivance de 
son père, par provisions du iS juillet 1755. Il prêta serment 



d88 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

pour celte charge, le 22 du même mois. Il fit la campagne 
de 1757.60 Allemagne, et fut fait enseigne de la compagnie 
des gendarmes d*Orléans, le 29 novembre de la même année. 
Il se trouva avec cette compagnie à la prise de Cassel et de 
la Hcsse; à la bataille de Lutzelberg, en 1758; et à la ba- 
taille de Minden , en 1 769. Sous-lieutenant de la compagnie 
des gendarmes écossais , par brevet du 19 avril 1 760 , il com- 
battit à Gorback, à l^arbourg et à Clostt^rcamps , la même 
année. On le nomma mestre- de-camp d*un régiment de 
dragons de son nom, par commission du 20 février 1761. 
Créé brigadier de dragons, par brevet du même jour, il se 
démit de la sous-licutenance des gendarmes écossais ; com- 
manda une brigade de dnigons à Tarmée d'Allemagne; et 
se trouva aux affaires de Fiiinghausen , celle année, et de 
JohaVinesberg, eni7G2. Déclaré, au mois dv mai 1 763, maré- 
. chal-dc camp, pour prendre rang du. 25 juillet 1762, jour 

^ de la date de son brevet, il se démit du régiment qn*il 

commandait. Il fut nommé lieutenant-général, au mois de 
décembre 1781. Le comte de Choiseul-Labaume a été une 
des victimes de la révolution française, et a été décapité le 
4 niai 1794* {Etats militaires, annales du temps.) 

DE CHOISEUL-ÇOUPFIER (N...., comté), lieutenant- 
général , était colonel du régiment de la Couronne infan- 
terie, en 1764. Il a été promu au grade de lieutenant-gé- 
néral, le i3 avril 1814. {Etats militaires,) 

DE CHOISEUL-GOUFFIER ^N...., comte) y lieutenant- 
général du 22 juin 1814. {Etats militaires.) 

DE CHOISEUL-b'AILLECOURT (Michel-Félix, comte), 

maréchal-de-camp du , était colonel en second 

du régiment de Guienne infanterie, en 1784. Il a émigré. 
( Etats militaires, ) 

DE CHOISINET, voyez de la Tour-du-Pin. 

CHOLET de £A Choletiere, grand- maître d'artillerie^, 
fut pourvu de la charge de maître-général et visiteur àt 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 289 

^artillerie de France, à la mort du sieur de Bouriiel deLam- 
bercourt , par provii$ions données au Plessis-lès -Tours , le 
7 décembre i477* ^^ posséda celte charge jusqu'à sa mort, 
qui eut lieu le 17 septembre i479« {Chronologie militaire, 
tom. III, pag, 479') 

CHONET DE BoLLEMONT (Françoîs-Cbarles-Robert), gé- 
néral de division d'artillerie , naquit à Ârancy,'eu janvier 
1749* 11 entra ati service comme aspirant au corps de Tar- 
tillerie^ en 1764, et passa rapidement par tous les grades. 
Il commanda avec distinction Tartillerie de Tavant- garde 
de Tarmée des Alpes, en 1792, et servit^ en 1793, à l'ar- 
mée de Belgique , où. il fut nommé directeur du parc géné- 
ral de rartillerîe. Ùréé général de brigade, il fut employé à 
Tarméedu Nord, en 1794» et y commanda l'artillerie au siège 
de Cfaarleroi. Il fit* la campagne de 1795, à l'armée de' 
Sambre-et- Meuse, et commanda l'artillerie aux sièges de 
Maestricht et de Luxeàibourg. La reddition de la première 
de ces places fut due en partie aux savantes dispositions 
du général Bollemont, qui parvint à faire taire les batteries 
de la place. Il fut créé général de division, le i3 juin de 
cette même année, et commanda en cette qualité l'àrtille- 
ric de l'armée de Sambre-et-Meuse. L'ennemi ayant mena- 
cé la place de Wurtzbourg , le général BoUemout accourut 
dans cette place pour dégager le^ grand parc d'artillerie de 
Tarmée française qui s'y trouvait renfermé. Après être resté 
pendant trois jours sans communication avec l'armée, il fut 
obligé de céder aux forces supérieures de l'ennemi , et se 
rendit prisonnier de guerre. Â son retour en France, il fut 
nommé inspecteur-général d'artillerie. En 1800, il fut choi- 
si pour comniander la place de Brest ; mais il refusa d'ac- 
cepter cet emploi. En 1802, il fut nommé membre du corps- 
législatif, par le département de la Meuse , dans lequel il 
était né et où il résidait. Il parait qu'à cette époque, il avait 
quitté le service. [Moniteur, états militaires, annales du 
temps,) 

DE CIVRÂC , VOJ'eZ DVRFORT. 



2gO' DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DE CLAIRAVÂUX, voyez v^AvBiEKES. 

CLAPÂREDE (Michel, comte), pair de France et lieu- 
tenant-général^ naquit à Gignac en Languedoc , en 1 774 (i)- 
Il embrassa la carrière militaire, en 179a,. et commença à 
servir comme volontaire dans un des bataillons du dé- 
partement de mérault. S'étant fait distinguer par son in- 
telligence et sa valeur , il fut bientôt appelle au gprade de 
capitaine, par le choix unanime de ses frères d'armes. II. 
fit les premières campagnes de la révolution française apz 
armées d'Italie, de TOuest et d'Allemagne, et mérita. le 
grade de chef de bataillon, qui lui fut accordé, proam au 
grade d'adjudant-général , le i5septenibre 1800, il fit, en 
cette qualité, partie de Tarmée d'expédition envoyée à Sl.- 
Domîngue, et qui sortit des ports de France,- le i4 décem- 
bre d^ la même année. L'adjudant-général Claparède, ayant 
été chargé d'occuper la partie espagnole de l'île , réussît 
complètement dans cette mission ; prit possession de SaiiU- 
Yago, qui lui ouvrit ses portes, et envoya i^u Gap leâ géné- 
raux nègres Glervaux et Toussainl-d'O , qui se raogère,Qtr' 
avec leurs troupes, sous les ordres du capitaine -général 
Leclerc. Gette opération étant ainsi heureusement termi- 
née , Glaparède en fut récompensé par le grade 4e général 
de brigade, qui lui fut conféré, le 27 novembre i8o!|. Il 
fut nommé, dans la même année , commandant de la ville 
du Gap , et ne quitta ce poste que pour aller commander 
l'avant-gardedu corps d'armée envoyé dans Unord de l'tle. 
Il conserva ce commandement jusqu'à son retour en Fran- 
ce. Il fit partie de l'expédition qui sortit du port de Rocher 
fort, en 1804, et qui arriva, le 22 février i8o5,en vuede 
rtle de la Dominique, appartenant aux Anglais. L^attaque 
de rtle ayant été conclue, le général Glaparède fit gravir ra- 
pidement par sa troupe un morne escarpé; s'empara du 
fort qui le défendait, et concourut par ce moyen à la prise 
de la Dominique. Revenu en France avec l'armée expédi- 



(1) Le comte Glaparède est issu d'une famille de robe. 



DES GÊMÉRAUlt FRANÇjIlIS. S^l 

tionnaire, le général Glaparède fut employé, clans la même 
année i8o5 , à la grande-armée d'Allemagne, et se trouva à la 
bataille (TUlm, au mois d^octobre. Napoléon, se préparant à la 
bataille, qhi fut livrée , le 2 décembre suivant, et qui reçut 
Je nom d'Austerlitz, avait reconnu une position très-favora- 
ble dite lé Santon; et, la considérant comme la clef de ses 
opérations offensives, il la fit fortifier avec le plus grand 
soin et garnir de i'8 pièces de canon, La garde de ce pos- 
te important fut confîé au 17* régiment dMnfanlerie lé- 
gère dé la division du général Suchet, commandé alors 
par le général de brigade Claparède. Le jour de la bataille 
d*Austerlitz , le prince Bagrafion, à la tête de la colonne 
de droite de Tarmée Russe, vint attaquer la position du 
Santon ; mais tous ses efforts pour s*ên emparer furent inu- 
tiles, et cette colonne, se trouvant écrasée par Partillerie 
française , fut obligée de rétrograder jusqu'à Prosoritz. Le 
général Glaparède se trouva, en 1806, aux combats de 
'Wertîngen, de Saàlfelds, et à la bataille de Jéna, gagnée 
sur les Prussiens, le 14 octobre. Il combattit avec distinc- 
tion à Pultusk, le a6 décembre, et y fut blessé. En 1807, 
il continua de servir à la grande-armée qui faisait la guer- 
re en Pologne. Chargé de défendre , avec la brigade qu'il 
commandait (1) , la tête de pont de Drewkenowo , sur 1*0- 
mulow, il fut attaqué dans cette position, le 1 1 juin, par 
une forte colonne dé l'armée russe; mais il soutint avec 
la plus grande fermeté Tattaque de Pennemi, et donna par 
ce moyen le temps au général Masséna d'arriver sur la li- 
gne avec des renforts.' Il fut créé général de division , le 8 
octobre i'8o8. Employé en cette qualité à là grande-armée, 
en 1809, î^ y ^^ ^^ campagne contre l'Autriche^ sous les 
ordres du maréchal Oudinot. Marchant en tête du corps 
d'armée de ce maréchal, le général Claparède rencontra, 
dans la matinée du 3 mai-, Tarrière-garde autriohienne en 
avant d'Ebersberg , et la fit attaquer par la brigade du gé- 



(1) Cette brigade étail composée du 17" régiment d'infanterie légère ; 
ce régiment accrut encore dans cette affaire la brillante réputation qu'il 
t'était acquise dejpuis long-temps. 



*tQ2 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

lierai Coehorn, qui aborda hardiment renneml, au mo* 
ment où celui-ci s'avançait sur le pont qui traverse la 
Traun pour gagner la rive droite de cette rivière.. Le mou- 
vement des Autrichiens étant protégé par une nombreuse 
artillerie, la brigade Coehorn, qui s'était élancée plusieurs 
fois avec impétuosité, avait été, arrêtée par la violence du 
feu des batteries ennemies. Le général Claparëde s'avança 
alors avec le reste de sa division, et appuya les batjaillon» 
des tirailleurs du Pô et des voltigeurs corses (brigade Goe- 
horo), qui continuaient à faire des prodiges de valeur. 
Bientôt cette masse serrée, s'avançant sur le pont qui était 
d'une longueur considérable , parvint à culbuter dans la 
Traun canons , caissons, chariots et soldats autrichiens. 
DéjiV une partie de la division Claparëde était arrivée aux 
portes d'Ebersberg , lorsque les premières arches du pont, 
du côté de cette ville , furent coupées par le feu qui s'y 
était communiqué de quelques maisons incendiées. Par 
cet événement, les troupes de la division se trouvèrent 
séparée.*) au moment où elles avaient à lutter contre 
3o,ooo Autrichiens, que le général Hillcr avait formés en 
bataille sur les hauteurs en arrière de la ville. Cependant 
la division Claparëde, forte seulement d'environ 7000 
combattants, soutint un engagement, aussi inégal qu'il 
fut long, avec une résolution et une intrépidité au-dessus 
de tout éloge. Une poignée de braves, qui était au-delà 
du pont, aurait infailliblement succombé, si les communi- 
cations n'avaient été rétablies par les autres divisions de 
l'armée , qui accoururent au secours de celle du général 
Claparëde. Elle perdit dans cette occasion plus de 5oo hom- 
mes tués et près de 700 grièvement blessés. La perte des Au- 
trichiens s'éleva à 4^00 hommes tués, 6 à 7000 prisonniers, 
4 canons et 2 drapeaux (i). Le général Claparëde se trou- 



(1) Le 5« bulletin de la grande -armée, inséré dans le Moniteur du i5 
mai 1809, s'exprime en ces termes : «La division Glaparède, seule, et 
» n'ayant que 4 pièces de canon , lutta pendant 3 heures contre 3o,ooo en- 

• nemis, et se couvrit de gloire. Cette action d'Ebersberg est un des plus 

• beaux faits d'armes dont l'histoire puisse conserver le souvenir. • 



DES GÉNÉaAUX FRANÇAIS. ^gS 

va ensuite aux batailles d'Essling, les 21 et 22 mai, et de 
"Wagram, le 6 juillet. Il fut créé grand-officier de. la Lé- 
gion-d' Honneur, le 17 dq même mois, et revêtu ensuite 
de la dignité de comte. Employé à Tarmée de Portugal, 
en 181O9 il y battit, en plusieurs occasions, le corps d'ar- 
mée du général Silveyra, qui manœuvrait pour inquiéter 
les communications entre les différents corps de Tarmée 
française; l'arrêta dans son mouvement, et le força de re- 
passer le Duero à Lamégo, le i5 janvier 1811. Après cette 
expédition, la division Claparède, qui se trouvait isolée du 
reste de l'armée, fut livrée à elle-même pendant trois mois 
dans un pays occupé et parcouru en tous sens par différents 
corps de milices, et de levées en masses, commandés, 
pour la plupart , par des officiers anglais. Malgré les obsta- 
cles de toute espèce que le général Claparède eut à vain- 
cre, ses opérations militaires entre le Duero et le Tage fu- 
rent couronnées par des succès importants. Appelé à la 
grande-armée , en 1812, il y eut le commandement en chef 
d'un corps polonais au service de France; fit en celte qua- 
lité la campagne de Russie ; se trouva à la bataille de la Mos- 
kowa, le 7 septembre ; partagea avec l'armée tous les dan- 
gers et les fatigues de la fatale retraite de Sloscou; com- 
battit au passage de la Bérésina , le 28 novembre, et y fut 
blessé. Il continua d*être employé à la grande-armée, en 
i8i5, et soutint, le 23 août, un combat glorieux sur les 
hauteurs de Giezubel contre Tennemi qui débouchait de la 
Bohême. Il concourut, le 17 .octobre suivant, à l'enlève- 
ment des positions retranchées que les Russes occupaient 
sur les hauteurs de Racknitz, près de Dresde. Étant rentré 
en France avec l'armée, en 18149 il commanda sous Paris 
une division d'infanterie composée de 6 régiments. Après 
la restauration du trône des Bourbons, le général Clapa- 
rède fut créé chevalier de Saint-Louis , le 8 juillet de la 
même année 1814. S. M. Louis XYIII le fit grand'croix de 
l'ordre royal de la Légion-d'Honneur , le 17 janvier 181 5. 
Le comte Claparède prit, le 8 juillet de cette dernière 
année, le commandement de la place de Paris, et le quit- 
ta, le 18 novenibre suivant, époque à laquelle il fut nom- 



^94 oiCTiomrAiRE historique 

mé inspecteur-général des troupes stationbéed dans la i** 
division militaire. Il remplit encore nfiaintenant ce(t6 
fonction. En 181 5, il fut Tnn des membres du conseil de 
guerre chargé dMustruire l'affaire du maréchal Ney. En 
18169 il fut aussi membre des conseils de guerre qui jugè- 
rent le contre-amiral Linois , le colonel Boyer et le lieute- 
nant-général comte Delaborde. En 1818, Il fut désigné 
pour concourir à la formation du corps royal d*état-ma}or. 
Créé pair de France, par ordonnance royale du 5 mars 
1819, il fut reçu et prêta serment en cette qualité, le 
i3 du même mois. On lui conHa, en 1820, la nouvelle or- 
ganisation de rinfanterie dans le 4*" arrondissement de Tins- 
pection générale de cette arme. {Etats et brevets militaires. 
Moniteur, annales du temps.) 

DE CLARE, voyez 0-Bkien. 

CLARKE (Henri-Jacques-Guillaume) , duc de Feltre, 
comte d*Hunebourg^ maréchal de France, naquit à Lan- 
drecieSj dans le Hainaut, le 17 octobre t^ôS (1). Destiné 
dès Tenfance à la carrière des armes, il entra comme ca- 
det à rÉcoIe militaire de Paris, le 1 7 septembre 1 78 1 9 et pas- 
sa sous-lieutenant au régiment de Berwick, le 1 1 novembre 
1762. II devint cornette- blanc dans le 5' régiment de hus- 
sards, avec rang de capitaine, le 5 septembre 17849 et ca- 
pitaine de remplacement au 16' régiment de dragons, le 
1 1 juillet 1790. Il donna sa démission , dans la même an- 
née, pour se rendre en Angleterre en qualité de gentilhom- 
me attaché à l'ambassade française. Étant rentré en France, 
il y reprit d'abord son grade de capitaine dans le régiment 
d'Orléans dragons; fut ensuite compris dans une réforme 
ordonnée par l'assemblée nationale, puis remis en activité, 
le 1 5 septeinbre 1791 , avec le grade de capitaine de i** classe 
au 14* régiment de dragons. Nommé lieutenant-colonel au 
2* régiment de cavalerie, le 5 février 1792, il fit la campa- 



(1) Il était issu d'une ancienne famille irlandairic , et fils d'un colonel 
d'infanterie au service de France. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. dQO 

gne de cette année à Taraiée du Rhiu; contribua à la prise 
de Spire 9 où il commandait la cavaLerie, et fit prisonnière 
de guerre ) en cette occasion , une grande partie des enne- 
mis. Employé à la même armée, en 1793, il défendit avec 
succès, et quoique avec des forces très-inférieures, le pas- 
sage de la Nahe, le 17 ^lars, |our àe la déroute de Bingen. 
Les représentants du peuple, en mission près de Tarmée du 
Khin, le nommèrent général de brigade provisoire sur la 
champ de bataille, à Tafiaire d'Hercheim, près de Landau, 
le 17 mai suivant. 11 commanda en cette qualité 3 régiments 
de dragons à Tavant-garde de Tarmée du Rhin, et devint, 
peade tempsaprès, ch^f deTétat-major-généralde la même 
armée. Suspendu de ses fonctions , le 12 octobre de la même 
année, il fut ensuite arrêté et porté sur la liste des suspects. 
Sa suspension de service fut levée le 18 février 1796; mais 
la réintégration 0ans son emploi n*eut lieu que le i*'mar8 
suivant, époque à laquelle il fut confirmé dans le grade de 
général de brigade. tlXut. chargé, le même jour, de la di- 
rection historique et topograp bique du ministère de la. 
guerre, et prit ^f^^ grande part ^ la rédaction des plans dont 
Texécution répandit alors un si grand éclat sur les armes 
françaises. Les services importants qu^il rendit dans cette 
partie du service ipilitaire, lui méritèrent le grade de géné- 
ral de division, qu'il obtipt le 17 décembre de la même an- 
née. £n 1796, le directoire -exécutif lui confia une mission 
importante auprès du cabinet de Yienncf; et, en 1797, il 
conclut avec le roi de Sardaigne un traité d'alliance avau- 
tageiix pour Tarmée d'Italie. Il donna de nouvelles preuves 
de son habileté diplom£^tique dans une seconde et impor- 
tante négociation, entamée entre rAutricbe et le gouver- 
nement français. Le général Buonaparte lui fut adjoint dans 
cette mission , qui amena la conclusion du traité dé paix , 
signé le 17 octobre, ^ .Campo-Formio. Après la révolutioa 
du 18 fructidor an 5 (4 septembre 1797)» il fut rappelé de 
ritalie. 11 avait joui, pendant ses missions diplomatiques, 
du traitement d'activité attaché au grade de général de di- 
vision; mais le directoire décida, le S12 septembre 1798, que 
le général Çlarke ne recevrait plus à l'avenir que le traite- 



ag6 DICTIONNAIRE UISTOBIQUE 

ment de réforme. Il recoi|vra son emploi 9 après la révolu- 
tion du 18 brumaire an 8 (9 novembre 1799) l'reprit sa place 
de chef de bureau au bureau topographique du ministère 
de la guerre; et remplaça ensuite le général Meunier dans 
remploi de chef du dépôt de la guerre. Le premier 'consul 
Buonaparte, voulant se rapprocher de la Russie, l'envoya à 
Lille pour y préparer le dépari des prisonniers de guerre 
russes. Les égards que Clarke eut pour eux lui valurent des 
remerctments de la part de Tempereur de Russie, et une 
épée enrichie de diamants que ce monarque lui fit remet- 
tre. Lors de Touverture du congrès de Lunéville , en sep- 
tembre 1801, le général Clarke fut chargé d'y entamer les 
négociations, qui furent ensuite suivies par Joseph Buona- 
parte, frère du premier consul. Il fut nommé, par décret 
du a4 du même mois, commandant extraordinaire de Lu- 
néville et du déparlement de la Meurthe. Par autre décret, 
du 20 juillet suivant, Buonaparte le nomma ambassadeur 
de la république auprès du roi de Toscane. Après 5 ans de 
séjour dans ce pays, il fut rappelé à Paris; nommé membre 
du conseil-d'état et secrétaire du cabinet pour la guerre et 
la marine. Inscrit, le 28 octobre i8o5, sur le tableau des of- 
ficiers-généraux en activité à la grande -armée, le général 
G larke accompagna Buonaparte , dans la campagne de cette 
année, contre TAutriche, et se trouva à la bataille d'Ulm , 
ainsi qu- à plusieurs autres affaires, jusqu'à la prise de Vien- 
ne. 11 fut nommé gouverneur de cette capitale et de la Basse- 
Autriche, ainsi que des provinces de Carinthie, Styrie, etc., 
Iei5 novembre. On lecréa grand-offîcierde laLégion-d'Hon- 
neur, le 8 février 1806. Après la paix de Presbourg, le géné- 
ral Clarke fut chargé de la fixation de la ligne de démarca- 
tion des frontières du Brisgaw, en Ire le royaume de "Wur- 
temberg et le grand-duché de Bade. A son retour à Paris, et 
avant la campagne de Prusse, il conclut avec M. Oubril» 
ministre plénipotentiaire de Russie, un traité de paix que 
cette puissance ne ratifia pas. Il commença , vers le même 
temps, les négociations pour la paix entre la France et l'An- 
gleterre; mais, la mort du ministre anglais Fox ayant fait 
changer la face des affaires, ces négociations furent rom- 



I » 



DES GENERAUX FRANÇAIS. »97 

pues, jet la campagne contre la Prusse fut ouverte. Le gé* 
iiér4l Clarke accompagna encore BuQnap^i'te au con^nien* 
cernent de cette campagne. Il he trouva à la bataille d'Iéna, 
le i4 octobre, et fu^ epsuite nompié gouverneui de la ville 
d'Ërf ur(b y qui se trouvait encombrée de pri^oppiers de guer- 
re prua^iens. Pans ce temps, il eqt oôcasiop de faire capi* 
Igler le» grenadiers du régiment saxon de Qundt, qui lui 
remirent leur drapeau, ain^i qu'iipe batterie de plusieurs 
pièces de canop attelées et approvisionnées. Aussitôt ^près 
li^ prise de Berlin par Tarmée française, Clarke fut nommé 
gouverneur-général de cette capitale de la Prusse. Il remr 
plit pendant un an cett^ fonction de 1^ manière la plus bp- 
norable, et mérita par 9a fermeté, sa modération et sop 
inflexible probité , restip[^e def habitants dfi Berlin. £n 1807, 
il fut cbargé de rechange des ratifications dp traité de paix 
entre la France et la Saxe; pbjlint, à cette occasion, la 
grand'croix de rprdrje de Saint- Jlpbert de Saxe, et reçut ^ 
en août de la même année, Tautoris^ilion d'ep porter la 
décpration. ^poaaparte le nomma, par brevet du 9 dp 
mètne mois, ministre de la guerre, jep renfiplacement du 
yparéchal Bertbier* Il se* distingua, dès son début dans ce 
xninistèrie , par l'ordre et la méthode qu'il introduisit dans 
tputes les partl/es qui |e coippo^aient. Un des événements 
les plps remarquable^ de son adpqiinistration, fut la forma- 
tion ^ divefs corps d'observa|ion , et Jj mise sur pied, en 
moins de 5 seipafnes, d*unjB a^mée de ioo,ooq hommes j 
qu'il porta sur les bords de rCscaiit^ à répot|ue du débar- 
quepiept de Ip^d Cbatam dans File de Walchfren, avec 
55,000 Anglais (i)- paps la prepiiè^e huitaine de /ce débar- 



OA. 



(i) Le çéDéral GlarLc , en sa qualité de ministre de la guerre, donna , 
en septembre 1808, au sénat conservateur, communicat^od de toarapr 
port à Tempereur, relatif 9 la levép <}e 8p,QOO cçnficritt à prendre sur le» 
cla^^e» des années i8q6 i 1^9, et 4e pareil nombre aur les c^ass^ de l'an- 
née 1810. {Moniteur du 7 septembre 180Ç.) 

En 181a , avant l'ouverture de la campagne de RuMÎe, il fit au diéf dé 
l'état un rapport sur la nécessité de diviser la garde nationale de Vtmfit» 
an trois bans ^ pâ de lever 100 cohortes do i.v iiao. (JUioniUmr du 16 mai^ 

ir. U 



2^9 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

quement, plus de 20,000 Français furent ofiposésauxeaDe-' 
mis; et quinze jours s'étaient à peine écoulés , que le géné- 
ral Clarke avait déjà fait réunir sur ce point plus de 4O9O00 
hommes. Le danger étant imminent, Clarke Bt encore mar- 
cher en Hollande près de 449^00 hommes. LVclatant service 
quMl rendit à la France , en cette occasion, fut récompensé 
par le grand-cordon de la Légion-d*Honneur, qui lui fut ac* 
cordéle i4n™ars 180g. Il avait reçu, en 1808, le titre de comte 
d'Huuebourg; et il fut revêtu , en 1809, de celui de duc de 
Feltre. Il continua de conserver le portefeuille -de la guerre 
jusqu'à la restauration du trône des Bourbons, en 1814. La 
constance avec laquelle il avait soutenu les pénibles trU- 
vaux de ce vaste ministère, mérite les pins grands éloges; 
et il s*y acquit des droits à Testime générale $ autant p^r 
Texaclitude que par la scrupuleuse intégrité qui càractéri^ 
seront ses opérations. Le 8 avril 18149 il envoya son adhé- 
sion à la déchéance prononcée con tre N.«pol éon, ainsi qu'aux 
actes du gouvernement provisoire; et, de ce moment, il 
prit peu de part aux affaires publiques. Il fut créé pair de 
France, par ordonnance royale du 4 i^in suivant, et che* 
valier de Tordre royal et militaire de Saint-Louis, pi^ autre 
ordonnance du 27 décembre de la même année. On Pavait 
admis au traitement d'activité de lieutenant -général, les 
septembre précédent. Lorsque Buonaparte fil son invasion 
en France, en mars i8i5, S. M. Louis XYIII nomma, le 
11 du même mois, le duc de Feltre ministre-secrétaire- 
d'étal au département de la guerre, en remplacement du 
maréchal SouU. Dans la position où se trouvaient alors les 
choses, il était difficile de remédier au mal qui se trouvait 
fait : néanmoins, le général Clarke, voulant donner au roi 
une preuve de sa fidélité et de son dévouement, n'hésita 
point à accepter le portefeuille que S. M. daignait lui con- 
lier. Au milieu du trouble et du désordre général qui ré- 
gnaient, le duc de Feltre montra un calme et une présence 
d'esprit qui contribuèrent à donner aux opérations du gou- 
vernement le caractère de dignité qu'elles devaient avoir. 
Les progrès de Tinvasion de Buonaparte ayant obligé S. Al. 
Louis XYIII de quitter Paris, puis la France, le duc da 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 29g 

Feltre accompagna son souverain à Gand, et continua d'ê- 
tre chargé du portefeuille de la guerre. Il reçut du roi une 
mission auprès du prince de Galles, alors régent d'Angle- 
terre. Il remit, par ordre du roi , le portefeuille de la guerre 
au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, le 8 juillet 181 5, et fut 
nommé gouverneur de la 9* division militaire, le 1 5 sep- 
tembre suivant. 11 fut nommé membre du conseil privé de 
S. M. , le 19 du même mois, et appelé de nouveau au mi- 
nistère de la guerre, par ordonnance du 28. On lui donna 
le gouvernement de la i4' division militaire, le 10 janvier 
1816; mais ce gouvernement ne Tempécha point de conti- 
nuer Texercice des fonctions de ministre de la guerre. S* M. 
releva à la dignité de maréchal de France, le 3 juillet suf-. 
vant; et il prêta serment en cette qualité, entre les maîqs 
du roi, le 14 du même mois. Il fut créé duc et. pair^par 
ordonnance du 5i août 1817. Le duc de Feltre offrit, en sep- 
tembre de la même année , sa démission du ministère de, 
la guerre, et elle fut acceptée par le roi. Le mauvais é.t^ 
de sa sauté le porta à se retirer, en 1818, dans sa terJre àc 
Neuville, près de Saverne; et il y mourut le a8 octobre. Il' 
était chevalier de Tordre de la fidélité de. Bade. Jjè4pç fie 
Feltre possédait plusieurs langues; il aimait les lettres et 
les cultivait dans ses moments de loisir. Il a rédigé un 
grand nombre de mémoires et de plans sur la diplônâatie, 
sur la guerre et sur Tadministration ; tous sont remarqua- 
bles par la clarté et la correction du style. {Brevets et états 
militaires y Moniteur ^ annales du temps.) 

1 

CLARY (Françoîs-Joseph-Mdlie) , marêchal^de-camp ^ 
entra au service, le 18 juin i8o3. Il fut créé officier de la 
Légion-d*Honneur, le 5 janvier 1814» et promu au grade 
de maréchal de-camp, le 25 août de la même eiunée» {Etats 
militaires,) 

CLÉMENT DU Metz (Henri I"), maréchal de France^ 
était en exercice de la charge de maréchal de France, au 
mois de juin 12049 époque à laquelle le roi Philippe Au- 
guste lui fit don du château d'Argentan ^ en Normandie. 



5oa DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Dans Pacte qui établit cette dotation , Clément est qualifié 
de maréchal. C'est pendant qu'il possédait cette charge, 
qne l^hilippe Aug^usteflt, avec Tévéquede Maçon , le traité 
qui prouve évidemment que le sénéchal ^ le connétable 
et ie maréchal étaient dès lors essentiellement o£Bciers mi- 
litaires. Henri Clément marcha au secours de Guillaumei 
sénéchai d'Angers, qui avait commencé pour le roi la con- 
quête de l'Aquitaine. 11 battit les seigneurs de Mauléoii et 
de Mortemer, (|ui ravageaient lés villes et les villages de 
i^Oitou soumis à Philippe Auguste. Leur défaite et la prisé 
dès gentilshommes rebelles, que Clénienl conduisit au roi 
dévaht la ville de Poitiers, dont ce prince formait alors le 
siège, contraignit cette dernière placé de se rendre. Lou- 
ftun, Niort, Fontenay, Melle, et toutes les autres places du 
Poitou, ain^i que celles de la Saintonge, imitèrent la sou- 
Bijssiôn de Poitiers. Clément mourut de maladie à Angers, 
Ciù iai4(i}* {Ckronologie milituire^ tom. Il, pag» 107; 
Histoire des (rrands-Ql/iciers de la Couronne, tom. FI, 
pag. 6àô.) 

CLËt^ËNT DU Metz (Jean), maréchal de France, fils du 
précédent , fut pourvu, quoique fort jeune , de la charge de 
maréchal de France par Philippe Auguste, qui la lui don- 
na en reconnaissance des services rendus par Henri, père 
de Jean Clément. Ce dernier exerçait cette chargt^ au mois 
d^août 1223, comme il paraît par le serment qu'il fit de àé 
point prétendre à l'hérédité dé cette dignité. Il assista à 
l'assemblée des grands de f rance, tenue à Saint- Denis, au 
mois deiseplembre i235. Il mourut en 1262 (2). {Chrono- 



(1) h*Histoire des Grands-Offieiêrs de (a Couronne le fait coïnbatlre 
à la journée de Bovines, en 1214 > mais Rigord dit positivement que ie 
maréchal Clément était malade à rextrëmité, lorsqu'un courrier vint lui 
apprendre lâ nouvelle de la victoire remportée dans cette journée. 

(a)Filleaa de la Gbaise, auteur d'une histoire imprimée de saint Lonîs, 
tom» i» fMM^» 49) <^t l'auteur de V Histoire des Grands-Officiers de la Cou- 
roffintf, placent au rang des maréchaux de France, en iaa6, un Ro- 
bert de Gbucji que le derttièr bîstorîen de la maison de Coucj oroit 







DES GENERAUX FRÀITÇÀIS. 3o 1 

iogie militaire , tom. Zf , pag.. 10% ; Histoire des ùrands^ 
Cffficiersde la Cour*onne, tom. FI, pag. 6a 1.) 

CLÉMËNt (Albérîc), iiéurdu Metz, maréchal de Fran- 
ce. Lte Yhfv Daniel^ l'auleût de rhistoire des Grarids-Offi- 
cîers de la Côùrobrte , et presque tous nos écrivains mo- 
dernes, comfnencent léUt* liste des maréchaux par cet Â1- 
béric; mais il est évident, par, les registres tenus du temps 
de Philippe Augùsie, que si Albéric Clément a été pourvu 
de celte djgbité, ce n'a été qu'après le maréchal Pierre. Le 
Père Daniel veut encore que Ce hiêtoe Albérîc n'ait été que 
maréchal du rûi, et non pas maréchal de France (1). G'e'St 



ne pouvoir être que ftoberl de CouCy, seigneur de ^înon, frère cadet 
d'Edgruetraùd lll, 8Îre de Côocy. Si ces auteurs avaient examiné aUèn- 
tirement la pîècfe ïiir laquelle iU foqdent ce fait, ils se seraient aperçus 
que la qaaKlé de nnaréchal de France ne pouvait convenir à Robert de 
Goucy, et qu'elle appartenait sûrement à un autre homme désigné dans- 
la pièce par ce seul titre, et qui ne pouvait être que Jean Clément. Ce- 
lui-ci, en effet, était i)oûr lors le seul maréchal de Fraûce, et le fut en- 
core longtemps après. On a lé trééôr des chartes et divers actes, «oit do 
même temps, flnil postérieurs, dans lesquels Robert dé Goacy ne prend 
aucune qualité de cette espèce. Quant à Jean Clément , on l'y trouve 
toujours revêtu du titre de maréchal de France jusqu'en ia6i. 

(1) Le plus regretté de cenz qui furent tués au preAkier assaut du sié*' 
ge d'Acre , fut Aibéric Clément, à qui l'histoire donne le titre de ma- 
réchal. Plusieurs oùt remiarqué que c'est le premier qui ait porté ce ti- 
tre; mais on ne sait si leur remarque est tout-à-fait juste. Car première- 
ment , H ne pamit pas par l'histoire qu'AIbéric ait eu le commandement 
de l'armée. Secondement, Rîgord, pag. 191, ne l'appelle pas maréchal 
de France, mais maréchal du roi de France. Or, nos rois avaient des 
maréchaux, c'est-à-dire, des officiers ayant intendance sur leur écurie, 
sous le connétable , qui n'était pas alor^ commandant d'armée par son 
office. Ces maréchaux suivaient souvent' les rois à la guerre, comme les 
autres officiers de leur maison. (Histoire de France du Père Daniei , 
tom. lY, pag, 66.) Il «it certain que les maréchaux de France, en 1191» 
étaient officiers militaires*' De ce que Rigord appelle Aibéric maréchal du 
r6i de iPraoce, et non pis maréchal de France, le Père Daniel conclut 
mal à propos Qu'AIbéric n>était pas maréchal d* France. Cette qualité 
se trouve constatée par des monuments postérieurs. £n laaS, Clé- 
ment , dans son acte de prestation de serment ^ s'appelle lai-même ma* 



5oa DICTIONNAIRE niSTORIQLT 

ane distinction aussi frivole que celle qn^il avoulu^întroduiro 
pour les sénéchaux. Pinard, dans sa Chronologie militaire, 
a démontré , an chapitre de ces derniers officiers, le peu de 
solidité des arguments du Père Daniel, à cel égard. Albé- 
rie Clément fut tué à un assaut, uu siège d*Acre., en 1 191. 
{^Chronologie militaire, tom, il^ pag, io5; Histoire des 
Grands-Officitrs de la Couronne, tom. VI ^ pag. 6a 1.) 

CLERC (Antoine-Marguerite, comte), maréchal-'de-campj 
entra au service, comme soldat» dans le 10' régiment de 
chasseurs à chenal 5 le lo novembre 1 790. Il y fut fait four- 
ricr, le i6mai 1 795; maréchal- des-logis-chef, le 3 avril j 794; 
et sous-lieutenant, le 5 janvier 1797. Depuis son entrée au 
service, jusqu^à la dernière époque que nous venons d'in- 
diquer, il avait fait les campagnes des armées du Rhin et 
d'Italie, et s'était distingué en plusieurs occasions. Il avait 
été blessé d'un coup de sabre au poignet gauche, devant 
Landau, le 17 mai 1795; un coup de feu lui avait traversé 
le corps, et il avait reçu un coup de sabre à la main droite 
à l'affaire de la Reull, près de Manheim, le 28 mai 1794» 
enfin, il avait été atteint d'un coup de feu, le 20 août 1794» 
et d'un coup de sabre, le 5 avril 1795» Dans cette dernière 
année, cet officier fit partie d*un peloton qui enU'va , sous 
les yeux du général Desaix, la grancrgarde du régiment de 
hussards de Wurmser, ainsi qu'un poste -de 200 hommes 
d'infanterie q«ii servait également de granil'garde aux trou- 
pes de la garnison autrichienne de Manheiin. A l'affaire de 
Bellune , en Italie , Clerc , étant alors sous- lieutenant , com- 
battit très-vaillamment; et, avec 4 chasseurs seulement, il 
fit prisonniers 5oo soldats et 5 officiers autrichiens dans le 



réchal du seigneur Louis roi de France ; et dans des actes subséquents, 
particulièrement dans un acte du mois de septembre ia38 {Duohesna^ 
eoHedion de* historiens de France et autres) , il est appelé Jean , ma- 
rëcbal de France. S'il n'a pas eu le commandement en cbef de l'armée 
au siège d'Acre, c'est qu'il n'était pas naturel que ce commandement 
lui fût conféré, lorsque plusieurs rois et princes de leur sang y comroan- 
daient eo perionne* 



DES GENERAUX FRA1?TÇAIS. 3o3 

quartier- général ennemi. Il passa, avec soii grade de 
sou»-lieutienant, aux grenadiers à cheval de la garde con- 
sulaire, le 5 janvier 1800; y fut fait lieutenant en se- 
cond, le 18 iuillet delà même année; et lieutenant en pre^ 
mier, le 26 octobre suivant. Il entra comme capitaine-ad- 
judant-major dans les chasseurs à cheval de la garde des 
consuls (depuis garde impériale), le i3 octobre 1801 ; y ob- 
tint le grade de capitaine titulaire, le i5 octobre 1802, et 
celui de chef d'escadron, le 5 septembre i8o5.. Il avait été 
nommé membre de la Légion-d'Houneur, le 14 juin 1804. 
De. 1797 à 1806, il avait servi activement aux armées d'Ita- 
lie et des côtes de l'Océan, et à la grande armée; et s'était 
trouvé, avec son régiment, aux batailles d'Ulm et d*Atis- 
terlilz, en 1806. A cette dernière bataille, il chargea, à la 
tête de 100 chasseurs de son régiment, une colonne russe 
qui se dirigeait, en fuyant , vers le lac d'Augzed, et lui en- 
leva 8 pièces de canon. Cette laction brillante lui valut le 
grade d'ofiQcier de la Légion-d'Honneur, qui lui fut conféré 
le 1 4 juin 1806. Il fit les campitgnes de 1806 et 1807 en 
Prusse et en Pologne ; se trouva aux différentes affaires qui 
y eurent lieu; passa à l'armée d'Espagne, en 1808, et re- 
vint faire, à la grande-armée, la campagne d'Autriche , en 
1809. Il fut fait colonel à la suite des cuirassiers, le 5 juin 
de cette dernière année , et colonel titulaire du i""' régiment 
de cuirassiers, le 6 juillet suivant. Il marcha, avec son 
régiment, à la campagne de Russie, en 1812, et fit la 
désastreuse retraite de Moscow. Il servit en Saxe, pen- 
dant la campagne de i($i5, et fut blessé d'un coup d'o- 
bus à la bataille de Hanau, le 3o octobre. Il fit la campa- 
gne de France, en 1814, et fut blessé d'un autre éclat d'o- 
bus, le 5o mars, devant Paris. Il avait été créé chevalier 
de l'ordre de la Couronne-de-Fer, le 18 septembre i8i3. 
Il obtint de S. M. Louis XVIII la croix de chevalier de l'or- 
dre royal et militaire de Saint-Louis, le 8 juillet 1814, et 
le grade de maréchal-de-camp i le '25 août de la même an- 
née. En 1816, il commandait le département de la Drôme, 
dans la 7" division militaire. Il passa, en 1818, au com- 
mandement du département de TOrne^ dans U i4' divi- 



5o4 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

BÎoii militaire. Le général Cleic» qui avait été créé barpn en 
1807, fut revêtu par le roi du titre de vicomte, par lettres- 
patentes du 26 mars 181 8. Il a été nonuné comaiandant de 
la 5* subdivision de la 14* division militaire^ par ordon- 
nance du m avril i8ao. {Brevets et états milUaires, Mord-- 
teuFf annales du temps,) 

LE CLERC (Jacques-Gabriel- Louis), marquis de Joigne, 
lieutenant - générai f naquit au mois de mai 1737. Il entra 
aux mousquetaires, le 7 juillet 174^9 et se trouva avec ce 
corps à la bataille de Dettingen, au mois de juin 1743. Il 
obtint, le 4 octobre suivant, dans le réglaient de cavalerie 
.d*£gmont, une compagnie, qu*il commanda aux sièges de 
Menin et dTpres, et au camp de Courtraj, en 1744» ^ ^^ 
bataille de Fontenoy ; aui: sièges de Toumay, d'Oudenarde, 
de Dendermonde et d'Ath, en 174^» au siège de Bruxelles 
et à la bataille dfi Raucoux, en 1 746 ; et à la bataille de Law- 
feld, en 1747- Devenu colonel du régiaient dlnfanterîe de 
lilésois, par commission du 1" janvier 174B, il îoigni^ ce 
régiment à Tarmée dUtalie,^ et Vy commanda jusqu*à la 
paix. Le régimept de Biésois ayant été réformé et incorporé 
daiis celui de Guienne, par ordon^iance du 10 février 1749» 
le marquis de Juigné fut mis colonel à la suite du régiment 
des grenadiera de France, par ordjre du ao du même moiSi 
et servit avec ce régiment au camp de Dieppe^ eu 1756; k 
la bataille d^Hastembeck ; à la prise de Minden , de fla« 
novre et de plusieurs autresplaces de Télectorat ; au camp de 
Clostersevern ; à la marche sur Zell , en 1757; et à la retraite 
de rélectorat de Hanovre, au commencement de 1 758. Nom- 
mé colonel d'abord du régiment de Nice, puis du régiment de 
Champagne , par commission du 3 juin , il prit le comnian - 
dément de ce dernier à la bataille de Crevelt, le a3 du mê- 
me mois. Il commanda la colonne de la gauche, à l'atta- 
que d*Herberen , au mois d'octobre suivant , et s'y distin- 
gua particulièrement, sous.les ordres du marquis de Poyan- 
ne. Créé brigadier, par brevet du 10 février 1759, il com* 
manda la brigade de son régiment à la bataille de Minden, 
le 1" août; aux combats de CorbacL et de Warbourg, en 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 3o5 

9 

1760; k l'attaque de Fillinghausen , en 1761 ; et à plusieurs 
actions qui eurent lieu vers la fin de cette campag^ne, 
et pendant celle de 1762. Déclaré» au mois de. décem- 
bre de celte dernière année , maréohal-de-camp , dont le 
brevet lui avait été expédié dès le 25 juillet précédent, il 
se démît alors du régiment de Champagne. Il fut envoyé, 
en qualité de ministre plénipotentiaire , près la cour de Eus - 
sie y le 25 décembre 1774* On le créa lieutenant-général , le 
10 mars 1780. Il émigra en 17919 et commanda une partie 
de l'infanterie noble de Tarmée des princes français. Il 
mourut le 4 août 1807. {Oironologie militaire, tom, J^II , 
pag, 549 ; mémoires du temps. Gazette de France j Nobi- 
liaire universel de France^ Paris, 1817, in-8®, t. XII, p. 82.) 

LB CLERC (Léon-Marguerite) 9 baron de Juigné, maré^ 
chal-^e-camp , frère puîné du précédent, naquit au mois 
de mars 1733. Il servit cl*abord dans la marine en qualité 
de lieutènantde vaisseau. Il fut fait capitaine de cavalerie, 
en I758; colonel aux grenadiers de France, en 1762, et 
colonel du régiment de Soissonnàis, en juillet 1767. On le 
créa brigadier , le 3 janvier 1770 , et maréchal- de-camp, le 
1*"' mars 1780. Il émigra en 1791 9 et mourut le 24 octobre 
18 lô. [Etats militaires, annales du temps , Nobiliaire uni^ 
versel de France, Paris, 1817, m-8', tom. XII, pag. 85.) 

DE CLEREMBAULT (Philippe), /Tior^c^/ de France, fut 
d'abord connu sous le nom de baron , puis de comte de PaU 
luau. Il porta les armes dès Tâge de seize ans , sous le duo 
de Savoie et le maréchal de Créquy, et combattit à Buffa* . 
rola 9 le 23 juin i636. Il fut fait capitaine d'une compagnie 
d'arquebusiers à cheval de nouvelle levée 9 par commission 
du 12 novembre , puis oapitaine->lieutenant des cbevau-lé- 
gersdu cardinal de Richelieu. Il obtint, vers le même temps, 
le gouvernement de Niort. Il servit , sous le cardinal de la 
Valette, au siège de Landrecies , qui se rendit le 26 juillet 
1637; à la défense des lignes françaises devant Arras, le 2 
août 1640 9 et à la prise de cette place , le 9. Créé maréchal- 
de-camp, par brevet du 14 a^ril 164^,* il fut employé en 
celte qualité en Roussillon^ sous les maréchaux de Schom- 

IV. 39 



3o6 DICTIONNAIRE HISTORIQGE 

berg et de la Meillerayc , et se trouva au sîége de Perpignan, 
qui capitula le 29 août, pour se rendre le 9 septembre." A 
la mort du cardinal de Richelieu , la compagnie de chevan- 
légers du comte de PaUuau fut mise en compagnie de gen- 
darmes, et donnée au prince Maurice de. Savoie. Le comte 
de PaUuau en resta capitaine-lieutenant,, par provisions du 
12 décembre* Il servit, comme maréchal- de- cauip, àTar* 
mée de M* le duc d'Eughien, en 1643 ; se trouva au siège 
de Thionviile* qui capitula le 10 août; à Tattaque de 
SierL, emporté le 1" septembre; et à celle du chdteau de 
cette place , qui capitula le 3. Il combattit à la première 
des trois journées de Fritx>urg, le 3 août 1644 ; ^^ 9 avec le 
régiment de cavalerie d'Enghien, il y soutint l'attaque du 
prince, qui força une partie des retranchements des Bava- 
rois. Le comte dePalluau releva , le 2 septembre, la tran- 
chée au siège de Philisbourg , qui capitula le 9. Il leva, par 
commission du 20 mai i645, un régiment d'infanterie de 
son nom, qu'on incorpora, le 20 octobre 16479 .dan^uo 
autre régiment qui lui fut donné et avec lequel il combat- 
tit , le 3 août, à Norilingue. Il leva un régiment de cava- 
lerie, par commission du 20 mai 164O. On le nomma mes- 
tre- de-camp-général de la cavalerie, sur la démission du 
maréchal de Gassion , par pouvoir du 3o du même mois; 
et son régiment prit alors le nom de mestre- de-camp-gé- 
néral. Il concourut à la prise de Courtray, le 28 juin; de 
Bergues-Saint-Vihox, le 3i juillet ; de Mardick, le 24 août; 
de Furnes , le 7 septembre ; et de Dunkerque , le 7 octo- 
bre. Le comte de Palluau , étant à la tête des chevau-Jégers 
et des gendarmes de la garde , chargea , le 14 août 1647 ' 
près de la Bassée, 800 chevaux des ennemis, lès pressa 
vivement de front , et les força de faire retraite du côté 
d'un marais, où le maréchal de Gassion, qui. s'y trou- 
vait avec ses troupes, les reçut si vigoureusement qu'ils se 
débandèrent et furent presque tous tués ou faits prisonniers. 
Le comte de Palluau revint avec Parn^ée devant Lens y qui 
se l'end! t le 3 octobre. Il eut un régiment d'infanterie dti 
son nom , à la mort du maréchal de Gassion , par commis- 
sion du 20 octobre^ et le garda jusqu'à sa mort. On lui don- 






DES GENERAUX FBANÇAIS. 3o7 

na le gouvernement de la ville et de la citadelle de Cour- 
tray, aussi vacant par la mort du n^aréchal deGassion , par 
provisions du même jonr; et il se démit alors de celui de 
Niort. Créé lieutenant-général de^ 9rmées du roi, par pou- 
voir du 22 mars 164B, il servit à l'armée dç Flandœ sous 
le prince de Condé. Lc'comte de Palluau conduisit au siège 
d*Ypres laoa hommes de la garnison âp Courtray. Ypres 
s'étant rendu le 28 avril, ou lui en donna le gouvernement; 
par provisions dii i5 î^illet.' Employé , comme lieutenant* 
général, en Normandie, sous le comte d'Harcourt, par 
^ lettres du 29 janvier i65o , il suivit le roi dans cette pro* 
vinceyet de là en Bourgogne, d*où on le détacha pour aller 
faire le siège de Bellegarde, que le comte de Tavannealui 
rendit par capitulation. Commandait en chef Tarmée du 
Berri, par pouvoir du 12 octobre i65i , ^t dans la province, 
par autre pouvoir donné à Bourges le 24, il reçut ordre de 
tailler' en pièces les compagnies des gendarmes et de9 cbc'* 
vau-légers du comte de Saint^Géran , qui tenaient pour Ici 
prince de Condé , si elles ne joignaient Tarmée di\ Berriii 
Cet ordre fut donné à Saint- Fargeau, le 17 avril i652. A- 
près trois mois et demi de siège, il obligea le marquis de 
Persan, qui commandait dans Montrond, pour le prince 
de Condé, de rendre cette place. Il obtint, le 24 août> 
un brevet , daté de Compiëgne , par lequel . le roi lui 
accordait la charge de maréchal de France , en consi- 
déralion de la prise du château et du fort de Montrond. 
On lui expédia son état de maréchal de France, le i5 fé- 
vrier i653. Il s*était démis, le 5i août i€52 , de la charge 
de mestrt de-camp<géuéral de la cavalerie ; mais il conscr* 
va son régiment, qui reprit le nom de Clerembault. H fut 
fait gonverueur-géfiéral du BerH , sur la démission du prince 
de Conti , par provisions données à Paris , le 6 avril. i655 , 
registrées au parlement de Paris j le 6 septembae suivant. 
On, licencia son régiment de cavalerie, le 18 avril 1661. li 
fut créé chevalier des Ordres du roi, le 5.i décembre sui- 
vant , et ne servit plus. Il mourut à Paris ,. le 24 avril iG65^ 
âgé de 59 ans. {CUronologie miiUaire, tom, II, pag. 697 ; 
Histoire militaèrc de M, de Quiney^ Mémoires du Père d'A^ 



5o8 DICTIONNAIRE HISTOKIQCE 

vrigny. Histoire clés Grands -Officiers dt la Couronne, Bau^ 
clasj Gazette de France, Histoire de France, par Anquetil, 
Dictionnaire universel, par Chaudon et Dtlandine^ tom, 
IF, pag, 5a3 ; Biographie universelle, ancienne et moderne, 
tom. JX^pag. 8i.) 

Di CLEREHBAULT de Pàlluav (Philippe), marquis de 
Qtrembault, Ueutcfiant'-généra. , fils du précédent, fut fait 
lieutenant au régiment Dauphin infanterie , en 167^9 et se 
trouva, la même année, à lous les sièges que le roi fit eo 
personne. Il servit au siège de Maesiricht, en 1673; obtint 
une compagnie dans le régiment Dauphin , à la fin de la 
campagne; servit à la conquéle de la Franche- Comté, en 
16749 aux siégps et à la prise de Dînant el de Limbourg, en 
1675; de Condé et de Bouchain, en 1676; de Yalencien- 
nes, de Cambray et de sa citadelle, en 1677; de Gand et 
dTpres, en 1678. Il obtint, parcommission du 19 avril 1679, 
un régiment d'infanlerie de son nom. Créé brigadier, le 10 
mars 1690, et employé en cette qualité à Tarmée du Fié* 
mont , sons le maréchal de Catinat , il servit à la prise de 
Cahors; combattit à Staffarde; se trouva au siège de la ci- 
tadelle de Suze ; aux sièges des ville et château de Ville- 
franche, de Montalban, de Yeillane, de Carmagnole, et 
du château de Montmèlian ,en 1691; Il combattit à la Mar- 
saille, le 4 octobre 1693 ; fut chargé de porter au roi la nou- 
velle de la victoire remportée dans cette journée , et obtint 
le grade de maréchal-dc^amp, le 18 du même mois. Employé 
en cette qualité, à Tarmée dltalie, il y servit en i694« 169$ 
et 169e. IFse trouva, en cette dernière année, au siège de 
Valence, qu'on leva après la conclusion de la trêve avec 
Tempire. Il se démit, au mois d'avril 1697, de son régiment; 
servit , la même année, au siège et à la prise d'Ath , sous le 
maréchal de Catinat, et fut employé àTarmèe d'Allemagne, 
sons le duc de Bourgogne, par lettres du 18 juillet 1701. £m* 1 
ployé à la même armée, sous le maréchal de Catinat, par 
lettres du 8 mai 1702, et créé lieutenant-général des armée» 
du roi, par lettres du a5 décembre suivant, il servit à Tarméo 
d'Allemagne sous le duc de Bourgogne ^ en 1703; se trouva 



DES GÉNÉRAUX JFEANGAIS. 009 

au siëge de BrisacL; monta le premier à Tassaut des cou- 
tregardes de Landau; et combattit avec la plus grande va- 
leur à Spire. Employé à Tarmée du Rhin , sous le maréchal 
de Tallart, en 17049 il combattit à la bataille d'Hochstedt, 
le i3 août. A cette funeste affaire , le marquis de Glerem- 
bault commandait un corps de troupes dans le village de 
Blenheim. Il sortît de ce village pour aller demander des 
ordres au maréchal de Tallart : ne le trouvant pas , il es* 
saya de traverser le Danube , et s'y noya. (^Chronologie nU" 
Utaire, tom. IF^pag, ^&5; mémoires du temps. Histoire 
des Grands^Officiers de la Couronne, tom. Vil ; Gazette de 
France, Biographie universelle, ancienne et moderne, tom. 
JX^pag. 82.) 

BB GLEREUBAULT (François) ^ marquis de Fendeuil j 
lieutenant'général j de la même famille que les précédents^ 
servit, dès i659(, dans le régiment de cavalerie de Gram- 
mont; se trouva au combat de Blesnau; à la bataille de 
Saint- Antoine, et à la prise de Vervins, de Bethel et de 
Mouzon, en i653. Il se trouva aussi à la levée du siège d*Ar- 
ras, et au combat livré sous cette place, en 16 54* Il servit aux 
sièges de Landrecies, de Gondé et de St.Guilaio,eni655; 
au siège de Yalenciennes , et au combat qui se donna sous 
les murs de cette ville, eu i656. Il obtint, au mois de mai 
1657, une compagnie dans le même régiment; se trouva, 
la même année, à la prise de Saint- Yenatil; au secours 
d'Ardres, et à la prise de Mardick. Il combattit, en i658, 
ù la bataille des Dunes, et servit aux sièges et à la prise de 
Dunkerque;^ de Bergues, de Dixmude, de Menin et d*Y- 
près, eli à Tarniée de Flandre, en 1659. La suspension 
d*armes , conclue au mois de mai, arrêta alors les opéra* 
tiens militaîres. La compagnie du marquis de Yendeuil 
ayant été réformée, le 18 avril 1661 , il alla servir en Hon- 
grie en qualité de volontaire, en i665; combattit à Saint- 
Godard , en 1664 , et revint en France , à la fin de Tannée. 
U entra ensuite dans les gardes-du-corps, avec lesquels il 
fit la campagne de 1 667 , et se trouva aux sièges de Tour- 
nay, de Douai et de Lille. Il obtint une^place d'exempt 



5lO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

dans la compagnie des gardes-du-corps (depuis Banvcau), 
au commencement de 16G8 ; se trouva à Cous les sièges 
que le roi fît en personne, en 16729 ei à celui de Maestricht» 
en 1675. Il concourut à la conquête delà Franche-Comté^ 
en 1674; fut fait deuxième aide>major des quatre compa- 
gnies des gardes-du-corps du roi, par brevet dn 21 juillet; 
passa en Flandre 9 et combattit avec la plus grande valeur 
à SeneflT. 11 était » eu 16^5 ^ à Tarmée qui couvrit les siè- 
ges de Dînant, de Huy et de Limbourg. Il eut, le 7 mars 
^676, une commission pour tenir rang de mestre-de^-camp 
de cavalerie; servit aux sièges et à la prise de Condé étde 
Bouchain. Il accompagna le roi au siège de Valenoiennes , 
en 1677; pi^ssa ensuite dans Tarmèe commandée par le 
maréchal de Créquy, et se distingua avec tout le cor{)S au 
combat de Kokesberg. Il obtint le rang d^eiiseigne dans 
les gardes-du-corps, par brevet du 20 septembre, et mar- 
cha, en 1676, aux sièges et à la prisé de Gand et d'Ypres. 
Il fut fait troisième lieutenant de la même compagnie des 
gardes-du-corps , par brevet du 1" juillet 1679, et servit ; 
en 16849 à Tarmée qui couvrit le siège de Luxembourg. 
Gréé brigadier, par brevet du s4 aot^t 1688, il accompa-» 
gna M. le dauphin au siège de Phiiisbourg; à la prise de 
Manheimet de FrancLendal, et à la soumission de Spire et 
de Worms. Il servit, en 1689, à Tarmèc de Flandre ; com- 
battit à Valcourt, et finit la campagne en Allemagne, $ous 
le maréchal de Lorges. Il commanda la cavalerie de Tar- 
mée de Flandre, sous le duc du Maine* par commission 
du 12 avril 1690, et se distingua particulièrement à la ba- 
taille de Fleurus. Il devint second lieutenant de sa compa- 
gnie^ le 4 ^^plembre, et premier lieutenant, le 18 dècemrbre 
suivant. Gommandant. la cavalerie de l'armée du roi, sous 
le duc du Maine , par commission du 14 mars 1691 , il ser- 
vit au siège et à la prise de Mons ; passa avec la mémç 
commission dans rarinée commandée par le maréchal de 
Luxembourg; contcibua à la victoire remportée à Leuie, 
et obtint, par provisions du 7 octobre, le gouvernement 
du fort Pecquay. Il servit, en 1692, au siège et à la prise 
des ville:et. château de Namur^et combattit à SteinLerque. 



DES GENERAUX ERÀ1SÇAI3. 3 1 I 

Promu &u grade de maréchal-de-camp, par brevet du 5o 
mars 1693 , et employé eo cette qualité à Tarmée de la Mo- 
selle, sous M. le dauphin, par Icttrett du 37 avril y il y com- 
manda la cavalerie» sous le duc du BlaiDe, par commission 
du 21 mai; servit ^ en 1694, à Tarmée de Flandre, sous 
M. le dauphin et sous- le maréchal de Villeroi, en 1696, 
1696 et 1697. 11 fut employé au camp de Coudqn, près 
Compiègne, par lettres du i3 août 1698. En 1700, il ac- 
compagna Philippe y en Espagne, en qualité de lieute- 
nant des gardes-du-corps. On remploya à l'armée d'Alle- 
magne, sous M. le duc de Bourgogne, par lettres du ai 
Juin 1701. Créé lieutenant-général, le 29 janvier 1702, ii 
fut employé à Tarmée de FUn^rc, itous le mémf) duc, par 
lettres du 21 avril, et contribua à. la défaite des HptljEin- 
dais, qui furent repoussés jusqu'à Nimègue. Il quitta les 
gardes-du-côrps et le service, au niois de janvier 1703, et 
obtint alors la survivance du gpuvecnement du fort Pec- 
quay pour son fils aîné. Q mourut en. 17 12. {Chronologie 
milàaire y tom. W, pag. ùfil5\ mémoire^ du temps et HUtoir 
re de la maison du roi y par l'abbé de NœufviUe, tom. I^ pag. 
237.) ' 

• 

DB CLEAEMBAULT du Gaocq di Vehdbvu. (Louis), maré< 
chal'de-'camp y parent du précédent,, servit d'abord comme 
lieutenant d'une compagnie de chevau -légers, etjse trouva^ 
le 3 août 1J645, à la bataille de Nordlingue, après laquelle II 
fut fait capitaine au régiment ^e cavalerie de Grammopt^ 

par commission du 1 Sidu même mois. Il commanda sa com- 
pagnie à la prise d'Heidclberg et de Trêves, la même année ; 
au siège de DnnKerque, en 1646 ; à la prise de la Knoquç et.de 
Dixmude , en 1647; ^^ siège d'Ypres et à la bataille de Lens, 
en 1G4B; au blocus de Paris;, au siège de Cambray ; ' à . la 
prise de Condé; au secours de Guise; au siège et à la ba- 
taille de Rethef , en i65o, et à la défaite de plusieurs déta« 
chements de la cavalerie ennçmie, en Flandre, en i65i. 
Nommé capitaine du même régiment, jl le commanda aux 
combats de Blesnau et d'Ëtampes, en i652. Il obtint le 



« 



5îtà DIGTIONNÀIKE HISTORIQUE 

grade de marèchal-de-camp, par brevet do i3 juin, et 
servît en cette qualité à la bataille du faubourg Saiot- An- 
toine 9 le a juillet. Il commanda eosuite^le régimeot de 
Grammont aux sièges de Yervins» de Mouzon et de 
Sainle-Ménéhould, en t653; au secours d*Arras, en i654; 
à la prise de Landrecies, de Condé et de Saint- Guilaio « 
en i655; au siège et au combat de Yalenciennes, en ]65& 
11 se démit de sa compagnie, au mois de mai 1657, servit 
îusqu*à la paix » et obtint la lieutenance de roi de DonllenS| 
le ao février i665. [Chronologie miUtaire , tom. VI, pag* 
566; mémoires du temps.) 

Di GLERMONT (Raoul I*'), comte de Germont tn Beau- 
vaisis , connétable de France , souscrivit les lettres-paten- 
tes relatives à la régale de Laon, données à Paris en 
1 1 58. Il y a lieu de croire que Raoul fut ensuite employé 
ailleurs qu'auprès du roi, puisque Ton trouve plusieurs 
lettres données en 1 16a et 1 163 , où il est fait mention que 
la charge était vacante, ou que le connétable était absent; 
telles sont les lettres données à Paris, en 1 i6a^, par Louis- 
le- Jeune en faveur des bouchers; les coutumes de Lorris, 
octroyées à Villeneuve -le- Roi, par lettres -patentes de 
louis VII , données à Sens en 1 163 ; et enfin les privilèges 
de l'abbaye de Saint-Gilles , donnés à Étampes, en la mê- 
me année. On trouve ensuite que Raoul a signé toutes les 
chartes et patentes de ii65 à 1189, alnsr qu'on peut le 
voir dans le recueil de Secousse, tom. I, III, IV, V, VII 
et VIII. Raoul de Glermont accompagna le roi Philippe 
Auguste dans son voyage en Terre-Sainte, et mourut pen^ 
dant le siège de Saint -Jean-d'Acre, en juillet 1191. {Chro^ 
nologie militaire, tom. l, pa^. 168; Recueil des ordonnant 
ces, par Secousse; Biographie universelle, ancienne et 
moderne, tom, IX ^ pag, 85.) 

DE GLERMONT db Neslb (Raoul) , connétable de Fran- 
ce , d'une autre branche de la famille du précédent , se croi- 
sa avec saint Louis I en 1267. Il s'embarqua , eu 1970, pour 



DES GENERAUX FRANÇAIS. Sl3 

le voyagé de la Terre- Suinte avec ce prince , qu*il nuivîl dans 
toutes ses expéditions. Il fut fait connétable , en ia85 , à la 
mort d'Hnmbert de Beànieu. Etant au siège de Gironne , 
en la niémé année, il défit, avec beaucoup de valeur, une 
partie considérable des ennemis. Yers eé temps, le roi d*Ar* 
ragou, qui ne cessait dé harceler Tannée française et de 
lui couper lïes Convois , s*étant mis en embuscade devant 
Bagnols et Gironne, avec 400 chevaux et aooo hommes de 
pied, dans le dessein d*enlever un de ces convois, le con- 
nétable tooiba sur lui avec 5oo chevaux, le défit et Tobli- 
gea à prendre là fuite. En ia86, il fut nommé, avec le duo 
de Bourgogne, pour commander en Languedoc, et agir 
contre le roi d*Arragon. Tous deux furent revêtus de la qua- 
lité de lieutenants du roi dans le pays Toulousain , et ils 
chaf gèrent le sénéchal, ainsi que le viguier de Toulouse , 
de faire restituer lès biens usurpés sur les sefgneurs ecclé- 
siastiques et laies, depuis l'union du comté de Toulouse au 
doknaine royal. Philippe le Bel^ mécontentd''Édoiiard^rot 
d^A'ngleterrç, ayant déclaré la guerre aux Anglais, le con- 
tiétabie se tendit en Langfuedôc , convoqua la noblesse de 
tout le royaume , et défendit les tournois et les joutes, souii 
peine de confiscation de biens. Au mois de janvier 1264, 
il fit notifier au lileutenânt du roi d^Anglèterre en Aqui- 
taine , la saisie de ce duché , et le soînmà' de lé lui re- 
met ti^ n fit divei^ règlements de police à Toulouse; res- 
treignit rexercieé de la juridiction que Tévéque avait sur les 
clercs; assembla une armée destinée à la conquête de TA- 
quitaine; et, pour être en état de fournir ii Tentretien de 
cette arniée', imposa six sois toiirnbis par feu. Il marcha 
enittritb sur l*Aq\îl(aiAe , et s*éb saisit au nom' du roi. Les 
Aajg;l'ais lui'iiVVël^ent éiik-mêmèsles places d^ns lesquelles ils 
se trou vaiêfai (1)1 Cepend'aàt le gouvernement britannique 



euk letlriéft écrites par le conaëtable dou4 donnent une idée de 
l'autorité dont il jouÎMait. ^ar la première, datée de ft)rdeanz, le same- 
di après la Saint*Nicolas d'été de lag^, il mande au «tWchal de fic-au- 
caire, que, par une ^iâcè spéciale, il à permit» au ▼iguiejr d'Anduse de 
donner une de set filles en mariage à an homme né dans la même vi- 

IV. 40 



5l4 DICTIONNAIRE HISTÔÏIIQUE 

fit parfir d'Angleterre, sous le co^ mandement du duc de 
Bretagne 9 une flotte considérable qui débarqua en Guieone, 
au. mois de décembre 1294. Les Anglais tt^emparèrent d'à- 
bord du bourg de la Réole, et prirent ensuite Bayonue» le 
1** janvier lagS. Le connétable, secondé par le comte do 
Foix, et sous les ordres de Charles de Valois, frère du roi, 
reprit la Réole, Saint-Sever-Gap, et Podensac. La Réolo 
avait été défendue par une garnison d'Anglais et de Gas- 
cons : les Anglais traitèrent secrètement avec le connéta- 
ble, qui leur pc^pmit de se retirer; mais il choisit 60 Gas- 
cons, et les envoya au comte de Valois. Ce prince, pour 
les punir de leur trahison, les fit pendre. Cet exemple in- 
timida ceux de la garnison de Podensac, qui prirent la 
fuite , et le comte de Valois emporta celte place d'assaut , 
en 1 997. Le roi fit , pendant la campagne de Flandre , un 
détachement, qu'il mit sous les ordres du connétable. Ce- 
lui-ci marcha le long de la Lys» y rencontra un corps d'en; 
nemis qu'il battit complètement, et fit plusieurs. prison- 
niers de distinction qu'il envoya au roi. Il eut , en i3oo, le 
commandement généraldans la Flandre. Le 1 1 juillet i3oa, 
jour de la bataille de Courtray, le comte d'Artois résolut , 
contre l'avis du connétable, de forcer le camp des. Fla- 
mands; ce prince fit même entendre à Clermont qu'il le 
soupçonnait d'intelligence avec les ennemis. Le prince lui 
repartit avec toute la vivacité qu'inspirent d# pareils repro- 
ches, et ajouta : a Je ne suis point un traître ; suivex-oioi : 
» je vous mènerai si loin que vous n'en reviendrez point. • 
Ke prenant alors conseil que de son ressentiment et de son 
désespoir, il marcha à la tète des troupes. Un large fossé, 
plein d'eau , séparant les Flamands d'avec les Français , il 
franchit ce fossé, et attaqua les ennemis. Tous ceux qui 
l'accompagnaient y périrent : une partie de la cavalerie se 



guérie, ce qui était défendu par les ordonnances royales. Par la secon- 
de , datée du mardi avant PAqaes de la mâme année 1394 Cia^S, n. 
st.), au camp de Podensac, il accorde à Jourdain, seigneur de l'ile 
Jourdain, qui servait dans son armée, 400 li^* de rente sur let domai- 
nes du roi. {Hittoirê du Languedoc, tom. IV, pag. 8a.} 



DES GÉfiTERÀUX FKAliïÇÀIS. 5l5 

précipita dans le fossé, tandis que Taulre resta exposée à 
une grêle de Iraits, et se trouva enveloppée d*une poussière 
épaisse. Le comte d'Artois survient alors, tente le passage, 
et augmente la confusion. Bientôt le connétable, abandon- 
né des siens, et couvert de blessures, meurt eh combat- 
tant, et sans vouloir de quartier." {Chronologie militaire, 
tom, /, pàg, 77 ; Histoire de France, du Père Daniel» tom. 
V; ffistoire du Languedoc . tom. IV ^ pag, *5o eCsuiv.) 

Diî CLËRMONT DR Neslb (Guy), maréchal de France, 
frère du précédent, avait été créé maréchal de FrancjD avant 
Tan 1296. Pendant le siège de Lille, formé, en 1297, par 
Philippe le Bel, ce prince détacha un corps de troupes, 
et en donna Iq commandement à Guy de Nesle el au con- 
nétable son frère. Ils défirent entièrement, le long de la 
Lys,' un corps ennemi, et firent plusieurs prisonniers de 
distinction. Ils commandèrent Tattâqué à la bataille de 
Gourtray;'et tous deux y périrent, le 11 juillet i3o2. (Chro- 
nologie militaire , ioni. II j pdg. 1 15; Histoire de France » 
par le Père Daniel.) 

DE GLEAAIONT (Jean), seigneur de Chantilly, maréclial 
de France, sortait d'une autre branche de la famille des 
précédents. Le roi lui fit présent, le 5 novembre i'^êijà\ de 
la terre de Bopmont, et le duc de Normandie lui donna, 
au mois d'avril i547 9 ^^ terre de Ghautilly. On le créa ma- 
réchal de France, au mois dé novembre i35a (1) ,' après la 
mort de Itogùes de Hangest. Il fut envoyé, en i354, sur 
les frontières de Picardie et de Flandre, pour la paix qui se 
négociait avec les Anglais. On le nomaig|yeutenant du roi 
en Poitou, Saintongè, Angoumois, Pérj^rd, Limousin et 
partie d'Auvergne, par lettres du 1*' janvier i55'5. Il ob- 



(i) luHUUnre dés Grandt-Ofpeiert delaCowronne donne ici dans une 
erreur. Elle flie'ta nomination au mois d'août , immédiatement après la 
mon de Guy de JNesle. Bogues de Hangest succéda, au mois d*août,.à 
Guy de IVesle, et Jean de Glermont succéda à son tour à Bogues de Han- 
gest, au mois de novembre. Xean de Clermont n'alité payé comme maré- 
chal de France qu'à partir du V^ dt^ceinbrc xSôjl, 



3l6 DICTIOANAIRE HISTORIQUE 

tiut, par autres lettres du 3 juin suivant, des aidçs en la- 
veur des habitants du Limosîn; et'eljes Curent accordée^^ 
dans la vue^e lui rendre plus agréable et plus Cacile son 
séjour d^ns cette province. A la journée de Poitiers, le 19 
septembre iSSô, il se trouva eiposé au feu des Anglais, à 
la sortie d*un défilé. Son cheval s*étant abattu sous lui, il 
ne put se relever, et perdit la vie. (CJironqlogie militaire, 
iom. Ij, pag. i3i ; Histoire de France, du Père Daniel; 
Froissard, l'abbé Le Gendre , Morery») 

m 

dbGLERMONTd'Aiiboisb(i) (Georges), marquis deGal- 
lerande, maréchal'^e camp, sVtait attaché au service ^u roi 
Henri de Navarre, et le suivit dans toutes les guerre? que ce 
prince eut à soutenir. Il commanda la droite dtfs troupes du 
prince de Gondé, à la bataille de Saint- Denis, en 1567, et 
se trouva aux batailles de Jarnac et de Montconlour, en 
i5(>g. Il commanda Tartillerie à la bataille de Coulras, en 
i58^; combattit, sous les ordres de Henri lY, à Arques, en 
1589; et à Ivry, en iSgo. Il fut.fait maréchaUde^camp, et 
payé comme tel, du i** octobre 1591, pour être emiployé 
au siège de Rouen qu*on avait résolu d*enlreprendre. Il 
continua de servir jusqu^à la paix de Vervîns : 00 ne voit 
pas qu*il ait été employé depuis. (Chronologie militaire, tom. 
VI, pag. 56 5 historiens du temps J) 

Di GLERMONT d^Amboise (Georges- Henri), marquis de 
Germont'Saint'j^ignan , maréchal^dt'Camp , arrière- petit- 
fils du précédent, .entra au service comme cornette danf 
le régiment du mestre- de -camp -général de la cavalerie, 
le 5 avril 1675. Il^e trouva, la même année, aux sièges de 
Gpndé, de BoulPain et d'Aire ; à celui de Valençien- 
nés, à la bataille de Gassel et à la prise de Saint- Omer, 
en 1677; aux sièges de Gand et dTpres, et à la balaillede 
Saint-Denis, près Mons, en 1678. Il servit , en 1684 9 à Tar- 
mée de Flandre, qui couvrit le siège de Luxembourg. 11 fut 
choisi pour être lieutenant- colonel du régimept de cava- 



( 



t) Getts famille est otîgiaaice de Glermoot en Adjchi. 



MS GÈMBHIUX FRANÇAIS. 5l7 

lerie du Terrai), et eut la commiNsion île cet emploi le ao 
déeeinbte i688. Il obliut, par conimUsiaD du m février 
16S9. un régiment de cavalerie de sou nom, qu'il com- 
mund.i à l'armée de Flandre pendant [kltisieiirs aimées . et 
avec lequel il se trouva à l'alUque de Valcourl ; au combat 
de Fleurus; au si^ge de Mans; au combat de Leuzc: au 
siège de Namur; à la balailli^ de SteiuLerque ; à celle de 
Nerwindc; au siège de Gbarleroî et au bombardemenl de 
lîruxelles. Créé brigaditr de cavalerie, par brevet du 3 jan- 
vier iGqU , il servit , la même année , à l'armée de la Meuàc; 
tut employé au ^ièged'Arh, en iQ^yi au camp de Conipiè- 
gDe,en 169S ;eljiaBsa en Italie, parlellrts du 14 ">ût 1701. 
Promu au grade de maréchal-de-camp, le ag ianvier 1703, 
il fut blessé pendant le blocus de Mantoue, dans une af- 
Ëiire avec lis Impériaui, le 23 mars, et motirul des suites 
de celle blessure, au mois d'avril suivant. Sa valeur et ses 
autres bellen qualités le tirent beaucoup regretter. {Cliro- 
nologie iniiitaire, tom, VI, pag. Sag; Gazette de France, 
mémoires du temps.) 

DB CLERMONT GALI.EBAMDE (Pierre-Gaspard, mar- 
quis'), et d'une autre branche de la famille du |>récédent, 
naquit le 4 février i63a, et fut connu d'abord sous le nom 
de conitc d'Amboise. Il entra aux mausquetaireu, en 1697; 
fil la cuaipa^e de Flandre ; et servit au camp de Compiè- 
gne, en 1698. Devenu aous-lieulenanl au régiment du roi ^ 
en lôpg, il marcha, eu 1701, en Flandre, ob l'on n'entre- 
prit rien. Lieutenant réformé au même régiment, le 5, et 
lieutenant en pied, le aH avril 1709, il contribua à la défaite 
des Bnllandais, sous Nimègne: se trouva au siège de Bri* 
lack; à celui de Landau; el à la bataille de Spire, en ijoS. 
Capitaine au même régiment, par commission du a^ jan- 
vier i;o4, il servit à l'armée de ta Moselle, cette année et 
la suivante. Meslre- de-camp réformé à la suite du régiment 
Royal- Dragons, par commission du 7 février 17110, il se dé- 
mit alors de sa compagnie au régiment du roi. Il combattit 
àRamillîes, la même année, et servît en Flandre, en 1707. 
J^i^-de-camp de M. le duc de Bourgogne, par brevet du 




5 1 8 DtCnONir AIRE niSTORIQtlK 

28 mai 1709, il se trouva à la bataille d*Oudenardc; com- 
battit à Maîplaquet » eo 1709; et servit en Flandre, en 1710. 
Il fut nommé capitaine des gardes de M. le duc de Berrî, 
leSi janvier 171 1 ; obtint, par commission du 5 septembre 
suivant, un régiment de dragons de son nom, et le com- 
manda à l'attaque des retranchements de Denain; aux siè- 
ges de Dôuay et du Quesnoy, en 1712; à la défaîte du gé- 
néral Yaubonue ; et au siège de Fribourg , en 1713. Il se dé- 
mit de son régiment, lé i5 mai 1714» et obtint, le même 
{our, un -nouvel ordre de mestre- de-camp réformé à là suite 
du'régiment Royal «'Dragons. Il prit le nom de marquis de 
Glermont- Gallerande à la mort de son père ,' le 1 7 avril 1715.' 
On le créa brigadier de cavalerie, par brevet du i** février 
1 7 19. Il fut fait capitaine des gardes de M. le ducd'Orléans,au 
mois de mars deixi ménie année; grand-bailli de Ddle, au 
mois de maisuivaht; premier écuyer de M. le duc d'Orléans, 
en 1724; et chevalier des Ordres du roi^ le ïjuin. Nommé 
nieslre~de-camp-lieutenant du régiment d'Orléans* Dra- 
gous, par commission du 27 juillet 1726, il fut employé à 
Tarmée du Rhin, par lettres du i5 septembre 1733,. et ser- 
vit au siège et à la prise de KehL Promu aU grade de ma- 
récLal-de-camp , le ao février 1734 9 il se démit du régiment 
d'Orléans-Dragons; fut employé à l'armée du Rhin, par 
lettres du 1"' avril; servit au siège de Philisbourg, et y mon- 
ta, la tranchée, le 24 juin. On l'employa^ par lettres du 1" 
mai 1735, à la même armée, qui n'entreprit rien, la paix 
ayant été faite au mois d'octobre. Il fut créé lieutenant- 
général des armées du roi, par pouvoir du i*' mars 1738. 
Employé à l'armée de la Meuse, sous le maréchal de Mail- 
lebois, par lettres du i** août 1741 9 il partit de Givet, le 3i 
du même mois , avec la 3* division des troupes ; la conduisit 
eu Westphalie; marcha avec l'armée sur les frontières de 
la Bohême, au mois d'août 174^9 et passa l'hiver en Ba- 
vière. Il obtint le gouvernement de NeufbrisacL, par provi- 
sions du i3 mars 174^9 rentra en France avec la i** division 
de l'armée, et fut employé à l'armée de la Haute- Alsace , 
sous le maréchal de Coigny , par lettres du 1*' août. Il com- 
manda à Neubrisack jusqu'à l'ouverture de la campagne 



DES G£N£RAUX FRANÇAIS. SlQ 

de 1744* I^mployé à Tormëe du Rhio, par lettres du 1" avril 
de cette années il conlribua à chasser les ennemis de TAl- 
sace; passa le Rhin, le 28 août; servit au siège de Fribourg;, 
et commanda, pendant Thiver, à Brissac, par lettre» du 
1*' novembre. Employé à Tarméc du roi en Flandre, par 
leUres du i** avoil 174^ « il servit au siège des ville et cita- 
delle de Tournay ; combattit à Foutenoy, où il commandait- 
une des divisions de Tarmée, et fut détaché, au mois de 
juillet, pour commander le camp de Chièvres, composé 
de 3 bataillons et de 3a escadrons. Chargé en chef du siège 
d'Ath) il fit ouvrir la tranchée dans la nuit du 1" |eiv a d'oc- 
tobre, et obligea la place de capituler le 8. H commanda, 
pendant Thiver, à Oudenarde, par lettres du 1*' novem- 
bre. Il conduisit un corps de troupes pour TinVestissement 
de Bruxelles , au niois de janvier 1746 , et ne rentra à Ou- 
denarde qu'après la prise de cette ville. Employé à l'armée 
de Flandre, par lettres du 1*' mai 1746* î^ combattit avec 
distinction à Raucoux, et retourna commander à Oude- 
narde, pendant l'hiver, par ordre du 1*' novembre.^ Em- 
ployé à la même armée, par lettres du 1*' mai 1747^ il 
combattit à Lawfeld, alla commander en Alsace, sous 
le maréchal de Coigny , par lettres du 1*' novembre , et ré- 
sida à NeubrisacL. Ayant obtenu le commandement en 
Aunis et en Saîntonge, par commission du 24 novembre 
1751 , il quitta alors l'Alsace et alla fixer sa résidence à la 
Rochelle. On {oignit à son commandement celui du Poi- 
tou ^ par ordre du 25 avril 1755, et il fut employé en sa 
qualité de lieutenant-général sur les c6tes de ces trois pro- 
vinces, et sous les or<|res du maréchal de Belle-Ile, par 
lettres du 3i décembre. Il mouriit à la Rochelle, le 270c-. 
tobre. 1756, âgé de 74 ans. (Chronologie milùaire^ tom* r\ 
pag, 222; mémoires du temps, Gazette de France.) 

DE GLERMONT-GALLERANDE (Louis- Georges, comte), 
maréchal' de-^mpf frère du précédent, naquit en 1684* ^ 
entra aux mousquetaires, en 1698 , et servit au camp de 
Compiègne, la même année. Nommé sous-lieutenant au 
régiment du Roi, au mois de mars 1701, il se .trouva* au 



SflO IMCTIOimAIRE HISTOBIQUE 

iSombït die Nimègitie, en i^ôa; fut fait lieutenanC, le è 
juhi 1705; combafltit » le même tùloiêf à £cLeren , et servit 
en Flandre y en 1704' et 1705. Devèhi!! capitaine au même 
régiment , (>ai? cômniiMion du 17 janvier 1706, if commàn^ 
da sa compagilie à U bàlafllè d*Oadlpnardè, en 1708'; à' 
celle de Malplaquei, en 1709; en Plandi^/en 1710; à Tat- 
taque d^Arleux, en 171 1 ; à l'affaire de Denain et aux siè- 
ges de Douai, du Qué^iioy et de Boucliaini en 1719; au 
siège de Landau ; à Tattal^ne des retranchements du géné- 
ral Yaubonike» éC au s'iëge de Fribonrg, en 1713. Il obtint, 
le 1*' {anVièr ly^à , ùAe ôomlmiBslon de colonel réfenîié à 
là suite dd régiment d*Auvergney et la place de gientllfaoÙ- 
me de la chambre de M. le duc d'OrléaniSy en t^v^. H ser- 
vit avec le régimênfl d'Auvergne au caïnp d*Alftàce; eA iy5d. 
Il se trouva aux sièges de 6erra-d*Addav de Pizcighf^oi&e et du 
château dé Milan, en i733;à ceux deTortonneet de Navarre; 
à l'attaque de Colorno , et auxbâtâUleé'de Parme et de Guas- 
talla 5 eii 1734* Il obtint, par éotemîssibn d^ 3 octobre dis 
cette demièt'e antoée, la charge dé colonel IHeut'enant du rég^^ 
ment d'infanterie d^Orléans, qui servait a'U'ssien ïtàlié;le 
commanda aul sièges de Révéré, de Eeggfo et dé ReggiolOf 
en 1735, et rentra en France avec ce régiment au inois 
de se|itèmbre 1736. Gréé brigadier, par brevet du i^txÉatf 
1738, et employé en cette qualité à l'armée de Bbhême, 
par lett^*es du 5 mars 174a , il foignft cette armîe , au mois' 
de niai; servit à la défense de Prague; se trouva à plusieurs' 
sorties, et reiitra en France avec l'armée, au mois de jan- 
vier 1743. Promu' au grade de mai^chalde-càmp, par bre- 
vet du 20 février de la même année , il se démit du régi- 
ment d'Orléans, ne servit plus, et fbt cortfltiiié dans la 
chargé de gentilhomme de M. le duc d*Orléans, le i** fé- 
vrier 17521. Il mourut à Paris, le 3 mars 1758, i^ de 74 
ans. [Chronologie militaire y tom. Fil, pag. 197; mémoires 
du ternps. Gazette de France.Y 

DE CLERMONT dc GAixEsAirDB (GhaHéi^-Georges, /tuit- 
quis), pair de France et tieulènant-gênéral honoraire , issu 
de la méiiie branche que lés précédeiits, naquit à' Paris, 



DES GJBNERÀUX FRÀNÇÀI9. $2 ï 

le 5o juillet 1744' ^^ avait élé meslre-âe^amp-cointnàtidant 
du régiment d'Orléans, lorsqu'il fut cr^ brigadier de ca* 
Valérie, le i*' mars 1780. On le nomma maréchdl-de-camp^ 
le 1*' janvièi^ 1784. S. M. Louis XVIII Ta créépairde Fran* 
ce, le 4 juin idi4» ®^ commandeur de Tordre royal et mi- 
litaire de Saint-Louis, le 5 mai 1816. Le marquis de Cler- 
mont de Gallerande se trouve porté dans le ti^bleau des 
pensions inscrites au trésor public , à la date du 1" sep* 
tembre 1817, pour la retraite du grade de lieutenant-gé- 
néral honoraire , après 3a ans de service. {Etats militaires^ 
Moniteur, annales du temps,) 

DE GLERMONT-d'AMBOISE (Clériadus), marquis de 
Renel, maréchal''de'camp, issu d'une autre branche de la 
famille des précédents , fut d'abord connu sous lé nom dé 
chevalier de Renel. Il se^it dans la compagnie de Bernard 
de Clermont-d'Âmboise, son frère atné, et se trouva au 
siège de la Motfae, en 1644* Bernard ayant été tué' à ce sié'^ 
ge, en 1645, Clériadus prit alors lé titre de marquis de 
Renel , et obtînt la compagnie qti'avait son frère au régi-* 
ment de Magalotti (depuis Créqui). Il la commanda aiU 
siège d'Orbitello , et à la prise de Portolongone et de Fiom- 
bino, en 1646; au siège de Crémone, en 1647; ^^ siège 
de Tortose, en 1648 ; à l'armée de Catalogne, en 1649, ^^ & 
celle de Flandre, en i65o et i65i. Ilfut faitmestre-de-camp 
d'un régiment de cavalerie de son nom, qu'il leva, paf 
commission du 1" mars i65a. Créé maréchal * de •* camp,' 
par brevet du 23 du même mois, il combattit à l'affaire 
du faubourg Saint > Antoine, la même année; servit aux 
sièges de Relhel, de Mouzon, et de Sainte-Méiiéhould, en 
i653; au siège de Sienay ; au secours d'Arras , en i654', et 
aux sièges de Landrecies, de Condé et de Saint-Guilain ,'' 
en i655. Il se trouva au siège de Yalencieunes , en i656, et 
fut tué au combat qui se donna sous cette place, le 16 juil- 
let de la même année. {Chronologie militaire , tom» ^1/ 
pag. 55o; mémoires du temps y Gazette de France») 



tr. 4» 



392 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

. DR GLERMONT-D'AHBOISE (Louis) , marquis de Rend, 
lieuienani-général f frère du précédent, fut fait capitaine 
nu régiment de cavalerie du marquis de Renel, son frère» 
dé» i65a. Il se trouva, sous le maréchal de Turenne, au 
combat de Blesneau ; au combat d*Étampes ; à celui du (àw" 
bourg Saint Antoine; él k la prise de Rethel et de Mouzon, 
en 16 55. Il servit au siège de Stenay, et au secours d'Arras, 
en 1654 ; aux sièges et à la prise de Landrecies, de Gondé et 
âe Saint-Guilain, en i655; au siège de Valenciennes et au 
combat sous cette place, en i656. Le marquis de Renel, 
son frère , ayant été tué dans ce combat , Louis de Glermont- 
d'Amboise obtint ,1e 1*' août, le régiment de cavalerie qu*a* 
vait ce frère, et servit avec ce régiment au siège de Mont<* 
médy, en 1657 ; et au «îége de Gra vélines , soUs le maréchal 
de la Ferté, en i658. On licencia son régimeai, le 18 avril 
1661; mais on lui conserva sa compagnie de mestre-de* 
camp, a^vec laquelle il n^archa en Hongrie, sous le comte 
de Goligny* Il combattit à Saint-Godart, dii il fut blessé. 
Étant rentré en France, il rétablit son régiment le 7 décem- 
bre 1 665. Gréé brigadier, par brevet du 1 5 juin 1667, il servit 
t;n cette qualité aux sièges et à la prise deGharleroi, d*Alh, 
de Tournay, de Douay, de Lille , et monta la tranchée de* 
vant cette dernière place, le 25 août. Son régiment fut de 
nouveau licencié, le aG mai 1668, et on lui conserva cnoc- 
re sa compagnie de mestre-de-camp. Il rétablit une seconde 
fois ce régiment, le 9 août 1671, et servit à tous les sièges 
que le roi fit en personne en Hollande, en 1672. Il fut fait 
gouverneur-général des places conquises sur les Hollandais 
dans la Frise , et nommé général des troupes de Télecteur 
de Gologue et de l'évoque de Munster. Il défît aux environs 
de D.eyler un corps de 4000 hommes , que commandait le 
général Rabenhaupt, gouverneur de Groningue, tua 200 
hoiiimeset fit 5oo prisonniers. Il passa en Alsace, sous les 
ordres de M. deTurenne, au mois d*octobre; fut fait ma<« 
r^échal-de-camp , par brevet du 8 novembre; et eut part, 
en 1675, à toutes les conquêtes que ce général fit sur Télec- 
leur de Brandebourg. Il força cet électeur de lever le siège 
de Werle, et battit son arrière - garde près de Bielefeld. 



DES GÉNEBAUX fRANÇÀIS. SjS 

Le marquis de Renel servit, en 1674» aux sièges et à la prise 
de Besançon et de Dôle- 11 chargea un gros de cavalerie enne* 
mie, qui, après avoir capitulé» cherchait à s*éohapper de> 
Besançon après la reddition de cette place; le dispersa, 
et lui iît 70 prisonniers. Il passa ensuite en Flandre, sous 
M. le prince de Condé;combattitàSeneff; et obtint, par pro- 
visions du i5 novembre, la charge de mestre- de-camp- gé- 
néral de la cavalerie, vacante' par là mort du marquis de 
Fourilles. Employé à Tarmée du roi, en Flandre , par lettres 
du i*'mai, il y commanda la cavalerie à la prise de Liège , 
de Dînant , de Huy et de Limbourg.- Promu au grade de lieu- 
tenant-général des armées du roi, par pouvoir du a5 fé-* 
vrier 1676, il fut employé en cette qualité à Tarmée de Flan* 
dre, par lettres du 10 mars, et servit avec distinction aux 
sièges et à la prise de Condé et de Bouchain. Il se trouva p 
en 1677, au siège et à la prise de Valenciennes, et monta 
]a tranchée devant cette place, le 1 1 mars. Il servit ensuite 
au si^ge de Cambray ; y ouvrit la tranchée, dans la nuit du 2S 
au 29 mars, et fut tué d*un coup de canon, au si^e de la 
citadelle de cette place, le 10 avril 1677. {Chronologie mi'^ 
iitaire^ tom. IF", pag. a68; mémoires du temps j Histoire 
militaire de Louis XIF, par M. de Quincy ; Gazette d» 
France.) 

BB CL£RMONT-D'AMBaiS£ (Jean-Baptiste-Louis, mar^ 
^uis), lieutenant-général, petit -fils du précédent, naquit 
le 1 2 octobre 1 702 , et fut connu d*abord sous le nom de m:ar- 
quîs de Aenel. Il obtint, en naissant, le gouvernement d^ 
Chaumont , le grand-bailliage de cette ville et celui de Pro- 
vins, qui vaquaient par la mort de son père. On lui donna 
une commission de capitaine réformé à la suite du régiment 
de cavalerie de Berri , le 1*' novembre 1 718 9 et il fut pourvu 
du régiment dMnfanterie de Sancerre, par commission du 
12 îaillet 1725. Il commanda ce régiment au siège de Kehl,' 
en 1755 (1) ; à Tattaque des lignes d'Etlingen; et au s^ége 

(1) Le maréchal duc de Berwick, dont il était gendre, l'envoya porter 
ati roi la nouvelle de la prise de Kehl. 



3^4 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

de Phîlisbourg, en 1754* €réé brigadier, par brevet du 1*' 
août, il ûuit la campagoe en celte qualité. Il servit encore 
à Tannée du Rhin, par lettres du 1" mai i^SS. Il fut nom- 
mé lieutenant-général du gouvernement de TOrléanais , au 
département du Blaisois, du Dunois, du Venddmois, du 
bailliage d*Amboise et dépendances , par provisions du a8 
Juillet 1736 Promu au grade de marécbaUde-camp, le 1" 
mars 1738, il se démit du régiment de Sancerre, et prit, 
quelque temps après, le nom de marquis de Glermont*- 
d*Amboise. Employé à Tannée de Bavière, par lettres du 
1" avril 174a, il partit, le 16 avril , avec la 4* division ; con- 
tribua à chasser les ennemis de la Bavière; se trouva à plu- 
sieurs escarmouches considérables, qui eurent lieu pen- 
dant le séjour de cette armée au camp de Nieder-Atlaich ; 
marcha ensuite sur les frontières de Bohème , pour joindre 
Tarmte commandée par le maréchal de Maillebois ; passa 
Thiver en Bavière; rentra en France avec la 2* division de 
l'armée, au mois de juillet 174^; et fut employé au .pays 
Messin pendant le reste de la campagne, par lettres du 1*' 
août. Employé àTarmée du Rhin , sous le maréchal de Col- 
gny, par lettres du 1*' avril 1744 9 î^ concourut à la défense 
du Rhin , et à la reprise de Weissem bourg. Créé lieutenant- 
général des armées du roi, par pouvoir du 2 mai , il ne fut 
déclaré tel que le i5 août. Il se trouva en cette qualité à 
Taffaire d*Haguenau; passa le Rhin, .le aS du même mois; 
servit au siège et à la prise de Fribourg , par lettres du 1*' 
avril 1 745 , et à Tarmée du Rhin , sous M. le prince de Ccmtî , 
qui se tint sur la défensive. 11 servit à Tarmée commandée 
par le même prince, par lettres du i*' mai 1746, et se trou- 
va aux sièges de Mons et de Charleroi. S'étant réuni ensuite 
à Tarmée de Flandre , il se trouva à la bataille de Raucoux. 
Il se rendit à Mons, le i5 avril 1747; fut employé à Tarmée 
du roi, par lettres du i*' mai, et combattit à Lawfeld. Dé* 
signé pour servir à Tarmée de Flandre, par lettres du i5 
avril i74B« il la joignit le 1*' mai, et y demeura jusqu'au r5 
juin , épcK^ue à laquelle il cessa d'être employé , la paix ayant 
été faite. Il obtint le gouvernement de Mont-Dauphin, par 
provisions du 30 mars 1749» et se démit, au mois de sep*' 



DES GENERAUX rRÀNÇAIS. 3a 5 

tembre 1755, delalieutenance-générâleduBlaisois. Il mou- 
rut à Paris, le 18 septembre 1761^ âgé de 5g ans. {Chrono-- 
logie militaire j tom. V, pag. "^o^ \ mémoires du temps ^ Ga- 
zette de France.) 

DE GLERMONT-D*ÂMBOISE (Jean -Baptiste -Charles- 
François], marquis de Renel, maréchal''de^camp , fils da 
précédent , fut bapUsé le 6 août 1 728 , et connu d'abord sous 
le nom de chevalier de Clermont de Gallerande. Il avait été 
colonel du régiment de Bretagne , lorsqu'il fut créé briga- 
dier d^infauterie, en 1756. On l'envoya comme ambassa- 
deur près de la cour de Lisbonne, en juin 1767. Il fut créé 
maréchal-de-camp, le 1*' mars 1 780 , et chevalier du Saint- 
Esprit, le I*' janvier 1784- H fut massacré, le 10 août 17929 
dans le château des Tuileries, où il s'était rendu pour dé- 
fendre la personne du roi Louis XYI. (Etats militaires, mé- 
moires du temps J) 

DE CLERMONT-TONNERRE (François, comte), mare- 
chal-de-camp f d'une autre famille que les précédents (1), 
avait servi en qualité de lieutenant et de capitaine de che- 
vau-légers à tous les sièges faits eu i6ai et 1622, ainsi qu^à 
celui de la Rochelle, en 1627 et 1628 ^ lorsqu'on lui donna, 
le 19 octobre 1629, le régiment de Piémont, qu'il joignit 
en Languedoc. Il le commanda à la conquête de la Savoie; 
au combat de Veillane; à la prise des ville et château de Sa- 
luée, et au combat du pont de Carignan, en i63o; au siège 
et à la prise de Vie et de Moyenvic; et au siège de Marsal, 
en i65i. Il commanda encore son régiment, en i652, dans 
le Languedoc, contre les troupes de Monsieur; se trouva 
ensuite à la conquête de la Lorraine ; au siège et à la prise 
de Nancy, en i653; à la prise d*Haguenau, de Saverne, de 
Lunévîlle, de Bitche et de la Mothe; et au secours d'Hei- 
delberg et de Phitisbourg , en i634* Il se signala à la batailla 
d'Avein ; servit au^siége de Louvain, en i635; ausiége età la 



(i) Cette famille est orîgîaaire de Clermont en Dauphin^ 



SaC DICTIOXNAIKE HISTOBIQUS ' ' 

reprise de Corbie, eu i656; aux sièges et à la prise de Lan* 
drecîesy Maabeuge et la Capelle , en 1657 ; au siège de Saint- 
Omer; et au combat qui se donna sous cette place , en i638. 
Créé niaréchal-de-camp, par brevet du i5 février 1659; ^^ 
fut employé en cette qualité sur la flotte commandée par 
Tarchevéque de Bordeaux; concourut à la défaite des en- 
nemis, à Larédoy le 14 août, et resta en Guienne, sous les 
ordres du comte de Grainmont , jusqu'au mois de septem- 
bre 5 époque à laquelle il conduisit un secours de 4000 hom- 
mes au prince de Gondé, qui voulait secourir Salces. Il se 
démit, au mois de mars 1640, du régiment de Piémont, 
et conduisit en Italie un secours de 8000 hommes. H com- 
manda, la même année, 5oo gentilshommes de la province 
duDauphînè, qui l'avaient choisi pour chef, et qui offrirent 
leur secours au comte d'Harcourt occupé au siège de Tu- 
rin. Le comte de Clermont donna de grandes preuves de 
bravoure à la défense des lignes devant Turin, qui furent 
attaquées, le 14 septembre, par le prince Thomas. Il ser- 
vit, en qualité de maréchal-de-camp, dans l'arniée com- 
mandée par le prince de Condé, en 1641; s*empara, le 6 
juin , de la ville de Canet en Roussillon , et se trouva au siè- 
ge d'Elne : ce fut sa dernière campagne. Il fut reçu cheva^ 
lier des Ordres du roi, le 3i décembre 1661. En qualité d'at- 
né de sa maison , il était premier baron , connétable et grand- 
maître héréditaire du Dauphiné. Il mourut dans son châ- 
teau d'Ancy-le-Franc, en Bourgogne, le 24 octobre 1679, 
ûgé de 79 ans (1). (Chronologie militaire, t. VI, pag. i52j 
Gazette de France, historiens du temps,) 

DE CLERMONT-TONNERRE {Ko^er) , marquis de Crusy, 
maréchaUde-camp , d'une autre branche de la famille du 



(1) \/ Histoire des Grands-Officiers de ta Couronne y iom, VII j fag. 
()i5, lui donne à tort la qualité de lieutenant-général d« Bourgogne^ 
Charles-IIenrj comte de Clermont, son père , avait possédé la charge de 
lieutcnant-gdnéral en Auzois, Autunois et Auxcrrois; mais il s'en était 
démis, en 1626, en faveur du comto de Gomarin , et son Gis ne l'a pss 
possédée. * 



/ 



DES G£9«£AÀUX FRANÇAIS. Sa 7 

précédent 5 était capitaine d'une compagnie de chevau-lé- 
gers et sergent de bataille, lorsqu'il servit comme aide-de- 
camp de M. le duc d'Orléans, pendant les campagnes de 
Flandre, en i645 et 1646. Gréé maréchal *de-camp, par 
brevet du a3 octobre de cette dernière année, il fut em- 
ployé à l'armée de Flandre, en 1647* I^ leva, par commis- 
sion du 20 mars 1649, ^^ régiment de cavalerie de son nom, 
qui ne servit que pendant la durée de cette campagne. Il 
commanda la division des troupes de l'armée de Flandre, 
qui devait se rassembler à Reims, par ordre du a6 avril 
i65i. On ne le trouve plus employé depuis cette époque. 
{Chronologie militaire , tom. VI ^ f^' 221 9 mémoires du / 
temps é) 

m CLEEMONT -TONNERRE (Gaspard , marquis , puis 
duc), pair et maréchal de France, petit- fils du précédent^ 
naquit le 10 août 1688. Il fut d'abord fait coi^nette au régi- 
ment du Châtelet (depuis la Billarderie et Braque), le 8 
janvier 170^; se trouva à la prise du fort de Rehl, le 9 
mars, et au premier combat d'Hx>cbstèdt, le ao septembre 
de la même année. Devenu capitaine au même régindent , 
à la mort de son frère, par commission du 5 mars 17041 il 
combattit à Hochstedt, le 1 3 avril suivant; à l'attaque des li- 
gnes deWeissembourg, le 3 fuillet 1706; àla prise deHIe du 
Marquisat, le ao juillet 1706; et servit, en 1707, à l'armée 
de Flandre, qui n'entreprit rien. Employé à la même ar- 
mée, en 1708 , il combattit à Oudenardé, le 1 1 juillet. Mes- 
tre-de-camp d'un régiment de cavalerie de son nom, par 
commission, du 3o avril 1709, il combattit à Malpiaquet , le 
ri septembre ; fut employé , en 1710, à l'armée de Flandre, 
où l'on ne fit rien; et servit à la même armée, en 1711. Il 
se trouva, en 171a, à l'attaque du fort d'Arleux, qui fut em- 
porté le a5 inillet ; au combat de Denain, le a4du même mois; 
à la prise de Douay, le 8 septembre ; du Quesnoy, le 4 oc« 
tobre, et de Bouchain^ le 19. Il fut réformé le 10 avril 171a : 
mais on lui conserva sa compagnie de mestre-de-oamp, 
qu'on incorpora dans le régiment d*Âubusson. Il concou- 
rut, en 17 13| à la prise des villes de Spire , de AYorms et 



3â8 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

de Kaîserlautern ; aa sîége de Landau, qui se rendit , le ao 
août; à la défaite du général Yaubonne, dont on força le» 
retranchements, le ao septembre ; au siège de Fribourg, 
abandonné par la garnison, le i*' novembre; et au siège 
du fort et des châteaux, qui se rendirent le 16. On le 6t 
successivement brigadier, par brevet du 1" janvier 1716; 
commissaire-général de la cavalerie, par provisions du 5 
février suivant; commandeur de l'ordre de Saint- Louis, 
par provisions du 1" janvier 1720 ; et chevalier des Ordres 
du roi, le 5 juin 1724* Promu au grade de maréchal- de- 
camp, par brevet du aa décembre 1731, il fut employé en 
cette qualité à Tarmée du Rhin, par lettres du i5^«eptem- 
bre 1735, et se trouva au siège de Kchl, qui capitula le a8 
octobre, et où il avait monté la tranchée, le 26^ Employé 
à Tannée du Rhin, par lettres du 1*' avril 1734* il combat- 
tit à Tattaque des lignes d'Etlingen, le 4 m^î* Il obtint le 
gouvernement de Mont-Dauphin , par provisions du 1*' juin; 
et marcha au siège de Philisbourg , où il monta la tranchée, 
le 10 juin et le 9 juillet. Philisbourg s*ètant rendu le 18 , le 
marquis de Clermont-Tonnerre suivit Tarmée au siège de 
m^orms, qui capitula le a3 du même mois. Créé lieutenant-- 
général, par pouvoir du i^'août , il servit à Tarmée du BJhin, 
par lettres du 1" mars i735, et fut pourvu de la charge de 
mestre-de-camp-gènéral de la cavalerie, par provisions du 
16 mars 1736. Il obtint le gouvernement de Béfort, par 
provisions du 26 janvier 1739, en remettant celui de Mont* 
Dauphin. Employé à Tarmèe de Bohême, par lettres du ao 
juillet 174 1 9 il commanda la 3* division de cette armée, qui 
partit de Dusseldorff, le 1 3 août. Il fit à cette armée les cam- 
pagnes de 1741 et de 1742. Il ravitailla, le 9 mars de cette 
dernière année, le château de Frawemberg, en traversant 
les quartiers des ennemis qui bloquaient celte place. Il fit, 
le 24 mai suivaut, la garnison de Yodnian prisonnière de 
guerre. Au combat de Sahai , livré le 25 , la cavalerie qu'il 
commandait ayant été retardée par la difficulté des passa- 
ges, il pressa si vivement la marche de la brigade du co» 
lonel-génèral^ qui formait son arrière-garde, qu'elle arriva 
à temps pour soutenir riufaulerie. li passa la Moldave, le 



DES GENEBAUX FRANÇAIS. 02 9 

^7, avec la cavalerie qu'il commandait, et à la vue des en- 
nemis. Il fut employé à l'armée du Rhin, par lettres du 1*' 
avril 1744^ Les ennemis, voulant pénétrer en Alsace, sur- 
prirent un passage sur le Rhin, et occupèrent les lignes de 
la Lautern. Le marquis de Glermont attaqua leur centre à 
Weissemberg, le 5 juillet. Il marcha ensuite avec la bri- 
gade de Chan&pagne, pour renforcer le détachement des trou- 
pes destinées à Tassant des lignes de Suffelsheim. Il se dis- 
tingua à Tattaque de ces lignes, qui furent forcées le a3 
août. Employé au siège de Fribourg, il s*einpara, le 5 no- 
vembre , de la demi-lune de la gauche ; ce qui contribua à 
forcer la place de se rendre dès le lendemain. Employé à 
Tarmée de Flandre, par lettres du 1'' mai 174^9 H com- 
manda la gauche de Tarmée française à la bataille de Fon- 
tenoy, le 1 1 mai. Ayant ensuite rallié Tinfanterie , il se por- 
ta au centre, et parvint à contenir les ennemis jusqu'à la 
dernière charge , malgré le feu violent auquel il se trouvait 
exposé. Il servit à la prise de Tournay, qui capitula le a3 , 
et de la citadelle, qui se rendit le ao juin. Il se trouva à la 
prise de Bruxelles, le 20 février 1746; et à la bataille de 
Raucoux, le 11 octobre suivant. Employé à la même ar- 
mée, par lettres du i"mai 1747 9 ilcombattit vaillamment à. 
Lavrfeid, le 2 juillet, à la fête deSa escadrons. Quoique exposé 
au feu de4o pièces de canon, il soutint durant quatre heures 
l'infanterie française dans^son attaque contre le vinage, qu'el- 
le emporta. Il chargea ensuite la cavalerie ennemie , la bat- 
tit, la poursuivit , lui fit plusieurs prisonniers, et s'empara de 
a pièces de canon. Créé maréchal de France, par état don- 
né au camp de Hamal, en Brabant , le 1 7 septembre , il prê- 
ta serment en cette qualité le 3 décembre, et son état fut 
enregistré à la connétablie, le 14 septembre 1748. Il se dé- 
mit, la même année, de la charge de mestrerde-camp-gé- 
néral de la cavalerie. Il assista au lit de ju$tice tenu à Pa- 
ris, par le roi, le i3 décembre 1755, et à celui tenu le ai 
juillet 1761. Devenu doyen dès maréchaux de France, il 
représenta le connétable au sacre du roi Louis XVI , en 1774- 
II avait été élevé à la dignité de duc et pair, lorsqu'il mou- 
rut, le 16 mars 1781. {Chronologie militaire , tom» 111, pag, 

IF. 4^ 



33o DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

S^st; mémoires du temps y GaztUe de France ^ Biographie 
universelle, ancienne et moderne, tom. IX, pag. go.) 

DE CLERMONT-TONNERRE (Charles-Henri- Jules, com- 
te, puis duc), pair de France et lieutenant-général , fils de 
Gaspard de Clermont-ToDuerre , qui précède, naquit le 7 
avril 1730. Il fut nommé cornette de la compagnie mes- 
tre-de-camp du commissaire-général de la cavalerie, le 10 
mars 1732. Il servit, en 1753, au camp du pays de Messin; 
obtint une compagnie dans le même régiment, par com- 
mission du 16 février 1734; se trouva, la même année, 
au siège de Philisbourg, et combattit à Clausen, en 1735. 
Mestre-de-camp d'un régiment de cavalerie de son nom , 
par commission du 21 février 1740, il le commanda à la 
prise de Prague, en 1741 ; au bivouac de Piseck; à PaflTaire 
de Sahai; au ravitaillement de Frav^emberg; à la défense 
de Prague; et à la sortie faite de cette ville, en i'74a* Il ren- 
tra en France avec Tarmée, au mois de février i743; se 
trouva, cette même année, à la bataille de Deltingen; et 
finit la campagne en Haute-Alsace, sous le maréchal de 
Coigny. Il servit, en 1744 ) ^ Tarmée de Flandre comman- 
• dée par le maréchal de Saxe , qui couvrit les sièges de Me- 
nin, d'Ypres et de Fumes; et occupa le camp de Gourtray 
pendant le reste de la campagne , malgré la grande supé- 
riorité des ennemis. En 1745, il commanda son régiment à 
la bataille de Fontenoy; au siège des ville et citadelle de 
Tournay; à ceux de Dendermonde, d'Oudenarde et d*Ath; 
au siège de la citadelle d'Anvers; et à la bataille de Rau- 
coux, en 1746. Gréé brigadier, par brevet du 20 mars 17479 
11 commanda la brigade du régiment de cavalerie du roi à 
la bataille de Lawfeld, le 2 juillet. Il se rendit au siège de 
Berg-op-Zoom, le 29 août, et y servit jusqu'à la prise de 
cette place. Il se trouva au siège de Maestricht, en 174B, et 
au camp d'Aîmeries, en 1754. Employé à l'armée d'Alle- 
magne, par lettres du 1" mars 1757, il combattit à la ba- 
taille d'Hastembeck, et concourut à la prise de plusieurs 
place de i'éleotorat d*Hanovre. Promu au grade de mare' 
chal-de-camp, le 1" mai 1768, il fut employé en cette qua- 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 33 1 

lité en Normandie , par lettres du i*' août suivant, etyservit 
jusqu'à la paix sous les ordres du duc d'Harcoi:trt. Il fut 
créé lieutenant-général des armées du roi , par pouvoir du 
a5 juillet 1762. Il était commandant en chef en Dauphiné, 
lorsqu'il fut créé duc et pair^ et chevalier de Tordre du Sainte 
Esprit, le 3o mai 1784* Il a péri victime de la révolution fran« 
çaise» le 26 juillet 1794. (Chronologie militaire^ tom. FI, 
pdg' 3o; mémoires du temps , Gazette de France.) 

DB CLERMONT-TONNERRE (Gaspard-Paulin) , lieute-- 
nant'général , fils de Charles-Henri-Jules de Glermont-Ton- 
nerre, qui précède, naquit à Noisy, le 25 août 1755. Il a 
été créé lieutenant-général, le 25 juin 18 14* II est chevalier 
de Tordre de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont- 
Garmel. {Etats militaires.) 

DE CLERMONT-TONNERRE (FrançoisJoseph, marquis), 
maréchal^de-camp , troisième fils du maréchal de Clermont- 
Tonnerre, naquit le 1 1 janvier 1726. Nommé cornette au 
régiment du mestre- de-camp-général de la cavalerie, le 12 
juillet 1740, il servit à la prise de Prague, en i74i> Devenu 
capitaine au même régiment, le 9 mars 174^9 il commanda 
sa compagnie au combat de Sahai ; au ravitaillemcfit de 
Frawemberg;àla défense et à la retraite de Prague, la mê- 
me année; à la bataille de Dettingen et sur les bords du 
Rhin, en 1745; à la reprise de Weissembourg et des lignes 
de la Lautern ; à Taffaire d'Haguenau et au siège de Fri« 
bourg, en 1744; c(t à l'armée du Bas-Rhin , en 1745. Nom- 
mé aide-maréchal-général-des- logis de la cavalerie de Tar- 
mée du roi^ par ordre du 1*' mai 1 746, il se trouva aux siè- 
ges de la citadelle d'Anvers et de Namur, et à la bataille de 
Raucoux, la même année; à la bataille de Lawfeld et au 
siège de Berg-op-Zoom, en 1747* H obtint, le 1*' février 
17489 une commission pour tenir rang de mestre- de-camp 
de cavalerie ; servit , la même année, au siège de Maestricht; 
au camp d'Alsace, en 1764; à la conquête du duché de Ber- 
gués et de Juliers; à la bataille d'Hastembeck; à la prise de 
Blinden et d'Hanovre ; au camp de Clostersevern ; et à la 
marche sur les ennemis vers Zell^ en 1757. Il se trouva à 



352 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

la retraite de Télectorat de Hanovre et à la bataille de Gre- 
velt, en 1758. Nommé lieutenant- colonel de son régiment, 
par commission du 10 février 1 759, il le commanda à la ba- 
taille de Minden, le 1" août suivant. Il fut créé mestre-de- 
camp commandant du même régiment , par commission 
du 5 mai 1760; obtint le grade de brigadier, par brevet du 
ao février 1761 ; servit sur les côtes, depuis 1760 jusqu'à la 
paix; et ayant été déclaré, au mois de février 1763, maré- 
chal-de-camp avec rang du 25 juillet 1762, jour de la date 
de son brevet, il se démit de la charge de mestre de-camp 
commandant de son régiment. Il mourut avant le 1'* dé- 
cembre 1771. {Chronologie militaire, tom» VII, p. 578; 
mémoires du temps , Gazette de France*) 

DE CLERMONT-TONNERRE dbThoubt (Louis-François- 
Marie, comte) y issu de la branche cadette de la maison de 
Ciermont-Tonuerre, entra au service, en 1777, comme sous- 
lieutenant au régiment de Réyal-Pologne cavalerie, dans 
lequel 11 fut fait capitaine à la suite. Il passa, en 1781, dans 
la compagnie écossaise des gardes-du-corps du roi Louis XYI, 
en qualité de sous-lieutenant, avec rang de lieutenant-co- 
lonel. Il émigra en 1791; joignit les princes français à Go- 
blentz; fit la campagne de 1792 dans leur armée, et y ser- 
vit just{u*à Tépoque à laquelle elle fut licenciée. Il fut créé 
maréchal- dQ-camp, en 1797. Il passa en Russie, et ne re- 
vint en France qu^après la restauration du trône des Bour- 
bons, en i8i4* Lors de Tinvasion de Buonaparteen France, 
en i8i5, le comte de Clermont-Tonnerre fut envoyé, le 18 
mars, dans TArtois, pour y accélérer la marche des volon- 
taires royaux. Il retrouvait à Lille» au moment du passage 
de S. M. Louis XVIII qui se rendait à Gand, et il fit, dans 
la première de ces deux villes son service auprès du roi. 
Après le retour de S. M. à Paris, le comte de Glermont- 
Tonnerre fut employé sous le général comte de Bourmont, 
à la réforme des volontaires royaux, et alla ensuite pren- 
dre, à Versailles, le commandetnent de la compagnie 
écossaise des gardes-du-corps qui lui avait été confiée en 
l'absence du chef d*escadron. Ayant été compris dans les 



DES GEI7ÉRÀUX FRANÇAIS. 333 

réformes qui se faisaient alors, il obtint sa retraite comme 
lieutenant des gardes-du-corps, avec le grade de lieute- 
nant-général^ qui lui fut accordé le i" novembre i8i5. Il 
fut créé, le même jour, commandeur de Tordre royal et 
militaire de Saint-Louis. {Etats et brevets militaires , Mo- 
niteur y annales du temps.) 

DE CLERMONT-MONT-SAINT-JEAN {^,...^ marquis), 
issu de la branche des seigneurs de Glermont-Mont-Saint- 
Jean, en Savoie ^ fut créé maréchal-de-camp y le ai août 
1800. [Etats militaires,) 

DE CLERMONT-TONNERRE (Louis), marquis de Chaste, 
maréchal-de-camp, issu de la branche des seigneurs de 
Chaste, entra aux mousquetaires, en 1706, et se trouva 
à la bataille de Ramillies, au mois de mai de la même an- 
née. Il obtint une compagnie dans le régiment Royal-Pié- 
mont, le 27 avril 1707, et la commanda à l'armée de Flan-* 
dre, cette année, et à (a bataille d*Oudenarde, en 1708. 
Devenu colonel d'un régiment d'infanterie de son nom, 
par commission du 16 mai 1709, il le commanda , la même 
année , à l'armée du Dauphiné. On le fit colonel-lieutenant 
du régiment Dauphin infanterie, en se démettant de celui 
qui portait son nom, par commission du i5 avril 1710. Il 
commanda ce régiment à l'armée du Rhin , en 1710, 1711, 
1712 et 1713, et se trouva, cette dernière année ^ au siè- 
ge de Landau ; à l'attaque des retranchements du général 
Yaubonne, et au siège de Fribourg. Il fut créé brigadier, 
par brevet du 1" février 1719; chevalier de Saint-Louis, 
en 1721 , et sénéchal et bailli du Yélay, sur la démission 
de son père, par provisions du 3omai 1750. Employé.com- 
me brigadier à l'armée d'Italie , par lettres du 6 octobre 
1735, il servit aux sièges de Gerra-d'Âdda , de Pizzighito- 
ne et du château de Milan, la même année; à ceux de 
Novarre et de Tortone, «ux mois de janvier et de février 
1734; à l'attaque de Colomo, et à la bataille de Parme^ 
au mois de juin. Promu au grade de maréchal-de-camp, 
par brevet du 1*' août 1734, il se démit dii régiment Dau- 
phin; combattit à Guastalla, et y fut tué le 19 septembre 



j 



354 I)ICTIO?$MAia£ HISTORIQUE 

1 734 9 à l*àge de 4^ ^Qs. {Chronologie militaire, tom. VIL 
pag, 120 ; Gazette de France, mémoires du temps.) 

DE G LERMONT- TONNERRE (François -Ferdinand], 
comte de Morges, puis comte de Chaste, maréchal^de^camp, 
frère du précédent, entra aux mousquetaires en 1710. Il fit 
cette campagne et la suivante en Flandre, et passa enseigne 
de la colonelle du régiment Dauphin infanterie, le 29 dé- 
cembre 1711. Il servit avec ce régiment, en 1712, sur le 
Rhin; aux sièges de Landau et de Fribourg, et à l'attaque 
des retranchements du général Vaubonne , en 1715. Il eut 
une compagnie dans le même régiment, le 12 mai 1714* 
Nommé colonel du régiment d*infanterie de Luxembourg, 
par commission du i5 mars 1718, il le commanda aux siè- 
ges de Gerra-d* A dda, dePizzigithoue et du château de Alilan, 
en 1735 ; et à ceux de Novarre et de Tortone, aux mois de 
janvier et de février 1 734. Créé brigadier , par brevet du 20 
du même mois de février, il commanda une brigade à Tat* 
taque de Colorno, les 5 et 6 juin , et à la bataille de Par- 
me, le 29. Nommé colonel-lieutenant du régiment Dau- 
phin , par commission du 21 août, il le commanda à la ba- 
taille de Guastalla, le. 19 septembre, et obtint le grade de 
maréchal-de-camp« par brevet du 18 octobre. Il se démit 
alors du régiment Dauphin, et ne servit plus. Il était lieu- 
tenant de roi en Dauphiné , lorsqu'il mourut , le 9 janvier 
1761 , âgé de 5o ans. {Chronologie militaire, tom. Fil, pag, 
137 ; Gazette de France, mémoires du temps,) 

deGLERMONT-TONNERRE (Aimé-Marie-Gaspard, miu^ 
4f uis), pair de France, maréchal-de- camp du 19 mars 18 15, 
commande en cette dernière qualité la r* brigade de cava- 
lerie de la garde royale. Il est chevalier de Saint-Louis et 
officier de l'ordre royal de la Légion -d'Honneur. Il a été 
créé pair de France, le 17 août 181 5, et nommé ministre- 
secrélaire-d'état au département de la marine, le 1 4 dé- 
cembre 1821. (Etats militaires. Moniteur.) 

DE CLERMONT-TONNERRE (Jules, duc)^ pair de Fran- 
ce, maréchal-de^camp du 23 août 18149 est. employé eo 



D£S GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 335 

celle dernière qualité dans rélat*major-g;énéral de la garde 
nationale de Paris. Il a été créé pair de France 9 te 4 juin 

1 8 1 5. {Etats militaires) . 

DE CLERMONT-TONNERRE {Loms ^ comté), maréchal'- 
de-camp du. .... 1797. [Etats militaires,) 

DE GLER>10NT, voyez de Bourbon et Rogbeghouaet. 

DE CLÈVES (François), duc de Nevers, p/iir de France, et 
commandant d' armée , naquit le a septembire 1 1 56. Il porta le 
titre de comte de Nevers jusqu'au mois de janvier iSSg, épo- 
que à laquelle il devint duc de Nevers, dont il prit le titre. Il 
fut fait gouverneur-général du Nivernais , à la mort de son 
père 9 le 27 août i5ai. Il fut créé pair de France, par let- 
tres d'érection données à Paris, au mois de janvier iSZg, 
registrées au parlement, le 17 février suivant. Il servit dans 
toutes les guerres contre l'empereur comme capitaine des 
lansquenets, et fut nommé capitaine d'une compagnie de 
100 hommes d'armes, des ordonnances du roi, en i544* 
Nommé colonel - général des lansquenets, ou de l'in- 
fanterie allemande, le 1" juillet de la tnème année, il 
conserva cette charge {usqu'en i546, époque à laquelle elle 
fut supprimée. Il servit en Champagne pendant les sièges 
de Commercy< Liguy et Saint-Dizier, faits par l'empereur, 
et continua d'être employé jusqu'à la paix de Crépy, signée 
le 18 septembre. On le pourvut du gouvernement de Cham- 
pagne et de Brie,' à la mort du duc d'Orléans, par provi- 
sions données à Corbie, le 3 octobre i545, registrées au 
parlement de Paris, en vacations, le 16 octobre, et la cour 
tenant le 17 novembre suivant. 11 fut un des généraux de 
l'armée de Lorraine, sous le connétable , en i553, et se 
trouva à la prise de Metz , Toul et Verdun , la même an- 
née. Pendant que les Impériaux faisaient le siège de Metz, 
il ne cessa de les harceler; leur prit plusieurs forts ^ et 
commanda sur la frontière de Champagne, l'année suivan- 
te. Il commanda, en r554, dans les Pays-Bas, une divlr! 
sion de l'armée du connétable , avec laquelle, étant pasH 
dans révêché de Liège, il prit Bovines d'assaut; brûla Dî- 
nant; b'assura d'Orchimont; s'empara de Valsimont, du 



556 DICnONHAIEE HISTORIQUB 

château de Beaarîn , et de plusieurs autres petits postes qui 
servaient de retraite aux ennemis toutes les fois qn'*ils se ré- 
pandaient sur les frontières de Champagne : il lit raser toutes 
ces places. Il tomba, le aS juillet, sur un parti ennemi qui s'é- 
tait écarté , et en tua le plus grand nombre. Ayant ensuite 
rejoint la grande-armée, il combattit vaillamment, le lo 
août, à la journée de Renty. Nommé lieutenant-général com- 
mandant en chef Tarmée du Hainaut, par pouvoir du 18 
avril i555, il fit entrer dans Mariembourg un convoi qni 
empêcha les Impériaux d^assiéger cette place. Il battit les 
ennemis à Germigny , le i3 juin , et à Givet , le i4* H man- 
qua les chdteauxde Sauteur et de Ghîmay; et, après avoir 
mis la frontière en sûreté , il envoya ses troupes en quar- 
tier, n fut un des principaux offîciers de l'armée que le 
duc de Guise conduisit en Italie, en i556. Après s'être trou- 
vé avec cette armée à la prise de quelques places, il revint 
en France, en 1557. Il eut le commandement de l'armée 
de Champagne, sous le connétable. Celte frontière parais- 
sait menacée ; mais ce ne fut qu'une feinte de la part des 
ennemis, qui tournèrent tout à coup leurs forces sur les 
frontières de Picardie, et firent le siège de Saint- Quentin. 
Le duc de Nevers voulait qu'on les attaquât avant la jonc- 
tion de leurs troupes ; et, si Ton eût suivi ce conseil, l'armée 
française n'aurait point été détruite au combat de Saint- 
Quentin. Il prit le commandement de cette armée après 
la prise du connétable , et le conserva jusqu'à l'arrivée du 
duc de Guise. Il recueillit les débris de cette armée; enga- 
gea la plupart des lansquenets qui voulaient se retirer à 
continuer le service; fortifia la frontière ; jeta du monde 
dans toutes les places; fit venir de Metz 4 enseignes d'in- 
fanterie et quelques troupes de la Champagne, et en for- 
ma un corps assez fort pour harceler les ennemis après le 
siège de Saint-Quentin, qu'ils avaient pris d'assaut, le 27 
août. Le duc de Nevers assiégea et prit, en i558, la forte- 
resse d'Herbemont , située à l'entrée de la forêt des Arden- 
nes. Cette place était importante par sa force et sa posi- 
tion , et son occupation servait à couvrir la Champagne, et 
à garantir celte province des courses des ennemis. Il força 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 357 

aussi les ennemis d^abandonner plusieurs «utres forts dont 
il s*empara. Servant au siège de ThionvîUe , la niiêtiie an- 
née, le duc de Nevers monta à Tassaut des caseniates, et 
fit un logement snr les ruines d*une tour avec une extrême 
diligence. Les Espagnols n'ayant point osé l'attaquer, cet 
assaut et ce logement décidèrent, du. sort de la place> qui 
fut obligée de se rendre. Le duc de Nevers mourut le i5 fé- 
vrier i562. {Chronologie mUitaire ^ tom».I, pag» 221; His- 
toire des Groiids^Qfficiers de la Couronne, le président Haï* 
nautj le Père Daniel y Histoire -de .France, par de Tbou\ 
Histoire militaire des Suisses, tom, IV; Histoire de Frang- 
ée , par Anquetil, tom. IV») . . 

DE GLI$&0N.(Olivier) , connétable de France^ naquit eu 
Bretagne. Il n*avait que 12 ans^ lorsque Olivier de Glisson, 
son père , soupçonné d'intelligence avec les Anglais, eut la 
tête tranchée, le 2 août i545, par ordre de Philippe de Va- 
lois. Jeanne de Belleville, mère <le >Ciis8on , irritée jusqu^à 
la fureur de la mort tragique de son n»ari, résolut delà ven- 
ger, mena son iils en Angleterre, vendit ses biens, prit les 
armes, arma 5 vaisseaux, courut la mer,. infesta les cô- 
tes de la Normandie, et lit mettre à mort tous les Fran- 
çais qui tombèrent en son pouvoir. Ce fut à la suite et 
sous les yeux de cette héroïne, que Clisson, âgé de 7 ans ^ 
fit ses premières armes. Il ne profita que trop bien des le- 
çons qu'il reçut alors;. et,. si Ton peut le citer comme Tun 
"Hes plus braves guerriers de son siècle , on doit dire eu mê- 
me temps qu'il fut le plus implacable dans sa iic^ine, et le 
plus sanguinaire. Son talent pour la guerre coo^m.euçfi à se 
manifester au siège de Rennes , formé par le duc de Lan- 
castre, en i556. En i5645 Ciisspn tenait le parti deJeande- 
Bretagne, comte de Montfort, contre Charles de Blois. Le 
28 septembre, veille de la bataille d'Auray, on délibéra, 
dans le camp du comte de Montfort, si on irait attaquer ce 
jour-là même l'armée de Charles de Blois, qui était fatiguée 
pur une longue marche. Cette attaque n'était cependant pro- 
posée que danslç cas où l'armée de Charles de Blois s'avan- 
cerait dans une prairie qui sépairail les combattants. Leçon- 



338 OIGTIONMIRE HISTORIQUE 

seii penchait pour Ta^rmative ; mais Glisson rejeta cet a- 
vis : «Il ferait honteux, dit -il, d'attaquer des ennemis sur- 
• pris et fatigués, n 8on opinion prévalut, et Ton attendit an 
lendemain. Le 39, la bataille d'Auray fut livrée, et Glisson 
commanda un des quatre corps qui composaient Farmée 
du comte de Montfort. On le vit, armé d'une hache, percer 
les pins épais bataillons ; et, quoiqu'il eût perdu un œil dans 
cette affaire, il continua de combattre, de tuer et de pour- 
suivre les fuyards jusqu'à huit lieues au-delà du champ de 
bataille. Clissen, jaloux des ménagements que le duo de 
Bretagne avait pour le» Anglais, que ce duc comblait de 
bienfaits (1) , offrit ses services à la France, qui les aooepta. 
En mai i368 , il se rendit dans ce royaume, avec un 
grand nombre de gens de guerre, et s'attacha- au conné- 
table du Guesclin, avec lequel il se Ha, en 1370^ par une 
fraternité d'armes. Il marcha , dans la même année iZyo^ 
sous les ordres de du Guesclin, par lettres du 24 octobre, 
et contribua à la défaite du capitaine anglais Grandson, qu'il 
força de se rendre au connétable. S*étant mis seul à la potir- 
suite de Nenfville, autre capttaine anglais qui commandait 
moo hommes, il loi en tua 900, et fit le reste prison- 
nier : Neufville fut du nombre de ces derniers^, et GKsson le 
prit de sa propre main. Nommé lieutenant du roi en Poi- 
tou, en »37i, Glisson obligea les Anglais de lever le siège 
de Moncontour. Il prît, en peu de temps, Saint-Jean»d'An- 
gély, Aogouléme, Taillebourg et Saintes. Glisson eût été 
comparable à du Guesclin , dont il cherchait à égaler la gloi- 
re, s'il en eût eu la générosité et l'humanité; mais le trait 
suivant prouve qu'il était loin de posséder ces vertnar. Pen- 
dant le siège de Benou, les Anglais avaient poignardé un gen- 
tilhomme, ami de Glisson , nommé Payen. Les assiégés s'é- 



(1) Cette brouillerie vint particulièrement de ce que le duc de Breta- 
gne avait fait don du château de Gavres au fameux Jean Ghandos. A ce 
8uj«t, Glisson dit au dore: «Au diable, monseigneur, si jamais Anglais 
• sera mon voisin. » GIîmob ail» de suite assiéger ce château , et le démio-' 
lit entière ment. 



DES GENERAUX FRÀKCÀIS. $5q 

tant rendus à discrétion au connétable, Gllsson denoianda la 
permission de disposer des prisonniers : elle lui fut accordée. 
Il se mit alors à la porte par laquelle les hommes de la gar- 
nison devaient sortir, et, avec le plus horrible sang-froid, il 
les assomma à mesure qu'ils passaient. Il servit comme lieu* 
tenant du roi dans le pays des Basses- Marches, en iS^S. En 
1 377, le roi , mécontent du duc de Bretagne , nomma Clis- 
son son lieutenant-général dans cette province , pour en a- 
chever la conquête. Clisson se rendit maître , le 1 5 août de 
la même année, de la ville d'Auray, que piysieurs autres 
généraux avaient inutilement assiégée. En i38o, le duc de 
Bretagne , toujours uni aux Anglais , aliéna les esprits des 
seigneurs bretons. Clisson , de l'aveu du roi , profita de cette 
mésintelligence^ mit ses propres troupes en mouvement, et 
assiégea Guérande. Il fut cependant obligé de lever le siège 
de cette place; mais alors il se mit à la poursuite du duc de 
Bretagne, et le suivit de ville en ville. Le duc eût été iofailii- • 
blement perdu , sans l'arrivée d'une flotte anglaise. Le nom- 
bre des ennemis ne déconcerta pas Clisson : il prit Dinant, 
passa la garnison anglaise au fil de Tépée , et s'empara des 
meilleures places de Bretagne. Créé connétable de France 
par le roi Charles VI, et par provisions du 2S novembre ]58o, 
il prêta serment en cette qualité, le ^4 octobre i38i (1). En 
i38a, les Flamands s'étant révoltés, le roi promit à leur 
souverain de le venger. A cet effet, le connétable de Clis- 
son assembla une armiée , dans laquelle il établit une exacte 
discipline, et força le pont de Commines. Les Flamiandsse 
rallièrent, et, par leur nombre, accablèrent à leur tour 
les Français. Sur ces entrefaites, Clisson accourt, et feint 
de vouloir passer la rivière vis-à-vis des Flamands, pen- 
dant qu'il fait tenter un passage à une lieue au-dessus de 
Commines. Par ce moyen, les Flamands, qui ne portaient 



(1) Cette prestation de serment ea original se trouve dans lea manu- 
scrits de Séguier au premier volume des Grands-Officiers. 11 y en avait 
une copie au 359* volume des manuscrits de Brienne à la bibliothèque 
du roi; mais elle était mal à propoa dotée du si octobre i38o, plus d'un 
mois avant que Clisson fàt connétable. 



I 



34o DICTIOTWÀIllE HTSTOiaQVC 

leur attention que sur le connétable, furent surpris et at- 
taqués par derrière, et prirent la fuite. Clisson ayant fait 
rétablir uupont qui avait été détruit, les Flamands revin- 
rent à la charge, et attaquèrent ce pont avec fureur. Glis- 
son se présente, et manœuvre de manière à obliger 9000 
Flamands de lui faire tète. La victoire fut long-temps ba- 
lancée ; mais enfin Tennemi se relira , laissant 5ooo des siens 
sur la place. Afm de rassurer les esprits, Artevelle, général 
des Flamands révoltés (1), s^avança avec 409000 hommes, 
et se porta p^ès du village de Rosebecquc, où il se retran- 
cha. Clisson ayant résolu de l'attaquer , défendit d*abord à 
ses soldats, sous peine de la vie , de quitter leurs rangs sans 
permission ; puis il forma un plan de bataille, inconnu jus- 
qu^alors. Il fit un centre et des ailes composés d*infanterie, 
et distribua 12,000 gendarmes à pied sur ces ailes: le roi 
seul était à cheval dans le centre de cette armée. Le con- 
nétable de Clisson se plaça à Taiie droite, où était le comte de 
Flandre; et, Taction ayant été engagée, les Flamands furent 
battus , mis en fuite, et perdirent 25,ooo hommes tués sur 
le champ de bataille. Pendant Tubsence du roi, les Pari- 
siens, qui étaient d'intelligence avec les Flamands, se ré- 
voltèrent pour la troisième fois depuis le règne de Char- 
les YI. Cette cireoBStance obligea le roi de reprendre le che- 
min de sa capitale, où il rentra triomphant, le 10 {anvier 
i585. Le connétable de Clisson occupa les principaux postes 
de cette ville, et fit saisir les plus coupables parmi les ré- 
voltés : ils furent punis de mort. La tranquillité et le bon 
ordre étant rétablis dans Paris, le roi, suivi de beaucoup 
de membres de la noblesse, retourna en Flandre, où les 
Anglais s'étaient réunis aux insurgés. Le conuétalile leur fit 
lever le siège dTpres, et s^empara de Bergues, ainsi que 
de Gravelines. Il ne resta bientôt plus aux révoltés que 
Bourbourg , dont Clisson s'empara par famine. Il en 
avait promis le pillage aux soldats; mais elle en fut sau- 
vée par une capitulation honorable que le duc de Bre- 



(i) Cet Artevelle ou Artavelle était un brasseur de bîerre, qui s'était 
mis à la tôte des factieux. 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 34 1 

tagne obtint. Clisson en fut irrité; et l'on prétend qu*il pro- 
fila de cette circonstance pour montrer de Tombrage au 
roi, et pour rendre suspecte la fidélité du duc de Bretagne^ 
de tout temps ami des Anglais. Le duc qui en fut instruit^ 
sentit renaître contre Clisson une haine mal éteinte; et 
lui eu fit bientôt ressentir les effets. La ville de Brest étant 
alors au pouvoir des Anglais 9 le connétable en entreprit le 
siège en i586 : le duc de Bretagne, par politique, et dissi- 
mulant le dépit secret que lui causait Tentreprise sur Brest, 
joignit ses troupes à Tarmée du roi. Clisson employa ces trou- 
pes à fermer le passage de la mer. Il bâtit aussi deux for- 
teresses sur le rivage, et fit bloquer le port par des vais- 
seaux. Déjà la garnison de Brest, vivement prêtée, com- 
mençait à concevoir des inquiétudes, lorsque Tarmée na- 
vale, envoyée par le roi d'Angleterre, vint au secours de 
Brest. Clisson laisse descendre ce secours à terre , tombe sur 
lui avec sa bravoure ordinaire, en tue une partie, et con- 
traint le reste de remonter sur les vaisseaux. Cette victoire, 
qui devait assurer la ruine des assiégés, contribua au con- 
traire |à les sauver; car le duc de Bretagne, désespéré de 
voir Brest à la veille d'être rendu aux Français, retira ses trou- 
pes. Clisson n'ayant plus alorsa:$sez de soldats pour environ- 
ner la ville, laissa libre un des côtés de la mer, etieducde 
Lancastre en profita pour ravitailler la place pour deux ans. 
Clisson ayant reçu de nouveaux ordres de la cour, leva le 
siège de Brest. En 1587, le roi méditait une descente en 
Angleterre , où il régnait de grands troubles. Clisson, char- 
gé de cette expédition, fit construire une flotte, sur laquelle 
1 5,000 hommes choisis devaient monter. Le duc de Breta- 
gne , dans le double dessein de satisfaire sa haine particu- 
lière contre Clisson, et de délivrer le roi d'Angleterre des 
inquiétudes que lui donnait Tarmement des Français, eut 
recours à la plus noire des perfidies, et fit échouer le pro- 
jet. Il combla de caresses le connétable, l'invita à l'accom- 
pagner et à examiner son château de l'Hermine qu'il fai- 
sait bâtir, le conduisit de chambre en chambre, et le fit ar- 
rêter par ses gens. Clisson fut chargé de fers et condamné 
k mort; mais un chevalier, nommé Bavarlen , chargé de le 



34^ DICTIONNÀIBE HISTOEIQUE 

coudre dans an sac tt de le jeter à la mer, n*exécu ta point Tor- 
dre da doc, qui, revenu de son premier emportement^stit gré^ 
dit-on, à ce chevalier de ne lui avoir point obéi. Gliseon 
obtint sa liberté, mais à des conditions odieuses. Il fil les 
serments qu*on exigea, et promit tout ; mais il ne tint rien. 
Ne respirant que vengeance contre le duc, il demanda jus- 
tice au roi de France : ne l'ayant point obtenue , il résolut 
de se venger lui-même, et ppur y parvenir, il se mit à ra- 
vager la Bretagne, et s'empara de plusieurs villes. Il ne se 
proposait rien moins que de dépouiller entièrement le duc; 
mais le roi leur ordonna à tous les deux de suspendre les 
hostilités. L'année suivante, le roi les invita à se rendre à 
Orléans, où il voulait terminer ce grand différend. Le con- 
nétable s'y rendit, mais le duc n'y parut point. Quelque 
temps après, le duc étant venu à Paris, le roi le réconcilia 
avec le connétable. Celle réconciliation n'étant pas sinoère, 
la paix ne fut pas durable. En 1589, le duc attaqua les pla- 
ces du connétable, qui le fit plus d'une fois repentir d'avoir 
violé le traité. Cependant Clisson, ayant pris la résolution 
d'oublier, autant que possible, et sa haine et le duc de Bre- 
tagne, qui en était l'objet, se rendit, en iSgo, à la cour, 
où le roi lui donna toute sa confiance. Le prlnce^s'étant a- 
lors choisi de nouveaux ministres, les ducs de Berri et de 
Bourgogne, qui furent exclus des affaires, ne le pardon- 
nèrent point à Clisson. Le duc de Bretagne, enhardi parle 
mécontentement des princes, ne garda plus le traité qu'il 
avait conclu avec le connétable. Dans le cours de l'-année 
iSqi, le duc de Bretagne et Clisson se prirent réciproque- 
ment beaucoup de villes, et se livrèrent plusieurs petits 
combats qui affaiblirent les deux partis sans rien décider. 
Le roi tint à Tours un conseil, dans lequel le duc de Bre- 
tagne fut condamné à remplir les articles du dernier traité 
fait avec le connétable. Dans la nuit du i3 au 14 juin de là 
même année, Clisson fut «ittaqué à Paris, dans la rueCul- 
ture-Sainte-Calherine, par 20 brigands ayant à leur tête 
Pierre de Craon, qui agissait à l'iostigation du duc de Bre* 
tagne. Surpris en sortant de l'hôtel Saint- Paul, Clisson 
fut renversé de «ou cheval et reçut tant de coups et de blés- 



DES GENÉKjiUX FRANÇAIS. 34^ 

8i]re2«9 que ses assassins le laissèrent pour mort : il fut ce- 
pendant assez heureux pour en revenir (i). Charles VI, ir- 
rité d*un pareil attentat, mit sur pied une armée qu'il des* 
tinait à châtier le duc de Bretagne; mais un aiccident fu- 
neste, qui fit tomber ce prince dans une espèce de fréné- 
sie, empêcha cette expédition (a). Les ducs de Bourgogne 
et de Berri , devenus par cet événement les maîtres des af- 
faires , sur la lin de 1392 , et qui haïssaient CHsson , lui firent 
son procès, et le destituèrent de sa cljprge de connétable, 
le a5 novembre de la niême année. Clisson se retira en Bre- 
tagne , où 11 recommença la guerre contre le duc de ce 
pays. Le roi« dans un intervalle de santé, les accommoda 
encore : cette fois la réconciliation fut sincère. Le duc écri*- 
vit à Clisson, et lui demanda une entrevue ; mais ce dernier, 
craignant qu*oo ne lui tendît un nouveau piège, voulut que 
les fils du duc de Bretagne lui fussent donnés en otage : on 
les lui envoya. Clisson, ayant ainsi en son pouvoir Théri- 
tier de la Bretagne, fut enfin convaincu de la bonne foi du 
duc, et vint au rendez-vous, conduisant Tenfant par la 
main. Après plusieurs heures de conférences, le duc et Clis- 
son terminèrent leur traité d'accommodement. Le roi, étant 
parfaitement rétabli de sa maladie, fit casser Tarrét porté 
contre Clisson, et lui offrit de revenir à la cour. Clisson re- 
fusa^ et pressa seulement le rétablissement des sieurs de 
Noviant et de la Rivière, ses amis ron le lui accorda. Pierre 
de Craon, assassin de Clisson, ayant été livré à la justice, 



(1) Le président Hénaut met cet évéaenMat sous iSgS. Clisson cepeD' 
dant était encore connétable , lorsqu'il fat assassiné. Sa destitution de 
cette charge n'est que du aS novembre 1393. 

(a) Le 5 août i3ga , le roi marchapt en tète de son armée , et traversant 
la forêt dû Mans, un homme mal vêtu lui apparaît subitement, saisit la 
bride du cheval de ce prince, et lui dit : • Noble roi, ne chevauche pas 
> outre ; retourne sur tes pas , tu es trahi. » Cette apparition fît sur Tesprit 
du monarque une telle impreàsion, qu'il tomba dan» une fréi^sie violen- 
te, qui dura plusieurs années. Ce fut pour amuser ce pri^e que Ton 
inventa, en i395, les cartes à jouer, dont lesfigjores fetjracenjt lea-costu* 
mes du temps. 



344 DICnONNAIUE HISTORIQUE 

le connétable demanda sa grâce et Tobtint. La mort du duc 
de Bretagne, en 1399, vint encore remettre Clîsson sur la 
scène, et Ty lit paraître sous les couleurs les plus honora- 
bles. Le duc, en mourant^ déclara Clissoii tuteur de ses 
enfants, conjointement avec le duc de Bourgogne. Margue- 
rite de Clisson, fille du connétable et femme du comte de 
Penthièvre, informée de cet événement , projeta de faire 
monter ses propres enfants sur le trône de Bretagne; et, pour 
parvenir à ce but , elU osa proposer au connétable, son père, 
de se défaire de ceux du duc de Bretagne , avant Tarrîvéedu 
duc de Bourgogne. Clîsson rejeta cette proposition avec in- 
dignation, et saisit une hallebarde, dont il allait percer Mar- 
guerite de Clisson, lorsqu'elle se déroba j^ar une fuite si pré- 
cipitée, qu'elle se cassa la jambe. Le connétable assista, 
en 1401, au couronnement du jeune duc de Bretagne 9 et 
Tarnia chevalier* Clisson mourut dans ses terres de Josse- 
lin, en Bretagne^ le 23 avril 1407 (1). {Chronologie militai- 
re, tom, I , pa£. io3 ; Histoire de France du Père Daniel ^ 
Histoire de Bretagne, le président Hénaul , Histoire des 
Grands "Ql/iciers de la Couronne , Aïe de Clisson datis tes 
Hommes illustres', tom. Fil', pag, 287 ; Dictionnaire uni- 
versel y par Chaudon et Delandine, Biographie unix^ersdle j 
ancienne et moderne y Histoire de France, par AnquetU^) 

DE CLOYS9 'voyez LE Blanc 

CLUTIN d'Oysel (Henri), commandant d'armce. fut 
nommé, le 28 avril i548, ambassadeur du roi en Ecosse, 
où il passa avec André de Montalenibrrt d'Ëssey. Il assista 
à toutes les opérations militaires qui eurent lieu dans ce 
pays, et eut, par pouvoir donné le 9 novembre i55o, lo 
commandement pour ordonner de tout en Ecosse, en Tab- 
sence des lieutenants-généraux-commandants. Il fut créé 



(1) Clisson aimait à la fois la guerre, les intrigues et Targent. Il laissa 
en mourant ilne fortune de 1,700,000 liv. , somme que Ton trouve pro- 
digieose , lÀfVque l'on considère la valeur de farprent au commencement 
du 1 5* siècle. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 345 

Heuteuant-gériéral commandant Tarniée du roi en Ecosse, 
par pouvoir donné à Savernei le 6 mai i552. La reine d'E- 
cosse, afin d*animer les Écossais contre les Anglais, fit con- 
struire un fort sur la frontièred^ Angleterre. Les Anglais, cho^ 
qués de cet établissement, insultèrent ceux qui y travail- 
laient; mais iliB furent repoussés par les Écossais. D^Oysel, 
sans consulter la reine ni les Écossais, se mit à la tête des 
troupes françaises et des écossaises affectionnées à la France; 
passa la rivière de Tuide avec du canon, et alla faire des 
courses sur les frontières d'Angleterre, où il ravagea quel- 
ques lieues de pays. La reine et le conseil d'Ecosse le rap- 
pelèrent, et on fit connaître sa conduite au roi^ qui lui ôta 
le conimaudement de l'armée. Il resta cependant ambassa- 
deur eu Ecosse et fut envoyé, en 1 56i, en Angleterre, pour 
péné Irer les desseins de la reine Elisabeth sur la fiotte qu'on 
y équipait. Il retourna ensuite en Ecosse et revint en France, 
au mois d'octobre. S*étatit distingué à la bataille de Dreux, 
il obtint le collier de l'ordre du Roi. Il fut envoyé à RouSn 
en i562, pour engager les habitants à se soumettre au roi; 
mais il ne réussit point dans cette mission. Le prince de 
€ondé, ayant fait solliciter par d'An delot des secours auprès 
des princes d'Allemagne, la cour envoya d'Oysel pour balan- 
cer le crédit de d'Andelot. D'Oysel nepnt réussir vis-à-vis des 
princes protestants, mais il tira des secours considérables 
des princes catholiques. Il fut chargé , en 1 563, de concert 
avec Sébastien de l'Aubépine, évéque de Limoges, de trai- 
ter la paix avec la princesse de Condé, assiégée alors dans 
Orléans. Nommé ambassadeur à Rome, la même année, 
il arrêta les procédures qu'on y avait faites contre quelques 
évêques soupçonnés d'hérésie, et contre la reine de Na- 
varre. Il soutint avec honneur, en 16649 la préséance des 
ambassadeurs de France sur ceux des autres couronnes. Il 
mourut à Rome, le 22 juillet i566. {Chronologie mititaire, 
loin, Jypag, 2o5; mémoires du temps.) 

dvCLUZëL (Antoine-Marie , comte), maréchal-de-camp j 
naquit à Nontron, en Périgord, le 10 août 1737. Il entra 
comme surnuméraire aux mousquetaires noirs, le 20 oc- 
IV. 4i 



^ 



346 OICIIONMAI&S HISTORIQUE 

tobre 17509 ci fut nommé enseigne de la compagnie colo- 
nelle au régiment de'Sainlonge infanterie, le 20 novembre 
J753. Il était devenu lieutenant dans ce régiment, etservait, 
en 1754» au camp de Saint-Omer, sous les ordres de M. de 
Cremelies, lorsqu'il découvrit et ût arrêter un ingénieur, 
déguisé en paysan , qui, confondu avec les travailleurs em- 
ployés au canal , était soupçonné d*avoir levé un plan intî-* 
tulé Lignes des Français devant Saint- Orner, Ge plan fut 
effectivement trouvé dans un bâton creux que portail cet 
ingénieur, nommé Flobert, qui obtint sa grâce et parvint 
plus tard au grade de général , par la protection du maré- 
chal de Belle-Ile. En 1755, le comte du Cluselfut employé 
au camp d*Aimeries, sur la Sambre, sous les ordres ^u 
prince de Soubise. Le régiment de Saiutonge, dans lequel 
le comte du Cluzel continuait à servir, était alors chef de la 
brigade allemande, composée des régiments de Nassau , la 
Dauphine et Saint-Germain. Le comte du Gluzel fut em- 
ployé, en 1757, au camp de Saint-Malo, commandé parle 
duc d^Âiguillon. Il fut nommé capitaine d'une compagnie 
de son régiment , le i" septembre de la même année. Après 
avoir fait sur les côtes un service très- pénible, à cause des 
Anglais, dont les escadres f»e tenaient toujours à vue et faîo 
saient fréquemment, quoique sans succès, des tentatives 
de descente, le régiment de Saintonge se rendit à Brest, où il 
reçut Tordre de s'embarquer sur Tescadre du maréchal de 
Couflans J^ sort ayant décidé sur quels vaisseaux les diverses 
compagnies de ce régiment passeraient, celle du comte dn 
Cluzel monta à bord du Northuniberland, Il y commanda la 
mousqueterie , au combat naval du ao novembre 1769, dans 
lequel les vaisseaux français le Thésée et le Superbe furent 
coulés à ïoud. Le jy or thumùerland^ ayant été fortement enga- 
gé , fut sur le point d'éprouver le même sort ( 1). Une tempête 
desplusviolentes mit finàce combat terribic,etlesdébris de la 



(1} Daos cette journée dësastrease, le comte du Gluzel perdit un de 
•ea frères, tué à burd du FormidêUêf qui resta au^oilieu de Tescadit 
anglaise , et y fut foudroyé. 



DES GH^AAITX FSAITÇIIS. 3^7 

iloile française Tinrent débarquer à ftochefart, le 33 dé- 
cembre suivant. Pendant celle expédition , le coinle du Clii- 
zcl avait été nommé enseigne k dnpeuu au régiment de» 
gardes-française». Il rejoignit ce régiment, le suivit à l'ar- 
mée du maréchal de ]troglie,«t fil avec lui la campagne de 
1760, en Hesiie. Il passa, le iSoclobre 1761, enseis'ie à 
pique au même régiment des gurdes-francnises; et bientât 
après, il reçut du maréchal de Bîton une marque de con- 
sidération très distinguée, par sa nomination au grade d'en- 
seigne des grenadierii, qui lui fut accordé en récompense 
de ses nervicta. Lecomtf du Cluzel fit la campagne de 1762 
dans ie corps de réserve du prince de Condé , qui n'eut que 
des succès dans les glorieuses journées de Groningue, Jo- 
hanexberg, etc. Le comte du Cluzel fut fait successivement 
sous-lieulennnt de grenadiers, lieutenant au a° de fusiliers, 
lieutenant au 3' de grenadiers, lieutenant au 1" de fusiliers, 
et lieutenant au 1" de grenadiers. 11 obtint la croin de che- 
valier de l'ordre royal et militaire de Saint-LouIS, le 5 juin 
1770; fui fait colonel , le t6 avril 1780; cnpit.iineen second 
de grenadiers, par commission du 6 avril 1788: et capitai- 
ne aux gardes, le 10 juillet 1789. Au commencement de la 
révolution française, le oomie du Cluzel redoubla de zèle 
pour le service de son souverain ; mais, voyant que tous ses 
efibrla pour être utile au roi Louis XVI seraient infruc- 
tueux, il émigra en 1791, et alla se placer dans les rangs de 
l'armée des prii^ces français ,frère!i du monarque, ft y fil la 
campagne de 1 79^ en qualité de capitaine d'hommes d'ar- 
mes, et commanda une compagnie de gentilshommes an 
siège deMaestrichI, en 179?. Il servit comme capitaine dans 
le régiment de Walstein, pendant l'année ijc^S et les aai~ 
vantes. Avec l'approbation de fi. M. Louis XVIII, il rentra 
en France dans l'année 1800, et y fut mis en surveillance 
par ordre du gouvernement de fiuonaparte. Après la res- 
tauration du IrAne des Bourbons, le oomle du Cluzel ob- 
tint le grade de maréchal-de-camp , le a3 aoilt t8i4i pour 
prendre rang de la promotion de 1 706. Il fut créé cummun- 
deur de l'ordre royal et militaire de St-Louis, le 3 mai i8t6. 
0[i l'admît, dans la même année, à la retraite, après 58 ans et 



348 BicTioiminiE histokiqus 

demi de service. Il -a été. reyétu du titre de lieiilenanl-gé^ 
néral honoraire ; et Tavis de cette promotion lui a été trans- 
rais par une lettre très-flatteutie du duc de Feltre, ministre 
de la guerre,. datée du 94 ^oùt 1816. {Etats et brevets mili- 
taires. Moniteur, tableau des pensions J) 

:. BS COCH£R£L DB BouBDomi (Charles) ^ maréchal'^' 
camp ^ était capitaine au régini'ent de Raînville 9 depuis Me- 
nillet , dès 1617. Il se trouva au siège de Soissons , la même 
année; à Tattaque du Pont-de-Cé et à la soumission du 
Btéarn, en 1621 ; aux sièges de 8t.<Antonin et de Montpel- 
lier, en iGûa ; au siège de la citadelle de Verdun^ et à la prise 
de Vie et de Moyenvic, en i65i; au siège de Nancy, en i655; 
è la prise d-Haguenau, de Saverne, de Lunèville et de la 
Mothç^ çt au secoursd'Betdelberg et de Philisbourg^ en i654; 
au combat de Fresche «t à .la prise de Spire, en i635. Il 
obtint, le 7 août de cette dernière année, le régiment dans 
J^çquel il .était capijaîibte, et le commanda à la prise de Van- 
tdeniont, au ipois de décembre. Il fut blessé, le 6 juillet i636, 
dans une rencontre- près de Dôle; servit, la mé'me année, 
au siège de cette place; se trouva aux sièges de Landrecies, 
do-Manbeuge et de la €apelle, en 1637; au siège de Saint- 
^Oxner^en )638; reçut une blessure, le 26 juin , près de cette 
plaçq; fut employé au siège d'Hendin , en 1639 > ^^ reçut en- 
core une blessure, a la défaite des Espagnols près du fort 
i^aint-^ncQlas, le i*' août. Il se trouva au ^iège et au com- 
bat. dilAuras, en 1640; aux sièges d'Aire, de la Bassée et de 
p§pai|prie, ipn 1641- Nommé commandant à la Bassée, il 
rempotai le 1 a septembre de cette dernière année, un a- 
vantage marquant sur les Espagnols, qui étaient venus faire 
un logement à Auchy. Il attaqua, le 10 décembre, 10 com* 
pagnies autrichiennes campées au village de Fromello, les 
força, leur tua beaucoup de monde, et fit un butin assez 
considérable. Il ne rendit la place de la Bassée que le 1 1 mai 
1642, après ravoir défendue avec la plus grande valeur pen- 
dapt vingt-quatre jours de tranchée ouverte. Ilfînit la cam- 
pagne en Picardie, sous le comte d'Harcourt, et continua 



D£S GENERAUX FRANÇAIS. 54^ 

de servir sous le duo d'Angoulême et le maréchal de. Cha- 
(illop. Il fut nommé bailli de Monlforl-l'Amaury, par pro* 
\isi0n9 données à Paris, le 3i mai 16449 registrées au par- 
lement, le 23 mars 1646. Il servit 5 en 1644 « ^^ sié^e de 
Sant-Y-A et à la prise d*Ast, et continua d'être' employé à 
Tarmée d'Italie, en i645. Ayant obtenu le gouvernement de 
Vie et d^ MoycnviCy le a5 février 16469 il se démit de sou 
régiment 9 et se rendit à Yic. Il fut fait maréchal-de-camp 
par brevet du i5 juin 1649; s'empara» en i65i y du châ- 
teau de Ja Garde , en Lorraine, et revint, après cette expé- 
dition 9 dans son gouvernement de Rloyenvic, Où il résida 
jusqu'à sa ihort. {Chronologie militaire ^ tom, Vl^pag, a36; 
mémoires du temps. Gazette de France.^ 

COEFFIER (Gilbert)9 barond'Effiat, maréchal^de-camp, 
fc trouva à la bataille de Saint-Denis, en 1567. Il était 
gentilhomme de la maison du duc d'Alençbn9 dès Tan 
1570. Nommé capitaine de 5o hommes d'armes, en 157a, 
il servît en Flandre^ à lu tète d'un régiment, en i582, sous 
le même prinjce, alors duc d'Anjou. Il se rendit, en 1584, 
en Auvei^ne , où il obtint le gouvernei^nt de Clèrmont , 
avec un pouvoir pour commander dans^oute la province, 
où il parvint à maintenir les intérêts dn roi. En iSgi , il 
joignit Henri IV au siège de Rouen, avec un nombre con- 
sidérable de gentilshommes de la provinoë d*Auvergne. 
Il retourna en Auvergne après la levée da siège. Gréé ma- 
réchal-de-camp, le 10 septembre 160 5, il eut un ordre 
du méine jour pour commander en Rasse-Auvergne , pen- 
dant la détention du comte d'Auvergne , gouverneur de 
la province. {Chronologie militaire,' tom* F'/f^pag. 49; 
état de maréchal de France de sonfils^ où ses services sont 
rappelés.) 

COEFFIER-RUZÉ {Antoine), marquis d'EiJSat, maréchal 
de France j (ils du précédent, dut son éducation au sieur 
Martin de.Ruzé de Beaulieu, secrétaire- d'état, son oncle 
maternel ,^ui lui fit don d'une grande partie de ses biens 9 



35o BTCnOKffAIRE HISTORIQUE 

à la charge de prendre le nom et les armes de Ruzé. S*étint 
fait remarquer par le cardinal de Richelieu , il fut deslioé 
à la carrière mllitaire. On le créa chevalier de Saint-Mi- 
chel et gentilhomme de la chambre du roi, le 37 décem- 
bre iSgg. Nommé capitaine d*une compagnie de cbevau- 
légers, le 19 avril 1610, il servit au siège de Juliers. On li- 
cencia sa compagnie, après la prise de cette ville. Il devint 
grand-mattre et réformateur des mines et minières de Fran- 
ce , sur la démission de son oncle , par provisions du a 1 sep« 
tembre. Il rétablit sa compagnie de chevau -légers, en 161 5;. 
suivit le roi dans son voyage de Guienne, et servit à Tar- 
mée du maréchal de Dois-Dauphin , dont le duc de Guise 
prit ensuite le commandement. Il fut fait conseiller-d^étal, 
par brevet du 21 mars 1616; écuyer du roi, par provisions 
du 9 août; et capitaine d*une compagnie de 5o carabins , 
par commission du 3 février 1617. Il commanda au siège 
de Soissons 4 compagnies dé cavalerie. Sa compagnie de 
carabins fut licenciée après le siège. On l'envoya servir en 
Flandre, par pouvoir du 5o octobre 1619. Il obtint Térec- 
tion de la baronie de Lougjumeau en marquisat ,. par lettres 
du dernier septen^re 16a 1, et Térection de sa (erre de Ghil' 
ly» également en marquisat, par lettres données à Gom- 
plègne, au mois de mal 1624. Il fnt nommé ambassadeur 
en Angleterre, la même année, pour négocier le mariage 
de Henriette de France avec Gharles P'. La conduite que 
tint, en cette circonstance, le marquis d'Ëffîat, lui obtint 
les bonnes grAces du roi d'Angleterre, qui sollicita pour lui 
le collier de Tordre du Saint-Esprit. Gette décoration fnt 
portée au marquis d'Effîat par le duc de Ghevreuse, qui la 
lui remit à Londres, le 28 juin i6a5. Il partit d'Anglelerre 
avec 8 vaisseaux; joignit, le i4 septembre, l'armée navale 
commandée par le duc de Montmorency, qui battit les Ro-> 
chelaîs, le i5; prit le fort de Saint-Martin, le 18; et s'em- 
para du fort de l'île d'Oiéron , le 30. Le marquis d'fiffiat, 
ayant été désigné pour l'ambassade extraordinaire d'Allema- 
gne, en 1626, se disposait à partir pour cette mission, 
lorsque le roi le nomma surintendant des (mances du 
royaume. Gé fut en cette qualité qu'il présenta le tableau 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 35 1 

'decesfiaances à rassemblée des uotables (i). Il eut des let- 
tres de cônseiller-d'honneur^ datées de Blois, le 9 juin, re- 
gistrées au parlemeut, le a4i^3>*s 1627» et qui lui donnèrent 
voix et séance au parlement de Paris. 11 fut nommé gou ver* 
ueur et lieutenant-général en Touraine, sur la démission du 
marquis de Courtenvaux-Souvré, par provisions données à 
Yilleroy, le 37 juillet 1637^ registrées aii parlement de Paris, 
le 5 août suivant. Il accompagna le roi aux voyages de Lan- 
guedoc, d'Italie f de Piémont et de Savoie, en 1629. Il exerça 
la charge de grand-mattre d*artillerie , auxsiégçsde Privas 
et d'Alais. Il eut un pouvoir, le 24 décembre de cette an- 
née, pour commander Tarmée d'Italie sous le cardinal de 
Richelieu , conjointement avec les maréchaux de Schom- 
berg et de la Force , et le duc de Montmorency. Créé gou- 
vemeur-général de TAnjou , sur la démission de la reine- 
mère, par provisions données à Paris, le 1*' février ]63o, re- 
gistrées au parlement dé Paris, le lo, il se démit alors du 
gouvernement de Touraiiie. Au combat de Yeillane, le 10 
juillet 9 le marquis d*£ffîat ë;iant à la tête de 40 chevau*lé- 
gers de la garde du Roi , essuya le feu d^un bataillon com- 
mandé par le prince de Piémont; marcha contre le prince 
Doria; et, soutenu par le duc de Montmorency, tailla eu 
pièces 600 cavaliers ennemis, avant qu^lls eussent gagné. le 
pont de Yeillane, sur lequel le prince Doria fut fait prisou- 
liier. Poursuivant sa victoire, le marquis d'£ffîat dispersa ceux 
des ennemis qu'il avait devant lui; puis, revenant contre un 
régiment d'infanterie qui se relirait, et qui, pour se sauver, 
jetait ses armes par terre, il le suivit, en fit tous les officiers 
prisonniers de guerre, s'empara de 17 drapeaux, et tua un 
grand nombre de soldats. Il rejoignit ensuite le gros de Tar- 
mée, en marchant au petit pus, quoîqu*il eût à traverser, 
à la vue.de l'ennemi, une plaine d'une demi-lieue d'étendue. 
Dans cette action glorieuse , le marquis d'£ffîat avait chargé 



(1) Le marquii d'Ef&at admiaistra les fioancei'aT'ec la ploa grande m- 
geMe. Il avait trouvé le taux de l'intérêt à 10 pour 100, et parvint kl9' 
rëdoire au denier 18. Le graud Colbert le fiia depuia au éeqier ao. 



352 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

jusqu'à trois fois, sans casque, et armé de sa simple cuirasse : 
son cheval reçut 4 coups d*épée, un coup de pistolet dans le 
cou, et un à la cuisse. Le marquis d'Effîat se trouvaà la prise 
de Massé, le 1 5 juillet; à celle de Saluées, le 20; enfin à cel- 
les du fort St. -Pierre, du château de Bresol, et de toute la 
vallée , qui se soumît. Il marcha à Tattaque du pont de Ga^ 
rig;nan, que les Français forcèrent, le G août. Gréé maré- 
chal de France , par état donné à Paris, le 1*' janvier i63i, 
il prêta serment en cette qualité, le 37 du même mois. On le 
pourvut du gouvernement-f;énéral de TAuverguc, et du gou- 
vernement particulier de Gusset, sur la démission du duc 
de Ghevreuse qui passait au gouvernement de Picardie, par 
provisions données à Fontainebleau, le 11 octobre 9 regis- 
trées au parlement de Paris, le a 1 janvier i63a. Il obtint , 
par autres provisions du même jour, le gouvernement-gé- 
néral et la lieuteuance-générale du Bourbonnais, sur la dé- 
mission de M. le prince de Gondé : le parlement enregistra 
ces provisions, le 21 janvier i632. Il fut nommé, par com- 
mission donnée à Fontainebleau , le 12 octobre de la même 
année, pour administrer le gouvernement et la lieutenance- 
générale du Nivernais, pendant Tabseuce du duc de Man- 
toue : Tenregistrement s'en fit aussi au parlement de Paris, 
le 21 janvier i632. Il se démit du gouvernement d*Ân)ou, 
en faveur du cardinal de la Valette. Il avait été désigné, par 
pouvoir du 1 7 mai iG32 , pour commander Tarmée que le roi 
-euvoyaitau secours de rélecteur deTrèves; mais, étant tom- 
bé malade à Litzelstoin , il y mourut ic 27 juillet suivant, à 
Tâgede 5 1 ans (i). [Chronologie militaire , tom, II, pag, 49^» 
Histoire de Louis XII I^ par le Pire Griffet ; Journal de Bas- 



(1). Lp marquis d'EflSat mourut au moment où un grand cô'ibmandc- 
ment allait lui fournir Toccasion de déployer ses talents militaires. 11 eut 
la réputation méritée d'homme habile dans tous let» emplois qu'il exerça, cl 
celle d'homme libéral et bienfaisant. 11 fut auteur de plusieurs ouvrages 
importants sur les finances, la diplomatie et les guerres du temj)8. Pur- 
mi ses enfants, on compte le marquis de Cinq-Mars, favori de Louis XllI» 
nommé grand-écuyer de France à 19 ans, et décapité à Lyon, le la sep- 
tembre .i64a, à l'âge de 2a ans. 



/ 



DES GENERAUX TRÀNÇÀIS. 555 

Sûmpierre, le Père d'Avrigny, l'abbé Le Gendre, ^Histoire 
des Grands-Offïciers de la Couronne, Bauclas, Morérij 
Mercure français, \ 

DE COEHORN (Louis, baron), général de brigade , na- 
quit à Strasbourg, le 16 janvier 1771 . H entra au service, en 
août 1 785 , comme volontaire , an régiment colonel-général- 
dragcns, dont son père était mestre-de-camp. Il passa, le 
2 septembre 1784 9 sous-lieutenant de remplaciement au ré- 
giment d^Âlsace , dont son père était devenu colonel-com- 
mandant; fut fait sous-lieutenant en pied, le ag novembre 
de la même année; lieutenant en second, le 22 septembre 
1788; lieutenant en premier, le i*' avril 1791 ; et capitaine, 
109 juin 1792. Ilfit, en celte dernière qualité, les campagnes 
de 1 792 et 1 793 en Amérique ; mais une maladie grave, cau- 
sée par les suites d^un naufrage sur la côte de la Guyane, To- 
bligea de revenir en France , où il servit comme simple iiiol- 
dat pefldant six mois. Nommé capitaine-adjoint aux adju- 
dants-généraux, le 23 mai 1794 (1) 9 il fùl employé dans ce 
grade à Tarmée des côtes de Brest, jusqu'au 3o décembre 
de la même année. Il passa, le 3i du même ni ois et en la 
même qualité, à Tarmée de Rhin-et-Moselle, avec Tadju- 
dant-général Decaen , auquel il était attaché, et fit la cam- 
pagne devant Mayence, jusqu'au i3 décembre i7g5. L'ad- 
judant-géuéral Decaen ayant été réformé à cette dernière 
époque, Coeborn rentra alors à l'état-major- général de Tar- 
mée. Il fut adjoint, le. 23 septembre suivant, à Tadjudant- 
général Montrichard , avec lequel il fit la campagne du Pa- 
latinat, jusqu'à la retraite de l'armée dans les lignes de la 
Queich. Il s*était trouvé aux affaires de Pfedersheim et de 
Lambsheim, et s'y était distingué. Lorsque les hostilités re- 
commencèrent, en 1796, le capitaine-adjoint Goehorn fut 
employé auprès du général de brigade Sainte-Suzanne, avec 



(t) Il dut sa réintégration dans ce grade à la recomipandalion du gé- 
néral en chef Hoche, qui lui remit à cet égard une note aussi flatteu^ie 
qu'honorable. 



354 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

lequel il combattit aux affaires de Multerstadt et d'Ogger- 
sheim. L'adjudaut-général Deeaen ayant remplacé le géné- 
ral Sainte-Suzanne dans le commandement de Tavant-garde 
de la division Beaupuis, lecapilaiue-adjoint Coehorn reprit 
ses fonctions auprès de cet adjudant-général, lors du passage 
du Rhin, dans la même campagne de 1796. Il se trouva à 
tous les combats, escarmouches, affaires et batailles que 
sa brigade livra ou eut à soutenir pendant cette laborieuse 
campagne; et il signala sou courage particulièrement à Taf- 
faire de Malsheim, aussi nommée bataille d'£tlîngen, et à 
celle de Langenbruck. Observateur vigide de la discipline, 
il faillit être victime du zèle et de la fermeté héroïque qu'il 
déploya contre une troupe de pillards qu'il somma de ren- 
trer dans le devoir, et contre laquelle il osa seul lutter corps 
à corps (0* Il fut fait prisonnier de guerre , le 25 septembre 
de la même année, et échangé le 9 mai 1797. Nommé aide- 
de-camp du général Dccaen , le 24 juin suivant , il passa avec 
ce général à l'armée d'Angleterre, en 1798, et y servit sur 
les cô(es de Cherbourg. Il fît la campagne de 1799 à l'armée 
du Danube, sous les ordres du général Jourdan» A l'affaire 
d'Oster-Ach, qui eut lieu le 22 mars, il parvint à dégager 



(i) Après la prifte de Kaiserslautern , en octobre 179^), Coehorn, con* 
duisant dans le pays une colonne de chasseurs à cheval, s'aperçoit que 
cette troupe se livrait au pillage. Il reproche vivement à ces chasseurs 
leur insubordination et la bassesse de leurs actions ; mai» la menace et 
rinsulte furent toute la réponse qu'il reçut de cette troupe indisciplinée. 
Coehorn réitère alors la défense de piller , et menace de punir de mort 
le premier qui enfreindra cette défense. Effectivement, les vols conti- 
nuant, il fait feu sur un des pillards qu'il étend à sts pieds, et en blesse 
un second. Cet acte de fermeté fait cesser le désordre ; mais , lorsque 
Coehorn se retrouve à la télé du corps, il entend murmurer contre 
lui dans les rangs. ■ — £h bien 1 oui, dit-il, c'est moi qui ai fait mou 
• devoir, et qui suis encore prêt à punir quiconque déshonorera le nom 
■ français par des crimes : cependant, si quelqu'un de vous veut ven- 
kgcr la mort de sor camarade, me voilà prêt. « En même temps, il jette 
ses armes à terre, croise les bras, et regarde fièremrnt la troupe. Plu- 
sieurs furieux se jetèrent sur lui, et ce fut avec beaucoup de peine que 
les ofiBciers parvinrent à le tirer des mains de ces forcenés, qui ne l'a- 
bandonnèrent qu'après lui avoir fait onzQ- blessures graves. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 355 

et à sauver un bataillon de la a* demi-brigade d'infanterie 
de ligne et une compagnie du i*^ régiment de dragons, qui 
allaient être faits prisonniers. Il combattît avec la plus grande 
valeur à Taffaire de Liptingen , le 25 du mêihe mois, et y fut 
blessé d*u.n coup de feu dans Tarticulation du pied gauche : 
sa conduite 9 dans cette journée, fit demander pour lui le 
grade de général de brigade. Nommé adjudant-général, le 
20 août suivant , on lui confia le commandement de la li- 
gne du Rhin, depuis Strasbourg jusqu'à Neubrisack. Il pas- 
sa , en mars 1 8oo , dans la division du général Delmas. Les 
Autrichiens ayant été battus sur TAlp par le général en chef 
Moreau, le 28 avril, Goehorn se mit à la poursuite des en- ' 
nemis, après avoir passé le torrent un des premiers, et fît 
cette traversée sur les épaules d*ûn grenadier. Il contribua 
au gain de la bataille d'Engen-Slockach, le 5 mai, par la 
hardiesse des mouvements qu'il fit faire aux troupes sous 
ses ordres, et en s'emparant, après un combat des plus o- 
piniâtres, des hauteurs de Hohen-Heben , où il enleva un 
drapeau aux ennemis. A la bataille de Moeskirch, livrée le 
lendemain 4 mai, Goehorn, qui commandait Tavaat-garde 
de la division Delmas depuis le5o avril précédent, reçut or- 
dre de ce général d^opposer une résistance inébranlable aux 
efforts de Tennemi. Dans la position critique où se trouvait 
alors cette division, son salut dépendait de la fermeté avec 
laquelle son avant -garde empêcherait les mouvements de 
Tennemi, qui tendaient à cerner la division Delmas et à 
l'isoler du reste de l'armée. Vaincre ou périr était donc la 
seule alternative dans laquelle se trouvaient les troupes 
commandées par Goehorn. Ge brave officier justifia plei- 
nement la confiance du général Delmas; et, malgré le feu 
terrible de l'ennemi et la grêle de mitraille qui renversait 
continuellement les rangs de sa troupe, Goehorn conserva 
sa position , et força les Autrichiens de renoncer à une at- 
taque qui était re poussée avec un courage aussi héroïque. 
A la tété du 10* régiment de chasseurs à cheval, d'une par- 
tie du 4' régiment de hussards et d'un escadron du 1 1* ré- 
giment de chasseurs, Goehorn chargea dans la plaine de 
Meresheim la cavalerie légère de l'ennemi , qui , malgré sa 



356 DICTIONNAIRE HISTOKIQUE 

grande supériorité niiiuérique et ses efforts courageux, fut 
poussée répée aux reins Tespace de plus de i5od toises» et 
ne trouva son salut que sous la protection d'un régiment de 
cravates (manteaux-rouges), placé dans une espèce de cul- 
de-sac près du bois de Nordlingue. A raffaire de Neubourg» 
le 26 juin, une forte colonne ennemie avait déjà gagifé du 
terrain sur la gauche de la division Montrichard, lorsque 
Tadjudant -commandant Coehorn arriva au pas redoublé 
avec la têle de cette division , venant de Dona'werth* Ce 
secours était attendu avec impatience, et le général Char- 
les Grand Jean , qui le commandait en chef, ayani pkino 
confiance dans les talents de Coehorn, lui laissa le soia de 
faire les dispositions propres à arrêter les progrès de Teu- 
nemi. Sans vouloir attendre les autres troupes de la divi- 
sion, Coehorn résolut aussitôt de marcher à rennemiavec 
un demi bataillon de la i4' demi-brigade d'infanterie légè- 
re, une compagnie de carabiniers et 2 escadrons du 1 1** ré- 
giment de chasseurs à cheval. A la tête de cette poignée de 
braves, il se dirigea par le chemin le plus court sur le centre 
de la colonne ennemie. Cette colonne quoique soutenue par 
lefeu deio piècesdecanonquifoudroyaientlesassalllaDts,fut 
enfoncée à la baïonnette, puis sabrée et mise en déroute : 
on fit à Tennemi un bon nombre de prisonniers , et Coehorn 
prit de sa main M. de Korneuler, major du régiment de 
Lascy. En iSoi, il passa sous les ordres du général de di- 
vision Sain te- Suzanne. Il fut eqiployé dans la 26° division 
militaire, en 1802 et i8o3,' et au camp de Bruges, en i8o4 
et i8o5. Employé dans la 1'* division du 3* corps de la gran- 
de-armée, il fit la campagne de i8o5 en Autriche. Le 3o 
octobre, étant suivi seulement de 2 ordonnances à cheval, 
il tomba sur un pelotpo de 60 chausseurs à pied russes qui 
s'étaient barricadés dans un parc à moutons, çn sabra une 
partie, et fit le reste prisonnier. Dans cette affaire, qui eut 
lieu entre Kied et Lambach, Coehorn reçut un coup de ca- 
rabine tiré à bout portant par un officier russe ; mais ce coup, 
détourné adroitement, ne lui fit aucun mai. Il se trouva à 
l'entrée des Français dans Vienne, le 14 octobre suivant, 
et combattit à Austerlitz, le 2 décembre de la m.éme année. 



DES GÉNÉRAUX fEANÇAIS. 037 

Employé, en 1806, à la grande-armée, il y Ht la campagne 
contre la Prusse; se trouva à la bataille d'Auerstaedt, le 14 
octobre, et y reçut plusieurs contusions de biscayen. Il fut 
cité très-honorablement dans le rapport du maréchal Da- 
voust , sous les ordres duquel il avait servi à cette bataille 
mémorable. Il fut blessé dangereusement au front par une 
balle, dans une affaire qui eut lieu, la même année, en a- 
vant de Varsovie. Nommé général de brigade^ le 2 1 mars 
1 807, il reçut le commandement de la 5" brigade du corps des • 
grenadiers réunis, sous les ordres du maréchal Oudinot, et 
se distingua au combat de Yeichselmonde, près de Dantzick. • 
Il combattit à la bataille de Friedlaud, le 14 juin de la mê- 
me année , et y fut blessé d'une balle dans la cuisse. Il passa 
Tannée 1808 à DantzicljL, avec le corps des grenadiers du 
maréchal Oudinot, et marcha avec ce cçrps à la eiimpagne 
de 1809 contre TAutriche. Employé dans la division du gé- 
néral Glaparède, qui faisait partie du corps commandé par 
le maréchal Masséna, il attaqua , le 2 mai, à la tête des ba- 
taillons des chasseurs du Pô et des tirailleurs corses * Tar- 
rière-garde autrichienne , en avant d'Ebersberg. Dans cette 
affaire, la brigade Coehorn fit des prodiges de valeur, força 
le pont sur la Traun , et contribua à soutenir avec avantage 
une lutte aussi terrible qu'inégale contre 5o,ooo Autri- 
chiens, lorsque, par suite de Tincendiç de plusieurs ar- 
ches de ce même pont, la division Glaparède se trou- 
va momentanément séparée du reste de l'armée. Pen- 
dant cette action , le général Coehorn combattit avec une 
rare valeur, et eut un cheval tué sous lui. Il se trouva aux 
batailles d'Aspern et d'Esling, les 21 et 22 mai; au combat 
d'Enzersdorff, le 5 juillet; et à la bataille de Wagram, le 6 
du même mois. A cette dernière affaire, il reçut plusieurs 
contusions. Désigné, en juillet 1811, pour servir à l'armée 
d'Espagne, il se rendit d'abord[ à Pampelune; mais, y étant 
tombé dangereusement malade, il fut obligé de quitter mo« 
mcntanément le service : il était perclus de tous ses mem- 
bres. Sa santé s'étant rétablie, il reçut, en 18 15, l'ordre de 
rejoindre à Mayence la grande - armée d'Allemagne, dans 
laquelle il fut employé sous les ordres du maréchal duc de 



558 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

Raguse. Il se trouva aux batailles de Lutzen et de Bautzen, 
et à différents autres combats que son corps d*armée eut à 
soutenir jusqu'au 4 juin ^ jour de la signature de Tarmistice 
conclue entre les armiées belligérantes. Les hostilités ayant 
recommencé vers le mois d'août, le général Coehom sui* 
vit les mouvements de son corps d'armée. Il se trouva aux 
batailles de Leipsick» les 16, 17 et 18 octobre; eut la cuisse 
emportée par un boulet ^ à la dernière de ces affaires; resta 
'au pouvoir de l'ennemi, et fut transporté àLeipsicL, oùîi 
mourut le agdu même mois, des suites de Tamputation qui 
'qui lui avait été faite. Le général Coehorn avait été créé com- 
mandant de la Légion- d'Honneur, le 5o août 1809, et re- 
vêtu, la même année, du titre de baron. Il était aussi com- 
mandeur de l'ordre militaire de Maxîmilîen-Joseph de Ba- 
vière. {Brevets et états milit.j Moniteur, annales du temps,) 

DE COETHEN , voyez d'Akhalt. 

DE GOETLOGON (Alain-Emmanuel, marquis) y maré-> 
chai de France, naquit, en i646|^d'une des plus ancienDes 
familles de Bretagne. Il entra au sevice comme enseigne au 
régiment Dauphin infanterie, en 1668, et passa au service 
de mer, en 1670, en qualité d'enseigne de vaisseau. Nom- 
mé successivement lieutenant de vaisseau , en 1672 , et ca- 
pitaine de vaisseau, le 26 janvier 1675, il se trouva au com- 
bat naval qui fut livré, le 8 janvier 1676, entre Stromboly 
et Salinot, près de IVielazzo. Il commanda le vaisseau l'E- 
clatant au combat naval gagné, le 2 juin, par le maréchal 
de Yivonne, sur la flotte combinée d'Espagne et de Hol- 
lande, et arrêta la marche de l'une des têtes de l'armée de 
Ruy ter, qui fut mise en désordre. Il s'empara ensuite de la 
ville de Barlet, dans la Pouille, et y brûla un vaisseau de 
guerre et plusieurs navires marchands, sous le feu de l'ar- 
tillerie de la place. En 1686, il commanda un vaisseau de 
guerre à Pentrée de la Méditerranée, et combattit 2 vais- 
seaux de guerre espagnols qui refusaient de saluer le pavil- 
lon français: Il se rendit maître, à l'abordage, d'un vaisseau 
algérien 5 en 1687. I* se trouva, le 1" juillet 1688, au bom- 
bardement d'Alger, sous le maréchal d'Est récs. Il se trouva 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 359 

aussi au combat livré dans la baie de Baotry^sur les côte« 
d'Islande , entre Kork et Keiusale , par le comte de Château- 
Regnaud^qui miten fuite Tamiral anglais, le 12 mai 1689. 
Pendant cette action, le vaisseau que commandait le mar- 
quis de Goêtlugon ayant pris feu , cet accident ne décQncerta 
pas le brave capitaine, qui continua de combattre, et le fit 
avec succès. Nommé chef d*escadre, le 1" novembre sui- 
vant, il servit en cette qualité, le 29 mai 109a*, au combat 
de la Hbgue , sous les ordres de M . de Tourville. Placé à l'ar- 
rière-garde de Tarmée navale, où il faisait les fonctions de 
contre- amiral, et ne voyant pas d'occasion de combattre, 
il se sépara de cette arrière - garde , pénétra au travers de 
plusieurs vaisseaux ennemis, joignit son général, qui, en- 
vironné par 5 brûlots qu'on avait attachés sur lui, courait 
le plus grand danger, et ménagea sa retraite. £n 1695, il 
brûla dans le port de Gibraltar a vaisseaux de guerre enne- 
mis, et se repdit maître de plusieurs navires marchands 
qui se trouvaient sous la forteresse de cette place. Il fut nom- 
mé capitaine-général, pour le roi d -Espagne, de toutes les 
armées et de toutes les flottes dlËspagne aux Indes , en l'ab- 
sence du comte de Chàteau-Kegnaud, par pouvoir donné à 
Buen-Retiro , le 18 mars 1701, et ou le créa lieutenant-gé- 
néral des armées navales du roi de France, le 1" juin sui- 
vant. Il servit en celte dernière qualité sur les côtes de Bre- 
tagne, et sous le maréchal d'Estrées , par lettres du 24 juin 
1702. Étant socti de Brest, en 1703, avec 5 vaisseaux, pour 
se rendre sur les côtes de Provence, il rencontra , le 22 mai, 
entre Tetubal et l'embouchure du Tage, une flotte mar- 
chande hollandaise venant de Portugal, et escortée par 5 
vaisseaux de guerre. Il attaqua ces 5 vaisseaux, en coula 
un à tond, et prit les autres. Il commanda le corps de ba- 
taille au combat naval qui se donna, le 24 août 1705, à onze 
lieues de Malaga , par le comte de Toulouse , contre les flot- 
tes d'Angleterre et de Hollande. Il commanda aussi, en 1 706, 
une escadre de 17 vaisseaux de guerre. On le nomma com- 
mandeur de l'ordre de Saint -Louis, par provisions du 1*' 
novembre ; conseiller au conseil de marine , en 1716 ; vice- 
amiral du Levant à la mort du maréchal de Château- Re- 



36o DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

gnaudy par provisions du 18 novembre 1716; grand^croix 
de l'ordre de Suint-Loais, par provisions du même jour; 
et chevalier des Ordres du roi, le 5 juin 1724* Il fut créé 
maréchal de France 9 par état donné à Versailles 9 le 1*' juin 
1730. Il était alors dangereusement malade, et mourut le 
7 du même mois, âgé d'environ 85 ans(i). {Chronologie mi" 
litaire, tom, lU ^ pcig» 236, Mémoires du Père d^^i^rigny y 
Histoire de Louis XIF", par le Père Griffet; Histoire miU" 
taire de Louis -le- Grand, par le marquis de Quincy; gtt" 
zette du temps, Bauclasj le président Hénaut^ son état de 
maréchal de France , suivant lequel il s* est trouvé à onze 
combats ; Histoire de France, par Anquetil, Biographie uni' 
ver selle, ancienne et moderne ^ tom, IX, pag, 181.) 

■ 

DE COETLOGON (Louis-Emmanuel, comte) , lieutenant- 
général^ parent du précédent, fut d*abord capitaine réfor- 
mé au régiment du mestre-de-camp-général des dragons, 
le 17 septembre 1720.II obtint une compagnie dans le même 
régiment, le 7 juillet 1722, et fut pourvu de la lieutenancede 
roi de Rennes , sur la démission de son père, le 1*' 'septembre 
1723. Il commanda sa compagnie au camp de Stenay en 1 7 27; 
à celui de la Moselle, en 1732 ; au camp du pays Messin, eu 
1733; à l'attaque des lignes d'Etlîngen et au siège de Philis- 
bourg, en 1 734- Devenu colcfnel-lieutenantdu régiment d'in- 
fanterie (depuis Penthiëvre), par commission du i*' novem- 
bre 1 754 9 il le commanda à l'armée du Rhin , en 1 735 , et se 
trouva à l'affaire de Cl ausen. Il marcha à la tête de sonjégi- 
ment avec la 2* division des troupes qui passèrent en Ba- 
vière, au mois d'août 1741 ; se trouva à la prise de Prague; 
au camp de Pîsseck; au combat de Sahay; au secours de 
Frawemberg et à la défense de Prague, où il se distingua 
dans plusieurs sorties. Il se trouva aussi à la retraite de cette 



(i) Dégoûté du service par les injastices que le ministre lai avait fkit 
éprouver , il s'était retiré au noviciat des jésuites. Lorsqu'il y reçut , au 
lit de la mort, le bâton de naaréchal de France qu'il avait long-temps 
désiré, et qu'il méritait à tant de titres, il eut la présence d'esprit de 
dire : a A'm noifiê , domine, non nobis; sednomtni tua daçioriam, • 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 36 1 

Ville, sous les ordres du maréchal de Belle-Ile, en 174^, et 
rentra en France avec cette armée, au mois de février 1^4^. 
Créé brigadier, le 20 du même mois, il commanda le ré- 
giment de Penlhièvre à la bataille de Dettingeft , où il fut 
blessé , et finit la campagne en Basse-Alsace. Employé à Tar- 
mée de Flandre, par lettres du 1*' avril 17449 tl servit aux 
sièges de Meuin et dTpres; couvrit celui de Fumes; passa, 
par lettres du 1*' juillet, à Tarmée commandée par le ma* 
réchal de Saxe, et finit la campagne au camp de Gourlray. 
Il fut employé, par lettres du 1** mai 1745 , à Tarmée du 
Bas-Rhin-, commandée par AI. le prince de Conti, qui se 
tint sur la défensive. Déclaré, au mois de novembre, ma- 
réchal-de-camp, dont le brevet lui'avait été expédié, le T' 
mai précédent, il se démît du régiment de Penthièvre. Em- 
ployé à Tarmée commandée' par M. le prince de Conti, 
par lettres du 1*' mai 17469 II marcha, sous les ordres du 
comte d*£strées^ du camp sous Maubeuge jusqu*à Hérèn- 
tais, et revint avec le même corps de troupes servir au siè- 
ge de Mons et à celui de Charleroi. Il joignit ensuite le 
corps commandé par le marquis de Villemur entré la Sam- 
bre et la Meuse; servit au siège des ville et château de Na- 
mur, et combattit à Raucoux. Il se rendît en Bretagne, 
où il fut employé, par lettres du 25 octobre, et y rési- 
da jusqu^à la paix. Il eut, le i*' novembre 174^9 un ordre 
pour continuer de commander dans cette province, en 
l'absence du gouverneur et des lieutenants-généraux. Dé- 
claré, au mois de décembre suivant, lieutenant général 
des armées du roi, dont le pouvoir lui avait été expédié 
le 10 mai précédent, il fut employé en cette qualité en 
Bretagne, par lettres du 1" janvier 1749, et y comman- 
da en chef jusqu'au i "mars 1707. A cette dernière époque, il 
fut employé en Normandie pour commander dans Tévéché 
d'Avranches, sous les ordres du duc d^Harcourt. Il com- 
mandait encore dans cette province, en 1762. Le comte 
de Coetlogon fut créé commandeur de l'ordre royal et mi- 
litaire de Saint- Louis, en 1755, et grand'croix du même 
ordre, le 1" septembre 1766. Il vivait encore en 1779. Nous 
ne connaissons pas Tépoqué de sa mort. {Chronologie mi-^ 

IV. * 46 ' 



56^ DICTIOBfNAIRE HISTORIQUE 

lUaire , tom, F', pag. 53 1 5 Gazette de France, mémo^es 
du temps, états militaires.) 

DE COIGNY, voyez de Franquetot. 

COLBERT (Jules-Armand) ♦ marquis de Blaini^ille ^ lieu- 
tenant-général s était le 4' fils du grand Colbert, miuistre-se- 
crétairc-dVtal et contrôleur-général des finances sous Louis 
Xiyni naquit en 1G64» et fut connu d*abord sous le nom d*0/- 
moy. Il obtint, le 28 mars 1674» la charge de surintendant des 
bâtiments du roi , arts et manufactures d^ France . en snr- 
vivance de son père. Il prit le titre de marquisde Blainvilley 
lors de son mariage avecGabrielle de Rochechouart de Ton- 
nay-Charente , le i5 juillet 168a. Il entra, la même année, 
lieutenant au régiment de Picardie, et servit, en i683, aux 
sièges de CourtiHiy et de Dixmudc. Il se démit, au nioîs de 
septembre, delà charge de surintendant des bâtiments du 
roi; obtint, au mois de novembre suivant, une compagnie 
au régiment de Picardie , et servit à Tarmée qui couvrit le 
siège de Luxembourg, en 1684. Il fut nommé colonel da 
régiment de Foix, à sa création, le i3 septembre de cette 
dernière année , et pourvu de la charge de grand^maitre ^es 
cérémonies de France , sur la démission du marquis de Rho- 
des , le 29 janvier i685 : il prêta serment, pour cette charge, 
le 5o du même mois. En 1688 , le marquis de Blainville ser- 
tit au siège et à la prise de Philisbourg, de Manheimetde 
Franckenthal. Il se distingua particulièrement au siège de 
Kocheim , qu*on emporta Tépée à la main, le 26 août 1689. 
Il obtint un régiment de son nom, le 6 septembre suivant, 
et se démit alors de celui de Foix. Il servait à l'armée 4'Al- 
lemagnc, en 1690, lorsqu'on lui donna, le 1 1 juillet, le ré- 
giment de Champagne, vacant par la mort du comte de 
Sceaux , son frère , tué à la bataille de Fleurus. Ayant rejoint 
ce régiment à Tarmée de Flandre, il y fit la campagne sous 
le maréchal de Luxembourg. Il servit au siège et à ia prise 
de Mons et de Namur, en 1691, et au combat de Steinker- 
que, en 1692 : il y fut blessé. Créé brigadier, le 5o mars 
1695, il servit sur la Moselle, la même année, et fut em-* 
ployé à Tarraèe d'Allemagne, en 1694 et 1695. Il commanda, 
en 1694 9 les troupes du roi sur le Rhin, depuis Rhinzabern 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. - 565 

jusqu^àLauterbourg. Il servit à l'armée de la Meuse, eu 1696; 
à celle de Flandre , en 1697; au camp sous Landau , en 1699; 
à Tarmée d'Allemagne^ en 1701 ; et fut employé, pendant 
riiiver, dans les duch^ de Lîmbourg et de Luxembourg » 
par ordre du 25 octobre. Promu au grade de maréchal de- 
camp, le 29. janvier- 1702, et nommé pour commander 
dans Kayserwert, il soutint, dans cette place, 594our8 de 
tranchée ouverte, et tua 6 à 7000 hommes aux ennemis, 
par l'effet de son artillerie ou dans les fréquentes sorties qu'il 
fit faire. En allant visiter les ouvrages, il fut blessé à l'épaule 
d'un éclat de brique. Lorsqu'il rendil la ville-, le i5 juin , 
elle était réduite en un monceau de pierres. Il dicta lui- 
même les conditions de la capitulation : la principale fut 
que les alliés feraient raser toutes les fortificatîoBs à leurs 
dépens, et que les otages qu'ils devaient donner pour ga- 
rants de leur parole ne seraient renvoyés qu'après l'entière 
exécution du traité. Cette belle défense valut au marquis 
de BlainviLie le grade de lieutenant-géoéraly qu'il obtint le 
19 juiii. Il servit dans les Pays-Bas, sous le duc de Bour- 
gogne et le maréchal de Boufflers; se signala à la bataille de 
Frredllngen , le 14 septembre; et commanda, pendant l'bi- 
ve^j à Namur, par ordre du f6 novembre. Employé, en 1 705, 
à l'armée de Bavière, sous les ordres du maréchal de Tif- 
lars, il eut ^rart à toutes les opérations de cette campagne. 
Il força les retranchements de la forêt Noire; emporta, le 
29 avril , le poste de Biberach ; et s'empara en suite du cbà 
teau de Hasiach. Il combattit avec valeur à la première ba- 
taille d'Hochstedt, et commanda à Ulm pendant l'hiver. 
Il fut enriployé, la même année, sous l'électeur de Bavière. 
Il servit, en 1704, sous le maréchal de Marchin, et s'em- 
para de la pétiie ville impériale de Giengen. Détaché , au 
mois d'avril, pour favoriser le passage d'un convoi qui ve- 
nait de Schaffhouse, il s'empara de Stockack et amena le 
convoi. Il donna les plus grandes preuves de bravoure et de 
conduite à la deuxième bataille de Hochstedt, le i5 août, 
y fut blessé et mourut à Ulm, le même jour, des suites de 
sa blessure. [Chronolo^e militaire , tom, IV , pag* 4^9 5 mé- 
moires du temps. Gazette de France») 



»» 



564 DICTlO^rNAîBE HISTORIQUE 

. COLBERT (Paiil-Édouard), comte dt CreuiUy^ maréchal^ 
de-canif' , neveu du précédent, naquit en 1686. Il entfaaux 
mousquetaires, en 1701 ; se trouva au combat de Nîmègoe, 
en 170a; et "à celui d''£cLfr<*n« en 1705. Il obtint, le a juil- 
let de la même année, une compagnie dans le régiment de 
Champagne , qu*il alla joindre k Tarmée de Bavière , el com- 
manda cette compagnie à la première bataille d'Hochstedt, 
au mois de septembre. Devenu mestre-de-camp-lieutenant 
du régiment Royal-Dragons, l^; 13 mai 1704, il le comman- 
da à la bataille de Ramillles, en 1706; à l'armée de Flan- 
dre, en 1707; à la bataille d^Oudenarde, en 1708; à celle 
deMalplaquet, en 1709; en Flandre, en 171001 1711; aux 
sièges de Douay et du Quesnoy, en 17 la ; et à ceux de Lan- 
dau et de Fribourg, en 1713. Gréé brigadier des armées dn 
roi, le 1*' février Ï719, il servit en celte qualité aii camp de 
Stenay , en 1737. IL fut promu au grade de maréchal-de- 
camp, par brevet du 20 février 1734» et mourut à Paris, le 
a8 février 1756, âgé de 74 ans. [Chronologie militaire , tom. 
Vil, pag. 90; mémoires du temps ^ Gazette de France.) 

COLBERT (Louis-Jean-Baptiste- Antonio), marquis de 
Seignelay, maréchal' de-camp , neveu du précédent, na- 
quit le 17 septembre 173a. Il entra aux mousquetaires, en 
1749^ et passa sous -lieutenant au régiment du Roi infan- 
terie, en 1752. Il devint capitaine de dragons, en 1758; fut 
nommé colonel du régiment de l'Ile-de-France, le ao fé- 
vrier 1761 ; chevalier de Saint-Louis, la même année; puis 
colonel du régiment de Champagne, le 1*' décembre 176a. 
On le créa brigadier des armées du roi, le 3 janvier 1770, 
et maréchal des camps et armées du roi, le 1*' mars 1780. 
(Etats militaires f Gazette de France, mémoires du temps.) 

COLBERT (Louis) , marquis de Linieres, maréchal^de' 
camp , fils aîné de Louis Colbert , I*' du nom , comte de Li- 
nieres (1), naquit le 8 avril 1709. Il fut fait lieutenant ré- 



(i) LoaiB Colbert, premier du nom , était le cinquième des fils du 
grand Colbert. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 365 

formé au régiment du Roi iufanterîe, le 5 février 1728 ; lieu- 
tenant, le 5 mars 1729; et capitaine, le ai septembre sui- 
vante Il commanda sa compagnie aux sièges de <îerra-d^Ad- 
dà, de Pizzighitone et du château de ]Milan5en 1735, et à ceux 
de Tortooe» de Novarre et de Sarravalle, en janvier et fé- 
vrier 1754* Devenu guidon de la compagnie des gendarmes 
de Berrij avec rang de lieutenant-colond^ de cavalerie, le 
a5mars 1734» il quitta le régiment du Roi; servit avec la 
gendarmerie à Tattaque des lignes d^Etlingen 9 et au siège de 
Philisbourg. Il passa premier cornette de la compagnie des 
chevau-légers de la Reine 9 le 29 novembre ; et devint, le la 
mars 1735, sous-lieutenant de la compagnie des gendarmes 
Dauphin, avec rang dé mestre-de~camp de cavalerie. Il 
se trouva en cette qualité à Taflaire de Glausen y.au mois 
d'octobre, et marcha, au mois de septefpbre i74>9 ^ ^'^^~ 
mée de Westphalie. Nommé capitaine-lieutenant de la com- 
pagnie des che van» légers de Bretagne, par ootnmission du 
l'ornai 174^9 il commanda celte compagnie sur lesïrontières 
de Bohême, et au secours de Brannuw^ la même année.; 
sur le Rhin , en 1743^; à' la reprise de/Weissembourg et des 
lignes de la Lautera, an combat d'Haguenau et au siège de 
Fribourg, en t744^. Il fut déclaré., au^inois de novembre, 
brigadier des armées du roi, dont lé brevet lui avait été ex- 
pédié dès le a mai précédent. Employé Ji T-armée de Flan- 
dre, par lettrés du 1*' avril 174^, il se trouva à la bataille 
de Fontenoy et au siège de Tournay. Il passa à la compagnie 
des gendarmes anglais, lei 1 juin, en quittant celle des che- 
vau-légers de Bretagne, et finit la campagne avec cette com- 
pagnie. Employé à Tarmée du prince de Gonti, par lettres 
du 1*' mai 174^9 le marquis de Linières servit au siège de 
Mons et de Charleroi. Réuni .à rarmée du roi , il se trouva 
à la bataille de Raucoux, le 1 1 octobre 174^9 et à celle de 
Lawfeldt, le 2 juillet 1747* Ilfut nommé maréchal- de-camp, 
le I *' janvier 1 748 , et mourut à Paris , le a4 juillet 1 76 1 , dans 
la 5a* année de son âge. [Clironologie militaire, tom. KUj 
7?ag. a6o; Gazette de France, mémoires du temps,) 



566 DICTIO^NAIAE HISTORIQUE 

COLBERT (Loiiis-Fraoçoîs-Henri), comte de Croissy, 
lieuttnant- général f 6U de Charles Golbert, iHinistre et 
secrétaire d^état au déparlemeat des affaires étrangères 
(ce deroicr frère du grand Colbert), naquit le i5 février 
1677, et fut connu, |usqu*en 171 2f sous le nom de che- 
valier de Groissy. Il entra aux mousquetaires 1 en 1691 , 
et se trouva au sSége de Monsetau combat de Leuze. Il ob- 
tint une lieutenance au régiment du Roi, le i5 décembre de 
la mémo année; servit au siège de Namur ; se trouva à la 
bataille de Steiakerque , où il eut un cheval tué sous lui ; et 
au bombardemeul de Gharleroi» en 1693. Golonel du régi- 
ment de Santerre , À sa formation , le. 4 octobre , il le cooi- 
Jkianda au siège de Huy ; à la bataïUb de Nerwinde; au siège 
de Gharleroij en i695;.à la marchedc Yignamont au pont 
d^Eftpierre, en 1694; à l'armée de laMeuse^ten 1695, etàcel- 
4e de Flandre, «n 1696, 1697 et 1701. It fut nomniié brigadier 
des armées du roi, le 37 janvier 1702. Enfermé dans Kay- 
serwert , il contribua à ia vigoureuse défense qu'y fit ie mar- 
-qitis de Blainville, son eousio. ILcominanila la sortie du aa 
m'ai, qui se fit en plein jour; chassa les ennemis de leurs 
tranchées; rasa une partie de leurs ouvrages ^ et reçut une 
blessure au bras. Employé à Tarmée d'Allemagne ^ en 17059 
le chevalier de Grotssy se trouva au siège de Brisack» sous 
le duc de Bourgogne; monta la tranchée devant cette place, 
le 26 août; servit .au siège de Landau • sous le maréchal de 
Tallart ; et fut chargé de porter au roi les articles de la ca- 
pitulation de cette place , ainsi que les drapeaux et étendards 
pris sur l'ennemi. A ia bataille de Spire 9 avec la seule bri- 
gade du régiment'du roi, il défit entièrement l'infanterie 
de la droite des ennemis, ce qui contribua beaucoup au 
gain doucette bataille. Il Gombattit à Hochsiedt, en 1704» 
et y demeura prisonnier. Il fut fait maréchal-de-camp, le 
a6 octobre de la même année. Échangé, en 1706, il servit, 
l'année suivante , à l'année de Flandre , sous le duc de Yen- 
dôme. Il commença la campagne sur le Rhin, sous le ma- 
réchal de Berwick, en 1708; passa, l'année suivante, en 
Flandre, au mois de juillet, et y commanda pendant quel- 
que temps 8 bataillons et 8 escadrons 9 campés à deux lieuc8 



•- î :: . . - 



DES GiNÉBAUX FRANÇAIS. 367 

de rarmée. Détacbé^au mois d^octobre, sous les ordres du 
marquis de Puiguyon, pour faire le siège de' Leffingen, il 
fut fait prisonnier dans une sorfie que firent les ennemis. 
Échangé, en 1709,- le chevalier de Croissy fut créé lieute- 
nant-géuéral des armées, le 29 mars 1710, et servit à l'ar- 
mée de Flandre. Il obtint le gouvernement de Crécy» en 
Brie, le 1*' septembre; continua de servir en Flandre , en 
1 7 1 1 ; se trouva à raflaire de Denain, et aux sièges de Douay, 
du Quesnoyet de Boachain, en 1712. Il se trouva à la dé- 
faite du général Vauboime; aux sièges de Landau et de Fri- 
bourg, en 1715, et fut blessé à ce dernier siège, le i3 oc- 
tobre. A la mort du marquis de Sévignè, il obtint la char- 
ge de lieulenaat de roi du comté Nantais, le 9 janvier 1714. 
Eu 1 7 1 5 , il fut nommé ambassadeur auprès de Charles XII, 
roi de Suède, et eut sa première audience de ce souverain, 
à Slralsund, le 14 mai (1). Il mourut à Paris, le a4 ^^^^ 
1747, à l'âge de 73 ans. {Chronologie militaire ^ tom. If^j 
pcig» 669 ; mémoires du temps , Gazette de France,') 

COLBËRT (Jean-Baptiste-Joachim) , marquis de Torcy 
et de Croissy^ baron de Nogentj lieutenant-générat , neveu 
du précédent, naquit le 25 janvier 1705. Il entra, en 1718, 
aux mousquetaires; fut fuit colonel -lieutenant du régiment 
Royal-Infanterie, le 6 mars 1719, et capitaine des gardes 
de la porte, le 6 décembre 1723. Il commanda son régi- 
ment au siège de Rehl, en 1733, et à celui de Phillsfoourp^^ 
en 1734; fut créé brigadier le 1*' août, et finit la campa- 
gne en cette qualité. Parti de l'armée du Rhin, au mois 
d'octobre, il conduisit son régiment à l'armée d'Italie; ar- 
riva à Pavie, le 5 décembre, et y passa l'hiver. Il servit 
aux sièges des châteaux de Gonzague et de Révéré , eu 
1733, et rentra en France, en mai 1736. Promu au grade 
de maréchal- de-camp, le 1" janvier 1740, il servit à Tar- 



(1) On dit que Charles Xll donna une audience au comte de Groissy 
sur la brèche de StralBan'dVt)à'ce monarque étaîraisiégé. {Hùtoiredû 
Charles XII, ffùT y aUai!àfJ)' 



568 BICTIONNilBE HISTORIQUE 

inée de la Meuse, sous le maréchal de Alaillebois, par let- 
tres du i" août 174>^ marcha avec la troisième division 
qui partit de Givet, le 5 1 du même mois; la conduisit en 
AVcstphalie, et commanda à Linn pendant rhivep. Lorsque 
cette armée passa, au mois d*août, eu Bohème, le mar- 
quis de Croissy marcha avec la a* division; se trouva à plu- 
sieurs vives escarmouches, et rentra en France après la 
campagne. Employé à Tarmée du Rhin, par lettres du i" 
mai 174^9 '1 se trouva à la bataille de Dettingen, et finit 
la campagne en Basse*Alsace, sous le maréchal de Noail- 
les. Employé à Tarmée du Rhin, sous le maréchal de Coi* 
gny, son beau-père, par lettres du i** avril 1744» H fut 
chargé de porter au roi la nouvelle du succès de Taitaque 
des retranchements des ennemis à Suffelsheim et Angeu- 
heim, et fut créé lieutenant- général des armées, le a mai. 
Il servit en qualité de maréchal -de-camp à la reprise des 
lignes de Weissembourg et de la Lautern , et porta cette 
nouvelle au roi à Dunkerque, où il arriva, le 9 juillet. 
Retourné à Tarmée, il se trouva à Taffaire d'Haguenau; 
fut déclaré lieulenant-général , le 26 août, et servit en cet- 
te qualité au siège de Fribourg. Employé à l'armée du roi, 
par lettres du 1*' avril 1745, il concourut à la prise des 
ville et citadelle de Tournay , et combattit à Fontenoy. En 
1746, il servit au siège de Namur ; se distingua à la bataille 
de Raucqux, et combattit à Lauwfeldt, en 1747» H fut em- 
ployé à L'armée de Flandre, par lettres du i5 avril; com- 
manda en Poitou, par lettres du 1" mai 1758 jusqu^au 1*' 
juin suivant, époque à laquelle il passa eu Provence, où il 
servit; sous le maréchal deLhomond, jusqu'au 1" uovcm- 
bre 1759. Il fut créé chevalier du Saint-Esprit, le 1" Jan- 
vier 1773, et mourut avant le .1" décembre 1777. {Quro* 
nologie militaire , tom, Vj pag» 3o8; mémoires du temps. 
Gazette de France.) 

COLBERT (Jean-Baptiste-François-Menelaï), marqiiU 
de Sablé, lieutenant-général, fils aîné du précédent, na- 
quit le 27 mai i728« Il entra aux mousquetaires, eu 17)3; 
se trouva a la bataille de Dettingen, Tannée suivante; aui^ 






DES GEC7ERAVX FRANÇAIS. 36^ 

Sièges de Meuin, dTpres et de Fiirnes; à Tafiaire d*Ha- 
gnenauy et au siège de Fribpurg, en 1744* Devenu capi- 
taine réforme au régiment de Berri cavalerie, ^l^ 29 jan- 
vier 174^, il combattit à Fontenoy et servit au siège de 
Tournay. Il fut fait capitaine en pied, le 7 juin; commanda 
sa compagnie au même siège; à Taffairedu Mesie; à la prise 
des ville et château de Gand, et des villes de Bruges, d'Ostende 
et de Nieuport, la même année; au siège de Bruxelles, et 
à la bataille de Raucoux, en 174^9 ^^ ^ ^^^^^ ^^ Lawfeldt, en 
1747* Nommé colonel du régiment de Hainaut Infanterie, 
le 1*' janvier 1748 , il le commanda au siège et à Tassaut 
du fort Saint-Philippe, en 1756, et sur les côtes depuis 
1757 jusqu'à la paix. Il fut créé brigadier des armées du 
roi, le ^o février 1761, et on le déclara^ au mois de décem- 
bre 176a, maréchal-de-camp, dont le brevet lui avait été 
expédié, le 25 juillet précédent : il se démit alors du régi- 
ment de Hainaut. Ayant obtenu, au mois de mars 1763, 
la charge de capitaine des gardes de la porte, en survivan- 
ce du m^irquîs de Croissy^ son père, il prêta serment pour 
cette charge, le i5 du même mois. Il fut créé lieutenant- 
général des armées du roi, le 5 décembre 1781. 11 assista 
aux assemblées de la noblesse d* Anjou pour rélectioii des 
députés aux états-généraux du royaume, en 1789. (Chro- 
nologie militaire f tom. VII, pcig* 574; mémoires du temps, 
Gazette de France.) 

COLBERT (Charles-Anloîne-téHx), marquis de Torçy, 
maréchal-de-camp, frère du précèdent, naquît le 10 juil-^ 
let 1729. Il entra aux mousquetaires, le 14 avril i^44; ^^1^ 
campagne en Flandre , et se trouva aux sièges de Menin', 
d^Ypres et de Fumes, à Taffaire d'Haguenau et au Mège 
de Fribourg. Il obtint , le 14 dJrc'embre de la même an- 
née, la charge de guidon de la conipagnie des gendarnïes 
de la reine, avec rang de lieutenant-colonel de cavalerie. 
Il servit à la bataillé de Foiitenoy; aux sièges des villes et 
citadelles de Tournay, d*Oudenàrde, de D^ndermonde et 
d'Ath, en 174^» ^^x sièges de nions, de Charleroi et de 
Namur, et à la bataille de Raucwx^en 1746' Dévenu eu- 



570 BICTIOKVÀIKE HISTORIQUE 

seignc de la compagnie des GeDdarmes-Bourguignoos, avec 
rang de mestre-de-camp de cavalerie, le 1*' janvier 1748, 
il servit au siège de Maestricht, et se trouva à la prise de Ha- 
novre et de plusieurs places de cet électorat. Il fut employé 
au camp de Closlen;evern ; se trouva à la marche sur 
Zell, en 1767; au combat de Sundershausen ; à la prise de 
Cassel et de la Hesse, et à la baiaille de Lutzelberg , en 
1758. Il combattit à Mîivlen , le 1*' août 1759 ; fut fait ca- 
pitaine-lieutenant de la compagnie des chevau- légers de 
Bourgogne, le ai du même mois , et la commanda à Tar- 
mée d'Allemagne, en 1760. Créé brigadier, le ao février 
1761 , le marquis de Torcy servit en cette qualité à Tannée 
d'Allemagne; passa à la charge de capitaine-lieutenant des 
chevau-légers Dauphin, le 11 janvier 176a, en se démet- 
tant des chevau-légers de Bourgogne , et servit encore en 
Allemagne. Il fut déclaré, au mois de juin 1763, maré- 
chal-de-camp, dont le brevet lui avait été expédié , le a5 
îuillet 176a, et se démit alors de sa compagnie des che- 
vau-légers Dauphin. {Chronologie militaire y tom. VII, 
pag. 572^ mémoires du temps, Gazette de France f)' 

COLBERT (Edouard - François) , comte de Maulevrier, 
Ueuienant-génér al y frère du grand Colbert, naquit en i634* 
Il obtint, le 3o miai i65i, une compagnie au régiment de 
Navarre. Il se signala àPassaut du fort du Catelet, en Lor- 
raine, où il reçut 8 coups de mousquet : on le crut tué, 
et il demeura long-temps parmi les morts. Le roi lui don- 
na, le a mai i658, une lieulenauce au régiment des gar- 
des. Il servit , la même année, à la bataille des Dunes; aux 
siégea et à la prise de Dunkerque, de Bergues, de Dixmu- 
de , de Fumes, de Gravelines, d'Oudenarde, de Menin et 
d'Ypres. Nommé pour commander à Philisbourg, le i3 
juin 1661, il leva, le 17 du même mois, une compagnie 
franche d'infanterie pour tenir garnison dans cette place, 
dont il fut fait lieutenant de roi, le ag septembre. 11 eut 
une compagnie au régiment des gardes, le aa juillet 1662, 
et se démit de la lieutenance de roi de Philisbourg et de la 
compagnie qui y tepait gç^nîson. 11 fut fait capitaine-lieu* 



■5K*"< 



r MS GENERAUX rRANÇAIS, O" I 

tenant de l^secoode compagnie des inouaquetaireg, à In 
création de celte compagnie, le g iaiivîer i665, et se dé- 
mil alors de la compagnie aiii gardes. Cette rafime année, 
il marf^hu avcc*un détachement de mousquetaires sous la 
conduite de IVl. dePradel, au secours des Hollandiiî», con- 
tre l'évéque de Munster, cjui fut forcé de rendre auxHol- 
landais les places (ju'il leur avait prises , et de faire la pais. 
Pendant la campagne de Flandre, en 1667, le comte de 
Maulevrier servit aux sièges et à la prise d'Ath , de Tour- 
iiay,del)ouny et de Lille. Pendant le siège de cette dernière 
place, il eut ordre d'attaquer la demi-lune, et, malgré une 
blessure qu'il avait reçue la veïlle, il chargea les ennemis, 
les débusqua de leurs postes, et s'empara de la demi* 
lune. Il fut créé brigadier de cavalerie , par btevet du aCi 
janvier iH(j$; servit en cette qualité à la conquête delà 
Francbe-Comté , et command;i la compagnie des mousque- 
l^iires à tous les sièges qu'on entreprit. Créé maréchal-de- 
camp, par brevet du 24révrier 1669, il fut employé en celte 
qualité sous M. de Navailles, qui marcha an secours die Can- 
die. Il prit pari à toutes les sorlies qui curent lietl, et ton- 
jour^ avec succès: dans l'une, il fut blessé àlaléte. 11 se dé- 
mit de la compagnie des mousquetaires, ,au mois d'avril 
167a; commanda à Arnbeim . dans laCueldre hollamlaise, 
pendant Tautomnc de la ménVe année; fut empfàyé sur 
la Sarre et dans Trêves, sous le marquis de Rochefort, par 
lettres du 10 décembre 1673, et résida à Trêves pendant 
l'biver. Employé eu Alsace, comme maréchal-de-camp, 
nous le marquis de Vaubrun, par lettres du i!\ mars i074< 
le comte de Maulevrier eut un ordre du même jour pour 
commander dans celte province eu l'abaouce de M. de Vau- 
brun. Étant sorti de Pliilisbourg avec un corps de troupes, 
pour servir d'arrière-garde à M. deTurennc, qui passaitic 
X\hin, Il défit entièrement 100 cuirassiersel 200 fantassinsàla 
bataille de SintEheim, où il commandait l'aile droite, char- 
gea deux fois les ennemis , les fil plier, et les força h. la re- 
traite. Il continua de servir en Alsace, en 1675, et y com- 
manda un corps d'observation. Il fut créé lieutenant-géné- 
ral des années, le aS février 16-G. Employé, au mois d« 



372 DICTlOîïNAnVE UISTORIQUE 

mars, à Tariuée d^Allemagney sous le maréchal de Luxem- 
bourg, il combaltit à Kukesberg et contribua à la prise de 
Alontbëliard. 11 servit, en 1677, sous le maréchal de Cré- 
qny; commanda un corps de troupes en -deçà du Rhin; joi- 
gnit Tarmée, au mois d*octobre , et servit au siège de Fri- 
bourgy.qui capitula. En 1678, il combattit au siège et à la 
prise de Gand et d*Ypres , sous le maréchal de Luxembourg; 
se trouva à la journée de Saiul-Denys, près Mons, et dé- 
fendit vigoureusement la porte du coteau , que les ennemis 
atliiquèrent plusieurs fois, et toujours en vain : la défense 
de cette porte contribua beaucoup au gain de la bataille. Il 
obtint le gouvernement de Tournay , le 4 mars 168a. £n i683, 
il - servit -sous.le maréchal d'Humières, au siège de Cour- 
tray ;iy ouvrit la tranchée^ et poussa les travaux avec tant 
de diligenco.i qu*il força Ja ville et la citadelle de capituler 
dèsieméme jour. Il coiomanda dans Tournay et dansYpres, 
pendant rjiiver de 1688, et fut créé chevalier des Ordres du 
roi, le 3i décembre. Il servit sous le maréchal d'Humières, 
en Flandre, par lettres du 20 mars 1689; combattit à Yal- 
cour; ijtfut pourvu, le 3o octobre, du commandement dT- 
près, Bergues, Dunkerque, Gravelines, Bourbourg et au- 
tres places vers la mer. Employé à Tarmée de Flandre, sous 
le maréçhj^l de Luxembourg, par lettres du 19 avril 1690, 
il çoqimQnda au camp devant Attîgny pendant toute la cam- 
pagne.. U.cpinmanda aussi à Tournay et à Vpres, pendant 
la cfiippagne de 1691 y les tro.upes destinées à la défense des 
ligne», pf\r* ordre du 5 août. Il eut le commandement à 
Duqkerqu«y Grs^yeiines , Calais et Ardres, par ordre du 27 
juin. lie copite de Maulevrier mourut à Paris, le 5i mai 
169a, à la suite d'une longue maladie, causée, dit-on, par 
le chagrin de n'avoir pas été fait maréchal de France à la 
promptipa 4u 27 mars précédent. {Chronologie militaire, 
tom,iy,pag, 261; l'abbé dfi Neuf ville, tom. II ^ pag. 198; 
mémoires du temps. Gazette de France, Dictiofuiaire uni^ 
verset y par Càaudon et Delandine , tom. IF , pag. $73.) 

•M ï , 

COLBERT (Henri), chevalier de Maulevrier^ lieutenant^ 
général, frère putué du précèdent, fut reçu chevalier de 



DES G£JN£RAUX FRANÇAIS. S^S 

Tordre de Saint- Jeau de Jérusalem, le 20 novembre 1688. 
Il servit d*abord, pendant quelques années > dans le régi* 
ment de Navarre, et se trouva à la défense de Namur^ en 
1695. Devenu colonel de ce régiment , le 6 septembre, il le 
commanda à Tarmée de la Meuse, en 1696; à l'armée de Flan- 
dre, en 1697 ; à Tarmée d'Italie, en 1 70 1 , et combattit à Car-. 
pi et à Chiari. Il se jeta dans Caneto, le 1'' décembre 1701 ; 
défendit cette place , pendant trois jouirs, contre toute Tar- 
méedu prince Eugène, et ne la rendit qu'après avoir épuisé 
tous les moyens de résistance en son pouvoir. Créé briga- 
dier des armées, le 29 janvier 1703, il fut employé à l'ar- 
mée d'Italie, par lettres du 21 février suivant;, contribua 
aux victoires de San-Vittoria et de Luzzara, et à la prise 
de cette dernière place. Il servit à la reddMion de Guastalla 
et de Borgo -Forte, 4a même année; à la défaite du prlnco 
de Starhemberg, près de Stradella , et à la victoire rempor- 
tée à Caslelnovo de Bormio^ ainsi qu'à toutes les expédi-; 
tiens du duc de Vendôme dans leTrentin. II. se trouva à la 
défaite du général Yi/sconti, en ijoS. A la tète de 4 compa- 
gnies de grenadiers, il avilit empprté^ le ai décembre 1 702, 
une cassine retranchée et palissadée, près de Governplo. II. 
servit au siège et à la pri^e de Yerceil, d'Iyrée et de la ci- 
tadelle , en 1 704; fut fait maréchaUde-camp, le 26 octobre; 
marcha, au mois de novembre, au siège de Yérue, qui se 
rendit, au mois d'ayril ijo5; et combattit à Cassano, au 
mois d'août. Il fut créé inspecteur-général de l'infanterie , 
le 1*' septembre, et concourut à la pris^ de Socino, au mois 
d'octobre. Il se déniit de sçn régimenf , au mois de février 
1706; se trouva à la bataille de Çalcinato, au mois d'avril, 
et apporta au roi la nouvelle de la victoire qui y fut rem- 
portée. Il retourna ensuite en Italie, et combattit au siège 
de Turin et à |a bataille qui se donna sous les murs de celte 
place. Passé à l'armée d*Espagne, par lettres du 4 avril 
17079 il se trouva à la bataille d'Âlmanza ; à la réduciionde^ 
plusieurs villes du royaum.e.de Yalence; au siège et à la pri- 
se de Léri^a. Il fut chargé de porter au roi la nouvelle de la 
prise du chdteau de cette place, devant laquelle il avait 
9iouté la tranchée 9 le 4 octobre. Il servit au siège et à la 



374 DICTIONNAIBE HISTORIQUE 

prise de Tortose , et de plusieurs forts du royaume d*Ara- 
^D, sous le duc d*0rléaii8, en 1708. Il fut employé » eu 
17099 Q la même armée, sous le maréchal de Bellefonds, 
qui il se tint sur la défensive. Gréé lieutetenant-général des 
armées du roi, le 39 mars 1710, le chevalier de Maulevrier 
servit, la même année, à Tarmée de Flandre. Il se démit 
de son inspection g;énérale, au mois de mars 1711; servit 
encore en Flandre, et mourut de la petite-vérole , à Gam- 
bray, le a5 aoôt de la même année. {Chronologie miiiiai" 
re, tom, IF ypag. 67a; mcm. du temps, Gaz. de France,) 

' GOLBERT (Louis-René-Édouard) , comte de Maulevrier , 
lieutenant-général, neveu de Henri, et fils atné d*Édouard- 
François Golbert qui précède, naquit le 14 septembre 1699. 
Il entra aux mousquetaires , en 1 7 1 7, et fut fait lieutenant-gé- 
néral au gouvernement d'Anjou et du Saumuroîs, le 19 août. 
Kommécolonel du régiment de Piémont , le 6 mars 1 719, il le 
commanda au siège de Rehl, en 1733 ; à Taltaque des Ngnes 
d^tlingen, et au siège de Philisbourg, en 1734* Gréé briga- 
dier, le i*'août de la mèmelannéc, il servit à l'armée du RhÎD, 
en 1735. Il se démit, an mois de février 1758, de la lieute- 
nance-gèuérale du gouvernement d^Anjou. Promu au grade 
de maréchal-de-camp, le 1*^ janvicf 174^9 il se démit du ré- 
giment de Piémont. Il obtint la croix de commandeur de Tor- 
dre royal et militaire de Saint-Louis, en 1741 • Étant passé 
à l'armée de la Meuse, sous le maréchal de Maillebois, le 
i*' août de la même année, le comte de Maulevrier marcha 
avec la i** division en Westphulie, et commanda, pendant 
Fhiver, dans le comté de Recklinghaiisen. Au mois d'août 
174a , il marcha avec la même division sur les frontières de 
Bohême, où il prit part à plusieurs escarmouches très-vives. 
L'armée étant rentrée en Bavière, le comte de Maulevrier 
marcha au secours de Braunaw^ et rentra en France » au 
mois de janvier 1743. Passé à l'armée du Rhin, sous le ma- 
réchal de Goigny, par lettres du T' août 1744» ^^ contribua 
à la reprise des lignes de Weissembourg et de la Lautern. 
Il se trouva àl'affaire d'Haguenau,etcomaiandadans une 
partie de l'Alsace pendant le reste de la campagne. Employé 



I)£S GilNERÀUX FRANÇAIS. 5^5 

h Tarmée du Rhin, sous le maréchal de Maillebois^ il concou- 
rut à la prise de Cronembourg^aumoisdeinarsi745.Il servit 
à l'armée d'Italie » par lettres du i'' avril suivant , et fut créé 
lieutenant- général des armées, le i*' mai. Employé sous les 
ordres de Tinfant don Philippe 9 il se trouva à la prise de la 
vallée de Spino et du château d'Acqui; aux sièges et à la prise 
des villes et châteaux de Tortone, de Plaisance et de Pavie; 
au combat de Rivaronne; aux sièges d*Alexandrie , de Va- 
lence ^ d'Asti et de Casai ^ etc. , et passa l'hiver auprès de 
rinfant. Le comte de Maulevrier marcha ^ en .174^9 au se- 
cours de Valence 9 dont il ne put empêcher la prise. Il servit 
au siège d'Acqui; combattit à Plaisance, le 16 juin; et se 
trouva à la bataille du Tidou, le 10 août; l'armée se replia 
en Provence « et se sépara au mois de mars. Cette armée 
ayant été réorganisée, le comte de Maulevrier y fut employé, 
par lettres du mois de juin 1747* H passa le Var un des pre- 
miers; concourut à la conquête de Nice, de Villefranche, de 
Montalban et de Vintimille, et marcha au ravitaillement de 
cette dernière place, au mois d'octobre. Il fut pourvu du 
gouvernement de Saint-Jeap-Pied-de-Port, le 4 niai 1748. 
Nommé dans le même temps ministre du roi, près l'infant 
duc de Parme , il conserva cette mission jusqu'à sa mort , 
arrivée le 29 novembre i y 5o. (^Chronologie militaire, tom» 
J^f P^' ^399 mémoires du temps, Gazette de France,') 

COLBERT (Édouard-Victurnin-Charles-Renè) « comte 
de Maulevrier, maréchal-de-camp, neveu du précédent, 
naquit le 1 5 décembre 1754. Il fut fait sous- lieutenant dans 
le régiment de Champagne infanterie, en 1771; devint ca-^ 
pitaine à la suite du régiment Dauphin cavalerie, en 1 775 , 
et eut une lettre de passe pour aller prendre le commande- 
ment de la compagnie colonelle dans le régiment meslre- 
de-camp cavalerie. On le nomma guidon des gendarmes 
de Flandre, avec rang de lieutenant-colonel, le a5 août. 
1775, et premier lieutenant des gendarme^ d'Artois, avec 
rang de mestre-de-camp, le 11 novembre 1782. Il fut en- 
voyé comme ministre plénipotentiaire de S. M. près Télco- 
teur de Cologne^ en 17849 et créé chevalier de l'ordre royal 



5^6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

et militaire de Saint-Louis, le 28 avril 1789. Le comte dd 
Maulevrîer ayant émigré, en* 1791, fit la campagne de 1792 
à raroiée des princes, en qualité d*aide-de-camp du maré- 
chal de Castrics. Il reçut, le 14 janvier 1798, le brevet de ma- 
réchal-de-camp, àprendrerangdu 3i décembre 1792. Pen-' 
dant huit années, le comte deColbert-Maulevrier s'est tenu 
constamment à la disposition de Monsieur, d'abord régent et 
depuis roi. Il rentra en France à la On de 1 800 , avec Tagré- 
mcnt de S. M. Après la restauration du trône des Bour- 
bons, en 1814» il fut nommé capitaine des gardes du pa- 
villon amiral. Il re^ut le cordon rouge, en 1816, et fut alors 
nommé contre-amiral. Il mourut à Paris, le 2 février 1820. 
[Etats militaires. Moniteur, annales du temps,) 

GOLBERT (François-Gilbert I"), marquis de Saint- 
Pouange et de Cliabanais ^maréchaUde-^camp, issu d'une bran* 
che putnée de la maison de Golbert , entra aux mousque- 
taires, en 1693. 11 se trouva à la bataille de Nerwinde, et 
au aiége de Gharleroi , la même année ; à la marche de 
Yignamont au pont d'Espierres, en 1694 9 et obtint, le 8 
octobre de cette année, une compagnie de cavalerie dans 
le régiment Dauphîn-Étrangch II la commanda à Tarmée 
de la Meuse, en 1697; au camp de Gompiègne, en 1698; 
en Allemagne, en 1701 et 1702 ; aux sièges de Brisack et de 
Landau, et à la bataille d'Hochstedt, en 1704. Gréé briga- 
dier des armées, le 26 octobre 1704, il servit- en cette qualité 
à Tarmée de la Moselle, en 1706; se trouva à la prise de 
Druscnheim, de Lauterbourgetdertle de Marquisat, en 1706, 
et àTarmée du Rhin, en 1707. Il eut ensuite part à toutes 
les expéditions du maréchal de Yillars en Franconie et eu 
Suube. Il servit à la même armée, en 1708; puis à celle de 
Flandre, où il se trouva à la bataille de Malplaquet, en 
1709. Il fut employé en Flandre, en 1710 et 1711; sur le 
Rhin , en 1 7 1 2; servit aux sièges de Landau et de Frîbourg, et k 
la défaite du général Yaubonne, en 1715, et enfin au camp 
de la Meuse , en 1 7 1 4* Il se démit de son régiment au mois 
de janvier'! 7 16; fut créé maréchal-de-camp, le 1*' février 
] 7 19, et mourut le 1 1 novembre de la môme année. [Chro- 



■ • ".^ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 5^7 

nologie militaire , tom. Vil, pag, 3a ; mémoites du temps , 
Gazette de France,) 

COLBERT (François-Gilbert II), marguis de ChahanaiSy 
maréchal'de-camp, fils aîné du précédent, naquit le '7 no* 
vembre 1705. Il entra aux mousquetaires, en i72M>;fut 
fait lieutenant réformé au régiment d'Orléans cavalerie , 
le a5 décemibre 1721 ; capitaine au même régiment, le a6 
novembre 1725, et deuxième cornette de la compagnie de 
chevau-légers d'Orléans , avec rang de lieutenant-colonel 
de cavalerie le d4 décembre 1726. Il servit au siège de Kehi, 
en 17^5, et passa guidon de la compagnie des gendarmes 
écossais, le 25 décembre de cette dernière année, avec 
rang de mestre-de-camp de cavalerie, par commission du 
même jour. Il combattit avec cette compagnie à'l*atta<j[ue 
des lignes d'Etitngen , et au siège de.Philisbourg, en 1754; 
et à Taffaire de Clausen , en 1755. Deventi «ous^lien tenant 
des gendarmes de Bretagne, le 16 avril 1756, le marqui» 
de Chabanais servit en Westphalie, en 1741 ; sur les fron- 
tières de Bohême, en 1742, et se trouva au -secours de 
Braunau, la même année. Il obtint le gradé de brigadier 
des armées, le 20 février 174^9 et fit cette campa^ësur 
le Rhin. Nommé capitaine-lieutenant de la mémef compa- 
gnie des gendarmes de Bretagne, le 22 avril 1744» ^ ^^tt 
employé à rannéé du Rhin, par lettres du mdis de mai; 
concourut à la reprise des lignes de Weissembourg et des 
lignes de la Lautern ; à la défaite des ennemis à Hagne-*- 
nau, et servit au siégé' de Fribourg. Passé à Tarmèe dfe 
Flandre, au mois d^avril 174^9 ■! 9e trouva à la bataille 
de Fontenoy ; aux sièges deXournay, d*Oudenarde et d'Alh^ 
et fut déclaré, au mois de novembre, maréchal-de-camp, 
dopt le brevet lui avait été expédié, dès le t*' mai précé- 
dent. Il se démit de la compagnie des gendarnoes de Bre- 
tagne. En 1746, le marquis de Chabatieis fut employé* à 
Tarmée de Flandre , dans le mois de mai , et se trouva à la 
bataille de Raucoux, au mois d'octobre. Il combattit à Law- 
feid, au mois de juillet 1747- H ^ul ^^ît commandeur de 
Tordre royal et militaire de Saint-Louis, le; 

IV. 4f^ 



378 mCTIONNAniE HISTORIQUE 

Pourvu 9 eo 1765, de la lieutenance de roi des ville , com- 
té et évèché de Nantes et du comté Nantais, il prêta ser- 
ment pour cette charge le i5 juin. {Chronologie militaire, 
tom. y 11^ P^' 3^^ 9 mémoires du temps, Gazette de 
France,) 

GOLBERT (Gilbert-Claude-Théophile), marquis de Char 
banais, fils atné de François-Gilbert II, naquit en i^SS. 
Il entra second cornette des chevau- légers de la reine, le 
16 février i^Sg; devint enseigne des gendarmes anglais, le 
7 décembre suivant, et sous-lieu tenant, le ao février 1761. 
On le créa brigadier de cavalerie , le 3 janvier 1 770 , et 
maréchal-de-camp, le 1*' mars 1780. Il mourut en 1789- 
[Etats militaires, annales du temps.') 

GOLBERT (Auguste-Marie-François) , général de briga- 
de, petit-fils de François - Gilbert II, marquis de Ghaba- 
naîs, entra au service, en 1795, dans le 7* bataillon de Paris, 
et y servit conmie simple soldat jusqu'au mois d*octobre 
1 795 , époque à laquelle il devint aide-de-camp du géné- 
ral Grouchy. U suivit en la même qualité le général 
Murât dans i'expédition d*Égypte, et fut nommé chef 
d'esoadron sur le champ de bataille de Salahié. Il reçut 
qne blessure dangereuse pendant le siège de Saint-Jean- 
d*Acre, et obtint alors Aeè armes d'honneur ^ à titre de ré- 
compense nationale. Étant repassé en France avec le gé- 
néral Desaix, il fut employé à Tarmée dltalie, en 1800; 
combattit vaillamment à Marengo, et y obtint, sur le 
champ de bataille , le grade d'adjudant -général -colonel 
du 10** régiment de chasseurs à cheval. Il commanda ce 
régiment à lu grande-armée d'Allemagne, en i8o5 ; se dis- 
tingua, le 14 octobre, à l'attaque du pont d'Elchingen, 
sous les ordres du maréchal Ney, et y eut un cheval tué 
sous lui. Il signala sou courage et ses talents militaires à 
la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre suivant , et y méri- 
ta le grade de général de brigade, qui lui fut accordé. le 
24 du même mois. Employé, en 180G, dans la grande- 
armée , il fit la campagne contre les Prussiens et les Rus- 
ses; eut beaucoup de part au gain de la bataille d'Iéna^ 



DES GENERAUX FRANÇAIS. 379 

pendant laquelle il fit plusieurs charges brillantes, et fut 
cité avec éloges pour sa bravoure et sa bonne conduite. 
Il passa, en 1808, à Tarmée d*£spagne, où il eut le com- 
mandement de Tavant-garde de la cavalerie du duc d'is- 
trie. Il se trouva, le 14 juillet, à Tattaque de Mediûa-del- 
Rio-Secco, et contribua à la prise de cette ville par les 
charges vigoureuses et réitérées qu*il fit exécuter. Le 5 jan- 
vier 1809, Tarmée française ^ marchant sur Villa-Franca, 
se trouva en présence de Tarrière-garde anglaise, au défilé 
de Cacabellos. L*infanterle française s'élant avancée pour 
attaquer cette arrière-garde, le général Colbert se porta 
seul au milieu des tirailleurs fantassins pour reconnaître 
le terrain , et juger s'il pouvait former ses escadrons afin 
de charger Tennemi. Il reçut alors dans le front une balle, 
qui le renversa de cheval. Revenu à lui , if se fit mettre sur 
son séant 5 et, apercevant les Anglais en déroute, il dit aux 
personnes qui l'entouraient : « Mes amis , je suis bien 
«jeune encore pour mourir;' mais ma mort est digne 
«d'un soldat de la grande* armée , puisqu'en çxpirant, je 
» vois fuir les derniers et les plus mortels ennemis de nia 
«patrie » : quelques mînims après, il rendit le dernier sou* 
pir, et emporta les, regrets' de tous ses compagnons d'ar- 
mes (1). Un décret inipérial , sous la daté du 1" janvier 
1810, ordonna que sa statue, ainsi que celle de plusieurs 
autres généraux, morts comme lui au champ d'honneur, 
serait placée sur le pont de la Concorde (pont Louis XYI). 
{Etats militaires , Moniteur , annales du temps,) 

COLBERT (Pierre-David, ^^ Edouard, comte), Ueute-- 
nant-général des armées du roi , frère putné du précédent. 



(1) Deux.joar% auparaTunt, JNapoléoo, passant en revoe la brigade 
Colbert à Astorga, avait dit à ce général : « Vous.m'aves prouvé en £- 
* 87Ptc y CD Italie et en Allemagne , qae vous étîet an de mes plus bra- 
»ves guerriers; bientôt vous recevrez la récompOTse due à vos brit- 
»Iants services.» — « Dépéchez vous, sîre > répondit Colbert; car, 
» bien que je n*aie encore que 3o ans, je sens que -je suis déjà vieux. » 
Il était cependant loin de penser que sa fin dût être si prochaine. (Fit 
tçirei et eonqMit§ê,.iam* XFIII^ fog, aui^-l 



580 DICTIOimÀiaE HISTORIQUE 

naquit à Paris » le 18 octobre 1774* 11 entra au service dans 
le bataillon de Paris, dit de Guillaume Tdl, le a5 août 
17939 et fit la campagne de cette année à Tarmée du Haut- 
Rhin. 11 passa hussard au 1 1* régiment, en janvier 17949 
y fut fait maréchal-des-logîs 9 en septembre 1796 , et sous- 
lieutenant 9 au mois d'octobre suivant. Il fit la campagne de 
ces deux années en Espagne et dans la Vendée. 11 fut nom- 
mé adjoint aux commissaires des guerres 9 en juillet 179S9 
et commissaire des guerres, en 1799- H fit partie de Tex- 
pédition d'Egypte, et y fut blessé d'un coup de feu au bras. 
On le nomma capitaine au 5* régiment de dragons, eo dé- 
cembre 1801 9 et capitaine- adjudant-major des mamelucks 
de la gardé de Buonaparte. A son retour de Texpédition d'E* 
gypte, il fut fait aide-de-camp du général Junot, avec le- 
quel il servit à Tarmée des Côtes, en i8o3 et 1804. Il passa 
aide-de-camp du maréchal Bertbier9 major-général dçTar- 
mée, en septembre i8o5, et fit en cette qualité la campa- 
^e de celte année contre TAutriche. En 1806, il fut 
nommé chef d*escadron au i5* régiment de chasseurs à che- 
val ; créé membre de la Légion -jTHonneur et chevalier de 
Tordre de Bavière. Il fit la campagne de 1806 à la grande- 
armée, en Prusse et en Pologne; combattit avec distinction 
h la bafaîlled'Austerlitz, le 2 décembre, et y fut blessé d'un 
coup de feu à la cuisse. Nommé colonel du 7* régiment de 
hoi^sards, dans lé même mois de décembre , il continua de 
servir à la grande-armée , en Prusse et en Pologne, Il fut 
créé baron 9 en 1808. Promu au grade de général de bri- 
gades le 9 mars 1809, il obtint la décoration d'officier de 
la Légion -d'Honneur, dans le même mois. Employé à la 
grande-armée, pendant la campagne de celte même année, 
contre l'Autriche, il y commanda une division de cavale- 
rie, forte de 2000 chevaux, faisant partie. du.corps du ma- 
réchal Oudinot. Marchant à l'avant-garde du 2* corps d'ar- 
mée commandé |^ar le maréchal Lannes, il chargea 9 près 
d'Amstetten^ le i*' mai, k la tête du 29* régiment de chas- 
seurs à cheval , un corp« de cavalerie enn^nxie , qu'il écrasa» 
et sur lequel il fit prisonniers 5oo hulaos. Il marcha avec 
sa brigade de cavalerie légère, sous les ordres du général 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 38 i 

Mon^brun, qui se ioignît au corps d'armée commandé par 
le prince Eugène, vice-roi d'Italie. A la^bataille de Raab, 
gagnée par ce prince sur Tarmée autrichienne ^ le i4 juin, 
]e général Goibert fut chargé de soutenir l'attaque de la di' 
vision Serras contre la Maison-Carrée, dans laquelle les en- 
nemis s^étaient retranchés. Il chargea vigoureusement et 
culbuta les hussards autrichiens de Ott, ainsi que plusieurs 
escadrons de l'insurrection hongroise. Le 9* de hussards 
ayant été attaqué par 2 régiments de cavalerie ennemie, le 
général Colbert accourut au secours de ce régiment, k la 
tète du 7* de la même arme , reçut avec fermetéja charge des 
Autrichiens, et parvint à les repousser. La bravoure et la 
conduite que Colbert déploya dans cette journée , contri- 
buèrent beaucoup à en assurer le silccè», et il fut un des 
généraux cités particulièrement avec éloge dans la relation 
de cette bataiUe. Il combattit avec la plus grande valeur à 
la bataille de Wagram, le 5 juillet de la même année, et y 
reçut trois coups de feu à la fête. Il fut créé tcomman- 
dant de la Légion -d'Honneur, le. 17 du même mois, 
et commandeur de l'ordre militaire de Bavière, en 18 10. 
En sa qualité de général de brigade, on le nomma colo- 
nel commandant du 2* régiment de chevau -légers-lanciers 
àe la garde impériale. Je 14 mars 1811. Employé à la gran- 
de-armée de Russie, en 1812, il y servit sous les ordres du 
maréchal duc d*Istrie, et eut part aux principales affaires 
et aux hatailles livrées daotf cette campagne. Il s'empara de 
magasins considérables à Wilieka et à Orcha. Après avoir 
fait la funeste retraite de MoscoWf il servit, en i8i3, à la 
grande-armée d'Allemagne, sous les ordres du général Nan- 
souty; se distingua en plusieurs occasions , et panticulière- 
ment à la bataille de Bautsen ; et mérita le grade de géné- 
ral de division, qui lui fut accordé le 25 novembre. Il con- 
serva son régiment de lanciers de la garde, avec lequel il 
servit, sous les ordres du général Sébastian i, pendant la 
campagne de France, en 1814. Il donna de nouvelles preu- 
ves de sa valeur et de son courage dans les champs de Mont- 
mirail, Craone, Champ-Aubert, etc. , et ne déposa les ar- 
mes qu'après l'abdûcafion de Nbpolét>n Buonaparte. S. M. 



362 BICnONNAIRE HISTORIQUE 

Louis XVIII le créa chevalier de Tordre royal et mililaire 
de Saint- Louis, le 24 ^oût de la même année 18149 et loi 
conserva le commandement des chevaq-légers-lauciers» de- 
venus lanciers royaux. En 181 5, le général Coibert prit du 
service sous Buonaparte, pendant les cent jours, et se trou- 
va, le 18 juin, à la bataille de Waterloo, où il fut blessé 
d'un coup de feu au bras gauche. Depuis le second retour 
en France de la famille des Bourbons , il a été classé parmi 
les lieutenants-généraux en disponibilité. (Brevets et états 
militaires. Moniteur, annales du temps.) 

/ COLBERl^ (Louis-Pierre-Alphonse 5 comte) ^ maréchal-' 

de'camp, frère putné du précédent , entra au service, en 
1795, comme soldat dans le 7* bataillon de Paris. Il passa 
ensuite dans la cavalerie légère, et y servit pendant quatre 
ans , pareillement en qualité de soldat. En 1^97, il fut ap- 
pelé aux fonctions administratives près des armées , par- 
courut rapidement cette carrière, et fut nommé commis- 
saire-ordonnateur des guerres au retour de Texpédition de 
Saint-Domingue, dont il avait fait partie. Il devint ensuite 
commissaire- ordonnateur en chef de Tarmée d'expédition 
en Pouille , commandée par le général Gouvion«Saint-Cyr. 
Ayant obtenu , en 1808, sa rentrée au service militaire, il 
passa colonel aide*de-camp au service du roide Naples. Après 
avoir organisé le corps des vélitesàchevàldela gArde royale 
napolitaine, il rentra en France, en 18 11, et fut nommé co- 
lonel du 9'régiment^i:5 de hussards (depuis 1 a* régiment de 
la même arme), qui faisait alors partie de Tarmée d'Aragon. Il 
servit aux armées d'£spagne> depuis lors jusqu'en 18 14» épo- 
que à laquelle il revint en France avec les secours que le maré- 
chal Suchet envoyait dans le raidi de ce royaume. La belle 
conduite qu'il tint à la tête de son régiment,dans les différents 
combats qui eurent lieu contre les Autrichiens sous Lyon, 
lui valut le grade de maréchal-de-camp, que S. M. Louis 
XVIII lui accorda le 9 juillet i8]4* Le comte Coibert fut 
créé chevalier de Saint-Louis, le 19 juillet de la même an- 
née, et commandeur de la Légion-d'Honneur, le a8 sep- 
tembre suivant. Il a sçrvi sans. interruption, depuis 179^9 



/ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 583 

et a fait partie de rexpédition d'Egypte. Il était employé , 
en iSao, dans l'inspection générale de la cavalerie. {Bre- 
vets et états miUtcUrea, Moniteur, annales du temps,) 

DE COLIGNY DE Ghàtillon (Gaspard^ V' du nom) , ma- 
réchal de France, suivit Gharles YIII dans la malheureuse 
expédition contre le royaume de Naplçs, en 1 494» ^^ combat- 
tit à Fornoue> en i49^- H accompagna le duc de Nemours 
en Italie, au mois de juillet i5oi. If était lieutenant de la 
compagnie d'ordonnance du duc de Nemours, lorsque ce 
prince s'empara de plusieurs villes dans la Fouille, et fut tué 
au combat de Gerîgnoles, en i5o5 : Ghàtillon fut fait prison- 
nier dans cette journée. Ilretournaen Italie, au mois d'avril 
i5o7, avec Lojaîs XII, qui prit Gènes à discrétion. Il com- 
manda l'avant-garde, sous les maréchaux de Ghaumout et 
de Tri vulce, à la bataille d'Aignadel, le 1 4 mai i Sog. Il condui- 
sit, au mois de décembre suivant, 5o hommes d'armes au se- 
cours de Ferrare^ que les Vénitiens assiégeaient. Gapitaine 
d'une compagnie de 5o lances, au commencement de i5i5, 
il passa, la même année, sous^>ançois I*% à l'expédition du 
Milanais, et se trouva au premier combat de Marignan, le 
i3 septembre. Dans cette journée, le roi, marchant pour 
arrêter le désordre de son avant-garde , laissa à Ghàtillon 
la conduite du centre de la bataille. François I*' créa , en 
faveur de Gaspard de Ghàtillon, une cinquième charge de 
maréchal de France, par état donné à Amboise, le 5 dé- 
cembre i5i6 (i). Ghàtillon devait exercer cette cinquième 



(i) Cet état est rapporté dans Thistoire de la maison de Goligny, au» 
f)reuv6Si iiv, II , jxig, aga, et dans Godefroy, Histoire des maréohatas 
de France, ffag, 94* L'historien des Grands-Officiers delà Couronne et 
Ta u leur du Dictionnaire <^ tnofréehaussées avancent, sans réflexion, 
qu'il n'y avait alors que trois maréchaux de France. Voici leurs termes : 
• Gbatillon devait exercer cette charge , en attendant qu'il y en eût une 
» vacante, sur les trois qui étaient alors remplies par Tri vulce, Stuard ou 
jid'AubignjyCtCbabannes.sIIyavait alors quatre maréchaux de France, 
Trivulce, d'Aubigny, Lautrec et Ghabannes. Ce fut donc une cinquiè- 
me charge que créa François I** en £iveur de Ghàtillon. 



384 OICnONNAIEB HISTORIQUE 

charge , en attendant qu'il y en eût une vacante parmi lei 
quatre précédemment créées, et la cinquième charge de- 
vait alors être supprimée. On le créa chevalier de Saint- 
Michel, en iSi^. Il prit la place du maréchal de Trivulce, 
mort le 5 décembre i5i8. Dans le nouvel état qa^on lui 
expédia le 6 décembre (i), il est qualifîé conseiller, cham- 
bellan du roi et chevalier de son Ordre. Chatîllon fut 
nommé Tun des ministres plénipotentiaires , pour le trailé 
d*aUiance entre le roi de France et celui d* Angleterre, eo 
iSig. Il prit possession de la ville d&Tournay, que le roi 
d'Angleterre était convenu de remettre au roi, et y conduisît 
300 hommes d*armes. Il assista à Tentrevue des deux, rois 
entre Ardres et Guines, en i5ao, et fut choisi pour être un 
des juges du tournoi qui eut lieu au oaoip du Drap-d*Or. 
Il commanda, eu i5ai, avec le duc d*Alençon, Tavant- 
garde de rarntée dans la campog-ne que François I** fit sur 
les frontières dé Picardie contre Charles Quint, qui les rava- 
geait. Les deux armées s'étant rencontrées^près de Valen- 
ciennes, Tavis des principaux capitaines, et entre autres 
celui du connétable de Bourbon , était d'attaquer sur-le- 
champ; maïs le maréchal de Chatillon combattit cet avis 
par des raisons assez plausibles. Le roi hésita , et Charles 
Quint profita de l'inaction des Français pour mettre son ar- 
mée en sûreté. Chatillon fut nommé, en i5aa, lieutenant- 
général commandant Tarmée de Guienne, pour la mener 
au secours de Fontarabie, que Charles Quint assiégeait, 
mais il tomba malade à Acqs, ety mourut le 24 août 1 52^ (2). 
{Chron, milit.f t, II, pa^. 218; Histoire de France du Père 
Daniel, Dupleix y le président Hénauty Le Gendre, His- 
toire de la maison de Coligny, Dictionnaire des maréchaus- 
sées. Histoire des Grands- O^ciers de la Couronne, His- 



(i) II est rapporté dans Ttiistoire de la maison de Coligny, aujn preuws, 
Uv, a, paff. 392, et dans Godefroy , pag. 95. 

(a) Brantôme a dit de lui : 1 C'était un bon et sage capitaine, du con- 
Hteil duquel le roi. s'est fort servi, tant qu'il vécut, comme il. avait rai- 
• son ; car il avait bonne tête et était bon brave. » 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 583 

taire de France , par Anquetil, tom. IF'; Biographie univer- 
selle j ancienne et moderne^ tom. IX ^ pag, a58; Diction- 
naire universel y par Qiaudon et Delandme , toni, IFj 
pag. 575.) 

dbCOLIGNY-CHATILLON (Gaspard, IP du iR>iii), corn- 
ue de Coligny, càionei-général de L'infanterie française deçà 
les monts, et amiral de France^ fils du précédent, naquît 
le 16 février ]5i6. Après la mort de son père, il fut élevé 
par les soins du connétable Anne de Montmorency , son on- 
cle, qui lui donna pour précepteur Nicolas Berault, habile 
grauimairifn du lenips. Le Jeune Coligny (ild^'abord des 
progrès dans les langues et la philosophie; mais la crainte 
d*é(re forcé d^embrasser.rétatecelésiastique, s'il réussissait 
trop bien dans se» éludes, les lui fit abandonner. S'éflant 
rendu à la cour, il s*y lia d*uae amitié étroite avec le duc 
de Guise, Tun des cavaliers les plus accomplis quMl y eût 
alors. 11 fit ses premières armes, en 1 54a, sous ftl.Je duc 
d'Orléans, au siège de Dau^viriiers-^ à la prise d'Arlon ; et 
au siège de Montmédy, où il reçutune contusion à Itf léte. 
11 "passa ensuite à Tarmée à6 Flandre^ et> fut atteint d'un 
coup de mousquet à la gorge, au siège deBintch. QuoiquHl 
perdît beaucoup de sang, par suite de celte blessure, ilVo*^ 
piniâtra à reriter d'ans la tranchée, en disant : < qu'il sen^ 
«tait son mal mieux que personne. • Commandant un dé- 
tachement de cavalerie, il battît une troupe d'ennemis plus 
forte que la sienne, et fit le commandant prisonnier de 
guerre. £n i545, il. accompagna le roi à la soumission dé 
la Rochelle; puis à l'expédition diriiçée contre -le pays de 
Luxembourg; et se trouva au secours de Landrecies, dont 
l'empereur fut contraint de lever le siège. En 1544» il alla 
servir en Italie, sous le comie d*£nghieii; combattit avec 
distinction à la bataille de Cei'isoles, le 14 avril, et fut ar- 
mé chevalier, sur le champ de bataille ménie, parle comte 
d'£nghieu. Il contribua puissamment à la pri^e de Càri- 
gnan, en emportant la contrescarpe de cette ville, qui se 
, rendit deux jours après. La reddition de cette pl.ice entraîna 
la soumission de tout le Montferrat, excepté Casai. Coligny. 



586 DICTIOmiAIRE HI8TO&IQUE 

étant revenu en France 9 aUa finir la campagne dans IVt 
mée du Hainant, commandée par M. le dauphin. Boulo- 
gne «'étant rendue avant qu'on pût la secourir, le dauphin 
tenta de la reprendre , et la ville basse fut empoi{tée de vive 
force; mais les troupes ne purent s*y maintenir. Golîguy 
■continua de servir au blocus de Boulogne, où il oominan- 
da un régiment d'infanterie iusqu'à la conchision de la paix 
faite av0C l'Angleterre , le 7 juin i546. Il fut alors créé che- 
valier de l'Ordre du roi, et nomitié capitaine de So hommes 
d'armes. Pourvu de la charge de colonel -générai de Tin&n- 
terie française deçà les monts, par provisions du 29 avril 
154^9 il profila de la paix momentanée, faite avec Hen- 
ri YIII, pour établir dans les bandes françaises us ordre et 
une discipline qui n'y existaient pas avant lui. Il y défendit 
ie pillage et le meurtre, hors le cas d'une défense légitime, 
et fit des règlements qui servirent plus tard de hase au code 
militaire. Malgré les efforts des Anglais, il construisit un 
fort à la Tour d ordre , près de Boulogne, en i546. On mit 
une garnison dans ce fort, sur la fin de i549, ^ ^" atta- 
qua Boulogne. On emporta les forts environnants, et la ville 
fut bloquée pendant i'Jbiver. Coligny négocia le traité signé 
le 24 mars i55o, et en exécution duquel les Anglais rendi- 
rent Boulogne. Il obtint le gouvernement général de Parifi et 
de risle-de-France, vacant par la mort de la Rochepot, par 
provisions données à Fontainebleau , le 9 septembre 1 55 1, 
registrées au parlement, le 16 novembre suivant : os lui ini^ 
posa la condition de se démettre de cette charge^ en faveut' 
du fils du connétable, lorsqu4l aurait l'âge requis pour4 'exer- 
cer. £n 1 55a , il commanda l'infanterie française à la prise 
des villes de Blelr , Toul et Verduo. Il la commanda aussi 
au voyage d'AUpmagne; aux sièges de Rodemack, deOsan- 
villiers, d'Yvoy et de Montmédy; à la prise de Bouillon, 
d*ArioiJ et de GJoyon. Étant passé eu Picardie, sous les or- 
dres du duc de Vendôme, il fit le siège dcHesdin, qu'il sou- 
mit, et prit Terouanne. Créé amiral de France, à la mort 
de Claude d'Ànnebault, par provisions données à Cliâlom, 
le 1 1 novembre, il prêta serment, pour cette charge, le la 
janvier suivant. £n i555, commandant l'infanterie fran* 



^ 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. * SSg 

et en même temps il attaqua le ministère sans ménagement. 
En i56i , il se joignit au roi de Navarre et au connétable : 
tous menacèrent de. quitter la cour, si Ton n*en chassait les ^ 
Guises.. Dans la même année , il fut député , avec d'Andelot, 
son frère , comme médiateurs' de la cour aupnès des états 
de Sainl-Genuain et de Pontoise, .assemblés par Charles IX, 
d'après son édit di| mois de juillet. L*édit de 1662 sem- 
blait devoir rendre à la France sa tranquillité; mais le 
meurtre de quelques protestants tués à Vassy par les gens 
du duc de Guise ayant réveillé les crainles des religionnai- 
reSy CoUgny s*unil alors.au prince de Cond'é. Ce prince 
et lui rassemblèrent des troupes, et s'emparèrent4*0riéanS9 
le 2 avril. Le prince fut nommé généralissime des hugue- 
nots ,. le 1 1 du même mois, et Coligny deviirt son 4ieutenant- 
général. Une conférence ayant été ouverte àTrasly, Coligny 
y fut le principal organe des protestants, pour lesquels il 
demanda à la reine-nière-la permission ^ sortir du royau- 
me. Toutes les négociations ayant été- rompues, on se pré- 
para de part et d*autre à la guerre. Coligny s*<opposa long- 
temps à ce que les protestants appelassent en' France des 
étrangers à leur secours; mais il y consentît enfin, lorsqo*il 
vit. que les caihuliques en avaient fjEiit venir. Étant sorti 
d'Orléans avec les protestants, il indiqua au princedé Cou- 
dé une position qui mit lestroupes du prince à couvert de 
toute attaque.' L'armée royale ayant alors reçu un renfort 
considérable, les protestants augmentèrent les garnisons 
deloiltes les places qu'ils occupaient, et Coligny se retira 
dans: Orléans. Pendant le siège de Bourges, les catholiques, 
qui m:anquaient'de poudres, en firent venir un convoi con- 
sidérable avec 6 pièces de canon 4 sous Tescorte d'un corps 
d'infanterie et dé 4 compagnies de chèvau-légers : Coligny 
en fut instruit. 11 sortit d'Orléans, le 3i août; marcha tou-* 
te la nuit; joignit le convoi, le 1*' septembre, à Chdteau- 
dun, ei délit Tescorie. Dans l'inipos^^ibilité où.il se trouvait 
d'emmener le convoi faute de chenaux, il eucloua les ca- 
nons, mit le feu aux poudres, et rrntra ensuite dans Or- 
léans. L*armée.du prince de Coudé iiyant été renforcée par 
9000 hommes que d'Audelol avait amenés, le prince et 



3^0 DICTIONNAIRE IIISTOIUQUE 

Colignj marchèrenl^ en novembre, vers Paris, qu'ils at- 
taquèrent sans suocèf : ils décampèrent des environs de 
celte ville, le lo décembre. Les armées caiholiqne et cal- 
viniste s*étaul rencontrées dans la plaine de Dreux, le 19 
du même mois, 9*y livrèrent une bataille qui fut des plus 
sanglantes. Dans cette îouraèe , ColIgnj atlaqua la gau* 
cJm des catholiques; défil 8 compagnies de gendarmes ; fit 
plier rinfanterie, et la mît en désordre. Il fit prisonnier 
le connétable Anne de Montmorency. Il tourna ensuite ses 
efforts codtre le oorps de bataille , composé des Suisses qui 
s'y étaient ralliés; mais ii ne put les vaincre. L'infanterie hu- 
guenote fut déliaite par le duc de Guise, et la cavalerie 
ayant été mise en désordre par le maréchal de Saint-An- 
dré, le prince de Gondé fut fait prisonnier. Dans cet étal 
de choses, Goligây tenta une nouvelle attaque avec la cava* 
lerie qu'il avait ralliée; et déjà il commençait à renverser 
la cavalerie catholique, lorsque la sienne fut attaquée eo 
flanc par les vieilles bandes. Obligé alors de songer à la re- 
traite, Il la fit en bon ordre, et toujours en comballant, 
fusqn'au village de la Neuville (1). Le lendemain, il mit 
son armée en bataille > avec le projet d'attaquer l'armée 
èatholiqoe; mais lert capitaines des reitres s'y étant oppo- 
sés, il dut renoncera cette tentative. Coligny, qui ne dés- 
espérait jamais de la fortune , rassembla les débris de son 
armée ^ et les cantonna en Normandie. Il y fut déclaré gé- 
néral en chef des huguenots, en l'absence du prince de 
Condé. Après avoir envoyé le ooanétable, son prisonnier, 
à Orléans, Il pHt le Puiset, et poursuivit, jusqu'à Frére- 
val, en Yendomois, nn corps de troupes catholiques, qui se 
rendait à Blois. Le 9 janvier 1 563, il prit la viHede Selles 
on Berfi ; s*empara de Targenterie des églises , et la fit fon« 
dre pour payer les Allemands qui servaient dans son armée. 
Il s*empara de Saint-Aigtian , de Montrichard^ de Jargeau 
et de SnUy. Le duc de Guise , poursuivant ses succès après 



(1) Le maïëbhal de Saint-André avait été tué dans cette journée, et 
le duc de H eter» bltttfé tnortellement. 



DES GÉKElJiÇX FRAffÇjaS; SqI 

la bataille de Dreux, vint agsiéger Orléans ^ le 5 février; 
mais, au momeot de donner Tassaut à cette place, il fut as- 
saiisiné dans son eamp, d'un coup de piatolet, par Poliroi 
de Méré (i). Coligny marcha en Normandie; fut repouâ- 
8é a!^ec perte deirant Évrenx; prit la. ville, de Saint-Pierre 
sur Dive , qu'y pilla ; s*enipara de Pont-<rÉvéque ; assiégea , 
le 1*' mars, le cblteau de Caen , qui se rendit le a, et s^as- 
sura, par des détachements, de Saint-^è, d*Avranches, 
d*tionfleur et de plusieurs autres places. Après avoir con- 
féré le commandement de la province au comte de Mont» 
gommery , il partît de Caen , le i4 mars ; mit à contribu- 
tion Falaise et Argentan , dont il donna le commandement 
au sieur de Lorges; s^empara de Sëes et de Mortagne, et 
regagna Orléans- La mort du duc de Guise amena un nou- 
vel édit de pacification , qui fat publié, le a5 mars i565, 
et Coligny se relira idors dans sa terre de Chatillon (a). 
Profitant de la paix, Gatheaîne de MédicÎK se rendit à Rayon- 
ne avec son fils, Charles IX, y eut une entrevue avec le 
duc d*Albe; et, s*étaut assurée des dispositions de TEspagne, 
elle fit de nouvelles levées de troupes. Ces dispositions hos- 
tiles iuquiétèrent les {protestants , qui se mirent; sur leurs 
gardes. Ils reprirent les armes, au mois de septembre 1667; 
mais , pour éviter de mériter le nom de rebelles, et préve- 
nir en même temps Tefiet des conseils des Guises sur Tes* 
prit du jeune roi Charie^ IX, ils résolwvent d'enlever .ce 
prince pendant sa marche de Meaux à Paris. CoUgay, qt»l 
aoconi^iagaaitleprincedeCondédanstouiteisesexpéditions, 
commanda sous lui dans cette tentative, que la fermeté des 



. ■ " I I p i ■ n in ■ , I .1 ■ I I I I I 

(i) Ce Poltrot de Méré accusa l'amiral de Coligny de lui aroir con- 
seiHé le meurtre du dac de ^aisc. Cûlîgoy s'en dëfcDdit mal ; mai» la 
connaissance que Ton « de son carbétère semMe repousser cette odieuse 
acouaatîoii. 

(a) En apprenant que la paix avait été signée k Amboise, le 17 mars, 
Coligny fut outré décolère : c Gc trait de plume, dit-il , ruine plus d'ëgli* 
• ses que les forces enneoues n'ep auraient abattu en dix ans. * Il -fit piê- 
me à cet égard de vifs reproches au prince de Gondé. 



392 DTCnONNATRE HISTORIQUE 

Suisses fit échouer. Après celle Uvée de bouclier, lamproies' 
tauts ne pouvant plus reculer. Colij|;ny marchd avec eux à la 
prise de Montreau, de La^çny, i\v St.-Denys, du Bourg»'! et du 
pont de Charenton, et à rattai)uedt*s faubourgs de Paris. 
Ala bataille de Saint- Déiiys, le 10 novembre;, Genliset Tar- 
des commencèrent Tatlaque avec Vm\f g^iuche des protes- 
tants; ceux-ci étaient sur le point d'être enveloppés par l'ar- 
mée royale, lorsque Coligny, précédé de «>es anpiebnsiersy 
fondit sur la cavalerie des catholiques qui ne put sou- 
tenir ce choc : une p' rtie fut culbutée . et l'autre repoussée 
jusqu'à la Chapelle. Coli^ny, emporté par son cheval , 
failli être pris près de Paris, et ne put rejoindre son ar- 
mée que pour assister à sa retraite , qu'il Ht exécuter en 
bon ordre (1). Le prince de Condé et CoH^ny, s'étant 
remis en bataille , le lendemain , brûlèrent la Chapelle 
et quelques moulins dans les 'environs de Paris. CoUgny 
feignit d'attaquer Sens 9 pour donner le temps à son ar- 
mée de passer la Seine : le suecès réponrlit à son «lessein. 
Il attaqua Bray, qui tint peu; s'empara de Nog;ent- sur-Seine; 
et commanda l'avant-garde dans la marche en Lorraine. 
L'armée protestante, après avoir joint, lei 1 janvier i568, le 
secours que lui amenait Casimir, comte palatin du Rhin, ar- 
riva devant Chartres, le 24 février. Pendant le siège decette 
place, la Valette, mestre-de-camp> général de la cavalerie 
catholique, se portait Houdan pour surprendre les quar- 
tiers les plus éloignés de l'armée protestante, et intercepter 
les convois. Coligny, instruit de ce dessein, marcha contre la 
Valette; lui tua beaucoup de monde; fit des prisonniers; prit 
4 drapeaux, ainsi que tout le bagage, et re\int au camp. La 
paix conclue, le 25 mars i568, et enregistrée le 27, apaisa 
momentanément les troubles, et Coligny se retira dans ses 
terres. La guerre ayant recommencé avec plus d'animosité 
que jamais, au mois de septembre suivant, Coligny s'em- 
para de Niort et de Mesle, dont les gouverneurs se rendi- 



(1) Cette bataille ne dura que trois quarts d'heure, et chaque parti 
•'en attribua le gain. 



■ b 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. SqS 

rent à la vue de 5 pièces de canon. Il soumit le Poitou , TAu- 
nis, la Saintonge et rAogoumois. Il marcha à 8ausay, le 
17 novembre, mit en fuite 600 cavaliers catholiques qui f 
étaient, et prit leurs équipages. Le 199 il attaqua le régi- 
ment de Brissac dans Ausence, lui tua 200 hommes, et con- 
traignit le reste à se retirer dans le château, où il le^ aurait 
forcés s'ils n'eussent pas été secourus. Il tenta, au mois de 
décembre, de surprendre le quartier du duc d* Anjou (de- 
puis Henri III), qui commandait l'armée royale; mais il 
fut repoussé. Au mois de février 1669, le duc d'Anjou s'étant 
emparéde Jarnac,Colignyreprîtcette place ,etfitfairelesiége 
du château par Briquemaut , qui l'emporta en peu de jours. 
Le i3 mars suivant, il combattit à la bataille de Jarnac que 
les huguenots perdirent, et dans laquelle le prince de Con- 
dé fut tué. Coliguy se retira , le même jour, à Saînt-Jean- 
d'Angély, avec les débris de Tarmée protestante. Il se rendît 
ensuite à Cognac près de Jeanne d'Albret, mère dif prince 
du Béaru (depuis Henri lY). Ce jeune prince, âgé satulement 
de 16 ans, fut alors déclaré commandant-général des trou- 
pes protestantes; et Coligny eut sous lui le commandement 
de l'armée (1). L'amiral, ayant fait ses dispositions pour 
favoriser la jonction des troupes calvinistes avec celles 
du duc de Deux «Ponts, joignit, le 25 juin, les Alle- 
mands, qui étaient alors sous les ordres de Yolrâd, comté 
de Mansfeld(le duc de Deux-Ponts était mort après la prise 
de la Charité). Coligny battit , le a5 juin , àla Roche Abeille, 
2 régiments de l'armée catholique, que cet événement força 
de se retirer , quoiqu'ils n'eussent perdu que 4^^ hom- 



(1) Voltaire, dans sa Henriade, fait dire à Henri IV : 

« Le ciel , qui de mes ans protégeait la faiblesse, 
• Toujours à des héros confia ma jeunesse; 
^Coligny, de Gondé le digne successeur, 
» De moi , dé mon parti devint le défenseur : 
» Je lui dois tout. ...... 

IV. T)© 



394 DICTIONNAIRE HISTORIQITI 

mes (i). Il secourut Niort par un détachement , en fit \ewer 
le siège au comte du Lude; s'empara de Brantôme, Châ- 
teau- TÉvéque , la Chapelle, Confolens, Chabaunais, Saiat- 
GenaiSyTivierSySaiot-SulpiceyNontronjCoutrayy Sausay, 
Yivoniie, Auriac, Chàlellerault et Lusignan, et mit le 
siège devant Poitiers » qu*iL investit le 24 juillet. Cette 
place fut attaquée vivement, et défen4ue avec le plus 
grand courage : Coiigny y donna plusieurs assauts, où il fut 
repoussé. Le duc d'Anjou ayant assiégé Chàtelierault, place 
très- importante pour les huguenots, et dans laquelle se trou* 
valent plusieurs de leurs principaux officiers qui étaient ma- 
lades, Coiigny leva le siège de Poitiers , le 7 septembre , mar- 
cha au secours de C batelier ault, et y fit entrer 400 arque- 
busiers, ce qui obligea le duc d*Anjou d'en lever le siège. 
Coiigny fut déclaré , par arrêt du parlement du 1 3 du mê- 
me nvoîs , criminel de lèse majesté , et comme tel privé de 
ses dignités, charges et honneurs. Le même arrêt déclara 
heseufayts déchus de noblesse. On nomma à sa charge d'a- 
miral, le a8; et, le même jour, on rendit un second arrêt 
qui assignait 5o,ooo écus de récompense à celui qui le tue- 
rait. Trompé par les coureurs qu'il avait envoyés pour re- 
connatijre la position de L'armée catholique, et qui lui rap- 
portèrent qu'elle ne paraissait pas, il dirigea la marche de 
sou armée \erslMlontcontour; mais son arrière- garde, corn 
mandée par Mouy, fut jointe, le 1*' octobre, à Satot-Clair, 
par l'armée catholique, et mise en déroule. Coiigny con- 
tinua cependant de marcher vers Moutcon tour avec l'avant- 
garde et le centre , sans qu'on pût l'entamer. Avec un fort 
détachement de cavalerie , il alla aux catholiques, les char- 
gea avec vigueur, les enfonça, les mit en déroute, prit 2 
drapeaux, tua une partie de ceux qui lui étaient opposés, 
et obligea le reste de se sauver. Ayant été repoussé à son tour, 
par le duc de Montpensier, Coiigny posta des arquebusiers 



(1) Daos ce combat de la Roche- Abeille, Goligoy sauva la vie à Strox- 
zi , nouveau colonel de Tinfanterie françaûte , qui avait été obligé de se 
rendre, et qui courait risque d'être massacre. 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. SqS. 

sur tous les passades, assura sa retraite , et tint ferme jus- 
qu'à ia nuit, qui fit cesser le combat : il arriva à Montcon- 
tour , le 2 octobre. Le lendemain , Taction commença par 
la défaite des volontaires huguenots, dont le duc de Mont- 
pensier tailla en pièces une partie 9 et mît le reste en dé- 
route. Coligny marcha alors avec 5 régiments d'arquebu- 
siers, s'avança dans la mêlée, attaqua l'avant-garde catho- 
lique, et la fit plier plusieurs fois. Rencontré par le comte 
Rhingrave^ ils se battirent à coups de pistolet. Dans ce com- 
bat , Coligny fut blessé au visage d*un coup de balle qui 
lui fit sauter quatre dents. Il tua de sa main le comte Rhin- 
grave; mais il eût été enveloppé par les catholiques, si 
Mansfeld ne fut venu le dégager. Cependant sa blessure 
le contraignit de se retirer, et Parmée protestante fut 
entièrement défaite. Elle se retira en bon ordre, au 
moyen de la précaution que Coligny avait prise à Tavance 
de s^assurer de tous les passages, et arriva à Parthenay, 
d*où, après s'être reposée quelques heures, elle continua 
sa route jusqu'à Niort. Coligny laissa dans cette dernière 
ville, ainsi qu'à Saint-Jean-d'Angély, de fortes garnisons , 
puis se rendit à la Rochelle. Leduc d'Anjou prit Niort, Par- 
thenay, Saint-Maixent , Fontenay, ChâtetlerauU , Lusignan, 
et arriva, le 16 octobre, devant 8aint-Jean>d'Angély, qui 
ne se rendit que le 2 décembre. Coligny, avec les débris de 
son armée, partit de la Rochelle; arriva, le 25 octobre, à 
Argental; traversa l'Auvergne, le Rouergue, leQuercy; se 
rendit à Montauban ; s'empara d'Aiguillon , le a8 novembre» 
et du port Sainte-Marie, le 29. Les princes, avec le reste 
de l'armée protestante , l'y joignirent, le 10 décembre, et y 
restèrent jusqu'au 'j5. Coligny fit faire un pont sur la Ga- 
ronne, et envoya un parti considérable ravager la Gasco- 
gne. L'armée calviniste partit de Valence, en AgénOis , le 19 
janvier 1 5yo ; passa le Tarn à Lisac ; campa , le 22 , à la bas- 
tide de Saint -Sernin; ravagea tous les environs de celte 
ville, et y commit des excès qui font horreur à l'humanité. 
Elle décampa le 5i, et gagna le Lauraguais. Coligny fit as- 
siéger Montastruc; prit Caraman d'assaut; passa les habi- 
tants au fil de l'épée , et brûla la ville. Il échoua devant Saint- 



396 DICTIONNAIRE HISTORIQIIE 

Félix; prit et brûla Lasbordes, €ucet Auriac. GarcassonDe 
ouvrit ses portes le i**^ mars. Il sVmpara, le i4i de Conques et 
de Villalier; tira des contributions de tous les environs du 
diocèse de Narbonne, ainsi que du pays de Sault et des 
frontières d*£spagne; prit Servian, le 22, etCazoulz, le 34* Il 
arriva, à la fin de mars, près iHontpellier; saccagea Pignan, 
le a avril; et brûla le Grès, le Terrait et Monlferrier. Il 
fit le siège de Lunel; qn*il leva, le 9, après avoir perdu 5oo 
hommes. Il le tenta une seconde fois; et fut encore re- 
poussé, avec perte de 700 hommes tués, non compris les 
blessés. Il ne put prendre Aimargues; mai^ il en brûla les 
environs. Il marcha à Nîmes; prit d*emblée, le 16 avril, 
Margueritte et Besousse, et enleva d'assaut Saint -Privas. 
Gastillon , Saint-Hilaire , Thesiers, se rendirent à discrétion. 
Il se saisit d*Aubenas; prit par escalade Saint-Julien et Saint- 
Juste-d*Ardèche; et se saisit de Sainl-Aiontant, le 5 mai. 
Il mit le siège devant Montelimart; y perdit d'abord une 
partie de son artillerie; la reprit ensuite après un combat 
opiniâtre, et leva le siège , le 10 mai , avec perte de 400 hom- 
mes. Après avoir oampé à la Youtte, il en partit le aa ; joi- 
gnit le reste de Tannée dans le Vélay; arriva à Saint-Ëtienne- 
en-Forez, le 26; continua sa route pour la Bourgogne; ne 
put prendre Glugny; et se rendit à Arnay-le-Dnc, dont il 
s*empara le 26 juin. L*armée royale, commandée par le 
maréchal de Gossé, ayant marché au-devant des protes- 
tants, les deux armées se rencontrèrent à Arnaj-le-Duc, 
n'étant séparées que par un ruisseau : celle du roi était 
composée de 12,000 hommes avec la pièces de canon. Go- 
ligny, qui n'avait que 25oo arquebusiers et aoo chevaux 
sans artillerie, prit une position très-avantageuse sur une 
colline coupée par plusieurs vallons, et au pied de laquelle 
était un étang dont les eaux servaient à un moulin. Près 
d'Arnay-le-Duc, se trouvait un autre moulin. Goligny plaça 
dans chacun de ces deux postes 400 arquebusiers pour les 
défendre. Le maréchal de Gossé attaqua Goliguy le a^. 
Les catholiques , après un combat de six ou sept heures, 
ne purent forcer ni le passage du ruisseau, ni les postes 
de Tétaog et du moulin. Ils furent repoussés de même 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 397 

au centre y perdirent beaucoup de monde, et se retirèrent 
en désordre: la nuit fit cesser le combat (i). Le 28, les deux 
armées restèrent en bataille dans les mêmes postes ; mais il 
n*y eut point de combat, et Goligny se retira, en quatre 
marches, à la Charité. Il pensa alors à la paix, et envoya, 
au nom des princes de Navarre et de Gondé , des députés 
à la cour. Une trêve fut conclue, du 14 au a4 juillet; et, 
lorsqu'elle fut expirée, Goligny vint camper à sa terre de 
Ghâtillon-sur-Loing. La paix ayant été signée à 8aiiit- 
Germain-en-Laye , le 8 août, et registrée au parlement , le 
1 1, Goligny se retira à la Rochelle. Les conditions de cette 
paix étaient si avantageuses aux protestants que leurs chefs 
en conçurent quelques soupçons; mais, pour faire cesser 
ces craintes, la cour ne se contenta pas de négocier le ma- 
riage du roi de Navarre avec Marguerite de Valois, sœur du 
roi : elle parla de donner à Goligny le commandement d'une 
armée qui , disait- on , devait marcher en Flandre. Rassuré 
par ces dispositions, Goligny vint à Paris, et y reçut de la 
reine-mère et du roi un accueil des plus flatteurs : « Je vous 
ti tiens ^ lui dit le toi^.et vous ne nous quitterez pas quand vous 
1^ voudrez » (2); puis il ajouta : « F'oici le jour le plus lieu- 
Tftreux de ma vie, 9 (5). Goligny assista, en 1672, à l£^ cé- 
rémonie du mariage du roi de Navarre (4). Au milieu des 
fêtes qui eurent lieu à cette occasion , l'amiral s'occu- 
pait sans relâche des préparatifs pour la guerre de Flandre, 
et chaque jour il en conférait avec le roi. Sortant du con- 
seil, le 22 août de la même année, Maurevel, surnommé 



(1) Henri IV aimait ^ se rappeler cette joarnée, et disait à cette oc- 
casion : « Mes premiers exploits d'armes ont élé a Arnay-Ie-Duc. • 

(a) On trouvera dans ces paroles du roi quelque chose de prophétique, 
si on les rattache aux massacres de la Saint-Barthélémy. 

(3) Ces témoignages d'affection de la part du roi n'inspirèrent pas 
une égale confiance à tous les protestants. Un gentilhomme attaché 
à l'amiral lui demanda son congé. «Pourquoi donc»? dît Goligny. — 
« Parce qu'on vous fait trop de caresses ■ , répondit le gentilhomme. 

(4) £n voyant suspendus aux voûtes de la cathédrale les drapeaux pris 
sur lui aux batailles de Jarnac et de Mootcontour, Goligny dit à Dam- 
ville : « Bientôt ils seront remplacés par d'autres plus agréables à des 
>yeux français.» 



398 DICTIOtCNAIRE HISTORIQUE 

le tiieur de rois, lui tira, par une fenêtre couverte d^un ri- 
deau , un coqp d*arquebuse , dont les balle» lui firent une 
grande blessure au bras gauche et lui coupèrent Pindex de 
Jamain droite (1). Effrayés de cet événement, les amis de 
Goligny voulurent le transporter hors de Paris ; mais Tami- 
ral n'y consentir point , disant : « Qu'il en serait tout ce qu'il 
t plairait à Dieu , puisqu'il était résigné à sa volonté». Char- 
les IX alla le visiter , et eut avec lui une longue conféren- 
ccf (a). Coligny ayant demandé une garde au roi, on mit 
dans sa maison des Suisses qui faisaient partie de la garde 
du roi de Navarre. Cette déférence contribua encore à ras- 
surer Famiral. Cependant, dans la nuit du 23 au a4 £toût, 
)our de la Saint-Barthélémy, la maison de Coligny (3) est 
entourée , on en fait ouvrir les portes au nom du roi, et 
celui qui en remet les clefs est poignardé sur-le-champ. Les 
Suisses de la garde navarroise, surpris et effrayés, fuient 
et se cachent : une partie est égorgée. Alors trois colonels 
des troupes françaises, accompagnés de Pe^ri/cc^', siénnois, 
et de fiéme, allemand, montent précipitamment l'escalier 
avec les soldats qui leur servent d*cscorte, enfoncent la 
porte de l'appartement de Coligny, et s'écrient tous ensem- 
ble d'une voix terrible : A mort! à mort! Au bruit qu'il avait 
entendu, Coligny, jugeant qu'on en voulait à sa vie, s'était 



(1) Cet assassin, aposté par Ica Guise'* , 8*était caché dan§ une maison 
devant laquelle l'amiral passait tous les jours pour se rendre chez iuieo 
sortant du Louvre. 

(2) « Mon frère, lui dit le roi, comptez que je vous regarde toujours 

• comme un fidèle sujet et comme un des plus braves généraux de mon 

• royaume. Reposez vous sur moi du soin de i'airc observer mes ëdits, et 
»de vous venger, dès qu'on aura riëcouvert l.'s coupables. • — « Ils ne 

• sont pas difficiles à trouver, reprit Goligny; les indices ^ont assez clairs.» 
— «Tranquillisez- vous, répliqua le roi, une plus longue (-motion pourrait 

• nuire à votre blessure. » £n achevant ces mots, Gbarles IX alla du côté 
de la porte, demanda à voir la halle qu'on avait retirée de la blessure, et 
se fit raconter les circonstances du pansement; puis, après quelques si- 
gnes d'attendrissement et d'intérêt pour le malade, il sortit. (Histoire 
de France far Anqueiii , tom^ F^ fo^Q- 228.) 

(3) Ëltc était située rue de Béthizy, dans la portion qui fait aujour- 
d'hui partie de la rue des Fossés-Saint-Germain-rAuxerrois. 






DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 5gQ 

levé; et, appuyé contre la muraille , il y faisait sa prière, 
lorsque Berne, Tapercevant le premier, lui dit, en lui pré- 
sentant la pointe de son épée : a £$t- ce toi qui es Colîguy? 
A — C'est moi même, répond Tamiral d'un air tranquiU^.- 
> Jeune homme, ajoute-t-il, tu devrais respecter mes che- 
»veux blancs». Pour toute réponse, le farouche Berne lui 
plonge son épée dans le corps, la retire fumante-et s'en sert 
pour couper la figure de Colîghy : Tamiral tombe baigné 
dans son sang(i) (2). Un arrêt du parlement, daté du 27 
septembre suivant , déclara Coligny crhninel de lèse-ma- 
jesté , sa mémoire infâme, son nom aboli à famais , ses biens 
confisqués, et ses enfants roturiers et inhabiles à jamaispos- 
sédei* aucune charge (5>. Sous le règne de Henri Ili , la mé-. 



(1) Après cet horrible assassiaat, Bême, se mettant à la fenêtre, s'é^ 
crie : c C'en est fait • ! — « M. d'AngooIéme ne veut pas 1% croire qu'il 
i> ne le voie > , répond le duc de Guise, qui avait voulu présider à ce foi^ 
fait. Le corps de Coligny fut alors jeté par les fenêtres , foulé aux pieds et 
livré à la populace , qui le mit en pièces. Les restes du malheureux Coli- 
gny furent pendus au gibet de Montfaucon , où Hhartes IX alla les voir, 
répétant, dit-on, le mot de Vîtellius : • Que le corps d'un ennemi mort 
» n*a rien d'horriblp , et ne sent pas mauvais. » Des serviteurs fidèles en- 
levèrent, au péril de leur vie, le corps de GoKgny, et le transportèrent 
à ChâtiUon, où il fut enterré. M. de Montesquiou l'a fait placer, en 1786, 
dans un mausolée élevé au milieu de son jardin anglais, en sa terre de 
fliaupertnis. 

(a) Le même arrêt ordonna une procession solennelle tous les ans le 
jour de la Saint-Barthélémy, pour remercier Dieu d'avoir en ee jonr pré- 
servé le royaume des mauvais desseins des hérétiques* 

(3) 

a Du plus grand des héros tel fut le triste sort; 
» On l'accable , on l'outrage encore après sa mort. 

• Son corps , percé de coup», privé de sépulture , 
» Des oiseaux dévorant» fut l'indigne pâture , 

i> Et l'on porta sa tête aux pieds de Médicis , 
» Conquête digne d'elle et digne de son fils. 
» (Médicis la reçut avec indifférence , 
» Sans paraître jouir du fruit de sa vengeance , 

• Sans remords, sans plaisir, maitreiac de ses sens, 
» Et comme accoutumée à de pareils présens. • 

(VouTAïAB, HênriatU.) 



/ 



4oO DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

moîre de Goligny fut réhabilitée deux fois : i** par Tédit de 
pacification, du mois de mai 16769 et a* par lettres- paten- 
tes données à iMalesherbes, le 10 juin iSgg. Coligny eut les 
qualités les plus nécessaires à un grand homme de guerre 
et à nn chef de parti, la fermeté et le talent de la persua- 
sion, filalheureux dans presque toutes ses entreprises , il fut 
toujours supérieur aux coups du sort et semblait comman- 
der à la fortune. Lorsque ses troupes^ battues , dispersées 
et découragées, étaient prêtes à fuir ou à déserter, son air 
tranquille et serein les rassurait; et, à voir la hardiesse de 
ses projets, il n*y avait personne qui ne lui crût des res- 
sources secrètes , capables de réparer les plus grands désas- 
tres. Son discours était noble, pur et énergique; ses mœurs 
étaient irréprochables, et même sévères; il était bon mari, 
bon père , mais ennenii'sombre : le plus laborieux des hom- 
mes, (l^ln secret impénétrable, jouissant d*un grand crédit 
parmi le^siens et d*une hante réputation à Tétranger. On 
regrettera toujours qu'il n'ait employé tant de talents que 
contre son prince et sa patrie. (Citron, milit,, t. III, p, 55a; 
Brantôme , la Popeiimère, d'Aubigné, Davila , Histoire du 
Languedoc, Dupleix, Mémoires de Castelnau, le Père Da* 
niel, nouvelle édition; de Thou, le président Hénaut^ His" 
toire des Grands ^ Officiers de la Couronne, Histoire de 
France , par Anquttil , Paris y 1819 , m 8*, tom, IV et V; 
Biographie universelle , ancienne et moderne , tom, IV, pag, 
24'>; Dictionnaire universel, par Chaudon et Delandine, 
tom, IV , pag, 576; Abrégé clironologique de l'Histoire de 
France y par C/iantreau,) 

DB COLIGNY (François), comte de Cliâtillon, comman- 
dant d*armée, filsrdu précédent, naquit le 28 avril i557. 
Ayant eu le bonheur d^éc.happer aux massacres de la Saint- 
Barthélémy, en 1672 , il se retira à Genève , et de là à Bâle, 
où il séjourna deux ans. En iS^S, il rentra en France et se 
joignit, en Languedoc, au parti des mécontentsqni avaient 
à leur tête le duc d'Alençon. Daniville ayant assiégé Mont- 
pellier, en 1577, Chatillon défendit celte place pendant tout 
le mois de juillet ^ -chassa les catholiques et sortit de la 



DES GÉHÉBAUX FRANÇAIS. 4'^1 

ville, à la fin du même mois, pour aller cberchcr du se- 
cours et lies vivres. Il lev:i dana lesCcveunes une armée qtii 
se trouva eu présence de celle du roi, le s5 septembre ;Cha- 
tîllon eonduisait alors l'avant-garde de celle des calvinistes. 
On ne battit le lendemain , et les troupes du maréchal de 
Damvitle commençaient à faiblir, lorsque la nuit viul sé- 
parer les combattants. Les deux partis se disposaient à un 
second combat, le i" octobre, lorsque l'on présenta aux 
géni'raus l'édil de pacification du mois de septembre : dès 
lors toutes les bostilités cessèrent. Après la publicalion de 
cet édit, Cbatillon fui déclaré par le roi, et sur la nonti- 
uation du roi de Navarre , gouverneur de Montpellier pour 
sis ans. L'édit n'étant point observé, les hostilités recom- 
mencèrent, au mois de janvier i5yS. Chalilloii s'empara 
de Sèrigiiac, proche Beaueaïre; mais il abandonna cette 
place, qu'il ne pouvait conserver. Il utiaqua Bessousses 
au diocèse deNïn)eSi et emporta cette place, après un 
assaut qui dura quatre heures. En i58o , la garnison de 
Mîmes s'élanl plainte à Chalilloii des courses que faisaient 
les catholiques de la Calmette, Chalillon assiégea celte 
dernière ville , et la prit eu trois jours. Informé que le con- 
nétable de Honlmiirency se préparait, au mois d'aoûl, à 
donner l'assaut à Villemagne, Chatillon parut devant cet- 
te place; et, après des escarmuucbes qui durèrent tout le 
jour, Montmorency fut obligé de se retirer. Chntillon. tou- 
jours attaché au parti du roi de Navarre, et voulant l'entière 
exécution de l'édil donné à Nemours, le 7 juillet i%65, s'u- 
nit contre les lis:ueurs avec le duc de Montmorency, qui 
le fit son lieulenanl général en i^iigtiedoc, pnrleltresdu 
30 septembre de la même année. Chatillon , ayant pris la 
résolution de surprendre le Puy-en-Velay , arriva devant 
cette place, dans la nuit du 4 décembre, et lit de suite 
jouer le pétard h une des portes et au pont-levis; mais 
celte tentative échoua, et il se relira. H en fit une autre 
sur le château de fulignac, dont il se rendit maitre; apt-ès 
quoi , il alla rejoindre le duc de ïlonlmorency. Le duc «le 
JoyeuKe, qui commandait l'armée delà ligue, se dirigeant 
vers l'Albigeois* au mois de novembre i586, Chatillon le 




4o2 DICTIONNAIRE UISTOBIQUE 

harcela dans sa marche ; surprît dans un village une com- 
pagnie de cavalerie de son armée , en pilla les équipages, 
et emmena loo chevaux, après avoir lue ou fait prison- 
niers les cavaliers. Celte même année , le roi de Navarre 
nomma Chatillon colonel-général de son infanterie. Les 
Allemands et les Suisses qui venaient au secours du roi, 
ayant passé le Rhin , au mois d*août 1587, Chatillon les îoi- 
gnit en septembre suivant , après avoir traversé, avec aooo 
hommes qu'il conduisait, le Languedoc, le Dauphiné, la 
Bresse et la Franche- Comté. Dans celte marche ^ il fut ex- 
posé à mille dangers; mais il parvint à éviter les embus- 
cades qu'on lui avait dressées de tous côtés. Les Allemands 
continuèrent leur marche, et vinrent passer la Seine au- 
dessus de Chatillon. Il y eut là une vive escarmouche en- 
tre les troupes de la garnison et celles que comman- 
dait Coliguy, qui eut Tavantage sur les c«'ilholiques. Par 
suite d'une intelligence pratiquée avec le commandant 
du château de Montargis, on se décida à escalader cette 
place; mais le commandant trahissait; et Chat il! on, qui 
déjà était mon lé à l'échelle, faillit périr. Dans cette esca- 
lade , 60 hommes furent tués, partie par une mine qui fit 
sauter le pont , et partie par la canonnade et la mousque- 
tade tirées de dessus les remparts. Chatillon prit Château- 
Landon , que les Allemands pillèrent. Il s'approcha ensuite 
de Chartres, au mois de novembre. Vers ce temps, les 
reitres qui servaient dans l'armée du roi ayant demandé à 
se retirer, le roi y consentit, sous la condition qu'ils ren- 
draient leurs drapeaux. Chatillon saisit cette occasion pour 
engager une partie de ces étrangers à le suivre en Yiva- 
rais; mais ils furent sourds à ses propositions, et prirent 
niéme la résolution de l'arrêter. Chatillon, après avoir mis 
en sûreté le prince de Conti , qu'il cacha dans le château 
d'un gentilhomme, détlara aux reitres qu'il n'était point 
d'humeur de se rendre, et que, pour conserver son hon- 
neur, il allait faire sa retraite au péril de sa vie. £n effet, 
accompagné seulement de 1 20 hommes de cavalerie légè- 
re, et de i5o arquebusiers à cheval , il met l'épée à la 
main ; la fait mettre à sa troupe; marcbe fièrement aux es- 



-* 



1>£S GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 4^^ 

cadrons qui avaient commencé à i*entourer, leur ordonne 
de lui fouvrir le passage , et leur impose tellement par cette 
démarche hardie quMl les force de lui obéir. Il gagna 
ensuite le Vivaraîs» malgré la poursuite d'un détache- 
ment de Tarmée catholique 9 contre lequel 9 pendant 
cinq jours, il tourna tête plusieurs fois 9 et qui ne put 
Tenvelopper. En janvier i588, il assiégea et prit par com- 
position la ville de Bellegarde au diocèse de Béziers. 11 
chassa, en mai suivant, les ligueurs qui occupaient Sainte-^ 
Anastasie au diocèse d*l3zès (1). Il prit GoUias, Remou- 
lins, Saint-Alari, Treipue, Dousan, Marguerittes, et quel- 
ques autres châteaux près de Ntmes. Le comte de Gha- 
tillon se trouvait auprès du roi de Navarre, lorsque, le 8 
mai 1689, les ligueurs insultèrent le faubourg de Tours, 
où le roi Henri III était enfermé. Dès que le roi de Navar-^ 
re apprit le danger du roi de France, il détacha Ghatillon 
avec plusieurs autres seigneurs, pour Taller secourir. Gha-^ 
tilloti , après avoir essuyé à découvert, et dans un espace de 
3oo pas, le feu des lignes ennemies, passe le pont, accourt 
au lieu du combat , suivi de 5oo hommes d*élite , et atta- 
que les ligueurs avec tant de furie , qu'il arrête tous leurs 
efforts : la défense du pont lui fut confiée pendant la nuit. 
Le 18 du même mois, Ghatillon partit de Baugency, par 
ordre du roi de Navarre , pour faire une entreprise sut* 
Ghartres : il était accompagné par 3oo chevaux et 400 
arquebusiers. Il rencontra, entre Bonneval et Ghartres, 
3ob cavaliers choisis dans l'élite de la noblesse de Picardie, 
et 900 arquebusiers qui, sous ia conduite de Saveuse, al- 
laient joindre he duc de Mayenne. Le combat s'engagea et 
fut sanglant ; mais la victoire demeura an comte de Gha- 
tillon. Dès le commencement de cette action , Ghatillon , 
ayant été renversé de son cheval , continua de combattre 
à pied, et fut blessé ; 1 20 gentilshommes de Picardie y per- 
dirent la vie , et 40 furent faits prisonniers : Saveuse fut 



(i) Le TÎcomte de Tureaoe commandait alors avec le comte de Gha- 
tillon. 



4o4 BICTIONirAniE HISTORIQUE 

du nombre de ces derniers. Chalillon porta lui-même au 
roi, àChatelleraiilt, la nouvelle de cette victoire, et lui pré- 
senta a cornettes qu'il avait prises. A la journée d^Arqucs, 
le ai septembre, Henri IV confît à Chatillon la garde du 
faubourg de Dieppe , appelé le Pulet. Chatillon y fît une 
résistance si vigoureuse, qu*il contraignit les ligueurs de se 
retirer. Dans cette même journée, le roi, emporté par Tar- 
dcur du combat, s'était engagé entre deux corps considé- 
rables de cavalerie, et courait le plus grand danger. Se 
voyant presque investi , il s'écria d'un ton de désespoir : 
« Eh quoi I il n'y aura pas dans toute la France 5o gentils» 
» hommes qui aient assez de résolution pour mourir avec 
»leur roi? ». — « Courage ! sire, lui cria le comte de Cha- 
• tillon, nous voici prêts à mourir avec^ous. » En disant 
ces mots, Chalillon charge les escadrons opposés, et déga- 
ge le roi. Henri IV, étant parvenu à la couronne de Fran- 
ce, se démit de l'amirauté de Guienne, et la donna au 
comte de Chatillon, par provisions du 17 décembre. Cha- 
tillon fut nommé, le a8 janvier 1691, lieutenant-général 
commandant l'armée en Berri , Orléanais, Hurepoix, Yen- 
domois et Auxerrois , à la place du prince de Conti , qui 
allait prendre le commandement de celle de Poitou. Au 
siège de Chartres, qui eut lieu au mois de février suivant, 
Chalillon fît exécuter une galerie couverte de son inven- 
tion pour passer le fossé. Il attacha ensuite le mineur à la 
muraille, et obligea par ce moyen le gouverneur de capi- 
tuler. Le comte de Chatillon mourut dans sa terre de Cha- 
tillon-sur-Loing, en octobre 1691, des suites de la fatigue 
qu'il avait essuyée au siège de Chartres , dont la prise lui 
était en partie due. {Chronologie militaire, tom. 1 , pag» 
3()9; Davila, d'Aubigné^ Ilistoire des Suisses, Histoire de 
France du Père Daniel, le président de Tliou, Histoire des 
Grands-Officiers de la Couronne, Histoire du Languedoc, 
Histoire de France par Anquetil, toni. VI, pag. 11 et 5i ; 
Biographie universelle, ancienne et nhoderne, tom, IX, 
pag. 344.) 



DES GÉNiBAUX FBANÇAIS. i^o5 

DE COLIGNY (Charles), 'nanniis d'/tndelot, eomman-- 
dant d* armée ^ frère du pjrt-céfl<»iil, naqnit le lo décembre 
1 564* Il porta les armes en Rouergue poar le roi de Na- 
varre 9 avec le comte de ChalilloD, son frère. Au mois 
d'août 16779 ils reprirent la ville de iManguis, près de Som* 
mières, où d'Ant^lot fut laissé en garnison par son frère» 
qui allait assembler dans les Ceveiiues un corps de troupes 
pour secourir Montpellier. En i585, i586 et 1587, d^o- 
delot servit 9 en Languedoc « à la tète d*un régiment, dans 
Tarmée du duc de Montmorency, et eut part à presque tou- 
tes les expéditions particulières du comte de Gbatillon, son 
frère. Il fut créé, vers 16969 gentilhomme ordinaire de la 
chambre du roi, auquel il fut touiours attaché. On le nom- 
ma maréchal-de-camp, en 1698 , et gouverneur de Lan- 
grès, sur la démission de Blerencourt, par provisions du 
8 avril 160). Il fut fait capitaine de 3o lances au titre de 
5o (1), par provisions du ao du même mois, et obtînt la 
lieutenance de roi au gouvernement de Langres et'ressort» 
et aux bailliages de Bassigny et de Vitry, par autres provisions 
du 21 du même mois. A la mort du sieur d'Inteville, le mar- 
quis de Chatillon fut nommé lieutenant-général en Cham- 
pagne, au département de Chaumpnt, Vitry et Saint-Di- 
zier, dans toute retendue du pays entre Saint- Dizier et 
Chaumont, à la réserve de Langres, par provisions don- 
nées k Paris, le ao janvier 1608, registrées au parlement 
de Paris, le 16 juin 1609. Il se démit de cette charge, le 
7 juillet 161 5, en faveur de son fils atné. Il eut, en quali- 
té de maréchal-de-camp, le commandement de Tarmée 
assemblée en Champagne , par pouvoir du a8 novembre 
161 5. A la tête de a5oo hommes de pied et de 600 chevaux, il 
s'empara de Yarennes et 4|| Soyeras, en Bassigny, et en 
fit démolir les fortifications. Il prit ensuite le château de 
Brienne, le 19 décembre. Il assiégea la ville de Rosoay, qui 
promit de se rendre le 1*' janvier suivant, si elle n'était 



(i) C'était aoe compagnie de 5o lances réduite i 3o, et que, fuÎTant 
l'asage de ce temps, on appelait compagnie de 5o lances, au titre de 5o. 



4o6 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

pas secourue. D'Andelot, ayant appris que M. de Luxem- 
bourg venait de Ligny au secours de Rosnay, fît rompre 
les ponts et les bacs , par où il supposait que le!; ennemis 
pourraient passer la Marne. Luxembourg passa cepen- 
dant cette rivière, malgré les précautions prises par d'An- 
delot, et vint camper, le 3i décembre ^ à deux lieues de 
Rosnay; mais d'Andelot, retranché dans son camp, y at- 
tendit son adversaire, qui se retira le i** janvier 1616. 
D'Andelot prit possession de Rosnay , et la reddition de 
cette place détermina les commandants des châteaux de 
Pougy et de Vandœuvre à recevoir les garnisons qu'il 
y envoya. Cette expédition eut encore pour résultat de 
rendre la campagtie libre, et de protéger le commerce 
de la ville deTroyes. D'Andelot*, qui jusqu'alors avait pro- 
fessé la religion protestante, s'étant fait catholique, fut 
nommé chevalier des Ordres du roi, le 3i décembre 1619. 
Il mourut le 27 janvier i63a. [Chronologie militaire, t, I, 
pag. 58o; Histoire du Languedoc ^ Histoire des Grands- 
Officiers de la Couronne y Mercure français , Gazette de 
France.) 

bB GOLIGNT (Gaspard, III* du nom) ^ duc de OiatiUony 
ynaréchal de France, fils de François de Golîguy, qui pré- 
cède , naquit le â6 juillet 1584, et porta d'abord le nom de 
tnarqUis de Chatillon. Il fut créé amiral de Guienne, â la 
knort de Henri, son frère, jpnr provisions données à Fon- 
tainebleau, le 4 octobre 1601, registrées au parlement dé 
Paris, le a4 novembre suivant. Il obtint le gouvernement 
de Montpellier, aussi à la mort de son frère, par provisions 
du même jour. Le marquis de Chatillon fit ses premières 
armes en Hollande, contre lei^spagnols. Il commalida à 
Aiguesmortés , par commission du maréchal de Montmo- 
rency, donnée à Beaucaire, le 4 décembre 1612. Il eut, en 
16149' la charge de cdlonel-général des troupes françaises 
qui servaient en Hollande. A son retour en France, il ob- 
tint le gouvernement d'Aiguesmortes, par provisions du 10 
mars 1616, et legradedemaréchal-de*camp,leméme jour. 
Mécontent du duc de Montihorency, et sous prétexte que 



DES G£N£RAUX FRANÇAIS. 4^7 

ifi duc d*Uzès avait coDtreYeim à Tédit de pacification , ie 
marquis de Glialilloii assembla un corps de troupes^ et s'as- 
sura d*Aimargucs. La guerre a) lait se rallumer ^ lorsque l'on 
parvînt, le 20 mai , à réunir les deux partis. Le roi réserva 
au marquis de Chatillon un état de maréchal de France, 
par brevet daté de Paris 5 le 6 juin 1620 (1), et ordonna que 
les appointements attachés à la dignité de maréchal lui fus- 
sent payés, à partir du i**' janvier de la même année; mais 
Chatillon n'eut point alors les honneurs de cette charge. Il 
embrassa, en 16219 la querelle des calvinistes, et s'empara 
de plusieurs places du Yivarais. 11 augmenta la gpuison de 
YilIenenve-de-Berg, au commencement du mois de mars; 
mais Montmorency détacha, le 5 , deux régiments qui in- 
vestirent cette ville, et s'y présenta lui-même 9 le 6 : les ha- 
bitants lui en remirent les clefs. Le roi ordonna, vers ce 
temps, de rétablir la paix, et de mettre bas les armes : Cha- 
tillon congédia alors son ,armée. Montmorency avait aussi 
séparé la sienne. Cependant, la ville de Vais ayant refusé de 
recevoir un régiment quMl y envoyait en quartier, Montmo- 
rency réunît ses troupes et marcha à Vais. Chatillon, de son 
côté, reprit les armes; mais, trop faible pour résister à son 
adversaire, il désarma de nouveau au mois de mars. Il en- 
leva, au mois de juillet, la ville de Marguerittes qu'il brûla, 
et se saisit de Clapier et de Grabels, le 4 août. Chatillon 
abandonna le parti des calvinistes rebelles, au mois de no- 
vembre de la même année. Le roi le créa maréchal de Fran- 
ce, par état donné à Paris, le 21 février 1622, et le dispensa, 
par lettres datées de Paris, le 18 mars, de prêter serment, 
parce qu'il servait en Languedoc. Chatillon prêta cependant 
ce serment, le ao août, et l'enregistrement de sou état de 
maréchal dé France eut lieu à la connétablie., le 24 octo- 

■ 

bre. Le duc de Rohan ayant assiégé, dans la même année 



(1) Chatillon y est qualifié de cooseilier-d'ëtat du roi ; capitaine de cent 
lionimcii d'armes des ordonnances de S. M. ; gouverBcur de Montpellier 
et d'AiguesmorteS) et colonel-général des troupes françaises entretenues 
en Iloliandc. 



4o8 BICTIONNAIBE HISTORIQUE 

162a 9 la Tour-Carbon nière et Beaucaire, Chatîllon sortit 
d'AiguesmorteH, au mois de mars; ;ttlaqna les troupes du 
duc devant la Tour- Car bon nière, les mit eu fuite, et prit 
une partie de leurs équipages. II empêcha , dans le mois 
d'avril 5 un lieutenant du duc de R: ban de se saisir des sa- 
lines de Peccais; assiégea la Tour-rAbbé, et robligea de 
capituler après deux jours de siège. Au mois d*août, il re- 
mît Aimargues sous Tobéissance du roi, et se démit du gou« 
veruernent d'Aiguesmortes. MonlpcUier se soumit au roi le 
19 octobre. Il fut nommé, en 1629, pour commander au 
siège de Bois -le- Duc, sous le prince d*Orange; arriva, le 1*' 
mai 9 devant cette place, avec 4 régiments français; enle- 
va, le 1" juin , un ouvrage des assiégés; acheva , le 19, les 
galeries destinées à passer le fossé du grand fort; se logea, 
le 17, sur la fausse braye; et attacha, le 1" septembre, la 
galerie des Français au bastion de la porte de Vucht : Bois- 
le- Duc capitula le i4> Il commanda, sous le roi , Tarmée 
de Savoie, conjointement avec les maréchaux de Créquy 
et de Bassompierre, et contribua à la prise de Montmélian, 
le 18 juin i65o. Il servit en Languedoc, avec le maréchal 
de Vitry, en i65a. Il commanda , par pouvoir du 18 février 
i635,rarmée réunie sur ies frontières de Lorraine, etqui de- 
vait agir en Flandre et en Hollande, conjointement avec le 
maréchal de Brézé. Le prince Thomas de Savoie, général de 
Tarmée espagnole , ayant voulu s'opposer à la jonction des 
troupes françaises avec celles de Hollande, les maréchaux 
de Chatillon et de Brézé défirent, à Avein, le 20 mai, le gé- 
néral espagnol, qui perdit 4000 hommes tués, 900 prison- 
niers, 99 drapeaux, la cornettes, 3 guidons, tous ses ba- 
gages et 14 pièces de canon. Le gain de cette bataille faci- 
lita la^onction qui se lit ensuite avec le prince d'Orange 1 
auquel les deux maréchaux eurent ordre d'obéir. Ils forcè- 
rent Tirlemont, le 6 juin; s'emparèrent ensuite de Diesl, et 
d'Arscot; menacèrent Bruxelles, et investirent Louvain, dont 
ils levèrent le siège, le 4 juillet, faute de vivres. Le maiéchal 
de Chatillon commanda, conjointement avec le maréchal 
deChaulnes, et par pouvoir du i"août, l'armée de Picardie, 
qui ravagea l'Artois, au mois d'octobre. Il continua de corn- 



BSS GÉNiRAUX FRANÇAIS. 4^ 

mander, en i636, avec le maréchal de Brézë, l'armée qui 
servait en Hollande. Il commanda aussi celle de la fron-^ 
tièrede Champagne» en iGS^, par pouvoir du*a5 décembre 
i636«et s'empara d*Yvoy et de Damvîlliers. Il leva une com- 
pagnie dechevau-légers, par commission du aa février i63S; 
commanda Tarmée de Flandre et d'Artois» par pouvoir du 
i5 avril; s'empara de plusieurs places; assiégea Saint-^ 
Orner, dont Piccolomini lui fit lever le siège; et fut battu, 
dans sa retraite , par le prince Thomas. Commandant Tar» 
mée qui devait secourir celle du pays d'Artois et de Luxem^ 
bourg, par pouvoir du i*^ avril lOSg, il contraignit le comte 
Piccolomini de lever le siège de liouzon, le ai juin, et re* 
prit Yvoy, sur les ennemis, le a août. Il commanda , avec 
le maréchal de Chaulnes, l'armée de Picardie et d'Artois, 
par pouvoir du a6 avril 1640; assiégea Arras, avec le ma-» 
réchal de la Meilleraye; soutint Tattaque de ses retranche- 
ments, pendant l'espace de quatre heures; repoussa les 
ennemis; eut un cheval tué sous Ini, et fut grièviemani 
blessé : Arras capitula le g ^4fAt ( 1 }• Il cooimaodd » par pou.* 
voir du 18 avril 164*9 Tarméa^de Champagne, destinée 1 
agir contre le comte de Soissons, qui s'était retiré dans JSe^ 
dan. Il livra bataille au comte de Soissons , à )a Marfée^ 
près de Sedan, le 6 juîltet, et y fut battu avant l'arrivée 4a 
maréchal de Brézé, qu'on lui avait adjoint d^s le i** du 
mois (a). Il ne servit point en t^a. Sa terre de ChatiDcm 



(1) Aiitîégcd'Arrai, «o ^eji fàn de Çoligny ajam été ^pvers^ d'-un 
coup de mousquet, le bruit courut qu'il était mort. « Il est bien heuri$bi, 
•dit le maréchal, d'être mort dans une $\ belle occasion pour le service du 
» roi. • Ce père courageui eut bientôt le plaisir de revoir son filg vivant 
et 00MV«rt d« gloire. (f^^C9 IVtiçlc biogr^phiqqe qui tait*) 

(a) Les meilleurs historiens ont rendo nor témoignage avantageai wm 
maréchal de Ghatillon tur ses manceuvres et sur <e conragf? qu^il dépl(^ 
dans cette journée; ils disent : qu'il choisit bien son champ d^ batail- 
le ; rangea bien son armée, et donna de bout ordres et de bons eiempleai 
mais que tous ses efforts ne purent prévaloir contre la mauvaise voloai» 
té det troupes qu'il commandait. L'officier était mécontent qu'oir r«te« 
ploylt contre un prince du sang qu'il estimait, et le loidal de es 
qu'on lui avait iait des retenaci sur d'ancieDAes montres (rtraes' 

IV. *a 



4lO DICTIOinfAlAE HISTORIQUE 

fut érigée en duché-^pairie , par brevet du 18 août i645. On 
le nomma pour commander Tarmée de Picardie à la place 
du duc d'Aifgonléme , par pouvoir du a5 septembre» raé- 
me année. Il y fut peu de temps ; et ayant quitté le service, 
il se retira dans son château de ChatÛlon , où il mourut le 
4 iaovier 1646. {Chronologie militaire, tom, II y pag. 447 >' 
Histoire des campagnes du maréchal de ChatUlon , insérée 
dans les manuscrits de Béthune, Journal de Bassompierre^ 
Histoire de Louis XIII y par le Père Griffet; Le Vaêsar^ 
Dupleix, Histoire du Lanf^edoc , Histoire des Grands^Offi» 
ciers de la Couronne y tom. F, pag, 861; Moréri, l'aJfbé 
Le Gendre, Gazette de France y Histoire de France,- par 
Am/uetil, tom» VI et VU; Biographie universelle, ancienne 
et moderne , tom. IX, pag. a44 9 Dictionnaire universel, 
par Chaudon et Delandine, tom. IVy pag, 679.) 

DB G0LI6NY (Gaspard, IV' du ^om)yducde ChatUlon, 
lieutenant^général , fils du précédent, naquit le 9 mai 1620, 
et fut d*abord connu sous le nom de marquis d*Andelot. Il 
servit, comme aîde-de-camp du maréchal de Chattllon, son 
père^ en 1637; ^ trouva au siège d'Yvoy, et à celui de 
Saint-Omer, levé le i5 juillet i658; et à la levée du siège 
de Mouzou , par Piocoiomini, en iGSg. Devenu mestre-de- 
camp du régiment de Beauce , à la mort du comte d'Onsain, 
et payé en cette qualité du i** juillet, il marcha , soUs le ma- 
réchal son père, à la prise dTvoy, et au siège d'Arras, en 
1640. A Taltaque des retranchements français devant celte 
pl^ce, les*ênnemis ayant assailli le fort Rantzau^ lesFran- 



de solde) j de sorte qu'après la plus faible résistance 9 toute rarmée, 
comoae de concert , se débanda. Des corps entiers de cavalerie se reti- 
lèrenty cornettes hautes et trompettes sonnantes, et l'on entendit des 
soldats qui , joignant la raillerie à la désertion , disaient en fuyant : « E% 
nvoiià fouT iewr* cinq éeus, • Le malheureui Gbatillon, après les plus 
grandes preuves de valeur , se trouvant presque seul sur le champ de 
bataille » fut obligé de rejoindre les fuyards, qui l'entraînèrent à huit 
lieues de là. (Histoire tU France far Anquetii^ tom. Vil, ftag.^i/fi 
t$ 147.) 



DES GENERAUX FRANÇAIS.- 4^* 

çais, contraints de céder au nombre 9 abandonnërenjt ce 
fort 9 après avoir soutenu trois assauts; mais le marquis 
d*Andelot, soutenu par le comte de Grancey, y rentra, après 
en avoir chassé les Espagnols; fut blessé à la main , et reçut sur 
ses armes un coup de mousquet, dont on le crut tué. Il se 
trouva à la bataille de la Marfée, le 6 juillet 1641. On le 
pourvut, du régiment de Piémont , à la mort du marquis de 
Seneçay, par commission du a4 ^^ même mois, et on in- 
corpora alors le régiment de Beauce dans celui.de Pié- 
mont. Il servit, en 164^, sous le maréchal de Grammout, 
au combat d'Honnecourt. Employé , sous M. le duc d'En- 
ghien, en 1643, il combattit à Rocroy. Il fut créé maré- 
chal-de-camp, par brevet du 27 mai de la même année; 
continua de servir, en cette qualité, à la même armée^ et 
se trouva aux sièges de Thionville et de Sierk. Il se démit, 
au mois de mars 1644» ^^ régiment de Piémont; prit, à la 
même époque, le nom de marquis de Chatillon, et se trou- 
va au siège de Gra vélines. Employé, en Allemagne, sous 
M. le duc d*Enghien , en 1645, il combattit à Nortlingue , et 
concourut à la prise de Trêves, ^a terre de Chatillon avait 
été érigée en duché-pairie, sous le nomdeColigny, par let- 
tres du 18 août 1643 ; et le roi conGrma cette érection sous 
le nom de Chatillon , par brevet du 23 février 1646. Le duo 
de Chatillon servit, sous M. le duo d*£nghien, au siège de 
Courtray , et passa en Hollande , sous le maréchal de Gram- 
mont : on méditait alors le siège d'Anvers, qui ne se 6t 
point. Il servit en Catalogne, sous le prince de Condé, en 
16479 et y commanda la cavalerie, par commission du 19 
mars : il était désigné pour commander, dans cette armée, un 
corps séparé , si le prince jugeait à propos d*en former un. Le 
duc de Chatillon se trouva au siège de Lèrida, qu'on leva 
le 17 juin. Créé Heuteuant-gèBèral des armées du roi, par 
pouvoir du 22 mars 164B, il Kervit, sous M. le prince de 
Condé , au siège d'Ypres. Il commanda le corps de bataille 
à l'affaire de Lens, et apporta à la cour la nouvelle de la 
victoire remportée dans cette journée. Employé à l'armée 
rassemblée dans les environs de Paris, en 1649 » il fut char- 
gé ^ le 8 février^ par le prince de Condé^ de l'attaque de C h^ 



4lii MCnONEtAIBE HTSTOBIQinB 

renlOD^ôùles Parisiens aTaient mis odc ferle gamltm. Les 
tfôupes royales 9 commandées par Chatillon , marchèrent à 
cette attaque avec la plus grande inl répidilé; mais, en forçant 
la dernière barricade, Chatillon reçut one biessare dont 11 
mourut à Yincennes, le lendemain 9 février i649 (')- 
(Chronologie militaire , iom. IF^y pag. 36; Gazette de Fram^ 
ce, le président Hénaut^ Histoire des Grands^Officiers de 
la Couronne , Mémoires du Père d^Avrigny , Journal hùto - 
rique de Louis XIV, par le Père Griffet; Histoire militaire 
de LeuiS'le^Grand, par le marquis de Quinçy; Biographie 
universelle j ancienne et moderne, tom. IX, pag. ^44» Bii^ 
toire de France, par Anquetil, tom. VU jpag. agi; Dic- 
tionnaire universel ^ par Chcutdon et Delandine ^ tom» IV, 
pag. 58o.) 

DE COLIGNT-D*AMDELOT (François), colonel-général 
de l'itifanterie française deçà les monts, frère de Tamlral 
de Coligny (Gaspard P'), qui précède, naquit le 18 avril 
i5'2]. Il fit ses premières armes avec ce même frère, an 
siège de Landrecies ^ en 1 545. Étant passé en Italie, en 1 544» 
il combattit à Cerisoles, le i4 avril, et s*y distingua telle- 
ment que le comte d*Engbien l*anna chevalier sur le champ 
de bataille. D*Andelot marcha ensuite au siège de Càri- 
gnaii , et contribua à la prise de la contrescarpe , qui fut 
enlevée d'assaut. Il revint en France, avec son frère, en 
1545, et marcha, sous les ordres de M. le dauphin, au se- 
cours de Boulogne. Cette ville étant déjà rendue aux enne- 
mis , lors de Tarrivéc du secours , on tenta de la surprendre, 
et on y réussit pour la ville basse ; mais on ne put s*y main- 
tenir. La paix fut signée le 7 juin 1546. D*Andelot étant passé 
en Ecosse avec les troupes qu'on y envoya, en i548, sons 
le commandement d'André de Moulalembert d'Essey, il y 
fit les fonctions de commandant et d'inspecteur de Tinfan- 



(1) Le duc de Gbatillou laûtM enceinte son épouse, Angélique de 
Montmorency, qui accoucha d'un fils. Geluî-ci mourut ^ l'âge de 17 aàs > 
et en lui finit la postérité dîs l'amirtl Coligny, 



DES GÉnÉRADX FRANÇAIS. 4'^ 

l«rîe. Les troupe» arrivèrentà Dumbar, le i8 juin, et d'Es- 
xey connue nça les opération! jiar le sié(;e(l'Hiidiii^lun,daaa 
lequel les Anglais jetèretil du Beconru. Pendant ce §ié^e , 
les Écossais se relirfreitt de l'armée rraiiç.iise; el les An- 
ftlais, instruits de celte défec.tinn , vinrent all^iqkier l'armée 
de Frauce ; muii ils lurent batlus et mis en fuite. On leur 
tua 800 hommes, et on leur fit 3000 priaonoiers. Pendant 
celle bataille, I.1 garnisnn nnglaiite de DumbJr avait de sou 
côté fait une sortie sur les Français : elle fut repouss^e et 
culbutée dans les fossés de la ville. D'Andelot, à son retour 
de la bataille , poursuivît les fuyards de celle gamiRon jus- 
qu'aux portes de Dumbar; mais les herses, promptfment 
nbaltues, l'empêchèrent d'aller plus loin. Il revint en Fran- 
ce, en 1549. et servit à l'evpédiliou de Boulogne, (jui se 
réduisit à la prise de plusieurs forts des environs. La paix 
fut conclue, le 24 mars i55o, avec TAngleterre, qui rendit 
Boulogne. D*Andelot passa en Italie, en i55i, sous les or- 
dres de Termes (depui.f maréchal de France) , qui marchait 
au secours du duc de Parme allai|né par l'empereur. D'An- 
delot étant sorti de Parme, à la léle d'un détachement, 
marcha vers la Soragne, dans le lerriloire de Plaisance, et 
ravagea tout le canton. Il revenait de cette expédition , tout 
chargé de bulin , lorsqu'il tomba dans une embuscade que 
lui avaienttendue les ennemis. Après un combat très-rude, 
il fut accablé par te nombre et obligé de se rendre : on lo 
conduisit au château de Milan. La lecture des livres de Cal- 
vin, qu'il trouva moyen de se procurer, pendant sa déten- 
tion, le séduisit à un tel point, qu'il embrassa la religion 
prétendue réformée, dans laquelle il parvint plus lard à 
entraîner ses frères. Il obtint sa liberté, par la trêve con- 
clue à Vauceltes, le 5 février i&â6. On lui donna, par pro- 
visions du 17 août snivaol, la charge de colonel-général de 
l'infanterie française deçà les monls , vacante par la démis- 
sion de l'amiral de Coligny, son frère. La paii avec l'Espa- 
gne ayant été rompue> au commencement de l'année iSS;, 
d'Andelot trouva de nouvelles occasions de faire briller su 
valeur. Les Français temèrent inutilement de surpreudre 
Douai; mais ils forcèrent, pillèrent et brûlëreal Len^i et 




4l4 DICnOEIMlI&E HISTORIQUE ^ 

ravagèrent toute la frontière. Vers ce temps ^ remperenr 
vint en Picardie , à la tête d*une année, et mit le siège de- 
vant Saint -Quentin. D*Andelot, voulant conduire dans œtte 
place un secours de aooo hommes, fut égaré par le guide qu*îl 
avait pris, tomba dans une embuscade, où son détache- 
ment fut taillé en pièces, et regagna avec peine la ville de 
Ham , où se trouvait Tarmée commandée par le connéta- 
ble. D*Andeiot se mit à la tète d*un nouveau détachement» 
qu'il se chargea de conduire à Saint -Quentin; nciaisy 
après plusieursescarmouches dans lesquelles il perdit beau- 
coup de monde, il ne put entrer dans cette place, le lo 
août, qu'avec 5oo hommes. L'armée française ayant été 
presque détruite, le même jour, par celle de Temperear, 
la perte de cette bataille et la prise du connétable mirent 
la France à la veille d'éprouver les plus grands malheurs» 
et réduisirent la place de Saint-Quentin à ses propres for- 
ces. Coligny et d'Andelot résolurent cependant de s*y dé- 
fendre jusqu'à la dernière extrémité. Pour remédier au ra« 
vage fait par le canon des ennemis , d'Andelot fit prendre 
de vieux bateaux que l'on plaça les uns sur les autres, et 
qui furent remplis de terre : parce moyen, il mit les assié- 
gés à couvert des boulets. Bientôt il ne se trouva plus dans 
Saint-Quentin que 800 hommes disponibles pour défendre 
les onze brèches faites par l'ennemi ; et , pour surcroît d'em- 
barras, un officier trahit sa patrie et abandonna un poste 
aisé à garder, mais diiBciie à attaquer. Dans cet état de 
choses, les deux frères Coligny ne purent soutenir l'assaut 
général qui se donna -le 27 août; et la ville fut prise par 
l'endroit que l'officier avait lâchement abandonné. Coligny 
ayant été fait prisonnier, d'Audelot défendait encore la brè- 
che sur laquelle il se trouvait, lorsque, par une attaque faite 
derrière lui par les Espagnols entrés dans la ville il se vil 
tout à coup environné d'ennemis. Blessé , et ne pouvant 
plusse défendre, il fut contraint de se rendre. Se souvenant 
alors de ce qu'il avait souffert dans le château de Milan , 
la crainte d'éprouver de nouveau un traitement rigoureux, 
lui inspira le plus vif désir de se sauver : il réussit , deux 
iours-aprèS) à s'évader du camp des Espagnols^ et vint re- 
I 



DES GÉNÉRACX FRANÇAIS. 4'5 

joindre l'armée française devant Calais. Il commanda l'in- 
fanlerie au siège de cetlc place, commencé par le duc de 
Guise, le i" [anvier i558. Chargé de s'appracher du chd- 
teau avec laoo arquebusiers, il fit faire une tranchée par 
laquelle les eaux s'écoulèrent dans la mer. Il contribua au 
succès de l'assaut et à la prise du château : la ville se ren- 
dît après huit jours d'attaque. Guiaes ayant été investi, le 
i3, fut pris d'emblée , le même jour. La brèche étant faite 
à la citadelle de cette place, d Andelot fut chargé du com- 
mandement de l'attaque. Après un combat fort opiniâtre, 
et dans lequel it fut d'obord repoussé, il retourna à lachar~ 
ge avec des troupes fraîches , et emporta la brèche : la gar- 
nison retirée dans la vieille citadelle fut forcée de capituler, 
le ai, et sortit delà place, le aa janvier. On enleva aussi la 
ville de liaui, la seule place qui restai alors aux Anglais. 
Quelque temps après, d'Andelot étant tombé dans la dis- 
grâce du roi , à cause de ses senliments sur le culte catho- 
lique (i), fut arrêté, conduit à Meaux, transféré ensuite 
suchdleaude Melun , et privé de l'exercice de sa charge de 
colonel-général de l'infanterie. Il recouvra la liberté, eu 
iSSg, sur les instances du cardinal de Chatillon et de l'a- 
miral de Coligny, ses frères , et par le crédit du connétable 
de Montmorency , son oncle , qui le fit aussi rétablir dans 
l'exercice de ses charges. Après le massacre commis à Vassi, 
le i" mars i56a, par les gens du duc de Cuise, les hugue- 
nots ayant repris les armes sous le prince de Condé, d'An- 
delot embrassa leur parti et se saisit, le 2 avril, de la ville 
d'Orléans. L'oiQcier qui commandait pour le roi , dans cette 
place , disputa long-temps le terrain de rue eu rue ; mais il 
fut enfin obligé de céder au nombre, et d'évacuer la ville (a). 



(i) D'Andelol étant h 



! roi Henri 11,^ 

inlerrogen I 



lequel il 



iiiii 



D'Andelot ne ic borna pas à aTOutr m nouTcUe opinion ; mais il iniuJta 
aui dugmCB, aux rites et aux ministrei de la religion calbolique, et en 
parla avec si peu de ménagement , qne le roi , irrité , donna l'ordre da 

(3) Dupleix dit par erreur que le^ proteatanli s'emparèrent d'Oiléans. 
le ig mar*; U priie de cette lille n'eut lieu que le 1 avril. 




4l6 DICnONNAnK HISTOEIQim 

D*Andelot fut privé de nouveau de ta charge de eolonel- 
général de TitifaDterie. Chargé 9 par le prince de Gondé, 
d'aller solliciter des secours étrangers en faveur des protes- 
tants, il se rendit en Allemagne, au mois de juillet, et ob- 
tint de différents princes 7000 hommes, dont 3ooo d'in- 
fanterie. A la tête de ces étrangers, il partit d'Allemagne, 
& la fin du mois de septembre, et fut assez adroit pour leur 
faire traverser la France sans être attaqué par le maréchal 
de Saint -André , ni par le duc de Nevers, qui avaient pro- 
jeté d'arrêter la marche des Allemands, et de les dé- 
truire. D'Andelot pilla Saint-Gyr et Fusny, qui avaient 
refusé d'ouvrir leurs portes; prit GhàteauvîUain , et mit 
SCS troupes en quartier aux environs d'Orléans, où il 
arriva, le 16 novembre. Il resta dans cette place pour y 
commander, pendant que le prince de Condé et Coligny 
marchèrent vers Paris. Il joignit l'armée protestante pour 
se trouver à la bataille de Dreux, qui eut lieu le igdé^m- 
bre. Pendant le combat, D'Andelot, atteint d'une fièvre quar- 
te, s'était retiré sur une hauteur, d'où il observait les mouve- 
ments des deux armées. S^étant aperçu qu'à une attaque 
faite par le duc de Guise, les reitres de l'armée protestante 
se débandaient, quoiqu'ils ne fussent attaqués que de fort 
loin, il courut pour les rallier; maisilne put y réussir, et fut 
obligé de se sauver à Tréon. Il se rendit ensuite à Oriéans, 
qu'il mil en état de soutenir un long siège. Le duc de Guise 
étant arrivé devant cette ville , le 5 février i563, d'Andelot, 
qui était chargé de la défendre, confia la garde du faubourg 
du Portereau aux Français et aux Allemands : il plaça les 
premiers du côté d'Olivet , et les seconds du côté de Cléry. 
Le faubourg du Portereau fut attaqué avec vigueur , et les 
Allemands abandonnèrent leurs postes. Dès ce moment , 
les catholiques se seraient rendus maîtres des tourelles et 
des lies, si d'Andelot, qui accourut au point menacé avec 
nu détachement de gentilshommes , n'eût fait hausser le 
pont-levis des tourelles, et fermer les portes de la ville. Il 
fit aussi élever des mantelets pour couvrir les tourelles et 
le^i lies; et ce ne fut qu'après une attaque des plus vigou- 
reuses , que le duc de Guite parvint à s^imparep: de eaf tau- 



DES GÉNÉRAUX FRANÇAIS. 4^7 

telles. D*Ândelot, par le moyçn d*un retranchement, mit 
à couvert la porte et les îles. La fièvre ne le quittait point, 
et cependant il se trouvait toujours partout où sa présence 
était utile. Il reçut sur le pont un coup d'arquebuse doat il 
fut renversé, et dont on le crut mort. L'assassinat du due 
de Guîse ayant amené des négociations, il s'ensuivit une 
trêve conclue le i3 mars : la paix fut signée le 18, et pu- 
bliée le a3. b'Andelot fut alors réintégré dans Texercice de 
sa charge de colonel- général de Tinfanterie. Il envoya les 
meilleures compagnii's de cette arme au siège du Havre, 
auquel il ne voulut point servir par un ménagement secret 
pour la reine d'Angleterre, dont il espérait obtenir des se- 
cours dans le cas où les ; guerres de religion viendraient à 
recommencer. Ayant en effet déterminé les chefs des pro- 
lestants à reprendre les armes , au mois de septembre 1 567, 
il accompagna le priuce.de Coudé et l'amiral de Coligny à 
la prise de fllontereau, deLagny, de Saint-Denys, et à toutes 
les autres expéditions qu'ils firent alors ( 1). D'Andelot , dé- 
taché avec un corps de troupes, vers Poissy, pour retarder 
la marche des troupes envoyées au roi par le ducd'Albe (2], 
ne put rejoindre l'armée qu'après la bataille de Saint^^De- 
nys. Dès le lendemain , il se montra dans la plaine pour at- 
tirer les troqpes catholiques à une seconde action ; mais 
ceux-ci ne s'étautpas présentés, il ravagea les environs de 
Paris. Dans la marche que les protestants firent en Lorrai- 
ne , d'Andtlot se mit à la tête d'un détachement de cava- 
lerie, courut le pays et en tira des contributions. Après la 
jonction du prince Casimir avec les protestants, le prince 
de Coudé vint assiéger, au mois de février i566, la ville de 



(1) Voyez dans cet ouvrage Tarticle consacré à Louis de Bourbon de 
Gondé ) premier du nom, tom. ///, fog, 39 et tuivanîet , et l'article de 
l'amiral de Coligny, qui précède celui ded'Andelot dans le ce volume. 

(a) Dnpleiz se trompe , quand il uvance que d'Andelot s'était rendu à 
Poissy pour s'opposer au passage de Strozzi et de Brissac, qui menaient au 
roi deux régiments de Picardie^Ges deux régiments avaient joint le roi< 
dès le mois de septembre» etd'Andelotne marcba vers Poissy qu'au mois 
de novembre. 

ir. 53 



4l8 mCTIONNAlEE UISTORIQCE 

Chartres : d*Andelot servit à ce siège. La paix, publiée le 
a3 mars, fit Cifsser les troubles pour quelque temps, çt 
d*Andelot rentra encore dans Texercice de sa charge de co- 
lonel^général de l'infanterie. Il était dans ses terres, en 
Bretagne, lorsque Ton reprît les armes, au mois de sep- 
tembre suivant. Il leva, dans cette province, des troupes, 
avec lesquelles il vint joindre àBeaufort, en Anjou, celles 
qui avaient été levés en Normandie et dans le Maine. Il eut 
alors plusieurs escarmouches vives avec Tavant -garde de 
Tarmëe du duc de Montpensier, dont le dessein était d'em- 
pêcher d*Andelot de passer la Loire. Dans une de ces escar- 
mouches, d'Andelot lut sur le point d'être pris par Lour- 
ches, capitaine catholique, qui lui ordonna de se rendre, 
mais qui fut tué par Boisvert , maréchal-de-camp protes- 
tant. D'Andelot passa la Loire , malgré les obstacles qu'il j 
' rencontra; s'empara de Thouars; fit enlever le duc de Roan- 
nes à Oiron; se saisit de Parthenay , et marcha, avec Coli- 
gny, contre la ville de Niort, qui se rendit sans résistance. 
Angoulème, Saint-Jean-d'Angély, et plusieurs autres pla- 
ces se soumirent également aux armes des calvinistes. D'An- 
delot prit le monastère de Saint- Florent, après quelques 
jours de siège. Dans le même temps , les protestants sou- 
mirent la Saintonge , l'Aunis et l'Angoumois. D'Andelot ent 
part à iVscarmouche de Pamprou, et au combat de Josse- 
inénil. Il combattit, avec la plus grande valeur, à Jamac, 
le i5 mars 1669. Pendant cette bataille, d'Andelot , secondé 
par La Noue, repoussa le corps de bataille et chassa Marli- 
gues de Bassac. D'Andelot fut repoussé à soniour par Bris- 
sac; mais ce ne fut qu'après plusieurs attaques et à défaut 
d'être secouru. Après la bataille de Jarnac, d'Andelot ral- 
lia les débris de l'armée prolestante , et se rendit en Poitou 
pour y lever des troupes. Il tenta inutilement, le i**^ mai, 
de surprendre le capitaine royaliste Landereau ; cet officier 
lui échappa,, et fit même échouer d'Andelot devant Mon- 
taigu. L'attaque que d'Andelot fit sur Clisson fut également 
sans succès. Sa santé étant très-affaiblie, il se retira à Sain- 
ies, pour prendre quelque repos. Il y mourut, le 127 mai 



tES GÉNÉRAUX FKANÇAlS; 4*9 

1^69, vivement regretté de' tout son parti (1). {Chronologie 
militaire, tom. III, pag, 5^6; Histoire de France, par An- 
quetU, tom. IV et V i Brantôme^ la Popelinière, d'Aubi- 
gné, Davila\ Histoire dit Languedoc, Dupleix, Mémoires 
de Castelnau , le Père Daniel , nouvelle édition de M, de 
Thou ; le président Hénaut , Histoire des Grands-Officiers 
de la Couronne, Biographie universelle, ancienne et mader^ 
ne, tom. X,pag. 4^9» Dictionnaire universel j par Chaudon 
et DelandinCf tom, IV, pag, 57g.) 

DE COLIGNY-SALIGNY (Gaspard II, comte), maréchal- 
de-camp, issu de la branche des seigneurs de Salîgny, na- 
quit le 10 juin iSqo. Il était enseigne au régiment des gnr- 
des'-françaises dès 1610. Il suivit le roi en Guienne, en 161 5 
et 1616; servit, en 1617, au siège de Soissons, et devin tsous- 
lîéutenant après ce siège. Il se trouva à Tattaque du Pont- 
de-Cé, en i6ao ; aux sièges et à la prise de Saînt-Jean-d^An^ 
gély, de Clèrac, de Hontauban et de Monheurt, en 1621. 
Revenu capitaine au même régiment, le i** janvier i6aâ> 
il commanda sa compagnie au secours de Ré; au siège de 
Saint-Antonin et à celui de Montpellier, eh 1627. l' le com- 
manda aussi lorsque Ton s*opposA à la descente des Anglais 
dans rtle de Ré; combattit, en cette occasion , avec la plus 
grande valeur, et concourut à rétablir Tordre dans les trou- 
jpes. Il servit ensuite au siège de la Rochelle, qui ne se ren- 
dit qu>n 1628. Nommé guidon de la compagnie des gen- 
Vlarmes de la garde du roi, le 1*' janvier 1629, il se démit 
de sa compagnie aux gardes et obtint, cette même année , 



(i) D'Andclot fut un capitaine vaillant et habile; mais il n'eut ni la 
prudence ni la modération de l'amiral de Goligny , son frère. Il ëtait 
franc, sincère, ouvert et généreux, et s'attirait sans peine l'amitié de 
tout le monde. Il fut, entre les chefs calvinistes, un des plus affermis 
dans la nouvelle croyance. Les protestants ont pense qu'il avait été em- 
poisonné, et ce soupçon fut particulièrement fondé sur le mot du chan* 
celier de Birague, qui dit, en parlant de. la guerre de religion : « Elle 
• finira, non par les armes, mai» par les cuisiniers. » 



42 O DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

le gouvernement d'Aulun et la charge de bailli du Charo- 
lais, qu'il conserva jusqu'à sa mort. Étant passé en Savoie» 
il se trouva à Tattaque du Pas-de-Suze, puis aux sièges de 
Privas^t d'Allais. Après la conquête de la Savoie, où il avait 
accompagné le roi» en i63o, il marcha en Piémont avec 
deux brigades de sa compagnie , pour aller joindre le corps 
d'armée commandé par le duc de Montmorency. Il com- 
battît 5 avec la plus grande valeur, dans les montagnes dont 
on força les passages, ainsi qu'à Garignan et Veillane. Il 
marcha, eu i632, en Lorraine; passa ensuite en Langue- 
doc, où il se trouva à la bataille de Castelnaudary; et fut 
fut fait enseigne de sa compagnie, par brevet du 4 décembre 
decetteannée. Ilservît, eni633, à la conquête delà Lorraine; 
commanda , en i635, la compagnie dans laquelle il était gui- 
don, à l'armée et sous les ordres du cardinal de la Valette; 
se trouva à la levée du siège de Deux-Ponts , par les enne- 
mis ; au recours de Mayence; à la prise de Bingen ; au com- 
bat de Vaudrevange, et à la reprise de Corbie , en i636. De- 
venu sous-lieutenant de sa compagnie, par brevet du i3 
mars 1637, il servit au siège du Catelet. Créé maréchal-de- 
camp, par brevet du 8 août, il fut employé dans l'armée que 
commandait le duc de Longueville, au comté de Bourgogne, 
et servit au siège et à la prise de Bletterans, qu'on enleva 
d'assaut; et à la prise de Blamont. Le comte de Saligny se 
trouva au siège de Saint-Omer, et au combat qui se donna 
sous cette place, en i638. Détaché, avec un corps de trou- 
pes, après la levée de ce siège, il marcha en Artois, et se 
rendit maître de Renly. Employé sous le maréchal de Cha- 
tillon, en 1659, il fît entrer dans Moitson un secours consi- 
dérable qui obligea le général Piccolomini à en lever le siè- 
ge. Il servit ensuite à la réduction d'Yvoy. On l'envoya, en 
1640, avec un corps de troupes, en Normandie 9 pour y pa- 
cifier une émeute et y maintenir l'autorité du roi : il réussit 
complètement dans cette mi^ision, et commanda dans cette 
province pendant plusieurs années. Il devint capitaine-lieu- 
tenant des gendarmes de la garde, par provisions du 21 fé- 
vrier 1647, ^l conserva cette charge jusqu'à sa mort^ qui 
eut lieu au mois de mars i65iy (Chron. milit. y tom, VI ^ 



DES GÉNÉRAUX FaANÇÀIS. 4^ ^ 

jfOg. i38; Histoire de la Maison du roi, par l'ahhé de Nœuf" 
ville, tom:I, pag. 44o) (i)- 

DE COLIGNY-SALIGNY (Jean), comte de Coligr^, comman» , 
dant d'armée, filsdu précédent, naquit le a5 décembre i6 17. 
Il fut d*abord page de la chambre de Louis XIIT « puis page 
de la chambre du cardinal de Richelieu. Aprè^ai avoir servi 
quelques années dans la compagnie âea mousquetaires du 
même cardinal , il fut fait guidon des gendarmes de la gar- 
de, par brevet du 10 mars ]65i ; mais il n*y servit pas, s*é- 
tant dérois de cette charge, dès le a6 du même mois. Il fut 
nommé 9 par provisions du même jour 10 mars, gouverneur 
des ville et château d'Autun ,et obtint la charge de bailli du 
Gharolais, à la mort de son père. Il suivit le parti du prince 
deGondé, qui le fit mestre-de-camp lieutenant du régiment 
du duc d*£nghien , son fils, par commission de i652 : il servit 
ce prince jusqu*à la paix des Pyrénées. Il leva, en 1 653, pour 
le service et par commission du même prince,.un régiment de 
son nom. Il rentra 9 avec le prince de Gondé, au service du 
roi, le 7. novembre i65g. Son régiment fut réduit à une 
compagnie de chevau-légers, le la avril 1661. Il se démit, 
au mois de janvier 166a, du régiment de cavalerie dTn- 
ghien. Nommé, par pouvoir du la mars i66/|, lieutenant- 
général-commandant l'armée que le roi envoyait en Hon- 
grie , au secours de Tempereur, il combattit à Taile gauche 
de l'armée impériale, à la bataille de Saint-Gothard , le i** 
août (a). Pendant cette bataille, qui commença à neuf 



(1) Il y a dans ce dernier ouvrage plasieurs erreurs; 1* le comte de 
Saligny ne fut point pourvu , en 16*37, ^^ "^ compagnie aux gardes qu'il 
commandait dès i6aa; a<> il ne devint enseigne que le 4 décembre i633, 
et non pas en i63i ; S» il n*eut la sous-lieutenance qu'en i637,f'l non en 
]636; 4** enfin , il ne se démit point de la compagnie des gendarmes en 
i655, puisqu'il était mort dès le mois de mars i65i. 

(2) De Larrey , Histoire de Louis XIF, tom. III ^ fag, a83, annéû 
1664 , se trompe, en plaçant la bataille de Saint-Gothard au 3 août; la 
relation envoyée au roipar le comte de Goligify la fixe au i** de ce mois. 
Le président Hénaut, le Père Davrigny, le Père Griffet, Bussy-Babo- 



4^3 DICTIONNAIRE HlStORIQDË 

heures au malin , et ne finit qu*à quatre heures après mîdî,; 
les Turc» ayant mis en désordre les troupes do' prince de 
Bade, Coligny cliargea les ennemis, rétablit le combat, et 
força \vH Turcs de repasser le Raah : il tua, dans cette occa- 
sion 9 jusqu'à 3o Turcs de sa main. Depuis cette expédition, 
ooe goutte habituelle ne lui permettant plus de paraître à 
la cour ni à Tarniée, il se retira dans son château, où il 
mourut, le i(> avril 1686. {Qironoiogie militaire, tom, I, 
pag. r>59; liislvire (le Louis XIF, par de Larr^; le Père 
GriJJi'Ly Bus^y-Rabutin, le Père Davrigny.) 

COLLE (Jean-Théodore) , /»/M<^r^/ de brigade , naquit à 
Lorquin, en Lorraine, le 17 mai i^34* Il entra au service, 
le I" avril 1753, comme soldat volontaire dans le régiment 
de la Dauphine (1). Il y fut fait sous-lieutenant, le 14 mai 
1^58, et lieutenant en second; le 19 janvier lySg. Il fit le» 
campagnes de la guerre de Hanovre (dite de sept ans), en 
partie avec son n^gimonl et eu partie comme employé dans 
IVlat-major-général de Tarmée. Dans le cours de ces cam- 
pagnes, il combattit avec valeur dans plusieurs occasions , 



tin, prëlcodrnt que le comte de Golignjr n'était point i cette bataiOe. 
Le père Griflet en particulier ai>8ure dans 8on Journal historique, de 
Louis XIF^ V"!f' *^4 ï ^uc les annales du temps marquent expreiisëmeot 
que lecomtedoColignjf étant tombé malade avant la bataille, s'était fait 
porter à Terna. La relation du combat envoyée au roi par le comtte de 
Coli^ny , la léponMe du roi qui félicite le comte sur l'honneur qu'il s'est 
fait et a la nation dans cette journée doivent affaiblir le témoignage des 
annalistes. Le PèreOriffet ajoute, pag, 107, que le roi» après la victoi- 
re remportée sur les Turcs, écrivit tiois lettres au comte de Goligny 
pour lui en témoigner sa reconnaissance, et lui envoya son portrait. Oîi 
ne complimente point un général sur une victoire à laquelle il n'a point 
CD part. Le comte de Goligny ne tomba malade que le ao septembre* 
et le roi, en étant informé, lit e&pédier au comte de la FeuiUade on 
pouvoir de lieutenapt-général, pour ramener le» troupes en France. Ce 
pouvoir est du 18 octobre 1664. 

•.1) Ge régiment fut incorporé, en 1766, dans ceki de Royal-Bavière, 
qui devint Royal-Uesse de Darmstadt .en i-j^ , et 94* régiment d'in- 
fanterie de ligne, en 1 794* 



P£S GÉNÉRAUX FRANÇAIS. ^25 

et partîculièremeut, le 16 juillet 17G0, à Ta ffaîre d'En sdorff, 
où il fui blessé dangereusemeut et fait prisonnier de guerre^ 
On le nomma lieutenant en premier y le 18 mai 1767, et il 
obtint une pension de 5oo livres sur le trésor royal , le i3 
août 1768. Il fut fait capitaine, le 12 novembre 1770, et créé 
chevalier de Sainte-Louis, en 1781. Il passa successivement 
deuxième lieutenant-colonel au 77' régiment d^infanlerie 9 
le 6 novembre 1791 ; premier lieutenant-colonel au 3o* ré- 
giment de la même arme, le 5 £evrieri792; et colonel du 
3i' de ligne, le 20 janvier 1 79?. Il obtint le grade de géné^ 
rai de brigade, le 19 mai de cette dernière année. Il fit les 
deux premières campagnes de la révolution française à Té- 
tat-major de Tarmée du Khin. Il y commandait la division 
du Bas-Ebin , lorsqu'il fut suspendu de ses fonctions, le 1 1 
octobre 1795, par les représentants du peuple en mission 
près de cette armée. Ayant été réintégré, en 17949 il fût 
employé d'abord àTarmée des côtes de Cherbourg, et passa 
ensuite à celle des côtes de Brest, en qualité de chef de Té- 
tat-major du général en chef HédouviUe. H continua de ser- 
vir dans la Vendée jusqu'à la pacification de ce pays, et en 
{>artit, en 1796, pour se rendre à l'&rmée du Rhin. La santé 
du général Colle était alors tellement délabrée par les fati** 
gués de la guerre , que le ministre jugea convenable d'em* 
ployer cet ofiEicier dans la 4* division militaire. Le général 
Colle , après avoir commandé en qualité de général dao^ 
cette division , y fut ensuite attaché avec le grade d'inspee-r 
tcuraux revues qu'on lui donna le a5 mars i8o5. Il fut 
créé membre de la Légion-d'Honneur, le 96 mars 1804. il 
exerçait encore sa charge d^iospecteur aux revues, dans la 
4* division militaire, lorsqu'il mourut à Nancy, le 22 sep- 
tembre 1806. Il av^it alors 55 ans 5 mois et 21 jours de 
services effectifs. (Bre^ts et étaU miUlaircSt annales du 

Bv COLOMBIER , voyez m Bait?. 

DS COMQ AULX (Charles), comte d'AïUeuil, maré^shal^ 
de-camp, naquit le 11 février 1701. Il f ut fait lieulenaat an 
régiment 4'ii)fan;^irie de Flandre, au mois de février 17121; 



4a4 DICTIONNAIRE friSTORIQUC 

servît, la même année, à Tarmée du dauphin, et se troufa 
aux sièges de Landau et de Fribourg; puis à la défaîte do 
général Yaubonne, dans ses retranchements, en i^iS. Il 
passa lieutenant au régiment des grenadiers, le 2 mai r 718, 
et servit eu cette qualité aux sièges de Fontarabie, Saint- 
Sébastien, Castel, Urgel et Eoses, eu 1719 Devenu capi- 
taine en second, le 22 mai 1720, et capitaine en pied, le 
8 avril 172a, il commanda sa conapagnie aux sièges de Ger- 
ra-d'Adda , de Pizzighilone, et du château de Milan, en 
1735; à ceux de Tortone, de Sarravalle et de Novarre; à 
Tattaque de Colorno, et aux batailles de Parme et de Guas- 
talla, en 1734; aux sièges de Révéré, de Reggio et de Gon* 
zague, en 1735; et rentra en France, avec Tarmée, en 1736. 
Il passa en Corse, avec son régiment, au mois de fanvier 
1739; y servit avec distinction ; rentra en France, au mois 
d^avril 1741 9 et dévint capitaine de grenadiers, le a octo- 
bre suivant. Il commanda sa compagnie à Tattaque da 
Château- Pont, en i743; à celle des retranchements de 
Montalban et de Yillefranche ; et à la prise de Montalban, 
de Yillefranche et de Nice, au moisd*avril 1744* H obtint, 
le 19 mai de cette dernière année, une commission podr 
tenir rang de lieutenant-colonel; servit à la prise du châ- 
teau Dauphin; au siège de Demont , et à celui de Coni, où 
il reçut un coup de feu qui lui cassa le bras gauche. Il de- 
vint lieutenant-colonel de son régiment, le 10 septembre, 
et le commanda aux sièges de Tortone, de Novarre^ d*Ac- 
qui, de Pavie, de Plaisance, de Yalence, d'Alexandrie, d'Ast 
et de Cusal, et au combat de Refudo, en i;4^- ^^ le com- 
manda aussi à la défense d*Asti, où il fut fait prisonnier de 
guerre, au mois de mars 174^- Il demeura, pendant la cam- 
pagne de 17479 à Toulon et à Monaco, et passa Thiver de 
1747 à 174B dans le comté de Nice. Il continua de servir 
sur cette frontière jusqu'à la paix, et obtint le grade de bri- 
gadier, par brevet du 10 mai 174B. Il servit eu cette qualité 
au campdeGray, en 1753, et sur les côtes , depuis 1766 jus- 
qu'en 1760. Créé marécbal-de-canip, par brevet du 20 fé- 
vrier 1761 , il se démit alors de la lieulenance-colonelle du 
régiment de Flandre, et ne fut pas employé depuis. {Chro^ 



DES GÔ^ERÀUX FRANÇAIS. /jaS ' 

nologie militaire, tom. Fil, pag, 44* f mémoires dit tempe. 
Gazette de France.) 

DE COMBAULT-D'AUTEUIL (Auguste, comte), fui créé 
maréchal'de-camp le 21 décembre 181 4* Il était alg^'ao- 
cien aîde-de-camp de S. A. S. Mgr. le dnc de BourÇou. Il 
figurait eucore , en i8ao, parmi les raaféchaux-4,ç-cainp* 
aides-de-oamp de ce prince. {Etats militaires,) , 

DE COMMINGES, voirez d'Armignig. 

COMPANS (Jean-Dominîque, co/w^e), pair de France et 
lieutenant-général, naquit à Salière, en Languedoc, le 26 
juin 1 ^69. Il entra dans la carrière militaire , le 2 octobre 
1791, lors de la formation des bataillons de volontaires na- 
tionaux , et fut élevé au grade de capitaine dans le 3* des 
bataillons de la Haute-Garonne 9 par le clioix de ses conci- 
toyens. En juin 1792, le 5* bataillon de la Haute-Garonne 
passa à l'armée des Alpes, puis à celle d'Italie, où Cdm- 
pans fit ses premières armes. Il fut employé, sons les ordres 
du général Dumerbion , à la défense du camp de Braour, 
que les Piémontais surprirent pendant une des premières 
nuits du mois d'avril, mais d'où ils furent repoussés avec 
perle. Il se trouva à l'attaque et à Tenièvement du camp de 
Bruis, par une colonne française sous les ordres du général 
Dagobert. Il fut, le 8 septembre de la même année , du noni- 
bre des guerriers qui défendirent le village de Lantosca, et 
contribua à la vigoureuse résistance qui fut ojp^posée aux 
troupes ennemies conduites par le duc d*A6j»te. Le<;apitàine 
Compans se distingua, vers la fin du même mois , à la re- 
prise du poste de Gillette , par quelques compagnies de son 
bataillon. L'armée austro-sarde manœuvrant, le 16 octobre 
suivant, pour couper la retraite des Français au pon t du Yar, 
le capitaine Compans fut bloqué et attaqué au village des 
Ferres par environ 1000 hommes. Il fit barricader dans ce 
poste les deux compagnies qu'il y commandait, repoussa 
avec vigueur toutes les attaques de Tennemi , répondit avec 
fierté aux sommations qu'on lui fit de se rendre, et força, 
par sa bonne contenance, les assaillants de se retirer aprè^ 
IV. 54 



4^6 DicnoinririE histouqce 

douze hrure^ rie hiocun et de comb.it. L^ lendcatalB. le sé- 
oéral en chef Dii;;oniniîer p.inicit a dê^tlST^r le port de Gil- 
lette, et Compdns contribua à cette opéra tic o en t'ÛMnt 
une direr^ion nlîte â la tèle dr ses deax compaçmes du 3' 
balaîXkn de riléranlt , et de Zoo gardes n jtîoaaax da dé- 
paileB^ent du TarJi^crs la fin de noTembrtr 1793. le 3' ba- 
taillon de rilérauh' pa«sa à Tarmée qui faUaîl le «iége de 
Toulon 9 et y arriva an moment de Tattaque des forts et des 
|>osition^ relrancfaée^ qui couvraient les approches de celle 
\ille. Pendant la durre de ce sié^e, le capitaine Compans 
fut promu au grade d*adiud.int- général chef de bataRlon , 
en récompense des services qu'il avait rendus à rannéc d'Ita- 
lie* et notamment a Ferres. Il passa , peu de temps après, 
â l'armée des Pyrénées-Orientales, et y fut d'abord employé 
à Télat-major du général en chef Dugommier. qoiyaa mo- 
ment où la campagne allait s'ouvrir, donna à Coaipaos le 
commandement d*nn des bataillons d*élite qui venaient d*è- 
tre organisés. Employé^encette qualité, souslesordresimmé- 
diatsduchef de brigade Lannes (depuis maréchal de France 
t^tduc de Monlebello),Compans prit part à une infinité d'af- 
faires de poi>tes, d*e!(carmouches et de fausses attaques. li 
combattit à la brillante affaire de Boulon, le 1 3 août i^gl^ 
Il se porla avec son bataillon de chasseurs, au col de Por- 
teil, et y întercepla la retraite d*un convoi considérable 
d^arlilleriir et de ba^.iges appartenant aux ennemis. Les Es- 
pagnols étant parveiUis à surprendre le poste français placé 
sur la monta[;nc boisée en avant de la Jouquîère, Tadju- 
dant-général Conipans sortit de son camp sans attendre 
d*ordre, gravit la montagne à la tète de ses chasseurs, et, 
de concert avec le chef de bataillon Bon, il tomba avec vi- 
gueur sur les Espagnols , les repoussa et les força de rentrer 
dans leurs lignes. Le général Augereau fit, dans la relation 
qu*il donna de cette aifaire, une mention très honorable de 
la conduite que radjudanl-général Compatis y avait tenne. 
Pendant la bataille du ao novembre , dans laquelle le géné- 
ral en chef Dugommier fut tué, Compans fit plusieurs faus- 
ses attaques sur les redoutes de Tennemi, qu'il força à res- 
ter dans ses positions sur ce point. Il concourut au succès 



^ BES GÉNÉRAUX FRANfCAIS. 4^7 

d'un combat livré le 5o du même mois, et pendant lequel il 
enleva impétueusement ces mômes redoutes : pendant Tac- 
tion, il eut son panache enlevé par un biscaïen. Quelques 
{ours après, Gompans quiU^ le commandement de sou ba« 
taillon de chasseurs pour entrer à Tétat-major-général de 
Tarmée des Pyrénées-Orientales , où il continua de servir 
jusqu'à la paix avec TEspagne. Dans ces entrefaites, il fut 
élevé au grade d*adjudant- général chef de brigade. Gom- 
pans s*étant appliqué à bien étudier le travail des éiats- 
majors d'armée, cette partie du service, lui devint bientôt 
familière ; et , après la dissolution de Tarmée des Py- 
rénées- Orientales, il fut appelé successivement aux fonc- 
tions de chef d'état-major des io*èt ii* divisions militaires, 
sous le général Lauer; des lo* et 1 1*, sous le général Ghà- 
teauneuf- Randon , et enfin de la 9' et de la 18% sous di- 
vers généraux. Vers le mois de septembre 1 ^98, Tadjudant- 
général Gompans quitta le midi de la France pour passer 
à l'armée d'Italie, où il fut employé en qualité de chef de 
l'état-major de la division du Brescian, sous les ordres du 
général Grenier. Il fit avec cette division toute la campa- 
gne de 1799. Le 26 mars, il signala son ardeur et son in- 
telligence, en repoussant, à la tête d'un régiment suisse , 
un corps de troupes autrichiennes, qui, pendant le combat, 
s'était glissé dans les intervalles existants entre les divi- 
sions Delmas et Grenier, et menaçait les derrières de cetta 
dernière division. Il combattit avec beaucoup de distinc-* 
tion à la journée du 5 avril, et se fit remarqua, le 17 du 
même mois, au combat de Yaprio, où il dirigea plusieurs 
charges, et se trouva plusieurs fols dans la mêlée. Dans le 
plus fort de l'action , l'adjudant-général Gompans prit le 
commandement de la brigade du général Kister, qui ve- 
nait d'être mis hors de combat , et couvrit avec cette bri- 
gade la retraite d'une partie de la division à laquelle elle 
appartenait. Il exécuta dans cette occasion tous ses mou- 
vements avec lepluï grand ordre quoique Tennemi le pour- 
suivit vigoureusement, en faisant un grand feu à mitraille. 
Le la mai suivant, pendant le combat de Pacetto, les Rus- 
ses, attaquant pour la troiiièmc fois le village de ce nom, d'où 



4a 8 BICTIOICNAïaE fllSTOaiQUE 

ils avaient été repousses, Compans se détacha d*une posi- 
tion voisine à la tête de 4 ^ ^oo fantassins , et fondit im- 
pétueusement sur la droite des ennemis. Ce mouvement 
ranimant le courage des troupes de la division Gardanhe , 
qui défendaient le poste de Pacelto» perdu et repris à deux 
fois 9 elles se précipitèrent de leur côté sur les Russes, et 
concoururent à tes mettre dans une déroute complète. 
L^adjudant-générai Compans se trouva à la bataille de San- 
Juliano, le 20 juin suivant, et s'y di remarquer en com- 
battant sur les points où le péril était le plus grand. Vers 
le soir, Taffaire étant encore indécise , le général Grenier 
lui confia le commandement d'une partie de sa réserve , 
avec ordre de culbuter la droite de Tennemi. Compans 
exécuta ce mouvement avec autant d'intelligence que d'in- 
trépidité, et contribua essentiellement au succès de cette 
journée , qui fut brillante pour les armes françaises. Il fut 
récompensé de seâ services par le grade de générai de bri- 
gade, qu'on lui accorda, le 25 du même mois. En cette 
qualité, il alla remplir les fonctions de chef de l'état-ma- 
jor du général Grenier, nommé commandant- supérieur 
des 7* et 8** divisions militaires, et chargé tant de la défen- 
se des Alpes depuis Genève jusqu'à la mer, que de la promp- 
te organisation des renforts destinés à l'armée d'Italie. Il 
accompagna ce même général, qui prit bientôt après le 
commandement de la Alaurienne et de la Taren taise : la 
défense de cette dernière province fut confiée immédiate- 
ment au général Compans. Les ennemis occupant en a- 
vant de la Tuile une position avantageuse qui pouvait leur 
faciliter l'attaque du petit Saint-Bernard, Compans réso- 
lut de les déloger du poste de la Tuile, et le leur enleva 
Tépée à la main , le 1 7 août. Il suivit encore le géné- 
ral Grenier, appelé au commandement de la division 
réunie dans la vallée de Barcelonnette. Cette division's'é- 
tait déjà mise en mouvement pour pénétrer dans les plai- 
nes du Piémont, et avait forcé le poste des barricades, lors- 
que le général Grenier reçut de Championnet, général en 
chef de l'armée d'Italie, le coftimandement de celle des 
Alpes , qui prit la dénomination d'aile gauche de l'armée 



DES GÉNÉRAUX fRAfCÇAIS. 4^9 

d*Italie. En parlant pour ce nouveau poste. Grenier confia 
au général Compans le commandement de sa division. 
Compans marcha , le a septembre, sur Goni; balaya tous 
les postes ennemis qu'il rencontra, et prit position en avant 
de cette ville. Le 20 du même mois, il déboucha de Goni; 
attaqua vigoureusement les ennemis à Fossauo et Saviglia- 
no; enleva ces deux places; fit 600 prisonniers, et tua 
beaucoup d'hommes aux Autrichiens. Les nombreuses in- 
cursions que Gompans avait faiXes dans le pays auk envi- 
rons de Goni lui avaient procuré les moyens d'approvi- 
sionner convenablement cette place importante. Le gé- 
néral MuUer étant venu prendre le commandement de 
la division Grenier, Gompans eut alors celui d'une bri- 
gade d'avant - garde , avec laquelle il campa d'abord à 
la Madona -del- UlAio. Il se trouvait établi avec sa 
brigade à Murazzo, lorsque, le 5i décembre 1799, les 
généraux autrichiens. Mêlas et Kray, fondirent sur lui à la 
tête d'environ 18,000 hommes. N'ayant à opposer que 5opo 
hommes à cette troupe ennemie, la brigade de Gompans 
fit cependant une résistance longue et opiniâtre ; mais dé- 
jà elle avait près de 5oo hommes hors de combat, lors- 
qu'elle sévit forcée à la retraite. Débordée plusieurs fois par 
l'ennemi, elle eût été infailliblement enveloppée, sans la 
vigueur, le sang -froid et les bonnes dispositions du géné- 
ral Gompans. La supériorité numérique des Autrichiens 
ayant obligé l'armée française de faire retraite, le 4 novem- 
bre, Gompans fut désigné pour couvrir ce mouvement avec 
sa brigade. Il remplit cette mission difficile, en opposant la 
plus forte résistance aux efforts de l'ennemi , et notam- 
ment à l'embranchement des routes qui se dirigent de 
Genola et de Yaldige sur Savigliano. Arrivé en avant de 
Gentello, Gompans reçut l'ordre de s'y arrêter, et de ré- 
sister de nouveau aux Autrichiens. Il parvint à leur dispu- 
ter le passage d'un pont assez long-temps pour assurer la 
retraite de la réserve de l'armée et celle de sa brigade : 
dans cette action, il eut un cheval blessé sous lui. La bri- 
gade Gompans était campée à Yignolo, lorsqu'elle fut atta- 
quée ^ le 6 novembre» par des forces ennemies très-supé- 



430 DICTIOBrUAIRE HISTORIQUE 

rieures. L*action s'étant engagée, un |[)ataiUoii françaig, qoi 
s'était împrudemmeDt avaDcé , fut chargé par 400 che- 
vaux autrichiens , et mis en déroiite. Gompans , à la 
lèle de deux escadrons de chaseurs, fond alors sur i'en- 
nemi ; le met en désordre; lui fait des prisonniers, et 
le force même d'abandonner les Français tombés en son 
pouvoir. Bientôt après, Tannée se sépara pour faire sa re* 
traite par les vallées 'du Tanaro et de la Stura. La division 
Aichepanse dut exécuter la sienne par cette dernière vallée. 
Gompans, dont la brigade était placée dans la division Ai- 
chepanse, prit part aux combats de San- Dalmazzo, de &o- 
billante et de Vernante, les 10, 11 et i5 novembre. Ce fut 
à la résistance que sa brigade op|)osa aux ennemis, a Ten- 
tt'ée de la vallée, que la division Richepanse dut la con- 
servation de son unique point de retraite. Dans le fort de 
Taclion, un de ses bataillons ayant abandonné trop facile- 
ment une position avantageuse, Gompans mit pied à terre, 
et, à la tète de ce même bataillon, alla reprendre la po- 
sition. Après avoir cantonné à la Briga jusqu'à la chute 
des neiges, et gardé, sur les montagnes, tous les cols 
par où Tennemi pouvait chercher à pénétrer, la brigade 
Gompans fut envoyée dans la rivière de Gènes, sous les 
ordres du générai Victor, et chargée de couvrir les quar- 
tiers d*hiver des Français. £n 1800, Gompans était em* 
ployé sous les ordres du général Suchet , Tun des lieute- 
nants du premier consul Buonaparte, lorsque rennemi 
sépara par ses manœuvres le corps de Suchet de Tarmée 
commandée par le général en chef Alasséna , en s'empa- 
rant des positions de Melagno, Settepani et San-GLacomo. 
Pour rétablir les communications interceptées, Gompans 
attaqua, le 10 avril, d'après les ordres de Suchet, le pos- 
te de Melagno , à la tète de 1000 hommes. Après avoir gra- 
vi rapidement la montagne et poussé devant lui quelques 
avant-postes ennemis, il arriva à la tour de fdelagno. Les 
Autrichiens s*avaucèrent de leur côté, et à la faveur d*un 
brouillard très-épais, tombèrent sur les Français, et les 
sommèrent de mettre bas les armes. Pour, toute réponse , 
Gompans ordonne la charge; Texécute lui-même à la tête 



DES GÉHÉAàUX FRANÇAIS; £^5l 

d'un batailloD de grenadiers; poursuit l'ennemi jusque dans 
ses retranchements; y pénètre en même temps que les 
Autrichiens; leur fait une centaine de prisonniers^ et met 
Le reste dans une telle déroute , que le lendemain plusieurs 
détachements égarés dans leur fuite vinrent se rendre aux 
Français. Le 1 1 du même mois , Compans attaqua avec 809 
hommes les retranchements de Settepani y défendus par 
lAoo Autrichiens. Après un combat opiniâtre 9 dans lequel 
sa brigade eut a5o hommes mis hors de combat 9 il s'em- 
para des retranchements 9 où il entra un des premiers 9 et 
fit 1000 prisonniers. Il concourut au combat de Aouchi- 
de-Mailla^ le 19 du même mois; y marcha à la tête de 
laoo hommes; profita habilement de raccessibilité de son 
point d'attaque pour devancer les autres colonnes françai-^ 
ses; culbuta Tennemi et lui fit 400 prisonniers. Chargé, le 
ao, de l'une des attaques contre San-Giacomo, et de tour^ 
ner cette position par le côté en vue de Savonne , il mar- 
cha à la tête de i5oo hommes, gravit rapidement la mon- 
tagne , et parvint à s*a|)procher jusqu'à 200 toises des re« 
tranchements. Après avoir reconnu le terrain et choisi le 
meilleur point d'attaque , il se disposait à commencer l'ac- 
tion , lorsqu'il fut atteint d'une balle qui le mit hors de 
combat : on le transporta à Draguignan. Vers la fin dh 
mois de juillet, sa blessure étant guérie, il rejoignit l'ar- 
mée d'Italie , où on l'avait appelé pour remplacer le géné- 
ral Bonami, dont la brigade servait dans la division du 
général Miollis. Les hostilités avaient alors cessé : et, jus- 
qu'au moment où elles reprirent , Compans s'occupa avec 
le plus grand zèle de l'instruction de ses thiupes. Lorsque 
la guerre recon^mença, dans l'hiver de 1800 à 1801, Com^ 
pans fut placé avec sa brigade dans la division Lof son, qui 
faisait partie de la lientenance-générale du général Sucfaet. 
Il détermina la défaite d'un corps autrichien près de Vol- 
ta, en faisant à la tète de la 1 3' demi-brigade d'infanterie 
légère une charge à la baïonnette, qui fut décisive. Au 
passage du Mincio par l'armée française, le 25 décembre 
la brigade Compans força Tennemi de rentrer dans la tête 
de pont de Borghello > et l'y contint : cette brigade eut 



432 DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

beaucoup à souffrir du feu de rartillerie ennemie. Le len- 
demain, 26 décembre, la brigade Compans, qui avait 
passé le Mincio, fut mise à la disposition du général de di- 
vision Delmas, commandant Tavant-garde de Tarmée. 
€ompans prit part à la gloire que les armes françaises s'ac- 
quirent dans cette iournée, en appuyant et secondant puis- 
samment la brigade du général Lapisse, qui eut à com- 
battre des forces très-considérables. A l'affaire en avant de 
Parona, la brigade Compans repoussa devant elle et jus- 
que sous les murs de Véronne toutes les forces que l'enne- 
mi lui opposa : dans cette lournée, le général Compans di- 
rigea en personne plusieurs charges. Étant passé dans la 
lieutenance du centre, à l'avant^garde de la même armée, 
le général Compans prit part à toutes les actions qui eu- 
rent lieu jusqu'à la signature de l'armistice , et se distin- 
gua particulièrement à Montebcllo, Villafranca et Spazia- 
no. Il se rendit ensuite à Ferrare , où il commanda pen- 
dant quelques jours l'avant-garde de l'armée stationnée 
dans le Ferrarais. En 1801, 180a, i8o3 et 1804 9 il fut 
employé comme général de brigade dans la 37* division 
militaire. Il fut décoré de la croix de commandant de 
la Légion-d'Honneur, le 14 juin i8o4- Des camps de Bou- 
logne et de Saint-Omer, où il servait au commencement 
de i8o5, il marcha à la grande-armée d'Allemagne, com- 
battit, avec sa valeur accoutumée , à la bataille d'Austerlitz, 
le 2 décembre, et y fut blessé. Pendant la campagne de 1806, 
contre les Prussiens, il remplit les fonctions de chef de l'élat- 
major du ùf corps de la grande-armée* Il se trouva à la ba- 
taille d'Iéna , le 14 octobre , s'y distingua et y mérita le grade 
de général de division , auquel il fut promu le 25 novembre 
suivant. Il obtint , le 1 1 juillet 1807, la décoration de grand- 
ofiQcier de la Légion-d'Honneur 9 eWfut élevé à la dignité de 
comte, en 1809. Il continua de servir activement pendant 
les années 1808, 1809, 1810 et 1811, et fit toutes les cam- 
pagnes de ce temps sous les ordres de Napoléon Buonaparte. 
Employé , en 1812, à la grande-armée de Russie, il y servit 
dans le 1" corps commandé par le maréehal prince d'Eck- 
mulh. A l'attaque faite^ le 23 juillet, par les Russes, contre 



DES CÉIÏÏRACS FllANÇAIS. /|53 

le [loni àe. .Snllracllia , prcs de Aluhilow. le général Gnin- 
pans, après avoir concouru à repousser celle attnilne, se 
mit à la léledti 1 1 1 ■ régiment rriiiranlericiie l'pic, eTpoiTr- 
Huivit rennemi jusqu'au bois en tacr de Nowo-Selki ; \!i, il 
s'arrêta, croyant recevoir devnnt lui la Intalîté ilu corps 
russe cornmandi^ par le prince Ita^ralioii. Le ^iiném\ Coni- 
panscotDltaltitàlabalailledeStnolenijk.lei^'aoïlt.etcnncau- 
nilà la prise deceltc place; don attaque fui dirigéesur l« fuu- 
bourg en arrièrede Ceeuizi. Le 5 st'plfmbre Nuivant. h gran- 
de-armée française continuant ga marche xur Moscou, là di- 
vision Couipans flébouclia pur Gulowinc, et, appuyée par 
quelques détachenicnls de cavalerie, elle s^avança jiisrfti'i 
Alexino, qui fui enlevé le même jour. Il forçneimuile l'iir- 
rière-garde de l'amure riis^e d'évacuer le petil bois â droite 
d'Alcxiiio. Cependant, les RuMes-fai^iuot un feu Irès-metirlrier 
sur les masses françaises aVeo l'uilillericide leur redoute de 
Chewarino, Napoléon résolul'dc faire enlever celte redoute, 
et confia l'honneur de cetic expédition au brave géHéral>4{ui 
venait de s'emparer d'Alexiiio. Compans, après avoir placé 
le 61* régiment d'infanterie de ligue derrière des marne- 
luns garnis d'arlillerie , fit canonncr 1^ redoute peiidjiit 
quelques inslanls, et s'avança ensuite avec une vive ré- 
solution. Le combat fut des plus upinidlres; la redoute, 
pri»e et reprise liois fois, resta enliu à la division Corn- 
pans, qui acheta celle victoire par ia perte de 1000 de ses 
braves (1). Mallre de la position de Cliewarino, Compans 
attaqua de nouveau la division du génécal russe Konowil- 
zin, a laquelle il avait enlevé Alexino, et la força de courir 
dans te plus grand désordre pour rejoindre le centre de son 
armée; dans ce combat, qui se prolongea jusqu'il neuf heu- 
res du soir, les Russes perdirent beaucoup d'iiummes tués, 
quelques prisonniers et 7 canons. A la lialaille de la Mos- 



(>) Napolcon, pueant, le 
régiment, qui avDÎI le pti» s 
rino, demanda au cotunel ci 
' rc , répondit froidemïDl ee 



ain de cette alTaicc, la revue du 61' 
à l'attaque de la redoute do Chena- 
ivsil bit d'uD de lei balarUaai : • SI- 
r, il eildantla redoute! • 




454 MCTIOmiÂIRl mSTO&K^DE 

Lowa, gagnée sur Tarmée russe, le 7 du méioe mois 9 la di- 
YÎsioD Compaos marcha d*abord avec celle du général De- 
sais tnr le front de la redoute de ganche des Russes, voi- 
sine du bois de Passarewo; et dès six heures et demie du 
matin 9 elle se trouva en position devant cette redoute, et 
y engagea une vive fusillade : la redoute fut enlevée. Le gé- 
néral Gompans, qui, dans cette occasion, avait combatia 
d'une manière très- distinguée, fut blessé. Pendant la 
désastreuse retraite de Moscou, Gompans se trouva à 
différents combats, et parliculièrement à la bataille de 
Maloiaroslawelz , le 34 octobre. Il y manœuvra avec ha« 
biletéf et menaça une batterie de la droite de Tarmée 
jrusse en position à la gauche d*un parc sur le chemin de 
Giemikowa ; les Russes , craignant pour cette batterie, la 
dé^firmèrent et se retirèrent vers le centre de leur armée. Il 
se trouva aussi au combat de Wiazma, le 3 novembre, et 
parvint à contenii^ le général russe Miloradovritch qui ten- 
tait de faire tourner par sa nombreuse cavalerie les ailes de 
Tarmée française. Pei^dant la campagne de Saxe, en iSiS» 
le général G